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de Vienne de cefui de Westphalie, c'est que la , teneur n'en est pas explicite. (Proudh.)
Je voudrais un édit dont !a teneur expresse Serait que les brigands obtiendront pi us ri 'égards. C. Dblaviome.
— Plain-chant, Nom de la dominante, il Partie de la psalmodie qui s'exécute sur une même note, entre l'intonation et la médiation et entre celle-ci et la terminaison.
■*• Miner. Ce qu'un minéral contient d'une matière déterminée : La teneur en eau de la chaux hydratée est variable:
— Bncycl. Pluin-chant. La dominante jque, dans chacun des modes du plaint-chant, un rôle très-important; c'est autour d'elle que se développe la mélodie dont elle est, 'pour ainsi dire, le point de rappel; c'est Vraiment elle qui imprime à chaque mode son véritable sens, en sorte qu'un morceau de plainchant qui ne toucherait pas de temps à autre cette teneur n'aurait pas de mode caractérisé.
Dans les modes authentiques, la teneur est à la quinte de la finale) dans le troisième mode, la teneur est à la sente.
Dans les modes plugaux, la teneur est a la tierce de la finale ; dans le quatrième et le huitième mode, la teneur se trouve k la quarte.
TENEUR, EUSE s. (te-neur, eu-ze — rad.
tenir). Personne qui tient, par profession ou par charge : Les lois défendaient à tout cabaretier dé donner refuge aux TENEURS de breldn. (Fr. Michel.) Un vieux capitaliste gui a eu des malheurs se trouve réduit à tremper son pain dans ta sauce d'une teneusk de table iFMte. (Ph. Busoni.)
— Personne qui tient une chose, qui l'a en main : Cette splendeur renaissante, digne du glorieux teneur d'épée gui la voulait, n'eut qu'une bien courte durée. (Cussy.)
— Teneur, teneuse de livres, Comptable qui, dans une maison de commerce, est chargé de l'inscription des opérations sur les registres : Cette âme d'artiste sait s'astreindre au métier de teneur de livres pour sauoer l'honneur de son père. (G. Sand.)
— Argot. Teneur de bouterne, Celui qui filoute dans les foires et marchés.
— s. m. Vaueonn. Oiseau qu'on lance en dernier lieu : Le teheIiiî, c'est-à-dire celui qui termine le combat, est ordinairement un gerfaut. (H. Castille.)
— Typogr. Teneur de copie, Employé qui, dans les imprimeries, assiste le correcteur et lit la copie à haute voix, pendant que celui-ci suit sur l'épreuve et relève les fautes au fur et à mesure, ou qui suit sur la copie pendant que le correcteur lit k haute voix le texte k Corriger.
TÉNEV1ÈRE s. f. (té-ne-viè-re). Monticule de pierre. Il Mot usité en Suisse.
TE-NGÀN , ville de Chine i.Hou-pé), à 100 kilom. N.-N.-O. de Vou-tchang, par 31» 18' de latit. N. et 110°57' de longit. E. ; ch.-l. de département,
TENG-Klltl, lac de l'empire chinois (Thibet), â 45 lieues N. de Lassa. C'est le plus grand lac de tout l'empire.
TESG-TCHÉOU-KOU, ville de Chine, ch.-I.
de département, dans la province de Chan- Toung; par 37" 48' 26" de latit. N. et 118» 44' 38" de longit. E.; k l'entrée du golfe de Tché-li. C'est une petite ville murée, ou il se fait très-peu de commerce ; le poil, bien qu'il n'offre d'abri que contre le vent du sud, est fréquenté par un grand nombre de jonques de cabotage de moins de 30 tonneaux ; il a été ouvert au commerce étranger par le traité de Tien-tsin du 87 juin 1858, ratifié le 85 octobre 1860, à Pékin.
TENG-YOUÉ, ville de l'empire chinois (You-nnn) ; ch.-l. d'arroud. C'est le centre important d'un commerce qui porte sur la soie et les soieries, le thé, le cuivre, les tapis, l'orpiment ; le mercure, le vermillon, la droguerie, le coton brut, l'ivoire, la cire, les cornes de rhinocéros, les pierres précieuses, les nids d'hirondelle, les plumes de faisan.
TENGYRE s. m. (tain-ji-re— du gr. tengà, je fléchis; oura, queue). Entom. Prétendu genre d'insectes hyménoptères, fondé sur les individus mâles de quelques espèces de métboques.
TÉNIft ou TJENIA s. ra. (té-ni-a — lat. teenia; du gr. tainia, bandelette). Helminth. Genre de vers cestoïdes de forme rubanée et d'une grande longueur, dont une espèce est connue sous le nom vulgaire de versolitaire.
— Encycl. Helminth. Les ténias ont le corps plat, composé d'un grand nombre d'anneaux rectangulaires articulés, et terminé antérieurement par une tête unique munie de crochets, par lesquels elle s'agrafe , et de suçoirs par lesquels on croit que l'animal se nourrit ; point de bouche ni de canal digestif, mais deux longs canaux, latéraux intérieurs, allant d'un anneau à l'autre, parcourant tout le corps et communiquant aveu les suçoirs; forme de ruban; largeur variable aux divers points de la longueur, augmentant à partir de la tête , et mesurant de 0">,0009 à 0m,01 ; longueur souvent énorme pouvant atteindre jusqu'à 10 mètres. C'est dans' les anneaux que se développeut les œufs et que sont placés les organes de la génération mâle et femelle, car T'animai est
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hermaphrodite; l'anneau possède le spicule fécondant et l'oviducte avec l'ovaire où les œufs sont fécondés. Il y a d'autant plus d'anneaux que le ténia est plus long. Quand les œufs d'un anneau sont mûrs, cet anneau se détache et il est rejeté au dehors dans les matières fécales ; ce phénomène se produit de bas en haut, c'est-à-dire que ce sont les anneaux de la queue qui se détachent les premiers, en sorte que le ver se raccourcit en pourvoyant à sa reproduction; mais, en même temps, comme il est très-vorace, il s'opèrô en lui une nutrition très-active qui remplace les pertes et bien au delà, puisque en fin de compte il va s'aUongeant toujours. Chacun des articles dont nous venons de parler contient plusieurs centaines d'œufs. Voici, autant qu'on le sait dans l'état présent de la science , la série des développements de cet entozoaire :
L'œuf, qui est microscopique, renferme un embryon très-court, sans anneaux, mais armé de crochets k l'aide desquels il se fixe dans les tissus. Après l'éjection des anneaux par l'intestin, l'œuf est mangé, avec les herbes et les débris où il se trouve, par les gros animaux, surtout par le porc et par le chien; puis il ôelôt dans l'intestin de l'animal; la larve éclose se glisse dans le tissu cellulaire et, y subissant une métamorphose, donne naissance, en la manière des nymphes, à un nouvel individu qui se compose d'une tête et d'une vésicule dans laquelle il peut rentrer sa tète : c'est un cysticerqne, qui ne se reproduit plus que par des bourgeons dont il s'entoure; en cet état, il prend le nom à'hydatide. Enfin , lorsque les chairs dans lesquelles se trouvent ces hydatides sont mangées par d'autres animaux, cet entozoaire se tixe dans l'intestin de ces derniers et y subit une dernière métamorphose : la vésicule disparait et, à la Buite de la tête à crochets et a suçoirs, se développe un corps en ruban annelé : c'est le ténia.
Tels sont les faits, encore assez obscurs du reste, qu'ont révélés les expériences de Van Beneden, Siebold, Kùchenmeister, Leuokart, Humbert, Gurtl,Eschricht, Boll, Hùbner, etc. M. Moquin - Tandon croit pouvoir donner comme acquises les notions suivantes : l« les hydatides sont les larves des helminthes rubanés ; 2" les acéphalocystes ne sont que des hydatides ou helminthes vésiculeux arrêtés dans leur développement ; 3° la forme échinocoquo et la forme cysticerque sont, l'une et l'autre, propres aux larves; 40 les larves arrivent à 1 état parfait ou rubané, en passant d'un animal dans un autre plus parlait, ou d'un animal dans l'homme ; 5° le tube digestif est nécessaire, comme habitat, au développement parfait; 60 quand l'ordre des pérégrinations est perturbé, l'helminthe n'arrive pas à cet état parfait; 7<> c'est par les aliments et les boissons que les œuls ou les larves des helminthes rubanés passent d'un corps dans un autre.
Chez l'homme, en fait de ténias k l'état de lartres, on ne connaît guère avec certitude que des vers vésiculeux appelés éohtnocoques, des acéphalocystes et trois cystieerques : le celluleux, qui, chez le porc, produit la ladrerie ; le triarraé , qui a quarante-deux crochets, et le ténuicolle, commun chez les animaux de boucherie. Quant au vrai ténia rubané, on en cite deux espèces, qui toutes deux servent de type à des genres : 1« le ténia ordinaire, ou ver solitaire (solium de Lin.) ; quatre suçoirs et vingt-cinq à trente crochets; longueur moyenne, 4 ou 5 mètres; 20 le bothriocéphale large (Intus de Brenser) ; pas de crochets. V. bothriocéphale.
Chez les solipèdes, ou trouve deux espèces de ténia : le renia perfolié et le ténia plissé. Le ténia perfolié a de 0m,018 à 0m,080 de longueur, sur on>,003 ou 0m,004 de largeur. La tête est globuleuse et les ventouses sont traversées par un sillon dirigé en avant; la trompe se réduit à fort peu de chose, et il n'y a pas de couronne de crochets. Le corps se compose de trente ou quarante articles, lisses à leur bord postérieur et plus épais que larges. Les organes de la génération sont unilatéraux; dans les vingt premiers articles, on trouve un pénis simple, logé dans une gaine saillante et disposé en entonnoir. Au vingt-el-unième article se présentent les organes femelles, composés d'un ovaire ramifié dans l'intérieur des anneaux. Le ténia perfolié habite le duodénum du cheval et se trouve rarement dans les autres parties de l'intestin. Le ténia plissé est le plus beau de tous les vers rubanés; il a ds 0m,60 à 0tu,80 de longueur, sur 0™,006 à om,018 de largeur. La tète longue et télragone porte quatre ou six ventouses, sans trompe ni Crochets; le cou est court, ridé, et au-dessous, les articles, qui sont très-nombreux et trèsrapprochés les uns des autres, forment un très-grand nombre de plis transversaux. Les organes génitaux sont unilatéraux ou alternes et situés au niveau des plis.
Les animaux tracassés par les vers maigrissent beaucoup; les accès vertigineux deviennent fréquents et forts, et finissent par déterminer la mortde l'animal. Le traitement consiste à donner au cheval de 90 à 1 20 grammes d'écorce de racine de grenadier en décoction dairs 1 litre d'eau , que l'on fait réduire à la moitié ou au tiers, puis on détermine 1'expjilsiou du tenta en adininistrantuu purgatif. Trois ou quatre jours après, les ani-
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maux commencent a rendre quelques fragments de ver.
Chez le bœuf, il n'existe qu'un seul ténia ; c'est le ténia denticulé, ainsi appelé parce que ses articles en se réunissant forment une succession d'encoches et de saillies ayant assez de ressemblance avec Ifes dents d'une scie. C'est un ver de 0nl,40 de longueur sur 0m!04 à 0t»,06 de largeur; la tête est petite, tétragone, dépourvue de trompe et de crochets ; les ventouses sont globuleuses, dirigées en avant et présentent un orifice principal renversé. Les deux orifices génitaux existent à chaque article, et il eu sort un spicule en forme de dent aiguë. Ce ver habite l'intestin grêle.
Chez le mouton, il n'existe qu'un seul tenta, le tenta du mouton ou ténia étendu, ainsi nommé à cause des dimensions considérables qu'il peut acquérir. Ce ver peut avoir une longueur variable depuis om, 30 jusqu'à 25 et 30 mètres, sur om,02 à 0[",05 de largeur. Il occupe quelquefois toute la longueur du canal intestinal. La tête est petite, obtuse et arrondie ou orbicuUire ; les ventouses sont dirigées en avant, très- rapprochées et presque contiguès; le cou très-court ainsi que les premiers articles ; mais ces articles s allongent à mesure qu'ils sont plus postérieurs, et, à partir de la partie moyenne du corps, ils sont à peu près rectangulaires. Quand ils se contractent, ils se raccourcissent et le ver paraît plissé transversalement. Les organes génitaux sont alternes, et au-dessus de l'orifice de la vulve, se trouve le pénis, représenté par une très-petite papille. Ce ver habite l'intestin grêle.
Chez le chien, on rencontre trois sortes de ténias .• le ténia serrata, le ténia cysticerque à long cou, et le tenta cœnure. Le ténia serrata peut atteindre et même dépasser 1 mètre de longueur, et a jusqu'à deux cents anneaux et plus. Sa tête est globuleuse, tétragone, légèrement renflée sur chacune de ses faces, et débordant un -peu la partie du corps qui vient immédiatement après elle. Ventouses circulaires ou un peu elliptiques, trompe peu saillante, entourée de trente-six crochets disposés en deux couronnes. Cou assez long et sans anneaux, ceux-ci commençant à apparaître à 0m,002 ou 0<n,003 en arrière de la tête. D'abord très-grêles, ilsdeviennentbienlôt beaucoup mieux dessinés et présentent un bord postérieur plus étendu que l'antérieur, de telle sorte qu'ils se débordent trèsfacilement en dents de scie sur les parties latérales. Les organes génitaux commencent k apparaître à 0m,12 ou à 0m,15 de la tête; les orifices, sont régulièrement alternes, ou plus souvent placés plusieurs du même côté, k la suite les uns des autres; deux testicules sous forme d'un tube grêle pelotonné et traversant par son extrémité terminale une poche en forme d'olive qui vient s'ouvrir sur l'orifice génital ; ovaire formé par un tube ramifié et terminé par des caecums. CEufs contenus dans les anneaux ovales; quand ils sont mûrs, ils sont ovoïdes et un pôu jaunâtres. Ces œufs contiennent un proscolex rudimentaire qui donne naissance à un scolex susceptible de vivre dans le tissu cellulaire et le mésentère du lapin sous la forme de cysticerque pisiforme. Réciproquement, le cysticerque pisiforme peut, s'il repasse dans l'intestin du chien, produire un ténia serrata.
Le ténia cysticerque à long cou a la tète armée d'une légère trompe ; trente k quarante-deux crochets formant deux couronnes. Premiers anneaux commençant à apparaître à 0m,003 ou OffiOS en arrière de la tête. Bord postérieur de chaque anneau ondulé ou légèrement crénelé. Anneaux suivants plus larges, plus courts et plus serrés. Les anneaux deviennent aussi larges que longs k om,6 ou 0m,8 en arrière de la tête. Organes génitaux unilatéraux; spicule simple, traversant une poche olivaire. Bronches de l'ovaire grêles et ramifiées ; orifice vaginal sensiblement dilaté.
Le ténia cœnure est important à connaître, parce qu'il donne naissance au scolex qui détermine les tournis du mouton et du gros bétail. Tête à trompe, garnie de vingtdeux à trente - deux crochets formant une double couronne, la lame de chaque crochet égalant à peu près l'apophyse inférieure. Premiers anneaux commençant 8. apparaître à 0m,002 ou 0m,003 en arrière delà tête; les suivants assez semblables k ceux du ténia serrata, mais restant généralement plus étroits. Anneaux aussi larges que longs a om,i5ou 0>a,20 en arrière de la tête. Bord postérieur toujours droit. Spicule sortant d'un tube dont le fond est dilaté et la partie libre rétr<!cie comme le col d'une cornue. Ovaire terminé par deux branches latérales ; vagin peu ou point dilaté. Le bord postérieur du dernier article est creusé d'une petite excavation représentant la cicatrice de la vésicule du cœnure.
Chez le chat, il n'existe qu'un seul ténia, le ténia à cou épais. C'est lui qui donne naissance à un proglottis, dont le scolex peut vivre dans les tissus et l'intestin du rat, et réciproquement le scolex du rat et de la souris donne lieu au ténia à cou épais; d'où il suit que le chat peut contracter ce ver en mangeant des rats et des souris qui en contiennent le scolex. Il a pour caractère : trompe courte, deux couronnes de crochets, cou court et presque aussi long que la tête,
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— Méd. Le ténia peut exister pendant plusieurs années dans te tube digestif sans provoquer aucune souffrance et sans amener de troubles intestinaux sérieux. C'est ce que démontre l'observation de beaucoup d'individus qui rendaient, de temps en temps, dans leurs selles, des portions plus ou moins considérables de ce ver. Cependant, dans le plus grand nombre des cas, sa présence occasionne, à la longue, diverses incommodités. Les symptômes les plus communs alors sont : des coliques, du prurit à l'anus, de la démangeaison aux narines, de l'irrégularité dans l'appétit, qui se montre capricieux, tantôt très-faible et tantôt exagéré, de la fétidité dans l'haleine, de la salivation, des éructations, de la tympanite à certains moments, la sensation d ondulation d'un corps qui se meut dans l'estomac , des picotements autour de l'ombilic et quelquefois de la diarrhée. Plus rarement, les malades accusent au médecin des douleurs vagues, des lassitudes et même des crampes aux extrémités. Quelques femmes se plaignent en outre d'accidents nerveux sympathiques, tels que : maux de tête violents, insomnies, alourdissements, palpitations, tendances hypocondriaques et convulsions. Mais, il faut l'avouer, aucun de ces symptômes, qui peuvent se montrer isolément ou associés de diverses manières, n'a de valeur pathognomonique. Le seul signe certain de l'existence du te')iia est la sortie de quelque fragment de ce ver.
On a cru pendant longtemps, mais tout k fuit à tort, que le ténia existait toujours seul, d'où lui est venu le nom impropre de ver solitaire; on en trouve quelquefois plusieurs enlacés les uns dans les autres. On en a vu jusqu'à quatorze, rendus en une seule fois. Ils séjournent ordinairement dans l'intestin grêle. Ce n'est qu'accidentellement qu'ils remontent dans l'estomac.
Le ténia est assez universellementrépandu sur la surface du globe. 11 est endémique dans certaines contrées. En Suisse, près d un quart de la population en est atteint. Les Abyssins, qui ont coutume de manger la viande crue, y sont tous sujets, k dater do l'âge de cinq ou six ans. Ce ver parait d'ailleurs s'attaquer de préférence aux individus lymphatiques, scrofuleux, raohitiques, hab.tant les lieux sombres, bas et humides, mal nourris ou faisant usage de viande crue, du fromage, de lait et de farineux en excès.
On a préconisé un grand nombre de procédés pour tuer le ténia dans l'économie et remédier aux troubles de nutrition auxquels ce parasite donne iieu. Tous ne sont pas efficaces. Le remède de M">e Noufer consiste k prendre, tous les malins, pendant huit jours : 12 grammes de racine de fougère mâle en poudre dans 120 k 180 grammes d'eau distillée de fougère mâle ou de tilleul, et, deux heures après, un bol purgatif composé de caloinel et de scammonée. liourdier prescrivait 4 grammes d'éther sulfurique k prendre le matin à jeun, dans un verre de décoction de fougère mâle, quelques minutes après en lavement, et, au bout d'une heure, 60 grammes d'huile da ricin. Ce traitement doit durer trois jours. Récamier faisait suivre la méthode employée dans nos colonies, laquelle consiste à prendre à jeun 16 grammes d'une pâte faite avec des semences de citrouille fraîche , à faire boire par-dessus un verre d'éinulsion de chêne vis , et, au bout da deux heures, une potion d'huile de ricin et de sirop de fleur de pêcher. L'écorce de grenadier, qui est un des remèdes les plus sûrs, se donne k la dose de 61 grammes en décoction dans 2 litres d'eau, à prendre en un jour; on boit cette décoction du moment ou l'on vient de rendre des portions de ténia.
11 parait certain que la maladie du ver solitaire est devenue beaucoup plus commune depuis la guerre de 1870, et il est permis de conjecturer que l'usage forcé, pendant le siège de Paris, de la viande de chat, de chien, de rat, etc., a contribué k rendre plus fréquente la transmission de l'affreux parasite. D'après un tableau dressé par M. le professeur Reguault, la moyenne annuelle des médicaments téniafuges fournis pur la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris se répartit ainsi :
Kilogr. Kilogr.
Oousso 3,900 9,000
Semence de courge 3,006 5,311
Ecorco de racine de grenadier 13,008 14,025
Rhizome de fougère mâle. . 5,147 12,000
En faisant la somme de ces chiffres qui, individuellement, indiquent ta préférence des médecins pour telle ou telle substance, nous trouvons que la moyenne de téniafuges qui était de 25,061 kilogr. par an avant 1870, s'est élevée à 40,336 depuis 1870, c'est-àdire qu'elle a augmenté de 15,375 kilogr.
Ainsi, l'on peut dire aujourd'hui que nous ne jouissons pas encore complètement d'une paix que nous avons si chèrement achetée, et que les hostilités sont continuées, le seront peut-être longtemps encore... par le ver solitaire. V. TÉNIAFUGK et BOTHRIOCÉPHALE.
— Art vétér. Les helminthes du genre te'nia se trouvent dans tous les animaux domestiques; mais tes maladies auxquelles ils donnent naissance n'ont pas chez tous ta même gravité. Ainsi, pendant que chez le cbevttl, le chien et le chat ces maladies sont
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toujours dangereuses, parfois mortelles, elles ne déterminent que des indispositions chez les ruminants.
C'est surtout le ténia plissé qui détermine chez le cheval des maladies vermineuses. Les causes qui peuvent amener le développement de ce ténia sont toutes celles qui exercent une influence débilitante sur l'économie, comme le tempérament lymphatique, les habitations humides et mal aérées, l'absence de la lumière, l'usage de certains aliments trop aqueux et trop farineux, etc. Les chevaux âgés en :-ont plus souvent affectés que les autres, contrairement à ce qui se passe pour d'autres animaux et particulièrement le chien. Les symptômes caractéristiques des maladies ténioîdes sont les mêmes que ceux des autres maladies vermineuses; mais, lorsque les vers sont très-nombreux, les chevaux éprouvent des symptômes vertigineux et presque toujours intermittents; ils se roulent, grattent le sol, poussent au mur et se livrent à des mouvements désordonnés. Bientôt tous ces symptômes cessent peu à peu.
Chez le bœuf, le ténia est très-rare, ou du moins, lorsqu'il s'y rencontre, il cause dans l'économie de l'animal si peu de désordres qu'on ne peut même en soupçonner l'existence. On ne connaît pas encore les maladies qu'il peut occasionner.
Le ténia du mouton est très-fréquent en France, en Belgique, en Allemagne. C'est surtout dans les troupeaux composés de jeunes agneaux de cinq mois, six mois, un an et même deux ans que la maladie occasionnée par ce ver fait de graves ravages.
Les animaux quiportentceversont tristes, font entendre des bêlements plaintifs, mangent considérablement, et cependant la maigreur augmente, la laine s'arrache avec facilité. Bientôt se manifeste une diarrhée séreuse ou muqueuse, souvent continue, quelquefois intermittente ; la ganache, et les testicules sont infiltrés; ces infiltrations disparaissent pendant la marche, au pâturage et par le beau temps, pour reparaître pendant la stabulation ou par le froid humide. Ces symptômes sont à peu près ceux de la pourriture et pourraient faire confondre ces deux maladies l'une avec l'autre ; mais on peut les distinguer en tenant compte de la nourriture que l'on donne aux animaux, de la voracité de ces derniers et de la durée de la maladie.
La marche de cette affection est généralement très-lente, elle peut durer de un à trois mois, au bout desquels les animaux, parvenus à l'excès de la maigreur, meurent dans le marasme. Comme traitement, indépendamment des soins hygiéniques, tels que le pâturage, la promenade, une nourriture saine et substantielle, il faut administrer 12 grammes à 15 grammes d'essence de térébenthine, associée à du lait ou à des jaunes d'œufs, afin d'en faciliter la déglutition. Ou bien on pourrait employer la teinture éthérée de fougère mâle, à la dose de 0lil,02 à 0h't,04. Enfin on peut administrer 80 grammes à 60 grammes d'éccrce de racine de grenadier en décoction dans l litre d'eau réduite au tiers de son volume. Comme aucun de ces médicaments n'est purgatif, il est bon de faire suivre leur administration de celle du sulfate de soude, qui favorise l'expulsion des vers.
Les causes qui favorisent le développement du ténia chez le chien sont toutes celles que nous avons fait connaître précédemment ; pourtant, on lui en rattache de spéciales. C'est ainsi, par exemple, qu'un chien qui mangerait un cerveau de mouton contenant des cœnures ne tarderait pas à porter en lui des ténias cœnures. Il en serait de même si on administrait des cœnures vivants à un chien. Par contre, si ou prend un proglottis de ténia cœnure du chien et qu'on le fasse avaler à un mouton, ce dernier contracte le tournis. Le ténia Cysticerque à long cou se développe également chez le chien, si cet animal mange de la viande de mouton contenant le cysticerque k long cou. Il en sera de même pour le ténia serrata si le chien dévore un lapin affecté du cysticerque pisiforme.
Ces vers sont très-communs chez les chiens, mais surtout chez ceux âgés de six mois k deux ans; les vieux chiens en ont aussi quelquefois, mais c'est beaucoup plus rare. Ces vers s'attachent aux muqueuses intestinales et' déterminent de violentes douleurs; les chiens poussent des cris plaintifs, maigrissent considérablement, quoique cependant ils consomment une très-grande quantité de nourriture. De temps en temps, il se manifeste de la diarrhée ou de la constipation ; les chiens se frottent l'anus contre le sol et quelquefois iis sont tellement tourmentés qu'ils éprouvent des accès épileptitormes, tombent à terre, se débattent, salivent beaucoup et se livrent k des contorsions et à des mouvements désordonnés. Tous ces symptômes sont dus à l'irritation du sujet et à la titillation que les crochets des vers exercent sur la muqueuse en s'y implantant. Lorsque les vers sont très-longs et que les derniers anneaux contenant les oeufs sont complètement formés, ils se brisent; les anneaux se détachent et sont expulsés avec les matières excrémentitielles sous la forme de petits anneaux blancs, ridés et contractiles. Ce sont ces proglottis dont l'expulsion indique la maladie dont Je chien est affecté, et c'est en
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examinant ces anneaux que l'on peut savoir à quelle espèce on a affaire. Enfin, le plus ordinairement,» mesure que les chiens avancent en âge, les vers abandonnent la muqueuse intestinale, se pelotonnent, s'entortillent et sortent par l'anus k la suite des efforts expulsifs que fait l'animal. Quelquefois ces pelotes restent pendantes et attachées par quelques filaments muqueux ou par une partie d'un ver qui n'était pas bien pelotonné, et les chiens cherchent à s'en débarrasser, se frottant l'anus contre le sol. On suppose que ce sont ces proglottis qui, avalés par les moutons avec l'herbe qu'ils broutent, sont la cause du tournis. Les animaux peuvent vivre et engraisser malgré la présence de ténias dans leur intestin ; mais c'est surtout après leur expulsion que l'engraissement est rapide, par suite de la disparition des douleurs qu'ils leur faisaient éprouver. Il est rare que ces vers déterminent la mort, à moins qu'ils n'existent en trop grande quantité, cas dans lequel les animaux meurent à la suite d'attaques épilepliformes.
Le calomel à la dose de 0er,02 à 08r04, la teinture éthérée de fougère mâle à celle de o'i',02 à 0l>t,04, l'essence de térébenthine à petite dose sont autant de médicaments qui, convenablement administrés, procurent de très-bons résultats dans les maladies ténioîdes du chien, surtout lorsqu'on fait suivre leur administration de celle d'un léger purgatif. Muis le médicament lénifuge par excellence, c'est sans contredit l'écorce de racine de grenadier à la dose de 30 grammes à 60 grammes, en décoction dans 1 litre d'eau, que l'on fait réduire k deux ou trois verres. On doit l'administrer quand les animaux commencent à rendre clés proglottis, parce qu'alors on est plus sûr de ses effets. Quelquefois lu chien vomit le médicament presque aussitôt après l'avoir avalé; quand il le conserve, il est quelquefois purgé et présente des symptômes assez graves qui ne doivent pas inquiéter; enfin, quelquefois les vers sont expulsés par la simple administration de cette décoction ; mais, le plus souvent, on est obligé de compléter sou action par celle d'un purgatif.
Les volailles ont beaucoup de tentas ; celles qui en sont affectées ne grossissent que peu ou point, sont très-maigres, éprouvent souvent de la diarrhée, ont un appétit vorace et rendent fréquemment par l'anus des fragments de vers mélangés aux matières fécales. Les palmipèdes en ont aussi, et ces vers éprouvent des migrations particulières. Comme les palmipèdes sont aquatiques, s'ils rendent des fragments de vers dans l'eau, les proglottis sont avalés par les poissons ; ils se développent dans leur intestin et si les oiseaux, principalement les canards, viennent à manger ces poissons, ils ont des ténias.
TÉNIADÉ ou TiENIADÉ, ÉE adj. (lé-ni-adé — rad. ténia). Hekninth. Qui ressemble au ténia.
— s. f. pi. Famille de vers cestoïdés, ayant pour type le genre ténia.
TÉNIAFUGE ou TJËNIAFUGE adj. (té-nia-fu-je — de ténia, et du lat. fugo, je mets eu fuite). Pharm. Qui détruit le ténia ; Poudre téniafuGk. Il On dit aussi tknikugë.
— s. m. Remède contre le ténia : Des téniafuges trop vantés.
— Encycl. Les téniafuges sont nombreux, mais souvent infidèles. En voici l'énuinération. Acide ar^énieux, à faible dose ; il est tout à la fois dangereux à manier et peu efficace. Huile de térébenthine, à la dose de 30 grammes à 68 grammes. Rhizome de fougère mâle, 40 à 60 grammes. On administre, quelques heures après, un purgatif dans le but d'expulser le ténia que le vermifuge a dû attaquer. Extrait éthéré de rhizome de fougère mâle ; dose, 2 grammes a 8 grammes. Teinture éthérée de bourgeons de fougère, 8 gouttes à 30 gouttes. Ecorce fraîche de racine de grenadier, 64 grammes en décoction dans un demi-litre d'eau, Cousso; ses fieurs, à la dose de 15 grammes ou so grammes, ont des propriétés téniafuges merveilleuses. On les fait infuser dans 250 grammes d'eau environ et on fait avaler le mélange au malade. Le cousso vient d'Abyssinie. Ce pays fournit quelques autres végétaux doués des mêmes propriétés, mais à un degré certainement inférieur.
Tels sont : les bulbes de habbe tseuhukko {oxalis antkelminthica);]ea feuilles du habbe zelin (Jasminum (loribundum) ; les feuilles, les fleurs et les fruits d'une amarantacée appelée bolbilda (celsia adoensis) ; l'écorce de mussena, léguinineuse indéterminée, 40 grammes à 60 grammes; le fruit d'une mvrtinée, saoria (mcesa pieta), 30 grammes à 40 grammes; le talzé, fruit d'une plante encore indéterminée, 15 grammes k 24 grammes; la racine du silène macrosolen (earyophyllée) ; pâte faite avec des semences de courge, 16 grammes.
De tous les téniafuges exotiques, les plus employés sont le cousso, le mussena, le saoria et le titzé. Les autres ne sont en usage que sur les lieux de production.
TÉNIANOTE ou TENIANOTE s. m. (téni-a-no-te — du gr tainia, bandelette; iidtos, dos). Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des joues cuirassées, voisin ides scorpeues, g Nom douné
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improprement à divers poissons, des genre» apiste, labre, malacanthe, etc.
TÉNIAPTÈRE ou TJENIAPTÈRE S. m. (téni-a-ptè-re — du gr. tainia, bandelette ; pteroit, aile), Entom, Genre d'insectes diptères, de la famille des athêrioères, tribu des muscides, dont l'espèce type habite l'Amérique du Nord.
TÉNIE s. f. (té-nl — du gr. tainia, bandelette). Archit. Moulure plate , listel qui couronne l'architrave dorique au-dessous du triglyphe.
TENIERS s. m. (té-nié). Peint. Tableau peint par Teniers : Louis XIV avait les Tbnikks en horreur.
TENIERS (David), dit le Vieux, peintre flamand, né à Anvers en 1582, mort dans la même ville en 1649. Elève de Rubens, il s'adonna d'abord à la grande peinture , puis se rendit k Rome pour étudier les œuvres des maîtres. Mais ce voyage eut un résultat tout opposé à celui qu'on pouvait eu attendre. A Rome, Teniers rencontra Adam Elzhemser, qui s'adonnait avec succè» à la peinture de genre. Il se prit de goût pour ce genre de peinture, abandonna presque entièrement l'histoire et le grand style, et, au bout de dix ans, de retour à Anvers, il peignit un grand nombre de scènes familières et de petite dimension représentant des intérieurs, des réunions de buveurs, des charlatans, etc. Ces tableaux, dessinés avec beaucoup de correction, d'une touche fine et spirituelle et où l'on trouve une observation scrupuleuse de la nature et des mœurs du temps, eurent un succès très-vif. Son fils, dont nous parlons plus loin, devait le surpasser par la fraîcheur du coloris et la finesse de la touche. Toutefois, il est souvent très-difficile de distinguer les œuvres du père de celles du fils. On cite parmi ses tableaux : les Œuvres de miséricorde, à Anvers ; Pan dansant avec une nymphe; Vertumne et Pomone, à Vienne ; la Tentation de saint Antoine, k Berlin,
TENIERS (David), le Jeune, célèbre peintre flamand, né à Anvers le 15 décembre 1610. Son père, David Teniers le Vieux, était peintre, et sa mère, Dympne Hendrickx, était fille deCornelis Hendnckx,qui fut amiral de la flotte anversoise. 11 eut pour parrain Julien Teniers, son oncle, qui fut peintre, lui aussi, mais ne s'éleva pas au-dessus de la médiocrité. Le jeune David fut de bonne heure instruit dans l'art qu'il devait illustrer. Son père lui donna les premières leçons ; on a prétendu qu'il étudia aussi sous la direction d Adrien Brauwer, mais la fausseté de cette assertion est suffisamment démontrée par ce fait que l'admission de Brauwer dans la gildede Saint-Luc, en 1631-1632, ne précéda que d'un un celle de Teniers le Jeune. Ce qui est plus vraisemblable, c'est que Rubens, qui avait eu Teniers le père pour élève, enseigna aussi la peinture au fils. Toutefois, il n'existe k cet égard que des présomptions, et il faut sans doute considérer comme apocryphe l'anecdote suivante, racontée par certains biographes : « Un jour, Teniers, âgé de quinze ans, peignait dans l'atelier de son père. Entre Rubens, Tout se trouble à l'apparition du grand peintre, et le jeune homme tremble.... de peur? non, d'entliousiasma. Rubens s'arrête devant le chevalet de l'élève ; il promène sur l'œuvre commencée un regard qui peuple les toiles ; puis, saisissant le pinceau de Teniers et conseillant à la fois de la main et de la parole, il lui donne en quelques instants une leçon et un tableau. > Ce qui est certain, c'est que Rubens témoigna k Teniers une amitié marquée ; il assista comme témoin k son mariage avec sa pupille Anne Breughel, fille du célèbre peintre Jean Breughel de Velours, mariage qui eut lieu en 1637. Ce que l'on raconte au sujetde difficultés que Teniers aurait rencontrées au début de sa carrière ne mérite aucune créance. Ses relations avec le prince de l'école flamande lui auraient valu de nombreux travaux, si son talent n'avait pas largement suffi pour faire rechercher ses œuvres.
De 1644 à 1645, Teniers remplit les fonctions de doyen de la gilde de Saint-Luc, à Anvers. L archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur générai des Pays-Bas, conçut une grande admiration pour le génie de l'artiste, le nomma son peintre et son valet de chambre (ayuda de camara) et le gratifia d'une chaîne et d'une médaille d'or, présent considéré alors comme une marque honorifique.
Ce prince possédait une riche collection de tableaux de maîtres italiens. Teniers lit d'après ces peintures des copies dans lesquelles il s'assimila avec une habileté surprenante le style des originaux, et il en fit graver sur cuivre un recueil qui parut pour la première fois à Bruxelles en 1660, et dont il y eut plusieurs autres éditions. Don Juan d'Autriche, fils naturel de Philippe IV, roi d'Espagne, ayaut remplacé, en 1656, l'archiduc Léopold, confirma Teniers dans les titres que ce prince lui avait donnés et lui témoigna personnellement la plus grande faveur ; il la poussa, dit-on, jusqu'à vouloir recevoir de lui des leçons de peinture et s'essaya dans cet art en taisant le portrait de l'un des fils de l'artiste. Philippe IV, lui-même, s éprit du talent de Teniers et fit construire une galerie spéciale pour y placer ses tableaux, si nous en croyons Cornelis de Brie, Guillaume II, prince- d'O-
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range, et Antoine Triest, évêque de Gand, lui commandèrent aussi des peintures. Enfin, Christine de Suède lui exprima son admiration en lui faisant don de son propre por- | trait, encadré dans un riche médaillon et suspendu à une chaîne d'or. L'exemple des princes fut naturellement suivi par beaucoup de gentilshommes et de simples bourgeois. Teniers était heureusement doué de la facilité la plus extraordinaire ; quelques heures lui suffisaient pour peindre un tableau. Il eut bientôt amassé une fortune assez grande pour mener la vie d'un grand seigneur; il acheta k Perck le château des Trois-Tours (Dry-1'oren), qu'il a représenté souvent dans ses compositions. Sa première femme, qui lui avait donné deux garçons et trois filles, é,tunt venue k mourir, il se remaria en 1636, à Bruxelles, avec Isabelle de Fren, fille d'un secrétaire du conseil de Brabant et filleule de l'infante Isabelle-Claire-Eugénie. M. Arsène Houssaye (Reoue de Paris, 1832) a raconté ce mariage avec cette faconde romanesque qu'il a appliquée à falsifier l'histoire de beaucoup d'autres peintres. Avant ce second mariage, Teniers ;ivaii. sollicité l'anoblissement. En lfi63,il renouvela sa demande en l'appuyant d'un certificat délivré par le roi d'armes, Engelbert Flacchio, attestant que la famille de Teniers « est famille honorable, originaire de Haynaut. • L'écu que • ceux de ladite famille ont de tout temps porté» est décrit ainsi: d'argent, à un ours au naturel, au chef d'azur, à trois glands d'or rangés; le heaume ouvert et treille, bourrelet et hachement d'argent et d'azur; cimier, un ours naissant au blason de l'écu, tenant en sa patte droite un glnnd d'or. Un ' autre document qui fait partie, comme le précédent, des archives générales de Belgique, est un avis inclinant k ce que la demande du peintre soit accueillie sous la condition « qu'il ne lui sera plus permis d'exercer l'art de ladite profession publiquement, pour aucun gain ni salaire. • 11 ne paraît pas, toutefois, que l'artiste ait obtenu la faveur qu'il désirait ; car les qualifications nobiliaires ne lui sont données dans aucun acte officiel postérieur k 1663.
Teniers possédait mieux que de vains titres de noblesse ; il avait en partage un génie vif, spirituel, original, i Chose bizarre ! dit M. Cl). Blanc, ce grand peintre, qui vivait de la vie seigneuriale, qui eut un prince pour élève et des rois pour flatteurs, ne représentait que des paysans, ne réussissait que par le peuple. Et ce goût pour le spectacle de la vie familière des bonnes gens, s'il est étrange pour un peintre qui avait le plus grand soin de sa collerette, il est encore plus surprenant, plus extraordinaire chez ses clients couronnés. Car tous ces danseurs, ces fumeurs, ces joueurs de Teniers, ressemblent fort aux gueux illustres des Sept-Provinces, qui firent une si rude guerre k l'Espagnol, gueux des bois, gueux des marais, gueux des villes, comme on les appelait alors; et ce qui les rend si joyeux, ce qui leur fait lever si haut le verre quand ils boivent, le pied quand ils dansent, croyez-vous que ce soit uniquement la vertu d'une troisième cruche de houblon ? Ne serait-ce pas plutôt la victoire 1 Et Teniers le Jeune, au milieu de son peuple, imposant l'admiration aux rois de l'Europe, n'est-il pas un peu le Guillame d'Orange de la peinture ? L'un et l'autre, ils ont triomphé par les gueux. » Louis XIV, le roi-soleil, ne partageu pas l'admiration de Philippe IV et de Christine de Suède pour les paysans de Teniers; on connaît l'exclamation qu il poussa à la vue de quelques tableaux de ce maître qu'on avait placés dans l'un de ses appartements ; « Qu on ôte de là ces magots.' »
Il est facile de comprendre que les rustres flamands qui dansent si lourdement dans les Kermesses de Teniers, et qui n'ont pas même le décorum de se soulager en secret de ce qu'ils ont bu ou mangé de trop, devaient paraître hideux k un monarque accoutumé à vivre au milieu d'un cérémonial perpétuel. Miiis ceux qui s'intéressent aux pauvres gens, qui veulent connaître leurs mœurs, leurs vertus et leurs vices, qui prennent plaisir k étudier l'humanité dans sa natve rudesse et qui ne détestent pas la franche gaieté, ceux-là ne se lasseront pas d'admirer la verve intarissable avec laquelle le maître flamand a peint, sous toutes leurs faces, les campagnards, les ouvriers, les pêcheurs de son pays et de son temps. ■ Teniers n'eut pas seulement de commun avec Molière, son contemporain, le titre de valet de chambre d'un prince, il eut aussi, dit encore M. Charles Blanc, cette verve comique qui s'empare irrésistiblement des choses et les livre vivantes au rire de la postérité. La gaieté n'abandonne jamais ni l'auteur ni ses personnages ; mais c'est une gaieté vraie, intérieure, profonde et communicative. Dans la grande Kermesse de Rubens qui est au Louvre, on s'enivre avec passion, on s'embrasse avec fureur; dans les Kermesses de Teniers, l'on rit, l'on boit et l'on danse avec le laisser aller du plus parfait naturel. Il faut dire cependant que la gaieté de ce peintre se complique de radlerie et de malice. S'il peint uu charlatan qui crie son ratafia par les rues, s'il représente un charlatan qui propose & sa victime de soulager avec du genièvre le mal affreux que lui fait une molaire, arrachée pourtant sans douleur, il est tout simple que l'expression de son pinceau soit d'une bonhomie
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caustique ; mais il n'est pas jusqu'à l'héroïsme que Teniers ne prenne par son côté trivial. Voici un tableau qui porte pour titre : Apprêts militaires. Que pense-t-on que Teniers y ait placé? Un cavalier qui selie son cheval? Non, c'est Wouwerman qui l'eût compris de la sorte. Un gentilhomme qui saisit son casque? C'eût été 1 affaire de Van Dyck. Teniers, en quelques coups de pinceau, a peint une vieille femme qui bat des habits. La poussière 1 voilà pour lui ce que la gloire secoue tout d'abord. Bohémiens disant lu bonne aventure en plein champ et se moquant de !a crédulité de leurs pratiques; alchimisies penchés sur ieurs fourneaux et ridicules dans leur impuissant savoir; singes vêtus en gentilshommes, l'épée au côte, le chapeau sur la tête devant l'homme, comme des grands d'Espagne devant le roi, et parodiant ainsi les vanités humaines ; sorcières préparant leurs rhaudières, au elairde la lune; chats déchiffrant à livre ouvert des cahiers de musique et contrefaisant la gravité des virtuoses; voila les sujets favoris de Teniers, voilà les scènes où s épanche sa verve railleuse. C'est là sa comédie de la vie. Teniers, dites-vous, a traité aussi des sujets religieux. Oui; mais dans le martyrologe catholique, quel est le saint qui a eu toutes les préférences du peintre ? C'est suint Antoine. Bonne occasion de rire I Autour du fervent ermite, réfugié dans l'extase, cramponné aux ardeurs du mysticisme, répandre, pour troubler son attention et son salut, lus distractions les plus irrésistibles, les monstres les plus grotesques, les cauchemars les plus cornus, les bêles qu'on ne peut voir sans éclater, quelle tentation pour Teniers lui-même I Aussi combien de fois n'a-t-il pas recommencé ses entreprises bouffonnes contre la gravité du saint!» Et avec quelle finesse, avec quelle légèreté de pinceau ces compositions comiques sont traitées ! « La touche est fort remarquable chez Teniers, et. c'est peut-être de toutes ses qualités la plus caractéristique. Son coloris lin, transparent, agréable, ses tons argentins su t'- Usaient sans doute pour le distinguer des autres peintres; mais il a un maniement de pinceau si franc, si léger, si facile, que c'est par là principalement qu'il se trahit. Sa manière, du reste, paraît si naturelle qu'on ne suppose pas au premier abord qu'il existe une autre manière de peindre. Le procédé vulgaire et classique qui consiste à frotter les ombres et à empâter les lumières n'est écrit nulle part aussi simplement, aussi nettement et avec moins de peine que dans les tableaux de Teniers; c'est un vrai modèle. Doué d'un tact sût-, d'un esprit tin, David Teniers savait d'ailleurs, tout en restant luimême, varier sa touche suivant les objets et leur donner ainsi une troisième fois 1 accent de la realité s'il peignait des objets de nature morte, les apparences de la vie s'il peignait des êtres animés. Sa touche est donc au plus haut point intelligente, et si on la trouve si ferme, appliquée avec tant de résolution et d'une main si libre, c'est qu'il avait beaucoup refléjlii et que son pinceau était conduit, non parla routine, mais par un sens exquis des formes, de lu couleur et du pittoresque. 11 sait que l'ivoire d'une clarinette ne doit pas être touché comme le luisant d'un pot de grès, que le poli d'une cuirasse ou les reflets d'une batterie de cuisine ne doivent pas être traités comme le nez qui bourgeonne sur le visage épanoui d'un ménétrier de campagne. Mais il y a chez Teniers le Jeune une nuance plus importante encore à bien observer, c'est celle de la perspective. Le coup d'oeil de Teniers était si juste que, par le seul effet de la dégradation ou de la force des teintes, de l'affaiblissement ou de la fermeté dans la touche, calculés avec une rare précision, il faisait fuir ou avancer les objets, sans avoir besoin de ces grands repoussoirs, de ces sacrirtees résolus, de ces partis tranchés de lumière et d'ombre, dont peut se passer un savant artiste, à moins que le peintre n'y fasse précisément consister son génie, à l'exemple de Ribera. Pour reculer, par exemple, un personnage revêtu d'une couleur voyante, ou, si l'on veut, pour mettre à son plan une draperie vouge, Teniers n'a pas besoin de l'alourdir par un gris nébuleux ; il lui sufiit de donner à ce rouge une teinte juste, c'est-à-dire d'y mêler dans une juste mesure ce ton général de l'air que les doctes connaisseurs appellent teinte évanouissante. Cependant, en l'absence même de la couleur et de la touche, et à ne considérer Teniers que dans les gravures de Le Bas, où il est reproduit si Finement, le peintre reste encore un des plu-s expressifs, des plus spirituels de son école et de bien d'autres. » Tout en reconnaissant le merveilleux talent de Teniers, le docteur Waagen a cru devoir fuire quelques restrictions qui ne sont pas sans fondement : « Les qualités les plus attrayantes des œuvres de Teniers, dit-il, sont l'arrangement pittoresque, l'ordonnance de l'ensemble, l'harmonie exquise du coloris dans les détails, la louche légère et élinceiante dans laquelle les co ps distincts de la brosse restent entiers. Jamais, sous ce rapport, aucun peintre de genre ne l'a égale. Il est vrai que tout le charme de son esprit ne peut suppléer une certaine froideur de sentiment qui éclate dans la monotonie et l'uniformité de ses personnages, principalement dans les tableaux où ceux-ci sout nombreux. Parfois aussi il apporte dans ses arrangements une intention
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trop préconçue, et il s'ensuit que non triomphe est d'autant plus grand qu'il représente moins de figures. ■
Les connaisseurs distinguent plusieurs périodes dans la longue carrière de Teniers. Au début, ses figures, hautes de 12 à 18 pouces, sont peintes avec largeur et dans des tons bruns un peu lourds. Vers 1640, sa couleur devient plus claire, plus lumineuse, plus dorée ; a partir de 164* jusqu'en 1660, elle prend des tons argentins d'une légèreté et d'une limpidité admirables, et, en même temps, l'exécution devient plus précise et plus soignée ; les tableaux de cette dernière manière sont les plus estimés. Teniers revint ensuite à une gamme de tons dorés, dans laquelle il déploya parfois une grande puissance. A la fin de sa carrière, il devint lourd et brunâtre, et sa touche perdit de sa netteté. Le maître ■a daté un certain nombre de ses ouvrages ; voici à cet égard des indications qui sont absolument inédites. La première date que l'on rencontre est celle de 1641, qui ligure sur un Corps de garde, du musée d'Amsterdam, grand tableau assez vide, où l'on remarque de nombreux attributs militaires. A l'année 1643 appartiennent un autre Corpsde garde et la Fête des arquebusiers, tableaux très-retnarqimbles, au musée de l'Ermitage ; le Fumeur, au Louvre, et un Intérieur, à la pinacothèque de Munich. De 1644 sont datées plusieurs toiles capitales : la Bonne cuisine, au musée de La Haye; l' Enfant ■prodigue, au Louvre; les Sept œuvres de charité, dans la collection Steengraeht, à La Haye ; un Corps de garde, dans la galerie de Hesse-Cassel ; un Intérieur rustique, connu sous le nom de l'Homme à la chemise blanche, qui a été payé 18,000 francs par lord Herlfonl, à la vente de la duchesse de B:rry. Un Intérieur d'écurie (musée du Belvédère), une Tentation de saint Antoine {collée. Barton, à Manchester), le Tir à l'arc (payé 13,200 florins à la vente Danoot en 1829), etc., portent la date de 1645. Celle de 1646 se lit sur le lieniement de saint Pierre, qui est au Louvre ; les Joueurs de cartes ou le Chapeau blanc, de la collection Labouchère, en Angleterre ; un Corps de garde, qui a fait partie de la collection Erard- une Fête devittage, qui a été payée 18,030 francs à la vente Gaigntit en 1768; un Intérieur, qui a été payé 6,510 francs a la vente A. Perrier en 1817. L'admirable Marché auxpoissons, qui a atteint le prix de 100,000 francs à la vente Delessert en 1870; un Corps de garde, payé 12,999 francs à la vente Lapeyrière en 1825 ; un autre tableau sur le même sujet, acheté 20,500 francs par le duc de Gallieraà la vente Patureau en 1857, et une Tentation de saint Antoine, au musée de Berlin, sont datés de 1647. En 1648 ont été peints : le Repas, appartenant à la galerie de Dresde ; une Noce de paysans et (Tes Brigands saccageant un viltaye, au musée du Belvédère; le Déjeuner de jambon, chef-d'œuvre qui a été adjugé au baron Sellière, au prix de 77,000 francs, à la vente de ia galerie de San-Donato en 1868 ; une Fête de village, dans la collection du marquis d'Ashburnain, à Batle, etc. En 1649, une Cour de guint/uetle (collée, royale d'Angleterre); un Alchimiste, dans la galerie Ellesmère, à Londres, et un autre tableau sur le même sujet, qui a fait partie de la collection Erard. En 1650, des Joueurs de cartes, au musée de Turin, et une Kermesse, qui a été payée 7,200 francs à la vente de Jullieune en I7ti7. En 1651, un tableau représentant la Galerie de l'archiduc Léopold, qui a figuré à la vente de la collection du prince de Carignan en 1742, et une Noce de village, improprement appelée le Mariage de Teniers, décrit par Smith sons le n° 469 de son Catalogue raisonné. En 1652, la Fête de village, au Louvre: la Fête des arbalétriers, au Belvédère; un Corps de garde, qui a fait partie des collections Braamcamp, Van Locquet, du Boss et Six van Hillegom. En 1653, le Sacrifice d'isaac, du musée de Vienne, et Cabaret, décrit par Smith (n<> 446 du Supplément au catalogue). En 1655, une Danse villageoise, payée 5,550 francs à ia vente Lapeyrière en 1817, et qui a appartenu depuis au due de Wellington. En 1660, un Fumeur, qui était en 1842 dans la collection Martini, à Paris. En 1670, les Joueurs de cartes et un Marché, décrits par Smith Sous les nos 404 et 439. Au musée du Belvédère se trouvent deux des toiles sur lesquelles nous trouvons les dates les plus avancées : la Lecture de la gazette, datée de 1675, et YEcureuse de chaudron, datée de 1677. Enfin ta date de 1678 est inscrite au bas d'un Chirurgien, qui a été payé 750 francs à la vente Tronard en 1779, et celle de 1679 au-dessous d'une Eve présentant à Adam le fruit défendu, qui a été gravée par Le Bas et qui a été adjugée moyennant 800 francs à la vente de la célèbre collection de Jullieune en 1767.
Smith ?. catalogué plus de neuf cents peintures de David Teniers, et nous en pourrions citer plusieurs centaines encore qui ont échappé aux recherches do cet iconographe. Nous devons nous borner à mentionner ici les plus beaux tableaux des galeries publiques, qui n'ont pas été désignés dans la précédente «numération. Le Louvre possédait quinze tableaux de Teniers, avant que lu collection La Casse, qui en contieût'vjngt et un, eût pris place dans notre galerie nationale ; aux œuvres de l'ancien fonds mentionnées ci-dessus, il faut ajouter: lesŒuvres de miséricorde, d'une belle couleur dorée et d'une
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grande finesse d'exécution; la Tentation de saint Antoine; un Cabaret près d'une rivière et une Danse de paysans à la porte d'un cabaret (tableau de in>,20 sur 2m,03); deux Intérieurs de cabaret; une Chasse au héron, qui montre l'habileté de Teniers à peindre les animaux ; les Bulles de savon et trois petites figures très-spirituelles, un Fumeur, un Rémouleur et un Joueur de cornemuse. Parmi les vingt et une toiles de la collection La Caze, on remarque : le Duo, une Kermesse (composition de quarante-cinq figures, œuvre de la vieillesse du maître), una petite Tentation de saint Antoine, les Joueurs de boutes, une Fête villageoise, plusieurs Tabagies, divers Paysages et deux pastiches ou copies de l'école italienne, une Pietà, dans la manière de L. Lmto, et une Vierge avec l'Enfant Jésus et une sainte, dans la manière du Titien. Les musées d'Allemagne sont très-riches en tableaux de Teniers ; celui de Dresde en a vingt-trois, parmi lesquels une grande Kermesse, trois autres Fêtesde village, une Blanchisserie, un Cabaret, un Chimiste, un Corps de garde, un Intérieur de cuisine, un Dentiste, des Joueurs de trictrac, des Joueurs de cartes, un Buvgur, des Paysans jouant aux dés, des Sorcières, des Paysages. An musée de Munich, il y a douze tableaux dont les plus importants sont: une Foire italienne, un Corps de garde, un Concert de chats et de singes, un Diner de singes, une Tabagie de singes, des Fumeurs, des Buveurs. Parmi les dix-neuf tableaux qui appartiennent au musée du Belvédère, on remarque, indépendamment de ceux dont nous avons la date, une Fête de village, une Danse de paysans, la Galerie de l'archiduc Léopold, la Faiseuse de saucisses, une Conversation de paysans en plein air, les Misères de la guerre et les Bonheurs de la paix. Le inusée de Berlin possède une belle Tentation de saint Antoine, un Alchimiste, et deux autres tableaux. L'Ermitage est, avec le Louvre, le musée où il y a le plus de Teniers; il n'en possède pas moins de quarante-sept, dont plusieurs sont datés ; parmi les autres, on distingue diverses Fêtes de village, un portrait du peintre, des Singes festoyant, un Chimiste, un Fumeur, des Pêcheurs, un Corps de garde, un Intérieur de cuisine, etc. Dans la galerie de Hesse-Cassel, on remarque l'Entrée de l'archiduchesse Isabelle à Bruxelles, une Kermesse, etc. ; au musée de Bruxelles, une Kermesse, le Médecin de village, les Apprêts du départ pour le marché ; au musée d'Anvers, des Buveurs, Valenciennes secourue, le Matin, VAprès-diner, la Vieille ; au musée d'Amsterdam, un Intérieur de cabaret; au musée de Copenhague, une Tentation de saint Antoine ; au musée de Madrid, une Danse de paysans, le Pédicure, un Intérieur de cuisine, le Roi boit, un Bivouac, un Alchimiste, des Fumeurs, le Jeude boutes, des Paysans tirant au blanc, l'Histoire d'Armide (en douze tableaux), etc.-, au musée de Turin, la Partie de musique, un Joueur de vielle; aux Offices, une Vieille femme umoureuse et un Saint Pierre pleurant, pastiche de l'école bolonaise; à la National-Gallery, la Partie de musique, les Joueurs de trictrac, un Paysage, etc. Lesœuvresde Teniers sont extrêmement répandues en Angleterre ; les galeries les plus riches sont celles de la reine, à Buckingham Palace, de sir Robert Peel, de lord Ellesmere, de lord Ahsburton, de Thomas Baring, de lord ûverstone, de M. Morrison, etc. Lord Spencer possède une série très-intéressante de pasti'-hes de l'école italienne, par Teniers, Je Triomphe de Vénus, l'Enlèvement d'Europe, le Triomphe de Galatée, la Mort de Léandre, Andromède enchaînée au rucher, etc. Teniers a déployé dans les imitations de ce genre autant de goût que dans ses œuvres personnelles. « Sun assimilation, dit M. Cb. Blanc, ne s'arrêtait pas à la manière de manier le pinceau, d'employer les couleurs, de frapper les louches; il entrait si avant dans l'esprit du peintre, il se pénétrait si profondément de son humeur, qu'il reproduisait à volonté la fermeté grave du Titien, la fougueuse abondance de Kubens et le luxe de ses fraîches carnations, et ses airs de lêta, et le caractère mouvementé de ses compositions. Si bien que Teniers, cet enfant de [a cité d'Anvers, est le représentant du génie national de la contrefaçon. ■ Aucun peintre de genre n'a été plus souvent gravé que Teniers; parmi ses interprètes, nous citerons : J.-Ph. Le Bas, Coryn Boel, Th. Galle, P. Pontius, I>\ Van Steen, Hollar, C.-P. Boetius, Canot, Tard. eu, Cheilel, de La Barthe, Truehy, Chenu, Surugne, Lan vray, J. Browne, S. Barras, P.-G. Langlois, J.-F. Beauvariel, A. Delfos, Vurin, Pelletier, A. Laurent, Busan.Fr. Del Pedro, Basan, B. Baron, C. Begu, Helmanu, Schwab, Astruc de Vissée, ValeiHin Green, W. Baillie, Th. Major, R. Earlotn, James Fittler, Ûuthwaite, Garreau, J. Van der Bruggen, J.-J. Aliamet, L:-S. Leinpereur, Elisabeth Lépicié, L.-M. Halbon, Ignace Krepp, J, Greeuwood, J. Daullé, Gutienberg, P. Hutin,R.Benard,J.-S.Muller,N. Le Mire, S.-V. Perger, Enzensberger, J. de Julienne, Aveline, P.-E. Moitte, Réveil, Bontrois, Niquet, Chataiguer, Conché, Hédouin, Jules Jacquet, etc. Teniers le Jeune a gravé luimême un certain nombre d'eaux- fortes d'une exécution très-làchée, mais d'un caractère spirituel. G. de Vivier a fait, dans le même style, un certain nombre de planqhes, d'après des peintures du maître.
Entre 1648 et 1652, Teniers était allé se fixer à Bruxelles, où eut lieu, comme nous
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l'avons dit, son second mariage. Revenu a Anvers, il concourut, en 1663, à la fondation de l'Académie des beaux-arts de cette ville. Sa seconde femme, Isabelle de Fren, de qui il eut deux fils et une fille, le précéda dans la tombe. La date à laquelle il mourut lui-même a donné lieu à bien des controverses; Descamps et, après lui, beaucoup d'auteurs l'ont placée en 1G90; quelques-uns ont indiqué l'année 1685, mais il a été étaoli depuis que cette année était celle de la mort de David Teniers, troisième du nom, fils du grand artiste; enfin, M. Alphonse Wanters, dans son Histoire des environs de Bruxelles (2e vol., p. 706) rapporte que David Teniers le Jeune, mourut ii Bruxelles le 5 avril l69i. et fut enterré ii Perck.
TEN1ET-EL-HÂD (le Col du Dimanche), village de l'Algérie, province et à 190 kiiom. d'Alger, ch.-T. du cercle militaire de la subdivision de Milianah ; 320 hab. Marché arabe très-important. Le poste militaire de Tenietel-llâd, établi en 1843, est assis sur un mamelon ; le village européen est à sa gauche, La température moyenne de la localité peut être évaluée entre 17" et 18° centigrades. Le pays présente l'aspect le plus pittoresque. On trouve aux environs des carrières de gypse blanc, de belles forêts parsemées de rochers et dont les principales essences sont : les chênes blancs à glands doux, les pins d'Alep, les pistachiers, les frênes, les cèdres, etc. L'une de ces forêts renferme plusieurs sources minérales. Les eaux de la plus volumineuse et la plus fréquentée de ces sources sont ferro-carbonatées et contiennent plus de sel de fer que les eaux de même ordre qui jouissent d'une certuine réputation, soit en France, soit à l'étranger. » Examinées à la source même, dit M. Piessè*, les eaux sont très-limpides, claires, fraîches, inodores, d'une température moyenne de 12°, non gazeuses, incolores, d'une saveur vive, mais aussitôt suivie d'un goût tres-plononcé il'astrietion qui rappelle celui de l'encre. Ehes laissent déposer à l'air une couche ocreuse, ainsi que le prouvent, sur les bords mêmes du bassin, les divers objets, plantes, cailloux, que le liquide a touchés aux points de fini mersion dans la source. Le débit est abondant et constant en toute saison. Dès 1848, le docteur K.-L. Bertherand évaluait à 1,800 litres par jour le débit de cette source. On ne peut que désirer la création près de la source d'un dépôt régulier de convalescents unalogue à ceux d'Haiiiiimu-Rir'ô et d'Hammam - Aies khrouiin, qui ont tant de succès. Beaucoup de militaires, que des affections febiiles, intestinales, propres au climat de l'Afrique, rappellent chaque année en France ; beaucoup de colons, forcés de quitter leurs intérêts pour aller se faire traiter en France, trouveraient aux sources minérales de Teniet-el-Hàd un secours thérapeutique d'une importance réelle , en faveur de laquelle l'expérience a déjà surabondamment prononcé. Tous achèveraient ainsi leur guérison sans quitter les conditions atmosphériques propres au pays dans lequel ils so sont acclimatés avec plus ou moins de peine; ils rencontreraient de plus, dans le site pittoresque et salubre de Teniet-el-Hàd , une influence qui se combinerait puissamment avec l'action physique des eaux. Ou pourrait encore tirer un puni avantageux de la proximité de ce liquide ferrugineux en l'amenant soit au camp, soit au village, au moyen d'un aqueduc qui suivrait la courbe de la montagne sur le flanc de laquelle coule la source. Lu dislance à parcourir est minime, et ia dépense exigée par les travaux serait bien compensée par l'avantage d'alimenter abondamment le Camp et d'avoir, dans l'hôpital .surtout ou à sa proximité, une eau minérale constamment à la disposition de ceux auxquels elle convient. 1
TÉNIFUOE adj. (té-ni-fu-je). V. téniayuGK.
TENILLE s. f. (te-ni-lle; U mil.). Moll, Nom vulgaire des telliues, dans quelques localités.
TÉNIOB Et ANCHE OU TA1NIOBRANCHE adj. (te iii-o-bran-ohe — du gr. tatnia, bandelette; bragehia, branchies). Ichthyol. (Jui a des branchies en forme de rubans.
TÉNIOCAMPE ou T£NIOCAMPE s. m.
(te-ni-o-kaii-pe — du gr. tainia, bandelette; kampê , chenille). Enioiri. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, delà tribu des microlépidopteres.
TÉNIOCARPE ou T^ENIOCARPE s. m. (téni-o-kar-pe — du gr. tainia, bandelette; karpos, fruit). Bot. Genre de plantes grimpantes, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées , dont l'espèce type croit dans l'Amérique tropicale.
TÉNIOÏDE ou TAINIOÏDE adj. (té-ni-o-i-de — du gi . tainia, bandelette ; eitlos, aspect). Hist. nat. yui a la forme d'un ruban.
— s. f. pi. Syn, de teniadbes.
— Eucycl. Ichthyol. Les ténioides sont caractérisés par un corps excessivement allongé et aplati latéralement, semblable h un ruban, couvert de tres-petiles écailles, muni d'une seule nageoire dorsale qui règne tout le long du dos et se réunit souvent a ia caudale, ainsi que l'anale quand celle-ci existe. Les espèces peu nombreuses de cette famille, qui est voisine de celle des scombèroïdea,
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forment cinq genres, répartis en deux groupes, les uns ayant la bouche peu fendue et le inusean protractile, les autres ayant la bouche grande et fendue obliquement, niais non extensible. Le premier groupe comprend les trachyptères, les gymnètres et les stylé-, phores ; le second, les oé pôles et les lophotes. Quelques auteurs rapportent encore à cette famille les lépidopes et les triehiures, qui sont mieux placés à la fin de la tribu des scoinbéroïdes à fausses pinnules.
TÉNIOPHYLLE ou TAÎNIOPHYLLE s. m.
(té ni-o-ri-le — du gr, tainia, bandelette; phullon, feuille). Bot. Genre de plantes èpiphytes, de la famille des orchidées, tribu des validées, comprenant quatre espèces, qui croissent à Java.
TÉNIOPTÈRE ou T£!NIOPTÈRE s. m. (tén\-o-iile-re — du gr. tainia, bandelette; pteron, aile). Ornitb. Genre de passereaux, de la famille des musoicapidées ou gobe-tnouches, voisin des tyrans, et comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Amérique du Sud.
TÉNIOPTÉR1NÉ OUTVENIOPTÉRINÉ adj.
(té-ni-o-pié-i i-né — rad. ténioptère). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au ténioptére.
— s. f. pi. Tribu de la famille des muscicapidées, ayant pour type le genre ténioptére.
TÉNIOPTÉR1S ou TffiNIOPTÉRIS s. m.
(té-ui-o-pte-i iss — du gr. tainia, bandelette; pteris, fougère). Bot. Genre de- fougères, comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains secondaires et tertiaires.
TÉNIORHYNQUE ou TfllNIORHYNQUE adj. (te-ni-o-rain-ke — du gr. tainia, bandelette ; rugchos, bec). Ornith. Qui a le bec marqué d'une blinde colori-e.
TÉNIOSTÈME OU TANIOSTÈME s. m. (téni-o-stè-nie — du gr. tainia, bandelette; stémôn, étamine). Bot. Genre de plantes, de la famille des cistinées, dont l'espèce type croît au Mexique.
TÉNIOTE ou T\œNIOTE s. m. (té-ni-o-te — du gr. tainia, bundulelte). Kntom. Genre d'insectes coléoptères télramères, de la famille des lonyicornes, tribu des lamiaires, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Amérique.
TÉNIOTHR1PS ou TfilNIOTHRIPS s. m.
(té-in-o-uipss — du gr. luinia, bandelette, et de thrips). Entom. Genre d'insectes thysanoptères, de la famille des thripsiens, formé aux dépens des thrips.
tenir v. a. ou tr, (te-nir — lat. tenere, même sens. Je tiens, tu liens, il tient, nous tenons, vous tenez, ils tiennent ; je tenais, nous tenions ; je tins, nous tînmes; je tiendrai, nous tiendrons ; je tiendrais, nous tiendrions; tiens, tenons, tenez ; que je tienne, que nous tenions; que je tinsse, que nous tinssions; tenant; tenu). Avoir en main, retenir avec la main, avec les mains ou d'une autre manière : Tenir un fouet. Tenir un enfant. Tenir les rênes d'un clteoal. Je vis le vieux nègre qui, d'une main, tenait une lanterne sourde. (Le Sage.) Je suis d'une lassitude à ne pouvoir tenir la plume. (J.-J. Rouss.)
— Avoir sous les yeux, examiner : Il a tenu, feuilleté, décrit et noté par le menu ' c/iuque page de ce petit volume. (F.-L. Cour.)
— Empêcher de se déplacer, de se déranger : Celle simple vis tient tout le meuble. La force attractive du soleil tient la terre dans son orbite.
— Retenir, empêcher de s'en aller, de s'enfuir : Si vous l'avez, TENEZ-?e bien. Je le TIENS, |7 ne m'échappera pas.
— Avoir avec soi, auprès de soi : Puisque nous vous tenons ici, nous ne vous laisserons pas partir si tôt . (Acad.)
— Garder par une sorte de contrainte ou d'eifort : Tenir les yeux baissés. Tenir une affaire en suspens. Tenir secret un fait scandaleux. Tenir un enfant dans le respect. La sévérité de mon pare m'A tenue dans une sujétion la plus fâcheuse du monde. (Mol.) La puissance temporelle a semblé vouloir tenir l Egtise captive. (Boss.) Tenons tes enfants dans te goût des choses simples. (Fén.) Les mœurs anglaises tiennent encore les juifs dans un état voisin de l'ilotisme. (L. Faucher.) Un chien bourre lorsqu'il cherche à saisir le gibier qu'il tient eu arrêt. (E. Biaze.) La tendance du pouvoir sacerdotal est de tenir le peuple dans l'ignorance. (B. Const.)
... Quand on veut tenir une chose secrète,
Moins on a de témoins, plus la chose est bien faite.
Ta. Corneille.
Il Maintenir, faire rester : Ma poitrine n'était pas rétablie; un reste de fièvre durait toujours et me tenait en langueur, (J.-J. Rouss.) £
— Contenir, mettre un frein à, empêcher l'action, dompter la volonté de : Comment tenir un enfant aussi pétulant?
Je ne sais qui me lient qu'avec une gourmade Ma main de ce discours ne venge la bravade*
Molière.
— Entretenir : Tenir un consul, un ambassadeur auprès d'une cour étrangère. Tenir un garde dans ses terres.
— Conserver à l'aide de certaines précautions : Tenir du vin au frais. Tenez vos pieds
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chauds. Il faut tenir cette friture bien chaude. Il Mettre, placer pour êtro conservé, gardé : Tenir son argent sous clef. Tenir du beurre à la cave. Tenir des papiers dans nn tiroir. Tenir quelqu'un prisonnier. Tenir sa fille au couvent. Tenir un enfant au collège. Les nymphes, qui avaient cru les tenir captifs, poussèrent des cris pleins de fureur. (Fén.)
— Avoir, être en possession de : // brigue la place; mais il ne la tient pus encore. Je tiens l'argent, l'affaire est finie. Les jeunes gens, enivrés de leurs espérances, croient tenir tout ce qu'ils poursuivent. (Boss.) Quand il n'y a pas eu déclaration de faillite et que vous tenez les titres de créance, vous devenez blanc comme neige. (Bain.) Un homme qui tient notre secret est absolument maître de nos actions. (La Mothe Le Vayer.)
— Ne pas se dessaisir de : Cet homme tient bien ce qu'il tient.
— Ne pas laisser échapper, couler au dehors : Ce tonneau tient bien le vin. Cette cuve ne tient pas l'eau.
— Garder dans son esprit, ne .pas renoncer à : Tenir rancune. Faut-il tenir sa colère contre un enfant? (D'Abian.)
— Posséder pur transmission : Il tient de son père un mugnifique domaine. Toutes ses bonnes qualités, il les tient de sa mère. Il n'y a pas de distinction qui nous soit plus étrangère que celle que nous tenons de nos aïeux. (J. de Maistre.)
Rome lient des consuls sa gloire et sa puissance.
Corneille.
— Avoir appris, être renseigné : C'est de lui que je tiens cette recette. Je tiens cette nouvelle d'un vieux chevalier de Calairava. (Le Sage.)
— Commander, gouverner : Tenir une ville, une place pour le roi, pour un prince.
— Occuper, avoir sous son autorité, jouir de : Tenir un pays conquis. Tenir une terre à bail. Lorsque nuus croyons tenir la vérité par un endroit, elle nous écliappe par mille autres. (Vauven.) L'avenir, que tu croyais déjà tenir, t'échappe avant que lu aies réalisé tes projets. (Riiynal.)
— Entretenir dans un certain état : Cette femme tient mal sa maison. Cet écolier tient très-bien ses cahiers.
— Diriger, administrer, être à la tête de : Tenir école. Tenir un bal. Tenir un brelan. Dès que l'on sut que la veuve Soloui tenait l'hôtellerie du Phénix, les jeunes gens y vinrent en foule. (Le Sage.) Il est impossible de trouver aujourd'hui dans la ville un frater tenant boutique. (V. Hugo.)
Franc ami de la goguette,
Ma chambre est une guinguette
Où je tiens festin et bal.
DÉSACOIËSS.
Il Etre chargé du fonctionnement, de l'emploi, du soin de : Tenir la caisse, les registres. Tenir la plume.
— Eue maître de l'esprit de, en être venu k ses fini avec : Il croyait tenir cette femme, elle se moquait de lui. Que tu es glissant l... Quand on croit le tenir, tu échappes. (D'Altunb.)
Vous comptiez me tenir, fin matois que vous êtes.
PlCARD.
Ah ! ahl nous vous tenons, messieurs les hypocrites, Vous n'êtes point au bout...
Etienne.
— Dompter, tourmenter, exercer son action sur : Cet amour le tient depuis six mois. La fièvre le tient depuis deux jours. Sitôt que sa colère le tient, il n'est plus maître de lui. C'est une maladie qui la tient. (Mol.)
Amour, amour, quand tu nous Unis, On peut bien dire : Adieu prudence!
La Fontaine.
— Etre, par sa dignité, son mérite, sa situation, en possession de : Tenir le premier rang parmi les avocats. Les économistes tiennent le premier rang dans celte bibliothèque. Les saillies tiennent en quelque sorte dans l'esprit le même rang que l'humeur peut avoir dans les passions. (Vauven.) Le talent de parler tient te premier rang dans l'art déplaire. (J.-J. Rouss.) Le christianisme tient le milieu entre le mahométanisme et l'idolâtrie. (Lacordaire.)
— Occuper, remplir la place de : Vous tenez trop de place. Une forêt qui tient dix lieues de longueur. A lui seul, il tient tout le premier étage de la maison.
— Exiger une occupation continue de :
Cela nous tiendra plusieurs jours. Cette cérémonie est longue et vous tiendra longtemps.
— Pénétrer, être mis au courant de : Tenir lé nœud, le fil d'une intrigue. Tenir la solution d'un problème, le mot d'une énigme.
— Avoir contenance, une contenance, une capacité de : Cette cuve tient mille litres. Cette grange peut tenir dix milliers de gerbes. Celte pièce de vin tient deux cents bouteilles.
— Faire ensemble, célébrer ensemble : Tenir h-! concile. Tenir un conseil. Le roi tint son conseil. Comme les procès étaient rares, les souverains tenaient eux-mêmes leur parlement. (Fléch.)
Vous pourrez tous les jours tenir deux audiences.
Racine.
— Suivre, marcher dans : Quel chemin tiendrez-uoks pour venir me rejoindre?
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Le chemin est glissant et pénible à tenir.
Boilead.
— S'engager dans : Tenir un parti.
— Donner, exécuter fidèlement, ne pas manquer à : Tenir ses engagements. Tenir tes clauses d'un contrat. Il n'y a pas de fortunes qui tiennent ce qu'elles promettent. (De Bugny.)
— Soutenir : Tenir une gageure, un pari.
— Juger, considérer, penser, être d'avis : Je tiens cet homme pour un fripon. Je tiens Je fait vrai, puisque vous le dites. C'est un homme que l on tihnt pour ruiné. Je TIENS que, sans ta méthode, aucun grand ouvrage ne passe à la postérité. (Volt.) Je tiens les femmes capables de tout. (Cesse (Ju Maine.) C'est un second crime de tenir un serment criminel. (J.-J. Rouss.) Les rois ont bien assez à faire de tenir leurs parolessans tenir encore celles des autres. (Vacqnerie.) L'Eglise tient la femme pour la tentation incarnée et l'intime amie du démon. (Michelet.) Les Bomains tiennent le vol en souverain mépris. (E. About.)
On tient que mon mari veut dégager sa foi.
Molière.
Oh! combien l'homme est inconstant, divers, Faible, léger, tenant mal sa parole!
La Fontaihe.
Qui veut être prudent doit Sfi ressouvenir De ne promettre rien qu'il rie puisse tenir.
Fr. de Neufchateau.
— Dire, avancer, affirmer, par manière de conversation, de discours : Tenir des propos déplacés. Tenir des discours obscènes. C est donc là le fruit des discours que nous avons tenus si souvent? (B. de St-P.)
C'est tenir un propos de Bens bien dépourvu.
Molière.
— Tiens, Tenez, Prends, prenez : Tiens, ooi'ci de l'or. Tenez, monsieur, voilà la plume que vous cherchiez. (Dider.) Tenez, voici les clefs de mes coffres. (Le Sage, n Se dit en donnant des coups : Tiens, faquin, voilà pour^ toi.
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Racine.
Il Ecoute, écoutez, fais ou faites attention à
ce que je vais dire : Tiens, suis mon conseil.
Tenez, il me semble déjà que j'y suis, (Mol.)
Tenez, tous vos discours ne me touchent point l'Ame.
Molière.
Tenez, mille ducats
Au bout de vos discours ne me tenteraient pas.
Andrieux.
Telles,
Vos secrets sentiments, je les ai devinés.
E. AUOIER.
n Vois, voyez : Tenez, le voilà là-bas. Il Se dit, mais toujours au singulier, pour exprimer la surprise : Tiens! TIENS I c'est vous/ Tiens I que c'est drôle.'
— Tenir chapelle, Se dit du pape, lorsqu'il assiste à l'oftice avec ses cardinaux. Il Se dit d'un souverain qui assiste solennellement à l'oflice religieux.
— Gens tenant parlement, Membres d'un parlement, dans le style de l'ancienne chancellerie.
— Tenir la main à, S'occuper de, veiller à : N'ayez crainte, j'y tiendrai la main.
— Tenir tête à, Résister k, lutter contre : Tenir tête à quelqu'un. Tenir tète ad malheur. Tenir tète au plus habile joueur. Je tenais tète rondement aux deux Anglais.
(Brill.-Sav.) Il Tenir tête à l'orage, Lutter résolument.
— Tenir quelqu'un à la gorge. Lui serrer la gorge. Il L obliger à consentir" à toutes les' conditions qu'on veut lui imposer : Cet usurier tient son monde A LA Gorge. H Lui imposer une nécessité irrésistible : Malgré la vue de toutes nos misères, qui nous touchent et qui nous tiennent à la gorge, nous avons un instinct que nous ne pouvons réprimer, qui nous élève. (Pasc.)
— Tenir à quelqu'un le poignard, le couteau, le pistolet sur la gorge, L'obliger à en passer par ou l'on veut, en proti.tant de l'impossibilité où il est de résister ; Il est en état de me faire tout accepter, il me tient LE poignard SUR LA GORGE. (Mol,)
— Tenir quelqu'un à la chaîne, Lui imposer une contrainte absolue : Tenir ses enfants A