‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 80 sur 353 · BISQUE · texte numérisé non relu

BISQUE

Les Indiens ont une danse, la danse du bison qui vient de ce que pour faire la cour à sa génisse, cet animal danse tout autour en galopant en rond. Immobile au milieu du cercle que décrit son futur mari, la génisse mugit doucement, semblant encourager de cette manière les avances que lui fait le bison.

La viande du bison, coupée en larges et minces tranches, se fait sécher au soleil, à la fumée, et devient alors très-savoureuse, elle se sale et se conserve plusieurs années, comme celle du jambon. Elle a la même saveur que celle du bœuf avec un petit goût acre et sauvage qui la rapproche de celle du cerf; dans les vaches, ce sont la bosse et les langues que Ton estime le plus, elles sont très -bonnes à manger fraîches, soit bouillies soit rôties.

Cet animal qsX très-utile aux Indiens; il les nourrit de sa chair, les vêt de sa peau et de sa laine, et sa fiente même, brûlée, donne une braise ardente dont ils se servent pour se chauffer dans les savanes où le manque de bois ne leur laisse que cette seule ressource.

Le bison et le sauvage, a dit Chateaubriand, placés sur le même sol, sont le taureau et l'homme dans l'état de nature ; ils ont Tair de n'attendre tous les deux qu'un sillon, l'un pour devenir domestique, l'autre pour se civiliser.

BISQUE. — S'il était nécessaire de rappeler à nos lecteurs bien appris, dit l'auteur des Mémoires de M"** de Créquy, quelles sont toutes les qualités et toutes les illustrations de la bisque nous commencerions par citer, en guise d'épigraphe, ces \en gaulojs du vieux chapelain de François i*', Meslin de Saint- Gelais :

Quand on est fébricitant

Ma dame on se trouve en risque,

Et pour un assez long temps.

De ne jouer à la brisque

Et de mal disner, partant,

De ne point manger de bisque,

Si rude et si Fascheux risque,

Que je bisque en y songeant!

Nous passerions ensuite à ce contemporain de l'austère Boileau, à cet heureux gourmand :

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