‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 1017 sur 1059 · V. MORTAISE, MENUISERIE, CHARPKNTKRIE, etc · texte numérisé non relu

V. MORTAISE, MENUISERIE, CHARPKNTKRIE, etc

TENON (Jacques-René), chirurgien et médecin français, le principal instigateur des réformes apportées vers la fin du dernier siècle au service hospitalier, né à Siépeuux, près de Joigny, le »i février 1724, mort à

Paris le 16 janvier 1816. Ses deux grandspères et son père avaient exercé la chirurgie dans le village ou il naquit ; mais l'art du chirurgien à cette époque, surtout en province, était bien borné, et la pratique n'en pouvait donner ni honneurs ni fortune. La détresse de la maison paternelle, a dit souvent depuis Tenon, fut mon principal maître. Il vint à Paris à dix-sept ans, sans autre ressource qu'une lettre de sa mère pour un de ses parents, Nicolas Prévost, avocat assez occupé, qui heureusement voulut bien se charger du pauvre enfant et le recueillir dans sa maison. La chirurgie, telle qu'il la vit pratiquer à l'Hôtel-Dieu, et l'anatomie des écoles lui inspirèrent tout d'abord un dégoût tel que, ne pouvant se vaincre sous ce rapport, il recourut pour s'instruire à la dissection des animaux. C'est à cette étude plus étendue de l'organisme vital qu'il a dû plus tard son élévation. La Peyronie ayant fait rendre, en 1743, l'ordonnance qui obligeait les élèves en

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chirurgie à se fuire recevoir maîtres es arts, Tenon, qui ne savait pas alors un mot de latin, se vit obligé de recommencer son éducation. En quinze mois, il se mit en état de passer tous les examens. Au retour d'une campagne à l'armée de Flandre, en 1748, il concourut pour une place vacante de chirurgien principal dans l'un des hôpitaux de Paris et fut nommé d'acclamation. Ce fut la Salpêtriëre qui lui échut en partage; il y dirigea le service pendant six ans, au bout desquels il devint l'un des chirurgiens les plus occupés et l'un des professeurs les plus en renom de Paris. Tenon obtint, en 1757, au collège de chirurgie, la chaire qu'avait remplie Audouillé et 1 occupa pendant vingt-cinq* ans. Il fut nommé membre de l'Académie des sciences en 1759. Lorsque La Martinière eut succédé à La Peyronie dans la charge de premier chirurgien du roi, Tenon lui soumit les plans de réforme du service des hôpitaux qu'il avait médités depuis sa jeunesse et le détermina a entrer dans ses vues. La Martinière acheta les bâtiments propres à fonder un nouvel hôpital, Louis XVI y affecta les revenus d'un b-inétiee ecclésiastique, et Tenon en dirigea l'installation. Ce fut la première maison hospitalière établie conformément aux principes élémentaires de la science. La comparaison détermina le gouvernement à demander une enquête sur l'Hôtel-Dieu, où plusieurs malades se trouvaient souvent dans le même lit, où tous les genres de maladies étaient confondus et où la mortalité était effrayante. Louis XVI ayant ordonné en 1785 à l'Académie des sciences de lui faire un rapport sur les hôpitaux, l'administration de l'IIotel-Dieu refusa aux commissaires l'entrée des S'illes et la communication des registres. Ce fut Tenon qui y suppléa. Bailly, chargé de rédiger le rapport, s'en tint à un extrait du travail de Tenon. La publicité donnée à ce travail produisit une immense sensation. Une souscription mit en quelques jours 3 millions à la disposition de l'Académie pour l'érection de quatre nouveaux hôpitaux dans des quartiers convenables. Malheureusement, ce bel élan ne produisit aucun résultat; les fonds versés furent détournés de leur destination, en 1788, par un ministre inepte.

Député en 1791 à l'Assemblée législative, Tenon fut nommé aussitôt président du comité des secours et chargé de présenter un . travail sur l'organisation des hôpitaux. Mais le 10 août vint changer le courant des idées ; le collège de chirurgie fut fermé en 1792 et Tenon se retira à sa campagne. C'est alors qu'il entreprit Son grand travail sur la formation des dents chez l'homme et les animaux supérieurs.

La création de l'Institut le rappela à Paris, où il retrouva ht place distinguée qui lui était due au milieu de ses anciens collègues. Au mois de juillet 1815, une troupe des alliés dévasta sa maison de campagne et détruisit ses collections. Ce désastre lui causa un chagrin mortel. Son courage et se3 forces l'abandonnèrent et une indisposition l'emporta. Sa place à l'Institut fut donnée à Duméril. On doit à Tenon un grand nombre de notes, d'observations et de mémoires. Nous citerons de lui : De cataracta (Paris, 175") ; Observations sur les obstacles qui s'opposent aux progrès de l'anatomie (Paris, 1785); Mémoire sur les hôpitaux de Paris (Paris, 1788) ; Mémoires et observations sur l'anatomie, la pathologie et la chirurgie (Paris, 1806); Offrande aux vieillards de quelques moyens pour prolonger leur vie (Paris, 1813), etc.

TENONNER v. a. ou tr. (te-no-né — rad. tenon). Techn. Pratiquer des tenons sur : Tenonjïer «ne pièce de menuiserie, de charpenterie.

TÉNOR s. m, (té-nor —italien tenore, mot qui correspond littéralement au français teneur, et signifie proprement forme, mesure, puis accord de divers sons). Mus. Voix d'homme, la plus élevée de toutes. Il Chanteur qui a une voix de ce genre : Un ténor. Une belle voix de ténor. Il Fort ténor, Ténor de grand opéra, Celui qui a la voix assez aiguë pour ne se servir jamais que de la voix de poitrine. || Ténor léger, Ténor d'opéra-comique, Celui qui, dans les parties hautes, est contraint de recourir à ia voix de tête.

— Encycl. « Le ténor, qui s'est aussi appelé tenour, teneur et tenure, était, dans le déchant, dit M. d'Ortigue, la partie qui, comme son nom l'indique, soutenait le chant, c'est-à-dire une mélodie de plain-chant déjà connue, une antienne, par exemple. C'était sur ce chant qu'une harmonie simultanée était formée par les autres parties, tantôt avec des paroles différentes pour chaque partie, comme dans les motets, tantôt sur les mêmes paroles pour toutes, comme dans les rondels... On donnait encore le nom de concordant à la voix de ténor, parce qu'il était en quelque sorte le pivot de la relation entre les voix hautes et les basses, parce que, tenant le milieu entre les unes et les autres, le ténor les faisait concorder entre elles. Le nom de ténor est resté à la voix qui tient le milieu aujourd'hui entre le contralto et le baryton, de même que le baryton tient le milieu entre le ténor et la basse... On disait anciennement ténor ou tenure. On lit dans l'Histoire ecclésiastique et civile de Cambray, par Dupont, p. 31 de la part. IV, « qu'environ

> en 1449, au départ de Philippe le Bon, deux

> petits des enrans d'autel cantèrent une

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» canchonète de laquelle un des gentilshom- » mes du duc tint le tenure. •

On voit que c'est un fait pratique qui valut à la voix de ténor sa dénomination, parce que cette voix masculine aiguë était toujours, dans le chant religieux, chargée d'une fonction spéciale et particulière, et non à cause de son caractère. Aussi d'Ortigue a-t-il raison d'ajouter que « la dénomination de ténor n'a plus de sens aujourd'hui, puisque celui qui remplit cette partie ne soutient pas plus que les autres voix un chant ou un thème principal qui sert de base à l'harmonie. »

Ce n'est plus au point de vue du chant religieux qu'on envisage aujourd'hui l'acception du mot ténor, mais bien à celui du chant dramatique. Le ténor, dont la voix résonne à l'octave basse du soprano et qui possède à peu près la même étendue, est depuis près de deux siècles l'un des principaux soutiens du drame lyrique. C'est à lui que l'on confie d'ordinaire le rôle principal d'un opéra. L'étendue normale de la voix de ténor est d'environ deux octaves, à partir de Vut placé en dessous des lignes de la portée, sur la clef de sol, jusqu'au la, et parfois au si et à Vut aigus. Certains organes exceptionnels donnent le ré et vont même au delà.

Le ténor n'a que deux registres, la voix de poitrine et la voix de tête. Avec la première, il monte assez généralement jusqu'au sol aigu, et il prend alors la voix de tête pour donner les notes plus élevées. Cependant certains ténors donnent le la, le si, Vut et même Vut dièse en voix de poitrine. Nourrit et Duprez se sont fait remarquer par la puissance avec laquelle ils donnaient ainsi Vut naturel, et l'on se souvient du foudroyant ut dièse de Tamberlick.

Les ténors se font toujours payer fort cher; c'est qu'aussi, il faut le dire, le ténor est difficile à trouver, et plus difficile à conserver ; c'est l'oiseau rare, le rara avis des anciens. Sa voix délicate réclame des soins constants, des ménagements inimaginables, et un rien suffit parfois à la briser. Le ténor ne doit se livrer à aucun excès , s'il veut conserver dans sa fraîcheur cet organe fragile, dont la susceptibilité est extrême, et qu'un rhume parfois suffirait a détruire. Rubini, l'ancien ténor si cher aux habitués du Théâtre-Italien, n'osait pas fumer, hésitait presque à manger selon son appétit et pour rien au monde ne fût sorti un jour de représentation pour autre chose que pour se rendre au théâtre.

L'emploi des ténors n'est pas uniforme ; il se divise en plusieurs classes. Il y a ce qu'on appelle les forts ténors de grand opéra, dont les types se trouvent dans les rôles suivants : Arnold de Guillaume Tell, Eléazar de la Juive, Raoul des Huguenots, Robert de Robert le Diable, Vasco' de Gama de l'Africaine, etc. Il y a aussi ce qu'on peut appeler les rôles de genre, qui exigent moins de force que les précédents; tels sont Manrique du Trouvère, Fernand de là Favorite, Edgard de Lucie de Lammermoor , le duc de Rigoletto, etc. Enfin, les ténors légers constituent l'emploi particulier au genre de l'opéra-comique, par exemple: George Brown delà Dame blanche, Mergy du Pré aitx Clercs, Chapelou du Postillon de Longjumeau, Almaviva du Rarbier de Séville, Olivier d'Entragues des Mousquetaires de la reine, Horace du Domino noir, etc., et nous trouvons aussi dans ce genre les seconds ténors, qui sont Tonio de la Fille du régiment, Daniel du Chalet, Tracolin du Toréador, André de \'Epreuve villageoise...

Parmi les grands ténors italiens qui se sont rendus célèbres (nous ne parlerons pas des castrats fameux, tels que Velluti, Crescentini, Piccinni, Melani, qui sont des soprani et non des ténors), il faut citer : Lazzari, Viganoni, Mengozzi, qui fut aussi un compositeur excellent, Lazzarini, Nozzari, Eliodoro Bianchi, Ratfunelli, Garcia, Crivelli, Tacchinardi, Bordogni, Rubini, Donzelli, Giovanni Davide, Mario, Franchini, Tamberlick.

En France, parmi les ténors de grand opéra, nous mentionnerons Legros, Lainez, Dabadie, Lafont, Nourrit père et fils, Duprez, Barbot, Merly, Naudin, Ciueymard, Villaret, Michaud,et dans le genre de l'opéra-comique : Clairval , Michu, Philippe, Gavaudun , Elleviou, Paul,Huet, Cailleau, Ponchard, Révial, Roger, Audran, Mon taubry, Léon Achard, Capoul, etc.

Aujourd'hui, un bon ténor gagne aisément de 70,000 à 100,000 francs. Roger a touché pendant longtemps, à l'Opéra, 80,000 francs par an ; M. Naudin, engagé spécialement à ce théâtre pour y jouer l'Africaine, d'après une clause formelle du testament de Meyerbeer, avait un traitement annuel de 110,000 fr. M. Uueymard émarge 72,000 francs. A l'Opéra - Comique , MM. Montaubry et Léon Achard touchaient chacun 48,000 francs. Si l'on suppute ce que ces messieurs les ténors peuvent encore gagner en allant faire leur tournée en province ou à l'étranger, pendant les deux ou trois mois de congé qu ils prennent annuellement, on arrive à un chiffre fort respectable.

TENORE (Michel), botaniste italien, né à Naples en 1781, mort en 1861. Il montra de bonne heure un goûtprononcé pour les sciences, étudia îa minéralogie, la chimie, l'entomologie, surtout la botanique, fut chargé, en 1805, par le prince de Bisignano de mettre en ordre le jardin botanique qu'il avait à sa terre

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de Bursa, et reçut plus tard de Murât, devenu roi de Naples, la mission de créer dans cette viile un jardin des plantes, qui est présentement un des plus beaux de l'Europe. Pendant le blocus continental, il s'occupa activement de chercher les moyens de remplacer les produits végétaux exotiques par des plantes indigènes. En 1812, Tenore obtiht une chaire de botanique à l'université de Naples et devint membre de l'Académie des sciences. Désireux de visiter les jardins et les collections botaniques les plus remarquables de l'Europe, il parcourut successivement l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la France, la Belgique. Ce savant est le premier qui ait fait connaître à Naples les éléments de la physiologie végétale. Il a donné de nombreux mémoires dans les Actes de l'Académie des sciences de Naples, dirigé pendant quinze ans le Journal encyclopédique, gui a beaucoup contribué à répandre le goût des sciences dans le midi de l'Italie, et publié des ouvrages estimés, notamment : les Propriétés médicales des végétaux du royaume de Naples (1800); Traité de p/iytognosie (1803-1808, 3 vol.), où l'on trouve des idées justes et neuves; Flora neapolitana (1811-1838, 5 vol. in-fol., avec 250 planches), un des plus beaux et des meilleurs ouvrages connus en ce genre ; Sylloge plantarum vascularïum Florx neapolitanss hucusque deteclarum (1813, in-S«) ; Recueil de voyages physico- botaniques effectués dans te royaume de Naples, par les collaborateurs de la Flore napolitaine (1811); Cours de botanique (1816-1823, 4 vol. in-8°); Flore médicale universelle (1818); Voyage dans la Rasilicate et dans la Calabre (1827); Voyage dans l'Abruzze Citérieure (1832), etc.

TÉNORÉE s. f. (té-no-ré — de Tenore, botan. napolitain). Bot. Syn. de clavalier, genre de xanthoxylées.

TÉNORIE s. f. (té-no-rl — de Tenore, botan. napolitain). Bot. Syn. de buplévre et

d'ASTlÏRACANTHK.

TÉNORISANT, ANTE adj. (té-no-ri-zan, an-te — rad. ténor). Mus. Qui se rapproche du ténor : Baryton ténorisant.

TÉNORISÉ, ÉE adj. (té-no-ri-zé — rad.

ténor). Musiq. Se dit d'un morceau écrit ou transposé, pour être chanté par un baryton ténorisant.

— Fig. Proclamé avec éclat : J'ai surtout dans l'esprit cette accusation si grave, si odieuse, si ténorisée, si répétée! (Bonnet.) Il Inus.

TÉNORRAPHIE s. f. (té-no-ra-f!' — du gr. tenon, tendon ; rhapliê, suture). Chir. Suture des tendons.

TÉNOS ou TINOS, île de la Grèce, une des Cyclades, au S.-E. d'Andios, dont elle n'est séparée que par un canal étroit, praticable Seulementpourles petites embarcations; 90 kilom. de tour; 60 villages et environ 20,000 hab. Elle est généralement montagneuse, mais fertile et bien cultivée, lia culture de la vigne, la soie, les marbres taillés forment les principales industries des habitants, « Le bourg de Ténoa ou de San-Nicolo, capitale actuelle de l'île, dit M. Isambert, est bâti sur les ruines de l'ancienne ville, sur la côte S. Au lieu de port, il n'a qu'une méchante plage. A dix minutes au N. du bourg s'élève la cathédrale grecque, la Panagia de l'Evangelistria. Ou y révère une madone trouvée miraculeusement en 1824, et qui est devenue l'objet d'un pèlerinage assidu. A 10 kilom. du bourg est l'ancienne forteresse vénitienne (Exoborgo), située sur le sommet le plus élevé de l'île, et d'où l'on découvre une trèsbelle vue. Un peu avant d'arriver au château on traverse un village qui est abandonné ; quelques maisons en ruine portent encore les écussons armoriés de leurs anciens propriétaires. Tinos possède un bon port sur sa côte N.-E., c'est le Porto-Panormo. Le mont Cycnias (Zikina), qui se dresse sur la côte E., est creusé de grottes profondes qui étaient regardées, dans la Fable, comme la demeure d'Eole. Dans l'antiquité, Ténos est connue par l'épisode de la bataille de Salamine, où la trirème des Téniens, forcée de marcher avec les Perses, passa du côté des Grecs. Au moyen âge, elle se signala par sa fidélité aux Vénitiens et son courage contre les Turcs. Elle prit aussi une part active à la guerre de l'Indépendance. »

TÉNOSOME s. m. (té-no-so-me — du gr.

teinâ, j'étends; sôma, corps). Entom. Syn.

de TKOGOPHLBB.

TÉNOT (Pierre-Paul-Eugène) , publiciste français, né à Larreule (Hautes-Pyréné.es) en 1839. Il fut élevé au collège de Pau où, ses études terminées, il devint maître d'étude. Après avoir fait des cours dans divers établissements scohires, notamment au collège d'Alger, M. Ténot se rendit à Paris pour y suivre la carrière du journalisme (1864). Il débuta par la publication d'une brochure intitulée le Suffrage universel et les paysans (1865, in-8°), suivie d'un ouvrage très-intéressant, la Province en décembre 1851 (1865, in-8°), qui lui valut 'd'entrer à la rédaction du journal le Siècle, où il ne tarda pas à occuper un rang des plus distingués. Tout en s'adonnant à ses travaux de journaliste, M. Ténot écrivit Paris en décembre 1851 (1868, in-8°). Cet ouvrage, destiné à compléter le tableau de la Province en 1851, à décrire la terreur et les proscriptions qui

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suivjrentl'odieux attentat du 2 décembre 1851, eut un succès éclatant. Nous avons donné ailleurs (v. décembre 1851) une analyse des deux ouvrages qui ont fait la réputation de M. Ténot et qui ne furent pas sans contribuer beaucoup au grand mouvement d'opposition qui se produisit dans les dernières années de l'Empire. Le lendemain de la révolution du 4 septembre 1870, M. Ténot fut nommé, par le gouvernement de la Défense nationale, préfet des Hautes-Pyrénées. Il remplit ces fonctions pendant la guerre et donna, en février 1871, sa démission qui fut acceptée. Au mois d'août de la même année, M. Ténot quitta le Siècle pour devenir rédacteur en chef de !a Gironde, journal républicain de Bordeaux, qu'il n'a cessé de diriger depuis lors avec autant d'habileté que de talent. Outre les ouvrages précités , on doit à cet écrivain distingué et laborieux, à ce républicain convaincu, qui joint à la fermeté des convictions la modération et la sagacité d'un homme politique sérieux, les deux ouvrages suivants : les Suspects de 1858 (1869, in-8°), avec M. A. Dubost, et les Campagnes des armées de l'Empire en 1870 (1872, in-8<>), ouvrage concis, raisonné, dans lequel on trouve une enquête rigoureuse sur les causes de la désorganisation de l'armée impériale, en même temps qu'un récit complet de tous les faits de cette guerre désastreuse.

TÉNOTOME s. m. (té-no-to-me — du gr.

tendit, tendon ; tome, section). Chir. Instrument avec lequel on pratique la ténotomie.

TÉNOTOM1E s. f. (té-no-to-mt — du gr, tenon, tendon ; tome, section). Chir. Section d'un tendon, il Section d'une partie trop courte ou trop tendue.

— Encycl. La ténotomie est un des principaux moyens de l'orthopédie, car beaucoup de difformités sont supprimées par la Section de certaines parties fibreuses. On pratique la ténotomie tantôt pour détruire des brides accidentelles qui empêchent ou gênent certains mouvements, comme dans les cas de cicatrices vicieuses ou de rétraction de l'aponévrose palmaire; tantôt pour remédier aux vices de constitution qui tiennent au raccourcissement anomal de certaines parties du corps; tantôt enfin pour faire cesser certains resserrements des orifices naturels qui sont dus à une contraction des sphincters.

Pour arriver à ces divers résultats on emploie deux méthodes, La première consiste à diviser la peau et les organes tendus au contact de l'air. On peut diviser transversalement la peau et les parties profondes (Thillenius) ou donner une direction différente à l'incision de la peau et à celle du tendon ou de la bride (Sartorius). La seconde méthode, dans laquelle on évite les inconvénients de la suppuration et de l'inflammation, est due à Delpech, Stiomeyer, Dieffenbach et Guérin; c'est la ténotomie sous-cutanée. Elle consiste à ne faire à la peau qu'une ouverture trèspetite, une sorte de piqûre, et à introduire par cette voie un instrument étroit avec lequel on divise et on coupe les parties profondes. Pour pratiquer la ténotomie par ce procédé, on prend un ténotome pointu, qu'on plonge sur un des côtés du tendon (c'est surtout dans le cas des tendons raccourcis, pieds bots et autres difformités qu'on emploie ce procédé); puis on fuit glisser l'instrument, ou mieux un autre ténotome mousse, entre la peau et le tendon. On augmente le plus possible la tension de celui-ci en faisant maintenir la partie dans une situation convenable; enfin on retourne le tranchant vers le tendon et on coupe celui-ci des parties superficielles aux parties profondes. On place ensuite un appareil destiné à maintenir pendant quelque temps la position obtenue par la section et souvent même à augmenter et à compléter le redressement.

— Art vétér. Ténotomie plantaire. La ténotomie plantaire, ou la section des tendons fléchisseurs des phalanges, est une opération qui offre une très-grande importance pour le vétérinaire, autant par la fréquence des cas ou elle est indiquée que par les services nombreux qu'elle peut rendre quand elle est judicieusement appliquée, La ténotomie plantaire est indiquée comme le meilleur moyen de remédier à la difformité ou défaut d'aplomb résultant de la flexion exagérée de l'articulation du boulet, produite par la rétraction anomale des tendons fléchisseurs. Cette conformation vicieuse, presque toujours acquise, offre plusieurs variétés qu'il est de la plus haute importance de distinguer au point de vue chirurgical, l'opération ne devant pas se pratiquer de la même manière dans tous les cas, et parfois même pouvant être tout à fait contre-indiquée.

On reconnaît deux genres principaux dans ce vice de conformation, savoir ; le pied bot et le pied rampin. On désigne sous le nom de pied bot, en art vétérinaire, toutes les difformités du pied du cheval dans lesquelles la couronne se porte fortement en avant, par le raccourcissement des tendons et des ligaments d'abord, et plus tard par l'allongement des talons. Ce défaut est quelquefois porté à un tei point, que la partie antérieure de la muraille touche le sol à chaque appui. Lorsque le pied bot est ancien, il y a eu modification des surfaces articulaires des phalanges et la maladie est devenue incurable. Mais

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quand l'accident est récent et dû surtout h la rétraction de tendons, l'animal conserve encore quelque valeur, car l'opération de la lénotomie peut redresser le pied, sans que cependant le membre puisse récupérer entièrement sa solidité première. Le pied bot avec ses variétés s'observe principalement sur les membres antérieurs.

Le pied rampin est celui dont l'appui se fait principalement sur la pince. Ce défaut, que l'on ne remarque qu'aux pieds de derrière, peut être dû à une conformation naturelle, ou être le résultat de l'usure des membres ; il est naturel chez presque tous les mulets. Le cheval rampin a la pince trèscourte ; la position du pied, appuyé seulement sur cette partie, favorise le raccourcissement des tendons et l'exhaussement des talons, que l'on rencontre toujours très-hauts dans cette espèce de pied. L'animal ainsi conformé n'use guère ses fers qu'en pince, mais il les use très-promptemem. La plupart des moyens tirés de la ferrure, que l'on regarde comme correctifs de ce défaut, ne font que l'aggraver. C'est par le pied rampin que la ténotomie est principalement indiquée; Car l'opérutioti offre, dans ce cas, beaucoup plus de chances de succès que dans le pied bot. Toutefois, elle réusssira plus ou moins suivant les causes de l'accident et les phénomènes qui le compliquent. Si la rétraction des tendons est produite par des maladies chroniques du pied, telles que les plaies profondes de la sole, le resserrement des talons, la déformation du sabot, la maladie navictilaire, les formes, etc., dans ces circonstances, le tissu du tendon n'éprouvant généralement aucune altération, la ténotomie peut être pratiquée avec un succès complet si la maladie, cause première de la déviation du membre, est ellemême guérie. Dans le cas contraire, l'opération ne serait même pas un palliatif. Mais si la rétraction des tendons est produite directement par des blessures, des contusions, des tiraillements, des dilacérations, etc., ces organes tendineux s'entlainment ainsi que les parties voisines, des adhérences se font entre elles, et alors la ténotomie, n'offrant souvent la possibilité d'aucun résultat heureux, ne doit pas être tentée.

On a pratiqué la ténotomie de plusieurs manières, qui peuvent être réduites h deux méthodes principales, la méthode ancienne ou par incision latérale, et la méthode actuelle ou sous-cutanée. La méthode ancienne consistait à faire la section du tendon après l'avoir mis à découvert par une incision de 0m,05 à om,06, pratiquée sur le côté externe ou interne du tendon. L'incision faite, on écartait les lèvres de la plaie, on séparait, par une espèce de dissection, les tendons les uns des autres, et on faisait la section du tendon rétracté.

Pour appliquer la méthode sous-cutanée, le sujet étant abattu, on porte le membre dans sa plus grande extension. < L'extrémité étant ainsi fortement tendue, dit Bernard, l'opérateur, placé en avant du canon, le saisit de la main gauche, ses doigts passés pardessous et le pouce en dessus, appuyé perpendiculairement sur le tendon suspenseur du boulet, pour en indiquer la limite; de l'autre main, armée d'un bistouri droit à lame étroite, il enfonce l'instrument dans l'intervalle qui sépare le suspenseur du perforant, le dos glissant sur l'ongle du pouce gauche, et le tranchant étant perpendiculaire k la direction du tendon. Parvenu à la profondeur voulue, près de la peau qu'il faut ménager, Ce qu'indiquent très-bien les doigts de la main gauche passés sous le canon, il ne reste plus qu'à faire agir le bistouri comme un levier qui prend son point d'appui sur le tendon suspenseur, tandis que la lame décrit, par sa pointe, un mouvement de bascule en avant et coupe le tendon en un seul coup, ou en plusieurs si cet organe e3t très -dur et très-volumineux. A mesure que la section avance, on sent la résistance diminuer, et, dès qu'elle est complète, on est averti par un fort craquement qui est produit par la rétraction subite des bouts divisés. Cela fait, on retire le bistouri dans la même direction, un peu oblique, pour ne pas agrandir la plaie extérieure, qui n'a guère que l'étendue ou la largeur de la lame de l'instrument.

Le redressement du membre a rarement lieu immédiatement après l'opération, surtout si la maladie est ancienne; mais au bout de deux ou trois jours au plus les parties reprennent à peu près leur position naturelle, surtout si l'on fait faire à l'animal, après l'opération, plusieurs promenades d'une certaine durée. Pour obtenir oe redressement, il faut quelquefois attendre jusqu'à quinïe jours; mais si, au delà de ce terme, le membre est encore dévié, il n'y a plus lieu d'espérer qu'il reprendra son aplomb. ■ Aussitôt que le membre u repris sa forme normale, dit M. Gourdon, il convient de laisser l'animal dans un repos complet, qui abrège la douleur, favorise la cicatrisation et est d'ailleurs indispensable quelquefois pour éviter, l'extension exagérée de l'articulation du boulet, Eouvant survenir après la ténotomie doule, si l'on force trop le redressement de l'articulation. La promenade ne convient qu'après douze ou quinze jours, lorsque la cicatrice a acquis assez de résistance pour mettre à l'abri de toute nouvelle extension. Vers le trentième ou le quarantième jour, l'animal commencera à faire un léger

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travail, autant que possible sur un terrain mou, non glissant; et, vers le troisième ou le quatrième mois seulement, il reprendra son service ordinaire, »

Pour obtenir le redressement du membre, on a encore recours à la ferrure et aux appareils d'extension spéciaux. La ferrure convenable pour la ténotomie consiste dans l'emploi d un fcr à pince prolongée qui, rejetant le poids du corps sur les parties postérieures, fucilite l'extension des tendons coupés. Dès que le redressement a eu lieu, il faut enlever le fer et le remplacer par un fer à prolongement droit et même par un simple fer ordinaire léger, qu'on laisse jusqu'à parfaite guérison. Mais, lorsqu'il ne s'agit que d'une déviation très-légère du membre, due à une affection récente accompagnée d'engorgement et de douleur, au lieu d'un fer à pince prolongée, on applique un fer portant des crampons élevés qui, au lieu de produire l'extension, maintiennent l'articulation légèrement fléchie, de sorte que le redressement s'opère par le seul fait du soulagement qu'éprouve le tendon. Si ces moyens ne sufrisent pas, on emploie des appareils d'extension qui consistent en un fer dont les éponges portent, en arrière du talon, une forte tige qui remonte jusqu'au genou. Cette tige, contournée suivant la direction normale du membre, est fixée au canon par un bandage circulaire ou par des courroies k boucle n'appuyant sur la peau que par l'intermédiaire de pelotes ou coussinets, et que l'on serre peu à peu de manière à redresser graduellement le membre.

Des accidents assez nombreux, mais généralement d'une faible gravité, peuvent suivre l'opération de la ténotomie. Ceux que l'on a observés jusqu'à présent sont: l'hémorragie, la blessure des nerfs, celle des tendons, la section de la peau, la lésion des synoviales qui l'accompagnent, la sensibilité persistante du tendon opéré, l'extension exa-

férée de l'articulation; enfin, le retour delà ifformité primitive.

— Ténotomie sus-carpienne. On donne le nom de ténotomie sus-carpienne à la section des muscles cubitaux externes et internes (épitrochlo et épicondylo-sus-carpiens), opération qui a pour but le redressement de l'arqùre du genou. Ce défaut, le plus souvent accidentel, quelquefois congénital, est dans tous les cas un vice grave , dès qu'il est porté à un certain deg^ré; et, dans certaines circonstances, il peut être aussi préjudiciable au service de l'animal que la déviation du boulet.

11 y a déjà longtemps que cette opération est pratiquée en Allemagne par quelques vétérinaires. En France, elle a été signalée la première fois par M. Prudhomme, puis par Miquel de Béziers, et peu après par Brogniez. » Les organes sur lesquels l'opération doit être faite, dit Gourdon, sont les deux muscles cubitaux externe et interne, attachés ensemble à l'os pisiforme et se réunissant à une faible distance du bord supérieur de cet os, en un point qu'il est facile de sentir avec le doigt. Avant leur terminaison, ces deux muscles forment chacun un tendon rétréci, différant l'un de l'autre en largeur et en diamètre, l'externe étant plus long que l'interne ; ce sont ces deux tendons que 1 on coupe pour opérer le redressement de l'arqùre. La section devant se faire sur chaque tendon à l'endroit correspondant au plus petit diamètre, afin que la cicatrisation soit plus prompte, ne se pratique pas au même niveau des deux côtés. En dehors, on doit la faire à om,05 environ au-dessus de l'os pisiforme, et, en dedans, oa la fait plus bas, à environ om,01 au-dessous de l'incision externe. Cette précaution offre encore cet avantage que, les sections ne se correspondant pas, les cicatrices qui se forment présentent plus de solidité. • Après l'opération, on fait relever le sujet, on applique un léger bandage autour du membre, et, sans autre soin, on abandonne l'animal au repos. Si le redressement est incomplet, on peut faire faire une petite promenade. Mais, des que l'inflammation a commencé à se manifester, il faut laisser l'animal au repos pendant une vingtaine de jours après l'opération. A cette époque l'animal boite encore, l'engorgement est encore visible; mais bientôt tous les symptômes disparaissent et la guérison a lieu. Aucun accident consécutif à cette opération n'a été signalé.

— Ténotomies tarsiennes. On a essayé, par des ténotomies particulières, de remédier à deux affections du jarret : l'éparvin calleux et l'éparvin sec. Le premier est une tumeur osseuse qui peut s'étendre sur toute la faco interne du jarret et déterminer l'ankylose de toutes les articulations partielles qui unissent entre eux les différents os du tarse. Cette tumeur, en se développant, détermine la distension du ligament latéral interne de l'articulation, puis celle du tendon du muscle jambier, et produit ainsi de la douleur, une gêne des mouvements, d'où une cause de boiterie. C'est dans cette circonstance que l'on a proposé de remédier au mal par la section du tendon soulevé et distendu, « Pour faire cette opération, dit M. Lafosse, l'animal est abattu sur le côté du membre à opérer, au paturon duquel on place une platelonge, pour tendre au besoin le jarret; le membre postérieur opposé est fortement re-

TENU

levé sur l'avant-bras. Les poils ayant été préalablement coupés, on s'assure, en le pressant avec le doigt, de la position du tendon ; avec le dennotoine, on fait à la peau, en ayant soin de ménager la saphène, une incision étroite par son bord postérieur, et, vers le milieu de son trajet, où sa mobilité facilite le jeu du ténotome, l'incision intéresse aussi la gaine fibro-muqueuse qui doit être ouverte. C'est alors que l'on introduit le ténotome à plat sous le tendon vers lequel le tranchant est immédiatement dirigé ; ce temps est facilité par une légère flexion du jarret. Dans celui qui suit, au Contraire, on fait tendre l'articulation et on imprime au ténotome un léger mouvement de bascule pour couper la corde fibreuse, dont il est assez facile de constater l'éeartenient des abouts, variable suivant le volume de l'éparvin. ■ Cette opération est facile à exécuter; seulement, elle est si récente qu'il lui manque la sanction de l'expérience.

Quant à l'éparvin sec, on a désigné sous ce nom un défaut qui ne se décèle par aucun signe sur le cheval en repos, et que l'on reconnaît seulement pendant l'action, surtout dans l'allure du pas. Le cheval affecté d'éparvin sec fléchit le jarret par un mouvement prompt et comme convulsif dès que le pied (juitte le sol, et cette flexion plus ou inoins torte, suivant le degré de la maladie, porte quelquefois le membre jusque contre l'abdomen à chaque pas que fait le cheval. On désigne cette action par le nom de harper. On ne connaît pas encore la véritable cause de cette flexion du jarret, que l'on remarque plus souvent sur les chevaux tins que sur ceux de race commune. Mais, sans chercher la cause plus ou moins inconnue de l'éparvin sec, il est à remarquer que, chez les animaux qui en sont atteints, se manifestent en même temps la tension et la saillie des tendons extenseurs de la région déjeiée sur le devant du jarret. C'est ce symptôme qui a inspiré l'idée de faire la section du muscle court pérouier latéral. Pour fuire cette opération, on abat l'animal, et l'opérateur, après avoir pratiqué une petite incision à la peau, fuit la section du tendon péronier. L'animal une fois relevé ne harpe plus. Quinze joui s après l'opération, la cicatrisation est complète.

TEISQU1N (GROS-), bourg de France. V.

Gros-Tenquin.

TENREC s. m. (tan-rèk). Mamm. Genre de mammifères insectivores, de la famille des érinacidés, comprenant deux espèces, qui habitent Madagascar et les îles voisines : Pur l'extérieur, les tenrecs ressemblent beaucoup aux hérissons. (G. Bibron.)

— Encycl. Les tenrecs sont des animaux de peLite taille; ils ont la tète allongée, conique, pointue ; le museau terminé par une sorte de groin mobile qui dépasse de beaucoup les dents en avant; la gueule très-fendue ; les oreilles très- courtes et arrondies ; les yeux de grandeur médiocre; le corps trapu et bas sur jambes; les pieds plantigrades, terminés chacun par cinq doigts armés d'ongles assez robustes et propres à fouir le sol. Ils sont complètement dépourvus de queue. Leur système dentaire se compose de trente-huit ou quarante dents, savoir : six incisives à la mâchoire inférieure ; celles de la mâchoire supérieure au nombre de six d'abord, puis de quatre, lorsque l'accroissement de la canine inférieure a déterminé la chute de la paire postérieure ; une canine très-longue de chaque côté et à chaque mâchoire, comme chez les carnivores ; six molaires, dont une fausse, de chaque côté et à chaque mâchoire. Ces animaux se distinguent des hérissons par ia présence de dents incisives, et des éricules par la longueur de leurs canines.

Les tenrecs ressemblent beaucoup aux hérissons par leur forme générale, et surtout par la nature de leur pelage qui est épineux à la partie supérieure et sur les flancs; mais chez eux le passage des poils aux piquants se fait par des nuances insensibles; en dessous du corps, les piquants sont très-faibles, demi-flexibles ou même de nature soyeuse; enfin, au milieu dès piquants et des soies se trouvent, de distance en distance, de très-longs poils comparables à ceux des moustaches. De plus, les piquants des tenrecs ne sont pas disposés par petits cercles sur la peau. Un autre caractère distinctif, c'est que ces animaux ne peuvent pas se rouler complètement eti boule comme les hérissons, ce qui tient à des différences dans la forme et l'organisation du muscle peaucier dorsal.

Les tenrecs sont originaires de l'Ile de Madagascar, d'où ils ont été naturalisés aux îles Maurice et de la Réunion. Ils vivent dans des terriers qu'ils se creusent aux bords des eaux, où ils aiment à se plonger souvent. Ils sont nocturnes, se nourrissent d'insectes et pullulent beaucoup. Comme plusieurs animaux du même groupe, ils passent plusieurs mois de l'année dans un état d'ongourdissement complet; mais il paraît que ce phénomène arrive pendant les grandes chaleurs.

Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'espèces actuellement vivantes. Le tenrec soyeux est à peu près de la taille de notre hérisson ; son pelage est fuuve, plus ou moins tiqueté de blanc en dessous. Le tenrec semiépineux a été regardé à tort par Buffon comme le jeune âge du précédent, dont il diffère surtout par sa taillo plus petite. Il paraîtrait que

TENS

les tenrecs ont autrefois habité nos contrées, si l'on s'en rapporte aux restes fossiles trouvés dans les terrains miocènes de l'Auvergne.

TEN RHYNK (Guillaume), médecin et naturaliste hollandais. V. Rhyne.

TENSA s. f. V. THBNSA.

TENSAS, rivière des Etats-Unis (Louisiane). Elle prend sa source- dans le territoire de Curoll, sur la rive droite du Mississipi, court presque ) arallèlerr.ent avec ce fleuve et se jette, à Trinity, dans le Washita, avec lequel elle forme le Black river. Cette rivière donne son nom U un district de la Louisiane, district fertile qui a pour chef-lieu Saint-Joseph.

TENSEMENT s. m. (tan-se-man). Féod.

Redevance en nature et en argent, pur laquelle' les vassaux achetaient la protection de leur seigneur.

TENSEUR adj. m. (tan-seur — du lut. tensus, tendu). Anat. Se dit de certains muscles destinés L produire une tension.

— Substautiv. Muscle tenseur : Le tenseur de la choroïde. Le tenseur de l'aponévrose crurale.

— Encycl. On appelle muscle tenseur du fascia lata un muscle ullongé, charnu dans sa partie supérieure, aponévrotique dans toute sa partie inférieure, situé dans la région externe de la cuisse. Ce muscle s'insère par son insertion fixe à la lèvre externe de l'épine iliaque antérieure et supérieure et un peu à la crête iliaque. Son point d'insertion mobile est le tubercule du jambier antérieur, sur la tubérosité externe du tibia, par la plus grande partie de ses fibres. Vers la partie inférieure de ce tendon, on voit se détacher du bord antérieur une certaine quantité de libres se portant au-dessous de la rotule et concourant à former la capsule fibreuse qui entoure l'articulation du genou. Ces libres décrivent des courbes à concavité antérieure, embrassant le bord externe de la rotule. 11 résulte de cette disposition de l'insertion inférieure du muscle tenseur du fascia lata que le tendon de ce muscle s'épanouit sur le côté externe du genou en formant une membrane triangulaire très-résistante. Ce muscle se dirige verticalement en bas et un peu en arrière. Recouvert dans toute son étendue par la peau, le tenseur du fascia lata recouvre le moyen fessier et le vaste externe. Son tendon est aplati et épais; il est contenu entre deux feuillets de l'aponévrose fémorale auxquels il adhère sans confondre complètement ses fibres avec celles de l'aponévrose. Extenseur de la jambe, il concourt à la flexion et à l'abduction de la cuisse; il s'oppose, en outre, aux déplacements du vaste externe. Lorsque la jambe est dans l'extension, les fibres courbes articulaires de la partie inférieure du muscle sont relâchées, tandis qu'elles sont tendues pendant la flexion. Elles protègent la partie externe de l'articulution en formant sur elle une paroi rigide.

On donne encore le nom de tenseur à un petit faisceau musculaire qui naît de la face profonde du vaste interne, glisse le long de la face antérieure du fémur et va s'insérer au prolongement que la synoviale du genou envoie entre le droit antérieur et le fémur. Il a pour but de tirer en haut cette synoviale et d'empêcher son pincement pendant les mouvements de l'articulation. Ce faisceau varie considérablement ; il est quelquefois très-marqué ; mais le plus souvent il est constitué par quelques fibres isolées qui se détachent de la face profonde du vaste interne pour s'insérer irrégulièrement sur le cul-desac sous-tricipital de la synoviale.

TENSJC-DAÏ-TSIN,ladéesse suprême, dans la religion du Sinto. Elle est regardée par les japonais comme la mère des Daïris et la fondatrice de l'empire. S'étant un jour cachée dans la grotte sacrée d'Avano-Matta, l'univers fut enveloppé de profondes ténèbres. Chaque année, on célèbre en son honneur une fête solennelle, et elle a de nombreux temples, dont le plus beau est celui de lédo. D'après une autre tradition, Ten-Sio-Daï-Tsin n'est pas une déesse, mais un dieu, fils de l'esprit céleste Isauagi et frère de Fatsmun, dieu de la guerre.

TENSIF, IVB adj. (tan-sif, i-ve — rad.

tension). Méd. Qui est accompagné de tension des parties : Douleur tensive.

TENSION s. f. (tan-si-on — lat. tensïo; de tendere, tendre). Etat de ce q-ui est tendu : Le degré de tension des nerfs de l'oreille pour écouter chaque note explique la partie physique du plaisir de ta musique. (H. Beyle),

— Fig. Etat violent, exagération d'effort : Il ne faut jamais juger des despotes par te succès momentané que la tension même du pouvoir leur fait obtenir. (Mme de Staël.)

— Tension d'esprit, Préoccupation, application forte et soutenue : Ils passent leur vie dans une tension d'esprit continuent. (Vauven.)

— Philos. Effort de l'âme qui, selon les stoïciens, est nécessaire à son action, et que ces philosophes regardent comme le bien absolu.

— Littér. Défaut du style consistant dans une recherche trop continue.

— Techn. Etat d'un fusil dressé ; régularité extérieure et intérieure du canon.

— Balistiq. Tension d'une trajectoire, Rap-

TENS

port de la courbe décrite par cette trajectoire avec la flèche de la même courbe.

— Physiq. Force d'expansion des fluides élastiques : La tension de la vapeur. || Tension électrique, Force d'attraction ou de répulsion exercée par l'électricité statique.

— Physiol. Etat de roideur qui se manifeste dans certaines parties du corps : La tension des muscles, il Bruit de tepsion, Son rendu par la vibration d'une membrane qui se tend subitement, i: Tension artérielle, Tendance que les artères distendues éprouvent à se contracter.

— Encycl. Méc. < Dans la mécanique rationnelle, on admet qu'un fil est un système matériel affectant la forme d'une ligne, c'està-dire n'ayant ni largeur ni épaisseur; le (il idéal est, en général, considéré comme inextensible et sans roideur, c'est-à-dire que sa longueur est regardée comme invariable, quelles que soient les forces qui agissent sur lui pour l'étendre, et qu'on peut le courber, l'infléchir, lui faire dessiner telle ligne qu'on voudra, courbe ou brisée,, sans éprouver aucune résistance. » (Collignon, Statique.) Les corps naturels ne possèdent qu'entre certaines limites les propriétés des corps théoriques auxquels on les assimile ; un fil naturel, une corde ne conservent pas une longueur invariable sous l'action des forces qui leur sont appliquées; ils s'étendent et exigent un effort pour être courbés ou infléchis ; en un mot, ils opposent une roideur plus ou moins grande aux actions qui tendent à modifier leur état d'équilibre.

Dans l'étude des polygones funiculaires, on se propose d'établir la forme d'équilibre d'un fil parfait soumis à des forces données et de trouver les tensions développées en ses divers points. La tension d'un til en un point donné est alors la réaction mutuelle des deux portions de fil qui se réunissent l'une à l'autre en ce point. Si l'on coupe un. fil en équilibre en un certain point, il faudra, pour rétablir l'équilibre do chaque portion, lui appliquer deux forces égales et contraires aux extrémités des tronçons séparés par la coupure; ces forces ne sont autre chose que la tension du fil au point considéré. Il résulte de là et on démontre facilement que, dans un fil parfait soumis à des forces réparties d'une manière continue sur sa longueur {comme la pesanteur, par exemple), la tension est en chaque point tangente à la ligne dessinée par le fil.

Les cordes et les câbles dont on se sert ne conserveut pas la même iongueur sous l'effort de tensions différentes ; les tiges solides se comportent de même sous l'action d'une force qui tend à les allonger. On a étudié expérimentalement la loi de ces extensions et on a reconnu que, si L représente la longueur d'un fil ou d'une tige sous la tension T, o un coefficient d'extensibilité propre à la matière qui constitue le lil et X sa longueur naturelle, c'est-à-dire sous une tension nulle, on peut écrire

L — Ml + aT).

Mais cette formule n'est applicable qu'entre les limites pour lesquelles ± (L — X) a une valeur très-petite relativement à la valeur \ elle-même.

l.a tension joue un rôle important dans le frottement d'un fil sur une surface, dans le jeu des poutres et des moufles, dans les conditions d'équilibre des polygones articulés. Elle a une influence considérable sur ia soli-

TENS

dite des charpentes et des fermes en particulier; les tiges métalliques étant fréquemment soumises à l'extension, de nombreuses recherches ont été faites sur l'extensibilité des métaux et sur la plus grande tension que supporte sans se rompre une pièce donnée. L'une des plus grandes applications de cette étude est la recherche des conditions qui doivent régler la disposition des fils métalliques employés à former les lignes de télégraphes électriques.

Les fils sont soutenus par des appui3 isolants. Lorsqu'un fil pesant est tendu entre deux points fixes, il ne reste pas horizontal ; son poids lui fait décrire une courbe qu'on nomme chaînette. V. ce mot.

Si les deux points d'appui sont à la même hauteur, le point le plus bas est au milieu de leur distance. En chaque point, le til est soumis k deux forces égales et continues qui tendent à le rompre et qui constituent la tension. Si la résistance que le fil peut opposer est inférieure à cette tension, il se brise. Aux points d'appui, l'effort supporté est précisément égal à la tension du fil. On peut mesurer cette force approximativement en faisant passer le fil sur des poulies et en suspendant à l'autre extrémité des poids variables. Plus la tension est forte aux points d'appui, plus la flèche est faibic.

Si f est cette flèche à la distance des points d'appui, S la section et n le poids spécifique du fil pour une tension T, on a approximativement :

f = — 1 ST"

La résistance de deux fils étant proportionnelle à la section, et, d'autre part, d'après la formule précédente, pour une même distance d'appuis, les tensions de deux (ils de même nature avec la même flèche étant inversement proportionnelles aux sections, on en conclut que deux fils de même nature et de sections quelconques prenant la même flèche sont dans les mêmes conditions de résistance.

Dans l'établissement des lignes télégraphiques, il y a à considérer pour les fils quatre éléments : la flèche, la tension, la longueur naturelle du fil, la distance des appuis. Deux de ces quantités étant données, on en déduit les deux autres; la longueur naturelle a peu d'importance, et on a formé des tables à double entrée donnant l'une des quantités : diamètre, tension, flèche, espacement des appuis, connaissant les trois autres. La tension inscrite est celle du point le plus bas; pour le point d'appui, il faut ajouter à la tension précédente le poids d'un fil dont la longueur Serait égale à la flèche.

Lorsque, la distance des appuis restant fixe, on laisse glisser le fil, la flèche augmente, la tension diminue d'abord, passe par un minimum et augmente ensuite par l'excès de poids du fil. A une distance correspond donc une tension minimum, et on voit ainsi qu'une distance maximum peut être prise pour les points d'appui, au delà de laquelle le fil se briserait, même en admettant une flèche quelconque. Cette distance serait de 1,000 mètres pour un fil de O^OOi de diamètre.

La longueur naturelle est peu supérieure à la distance des points d'appui ; elle est d'autant plus faible que la tension est plus grande. La température fait subir des variations accidentelles à cette tension. Pour avoir une sécurité complète, on fait en sorte que

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