Goarus, Euchologium Grecorum (Paris, 1647), p
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les hymnes types, le recueil syriaque ne donne que la première strophe de ces hymnes. Pour les avoir en leur entier, il faut alors recourir à un autre livre ecclésiastique, appelé par les Syriens octoéchos.
L/'octoéóchos grec, ou livre des huit tons, est, dit le cardinal Pitra, «l'euvre spéciale de Jean de Damas. Si l'on ne peut lui attribuer l'honneur d'avoir le premier emprunté les huit modes (ou tons) de la musique ancienne, on lui doit d'avoir groupé sous ces mélodies, d'une pâque à l'autre, une exposition huit fois répétée de la maternité divine, du Verbe fait chair, circoncis, baptisé, conversant en terre, crucifié, ressuscité, monté aux cieux ». Mais l'octoéchos syriaque, dont quatre exemplaires sont conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris (n* 127 à 130), n'est pas la méme chose que l'octoéchos grec. Il rappelle plutôt «l'ouvrage qui, dans la liturgie grecque, porte ordinairement le titre de παρακλητικόν ou παβακλητική, et qui renferme les hymnes, rangées dans l'ordre des huit tons, pour les dimanches et les autres jours de la semaine»!. De là vient le nom que lui ont donné les Syriens, et qui pourrait préter à l'équivoque. D'autant plus qu'on rencontre dans l'octoéchos syriaque des hymnes signées de Jean Damascène et qui ont été prises à l'octoéchos grec.
Ces observations présentées, je puis maintenant terminer par une bréve synthése des recherches qu'il m'a fallu faire pour établir les métres de notre office, et formuler quelques conclusions auxquelles ces recherches m'ont amené.
Si le lecteur veut se reporter à la page «à de ce mémoire, à la note 7, il y verra que la comparaison des στιχηρὰ προσόμοια qui commencent l'office de Saint Alexis avec le στιχηρὸν type et avec d'autres στιχηρὰ composés d'aprés cetype, m'a obligé d'admettre une série de schemata différents, que je résume dans le tableau suivant :
στιχηρὸν type, — 18 vers : 6.2.7.9.6.5.7.6.5.17.9.4.1 στιχηρὰ divers | io ee 7 2 9 9.6.6.7.6.6.7.9.4.7
12 vers : 7.2.7.9.6.6.7. 12 .7.9.4.7 στιχηρὰ d'Alexis, 11 vers : 7. 7.10.6.6.10. 9 .7.9.4.7
Et j'ai constaté encore presque toujours des variations analogues entre les schemata des odes du canon de notre office?,
1. H. Zotenberg, Catalogue des manuscrits syriaques, etc. 2. Voyez mes notes en tête de chaque ode.
de leur hirmos respectif et d'odes diverses composées sur cet hirmos. J'ajoute que, en plus d'un cas, il n'y a pas non plus identité rigoureuse entre les schemata des hymnes types syriaques et ceux des hymnes grecques dont elles ont été traduites. Voici, par exemple, et pour permettre la comparaison, les schemata des στιχηρὰ et des odes du canon de l'office grec de notre saint :
ctynpa, 11 vers : 0. 7.9 .6.6..7.11. 6. 4.1 Canon, ode 1°, 9 vers: 9. 7.4.8.7.5. 8.6.11 » ode 8, 5 vers : 8.7.8.10.12.
» ode 4, 6 vers: 4 .11. 7.9. 7 .13.
» ode 5, 6 vers : 5.11.7 .11.7. 8.
» ode 6, 4 vers :11.13. 8 .11.
» ode 7, 6 vers :12. 7 . 8.18. 9 .11.
» ode 8, 8 vers : 5.7.10.7.9.8.7.9.
» ode 9, 8 vers : 7.8.13.9.4.6.7.9.
Que doit-on conclure de ce qui précède, sinon que les Syriens trouvèrent le moyen de s'affranchir, dans une certaine mesure, des lois sévères que les hymnographes grecs s'étaient imposées et que, d'aprés le cardinal Pitra, ils ont toujours suivies religieusement? Expliquer par des fautes de copistes les variations que j'ai relevées dans presque toutes les hymnes syriaques serait impossible; car ces variations se retrouvent régulièrement les mêmes, pour chaque hymne, dans toutes les strophes. Certainement, elles ont été préméditées; et, pour en comprendre la raison, il suffit de songer à la difficulté que devaient éprouver les Syriens à garder en méme temps, dans leurs traductions des hymnes grecques, le sens des paroles et la mesure exacte des vers. D'ailleurs, les modifications qu'ils ont apportées, pour faciliter leur tàche, aux métres originaux n'empéchaient sans doute aucunement d'adapter leurs compositions nouvelles aux mélodies consacrées. Ces modifications sont de trois sortes. Ils ont retranché ou ajouté une ou deux syllabes au métre primitif d'un vers; — ils ont réuni deux vers en un seul : par exemple, de deux vers de 7 et de 5 syllabes, ils en ont fait un de 12; — ou bien, au contraire, ils ont coupé un vers en deux parties : par exemple, d'un vers de 9 syllabes, ils en ont fait deux, l'un de 7 et l'autre de 2. Dans les deux derniers cas, il est probable qu'ils prenaient occasion de repos secondaires de la phrase
musicale, soit pour abréger, soit pour prolonger ces repos!; l'air et les paroles ne cessaient donc point, aprés les changements opérés, de marcher du méme pas. Dans le premier cas, on pouvait peut-étre rétablir l'accord entre les paroles et la mélodie, dérangé par la suppression ou l'addition de quelques syllabes, soit en chantant plusieurs sons sur une seule syllabe, soit en prononçant plusieurs syllabes sur un seul son.
Je ne puis ici qu'indiquer des questions. Elles ne sauraient étre résolues à moins d'une étude approfondie de la musique grecque; etje suis trop incompétent pour avoir songé un moment à une pareille entreprise.
1. Voici qui semblerait prouver qu'en effet tous les vers d'une strophe n'étaient pas terminés par des repos de durée et d'importance égales : dans les éditions du mencon grec que j'ai pu consulter, les vers sont inégalement séparés, tantôt par des points, tantôt seulement par des virgules.