‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 48 sur 196 · LILI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LILI INTRODUCTION

méprise. J'avais soutenu, en effet, en m'appuvant sur les textes, que les mots les plus usuels avaient été les premiers à quitter leur forme imparisvllabique (Essais de grammaire, I, p. 90 et passim). Or, votre esprit est sans cesse en éveil, et vous vous demandez toujours si l'on ne doit pas se tourner de tous les cótés et épuiser toutes les explications possibles, avant de s'arréter définitivement à une hvpothése : c'est pourquoi vous aimez tant à proposer des explications différentes de celles de vos prédécesseurs : vous espérez qu'en cherchant nous avons quelques chances de trouver mieux. Cette tendance est excellente. Dans ee cas spécial, elle n'est peut-être pas trés justifiée. Vous crovez voir, en effet, dans Lobeck ( Paralipomeénes, p. 1356), laconfirmation de ce nouveau point de vue. Mais Lobeck n'y parle guère que de substantifs hétéroclites, et si vous vous reportez à ce passage, vous verrez qu'il donnera plutôt lieu à des conclusions contraires à celles que nous pourrions adopter au premier abord. 1l nous prouve que le parisyllabisme n'avait pas encore fait son apparition. Ἀόρχος, deutéroclite, et dé, imparisvllabique, sont bien loin d'être dans le méme rapport que zazéox; et πατήρ. Φύλακος, nominatif (Lobeck, luc. cit., 1531) est dû au geénitif pluriel φυλακών — avis (non au génitif singulier, comme on lit dans Lobeck, ce qui serait une impossibilité); le nominatif devient naturellement proparoxyton, toujours sur le modéle de ἄνθοωπος. Ces faits nous reportent donc à une période de la langue où l'imparisyllabisme était toujours vivant, puisqu'il gardait le génitif pluriel et que d'ailleurs cz et va^x«os se rencontrent à la méme époque (ébéd.\.

Vous nous signalez, en revanche, à propos des pluriels ἔθνρτα (130 — 11, 5), une tendance à l'imparisvllabisine dans le grec moderne que celui-ci ne manifeste pas, à ce qu'il semble. Certains phénomènes, sans doute, pourraient nous induire à penser, au premier abord, qu'il v acomme un retour à l'ancien état ; mais il estcertain que, depuis bien des siècles déjà, la langue marche au parisvllabisme. Cette tendance se révèle dans les formations telles que κέρατο, γόνατο, d'après les pluriels z£ozzz. γόνατα. Mais πρᾶμα résiste encore à l'action du pluriel. Le paradigme normal serait donc, d'une part :

INTRODUCTION LIII Singulier Pluriel πέρατο κέρατα

d'autre part :

Singyuleer /— Pluriel |, Ἐπράματο ποχυατα et enfin :

S/nqulier Pluriel FOAUX Zéro ou :

Singulier Pluriel zéro ποχυατα.

En d'autres termes, πραυατα et πρᾶμα ne tombent pas sous le méme paradigme. Semblablement £v; est le seul pluriel normal de ἔθνος: ἔθνητα est le pluriel d'un singulier qui ne s'est pas encore produit, £vczo. Le -τα est celui de κέρατα, rozuaz zx, c’est-à-dire le -zz d'imparisvllabiques passés à l'état de parisyllabiques (cf. Phon. leg., 28). Vous avez vous:méme fort bien parlé de γόνατο (ci-dessus xxxvir).

Je vous soumettrai une derniére réflexion à ce sujet : dans votre tableau des désinences nominales, vous vous éloignez un peu des classifications tentées à nos conférences. Vous comptez, parmi vos désinences (118 —— 14, 38-105, 11), des masculins en -/s, -as, qui font -ow au génitif. Quels sont donc ces masculins? Si c'est 7270 que vous avez dans l'esprit, vous ne pouvez guère rapporter ce génitif au nominatif έαντας, génitif normal έραντας il serait tout aussi inexact de ramencr ya à γίγας. Permettez-moi la méme remarque au sujet de νοικοκύρης, νοικοκνοέου. Les génitifs des noms en-és ou -ᾱδ existent sous les diverses formes γίγα, γέγαντα. τοῦ νοικοκύῳ,. Aussi γιγ/άντου peut-il remonter à γίγαντας Substantif en -«s), mais il suppose un nominatif *tzvzo; (substantif en -0:); en effet, le génitif pluriel de y», Jensen coincide avec le génitif pluriel ανθοώπω», etc.; c'est pourquoi le pluriel est déjà refait en entier sur ce paradigme : /Σοόντοι, tandis que le singulier tarde à se contaminer et ne passe à la déclinaison II qu'au génitzf : 7:50». devient le

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