LIV INTRODUCTION
pendant de 7zo2vzv; de même ἄντνοι est usité, ἄντους beaucoup moins. Nous voilà donc forcés de nouveau de ranger ces noms parmi les hétéroclites (Essais de grammaire, 1, 88, note 2, etc.).
Vos tentatives sont toujours intéressantes. L'esprit s'exeite à la poursuite du vrai. On voit bien le sentiment qui vous inspire : vous cherchez à multiplier les points de vue, afin d'élargir l'horizon grammatical. Dans les critiques mémes que je vous adresse, je trouve un éloge à vous faire. Vous avez la principale qualité du savant: vous voulez tout voir par vous-méme; vous n'admettez que ce que vous avez une fois éprouvé par votre propre examen, passé au feu d'une critique rigoureuse. Nous n'avons pas à nous plaindre si vous êtes souvent amené par là à rejeter les résultats de recherches entreprises par d'autres que vous, puisque vous arrivez si souvent aux résultats les plus heureux, gráce à ce désir de tout approfondir. Peut-étre toutefois attachez-vous trop de prix à cette méthode. Le but principal n'est pas, dans le travail scientifique, de trouver des explications qui nous appartiennent : il suffit que les choses soient expliquées. L'œuvre du savant est éminemment impersonnelle : peu lui importe d'avoir des théories à lui. I1 importe avant tout que les théories soient honnes. Vous le savez mieux que personne : la eloison morale est trés mince, mais aussi trés nette, entre l'esprit qui crée, parce qu'il est né créateur, et l'esprit qui cherche à se retrouver lui-même dans ce qu'il fait. Vous ne tombez pas dans cet inconvénient, car la science, à ce compte, ne serait plus qu'une forme du moi. Souvent même, en rejetant l’ouvre de nos devanciers, par pur amour de la nouveaut^, nous n'avaneerions plus la science : nous risquerions fort de la faire tourner sur place.
L'esprit d'initiative n'a jamais rencontre d'entraves à l'École des Hautes Études, et quand je vous vovais à la poursuite d'une idée, je me gardais bien de vous faire rebrousser chemin, convaincu qu'avec le temps vous feriez vous-meme l'épreuve la plus süre et la critique de vos propres opinions. N'avons-nous pas eu chacun, à notre heure, ces ardeurs impatientes qui nous portent à soulever toutes les difficultés