POSSESSIFS
seulement réfléchi, et contrairement à « saum, suam, 8U0S D y il ne peut plus s'employer qu'avec un possesseur au singulier, tandis que les Latins disaient : a ils ont fait sa (pour leur) promenade, elles ont acheté ses (pour leurs) chapeaux. » Leur vient du latin ïllorum et signifie proprement « d'eux, d'elles »; contrairement à a illorum » il a une valeur réfléchie. Le français ne distingue plus entrs possessifs et réfléchis.
271, — Les possessifs latins, de même que les démonstratifs, étaient à la fois adjectifs et pronoms. Comme il y avait plusieurs démonstratifs, la langue française a pu satisfaire sa tendance analytique en attribuant exclusivement à l'un la valeur adjeciive, et exclusivement à l'autre la valeur pronominale. (V. §§ 266 et 267). Mais les Latins n'avaient qu'un seul possessif pour chaque personne; heureusement cet unique possessif, par l'application des lois phonétiques, s'est dédoublé ; il a pris deux formes différentes en français suivant qu'il précédait ou non le substantif : Tune des formes est devenue exclusivement adjective, et l'autre exclusivement pronominale. C'est ainsi que meum, qui avait à la fois les sens de mon et de mien, a engendré ces deux mots, qui se sont partagé les sens.
Mienne a été fabriqué sur mien, comme chienne sur chien. « Tien, tienne; sien, sienne » ont été faits sur l'analogie de mien et de mienne. Ainsi tous nos pronoms possessifs actuels des personnes du singulier ont été greffés sur mien ; mais l'ancienne langue avait des formes pronominales dérivant directement des formes latines qui ont produit respectivement les adjectifs ma, ta, sa, ton, son (^).
1. YoYezmSi Nouvelle Grammaire historique (Pùiis, Garnier), f 3S4.
i36 GRAMMAIRE RAISONNÉE