V. lluoo
Fables et vérités, ténèbres et lumières Flottent confusément devant notre paupière.
Lamartine,
TENB
— Poétiq. Obscurcissement de la vue : // tombe, d'épaisses ténèbres couvrent ses yeux.
— Ténèbres de la mort. Obscurcissement de lu vue qui se produit chez un mourant.
— Ecrit, sainte : Prince, ange des ténèbres, Démon :
A ce cri, Vanffe des ténèbres * Applaudit au fond des enfers,
H. OASTon.
Il Œuvre de ténèbres, Œuvre diabolique, inspirée par le démon. Il Ténèbres extérieures, Ténèbres de la nuit qui régnent hors d'une maison éclairée, dans la parabole de la robe nuptiale, et Fig.,Dans le langage des prédicateurs, Enfer, lieu habité par les damnés.
— Liturg. Office catholique de la semaine sainte : Aller à ténèbres.
L'autre, enoore agité de vapeurs plus funèbres. Pense être au jeudi saint, croit que l'on dit ténèbres.
Boileao.
— Syn. Ténèbre», nuit, oliseorilé. V. NUIT. TÉNÉBRE0SEMENT adv. (té-né-breu-ze-
man — rad, ténébreux). D'une façon ténébreuse, secrète et perfide : Fouclié trafiqua ténébreusemknt du sang des Français. (Defermoii.) Ne me pardonnant pas sans doute d'avoir un instant troublé son repos, le président, tant qu'il vécut, me poursuivit ténébrëusemknt de sa haine. (J. Sandeau.)
TÉNÉBREUX, EUSE adj. (té-né-breu, euze — rad. ténèbres). Privé de lumière, obscur, plongé dans les ténèbres : Endroit ténébreux. Prison ténébreuse. On n'apercevait dans ce séjour ténébreux que ta pointe du rivage où nous étions. (B. de St-P.)
— Sombre, noir : Le vent siffle, le tonnerre grande, les éclairs rasent de lueurs livides la mer ténébreuse. (P. de St.- Victor.)
Les sapins ténébreux et les cèdres épais Enfoncent bien avant leurs racines en terre.
A. Hardies
— Secret et perfide : Desseins ténébreux. Nourrir des projets ténébreux. La criminalité de ma ténébreuse action ne m'inquiétait que fort peu. (Baudelaire.) Il Qui machine en secret, qui cherche à cacher ses actions : On conspirateur ténébreux. Souvenez-vous de ce temps où l'esprit ténébreux de discorde confondait le devoir avec la passion, (Fléch.)
— Sombre, malheureux :
L'audace d'une femme, arrêtant ce concours. Eu des jours ténébreux a changé ces beaux jours.
Racine.
— Triste et malheureux : Homme ténébreux. Air ténébreux. La physionomie de celle femme me paraissait ténébreuse. (Marivaux.)
— Obscur, caché, ignoré, enveloppé de ténèbres : Les temps ténébreux de l'histoire.
— Tout à fait dépourvu de clarté, très-difficile a comprendre : Son style n'est pas obscur, il «si ténébreux, h Qui s'exprime en termes très-obscurs : Les ténébreux philosophes d'Allemagne. On appelait Heraclite le philosophe ténébreux, parce qu'il ne parlait iamais que par énigme. (Fén.)
— Ténébreux séjour, Séjour des morts :
Descendre au ténébreux séjour.
— Ange ténébreux, Auge des ténèbres, démon :
L'ange ténébreux
Offusque tout de ses brouillards affreux.
J.-B. Rousseau.
— Beau ténébreux, Nom que prit Amadis de Gaule quand il se retira à l'ermitage de la Roche- Pauvre. Il Fig. Amoureux taciturne et mélancolique : Cette troisième femme ne dura guère plus d'un an de regret, le maréchal quitta La Force et se retira à une autre maison qu'on appelle Mucidan, pour y faire le beau ténébreux. (TullemanC des liéaux.) Jeanne troublée rêve déjà à ce beau ténébreux du vice, comme l'Eloa du poète rêvait à Satan. (P. de St- Victor.)
— Substantiv. Personne qui a de l'obscurité dans l'esprit : La vraie division humaine est celle-ci : tes lumineux et les ténébreux. (V. Hugo.)
— Syn, Ténébreux, obicur, «ombre. V. OB- SCUR.
Ténébreuse affaire (une), roman, par H. de Balzac. V. Scènes de la vie politique.
TÉNÉBRIÇOLE adj. (té-né-bri-ko-le — du lat. tiuebrx, ténèbres; colo, j'habite). Zool. Qui vit dans les ténèbres ; Aranéides ténébricolbs.
TÉNÉBRION s. m. (té-né-bri-on — lat. teneôrio; de tenebree, ténèbres). Ami des ténèbres, il Vieux mot.
— Sobriquet injurieux qu'on donnait autrefois aux hérétiques.
— Nom donné autrefois aux esprits follets, qui passaient pour apparaître pendant la nuit.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mélasomes, type de la tribu des ténébriouites, comprenant une quinzaine d'espèces, répandues dans les diverses parties du monde : Le ténébrion de la farine se trouve fréquemment, surtout le soir, dans les boulangeries. (H. Lucas.) En général, les ténébrio.ns sentent assez mauvais. (V. de Bomare.) On ne peut utilement proposer de moyen direct de détruire les ténébrioms. (Buse)
TENE
— Encycl. Kntom. Les ténébrions sont caractérises par un corps allongé, étroit, de largeur presque égale dans toute son étendue ; des antennes presque filiformes ou grossissant insensiblement vers l'extrémité; le corselet carré, plat; l'abdomen libre; les cuisses antérieures renflées ; les jambes étroites, courbées ou arquées. Ces insectes ont généralement des couleurs sombres et peu agréables. Leur vol est assez rapide et en général nocturne ; ils vivent, ainsi que leurs larves, dans les endroits obscurs, dans la farine, le pain, les bois pourris, etc. L'insecte
fiarfait se cache souvent dans les boiseries, es fissures des planchers, les fentes des arbres, etc. D'autres se trouvent dans les ordures. Ces insectes courent assez vite et répandent souvent une mauvaise odeur. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont répandues dans les diverses parties du globe. Quelques-unes méritent une mention particulière.
Le ténébrion meunier est long de om,015, d'un brun presque noir en dessus, marron et luisant en dessous ; les élytres sont pointillés et striés. La larve eSt longue de 0m,03, cylindrique, d'un jaune d'ocre, lisse et luisante, avec les pattes très-courtes. On trouve ce ténébrion dans toute l'Europe ; il se rencontre fréquemment, surtout au printemps, dans les boulangeries, les meuneries, les cuisines, les greniers et autres lieux où l'on conserve du blé, du son ou de la farine, du pain, du sucre, etc. Il est souvent attiré parla lumière. On le trouve aussi dans le bois pourri et plus rarement sous les éenroes des arbres. Sa larve vit surtout dans la farine, où cette espèce se propage avec une effrayante rapidité, ce qui lui a fait donner le nom vulgaire de ver à farine.
i Cette larve, dit Bosc, causerait chaque année de grands dommages à la société s'il n'était pas facile de mettre obstacle à ses ravages en renfermant la farine dans des sacs isolés ou dans des coffres bien fermés. Lorsque cette substance s'en trouve nouvellement infestée, on peut l'en débarrasser en la tamisant, et le pain qu'on en fabrique n'en est pas plus mauvais; mais il n'en est pas de même lorsqu'il y a longtemps qu'elle en nourrit, parce qu'ils versent dedans leurs excréments, leurs dépouilles et qu'il y en a beaucoup qui meurent. La pain fait avec une telle farine est très-désagréable au goût et trèsmalsain, lors même qu'on la tamise, et à plus forte raison lorsqu'on ne prend pas cette précaution. L'expérience a prouvé que la farine d'un an fournissait de meilleur pain que la nouvelle, et que le plus sûr moyen de la conserver était de la mettre dans des sacs isolés les uns des autres et, si cela est possible, suspendus; mais un cultivateur soigneux doit, outre cela, la faire tamiser une fois au inoins par an, tant pour la débarrasser des larves dont il est ici question que pour renouveler ses points de contact et l'empêcher de s'échauffer. »
Il est assez difficile d'indiquer un moyen pratique pour s'opposer aux ravages de cet insecte. La propreté dans les boulangeries et les greniers, le crépissage des murs sont les préservatifs les plus certains. L'emploi des substances vénéneuses serait un moyen sûr; mais, quand il s'agit d'une substance alimentaire d'un emploi universel, il présente de graves inconvénients. La chasse est très-difficile, car, les ténébrions ne sortant que la nuit et se réfugiant toujours dans tes endroits obscurs, ou ne pourrait eu détruire ainsi qu'un nombre relativement insignifiant. Ce qu il y a de mieux à faire, c'est de rechercher les larves, opération facile, peu coûteuse et qui peut même rapporter un léger profit, car ces larves s'emploient avec avantage pour nourrir les rossignols et d'autres oiseaux de volière et pour umorcer les lignes de pêche. Les oiseaux de basse-cour en sont aussi très-friands.
Parmi les autres espèces, on peut citer particulièrement le ténébrion culinaire, qui n'est peut-être qu'une simple variété du précédent, dont il se distingue surtout par sa taille plus petite et ses couleurs moins sombres; il vit dans les cuisines, comme son nom l'indique, et se trouve aussi sous l'écorce des arbres. Il en est de même du ténébrion des arbres et du ténébrion obscur, qui ressemblent beaucoup au premier par leurs caractères et affectionnent aussi le séjour du précédent et du suivant. Le ténébrion céramboide est long de 0m,01 et d'une couleur brun foncé; il a le corselet lisse et les élytres rugueux ; on le trouve aussi sous les êcorces des arbres, dans les noix, dans le pain, ainsi que sous les racines et dans les bourgeons des jeunes pins, dont il se nourrit, surtout dans les terrains sablonneux. Le grand ténébrion est tout noir, long de om,02; il habite l'Amérique du Sud et a la propriété de lancer par l'anus une liqueur caustique.
TÉNÉBRIONITE adj. (té-né-bri-o-ni-te — rad. ténébrion). Eutom, Qui ressemble ou qui se rapporte au ténébrion.
— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères hétéroinères, de la famille des mélasomes, ayant pour type la genre lénèbnon : Les tbnébrionitks sont munis d ailes, caractère qui les distingue des autres mélasomes. (II. Lucas.)
— Encycl. Les ténébriouites sont caractérisés par uu corps ovale ou oblong, déprimé ou peu élevé ; les palpes plus grosses à leur ex-
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trémité; le dernier article des maxillaires en forme de hache ou de triangle renversé ; le menton tres-étroit et laissant toujours entièrement découvertes à l'avant la base des mâchoires; le corselet carré ou trapézoïdal, de la largeur de i'abilomen à son extrémité postérieure. Ces insectes sont pourvus d'ailes, ce qui les distingue des autres mélasomes. On n'a pas constaté chez eux l'existence de cet appareil salivaire qu'on observe chez les piméliaires et même chez les blaps, genre qui a beaucoup d'nfh'nitê avec tes ténébrions. Cette tribu comprend les genres ténébrion, hétérotarse, calcar, upis, boros, toxique, cortique, orthocère, uhiroscèle, cryptique, opatre, bucère, iphthine, catapieste, zophobas, bariscèle, etc. Leurs mœurs, en général, rappellent celles des ténébrions.
TÉNÉBROSITÉ s. f. (té-né-bro-zi-té — lat. tenebrositas ; de tenebrosus, ténébreux). Etat, qualité de ce qui est ténébreux : La ténébrosité de ses desseins. (Corneille.) i! Vieux mot.
TÉNÉDOS, la Bokhtcha-Adassi des Turcs, lie de l'Archipel, sur la côte de laTurquiu asiatique (Anatolie), au S. de Lemnos, a 24 kilom. S.-S.-O. de l'entrée des Dardanelles, par 39° 50' de huit. N. el 23° 43r de longit. K.; 9 kilom. sur 5; 7,000 hab. Ch.-I., Ténédos. Sa surface est montagneuse; son point culminant est le mont Saint-Elie, qui parait être d'origine volcanique. Le climat y est doux et le sol fertile; mais comme ia culture de la vigne forme la principale ressource de ses habitants, on n'y recueille qu'une petite quantité de grains, de fruits, de coton et de sésame. On en exporte une grande quantité de vins très-estimés à Constantinople, à Smyrne et en Russie. Les raisins qu'on y récoUe sont si doux, si sucrés, que l'on est forcé d'ajouter au moût une certaine quantité d'eau pour en accélérer la fermentation. La dose est communément d'un sixième et même d'un quart; malgré cette méthode vicieuse, on fait d'excellents vins, d'ordinaire rouges, qui, gardes quelque temps en bouteille, ont quelque ressemblance avec nos vins de Bordeaux. Les vins muscats rouges et blancs jouissent d'une grande réputation ; ils sont faits sans mélange d'eau et acquièrent, en vieillissant, beaucoup de spiritueux et d'agrément. L'île de Ténédos tient son nom du vieux roi Ténès qui, suivant la tradition, y avait conduit une colonie et qu'on y adorait comme un dieu. Elle servit de retraite aux Grecs quand ils voulurent se cacher pour surprendre Troie, appartint alternativement aux Perses, aux Grecs et aux Romains, et, en 1322, elle finit par passer sous la domination des Turcs. « Cette terre, dit Théophile Gautier, c'est la Troade,
Campos ubi Troja fuit...,
le sol même de la poésie épique, le théâtre des immortelles épopées ; le lieu sacré deux fois par le génie grec et le génie latin, par Homère et par Virgile. C'est une impression étrange que de se trou ver ainsi en plein poSme et en pleine mythologie. Comme Enée, racontant Son histoire à Didon du haut de son lit élevé, je puis dire du haut du tillac :
Est in conapectu Tenedos...
car voilà l'île d'où se sont élancés les serpents qui ont noué dans leurs plis l'infortuné Laocoon et ses fils et fourni le sujet d'un des chefs-d'œuvre de la statuaire; Ténédos, sur laquelle régnait Phœbus-Apollon, le dieu à l'arc d'argent invoqué par Chrysès. > Entre la pointe Tousfalik-Bournou eteeliedelioum- Bournou s'arrondit la baie de Bésika, où se réunirent en 1853 les flottes française et anglaise avant de franchir les Dardanelles.
La petite ville de Ténédos, située sur la côte N.-E. de l'île, est adossée à un coteau que domine une forteresse triangulaire, et entourée d'une forte muraille flanquée do tours. Sa population s'élève à environ 3,000 hab., moitié Grecs , moitié Turcs. Au mois do juin 1874, un terrible incendie a détruit les deux tiers de cette petite ville. Le quartier turc seul, bâti sur une colline et en quelque sorte séparé de Ténédos, n'a été que légèrement entamé. • Le port de Ténédos, dit M. Isambert, paraît mériter encore Je jugement sévère de Virgile : Statio maiefida carinis. Les paquebois du Lioyd y font escale; mais la plupart des navires retenus par les vents à I entrée des Dardanelles préfèrent mou. lier dans la baie de Bésika. Elle est séparée du continent par un canal de 7 kilom. de largeur. Sa forme est à peu près triangulaire, avec une pointe allongée vers le S.-O.; ses rivages sont garnis de rochers qui la rendent presque inabordable. Il serait difficile de trouver l'endroit où la flotte des Grecs se cacha après ce départ simulé qui trompa les Troyeus.
Ce n'est pas seulement dans la guerre de Troie qu'il est fait mention de Ténédos : Insuia divtt opum, Priami dum régna mandant. Sa position a l'entrée des Dardanelles lui a toujours donné uue certaine importance. Colonisée probablement par des Phéniciens ou des Cretois, ravagée par les Grecs pendant la guerre de Troie, elle fut repeuplée, en 1210, par une colonie éolienue ; soumise aux Perses pendant les guerres médiques, elle rit ensuite partie de l'empire maritime des Athéniens et resta leur alliée jusqu'au règue d'Alexandre. Après la domination des Macédoniens, elle subit celle des Romains, fut dila-
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pidée par Verres et réunie à l'empire sous Vespasien. L'empereur Justinien y fit construire un entrepôt. Sous le Bas-hmpire, sa possession fut vivement disputée entre les Paléologues et les Cantacuzenes, les Génois el les Vénitiens. Mahomet II l'enleva à ces derniers, qui parvinrent k ia reprendre en 1656, pour ia reperdre définitivement en 1657. Ses nab'uants n'ont joué aucun rôle dans la guerre de l'Indépendance, mais la flotte turque y fut incendiée en 1820 par les brûlots de Canaris. >
tenelle s. f. (te-nè-le — du lat. tenellus, dimiii. de tener, tendre). Bot. Variété d'orge & deux rangs.
TENELLIFLORE adj. (te-nèl-li-flo-re — du lut. lenelni-i, tendre"; flos, flour). Bot. Qui a de petites fleurs délicates.
TÉNEMENT s. m, (té-ne-man — rad. tenir). Dr. fend. Terre, héritage tenu à certaines churges ut ctmdiiimis vis-à-vis du seigneur, li Domaine, fief, possession en général : Posséder un ténemknt. a Fnuw-ténement, Dans la coutume de Normandie, Héritage tenu sans purage. Il Tellement de cinq ans, Possession qiiinqueniiaire , qui assurait au créancier, dans ceitaines coutumes, l'affranchissement de certaines charges.
— Jurispr. Attenance, réunion de propriétés qui se tiennent : Acheter un ténembnt de maisons.
— Encycl. Ténement de cinq ans. Cette sorte de prescription quiriquennaire était admise dans les coutumes du Maine, d'Anjou, de Touiiiine et du Louduiiois. Les cinq années requises pour le tellement se comptaient de la mcine manière que le temps plus ou moins long qu'exigeaient les autres prescriptions. Ainsi, nul doute que, pour les taire courir, il ne fallût une prise de possession de l'héritage qu'il était question d affranchir des charges auxquelles il était affecLé. Il était également certain que, si le titre eu vertu duquel l'acquéreur prenait possession était conditionnel, les cinq ans ne couraient point tant que la condition n'était pas accomplie. Certains auteurs prétendaient que le tellement n'était acquis qu'après cinq ans et un jour; mais celte doctrine n'était basée sur aucune disposition du droit couumiier,
TENERAM (Pielro), sculpteur italien, né àTonano, près de Carrare, en 1789, mort à Home en 1869. Il commença ses études artistiques à Rome, dans l'atelier de Canova; mais il dut peut-être plus encore aux leçons de Thorwaldsen, dont il devint l'eleve favori, et après le départ duquel il prit lu première place parmi les sculpteurs de Rome. Sa première œuvre, exécutée eu 1819, fut une statue de Psyché avec ta boite de Pandore, qui se trouve aujourd'hui dans le palais Lunzoni, à Florence. Depuis cette époque il a exécuté un grand nombre de Vénus, de Cupidons, de Psychés, un Faune jouant de la ftdte et autres personnages de ia mythologie grecque, qui tous ont enlevé les suf> âges des connaisseurs, et dont l'artiste a dû fuire de nombreuses reproductions. Mais sou ciseau ne s'est pas exercé seulement sur des sujets profanes, et on lui doit une foule d'oeuvres religieuses, parmi lesque.lesle premier rang revient au Christ sur ta croix (182J), au grandiose bas-reliefde \u.Oescente de croix (1842), dans la chapelle Toilonia, et \m Martyre d'Eudore. Il a aussi exécute de nombreuses statues, dont quelques-unes sontu'uiie taille colossale. Toiles sun t, entre autres, cehes du Duc de Leuchtenberg aida Comte Orloff, à Sauit- Pétersbourg; celle de Ferdinand 11, roi de Naples, a Messine; celle de Ferdinand 1 1 1, a Pise ; celle de Bolivar, pour la république de Colombie, et celle du Comte Bossi, qui lut tue k Rome en 1848. Parmi ses statues religieuses, ou cite surtout ; Saint Jean l'Eoaiiyetiste, dans l'église de Saint-Piauçuis-de-Paule, à Naples; Suint Alphonse de Liguori, au Vatican, puis Saint Paul, Saint Benoit, etc., dans différentes églises d'Italie. Nous ne mentionnons ici que les œuvres les plus importantes de l'artiste, et ii serait à peu près impossible de les ènuniérer toutes, car elles se trouvent dispersées dans toutes les parties du monde; n'oublions pas cependant l'Ange du jugement dernier, les Bustes de Pie IX et de Thorwaldsen, une Flore, qui appartient à la renie d'Angleterre, et Cupidon arrachant une épine du pied de Vénus, groupe qui se trou\ e dans la galerie du duc de Devonshire, il Chatswurth, et dont l'empereur de Russie possède la reproduction. Tenerani était professeur de sculpture à l'Académie de Saint- Luc, à Rome, et membre de l'Institut de France, des Académies de Berlin, de Munich, etc.— Son fils, Giambattista Tenkrani, est également un sculpteur distingue.
TÉNÉRE s. m. (té-nè-re — du lat. tener, tendra) .lintoni. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille -des malacodermes, tribu des cluirones, comprenant une dizaine d'espèces, qui vivent au Sénégal et a Java.
TENERE LUPUM AUHIBUS {Tenir le loup par les oreilles), Proverbe latin qui signifie : ■ Etre dans une position tres-embarrassante, » et qui répond à notre dicton populaire : • Tenir la queue de la poêle. »
TÉKÉRIFFB, en espagnol Terenifa (l'ancienne iWivaria et Plintalia),l\e espagnole de l'océan Atlantique, par 2S°-28<> 36' de latit. N. et 18» Ï6'-19» 18' de longit. O.; 8,280 kilom
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p&rr. ; fco.000 hab. Ch-1., Santa-Cruz. C'est la plus grande, la plus belle et la plus riche des Iles Canaries. Cette lie est d'une l'orme excessivement irrégulière; la partie du N.-E. est étroite; elle présente des côtes très-escarpées, de profondes déchirures descendant de la base du pic gigantesque (v. ci-dessous) qui en occupe le centre. Les côtes, presque entièrement dépourvues de baies, offrent quelques pointes remarquables : celles de Nago au N.-E., de Rasca au S.-O. et de Teno k VO- Le meilleur mouillage de l'Ile est celui de Santa-Cruz (v. Cruz [Santa-]), dont la rade peut contenir dix à douze vaisseaux de guerre, protégés par un môle solidement construit en pierre volcanique noire et par plusieurs torts. Les vaisseaux peuvent en toute sécurité y affronter la grosse mer que soulèvent fréquemment les vents du large. L'Ile est montagneuse et couverte dans toutes les directions de vastes cratères éteints, de montagnes coniques , de masses basaltiques. La seule plaine de l'Ile est l'ancien lac de Laguna. On n'y trouve pas de rivière, mais quelques torrents et de nombreuses sources. Le climat est agréable et sain dans la partie N.-E. ; il est beaucoup plus tempéré qu'au S.-O., où il participe de celui de la zone torride. Le sol des parties cultivées est d'une prodigieuse fertilité. Les collines sont couvertes de vignobles jusqu'à leur sommet. Dans les vallées croissent J'oranger, le palmier, le myrte, le cyprès, le dattier, le pécher, le bananier, la canne à sucre, le laurier, le chêne, le pin. Les productions principales consistent en froment, orge, maïs et autres grains, huile, fruits excellents, tels qu'oranges, dattes, citrons, amandes, ligues, châtaignes, noix. L'île renferme dans toutes ses parties de beaux vignobles, qui sont la principale branche de sou agriculture. On y fabrique des vins dits de Malvoisie, produits par le cépage grec du même nom. Tous les vins que l'on récolte dans cette lie sont blancs-, plus des trois quarts sont de l'espèce nommée vidagne ou viduena. Ils sont •>.ecs et ressemblent beaucoup aux vins du même genre de Madère ; ils ont seulement un peu moins de corps et de parfum, mais ils sont assez forts pour supporter les plus lonys voyages, et ils gagnent à être transportés dans les climats chauds. 11 s'en exporte de 25,000 a 30,000 pièces par année, lorsque la récolte a été bonne. On y élève beaucoup de gros et de menu bétail. Le seul animal sauvage qu'on y rencontre est une espèce de chèvre, dont on ne trouve le type que l'a. Les côtes sont très-poissonneuses. L'industrie manufacturière se borne, dans l'Ile de Téneriffe, à la fabrication de lainages communs, de taffetas, de rubans et do bas de soie. Le commerce, assez important, ( st pre.-que entièrement aux mains des Anglais et des Américains. L'exportation a pour objet les vins, la soie ècrue; les importations consistent en tabac, peaux de bœuf et de cheval. L'Ile de Tenèriffe est divisée en trois districts: Laguna, Orotava et Guarachico. Villes principales : Jeod, Orotava, Laguna, Gaurachico, Palmas, etc. Depuis 1819, elle est dirigée au spirituel par un évêque dont le mocese comprend, indépendamment de cette i,e, celles de Pitliua, Gomera et de Fer. Cet uvéque est suffragant de l'archevêque de Séville. Le nom imiigene de cette lie, qui appâtait pour la première, fois chez les géographes dans le commet cernent du xve siècle, qui est écrit Toneifis dans la chronique de l'expédition de Betliencotirt et fut remplacé par celui d'île d'Enfer, qui la désigna longtemps parmi les Européens, a néanmoins prévalu à son tour, et c'est le seul que l'on donne aujourd'hui à cette reine des Canaries.
Le pic de Tenèriffe, l'un des plus immenses des cônes volcaniques connus; forme le point le plus curieux de l'île et même de l'archipel. «11 s'eleve, dit M. Germond de Lavigne, du milieu d'un cirque de près de 55 kilom. (Je circonférence, formé par un ensemble de montagnes de 2,200 à 2,500 mètres de hauteur, en pente assez douce depuis les côtes, mais formant intérieurement une espèce de rempart de pies de 245 mètres de hauteur. On pénètre dans ce circuit, pour atteindre la base du pic, par plusieurs gorges étroites et sauvages qui bemblent violemment pratiquées k travers les montagnes. Le pic élance, du milieu de ce cirque, sa pointe de difficile accès, dont le sommet se trouve à puis de 1,900 toises (3,686 mètres) au-dessus du niveau de la tuer. Un spectacle sublime s'offre aux regards, de cette cime élevée. La vue découvre tout l'archipel des Canaries, et l'observateur, isolé sur ce point perdu dans l'espace, se croit même séparé de l'Ile de Tenèriffe. Ce qu'il aperçoit a ses pieds, de celle énorme hauteur, forme un petit territoire rétréci où tout est confondu, les montagnes et les gorges, et il semble, par un effet d'optique ou de vertige, que cette base est insuffisante pour retenir eu équilibre cette énorme masse qui semble devoir chavirer, comme le font les montagnes de glace lorsque la base en est peu a peu diminuée. Un cratère, qui occupe le sommet du cône, n'est plus aujouid but qu'une mine de soufre de 80 mètres de diamètre sur 27 mètres de profondeur. ■
Le cône est terminé par une crête dont la plus grande élévation est vers le nord-ouest. On remarque, au sud-ouest, une forte dépression, qui semble avoir été produite par l'atfaisseinent des terres. Tout prè3 de la pointe,
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on voit plusieurs ouvertures de 1 décimètre au plus de largeur, d'où sort une vapeur fort chaude, en produisant un bruit semblable au bourdonnement des abeilles, et qui fait élever le thermomètre de Réaumurà67<>au-dessus de zéro. Lorsque, dans la saison avancée, les neiges viennent blanchir le sommet du pic, celles qui tombent près de ces trous ne résistent pas longtemps a une semblable température. De beaux cristaux de soufre, la plupart en aiguilles, parmi lesquels on en voit de forme régulière, ornent les bords de ces soupiraux. L'acide sulfurique, joint a l'eau, a déterminé dans les produits volcaniques voisins une telle altération qu'on les prendrait pour une argile fort blanche, rendue très-ductile par l'humidité qui sort constamment de ces ouvertures. Il n'y avait pas eu d'éruptions volcaniques dans l'Île de Ténériffe depuis quatre-vingt-douze ans, lorsque, au mois de juin 1798, il s'ouvrit un nouveau volcan au sud-ouest du pic. On compta jusqu'à quinze bouches dans les premiers jours de l'éruption ; elles ne tardèrent pas à se réduire k douze , et au bout d'un mois il n en restait plus que deux , d'où sortaient continuellement des jets de laves et de pierre3. Elles sont éteintes aujourd'hui.
En montant au sommet du pic, il arrive quelquefois que, dans les nuages qui couvrent le bas de la montagne, on voit un instant un phénomène que les voyageurs naturalistes ont eu occasion d'observer plusieurs fois dans les hautes montagnes : on aperçoit tous les contours de son corps dessinés avec les belles couleurs de l'arc- en -ciel sur les nuages qui sont au-dessous de soi, du côté opposé au soleil. Les rayons solaires, qui se décomposent en passant sur la surface des corps, donnent une explication fort simple de ce brillant phénomène.
TENÈS, anciennement Cartenas, ville d'Algérie, province et à 160 kilom. O. d'Alger. Petit port sur la Méditerranée, par 36» 30' de latit. N. et 1»0'10" de longit. O., au fond d'une rade très-ouverte; 4,315 hab. Sa création civile date du 14 janvier 1848 ; sa constitution en commune du 17 juin 1854 ; résidence d'un commissaire civil, d'un juge rie paix ; ch.-l. d'un cercle militaire dépendant de la subdivision d'Orïéansville. Tenès est l'entrepôt naturel d'Orïéansville et de Tiaret, deux marchés considérables de l'intérieur de l'Algérie. Les ressources agricoles de son territoire, les richesses minérales qui ont reçu un commencement d'exploitation lui assurent un rôle commercial de second ordre. L'exportation des grains (blé et orge) y a dépassé, en certaines années, 300,000 hectolitres. La rade, abritée des vents d'E. par le cap Tenès, est ouverte aux vents du large depuis l'O. jusqu'au N., ce qui en rend l'abord dangereux par le mauvais temps; le seul abri pour les navires est un groupe d'îluls situés à 1,200 mètres environ àl'E. de la ville.
La ville de Tenès, circonscrite par la ligne des fortifications anciennes, dont le rempart moderne suit a peu près les contours, forme un rectangle de 700 mètres sur 400 avec des rues larges, bien alignées, plantées d'arbres et bordées de jolies maisons. Quatre portes donnent accès au dehors : le.s portes de France et de Mostaganero à l'O., la porte d'Orïéansville au S. et la porte de Cherchell à l'E. C'est pur cette dernière que l'on descend au quartier de la Marine, où s'élèvent la maison du commandant du port et les bâtiments de la douane. En avant s'élance une jetée en bois.
« Entre la mer et la route d Orleansville, dit M. Piesse, surgit un ressaut de terrain, très-escarpé de TE. au N., peu saillant vers l'O. et presque au niveau avec le grand chemin du côté du S. Là, sur une surface plane où s'élève aujourd'hui Tenès, était la ville phénicienne d'abord, romaine ensuite de Cartenna, ou peut-être une des Cartenn»
dont le Vieux-Tenès serait la seconde? Des remparts encore debout, des mosaïques, des fûts de colonnes, des traces d'un monument considérable au centre même des ruines, des citernes, des silos, des tombeaux h l'O., enfin de nombreuses inscriptions et des médailles, tout indiquait suffisamment, lors d'une première reconnaissance de cette localité, remplacement d'une ville romaine. Voici une épigraphe (n° 52 des inscriptions recueillies au musée d'Alger) de la plus haute importance, découverte à Tenès même; elle établit que là était l'ancienne Cartenna coionia et que les tiaquates (Boioutiu) mentionnés par Ptolémee occupaient l'intérieur de la province d'Oran; d'ailleurs, cette épigraphe est destinée à perpétuer la mémoire d'un fait historique :
C. KVLCltflO MF CjVIR OPTATO ..LAM AVG. Il VIE QQ.PO..IF II VIR A.VGVR
AED Q ORI QVI
INRVP....IÎ BAQVA TIVM CO..NIAM TVI TVS KST ...TIMODIO DECRET! . ORP1NIS ET POPVU .ARTENKIÏANI ET INCOLk. PRIM. 1PS1 NEC ABU VLU AERB C.NLATO.
« A Caïus Fulcinius, lils de Marcus, de la tribu Quirina, surnommé Optatus, flamine
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augustal, duumvir, édile, questeur, lequel, dans une rupture avec les Baquates, a protégé la colonie, comme le témoigne le décret du corps municipal et de la population de Cartenna; et les habitants ont accordé cet honneur à lui le premier et à aucun autre auparavant par souscription. »
L'histoire de Cartenna est peu connue; Pline nous apprend que cette ville était le chef-lieu de la deuxième légion. Rogatus, évêque donatiste de Cartenna, joue un certain rôle dans l'histoire africaine. Il avait modifié l'hérésie de Donatus et comptait quelques sectaires qui, de son nom, s'appelaient rogatistes. Ce personnage, très-peu évangélique, mit à profit l'éphémère domination de Firmus (372), pour exercer de cruels traitements envers ses ennemis religieux et politiques. Du reste, l'hérésie, née dans les murs de Cartenna, ne fit pas de grands progrès ; car sous l'épiscopat de Vic«ntïus, successeur de Eogatus, on ne comptait guère que deux évêques qui en fussent partisans. Cartenna a-t-elle disparu lors de l'invasion vandale ou de l'invasion arabe? On ne sait.
La position de Cartenna, reconnue une première fois par le général Changarnier, le 27 décembre 1842, fut choisie par le maréchal Bugeaud, le le' mai de l'année suivante, pour la création d'un centre de population et de force militaire, à l'abri d'un coup de main ou d'une incursion des Arabes, entre Milianah, Mostaganera et Orléansville, et pouvant servir de port à cette dernière ville, créée à la même époque, et dont les communications par terre n étaient pas toujours faciles. Les développements du nouveau Tenès furent rapides.
Aux environs de Tenès, sur un plateau élevé, se trouve Vieux-Tenès, qui fut bâti, suivant El-Bekri, l'an 2G2 de l'hégire (875 après J.-C.) et peuplé par deux colonies andalousiennes. Ses habitants étaient très-mal famés, car on les regardait comme des voleurs et des pirates. Les anciens remparts de cette petite ville arabe ne renferment guère aujourd'hui que des bâtiments en ruine, une grande mosquée et la mosquée de Lella- Aziza. Vieux-Tenès, annexé à Tenès en 1851, ne compte pas plus de 1,200 habitants qui, font le commerce des grains ou exercent le métier de journaliers et de portefaix.
Tenès, qui fait un grand commerce de grains avec les indigènes, a dans sa position les gages certains d'une prospérité infaillible. Ses destinées sont iulimemeut liées à celles d'Orïéansville, dont elle est, dit Mac- Garty, « le complément nécessaire, indispensable, et Orleansville, situé à égale distance d'Alger et d'Oran, en dehors de toute concurrence possible de l'une ou de l'autre de ces deux villes, est appelé à devenir l'entrepôt d'une région entière dont les produits ne sauraient avoir d'autre débouche extérieur que Tenès. Ceci, qui est déjà très-vrai, le sera encore plus lorsqu'on aura exécuté la grande voie ferrée des parties occidentales du Tell et surtout lorsque Tenès, relié à Orléansville par un chemin de fer, verra un beau port remplacer le seul mouillage qu'elle ait pour ses navires, une méchante rade devant laquelle passent souvent les courriers sans pouvoir s'y arrêter. •
11 existe sur le territoire de Tenès des mines de cuivre fort riches et où la prospérité de cette ville trouvera un puissant auxiliaire le jour où l'industrie s'emparera des richesses que renferment ses environs, richesses qui consistent en marbres de belle qualité ; une source thermale à 30° ; des affleurements carbonifères dans les gorges de i'Oued-el-Allah, contenant une grande quantité de pyrites de fer; du minerai de fer, etc. La colonisation a pris, dans les environs de Tenès, un grand développement. Elle a été puissamment aidée par les exploitations métallurgiques du cap Tenès, de l'Oued-el-Allah et de Tassilitz qui entourent la ville. Le cuivre, que Sid-AhmeJ-ben-Yousuf accusait de corrompre l'air et de tuer les habitauts, fait aujourd'hui leur bonheur qn donnant du travail et en rôpeiidant le bien-être, l'aisance et même la fortune,
TÉNÈS ou TENNÈS, lils de Cycnus, roi de Golone, dans la Troade, et de Proclée. Philonome, que Cycnus avait épousée en secondes noces, conçut une vive passion pour son beau-rils Ténès, le trouva rebelle a. ses désirs et, dans sa colère, l'accusa auprès de son mari d'avoir voulu lui faire violence. Le crédule Cycnus ordonna alors de précipiter dans la mer son fils Ténès. Mais celui-ci parvint à échapper à la mort et aborda l'île Leucophrys, qui prit depuis lors le nom de Tenedos, et dont les habitants le choisirent pour roi. Quelque temps après, Cycnus ayant reconnu l'innocence de son fils, s'embarqua pour Ténédos ; mais Ténès ne voulut pas voir son père et, d'un coup de hache, il coupa le câble qui venait d'amarrer au rivage le navire du roi de Golone. Par la suite, Achille étant allé ravager l'Ile de Ténédos, tua Ténès qui venait de marcher contre lui. Les habitants de Ténédos, dans leur attachement pour leur roi, le vénérèrent comme un dieu, lui élevèrent un temple et y consacrèrent la hache qui lui avait servi à couper le câble du vaisseau de son père (v. haohk du Ténès), Enfin lesTènédiens, furieux du meurtre commis par Achille, ordonnèrent que personne ne prononçât son nom au temple de Ténès.
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TÉNESME s. m. (té-nè-sme — lat. tenesmus, gr. teiitBsmoSyàe teinà, je tends). Pathoi. Besoin fréquent, douloureux et presque sans effet d'aller a la selle : Dans le ténesme, les douleurs et le besoin d'excréter sont continuels. (Chomel.) a Ténesme vésical, Besoin continuel d'uriner, accompagné de chaleur et de cuisson.
— Encycl. Répétition à moitié involontaire du mouvement des muscles de la région anale, qui concourent à cette action, sortie momentanée de la membrane muqueuse rectale, excrétion de peu ou point de ces matières, d'une petite quantité de mucosité souvent sanguinolente, chaleur incommode à l'anus et enfin douleur qui, de l'anus, s'étend à la partie supérieure du bassin; tels sont les phénomènes compris sous le nom de ténesme et qui sont les effets de l'irritation vive du rectum dans la phlegmasie du côlon ou par le passage de matières irritantes, ou de son inflammation soit primitive, soit compliquée de colite. Le ténesme est parfois l'accompagnement des hémorroïdes, le plus souvent un des symptômes les plus caractéristiques de la dyssenterie ; il se fait sentir aussi dans les cas où les intestins renferment des vers, dans les derniers mois de la grossesse, quand la vessie loge un calcul, lorsqu'il y a dégénérescence fibreuse, squirreuse ou encéphatoïde de l'utérus. Des demi-lavements émollients répétés et dans lesquels il est bon de faire entrer un jaune d'œut ou toute autre substance émulsive et du suc de laitue ou de l'opium, une légère compression au moyen d'un tampon de charpie et, de plus, les antiphlogistiques indiqués par la nature du mal ; tels sont les moyens auxquels il faut avoir recours pour faire cesser le ténesme.
La vessie devient quelquefois le siège d'une sensation analogue à celle que noua venons de décrire, c'est une envie continuelle d'uriner avec chaleur et cuisson vers son col. On a donné le nom de ténesme vésical ou de ténesme du col de la vessie à ce symptôme que l'on observe dans plusieurs maladies de cet organe, telles que calculs, cystite, rétention d'urine. V. ces mots.
TENBSSER1N ou TANAOSI, nom de l'un des seize Etats qui constituèrent, au xive siècle, la royaume de Siam.
TENET DE LACBADERE {Germain-Félix), général français, né à Bassones (Gascogne) en 1753, mort en 1799. Il était sous-lieutenant lorsqu'il se rendit avec son régiment en Amérique, où il prit part à. la guêtre de l'Indépendance. Après avoir bravement combattu, il revint en France en 1788 et fut promu capitaine. A partir de la Révolution, son avancement fut rapide. Il se prononça pour les idées nouvelles, passa avec le grade de colonel à l'armée de la Moselle, devint général de brigade en 1793 et se conduisit de la façon la plus brillante au combat d'Avion. Tenet commandait la lîo division militaire lorsqu'il mourut.
TENET DE LAUBAUÈRE (Joseph-Marie), général français, cousin du précédent, né en 1753, mort en 1809. Il entra de bonne heure dans le génie militaire et devint rapidement général pendant les guerres de la Révolution. Chargé du commandement de Landau, il défendit pendant cinq mois cette place contre les Prussiens avec une inébranlable énergie et fut débloqué grâce à l'arrivée de Hoche. Sa santé s'étant profondément altérée, il resta assez longtemps sans emploi, puis reçut le commandement du Gers, où il termina sa vie.
TEHETTES s. f. pi. (te-nè-te — du lat. tenere, tenir). Chir. Sorte de pince avec laquelle on extrait les calculs de la vessie, dans ^opération de la taille.
Techn. Petites tenailles d'étameur.
Encycl. Chir. Les tenettes, en acier
d'une trempe moyenne, varient, pour la forme et la grandeur, suivant l'âge du malade et la situation de la pierre. Les plus grandes ont de 0^,27 h om,33 de longueur, les plus petites en ont 0u>,18 ou 0">,20. Elles se composent ordinairement de deux branches croisées, réunies par une jonction a rivure perdue et terminées à l'une de leurs extrémités par des anneaux dans lesquels on engage les doigts pour mieux les maintenir ; l'autre extrémité se termine par deux cuillers obîongues, garnies entièrement de petites pointes, qui empêchent que la pierre ne glisse après avoir été saisie. Les tenettes anciennes avaient les branches croisées jusqu'auprès des anneaux. Cette construction nécessitait l'emploi des deux mains pour les faire manoauvrer. Au moyen du décroissement partiel que Charrière a placé à 910,04 environ des anneaux, ou peut tenir ces tenettes comme une pince a pausement ordinaire. Il y a des tenettes à mors courbés sur la longueur des branches, pour aller saisir la pierre derrière le pubis ou dans le bas fond de la vessie.
TBNEUH s. f. (te-ueur — lat. ténor, continuité; de tenere, tenir). Durée continue : Je me résous prendre un voi, à toute la teneub de ma vie, oui ne soit ni trop haut ni trop bas. (Ë. Pasq.) il Vieux mot.
Texte, ce que contient textuellement
un écrit : L'acte sera exécuté selon sa forme et tknbur. (Acad.) Ce qui distingue le traité