‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 122 sur 196 · Op. cit., pp. 201 et · texte numérisé non relu

Op. cit., pp. 201 et

— enfin la version qu'a donnée le moine Agapius dans son. Recueil des plus remarquables Vies des Saints, traduites en dialecte vulgaire d'après Siméon Métaphraste 1. Cette vie diffère pourtant notablement de celle dite de Métaphraste. Les Bollandistes faisaient aussi peu de cas de l’une que de l’autre. Mais ce n’est pas ici le lieu de discuter la valeur de ces différents textes.

: Il serait superflu de rentrer aprés les Bollandistes dans le détail des nombreuses vies latines manuscrites de Saint Alexis. Nous laisserons aussi de cóté et ne noterons que pour mémoire quelques rédactions en vers?, dont les auteurs ont dû nécessairement faire plus d'un sacrifice aux exigences du métre. Trois

vies latines seulement doivent retenir notre attention.

— L'une est la version généralement dite de Surius ὃ, bien que cet auteur n'ait fait que l'emprunter, avec beaucoup d'autres vies de son ouvrage, au grand recueil de l’évêque Lipomanus 1. Elle mériterait peut-étre d'étre rangée parmi les textes grecs de la légende, s'il faut s'en rapporter au dire de Lipomanus qui présente les trois derniers volumes de ses Vies des Saints comme

des traductions de Métaphraste. En tout cas, elle s'éloigne beaucoup de la rédaction grecque du manuscrit de Vienne.

— La seconde est celle qu'on peut appeler la vie Romaine,

- et qui a été publiée par les Bollandistes 5. Ils en ont constitué le texte en prenant pour base celui d'entre plusieurs manuscrits qu'ils ont jugé le meilleur et en le corrigeant seulement en quelques endroits par la comparaison des autres. Le texte ainsi obtenu est généralement bon sans doute. Il serait néanmoins à

. désirer qu'on reprit l'étude des divers manuscrits de cette vie pour en donner une édition vraiment critique.

1. Déjà cité : Ἐχλόγιον ἦτοι ol ὡραιότεροι βίοι τῶν Ἁγίων, ατλ. (Ἐνετίῃαι, 1755), p. 255. — Une traduction fidéle de cette vie, en langue arabe, a été publiée dans un petit recueil intitulé : HR Uo? \ Sul ye

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2. Deux entre autres ont été publiées : l'une par les Bollandistes (Acta Sanctorum, juillet, t. IV, p. 254); l'autre par Massmann (op. cit., p. 176).

8. L. Surius, De probatis Sanctorum vitis (Coloniæ, 1618), Juillet, p. 208. — Cette vie a été reproduite par Massmann, op. οἳ., p. 172.

4. Aloysius Lipomanus, Vite Sanctorum priscorum Patrum (Venetiis, 1551—58), t. VII, p. 23, au 17 mars.

6. Juillet, t. IV, p.251. Elle a été donnée aussi par Massmann, op. cit., p.167.

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— En dernier lieu vient une vie fournie par deux manuscrits de Munich, et que Massmann eut encore le mérite de découvrir et de publier pour la premiére fois!. Mais son tort fut d'attacher à cette rédaction, d'ailleurs très-curicuse?, une importance de premier ordre, et M. Gaston Paris a parfaitement dit qu'elle était «un remaniement assez récent et, sans doute,. spécialement italien ». Aussi la désignerai-je du nom de Vie Italienne.

Voici maintenant, résumée dans ses traits principaux et telle qu'elle ressort de l'ensemble des vies grecques et latines, la légende de Saint Alexis:

Il y avait à Rome un homme noble, riche et puissant, maitre de trois mille esclaves et le premier à la cour de l'empereur. Euphémianus, c'était son nom, était trós-pieux et extrémement charitable. Sa femme Aglais était très-picuse comme lui. Mais elle était stérile, ct ils étaient tristes parce qu'ils n'avaient pas d'enfants. À force de prier, il leur vint un fils qu'ils baptisèrent sous le nom d'Alexis. Dans la suite, ils lui firent donner une instruction large et brillante dont l'enfant profita vite, gráce aux dons de Dieu, et il devint un jeune homme très-savant ct trés-sage. Alors, malgré son éloignement des choses de ce monde et sa résolution de se consacrer tout à Dieu, ses parents le fiancérent à une jeune fille accomplie et du sang royal, et l'on célébra le mariage dans l'église de Saint-Boniface.

Le soir des noces venu, le pére conduisit son fils à la chambre nuptiale. Mais Alexis, seul avec sa fiancée, commenga à l'entretenir et à la conseiller sagement; puis, enveloppant dans un voile de soie pourpre son anneau et sa ceinture et les remettant à la jeune femme, il lui dit : « Prends ceci et conserve-le tant qu'il plaira au Seigneur. Et que le Seigneur soit entre nous! » Là-dessus il rentre en sa chambre, prend de l'argent, descend au port, s'embarque sur un vaisseau qui le conduit à Laodicée de Syrie, et de là gagne la ville d'Edesse oü l'on gardait une image miraculeuse du Christ ?, envoyée par Jésus méme au roi Abgar. Il distribue aux pauvres de la ville tout ce qu'il possé-

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