‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 8 sur 139 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

compte I Son orthographe est, en réalité, une critique de Torthc^raphe officielle, critique toujours modérée, toujours acceptable, jamais révolutionnaire, et qui aboutit la plupart du temps à demander modestement la liberté. Qu'on écrive, si on y tient, choux et cfoas, doigt et froid, aulx et maux; mais qu'on ne soit pas regardé comme un homme sans éducation si on écrit chous^ doit et aus. Surtout qu'on sache un peu pourquoi on écrit de telle ou de telle façon. L'orthographe officielle a sinon sa raison de durer, au moins sa raison d'être : ses préceptes sont des survivances d'anciennes prononciations disparues ou sont le fruit de la prétendue science étymologique d'un autre âge. M. Clédat, qui a écrit une Grammaire historique, et qui connaît l'histoire de la langue, a indiqué les sources de nos graphies actuelles avec une grande précision, et en même temps, ce qu'on ne saurait trop louer chez un savant, avec une grande discrétion : tout lecteur attentif peut suivre ses déductions lucides sans avoir appris l'ancien français et même sans savoir le latin. Je ne saurais trop recommander la lecture de son livre; je voudrais surtout qu'il se fît sur ses indications des grammaires élémentaires qui se répandraient dans les écoles et qui allégeraient dans une très grande mesure pour nos malheureux enfants le joug odieux et bizarre de l'ortho-

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