TENAIT LES ABOIS
— Art inilit. Tenir la campagne, Etre en campagne, être sur le terrain des manœu-
TENI
vres de guerre : Cette armée tient la campagne depuis le commencement des beaux jours. J'ai de» forces assez pour (ent'r la campayne.
Hacine.
— Mar. Garder, bloquer, en croisant dans les parages d'une lie, d'un port : L'ennemi, ne pouvant absolument tenir Ouessant, serait obligé de donner dans la Manche et de lui laisser libre l'entrée de l'Iroise. (E. Sue.) Il Ne pas se laisser gagner de vitesse par : Nous le tînmes toute la journée; le soir, il renonça à nous poursuivre. || Tenir la mer, Croiser dans certains parages, pour couper les communications ; Résister à tous les temps : Renau ne pouvait s'empêcher de s'écrier parfois avec orgueil, en redressant son front tout ruisselant d'écume : « Et ils disaient que mes galiotes ne tiendraient pas la merIi (E. Sue.) Signifie aussi Dominer sur mer : Les Anglais tenaient alors la mer. Il Tenir sous son pavillon, Rallier autour de soi, autour du pavillon que l'on a arboré : Tenir toute t'escadre, tout le convoi sous son pavillon, il Tenir le vent, Résister à l'action du vent : Votre chaloupe est trop légère pour tenir Le vent, il Tenir le plus près, au plus près, Naviguer au plus près du vent. Il Tenir ta côte, La ranger, ne pas s'en éloigner en naviguant. Il Tenir le large, Vogueren pleine mer.
Il Tenir la cape, Rester à la cape. Il Tenir par son travers, Laisser sur le côté : Ti:nir une île, une frégate par son travers, il Tenir l'un par l'autre, Avoir sur la même ligne et du même côté : Nous tenions les deux vaisseaux l'un par l'autre.
— v. n. ou intr. Etre fixé, attaché, adhérent : Ce clou tient à la muraille. La neige tient aux arbres. [I Etre attaché fortement : Les pierres de ce mur ne tiennent pas. J'ai de bonnes dents et qui tiennent, il Etre solide, difficile à ébranler, à détruire : Sa couronne est ébranlée, son sceptre ne tient pas dans sa main. (Boss.) L'amour! quand on est jeune, ce clou-là tient bien fort. (Dider.)
— Durer, se maintenir contre un effort contraire : Tenir dans une place contre une armée ennemie. Le ministère ne tiendra pas. Dans ce siècle, on ne tient point devant l'opinion, (Chateaub.) Les Bourbons ont tenu après l'Empire, parce qu'ils succédaient à l'arbitraire. (Chateaub.) Là où manque la force, le gouvernement ne tient pas, et ta nationalité encore moins. (Proudh.) Lorsque le cerf est forcé, il tient et fait tête aux chiens. (E. Chapus.) Il Résister, se montrer ferme : Comment tenir contre des pleurs? Je n'ai jamais vu que la ruse pill tenir longtemps contre la sincérité. (Mm« Monmarson.) Il n'est point d'infortune qui tienne contre le courage. (Bonnin.)
Comment tenir à sa voix de sirène ?
ANDR1EDX.
En Tain contre ce flot d'aversion publique
Vous tiendrez quelque temps.
Boileab,
— Etre stable, ne pas changer, ne pas varier : Le temps semble vouloir tenir toute la journée.
— Etre solide, d'un bon teint; ne pas s'effacer : M' assurez -vous que cette couleur tiendra bien?
— Etre fixe, ne pas bouger : Sa frisure ne tient pas. (Acad.)
— Avoir lieu, être tenu : La foire tient à la fin du mois. I) Peu usité.
— Suivre son cours, recevoir son exécution : Il faut que le traité tienne. Le marché tient.
. — Etre contenu, renfermé, limité : Ce liquide ne tiendra pas dans un litre. La récolte tiendrait facilement dans cette grange. Ces idées pouvaient tenir en vingt lignes ; pourquoi les délayer dans un livre? On peut dire, sans exagération, que toute la grammaire persane tiendrait en une dizaine de pages, (Renan.)
— Siéger, fonctionner : Les tribunaux tiennent toute l'année.
— Tenir à, Etre uni, lié : Il tient à l'une des ptus anciennes familles du pays.
— Désirer, être attaché, ajouter du prix à : Tenir A l'argent. Tenir aux honneurs. Tenir A la gloire. Je tiens A me faire comprendre. Plus on tient A ta vie, plus ce qui ta menace nous alarme. (Mass.) On tient beaucoup aux choses dont on est continuellement occupé, (Montesq.) Vivre libre et peu tenir aux choses humaines est le meilleur moyen d'apprendre à mourir. (J.-J. Rouss.) Les femmes tiennent A leurs agréments encore plus qti'k leurs passions. (Mme de Staël.) Dans ce monde, ce n'est pas À sa peau que l'on tient, c'est A son habit ; celui qui est tout nu «e tient A rien. (V. Hugo.) Les femmes tiennent et doivent toutes TENIR A être honorées; car, sans l'estime, elles n'existent plus. (Balz.) Il y a des félicités inutiles auxquelles on tient. (L. Gozlan.)
Le pied sur une tombe, on tient moins d la terre.
— Etre causé par, résulter, provenir de : La force de l'âme tient à la pureté. (J.-J. Rouss.) Les défauts qui tiennent au cœur méritent de l'indulgence. (La Rochef.-Doud.) La jalousie tient plus A la vanité qu'k l'amour, (M"" de Staël.) Le bonheur tient plus aux affections qu'aux événements. (Mm* Roland.) L'utilité de toute chose tient A l'epo-
TENI
que de l'état social. (B. Const.) L'impureté de l'eau tient quelquefois aux vases où elle est conservée. (L. Cnireilhier.) La peur tient A l'imagination, la lâcheté au caractère. (J. Joubert.) La paresse tiis.*'t souvent A une maladie particulière de la volonté. (Alibert.) Pour acquérir l'argent et la célébrité, Empruntons les cent voix de ta publicité ; A cela tient la réussite.
LiCHAMBEAUDlE.
Il Reposer sur : Les gouvernements qui ne tiennent qu'k l'existence d'un homme tombent avec cet homme. (Chateaub.) L'honneur de l'homme serait bien peu de chose s'il tenait A la robe d'une femme. (G. Sand.)
— Toucher, être contigu à : Ma maison tient A la vôtre. 11 Se rapporter, se rattacher k : Tout ce qui tient A l'homme se sent de sa caducité. (J.-J. Rouss.) Jlien de ce qui tient A l'humanité ne peut être étranger à l'homme. (L'ablié Bautain.)
— Tenir au cœur, Etre l'objet d'une vive sollicitude, d'une grande tendresse : Il est question de te dire qu'une beauté me tient au cœur. (Mol.) U Causer une grave préoccupation, un grand souci : Cette galère lui tient au cœur. (Mol.) Ce qui me tient au cœur, c'est que vous veniez à Lyon. (Volt.) Ce qui lui TENAtr le plus au cœur, c'était d'avoir dissipé des biens considérables. (I.e Sage.)
— Ne tenir qu'à un fil, Dépendre de peu de chose; n'être retenu, empêché que par une cause qui pourrait aisément cesser : La paix européenne ne tient qu'A un fil.
— N'y pas tenir, Ne pouvoir se contenir, se maîtriser : Ma fui, je n'y ai pas tenu, je lui ai sauté au cou. (Scribe.) il Ne pas résister à une cause de destruction : Quelque riche qu'elle soit, sa fortune n'y tiendra pas. (Al. Duval.) Il C'est à n'y pas tenir, Ou n'y saurait résister plus longtemps, c'est une situation intolérable.
— Ne tenir à rien, N'avoir aucune entrave, être libre : 'Je NE TIENS A rien, rouf mon temps est à moi. Il Dépendre de très-peu de chose : Ceiïe fortune ne tient A rien.
— Ne tenir ni à fer ni à clou, N'être pas solide. Il N'avoir pas de garantie de durée : Cette affaire ne tient ni A fer ni A clou.
— Ses pieds n • tiennent pas à ta terre, Il est vif, ardent, pétulant; il marche ou danse avec une grande légèreté.
— En tenir, Etre ivre : Il a bu plus que de raison, il en tient. Il Avoir des ennuis, des tracas. Il Etre amoureux ; Cette femme lui a donné dans la vue, il en tient. (Acad.) .Foi de marquis, je crois que j'en TitiiS pour elle. (C. Delav.) Vous en tenez pour cette duchesse; vous avez grand tort, c'est une dévergondée. (G. Sand.) Veux-tu dire par là, grand farceur, que ma fille en pourrait bien tenir pour toi? (G. Sand.)
— Tenir de, Ressembler à, avoir hérité des qualités de : Cet enfant tient de son père; c'est tout son portrait. Elle est déjà coquette, elle tient de sa mère. Je tiens un peu de vous, je vous en avertis. (Le Sage.) Par le bas du visage, il tenait plutôt de sa mère et de sa famille allemande. (Ste-Beuve.) Il Avoir de l'analogie avec, participer de : Cette architecture tient DU gothique. Ce style TIENT du burlesque. Le mulet tient de l'âne et DU cheval. (Buff.) La vie des régiments tient un peu de la vie des collèges. (A. de Vigny.) Les gargarismes à l'eau salée oui une puissance qui semble tenir du merveilleux. (Raspail.) Vous voyez que ceci tient beaucoup de son style.
La Fontaine.
— Avoir de qui tenir, Avoir des parents possédant des qualités remarquables en bien ou en mal : Elle n'est ni belle ni bonne, bien qu'elle eût db qui tenir.
— Tenir pour, Etre partisan de : Tenir pour le roi, pour la république. Tenir pour le romantisme. En matière d'opinions, il ne faut tenir pour personne, il faut tenir pour la vérité. (Acad.)
— Tenir bon, Tenir ferme, Ne pas faiblir, opposer une résistance énergique ; Il faut qu un juge tienne ferme contre tes sollicitations. (Acad.) Monsieur, tenez bon, s'il vous ptait. (Mol.) J'ai la mort dans l'âme; mais c'est égal, je tiendrai bon. (Scribe.)
L'arbre tient bon, le roseau plie.
La Fontaine,
Ne vous démentez pas, tenez bon jusqu'au bout.
Regnard.
n Persister dans une idée, dans une résolution : // tint bon contre tous mes arguments.
— Tenir comme poix, comme teigne, Etre fortement collé , attaché. Il Résister fortement, être difficile a. extirper ■ Les superstitions tiennent comme teigne.
— Je n'en ai no» plus qu'il en pourrait tenir dans l'œil, Je n'en ai pas la plus petite parcelle.
— Impersonnellem. dans les divers sens du mot : Il Tient trois litres dans cette carafe. Il ne tient qu'à moi de terminer cette a/faire. S'ilne tient qu'àcela, les choses iront à merveille. (Mol.) Il ne tiendra qu'à vous d'être un de mes tecrétaires. (Le Sage.)
Il ne tiendra qu'à vous, beau sire.
D'être aussi gras que moi
La Fontaine,
— Il n'y a qui tienne, Nonobstant, malgré Il n'y a morale qui tienne, je me
TENI
veux mettre en colère tout mon soûl quand il m'en prend envie. (Mol.)
— Il ne tient pas à..., que, Ce n'est pas
qui empêche que : Il ne tient pas A moi que vous ne soyez satisfait. Il ne tenait qu'A bous que l'affaire réussit.
— Qu'à cela ne tienne, Que cela n'empêche pas, ne fasse pas obstacle,
— Féod. Tenir d'un seigneur, Relever de lui, à cause d'une terre qu'on possède en tanure.
— Jeux. Au trictrac, N'être pas obligé par le dé de rompre son plein ; continuer à jouer sans lever les dames.
— Chasse. Ne se lever que quand le chasseur est assez près pour tirer : Les perdrix ne Tiennent pas, nous ne tuerons rien. u Tenir aux chiots, Ktre sur ses fins et se défendre contre les chiens.
— Mar. Résister à une grosse mer. Il Rester solidement fixé, en parlant d'une ancre. Il Tenir sur ses ancres, Rester à l'endroit où
l'on est retenu par les ancres. Il Tenir sous voiles, Etre sous voiles, prêt à partir. Il Tenir en travers, Présenter le travers aux lames. Il Tenir an vent, Prendre la vent en sens contraire. Il Tenir à la mer, Résister à la violence des flots, il Tiens bon! Commandement par lequel on ordonne a des hommes agissant sur une manœuvre ou un appareil de suspendre leur action, tout «n faisant effort pour empêcher la production d'un mouvement en sens contraire.
— Econ. rur. En tenir, Se dit de la vache qui a été fécondée par le taureau.
Se tenir v. pr. Etre, devoir être tenu : La fourchette se tient de la main droite. Ce n'est pas ainsi que se tient la plume.
— Avoir lieu, se trouver: Un congrès européen se tint à Paris. Le marché se tient deux fois par semaine. La fêle se tient sur la place du village.
Lft, du faux bel esprit se tiennent les bureaux,
Boii.kau.
— Etre accompli, exécuté : Que de serments qui paraissent sincères et qui ne se tiennent pas!
— Etre dit, prononcé : Les propos qui se Sont tenus sur mon compte.
— Se maintenir à l'aide d'un point d'appui : Se tenir aux branches d'un arbre. Il se tint aux crins du cheval jusqu'à ce qu'on vint à son aide. Il SE tenait a ux pans de mon habit pour ne pas glisser. Il Se maintenir en équilibre : Tenez-vous bien, le pavé est mauvais.
— Avoir une certaine attitude : Se tenir bien, se tenir mal à cheval.
— Rester tranquille, ne pas remuer : Tenez-vous, si vous voûtez que je prenne bien votre mesure. Il Prendre une attitude convenable, ne pas abandonner disgracieusement son corps : Tenez-vous donc, ma fille.
— Etre sur ses gardes, observer sa con* duite : On vous surveille, vous n'avez qu'à vous bien tenir. Il Affecter une certaine façon d'être : Se tenir coi. Se tenir calme. Se tenir debout. Le mieux qu'on puisse faire quand les hommes sont déchaînés, c'est de SE tenir à l'écart. (Volt.)
— Se placer et rester : Se tenir en observation. Les scorpions se tiennent sous les pierres. Il su tient là tous les jours pendant deux heures. Tenez-vous près de moi. Il se tient six mois à la campagne et six mois à la ville. (Acad.) Une divinité favorable se tient toujours auprès de ceux qui ne perdent pas ta mémoire des bienfaits. (Chateaub.)
— Se considérer, s'estimer, se croire : Je me tiens pour battu. Je me tiens tout aussi philosophe que vous, (Volt.)
— Etre attaché, adhérent, uni l'un à l'autre : Les deux planches SB tiennent fortement. Tenons-nous par la main, il Etre lié l'un à l'autre, être dans la dépendance l'un de l'autre : Toutes les servitudes se tiennent, aussi bien que toutes les libertés. (Vacherot.) Toutes les libertés se tiennent. (Bignon.) Tout se tient dans l'ordre moral. (Laurentie.)
— Se tenir en repos, Rester tranquille; éviter les mouvements déplacés, les actions ou les paroles intempestives. Il Ne pas s'inquiéter, ne pas se tourmenter : Tenez-vous en repos, l'affaire ira bien.
— Se tenir sur ses gardes, Etre attentif, prendre les mesures nécessaires pour ne pas se laisser surprendre :
Le rat qui te tenait alerte et sur ses gardes... La Fontaine.
— 5e tenir à, Ne vouloir pas céder sur, refuser un marché pour : Il se tient A une vétille dans une affaire qui peut faire sa fortune. Vous vous tisnkz À vingt francs sur un marché de mille écus. (Acad.)
*- Se tenir A quatre ou simplement Se tenir, Se contenir, sa maîtriser :
Si je ne me tenais, je pâmerais de rire.
Desmahis.
J'ai peine à me tenir, et la main me démange.
Molière.
— Se tenir à sa place, Ne pas sortir de ses attributions, de la situation que l'on occupe : Tenez-vous A votre place, si vous ne voulez que l'on vous y remette.
— Se tenir les côtes de rire, Rire aux éclats, avec des contorsions.
TENN
— Se tenir tes bras croisés, Rester dans l'inaction, dans l'oisiveté : On n'arrive àrien en SE TENANT LES BRAS CROISÉS.
— 5e tenir par la main, Etre uni l'un à l'autre, dépendant l'un de l'autre : La plupart des vices se tiennent par la main.
— Se le tenir pour dit. Se regarder comme averti, être disposé à profiter de la leçon : Je vois que je vous déplais, jeun le tiendrai pour dit. Il ne faut pas qu'il recommence;
qu'il SE LK TIENNB POUR DIT.
— Se tenir, S'en tenir à, Se contenter de, se borner à : Je m'en tikns à votre décision. Il s'en tint à mon affirmation. L'affaire est faite, tenons-nous-en la. En fait de traditions, les Arabes s'en tenaient k des récits populaires souvent apocryphes. (Renan.)
— S'en tenir à son mot, Ne pas démordre de ce qu'on a dit, de la proposition qu'on a faite : Je vous ai offert de transiger ; je m'en
TIKNS A MON MOT.
— Savoir à quoi s'en tenir. Etre fixé, renseigné : Tous ces détours sont inutiles, je sais
k QUOI M'EN TENIR.
— S'il est bien, qu'il s'y tienne, S'il est content de sa position, qu'il la conserve.
— Prov. Quand on est bien, il faut s'y tenir, Si l'on a une situation avantageuse, il n'en faut pas chercher une autre. Il Quand on est bien, on ne s'y peut tenir, Est-on bien quelque part, l'amour du changement l'emporte et fait chercher ailleurs.
— Jeux. S'y Unir, Se trouver satisfait des cartes qu'on a dans la main ; ne pas vouloir les échanger.
— Mar. Se tenir au vent de, Manœuvrer de manière à se maintenir dans la position du vent qu'on avait par rapport à : Tenons-nous au vent de la frégate, il Se tenir en travers, Présenter le travers au vent.
— Syn. Tenir, conleuir. V. CONTENIR.
— Gramm. Après les formes impersonnelles il ne tient pas à, il ne lient à rien, à quoi tient~it, suivies de la conjonction que, le verbo de la proposition complétive prend ne, même lorsqu'il exprime une idée plutôt aflirmative que négative : Il ne tient à rien, A quoi tientil que nous ne soyons d'accord? Mais il en est autrement quand il tient est al'finnatif : Il tient à vous que tout se passe bien.
TEMSON (Thomus), Ihéologien anglais, né dans le comté do Cambridge en 1636, mort en 1715. 11 étudia la théologie et la médecine à l'université de Cambridge, devint en 1665 ministre de l'église Saint-André dans cette ville, se signala par son dévouement pendant la peste qui ravagea l'Angleterre la même année, obtint en 1667 le rectorat d'Holywell et, après avoir reinpii encore différentes fondions ecclésiastiques importantes, telles que celles de chapelain du roi, fut promu eu 1691 à l'évéciié de Lincoln. Deux ans plus tard, il passa sur le siège archiépiscopal do Dublin et, en 1694, succéda à Tillotson sur celui de Cantorbéry. C'était l'un des prélats les plus considérés de son temps, et il jouit de la confiance du roi Guillaume III et de la reine Anne. Il avait cependant plus d'érudition que de jugement et de véritable éloquence, si l'on s'en rapporte au jugement du malin doyen de Saint-Patrick, qui disait de lui qu'il était « lourd et chaud comme un fer de tailleur, i On a de ce prélat : Examen du symbole de M. Hobbes (1670, in-8°); Discours sur l'idolâtrie (l678,in-8<>); Baconiana (1679, iii-S°), recueil dont Emeiy s'est servi pour son Christianisme de Bacon; le Scepticisme incurable de l'Eglise de Borne (1689, in-4<>) j la Différence entre l'Eglise d'Angleterre et l'Eglise de Borne (I6&1,'in-i°); les Méthodes protestante et papiste d'interpréter la sainte Ecriture, comparées avec impartialité (1689 , in-4u) ; plusieurs Discours et Sermons, etc.
TÉNITE s. f. (té-ni-te — du gr. tainia, bandelette). Miner. Matière ferrugineuse, en bandelettes minces.
TÉNIURE s. m. (té-ni-u-re — du gr. tainia , bandelette ; oura , queue ). Ichtbyol. Genre de poissons cartilagineux, de la famille des raies.
TEMVELLI (Charles), biographe italien, né à Turin en 1756, mort en 1797. Il suivit la carrière de l'enseignement et devint professeur au collège de Saint-Georges, dans le Capavais, puis à Moncalieri. Ayant pris le goût des études historiques, il profita de la facilité que lui procurait le voisinage de la capitale pour rassembler des matériaux, dans les bibliothèques et visita ensuite une partie de l'Italie dans le but de composer un grand ouvrage biographique sur les illustrations piémontaises. En 1796, des mouvements insurrectionnels ayant éclaté par suite de la trop grande cherté des vivres, le peuple obligea Tenivelli a paraître sur la place publique et à parler contre la taxe des comestibles. Le professeur calma la multitude par son éloquence, rétablit l'ordre et taxa luimême les denrées; mais, peu après, il fut arrêté par ordre du gouvernement piémontais et condamné par un conseil de guerre à être fusillé comme révolutionnaire. On lui doit : Biogra fia piemontese (Turin, 1784-1795, S vol. in-S°) , cou tenant quarante notices biographiques.
TEN-KATE (Lambert), théologien et philosophe hollandais. V. Kate.
TENNÀNT (Smithson), chimiste anglais, né
y.iv.
TENN
à Selby, comté d'York, en 1761, mort en 1815. Dès Uenfance, il se livra avec ardeur à l'étude des sciences naturelles, particulièrement de la chimie, fit de brillantes études, puis se rendit à Edimbourg, où il étudia la médecine et suivit les leçons de chimie de Black (1781). L'année suivante, il passa à l'université de Cambridge. Dès 1785, il devint membre de la Société royale, s'établit à Londres et se fit recevoir docteur en 1796, sans toutefois se faire agréger au Collège des médecins. Grâce à sa fortune, il put se dispenser de pratiquer et se livrer entièrement à son goût pour la chimie. Précédemment, il avait, pour étendre' ses connaissances, voyagé en Suède , où il entra en relation avec Scheele; en France, dans les Pays-Bas, et il a commencé d'intéressants travaux sur la chaleur. A partir de 1791, il devint un des plus actifs collaborateurs des Transactions de la Société royale, qui lui décerna, pour ses recherches, la médaille de Copley en 1804. En 1813, il obtint la chaire de chimie à l'université de Cambridge, où il fit un cours avec beaucoup de succès. Pendant une excursion près de Boulogne-sur-Mer, il fit une chute île cheval dont il mourut. Ce remarquable savant joignait h. une grande pénétration un rare bon sens et un jugement sain et droit. Il adopta la théorie antiphlogistique et les réformes de Lavoisier, entrevit )es étonnants effets de l'électricité voltaïque, découvrit deux métaux, l'osmium et l'iridium, et fit d'intéressantes expériences, notamment sur le diamant, sur l'émeri, sur les variétés de pierres à chaux. Il n'a laissé aucun ouvrage, mais on lui doit d'excellents mémoires insérés dans les Transactions philosophiques. Nous citerons particulièrement : Sur la décomposition de l'air fixe (1791); De la nature du diamant (1797); De-l'action du nitre sur l'or et le ptatine (1799) ; Sur les variétés de pierres à chaux en usage en Angleterre (1799); Sur l'émeri (1802) ; De l'osmium et de l'iridium (l&Ol); Sur un moyen propre à obtenir une double distillation par ta même chaleur (1814), etc.
TENNANT (William), poète écossais, né à East-Anstruther, petit bourg de pêcheurs du comté de. Fife, en 17S5, mort en 1848. Après avoir fait ses premières études à l'école de son village, où il fut le condisciple de Chalmers, il se rendit à l'université de Saint-Andrews et s'y consacra d'autant plus facilement a l'étude des langues classiques, qu'une maladie qu'il avait eue dans son enfance l'ayant privé de l'usage de ses jambes, il ne pouvait se livrer aux plaisirs de son âge. Tenu ainsi forcément à l'écart de toute carrière active, il devint, en lgoi, commis chez un de ses frères, marchand de blé à Glascow, puis revint à Anstruther, où il continua avec ardeur ses études, se rendant familières les langues modernes, ainsi que l'hébreu. En 1812, il publia, sous le voile de l'anonyme , son principal poème, la Foire d'Anster, dans lequel il décrivit les scènes, les coutumes, les types, etc., qui peuvent être observés à Anstruther et dans les villages voisins. Ce poème, écrit en vers de huit pieds, dans un style charmant, bien qu'il se ressente un peu du dialecte écossais, ne fit pas grand bruit lors de sa publication, car il ne fui guère connu au delà de la petite localité où il avait été imprimé. C'en fut assez cependant pour faire obtenir à son auteur la place de maître d'école de Dunino, près de iiaint-Andrewïï. Pendant son séjour dans ce village, Tennant apprit encore 1 arabe, le syriaque et le persan. En 1816, il fut transféré, toujours comme maître d'école, à Lasswade, charmante localité des environs d'Edimbourg, et ne tarda pas à se mettre en relation avec les écrivains les plus distingués de cette ville. En 1819, il fut nommé professeur de langues classiques et orientales à l'institution fondée par un M. Mac-Nab à Dollar, dans le comté de Clockmannan, et occupa cette chaire jusqu'en 1835, époque où il succéda à Archibald Baird dans celle de langues orientales du collège Sainte-Marie, à Saiut- Andrews. On a encore de lui : le Concert d'Anster (1811); la.Chant de Fife (1822); le Cardinal iiealon, tragédie (1823) ; Jean Baillent, drame (1825) ; le Bourdon de la cathédrale (de Saint-Andrew.-), poème descriptif en dialecte écossais; Drames hébreux, tirés de l'histoire biblique (1845); Vie d'Allan Bamsay, avec des remarques sur ses écrits, en tête de l'édition du Gentil berger, qui ne fut publiée qu'en 1852 à New-York; enfin, plusieurs traductions plus ou moins remarquables de quarante-deux poésies persanes, grecques et allemandes.
TENNANTITE s. f. (tènn-nan-ti-te). Miner. Cuivre gris arsenical.
— Encycl. La tennantite a pour forme dominante le dodécaèdre rhomboïdal,sur lequel apparaissent toujours les faces du tétraèdre. Au chalumeau, elle brûle avec flamme, répand une forte odeur d'arsenic et finit par donner un globale de cuivre plus ou moins impur. Elle peut se rencontrer tantôt cristallisée, tantôt en masses amorphes; elle est d'un gris da fer foncé, avec un éclat métallique faible; elle est d'une dureté intermédiaire entre la chaux fluatée et la chaux carbonatée. La cassure de la tennantite est grenue et sa poussière d'un gris noir.
TEN.NECKER (Christian - Ehrenfried - Sei-
TENN
fert de), hippographe allemand, né à Broaunsdorf, près de Freiberg, en 1770, mort en 1839. Il montra dès l'enfance beaucoup de goût pour tout ce qui concernait le cheval, en étudia l'anatomie , travailla chez un maréchal ferrant et entra, en 1786, à l'école vétérinaire de Dresde. Il devint, trois ans plus tard, sous-écuyer de l'électeur, étudia sous le célèbre Chiarini l'art de dresser les chevaux, s'engagea en 1791 dans l'armée saxonne et fit, en qualité d'officier, les campagnes du Rhin. Après la guerre, il ouvrit à Leipzig une école de médecine vétérinaire et d'équitation, reçut le titre d'éouyer du duc de Saxe-Cobourg et entreprit, pour faire le commerce des chevaux, plusieurs voyages dans lesquels il dépensa toute sa fortune. Nommé en 1805 chef du train et vétérinaire en chef de l'armée saxonne, il établit, l'année suivante, la première batterie à cheval qu'ait eue cette armée, prit part, dans la suite, à la guerre de l'indépendance allemande, pendant laquelle il parvint au grade de major de cavalerie, et, après' la guerre, devint professeur à l'école vétérinaire de Dresde. On a de lui, entre autres ouvrages: Manuel pour ta connaissance et la guérisen des maladies ordinaires du cheval (Stuttgard, 1828, 3e édit.); Manuel de pharmacologie pratique pour les vétérinaires débutants (Leipzig, 1830, 2 vol., 3e édit.) ; Manuel d'équitation élémentaire et supérieure (Leipzig, 1805- 1807, 3 vol.) ; Manuel de chirurgie vétérinaire, etc. (Prague, 1819-1820); Manuel de la science des haras (Prague, 1820); Instruction dans la clinique vétérinaire (Prague, 1821); Manuel du commerce des chevaux et du maquignonnage (Hanovre, 1829, 2« édit.);' Manuel du maréchal ferrant (Altenbourg, 1322, £ vol.), etc. Il avait, en outre, édité avec Weidenkeller : les Archives pour la connaissance du cheval, etc. (Altenbourg, 1823-1828, 6 vol.) et l'Annuaire de l'éducation, de la connaissance et du commerce des chevaux (Weiinar, 1823-1838).
TENNEMANN (Guillaume-Théophile), savant philosophe allemand, né à Brembaoh, près d'Erfurt, en 1761, mort en 1819. Il adopta le système de Kant, après l'avoir quelque temps combattu, devint professeur à l'université d'Iénu et commença a se faire connaître par des travaux estimables sur la philosophie grecque. Son ouvrage le plus important est une Histoire de la philosophie (Leipzig, 1798-1819, 11 vol. in-8°) , immense et savant travail, dont il a donné lui-même un abrégé sous le titre de Manuel de l'histoire de la philosophie (1812). Ce manuel, où les systèmes sont exposés avec simplicité et précision, a eu un grand succès en Allemagne. Il en existe une traduction française par M. Vigner, revue par M. Cousin (1829- 1839, 2 vol. in-8<>). On a encore de Tenuemaun : Doctrines et opinions des disciples de Socrate sur l'immortalité de l'âme (léna , 1791, in -8°); Système de la philosophie de Platon (Leipzig, 1792-1794, 4 vol. iu-8<>), et des traductions allemandes des Becherches sur l'entendement humain de Hume (léna, 1 793) , do l'Essai sur l'esprit humain de Locke (léna, 1795-1797,3 vol.) et de l'Histoire comparée des systèmes dephitosophie de de Gêrando (Marbourg, 1806, 2 vol.).
TENNEST (sir James Emerson), homme politique et littérateur anglais, né à Belfast en 1804. Il étudia le droit au collège de la Trinité, à Dublin, et se fit inscrire au barreau en 1831, mais il n'exerça jamais la profession d'avocat. Il avait épousé, la même année, la fille unique de "William Tonnent, riche banquier de Belfast, et, à la mort de son beau-père (1832), il prit le nom de ce dernier, sous lequel il a été exclusivement connu depuis cette époque. Il fut, à différentes reprises (1832, J835, 1841, 1852), élu membre du Parlement pour Belfast et Lisburn, devint eu 1841 secrétaire du bureau des Indes, puis en 1845 secrétaire civil du gouvernement colonial de Ceylan et occupa ce poste jusqu'en 1850. Depuis 1852, il est l'un des secrétaires du Board of trade. Au milieu d'une vie aussi active , M. Tennent a trouvé le temps d'écrire un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Relation d'un voyage en Grèce pendant l'année 1825 j Lettres de la mer Egée (1829, 2 vol.) ; Histoire de la Grèce moderne (1830, 2 vol.); la Belgique (1841, 2 vol.); Traité du /Irait d'imitation des dessins pour fabriques d'étoffes imprimées, etc. (1841); le Christianisme à Ceylan, avec une esquisse historique des superstitions brahmaniques et bouddhiques (1850); ie Vin, son emploi et sa taxe (1855); Histoire de Ceylan (1859); Histoire naturelle de Ceylan (1861); l'Eléphant sauvage 11867), etc.
TENNESSEE, rivière des Etats-Unis. Elle prend sa source dans les monts Cumberland (Virginie), traverse l'Etat de Tennessee, auquel elle donne son nom, la partie septentrionale des Etats du Mississipi et de l'Alabama et arrose la partie occidentale de l'Etat de Kentucky, où elle se jette dans l'Ohio par ia rive gauche, à 19 kiloin. au-dessous de l'embouchure de Cumberland , après un cours d'environ 1,050 kilom. Ses principaux affluents sont : leTellioo,le Holston, le French- Board, les deux Pigeons et la Watuga. Le Tennessee portait autrefois le nom de fleuve Cherokus ou Cherokis. C'est l'affluent le plus considérable de l'Ohio.
TENN
^ TENNESSEE (Etat de), un des Etals unis de l'Amérique du Nord, entre ceux de Virginie, de Kentucky et d'Illinois au N., du Missouri etd'Arkansas à l'0.,de Mississipi,d'Alabama et de Géorgie au S-, de la Caroline du Nord à 1*E.; entre 35<> et 360 40' de latit. N., 861» et 92o de longit. O. ; 113,643 kilom. carrés, 750 kilom. sur 200 kilom.; 1,858,179 hab., dont 300,000 hommes de couleur. Ch.-l., Nashville. Les Cumberland-Mountains, continuation de la chaîne du Laurier, entrent dans l'Etat eu sortant de la Virginie, le traversent du N.-E. au S.-O., partagées en deux sections naturelles, appelées par les géographes East-Tennessee et West-Tennessee, et passent dans l'Alabama. La frontière de l'E. est formée par le Kittating- Chain, sous les noms locaux de montagne de Fer, mont Bald, mont Unika, etc. La chaîne de Cumberland n'atteint pas, dans cet Etat, au delà de 400 mètres. Les vallées où coulent les petites rivières sont d'une extrême beauté et plus riches que toutes les autres terres du même genre dans les Etats de l'O. Les vallées des grandes rivières, le Tennessee et le Cumberland, diffèrent peu de ce que sont les terrains d'alluvion des autres grands cours d'eau de l'O. U y a dans les petites vallées beaucoup de belles plantations, si solitaires qu'elles semblent perdues dans les montagnes. Les principales rivières sont : le Tennessee, dont les branches les plus considérables sont le Kolston, le Clinch, le French- Board et l'Hiwassee, le Cumberland, l'Obion, le Forked-Deer (le Daim fourchu) et le Wolf (Loup).
Les montagnes contiennent beaucoup de cavernes remarquables, qui abondent en salpêtre pour la plupart. La caverne du Gros- Os (Big bone) contenait, quand on l'a découverte, de grands os de mastodonte et de mégalonyx. Les montagnes Enchantées, qui forment un détachement de la chaîne du Cumberland, portent des empreintes de pieds d'hommes, de chevaux et d'autres animaux distinctement marquées sur un roc solide de calcaire. Cet Etat produit à peu près tous les arbres des Etats de l'O.; le genévrier cèdre rouge et le genévrier Sabine couvrent les montagnes. L'érable à sucre y abonde ; beaucoup de plantes médicinales y sont indigènes. Les pommes , les poires et les prunes y mûrissent complètement. Le tabac, le chanvre et le coton y fleurissent. Le gypse , le marbre et le fer sont les productions minérales les plus précieuses et les plus abondantes. On exploite les mines de plomb; on retire le salpêtre de la terre nitreuse des cavernes calcaires. La région de l'or pénètre dans le N.-E. de l'Etat, mais on n'y a pas trouvé d'or en grande quantité. L alun et l'argent s'y rencontrent souvent.
Des eaux sulfureuses sourdent dans la partie orientale; quant aux sources salées, on en rencontre partout , mais elles n'ont pas une grande force. Les bisons , qui parcouraient autrefois les montagnes du Tennessee en troupeaux nombreux, ont presque entièrement disparu; mais on y trouve encore de3 élans, des cerfs, des daims, qui toutefois diminuent journellement; des ours, des lynx, des cougouars, des chate sauvages, des renards, des loups, des castors, des loutres, des rats musqués et des écureuils. Plus doux que celui du Kentucky, moins chaud que celui de la vallée du Mississipi, le climat du Tennessee est délicieux. Les neiges y sont fréquentes et souvent abondantes l'hiver; mais les étés sont très-doux, surtout dans les hautes régions. Cette partie de l'Etat est jugée l'un des points les plus salubres des Etats-Unis ; mais tes vallées basses sont malsaines, à cause des marais stagnants qui y croupissent et des inondations des grandes rivières. L'E. du Tennessee, qui contient de notables quantités de chaux, est remarquablement fertile ; mais dans l'O. le sol varie. Ainsi , en descendant des montagnes , on trouve d'abord un sol de terre grasse, mélangée d'argile et de sable, puis de l'argile jaune, puis un mélange de sable rouge et d'argile de même couleur, et enfin du sable blanc. On rencontre dans ie midi d'immenses bancs d'écaillés d'huîtres sur un plateau élevé, à' une distance considérable de tout courant d'eau. Quelques-unes de ces écailles ont des dimensions énormes. Le sol des vallées et des terrains inondés est extrêmement fertile. Le coton est le principal produit agricole ; mais on y cultive aussi le froment , le seigle, l'orge, l'avoine et le maïs. La chanvre , le tabac y sont surtout l'objet d'une culture étendue. La plupart des fruits des Etats-Unis y viennent très-beaux. Les forges, les fabriques de chanvre, de coton, de cordages, les manufactures de tabac fonctionnent avec beaucoup d'activité dans le Tennessee , et des capitaux considérables sont engagés dans leurs opérations. On exporte de cet Etat du goudron, de l'essence de térébenthine, de la résine, du. noir de fumée, du wiskey, des toiles d'emballage, de la farine, du froment, du coton, des grains, du salpêtre, de la poudre à canon, du porc, des provisions de bouche, etc. Le tabac est l'article capital d'exportation. Les principales villes de commerce sont Nashville et Memphis. L'exploitation des mines de fer se fait sur une grande échelle. Les principaux établissements d'instruction publique sont ; le collège de Granviile, l'université de Nashville, fondée en 1806 ; le Washington Collège,
TENN
dans le comté de 'Woskington ; lo Jackson Collège, à Columbia; l'Eaat-Tennessee Collège, à Knoxville, et une institution théologique presbytérienne à Mûrysville, dans l'East-Tennessee. Cet Etat renferme encore quelques autres collèges, de nombreuses académies et beaucoup d'écoles élémentaires dans les grandes villes. Les villes principales sont : Nashville, Knoxville, Murfreesborough et Memphis. Le Tennessee fut donné par Charles II, en 1664, au comte de Clarendon et à quelques autres propriétaires. Les premiers établissements y furent fondés en 1754. Les émisants consistaient en une cinquantaine de iamilles de laCaroline du Nord, qui s'établirent dans les lieux où s'élève aujourd'hui Nashville; mais, attaqués par les Indiens, ils rentrèrent dans leur pays. C'est de 1765 que datent les premiers établissements permanents; ils furent faits dans la partie de l'E. Nashville ne fut fondée qu'en 1780. Les colons eurent beaucoup à souffrir de la part des Indiens, 'qui étaient originairement très-nombreux dans la contrée. Les premiers habitants de l'Etat furent généralement des «migrants de laCaroline du Nord et de la Virginie. Le pays fut compris dans les limites de la Caroline du Nord jusqu'en 1790. Il fut admis comme Etat dans l'Union en 1796. La constitution actuelle est celle qu'il reçut alors , mais qui fut revisée en 1834. L'Assemblée législative se compose de soixante-quinze représentants et de vingtcinq sénateurs, les uns et les autres élus pour deux ans, de même que le gouverneur, qui reçoit un traitement de 2,000 dollars. Tout citoyen en résidence dans l'Etat depuis plus de six mois est électeur et éligible. L'Etat est divisé en districts de l'est, du centre et de l'ouest, comprenant ensemble soixantedix-neuf comtés.
TENNHART (Jean), visionnaire allemand, né à Dodeigast (Saxe) en 1661, mort à Casse! en 1720. Dès l'âge de dix ans, il s'imagina voir le diable en collet jaune. Son père, qui était un paysan, le destina à l'état ecclésiastique et l'envoya étudier a Pégau, puis à Zeitz (1678) ; niais il avait trop présumé de l'intelligence du jeune homme, car, malgré ses études, celui-ci dut se borner à se faire barbier. Après avoir hubité pendant quelque temps "Weissenfels, Jean Tennhart se rendit ii Augsbourg, n'ayant pour toute fortune que son plat ii barbe et son rasoir. Là, cet esprit malade«ut une nouvelle hallucination : la Trinité lui apparut sous la forme de trois hommes vêtus de la même manière. Tennhart considéra avec attention la personne du milieu (le fils de Dieu) ; mais ayant voulu, dit-il, regarder les deux autres, il tomba en faiblesse et la vision disparut. Cependant il ne négligeait point ses intérêts terrestres. S'étant rendu à Nuremberg, il gagna beaucoup d'ar- , gent à vendre des perruques, épousa une femme très- riche et reçut le droit de bourgeoisie. Toutefois cette prospérité ne fut pas de longue durée : Tennhart perdit sa femme, un de ses enfants, une grande partie de sa fortune et la santé. Pensant que ces calamités étaient un avertissement de la Providence, il résolut de se consacrer au service de Dieu, et, poussé par une imagination désordonnée, il se crut appelé à régénérer le monde corrompu. Le 27 octobre 1704, nouvelle hallucination, dans laquelle il entendit une voix qui lui ordonnait d être prophète et d'annoncer aux hommes la chute prochaine des rois et du clergé. Devenu, selon son expression, l'écrivain de Dieu, il composa des écrits dictés, disait-il, par une voix intérieure, et cribla de sarcasmes et d'injures, trop mérités, les prêtres et les princes de son temps. Malheureusement pour Tennhart, les magistrats de Nuremberg croyaient médiocrement à cette voix intérieure. Ils mirent le visionnaire en prison (1709). Rendu longtemps après ii la liberté, Tennhart, loin de renoncer à ses idées, trouva dans sa persécution même de nouvelles raisons pour poursuivre une entreprise dans laquelle il croyait avoir Dieu pour guide. Il publia plusieurs écrits dans lesquels il condamna, le mariage, le baptême des enfants, la célébration du dimanche, etc., et tint les discours les plus violents contre la corruption des chrétiens de son temps. En particulier, il professait une horreur singulière pour les perruques et condamnait leur usage. Comme il avait une vie des plus régulières, il ne manqua point de trouver des partisans qui le regardèrent comme un saint. Emprisonné de nouveau (1714-1715), Tennhart put méditer encore à loisir sur les dangers du prophétisme, et, après avoir recouvré la liberté, il devint beaucoup plus circonspect. Il se contenta dès lors de reproduire avec mesure et convenance les inspirations de la voix intérieure dont il persistait à se dire l'inspiré , et colporta ses livres et ses discours de pays en pays, à travers l'Allemagne. Il faisait ses voyages à pied. Tennhart arriva un jour à Cassel, épuisé de fatigues, de privations, et y mourut peu de jours après. Hirsching a donné, dans son Dictionnaire historique, la liste des écrits de Tennhart, que nous nous dispenserons de reproduire ici, attendu qu'ils n'offrent aucun intérêt. Ses disciples ont publié un extrait de ses doctrines.
TENN'IE, village de France (Sarthe), cant. de Conlie, arrond. et à 27 kilom. du Mans, sur la Vèijre; 1,932 hab. L'église, qui date
TENN
du xio siècle, offre un portail et une nef remarquables. Sur le territoire de la commune se voient les débris imposants d'un château fort.
TENNIS s, m, (tènn-niss). Sorte de jeu de balle dans lequel on se sert de raquettes ou de palettes de bois.
TENNYSON D'EYNCOIJRT (Charles), avocat et homme politique anglais, né en 1784. Il étudia au collège Saint-Jean, à Cambridge, et fut inscrit, en 1806, au barreau, où il s'acquit une certaine célébrité par ses plaidoiries. Attaché par ses opinions au parti radical, il a représenté pendant trente-cinq ans à la Chambre des communes plusieurs bourgs pourris, de 1818 à 1853. Il s'est trouvé naturellement mêlé a toutes les discussions sur les grandes questions du libre échange, de la réforme électorale, du scrutin secret, etc., et a toujours voté dans le sens le plus libéral. Lors du ministère de lord Grey, M. Tennyson a rempli pendant deux ans (1830-1832) les fonctions de directeur civil de l'artillerie. Depuis cette époque, il est entré dans le conseil privé de la couronne.
TENNYSON (Alfred), célèbre poète anglais, neveu du précédent, né dans la paroisse de Somersby, près de S|>ilsby, comté de Lincoln, en 1810. Il est le fils du pasteur George- (JlayUm Tennyson. Il entra fort jeune au collège de la Trinité, à l'université de Cambridge, où il remporta un prix de poésie. M. Tennyson publia peu après un poème, intitulé : le Poème des deux frères, écrit en collaboration avec son frère Charles, et des Poésies lyriques (1830), qui lui appartiennent en propre. Dans ce dernier volume, quelques poésies, telles que Marinna, Souvenir des nuits arabes et Claribel, indiquaient déjà un poète de race. En 1833, M. Tennyson fit paraître un second volume de poésies et resta ensuite neuf années sans rien produire. On le vit reparaître! en 1842, avec des poèmes en deux volumes et de différente nature. Dans ces deux volumes, on trouve des légendes et des récits chevaleresques, comme la Mort d'Arthur, fort beau poëme, et Godiva, ou de touchantes histoires, comme la Heine de mai et Dora, ou des poèmes d'amour, tels que la Fille du jardinier, la Fille de Miller, le Chêne qui parle, Locksley Bail, etc. Ce dernier récit est peut-être l'œuvre la plus parfaite qui soit sortie de l'imagination poétique de M. Tennyson. En 1847, il publia la Pn'iicesse, une de ses œuvres les plus charmantes et les plus originales et tout à fait dans le goût contemporain. En 1850 parut, d'abord sous le voile de l'anonyme, In memoriam, volume composé d'élégies et de poèmes trèscourts, adressés à un ami bien cher, Arthur Hallam, le fils de l'historien, fiancé à la sœur du poëte et qui était mort à Vienne en 1833. Ce recueil, ou l'on trouve des morceaux de premier ordre, produisit en Angleterre une grande sensation. La même année, Tennyson succéda à Woodsworth en qualité de poëte lauréat, c'est-à-dire officiel, et c'est en cette qualité qu'il a écrit en 1852 une ode sur la mort de Wellington , en 1862 une cantate pour l'ouverture de l'Exposition internationale, et en 1863, à l'occasion du mariage du prince de Galles, l'ode qui commence ainsi : Soyez la bienvenue, A lexandra. Il a, en outre, publié, depuis 1850 : Maud et autres poèmes (1855) ; les Idylles des rois (1855) ; Enoch Arden (1864), l'une de ses œuvres les plus parfaites, traduite en français par M. de La Rive (1870); un Choix de ses poésies complètes (1866); quelques gracieux poèmes, traduits en français par M. F. Michel et illustrés par G. Doré; Elaine, Genièvre (1866, in-fol.), Viviane (1868, in-fol.). Citons encore le Saint- Graal et autres poèmes (1870), qui fait suite h ses Idylles du roi et complète le poëme de la Table ronde, dont il a publié en 1842 le premier fragment. M. Tennyson a refusé, en 1865, le titre de baronnet. Possesseur d'une fortune qui le rendit de bonne heure indépendant, il s'est constamment attaché à ne publier que des œuvres longuement travaillées et auxquelles il donne la forme qui Jui semble la plus parfaite. Après s'être marié, il a presque constamment vécu à la campagne, soit dans l'île de Wight, soit près de Londres.
Tennyson passe pour un des plus grands poëtes de l'Angleterre contemporaine; mais sa souveraineté poétique, reconnue dans le monde élégant, est souvent contestée parle» lettrés et les penseurs. On trouve sa poésie, si admirée par les jeunes lords, par les blondes ladies et par la reine Victoria, un peu trop féminine, trop soucieuse du joli et du gracieux, souvent obscure, trop tournée à l'idylie, trop minutieusement préoccupée de la couleur locale, trop maniérée, surtout dans ses premières œuvres. Comme les lakistes, auxquels on l'a comparé justement, il s'attache à rendre, en vers harmonieux et châtiés, des images gracieuses et subtiles, des idées mélancoliques et funèbres, empreintes d'un vif sentiment moral et religieux. « Otez à ses vers, dit M. Forbes, leur mélodie voluptueuse, leur mérite d'archaïsme savant, vous leur faites déjà un tort irréparable; et cela parce que Tennyson n'est créateur que dans les détails de style. Trouveur de mots plutôt que d'idées, il emprunte volontiers, et sans trop de choix, le thème vulgaire sur lequel il aime à déployer la richesse de ses combinaisons harmoniques. Soit impuissance, soit
TENO
dédain véritable, préoccupé par-dessus tout de l'effet lyrique, il laisse à peine entrevoir le drame intime, le fait humain duquel émanent, tristes ou riantes, sympathiques ou méprisantes et amères, les effusions de sa pensée. La réalité se confond, s'amalgame chez lui avec le rêve; elle en prend les proportions flottantes, le caractère surnaturel. Rien de précis, de palpable. Dans ces poésies éoliennes, les femmes sont des sylphes; les passions, des entités à l'allemande, des abstractions musicales; la description, souvent admirable, un mirage prêt à s'évanouir. De temps a autre, il est vrai, le réalisme anglais se fait jour dans ce chaos vaporeux, et d'une façon assez bizarre. Le feu iollet errant devient une lanterne d'omnibus; a côté delà sirène qui chante, on entend l'oie qui glapit; et vous avez à peine quitté la terre fantastique, l'île enchantée des Lotophages,que vous vous retrouvez sur une route de traverse, en compagnie de simples voyageurs venus à pied pour attendre le passage de la malleposte; discordances énormes, qui ne laissent pas de jeter un certain embarras dans l'esprit du lecteur. » M. Scherer juge le célèbre poëte avec plus d'indulgence. « Si nous laissons de côté, dit-il, quelques ballades et quelques morceaux d'un comique parfois un peu lourd, toutes les poésies de Tennyson sont ou lyriques ou élégiaques comme In memoriam, ou idylliques comme la Princesse, ou épiques comme le Roi Arthur... Tennyson manque évidemment de la fibre dramatique... Il n'est pas proprement créateur. Il n'invente pas ses sujets; il les emprunte au premier venu, à l'antiquité ou au moyen âge, à un conte de fée, à une tradition populaire; puis, le motif trouvé, il l'analyse, il le creuse, il le poursuit à travers une multitude de variations, il y- réveille toutes sortes de motifs nouveaux, il le transporte da-ns toutes sortes d'associations imprévues, il en tire toutes sortes de ressources étranges, et, découvrant ainsi les aspects, multipliant les traits, évoquant les détails, il finit par donner à l'image qu'il peint, à l'émotion qu'il chante, un relief extraordinaire et une intensité poignante. Ulysse, les Lotophages, Sirnéon Stylite et, dans !e poëme A. Arthur, la séparation entre le roi et Genièvre sont de merveilleux exemples de la manière dont Tennyson sait fouiller une situation morale... L'usage favori de la poésie, pour lui comme pour Goethe, est de renouveler à force d'art les vieux modèles et les belles traditions. » — Son frère, Frédéric Tbnn'yson, a publié sous ce litre : les Jours et les heures (Londres, 1854), un recueil de poésies qui a obtenu de la critique un accueil favorable.
TENOCHTITXAN, nom que portait Mexico avant la conquête des Espagnols.
TÉNODÈME s. m. (té-no-dè-me — du gr.
teino, j'étends; déma, lien), Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des brachélytres, tribu des pinophiliens, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Amérique.
TÉNOÏde adj. (té-no-i-de). Zool. Syn. de
TÉNIOÎDK.
TENON s. m. (te-non — rad. tenir). Techn. Extrémité amincie d'une pièce , qu'on fait entrer dans une mortaise pratiquée dans une autre pièce : Assemblage à tenons et mortaises. A ce lit, il y avait bien des tenons de fer, mais ces tenons étaient scellés au bois par des vis. (Alex. Dumas.) il Tenons croisés, Tenons pratiqués sur chacune des deux pièces à assembler, à la suite de la mortaise qui doit recevoir le tenon de l'autre pièce. Il Tenon passant, Celui qui traverse de part en
■sr^me^'
TENO
part la pièce dans laquelle il est enchâssé, il Tenon en queue d'aronde, Celui qui, s'élargissant en forme de queue d'hirondelle, est reçu, non dans une mortaise, mais dans une entaille de même forme. Il Tenon d renfort, Celui dont le collet porte un épaulement.
— Arquebus. Mentonnet, saillie au moyen de laquelle on assujettit le canon d'une arme sur son bois. Il Partie postérieure de lagrande capucine d'un fusil de munition, qui est per cée de manière à laisser passer la baguette
I! Extrémité de la gâchette qui engrène avec les crans de la noix.
— Artill. Tenon de manœuvre, Pièce de fer cylindrique, fixée à l'affût d'un canon, et sous laquelle on engage la pince du levier de manœuvre.
— Mar. Chacune des saillies ménagées sur la verge d'une ancre, près de l'organeau, et qui pénètrent dans le jas.
— Sculpt. Saillie de pierre ou de marbre, qu'on laisse sur un ouvrage, pour soutenir une partie détachée, f>oit seulement jusqu'à la mise en place de la statue, soit d'une manière permanente.
— Encycl. Le tenon est un appareil trèsemployé pour l'assemblage des pièces en charpente. Il est quelquetois employé pour l'assemblage des pièces de fer, mais plus rarement.
A l'une des extrémités de la pièce à assembler, on pratique un avancement en forme de bec ; c'est le tenon. Il s'obtient en diminuant carrément la pièce en ab, de chaque
côté, du quart ou du tiers de l'épaisseur totale AB de la pièce, de sorte que l'épaisseur du tenon se trouve réduite au tiers ou à la moitié de celle de la pièce (fig. i).
Généralement, la l'ace de est dans le prolongement de la face de la pièce de bois ; ta face cd est perpendiculaire sur de, de même que la face debout abc. Quant à la face ac, elle est oblique à la fois sur la face AB et sur la face cd.
.Du reste, ces formes n'ont rien de bien absolu et peuvent être modifiées suivant que l'emmanchement est droit ou oblique. Le tenon s'emmanche dans une mortaise pratiquée en creux dans l'autre pièce ; elle est un peu plus large que l'épaisseur du tenon, afin que celui-ci y pénètre facilement. Les épauleinents ac et bc servent à dissimuler la gorge de la mortaise. Une cheville traverse la mortaise ec le tenon, pour consolider l'emmanchement.
Le tenon en queue d'aronde est plus large
à son extrémité abc (flg. 2) et s'engage dans une entaille de même forme ABC.
Cet assemblage s'emploie souvent, par exemple pour des assemblages à mi-bois, tel que celui représenté par la figure 2. Ils sont, comme les précédents, consolidés avec des chevilles.
On nomme tenons, dans un fusil, de petits morceaux de fer percés d'un trou et soudés, selon la longueur du canon , au-dessous et de distance en distance. Ils entrent dans de petites mortaises pratiquées sur le bois du fusil et servent à assujettir lo canon et le bois. De petites goupilles, entrant dans l'œil du tenon, maintiennent le tout ensemble.