II INTRODUCTION
cherchiez à vous initier à la connaissance du grec médiéval et moderne, vous étiez l'éléve assidu du savant éminent qui préside notre section, de M. Gaston Paris. Il vous avait prié, de son cóté, de faire à sa place, tous les lundis, le cours de latin vulgaire qu'il s'était proposé de faire lui-inéme cette année. C'est ainsi que pendant deux semestres vous avez enseigné en francais dans notre Ecole. Vous étiez alors à l'áge où l'esprit s'ouvre à toutes les curiosités. Vous vouliez tout apprendre, élargir votre horizon sur tous les points. La grammaire comparée, la grammaire latine, le celtique, la mythographie méme, tout vous tentait à la fois. C'est ainsi que vous avez été amené à vous occuper de néo-grec.
Je m'étais permis, à ce propos, de vous donner un conseil que je me suis réjoui de vous voir suivre. Pour acquérir des connaissances grammaticales solides et précises, pour vous assouplir au maniement des textes médiévaux et des forines modernes, je vous engageais à ne pas vous contenter de suivre mes modestes conférences, mais à vous attaquer de front à un travail personnel et de premiére main, oü, voyant les choses par vous-méme et touchant pour ainsi dire la science du doigt, vous pourriez faire une application nouvelle et pour vous inattendue de vos qualités de phonétiste et de grammairien. Vous savez que le but de notre enseignement est de développer l'esprit d'initiative chez nos auditeurs, de susciter des travaux originaux, de faire en quelque sorte de nos conférences de simples laboratoires scientifiques, où l'éléve assiste à la formation de la science et contribue lui-même à la former. Vous partagiez déjà ces principes et j'ai eu le bonheur d * vous persuader; d'autre part, Simon Portius attendait une réédition depuis 1638 ct la nécessité d'un commentaire grammatical, accompagnant le texte, se faisait sentir tous les jours. Telles sont les circonstances qui ont donné naissance au prégent volume.Il vous rappellera. maintenant que vous voici professeur à l'Université d'Iéna et exclusivement occupé de vos études romanes, le temps où vous lisiez Théodore Prodrome et l'année que vous avez passée au milieu de nous.
Vous avez l'amabilitó de me demander une préface. Je n'ai pas à vous patronner auprès du public ni à vous servir d'in-