‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 50 sur 196 · INTRODUCTION LV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LV

et à vouloir en triompher par nos seules forces? Il importe avant tout que ces forces existent; vous n'en manquez pas et vous les dirigez plus fermement chaque jour. Vous en avez beaucoup emplové dans votre commentaire. Mon but, en vous conseillant d'entreprendre ce travail, etait de fournir aux éléves un manuel commode, à la fois scientifique et pratique, consacrant les acquisitions déjà faites, traitant d'une facon aussi simple que neuve les points non encore élucidés, et présentant ainsi, dans un ensemble court et précis, le systéme grammatical moderne. M. Paul, dans la courte Introduction de la seconde édition de ses Prineipes, dit fort justement qu'il s'est surtout occupé de donner les résultats sûrs, sans se demander à chaque instant s'ils étaient inconnus avant lui et sans se soucier qu'ils le fussent à tout prix. On aurait peut-étre aimé vous voir rester toujours dans cette voie, quelque profit que nous puissions tirer de l'originalité de vos points de vue. Mais vous avez été entraîné par votre goût de investigation à tenter des explorations, le plus souvent heureuses, dans toutes les directions qui s'ouvraient devant vous sur notre domaine linguistique; cela méme vous empéchait de suivre de point en point le programme initial; le petit encheiridion que je vous demandais resterait encore à faire. Qu'importe? Quand on s'adresse à un esprit formé comme le vôtre, on n'a point à le diriger : on n'e qu'à suivre chaque jour ses progrés.

Vous ne m'en voudrez pas de terminer ici cette causerie, cette longue conversation grammaticale. Vous savez d'ailleurs que je ne pouvais partager toutes vos opinions, et quelques personnes auraient pu le croire, à la facon dont ce livre a été entrepris. Tel qu'il est, il nous donne une contribution importante aux études grammaticales néo-grecques et fait le plus grand honneur à la variété de vos connaissances et à vos qualités de savant et de travailleur. Vous rendez aussi à la (Grèce un service signalé; les travaux de ce genre devraient sv multiplier; une gramunaire moderne aurait dû déjà v étre faite. Quelles que soient les divergences des opinions en fait de langue littéraire, le premier souci d'un pays est de s'enquérir des origines de sa langue nationale.

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