‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 1032 sur 1059 · CT18°S · texte numérisé non relu

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Ce composé se produit lorsqu'on chauffe l'acide térébique entre 140° et 160O dans un courant de gaz ammoniac sec, sous la forme d'un sublimé lentement soluble à froid, facilement soluble k chaud dans l'eau et dans l'alcool. Les solutions sont neutres au tournesol et ne décomposent pas les carbonates. Les alcalis caustiques le dissolvent facilement; mais les acides le séparent inaltéré de ces solutions.

Le sel de baryum (CHH>Az03)*Ba",2H20 est facilement soluble dans l'eau, qui l'abandonne, en s'évuporant, sous la forme d'une gomme. L'alcool le précipite à l'état cristallin de la dissolution et forme, après qu'on l'a séché, un feutre lâche, d'aiguilles microscopiques k éclat soyeux.

— Constitution de l'acide térébique et des térébates. Nous avons dit plus haut que M. Cailliot admettait que les térébates dérivent, non de l'acide térébique, mais d'un aride diatérébique dont l'aride térébique serait le premier anhydride. Nous avons vu que cette supposition exigerait que l'acide en question fut tétratomique et que, en admettant sa bibasicité, il manquerait pour cela 1 atome d'hydrogène. Mais la bibasicité de l'acide térébique est-elle bien démontrée? Cet acide est-il bibusique ou simplement monobasique, son second hydrogène remplaçable étant un hydrogène phenique comme dans l'acide salicylique ? Certaines raisons militent en faveur de cette opinion : l'acide térébique ne forme que des sels arides au contact des carbonates et exige, pour former des sels neutres, l'action directe des oxydes ou des hydrates, comme l'acide salicylique. Néanmoins, il est un fait qui nous paraît résoudre la question en faveur de la bibasicité, c'est le dédoublement de l'acide térébique en anhydride carbonique et en acide pyrotérébique. Si l'acide térébique était un acide phonique, l'acide pyrotérébique serait un phénol, comme l'aride pyrogallique en est un. Or, l'acide pyrotérébique est un véritable acide renfermant le groupe carbonyle CO,OH. L'acide térébique renferme donc deux fois ce groupe, et, dès lors, il n'est plus possible d'admettre la supposition de M. Cailliot. Nous représentons donc l'acide térébique et les térébates par les formules données plus haut.

TÉRÉBELLAIRE s. f. (té-ré-bè-lè-re —du lat. terebellum, tarière). Zooph. Genre de polypiers rameux, comprenant deux espèces fossiles des terrains jurassiques.

TÉRÉBELLE s. f. (té-ré-bè-Ie — dimin. du lat. terebva, tarière). Annél. Genre d'annélides tubicoles, de la famille des sabellaiiW ou amphitrites, comprenant sept espèces, qui habitent l'océan Atlantique, la Méuiterranéo

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et la mer des Indes : Les térkdulles s'enfoncent dans le sable ou dans des tubes fixés. (P. Gervais.) Les tÉuébkli.es construisent des fourreaux ouverts antérieurement, -presque fermés en arrière. (H. Lucas.)

— Encycl. Les iêrébelles sont caractérisées par un corps allongé, presque cylindrique, annelé, renflé en avant et aminci en arrière ; la tête peu distincte, surmontée de barbillons en forme de tentacules longs, filiformes, trèsnombreux; des branchies arborescentes et disposées par paires; des pieds dissemblables, les pieds thoraeiques à deux rames, les pieds abdominaux munis seulement de suies à crochets. Ces annélides sont essentiellement marines ; les unes s'enfoncent dans le sable ; les autres se construisent des fourreaux ouverts antérieurement, presque fermés en arrière, membraneux et peu solides; elles les entourent de fragments de coquilles, ou même de petits coquillages entiers, mélangés k des grains de sable. L'animal se tient k l'intérieur de ce tube, qui est souvent fixé ; si on l'eu retire, il ne tarde pas k périr. Les espèces connues vivent dans l'Océan, la Méditerranée, la mer Rouge et les parages de l'île de France.

TÉRÉBELL1DE s. m, (té-ré-bèl-li-de — de

térébelle, et du gr. eiaos, aspect). Annél. Genre d'annélides tubicoles, voisin des térébelles : Milite Edwards pense que le tërÉbellidb n'est pas un animal adulte. (P. Gervais.)

TÊRÉBELLUM S. m. (té-ré-bèl-lomm — mot lat. dimin. de terebra, tarière). Moll. Nom scientifique du genre tarière.

TÉRÉBÈNE s. m. (té-ré-bë-ne — de térébenthine). Chim. Hydrocarbure inactif, isomère de l'essence de térébenthine, qui se forme par l'action que le fluorure de bore, l'acide sulfurique et d'autres réactifs exercent sur l'essence de térébenthine.

— Encycl. V. térébenthine.

TÉRÉBÉ NIQUE adj. (té-ré-bé-ni-ke — rad. térébèue). Chim. Syn. do térébique.

— Encycl. V. TÉREBATE.

TÉRÉBENTHÈNE s. m. (té-ré-ban-lè-ne ■ — de térébenthine). Chim. Nom donné par M. Berthelot à l'hydrocarbure pur qui forme le principal constituant de l'essence de térébenthine française.

— Encycl. V. au Supplément.

f. (té-ré-ban-ti-ne — Produit résineux li-

TEREBENTHINE S, rad. térebinthe). (Jhim quide, extrait (les végétaux de la famille des conifères ot de celle des térébinthaoées : Térébenthine française. Térébenthine anglaise. Térébenthine de La Mecque', il Essence de térébenthine, Huile volatile fournie par la distillation des diverses térébenthines.

— Bot. Espèce de champignon, du genre agaric.

— Encycl. Chim. On donne le nom de térébenthine à diverses oléorésiues (mélanges d'essence et de lésine) qui exsudent de certains arbres de la famille des conifères, ainsi qu'à la résine semi-fluide du pistucia terebintkus de la famille de3 térébinthaoées. Pour obtenir la térébenthine, on fait des incisions) dans la racine des arbres et l'on recueille le suc résineux qui s'écoule , surtout pendant l'été. On le ramollit au moyen d'un peu d'eau chaude et on le passe à travers des filtres de paille pour le débarrasser des substances étrangères qui le souillent, telles que débris d'écoice, aiguilles, etc.

Les diverses variétés de térébenthine du commerce, obtenues au moyen du pin et du sapin, sont des solutions plus ou moins visqueuses de résines dans une huile volatile. Les proportions d'huile et de résine varient suivant l'origine et l'âge du produit. Quelques espèces sont claires et homogènes, d'autres sont plus ou moins troubles et tiennent en suspension des matières cristallines grenues qui gagnent peu k peu le fond du vase.

La térébenthine d'Amérique, obtenue surtout au moyen du pinus auiiruhs, et la térébenthine d'Allemagne , extraite du sapin d'Ecosse (pinus sytoestris), sont des liquides jaunâtres, visqueux, grenus, d'une forte odeur aromatique et d'une saveur ainère piquante. Elles deviennent claires lorsqu'on les chauffe, sont trèa-inilainmaules et brûlent avec une flamme fuligineuse. Elles consistent en essence de térébenthine et en colophane; lorsqu'on les soumet à l'ébullition avec de l'eau, celle-ci entraîne l'essence à l'état de vapeur, tandis que la résine reste, comme résidu, intimement mêlée avec de petites quantités d'huile et d'eau et forme une masse trouble, d'un jaune foncé, qui a reçu le nom de térébenthine bouillie. Cette masse, cassaute à froid, devient molle et plastique à chaud. Sous l'influence d'une plus forte chaleur, elle perd l'eau et l'essence qu'elle contient encore, et la colophane reste sous la forme d'une résine transparente, plus ou moins colorée, suivant la température à laquelle elle a été exposée. On a considéré pendant longtemps la colophane comme formée pur uu luelango de deux résines acides isomères, l'acide pinique et l'acide sylvique; mais les récentes investigations de Muly ont montré qu'elle consiste uniquement en anhydride uliiétiqiie C*H1620», lequel, traité

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par l'alcool aqueux, absorbe de Tenu et se convertit en acide abiétique C4'>I16'>05.

La térébenthine française est extraite du pinus marilima. Elle ressemble à lu térében- . thiue d'Amérique par son aspect, son odeur et sa saveur. Elle durcit plus facilement que les autres lorsqu'on la traite par la magnésie.

La térébenthine de Strasbourg est un liquide clair, non grenu, qu'on extrait du sapin argenté [abies pectinatu) et de Vabies excetsa. Le produit du premier de ces arbres est mobile, jaune, d'une agréable odeur de citron et d'une saveur forte et amère. Le produit de Vabies excelsa est d'un jaune foncé, possède une odeur balsamique et jouit d'une saveur k la fois douceâtre et aromatique. La portion résineuse de ces deux térébenthines renferme k lu fois de l'acide abiétique et deux résines indifférentes, l'une soluble dans l'alcool absolu, l'ubiéline, l'autre insoluble dans ce liquide. Ou affirme que l'eau avec laquelle on a distillé ces deux espèces de térébenthine pour en extraire l'essence renferme en dissolution de l'acide succinique.

La térébenthine an Venise provient du mélèze [larix europxa). Un dit qu'elle est renfermée dans de petites vésicules que contient la tige de cet arbre, et qu'on l'obtient en faisant la ponction de ces vésicules. C'est uu liquide sirupeux, incolore ou d'un brunâtre inclinant au vert ; son odeur est un peu désagréable, et sa saveur est ainère. D'après Unverdorben elle renferme, à l'état frais, deux essences de différents degrés de volatilité. La nioius volatile de ces huiles se résinitie facilement; elle renferme aussi deux résines acides, une résine neutre et de l'acide Succinique.

La térébenthine de Hongrie, qui s'écoule des incisions faites aux branches du pinus pitmilio, est un liquide clair, jaunâtre, mobile, d'une saveur et d'une odeur aromatiques.

La térébenthine des Kurpathes provient du pinus cembra et ne difiero guère de celle de Hongrie que par son amertume.

La térébenthine du Canada ou baume du Canada provient de Vabies balsamea et se trouve décrite aux baumes.

La térébenthine de Chypre, de Syrie ou de Chio, obtenue à Chio du pistucia terebinthus et, en Syrie, du pistucia vera, est, suivant Son âge et suivant le plus ou moins de soins qu'on a pris en la préparant, claire et incolore ou visqueuse, trouble ot d'un vert jaunâtre. Elle possède une odeur de fenouil et d'élemi ,el une saveur aromatique qui rappelle celle du mastic. Elle est entièrement soluble dans l'otlier. L'alcool ne la dissout que partiellement et laisse uu résidu glutiueux, insoluble. La térébenthine ordinaire et la térébenthine de Venise sont employées eu médecine, soit comme médicaments pour l'usage externe, en forme d'emplâtres, soie pour l'usage interne, sous la forme d'électuaireset de pilules. Lorsqu'on veut administrer ces corps sous la forme de pilules, on les durcit uu moyen de la magnésie calcinée. Ou fait aussi des pilules avec de la térébenthine bouillie. Uu emploie encore plusieurs espèces de térébenthines pour faire des vernis et pour des usages divers.

— E»ence do térébenthine L'essence de térébenthine est un hydrocarbure qui répond k la formule C10H16. (jet hydrocarbure est contenu dans le bois, l'écorce, les feuilles et autres parties des pins, des sapins et de plusieurs autres arbres de la famille des conifères ; on l'en extrait, soit eu distillant- avec l'eau ces parties végétales directement, soit en retirant l'olèorésiue par des incisions fuites à l'arbre et en distillant ensuite cette dernière. On peut distiller l'olèorésiue seule ou avec de l'eau. On a cru longtemps que les hydrocarbures retirés de ces divers végétaux, et dont la formule est la même, étaient identiques par leurs propriétés chimiques et par leurs caractères physiques. Muis des travaux récents, et particulièrement ceux [de M. Berthelot, ont montre que les essences qui proviennent de difl'érenies sources diftereiit elles-mêmes par leurs caractères physiques, et surtout pur l'action qu'elles exercent sur la lumière polarisée. On a également reconnu que plusieurs espèces d'essences de térébenthine naturelle consistent 'eu un mélange de deux ou même d'un plus grand nombre d'hydrocarbures isomères ou polymères qui otlïeiitr des différences très-marquées dans leurs caractères physiques et même dans leurs propriétés chimiques. Ces modifications se produisent souvent aussi par l'action de la chaleur ou des réactifs chimiques employés à la purification de l'huile. Ou distingue les variétés suivantes d'essence de térébenthine :

L'essence de térébenthine de France, provenant de la térébenthine de France ou de Bordeaux, extraite du pinus maritima.

L'essence de térébenthine anglaise, qui provient de lu térébenthine récoltée dans la Caroline et dans d'autres Etats du sud des Etats- Unis, et extraite du pinus australis et du pinus toeda.

L'essence de térébenthine allemande, provenant surtout de la térébenthine du pinus sylvestris, du pinus nigra et du piuus rotundata.

L'essence de térébenthine de Veuise, provenant de la térébenthine de Veuise, produit du larix europxa.

L'essence do térébenthine des cônes de pin

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ou de templin, obtenue par la distillation des cônes du pinus pumilio et, dans quelques parties de la Suisse, par la distillation de Vabies peclinata.

Après avoir été purifiées par une série de rectifications avec l'eau, les diverses variétés d'essences deltérébenthine constituent des liquides mobiles, incolores, d'une odeur particulière aromatique et désagréable. Ils sont insolubles dans l'eau, iéj-'èrement solubles dans l'alcool aqueux, miscibles en toute proportion avec l'alcool absolu, l'èther et le disulfure de carbone. Ils dissolvent l'iode, le soufre, le phosphore et beaucoup de substances organiques insolubles dans l'eau, comme les huiles fixes et les résines. Cette propriété permet d'utiliser les diverses espèces d'essences de térébenthine à la confection des vernis.

Les variations de caractères qu'on observe dans les essences de térébenthine d'origine diverse se rapportent surtout à la densité, au point d'ébullition etau pouvoir rotatoire optique. Il faut rappeler toutefois que les substances que nous désignons sous le nom d'essences de térébenthine sont souvent des mélanges de plusieurs composés, de manière que ces propriétés varient même dans les essences d une même origine, suivant les modes d'extraction et de purification adoptés.

Le poids spécifique des essences de térébenthine varie ordinairement entre 0,86 et 0,88. Leur point d'ébullition est très - rapproché de 160o ; leur pouvoir rotatoire varie considérablement ; par exemple :

Pour l'essence de térébenthine anglaise, [a] = + 180,6.

Pour l'essence de térébenthine française, [a] = — 35<>,4.

Pour l'essence de térébenthine de Venise, [a] = -50,2.

Pour l'essence de templin ou de cônes de

Pin,

Le pouvoir rotatoire de l'essence de térébenthine est indépendant de celui de la térébenthine dont cette essence provient. Ainsi, par exemple, l'essence de térébenthine anglaise est dextrogyre, bien que la térébenthine dont on l'extrait soit lôvogyro , et la térébenthine de Venise dévie k droite le plan de polarisation de la lumière, tandis que l'essenco qu'on en extrait dévie le même plan vers la guucho. Ce fait est facile à expliquer : les térébenthines étant des mélanges d'essence et de résine, douées l'une et l'autre de pouvoir rotatoire, il est évident que le pouvoir d'ensemble observé est la somme ou la différence de ceux de ces composés différents. Il en résulte qu'une fois séparés ces corps doivent, chacun, avoir un pouvoir rotatoire moléculaire différent de celui du mélange dont on les a séparés.

M. Berthelot a surtout étudié avec soin les principes constituants de l'essence anglaise et de l'essence française. L'essence de térébenthine française est principalement formée par un hydrocarbure ClOIl'8, auquel ce chimiste a donné le nom de térébenthène. Cette substance toutefois n'est pas facile k obtenir au moyen de l'essence du commerce, dans laquelle elle est mêlée à île nombreux produits | de sa propre transformation. On se la pro- | cure k l'état de pureté en neutralisant la téj rébenthine de France au moyen d'un carbo- : nate alcalin et en lu distillant ensuite, au j bain-marie d'abord, puis dans le vide. De cette manière, on évite toutes les modifications que ' le produit subit sans cela sous l'influence de j la chaleur ou des réactifs, et l'hydrocarbure obtenu est constant dans ses caractères physiques. Le térébenthène ainsi préparé est un liquide limpide, d'une densité de 0,864 ; il bout k 161°; son pouvoir rotutoire moléculaire est égal k 420,3.

| — Australène ou austratérébenlhène. C'est 1 le principal principe constituant des essences de térébenthine anglaise. On le prépare, i comme le térébenthène, en opérant sur la lé- 1 rébenthine du piuus australis. C'est également; ' uu liquide. Son poids spécifique et son point d'ébullition sont les mêmes que ceux du térébenthène ; mais les pouvoirs rotatoires de ces ; deux hydrocarbures différent; celui de l'aus traie ne égale 21°, 5. L'e.ssence de térében- \ thine française renferme également un hydrocarbure isomère du téréuetithène, le terpentilène, qui commence k bouillir k 180°, et | un autre isomère, le paratérébenthène, poly- ! mère du térébenthène et bouillant vers 250°. ! L'essence de térébenthine anglaise renferme, 1 outre l'australène, un corps isomère de ce 1 dernier et auquel Berthelot a donné le nom d'austrilène.

— RÉACTIONS ET DÉCOMPOSITIONS. 1" LorS-

j qu'on fait passer de lessence de térébenthine i en vapeur a travers un tube de fer rempli de fragments de porcelaine, ce corps se résout en un grand nombre d'hydrocarbures difficiles k séparer les uns des autres, et dont quelques-uns paraissent isomériques avec 1 essence dont ils proviennent.

2" L'essence de térébenthine absorbe l'oxygène do l'air en s'épaississant et en devenant résineuse; il se produit en même temps de l'anhydride carbonique et de l'acide foriniquo. Dans cette oxydation graduelle, comme dans toutes les combustions lentes, une partie de

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l'oxygène atmosphérique se convertit en ozoue. Il en résulte que l'essence de térébenthine, après avoir été exposée k l'air pendant longtemps, renferme toujours en solution de l'oxygène et de l'ozone, en même temps qu'une proportion de produit oxygéné qui va toujours en augmentant, tant que dure l'action de l'air. Lorsqu'on expose pendant quelque temps aux rayons directs du soleil, dans un grand flacon rempli d'oxygène pur, de l'essence de térébenthine renfermant de l'eau, et qu'on a soin de renouveler l'oxygène da temps k autre, on obtient un oxyde hydraté d'essence de térébenthine Cl0H1sO,HS'O. Ce corps se dépose sur les parois du vase en groupes étoiles de longues aiguilles solubles dans l'eau chaude ainsi que dans l'alcool et dans l'éther.

Le permanganate de potassium oxyde aussi facilement l'essence de térébenthine. 10 parties d'essence rectifiée, agitées avec 500 parties d'eau, réduisent en quelques heures 28 parties de permanganate potassique, ce oui correspond k la proportion c10H18 : O*. Si Ion ajoute le permanganate peu k peu en évitant l'élévation de température, l'oxydation se fait par gradation k la température de l'ébullition. Les produits sont alors : un acide que les acides minéraux séparent de la solution aqueuse concentrée, sous la forme d'un corps résineux soluble dans l'eau chaude; une petite quantité d'une substance volatile neutre qui, lorsqu'on distille l'eau avec laquelle elle est mélangée, se sublime en courtes aiguilles dont l'odeur est celle du camphre. Ces aiguilles paraissent être constituées soit par du camphre C10H160, soit par un isomère.

3° Lorsqu'on ajoute petit k petit de l'essence de térébenthine à une solution étendue d'acide hypochloreux, il se dépose un liquide jaune visqueux (probablement un mélange d'essence de térébenthine di et trichlorée), tandis que la solution aqueuse, agitée avec de l'éther, abandonne k ce liquide une substance sirupeuse neutre dont la composition est celle d'une dichlorhydrine d'essence de térébenthine C^W»O^C\^ = C10H16(OH)SC12.

Ce composé se dissout légèrement dans l'eau, facilement dans l'alcool et dans l'éther; il se décompose en partie k la distillation ; l'acide azotique ne la résinifie pus. En faisant agir le sodium sur sa solution éthérée, on le convertit en un acide qui parait répondre k la formule CK>H1«0S.

4° L'essence de térébenthine est rapidement attaquée par l'acide azotique. Si cet acide est concentré, il arrive même que la réaction est assez violente pour que l'essence prenne feu. En évaporant la solution jusqu'à siccité et en distillant ensuite, on trouve de la nitrobenzine dans le produit de la distillation. Si l'on précipite la solution azotique par* l'eau et que l'on distille avec de la potasse la résine ainsi précipitée, il passe, k la distillation, de la toluidine en même temps que d'autres produits. Dans ces deux réactions, par conséquent, il se forme des produits qui appartiennent à la classe des corps aromatiques. Lorsqu'on fait bouillir pendant quelque temps de l'essence de térébenthine avec de l'acide azotique modérément concentré, on obtient de nombreux produits de décomposition dont la formation n'a pas encore été expliquée : de l'azote, de l'anhydride carbonique, de l'oxyde de carbone, de l'acide cyanhydrique (qui se dégagent k l'état gazeux), des acides foriniquo, acétique, propionique et butyrique qui distillent; enfin le résidu renferme de l'acide oxalique, de l'acide térébique, de l'acide camphrétique, de l'acide léréphtalique, de l'acide térébenzique et de l'acide téréchrysique.

5° L'essence de térébenthine, chauffée avec de la litharge, absorbe une grande quantité d'oxygène et donne naissance k du formiato et k du térébate de plomb. En lavant le précipité k l'alcool, le mettant ensuite en suspension dans l'eau, le décomposant par l'acido suli'hydrique, épuisant le précipité par l'alcool et abandonnant enfin à l'évaporation spontanée lu solution alcoolique, on obtient des cristaux blancs qui, d'après Weppen, consistent en acide térebeuthique C9Hi*05.

6" Le chlore est absorbé par l'essence de térébenthine avec un dégagement de chaleur qui va quelquefois jusqu'à déterminer l'inflammation de la musse; lorsqu on introduit dans un vase rempli de chlore un morceau de papier trempé dans l'essence de térébenthine, celle-ci prend feu, et il se produit une épaisse fumée noire ainsi que de l'acide chlorhydrique. Le brome a une action identique à celle du chlore. L'iode se dissout dans l'essence de térébenthine en formant d'abord une solution verte, qui s'échautfe ensuite et déguge de l'acide iodhydnque. Quand on met tout k coup une grande quantité d'iofle en contact avec de l'essence de térébenthine, il se produit souvent une explosion. L'essence de térébenthine, distillée avec du chlorure do chaux et de l'eau, donne du chloroforme.

70 Lorsqu'on chauffe de l'essence de térébenthine avec de l'acide iodhydrique, il se fixe H2 sur cette essence, et il se forme de l'hydrure de cainphène C^H^H2, analogue au chlorhydrate C10H16,HCI. Cet hydrure est uu liquide qui bout k 165" environ. L'acide sulfurique ordinaire ne l'attaque pas k froid. L'ucide azotique fumant le dissout sans l'oxyder, en donnant naissance k un composé uitré. L acide sulfurique fumant le dissout uussi k une douce chaleur, en formant un acide sulfoconiugué soluble dan?

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l'eau. Le brome le convertit en un dérivé cristallin.

En môme temps que l'h ydrure de camphènei l'action de l'acide iodhydrique donne naissance à de l'hydrure de terpilène

C10HI6,H»,HS,

analogue au dichlorhydrate C10H'6,2HC1.

C'est un liquide qui bout entre 170° et 175°. Il est difficile à séparer de l'hydrure précédent. L'acide sulfurique fumant ne le dissout que d'une manière incomplète. En ajoutant de l'eau au mélange, on obtient un produit visqueux (probablement un polymère) qui se sépare. Ce produit possède l odeur du camphre.

Enfin, en même temps que les hydrures de camphèneetde terpilène, l'acide iodhydrique, en agissant sur l'essence de térébenthine, donne naissance à un troisième produit qui n'est autre que l'hydrocarbure saturé C10H2S et un autre hydrocarbure également saturé qui, lui, provient du dédoublement de la molécule d'essence, l'hydrure d'amyle ou quintane CW*.

8° L'action des autres acides, sels, etc., qui se combinent directement avec l'essence de térébenthine ou convertissent ce corps en modifications isomériques ou polymériques, sera étudiée plus loin.

— Combinaisons de I essence de térébenthine avec les acides chlorhydrique , broinbydrique et iodhydrique. CHLORHYDRA- TES. Les térébenthènes soumis à l'action du gaz acide chlorhydrique donnent un mélange de deuxmonochlorhydratesC10H16HCl, l'un liquide et l'autre cristallisable. Lorsqu'on les abandonne pendant longtemps en contact avec de l'acide chlorhydiique fumant, ou lorsqu'on sature leur solution éthérée d'acide chlorhydrique gazeux, qu'on ajoute ensuite de l'eau et qu'on expose le liquide à l'air, il se produit un dichlorhydrate cristallisable C10H16,2HC1. Quelquefois il se forme aussi des composés instables de plusieurs chlorhydrates réunis. Les chlorhydrates prennent également naissance par l'action de l'acide chlorhydrique sur les hydrates d'essence do térébenthine, et par celle des chlorures de phosphore sur la terpine et sur l'hydrate de terpine.

Les monochlorhydrates sont optiquement actifs; ils dévient à gauche ou à droite le plan de polarisation de la lumière suivant l'essence don i ils proviennent. C'est ainsi que, . pour le monochlorhydrate solide de térébenthène, [a] = — 32°2, tandis que, pour celui qui dérive de l'australéne, [a] = -f- 110,7. Le dichlorhydrate est inactif.

Les diverses variétés d'essence de térébenthine, outre qu'elles ont les térébenthènes pour principal constituant, réagissent sur l'acide chlorhydrique, comme nous venons de le dire. Il en résulte qu'un grand nombre de données qui ont été publiées relativement aux. chlorhydrates d'essence de térébenthine ont été obtenues avec des produits obtenus au moyen d'essences dont l'origine n'est pas connue.

— Monochlorhydrate solide C1°H16,HC1. Ce composé, improprement appelé camphre artificiel, a été découvert par Klein en 1803. Pour le préparer, on sature de l'essence de térébenthine rectiliée par un courant d'acide chlorhydrique gazeux sec, on abandonne le liquide au refroidissement, on comprime les cristaux qui se séparent au bout de quelques heures pour les débarrasser du chlorhydrate liquide, et on les fait reoristalliser dans l'alcool chaud, ou encore on les précipite par l'eau de leur solution alcoolique. Il forme des cristaux blancs ou des flocons cristallins. Par sublimation lente, on peut l'obtenir en touffes d'aiguilles ou en iainelles brillantes. Il ressemble an camphre commun par son aspect et sou odeur et se sublime facilement aux températures ordinaires. Il fond à 115° et bout avec décomposition partielle à 165°. Il est insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool (surtout à la température de l'ébuliition) et.dans l'essence de térébenthine. Auxtempératuresordinaires, il est très-stable et n'abandonne pas de chlore, môme aux sels d'urgent; mais a chaud, vers la température de 160", l'eau et l'alcool lui font subir une décomposition, incomplète il est vrai. Le monoehlorhyilrate solide se décompose aussi lorsqu'on le chauffe avec des sels; mais la décomposition exige alors une température plus élevée. Le produit est toujours, dans ce cas, un hydrocarbure de la formule G'10H16, tel que le campliène, le camphène inactif ou l'auslracaraphène. Tous les camphènes sont solides et cristallisubles et sont susceptibles de se convertir en camphre par l'oxydation directe.

— Monochlorhydrate liquide C1»H16,HC1.

Syn. Chlorhydrate de térébène. Ce corps se produit, en même temps que le monochlorhydrate solide, par l'action du gaz acide chlorhydrique sur l'essence de térébenthine. La proportion qu'on en obtient est d'autant plus considérable qu'on opère à une température plus élevée. Pour le purifier, on le refroidit à — 10°, après l'avoir séparé par décantation du chlorhydrate solide, afin d'enlever ce qui pouvait rester encore en solutiou de ce dernier à des températures moins basses. On chauffe ensuite pendant quelque temps au bain-marie, on traite le produit par la chaux,

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on le dissout dans deux fois son volume d'alcool, on le décolore par le noir animal, on le précipite par l'eau et on le dessèche sur du chlorure de calcium fondu. C'est une huile incolore, optiquement active, de 1,017 de densité. Il se décompose lorsqu'on le chauffe avec les sels ou les bases; mais l'hydrocarbure

C1°H16, qui résulte de cette décomposition et qui a reçu le nom de camphilène, n'a pas été attentivement examiné ; on sait seulement qu'il est liquide. Par distillation sur de la chaux vive, le chlorhydrate liquide d'essence de térébenthine donne un hydrocarbure nommé térébilène.

— Dichlorhydrate C10H16(HC1)«. On donne naissance à ce corps en abandonnant pendant longtemps de l'essence de térébenthine en contact avec 'de l'acide chlorhydrique trèsconcentré ; il se produit encore lorsqu'on soumet la terpine, la terpine hydratée ou le terpinole à l'action de l'acide chlorhydrique gazeux ou du même acide en solution aqueuse fumante ; il se produit enfin, d'après M. Oppenheim , quand on traite la terpine par le

fierchlorure de phosphore. Lorsqu'une soution d'essence de térébenthine dans l'alcool, l'éther ou l'acide acétique est saturée par de l'acide chlorhydrique gazeux, il se forme des composés très-peu stables de dichlorhydrate et de monocblorhydrate solide ou liquide. En a joutant de l'eau à ces liqueurs et les abandonnant ensuite pendant un certain temps au contact de l'air, on obtient des cristaux de dichlorhydrate. Ce corps se présente en tables rhombiques, insolubles dans l'eau, facilement solubles dans l'alcool bouillant. L'eau bouillante et l'alcool bouillant le décomposent facilement. La potasse alcoolique bouillante le détruit rapidement et le transforme en terpinole. Les réactifs faibles, comme le stéarate de soude, lui enlèvent 2HC1 et le transforment en un hydrocarbure liquide C10H«, le terpilène.

— BROMHYDRATKS D 'ESSENCE DE TÉRÉBEN- THINE. L'acide bromhydrique agit sur l'essence de térébenthine de la mémo manière que l'acide chlorhj'drique, en formant un monobromhydrate cristallisable et un monobromhydrate liquide C'0H16,HBr. En outre on obtient un dibromhydrate, C1<>H16,2.HBr, fusible à 42», en traitant l'essence de térébenthine par le pentabromure de phosphore. Lorsqu'on dirige un courant d'acide bromhydrique à travers une solution d'essence de térébenthine dans l'acide acétique, il se forme un composé liquide des deux broinhydrates

C«Hl6,HBrJCK>H",iHBr.

Exposé à l'air, ce dernier donne des cristaux de dibromhydrate.

— lODHYDUATES D'ESSENCE DE TÉRÉBEN- THINE. L'acide iodhydrique gazeux, en agissant Sur l'essence de térébenthine, ne paraît donner naissance à aucun composé solide. Le produit, qui est liquide et facilement décomposante, paraît être un mélange de deux iodhydrates, dont l'un correspondrait au monochlorhydrate solide, et dont l'autre correspondrait au monochlorhydrate liquide. La terpine, traitée par l'iodure de. phosphore

(PhlSouPhlSS), donne un diiodhydrate instable C'OHUîHI, qui cristallise, au sein d'une solution éthérée, en tables hexagonales incolores qui fondent à la température de 48°.

— Hydrates d'essence de térébenthine.

Les térébenthènes s'unissent avec l'eau en diverses proportions en donnant les composés suivants :

CK>H'6,3rlSO C10H1«,2H20

Hydrate de terpine. Terpine.

Monohydrate. Hémihydrate (terpinole).

— Hydrate de terpine C>0H16,3H2O. Syn.

Camphre de térébenthine, Trihydrate d'essence de térébenthine. Ce corps se dépose fréquemment en cristaux sur les parois des vases qui renferment de l'essence de térébenthine humide. La présence d'un acide favorise sa production. Généralement, pour le préparer, on mélange .8 volumes d'essence de térébenthine avec 2 volumes d'acide azotique et de 1 à 6 volumes d'alcool, et ''on agite fréquemment le mélange pendant les premiers jours; après quoi on l'abandonne dans des vases peu profonds (des assiettes)' pendant des semaines. Il se dépose alors des cristaux bruns qu'il faut presser, puis faire recristalliser dans l'eau bouillante, après avoir décoloré la solution par le charbon animal. Il existe aussi un isomère liquide de ce corps. L'hydrate de terpine solide cristallise ordinairement en gros prismes rhombiques. Il se dissout difficilement dans l'eau froide, facilement dans l'eau bouillante. L'alcool et l'éther le dissolvent également avec facilité. A 100°, il fond, perd son eau de cristallisation et se convertit en terpine. Il se transforme aussi en terpine lorsqu'on l'abandonne sous une cloche sur un vase plein d'acide sulfurique.

— Terpine C1°H16,2H20. Ce corps, préparé par l'action de la chaleur sur l'hydrate précédent, fond à 103° et se prend en masse cristalline par le refroidissement. A 150° environ la terpine se sublime en aiguilles déliées. Elle se dissout dans l'acide sulfurique con-

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i centré, qu'elle colore en rouge, et se convertit alors en essence as térébenthine. La même

j déshydratation se produit lorsqu'on fait bouillir la terpine avec des acides étendus, lorsqu'on la chauffe, avec du chlorure de zinc, à 100", ou à 160°- 180° avec du chlorure de calcium, de strontium ou d'ammonium. La terpine, ou l'hydrate de terpine, soumise à l'action de l'acide chlorhydrique, soit aqueux, soit gazeux, ou à l'action des chlorures de phosphore, se convertit en dichlorhydrate cristallisé C1°HM,£HC1. Distillée avec de l'anhydride phosphorique, la terpine donne du térébène et du colophène. Lorsqu'on fait passer des vapeurs de terpine sur de la chaux iodée chauffée à 400°, il se produit de l'acide térébentilique. Chauffée avec l'acide acétique, l'acide butyrique ou le chlorure de benzoïle, la terpine donne du térébène et des polytèrébènes. Lorsqu'on la maintient à 140° avec de l'anhydride acétique, en ne prolongeant pas beaucoup l'opération, il se forme un composé Cl<>Hl6,C2H*02,H20,que M. Oppenheim envisage comme un éther monoacétique de la terpine considérée comme un alcool diatomique, et qu'il écrit

TERE

(Ci°Hl8)"jOCSH30,

|OH

la terpine étant

(Ci0HU)"|gg-

Cet éther acétique bout entre 140° et 150°, sous une pression de 0m,02 de mercure.

— Monohydrate de térébenthine

Syn. Camphre de térébenthine liquide. Ce composé s'obtient quelquefois secondairement dans la préparation de la terpine, et quelquefois même il se forme comme produit unique. Le meilleur moyen pour le préparer consiste à enfermer le mélange d'essence de térébenthine, d'alcool et d'acide azotique dans un appareil parfaitement clos, et à agiter le mélange d'une manière à peu près continue, pendant quelques semaines, en l'attachant sur les côtés du volant d'une machine à vapeur. C'est un liquide insoluble dans l'eau, qui bout, sans décomposition apparente, entre 200° et 220°, et qui, en présence de l'eau, paraît se convertir, dans certaines circoustanees non exactement connues, en terpine. Il est actif optiquement, et son pouvoir rotatoire moléculaire [a] = 42°, 4; traité par l'acide chlorhydrique, il donne un dichlorhydrate cristallisable C«»HW,2HCI.

— Terpinole (CK>Hl6)2HïO = C*0HS2H2O.

Syn. Hémihydrate de térébenthine. Le terpinole prend nuissance lorsqu'on fait bouillir ou qu'on distille la terpine avec de l'acide chlorhydrique ou avec de l'acide sulfurique étendu, on encore lorsqu'on fait bouillir le dichlorhydrate d'essence de térébenthine avec de l'eau, de l'alcool ou une solution alcoolique de potasse. C'est une huile incolore,

, très-réfringente, d'une agréable odeur d'hyacinthe, peu soluble dans l'eau, optiquement inactive. Sa densité est de 0,832. Il bout à 168° environ, mais se décompose alors en partie et d'une manière telle que les premières portions qui distillent renferment moins d'oxygène que les dernières. Avec l'acide chlorhydrique, le terpinole donne du dichlorhydrate cristallisable Ci0Hl«,2HCl.et il peut se convertir de nouveau en terpine en absorbant les éléments de l'eau. Il existe un sous-chlorhydrate, un sous-bromhydrato et un sous-iodhydrate (ClOHtB)ïHCl, etc., qui correspondent au terpinole et qui se produisent lorsqu'on fait agir les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique, non plus sur l'essence de térébenthine, mais sur la modification inactive de cette essence connue sous le nom de térébène et qui résulte de l'action de l'acide sulfurique.

— Résumé théorique des dérivé» bromes, chlorés, Iodés ou oxygéné* de l'essence do

térébenthine. 'L'hydrocarbure C10H1B est tétratomique. Il peut donc s'unir a 4 atonies monoatomiques, c'est-à-dire à 2 molécules d'acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique; de là, le dichlorhydrate, le dibromhydrate et le diiodhydrate. Mais, comme qui peut le plus peut le moins, il peut aussi no se combiner qu'à une seule molécule de ces acides, c'est-à-dire à 2 atomes monoatomiques; de là, le monochlorhydrate, le monobrombydrate et le raonoiodliydrate.

En se doublant, le radical CUO18 tétratomique perd, à la manière de tous les radicaux polyatomiques, une partie de sa capacité de saturation et forme l'hydrocarbure C20H32, qui est hexatomique. Cet hydrocarbure est le radical du chlorhydrate et du bromhydrate intermédiaire C»fl3i ,3HC1 et C20H32,3HBr.

En sa qualité d'hexatomique, l'hydrocarbure C2°H3Ï devrait pouvoir produire des composés non saturés avec 4 ou 2 atomes monoatomiques. Les composés renfermant quatre radicaux monoatoniiques, sont encore inconnus. Mais on connaît ceux qui renferment deux de ces radicaux seulement; ce sont : le sous-chlorhydrate, le sous-bromhydrate et le sous-iodhydrate,

C20HS2,HCl,C»>H3îHBr, etc.

Si maintenant, dans les divers chlorhydrates, on remplace chaque atome de chlorure par le résidu OH, on aura les formules des divers hydrates que nous avons signalés; on obtiendra en outre la formule d'un hydrate encore inconnu, qui correspondrait au chlorhydrate intermédiaire.

Nous donnons ci-après le tableau des divers dérivés de l'essence de térébenthine, d'après la théorie que nous venons d'esquisser. Les corps qui existent sous les deux modifications solide et liquide sont indiqués par les lettres grecques o et p dont leur formule est suivie.

HYDROCARBURES C10lvH16(aif).

Composés non saturés.

ClOH'TCl, Œ8 Monochlorhydrate.

ClOHHBr, «3 Monobromûydrate.

Cl°H"I, 0î Monoiodhydraie.

CMH130 ' Monohydratc.

Composés saturés.

CtOHISClî, al

Dichlorhydrate.

ClOIltSBrS, v$ Dibromhydrate.

C10H18I2 Diiodhydratp

C10Il-~A>. .0 C10IIl!>(C2H3O)OS Dihydrate, terpine et son éther acétique.

Composés non saturés.

C20H3nci

Sous-chlorhydrato.

C20H33Br Sous-bromhyàrate,

Sous-iodhy'drale.

C20H34O Terpinole.

— Transformations moléculaires de l'essence de lérébcnlbino. I. TRANSFORMATION

PAR la chaleur. Le térébenthène, lorsqu'il u été distillé avec soin, peut être distillé et même chauffé considérablement au-dessus de son point d'ébullition sans s'altérer ; mais, vers 250°, il commence à subir une modification : son point d'ébullition s'élève, son pouvoir rotatoire diminue et le produit commence à être plus oxydable à l'air. Cette modification s'opère d'autant plus facilement que la température est plus élevée. Le produit consiste en une ou plusieurs modifications isomériques ou polymériques du térébenthène. La modification isomérique a reçu le nom de térépyrolène; elle ressemble étroitement à l'austrapyrolène, mais elle n'a pas été'particulièreinent examinée. Parmi les modifications polymériques, le produit principal est Je métatérébenthène C29H32. C'est un liquide jaunâtre, visqueux, bouillant aux environs de 360° et d'une densité de

hydrocarbures C20H32TI.

Composés saturés.

C20H35C13 Chlorhydrate intermédiaire.

C20H35Br3 Bromhydrate intermédiaire.

C20H38Q3 Hydrate intermédiaire*

(Inconnu.)

0,913. Il donne, avec l'acide chlorhy'drique, le sous-chlorhydrate liquide CSûHSa.HCl. Le térépyrolène est encore appelé isotèrébenthène ji, pour le distinguer de l'isotérébenthène a, dérivé de l'essence anglaise. L'australéne, chauffé pendant quelques heures à 250° , se convertit en une modification qui a. reçu le nom d'austrapyrolène ou d'tsotérébenthène a, volatil à 177», d'une densité de 0,847 et d'un pouvoir rotatoire spécifique égal k — uo.

L'austrapyrolène présente une odeur d'essence de citron; il est plus facilement oxydable que l'australéne et il forme un chlorhydrate solide C«>H32,3HU1, dont le pouvoir rotatoire spécifique est de — 14", 6. Si l'on continue à faire agir la chaleur sur l'austrapyrolène, ce corps se transforme en un polymère, le métaustratérébenthène, qui est très-semblable au inétatérébenthène. Le métaustratérébenthène a une densité de 0,91 et il bout à 366« environ, Son pouvoir routoiro

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moléculaire est plus faible que celui de l'australène, et il est de signe opposé.

— II. Transformations qui s'opèrent sous l'influence pus réactifs. Beaucoup de substances possèdent la faculté de convertir le térébenthène en modifications isomériques ou polymériques. Quelques-unes agissent à la température ordinaire; d'autres n'exercent leur action qu'avec l'aide de la chaleur. La plupart produisent la transformation trèsrapidement: il en est quelques-unes cependant qui ne la déterminent qu avec lenteur et jamais d'une manière complète. Dans certains eus, il suffit d'une très-pelite quantité de réactif pour produire une transformation complète; mais le plus souvent il en faut une assez grande quantité. L'agent le plus énergique est lo fluorure de bore dont 1 partie convertit immédiatement, avec grande élévation de température, 160 parties àe térébenthène en modifications polymériques inactives bouillant au-dessus de 300».

L'acide sulfurique agit aussi k froid, mais moins énergiquement que le fluorure de boçe : 1 partie de cet acide convertit 4 parties de térébenthène en un mélange d'une modification isoinérique et d'une modification polyînérique.

Les acides minéraux faibles, tels que l'acide borique et les ueides organiques, comme les acides acétique, oxalique, tartrique et citrique, agissent sur le térébenthène, mais seulement à 100». Leur action est très-lente et n'est jamais complète, même après 50 ou 60 heures. Le chlorure de zinc à 100° agit de la même manière.

Le fluorure et le chlorure da calcium, et même les chlorures de métaux alcalins, agissent aussi de la même manière, mais avec encore moins d'énergie. Toutefois, la transformation s'opère plus facilement en présence de ces substances qu'au moyen de la chaleur seule. Leur action, quoique faible, n'est pas douteuse. Les produits de ces transformations sont les mêmes dans tous les cas. Ce sont : le térébène, le ditérébène et plusieurs polytérébènes.

a+Tërèbèiie. C'est une modification isoinérique du térébenthène et de l'australène. Le meilleur moyen de préparation de cette substance consiste à faire agir l'acide sulfurique concentré sur l'un ou l'autre de ces hydrocarbures, ou même directement sur l'essence de térébenthine. On mêle cette essence avec 1/20 de son poids d'acide sulfurique concentré, on abandonne le liquide k lui-même pendant 24 heures, on décante ensuite la couche huileuse et on la distille, en soumettant de nouveau le produit de la distillation à l'action de l'acide sulfurique concentré jusqu'à ce qu'il n'ait plus aucune action sur la lumière polarisée. On le lave ensuite à l'eau aiguisée de carbonate de soude, on le dessèche sur du chlorure de calcium et on le rectifie pour le purifier. Le térébène est liquide; son odeur rappelle celle de l'essence de thym; sa densité est de 0,864 ; il bout k 156°; il est optiquement inactif. Avec l'acide chlorhydrique, il forme un composé liquide (CSOHlSjSjHCl, et il donne des composés analogues avec l'acide bromhydrique et l'acide iodhydrique. Ce sont les composés que nous avons indiqués dans le tableau ci-dessus, sous les noms de sous- chlorhydrate, sousbromhydrate, sous-iodhydrate. Par la distillation plusieurs fois répétée sur H2SO\ le térébène perd Hs et donne du cymène C10!!1*, en même temps que des polymères.

$-Sesquitérébène C15H24. C'est un hydrocarbure liquide et inactif qu'on obtient en même temps que le térébène, dont on le sépare par le moyen de la distillation fractionnée. 11 bout à 250°. Sa formule n'est pas encore absolument sûre, parce que sa densité de vapeur n'a pas été prise; mais son point d'ébullition la rend au moins très-probable, sinon certaine.

ï- Ditérébène C20H32. Syn. Métatérébène, colophène. Ce corps se produit en même temps que le térébène dans l'action du fluorure de bore ou de l'acide sulfurique sur l'essence de térébenthine. C'est une huile d'une odeur aromatique, d'une iridescence bleue, optiquement inactive et d'une densité de 0,94. Il bout entre 310<> et 315»; le point d'ébullition est assez éloigné de ceux du térébène, et même du sesquitérébène, pour qu'on puisse le séparer de ces corps par la distillation. Le ditérébène absorbe l'acide chlorhydrique, mais ne paraît pas former avec lui de composés définis. Le chlore le convertit en une masse résineuse, d'où l'alcool extrait un composé cristallisable en aiguilles jaunes et qui consiste probablement en un produit CïOHfflCl*.

Au-dessus de 315», on obtient encore des liquides dont le point d'ébullition est de plus en plus élevé. Ces liquides, tous inactifs, d'une viscosité qui va toujours en augmentant, sont évidemment des polytérébènes (C'OHiB)" plus condensés que le colophène, et que leur point d'ébullition trop élevé ne permet pas de séparer les uns des autres.

— III. Transformations qui s'opèrent en

CONVERTISSANT L'ESSENCE DE TEREBENTHINE EN CHLORHYDRATES OU EN HYDRATES ET EN RÉGÉNÉRANT LES HYDROCARBURES DE CES DER- NIERS composés. Les monochlorhydiaies solides d'essence de térébenthine , soumis k l'action d'agents très-faibles, donnent des

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hydrocarbures de la formule C1(W>, solides eux-mêmes et cristallisables, que M. Berthelot, qui les a découverts, désigne sous le nom de camphènes. Les camphènes actuellement connus sont les suivants :

n-térécamphène. Pour le préparer, on se procure d'abord le monochlorhydrate solide de l'essence de térébenthine française et on le chauffe pendant longtemps entre 200° et 220°, avec du stéarate de potassium ou du savon sec. Le produit, purifié par cristallisation dans l'alcool, est solide et cristallisable. Son aspect est celui du camphre. Il fond à 45° et bout aux environs de 160°. Son pouvoir rotatoire spécifique [a] = — 65". Il ne forme qu'un seul composé avec l'acide chlorhydrique, le monochlorhydrate solide dont il provient et dont le pouvoir rotatoire spécinque est alors de + 32», c'est-à-dire égal, mais de signe opposé, k eelui du chlorhydrate obtenu directement au moyen de l'essence. Le camphène est donc un hydrocarbure diatomique et exclusivement diatomique. Soumis à l'influence des agents oxydants, il prend un atome d'oxygène et se convertit en camphre des laurinées, comme M. Berthelot l'a le premier entrevu et comme M. Ribau l'a définitivement démontré par des expériences récentes.

$-anstracampAène. On l'obtient par une méthode identique à celle qui fournit le térécamphène; seulement, au lieu de partir de l'essence française, on part de l'essence anglaise. L'austracamphène ressemble au térécamphène par toutes ses propriétés. Il n'en diffère que par son pouvoir rotatoire spécifique, qui est de +220.111 forme un monochiorhydrute solide, dont le pouvoir rotatoire spécifique égale — 5°.

j-camphène inactif. C'est un hydrocarbure solide, qui prend naissance lorsqu'on traite l'essence de térébenthine comme nous l'avons décrit, en remplaçant le stéarate de potassium par le stéarate de baryum, ou mieux, par le benzoatu de sodium. 11 ressemble beaucoup au térécamphène et à l'austracamphène, dont il se distingue uniquement par son absence totale de pouvoir rotatoire. 11 forme un monochlorhydrate solide et inactif.

— Camphilène. M.Berthelota donné ce nom à un hydrocarbure non encore examiné, qui prend naissance dans la réaction du stéarate de potassium ou d'autres réactifs peu énergiques sur le monohydrate liquide de térébenthène. Le même nom a été également appliqué k un hydrocarbure {encore nommé dadyle) qui se forme lorsqu'on distille le monochlorhydrate solide d'essence de térébenthine, k plusieurs reprises, avec de la chaux, ou qu'on fait passer ce chlorhydrate en vapeur sur de la chaux maintenue entre 190° et 1950. Ce corps, qui est évidemment un produit de décomposition du camphène, est un liquide limpide, aromatique, bouillant k 156°, d'une densité de 0,87, et qui n'exerce aucune action sur la lumière polarisée. D'après Laurent, il forme, avec le chlorure, le composé CwH'st'l,HCl qui, sous l'influence de la potasse alcoolique, donne le chlorocamphilèiie C^ÛH15C1. Ce dernier composé s'unit k son tour au chlore, en donnant le dérivé Cl0fI'*C12,HCl. Le camphilène réagit donc sur le chlore comme l'éthylène.

— Terpilène. C'est un hydrocarbure inactif qui se produit par l'action des réactifs faibles sur le chlorhydrate solide

CiOHi6,2l!Cl.

On se sert du stéarate de soude pour opérer la décomposition. Par l'acide chlorhydrique, il reproduit le biohlorhydrate.

— Térébilène. C'est un hydrocarbure solide qu'on obtient en distillant le monochlorhydrate liquide d'essence de térébenthine sur de la chaux ou du potassium, ou encore en distillant l'iodhydrate correspondant avec de la potasse. Il a une odeur qui rappello le térébène et il est optiquement inactif. Sa densité égale 0,843. Son point d'ébullition égale

Pour compléter l'élude de ces modifications isomériques, v. le mot tétratérében-

TDËNE.

— Produits de substitution île I essence de «ércljcutUinc. Le chlore forme avec l'essence de térébenthine un liquide d'une odeur camphrée qui dévie vers la droite le plan de polarisation de la lumière, même lorsqu'on s'est servi de l'essence lévogyre pour le préparer. Il parait être un mélange d'essence de térébenthine tétrachlorée et de tétrachlorotérébène.

Lorsqu'on fait passer du chlore sur du monochlorhydrate solide d'essence de térébenthine, il se forme uiî liquide jaune qui répond à la formule CWlI^Ul'^HCl et qui se résout facilement en acide chlorhydrique et en essence de térébenthine tétrachiorée

ClOHlïCl*.

Ce dernier composé est cristallin, fond entre 110° et 115° et se décompose à une température plus élevée. On peut le considérer comme dérivant du camphène. I1 est optiquement inactif. On peut aussi obtenir des produits de substitution chlorée en partant du térébène, et particulièrement le tétrachlorotérébène.

Le brome agit également' sur l'essence de térébenthine et sur le térébène en formant

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surtout des produits tétrabromés. M. Ribau, en traitant par le brome, à froid, le térépyrolène ou isotérébenlhène p, qu'il a isolé a l'état da pureté, et qui dérive, par l'action de la chaleur, sur l'essence française lévogyre, a obtenu un bibromure C10H16Br2. Soumis k l'influence d'une température élevée, ce corps perdzHBretse convertit en cymène C°H1*.

Pour que la combinaison du p-isotérébenthène et du brome se fasse bien, il faut non-seulement refroidir, mais encore dissoudre les deux corps séparément dans du sulfure de carbone, placer dans le mélange réfrigérant la solution sulfocarbonique du p-isotéiébenthène et y verser peu à peu la solution du brome.

— Appendice à l'essence de térébenthine.

Transformation des camphènes en camphre. M. Berthelot, après avoir découvert ces beaux hydrocarbures solides qu'il a désignés sous le nom de camphènes, a reconnu que « le cnmphène oxydé sous l'influence du noir de platine, se métamorphose en une matière volatile et cristalline, douée de l'odeur et de l'aspect du camphre ordinaire et probablement identique avec lui. » Plus tard, il signalait ce fait que « le camphène cristallisé peut être changé en camphre par l'acide chromique pur

Cî0Hl«-j-OS = C20HI6O2(O = 8H=l)

plus aisément que par le noir de platine. » Mais Al. Berthelot ne faisait pas de cette transformation une étude approfondie, et c'est k M. Ribau qu'est due la méthode k l'aide de laquelle la production du camphre au moyen du camphène peut aujourd'hui être réalisée sur une très-grande échelle. M. Ribau a opéré sur le camphre aclif lévogyre, en se servant du mélange classique de bichromate de potasse et d acide sulfurique. Il a eu soin, toutefois, de n'employer qu'une quantité d'acide sulfurique insuffisante pour neutraliser les bases naissant dans la réaction, afin d'éviter que l'excès d'acide ne modifiât isomèriquement les hydrocarbures.

Voici comment il conduit-l'opération :

Dans une fiola spacieuse, surmontée d'un tube long et large, il chauffe 100 parties de camphène lévogyre avec un mélange de 570 grammes de dichromate potassique, 700 grammes d'acide sulfurique du commerce et 1,420 grammes d'eau. L'oxydation s'effectue sans violence ; le camphène se sublime et reflue sans cesse k l'état liquide k la surface du bain oxydant. Au bout de quelques heures, on voit apparaître sur les parties les moins chaudes de l'appareil une cristallisation de camphre, dont la proportion augmente sans cesse, ce corps, infusible à 100°, ne pouvant plus fondre et refluer sous l'influence de la vapeur dU .bain. Au bout de quinze à seize heures, l'opération peut être considérée comme terminée. On fait alors passer dans la fiole un courant de vapeur d'eau, avec laquelle le camphre distille. On le recueille, on le lave avec une solution faiblement alcaline, on le comprime et on le soumet k une série de distillations fractionnées, en recueillant chaque fois les parties qui restent dans la cornue au-dessus de 205°. Le camphène non oxydé se concentre dans les portions moins volatiles. Les résidus de la distillation, sublimés avec de la chaux, constituent le camphre. S'il renfermait encore des traces de Qamphène, on le soumettrait k une sublimation fractionnée h 100°, en rejetant la première partie où se trouverait accumulé le carbure. S'il renferme des traces de corps huileux supérieurs au point d'ébullition du camphre formé, on l'en débarrasse en dissolvnit ce dernier dans un mélange, à volumes égaux, d'acide azotique fumant et d'acide ordinaire, précipitant ensuite par l'eau et sublimant k 100° avec de la chaux! Le camphre ainsi obtenu possède la composition, l'odeur et- l'aspect du camphre ordinaire; il fond k 1720; les auteurs donnent 175° pour le camphre; son pouvoir rotatoire lévogyre, comme celui du camphène dont il dérive,, est de [a] = — 130, sa; en solution alcoolique à 16 pour 100 de matière, ce pouvoir devient [ajj = — 16°, 4. Cette rotation est en sens inverse de celle du camphre des laurinées et de même sens que celle du camphre de matricaire, mais d'une intensité moindre, ce qui n'a pas lieu de surprendre, l'oxydation ayant été réalisée dans un milieu acide.

Le sens de la déviation du camphre synthétique présente un certain intérêt. M. Berthelot a montré que l'addition de HCL à la molécule du camphène lévogyre produit un chlorhydrate dextrogyre. On aurait pu penser que l'addition de O à cette même molécule déterminerait un semblable changement de signe; il n'en est rien, et les expériences qui précèdent nous montrent que le camphre de synthèse dévie dans le même sens que le camphène générateur. Ceci nous indique que, pour obtenir un camphre déviant dans le même sens que celui des laurinées, il faudrait partir du camphène dextrogyre dérivé de l'essence de térébenthine anglaise.

Outre le camphre, il se forme dans l'oxydation du camphène quelques produits, accessoires, parmi lesquels M. Ribau a noté l'acide acétique et .probablement aussi l'acide butyrique.

— Acide camphorique de synthèse. En chauffant le camphre de synthèse avec de l'acide azotique à 30» Baume, suivant la mé-

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thode employée pour la préparation de l'acide camphorique, au moyen du camphre ordinaire. M. Ribau a transformé son produit en acide camphorique synthétique. Ce produit est assez difficile à purifier, surtout lorsqu'on opère sur des masses un peu considérables de substance. Le meilleur moyen de purification consiste k convertir, par la distillation sèche, l'acide en anhydride camphorique, puis k régénérer l'acide en faisant bouillir l'anhydride avec une solution légèrement alcaline et en précipitant ensuite par l'acide azotique. En solution alcoolique à 14 pour 100 de matière, cet acide camphorique possède un pouvoir rotatoire moléculaire égal à — 60,5. Son point de fusion est situé entre 1970 et 198°. Celui de l'acide dérivé du camphre des laurinées est situé k 187* seulement. Cette différence tient-elle k des impuretés ou k une isomécie déjà, manifestée par la différence de pouvoir rotatoire?

— Transformation inverse du camphre EN camphène. Pour transformer le camphre des laurinées en camphène, M. Ribau convertit d'abord le camphre en bornéol. par la méthode de Baubigny, qui consiste k former, par l'action du sodium sur le camphre, un mélange de camphre sodé et de bornéol sodé quo l'on sépara ensuite en les combinant k l'acide carbonique et en se basant sur la stabilité des camphocarbonates et sur l'instabilité des bornéocaibonates.

On convertit ensuite le bornéol en bornéol chlorhydrique C10H"C1 en le chauffant k 100° avec huit ou dix fois son poids d'acide chlorhydrique fumant, et pendant dix ou douze heures, dans des tubes scellés et posés horizontalement pour augmenter la surface d'action. Après refroidissement, on ouvre les tubes, on en lave le produit solide sur un entonnoir avec un peu d'eau, on le comprime fortement entre plusieurs doubles de papier Joseph et on le purifie par une cristallisation dans l'alcool absolu k une basse température et par une sublimation dans le gaz chlorhydrique. Le produit obtenu par M. Ribau était inactif, bien que provenant d'un bornéol actif; mais cela s'explique, puisqu'on sait quo les acides énergiques détruisent le pouvoir rotatoire des composés organiques.

Le bornéol chlorhydrique est attaquable par l'eau, légèrement k froid, et plus complètement k chaud; mais cette décomposition toujours incomplète ne peut pas servir de mode de préparation pour le camphène. Pour obtenir le camphène (bornéocamphène) en grande quantité au moyen du bornéol chlorhydrique, M. Ribau a eu recours à la décomposition en vase clos par la potasse alcoolique.

Il chauffe l'éther chlorhydrique du bornéol k 180° durant soixante-dix heures environ, avec un excès de ce réactif, dans fin autoclave en cuivre. Au bout de ce temps, le produit étendu d'eau laisse précipiter le bornéocamphène, qu'on lave et qu'on chauffe ensuite au bain-marie pour le séparer de la majeure partie de l'eau qui l'imprègne. Le camphène liquéfié vient surnager. On lo transvase dans une cornue et on le soumet à la distillation fractionnée, afin d'éliminer do peiites quantités de corps huileux moins volatils que le carbure. Enfin on comprime ce dernier et on le purifie par une cristallisation dans l'alcool.

Le bornéocamphène cristallisé fond à + 480 et bout à 1570, caractères qui le confondent avec ceux des autres camphènes.

Son pouvoir rotatoire est nul comme celui de 1 éthor chlorhydrique dont il provient. Traité par l'acide chlorhydrique, le bornéocamphène fournit un monochlorhydrate

C10H16HC1, qu'on obtient pur en le sublimant dans l'acide chlorhydrique gazeux. Ce chlorhydrate est probablement identique au bornéol chlorhydrique.

— Isomère de l'essence de térébenthine dérivé du bromure de rutylène. Il se forme un hydrocarbure isomère de l'essence de térébenthine par la décomposition au moyen de la potasse alcoolique, du bromure de rutylène dérivé du diamylène; les réactions sont les suivantes :

CBH10 -|- C»H10 = C10H20

imylènc. Amylène. IMamylène.

C10H20 + BrS = C«lliOBi'2

Diamylène, Brome. Bromure île

diamylène.

C10}]20Br2 + 2K01I

Bromure Potasse,

de diamylène.

= 2KBr -\- 2H«0 + C10R18 Bromuro Eau. Rutylène.

potassique.

CW1I18 + Br« = C<°II18Br2 Kutylene. Brome. Bromure

de rutylène.

Ct0O18Br2 -)- 2KOH Bromure Potasse,

de rutylène.

„ C10R16 4- 2H20 -i- îKtk Nouvel Eau. Bromure

hydrocarbure. potassique.

Le nouvel hydrocarbure est un liquide transparent, incolore dont la densité de vapeur égide 4,32 (théorie, 4,70). Il est d'une purification extrêmement difficile. I! présente une forte odeur de térébenthine, surtout lors-

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qu'on l'expose à l'air; il est inflammable et brûle avec une flamme éclairante et fuligineuse. Lorsqu'on y verse du brome goutte à goutte, à la température de — 17», les premières gouttes se combinent sans dégager d'acide Erombydrique; mais il pe tarde pas à se produire une violente réaction qui s'accompagne d'un abondant dégagement de cet acide. L'iode agit de même, mais avec une moindre énergie. L'acide azotique exerce une violente action oxydante sur cette substance et l'acide sulfurique la dissout en prenant une couleur brun foncé. L'acide chlorhydrique, soit liquide, soit gazeux, se combine à cet hydrocarbure à lu température ordinaire. On obtient ainsi un liquide qui, distillé, passe en partie entre 180<> et 200", en noircissant et en se décomposant; mais il passe aussi une portion de liquide vers 1 10U. Cette portion, incolore et d'une odeur ehlorhydrique, répond à peu près à la formule (t;lQHi«)^HCl du sous-chlorhydrate de térébène. D'après cette réaction, il y aurait lieu de considérer cet hydrocarbure comme très- voisin du. térébèneet peut-être identique avec lui.

Tawildarow a trouvé, dans les portions du goudron de houille qui bouillent entre 172» et 190», un hydrocarbure qui présente lu composition C9H14 d'un homologue inférieur de l'essence de térébenthine. Il lui a donné le nom de nonone, d'après la nomenclature de Hoffmann. Le brome agit sur le nonone en dégageant de l'acide bromhydrique avec formation d'un composé d'addition et de substitution C9Hl3Br3 = C»H'3Br,Bi2. V. tétraté-

RÉBÉNE.

— Essences isomères de l'essence de térébenthine. Les essences d'atluimanta, de bergamote, de boruéo, de bouleau, da camomille, de caoutchouc, de carvi, de citron, de coriandre, d'éiémi, de gaulthéria (hydrooarbonée), de genièvre, de girofle (hydrocarbonée), de gomart, de houblon, d'impératoire, de laurier, d'orange, de persil, de poivre, de Sabine, de tolu, do thym (hydrocarbonée), de valériane {hydrocarbonée), et d'autres encore présentent, comme l'essence de térébenthine, la formule C'CH16. Les essences de copahu et de cubèbe paraissent avoir une formule multiple de celle-ci, C20H32 probablement. La plupart de ces essences sont étudiées en détail aux mots qui les concernent ou au mot bsskncb.

TÉRÉBENTHIQUE adj. (té-ré-ban-ti-ke — rad. térébenthine). Ctiim. Se dit d'un acide qui prend naissance, d'après Weppen, dans 1 action de la litharge à chaud sur l'essence de térébenthine.

— Encycl. V. TÉRÉBENTHINE.

TÉRÉBILÈNE s. m. (té-ré bi-lè-ne — de térébenthine). Cliim. Hydrocarbure solide, qui se produit dans la distillation du monochlorhydrate d'essence de térébenthine avec de la chaux ou du potassium.

— Encycl. V. térébenthine.

TÉRÉBILIQUE ou TÉRÉBYLIQUE adj.

(té-ré-bi-li-ke — de térébenthine). Cliim. Syu

de TÉRÉBIQUE.

TÉRÉBINTHACÉ, ÉE adj. (té-ro-bain-tasé — rad. térébinthe). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au térébinthe.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre térébinthe ou pistachier.

— Encycl. -Les arbres ou arbrisseaux de la famille des lérébinthacées sont laiteux ou résineux, ayant des feuilles alternes, généralement composées, sans stipules; des fleurs hermaphrodites ou unisexuées, petites, généralement disposées en grappes; chacune d'elles présente un calice composé de trois à cinq sépales', quelquefois réunis ensemble à leur base ^une corolle qui manque quelquefois et se compose d'un nombre de pétales égal aux lobes du calice et régulière. Les étamines sont généralement en nombre égal, plus rarement double ou quadruple des pétales; dans le premier cas, elles alternent avec les pétales. Le pistil se compose de trois à cinq carpelles, tantôt distincts, tantôt plus ou moins soudés entre eux, environnés a leur base d'un disque périgyne- et annulaire ; quelquefois plusieurs carpelles avortent et il n'en reste qu un, duquel naissent plusieurs styles ; chaque carpelle est à une seule loge, contenant tantôt un ovule renversé, tantôt deux ovules renversés ou collatéraux. Les fruits sont secs ou drupacés, contenant généralement une seule graine ; celle-ci renferme un embryon dépourvu d'endosperme.

La famille des lérébinthacées se divise en cinq tribus, regardées comme des familles par plusieurs botanistes : I. Anacardiées ; un seul carpelle uniloculaire et monosperme; graine portée par un podosperme basilaire; radicule repliée sur les cotylédons épais. Genres : anacarde, semecarpe, manguier, pistachier. — IL Buséracées : fruit drupacé, contenant deux à cinq nucules; style simple; fleui's diplostémonées ; cotylédons chiffonnés. Genres : sumac, inollé, baumier, ieique,- binsere. — III. Amyridées ; fruit drupacé, contenant un seul noyau uniloculaire; stigmate sessile. Genre : amyris. — IV. Spondiacées : fruit drupacé; noyau pluriloculaire; fleurs diplostémonées; cotylédons plans. Genres:

spondias, poupartie. — Y. Coimaracées ." plusieurs carpelles, libres, déhiscents ; dix éta-

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mines monadelphes. Genres : connare, omphalobe, cnestis, brunellie.

Cette famille, très-voisine des légumineuses, fournit de nombreux proluits à la matière médicale, aux arts et à l'économie domestique.

TÉRÉBINTHE s. m. (té-ré-bain-te — latin terebinthus, grec terebinlhos. Comparez le grec erebinthos et l'ancien allem-aud aratoeiz, pois, qui représente exactement le sanscrit aravinda, lequel désigne le lotus et est composé de ara, rapide, et de vinda, qui gagne. La grande ressemblance des noms grecs erebinthos et terebinthus donne une grande probabilité à cette explication pour terebinlhos, • qui répondrait alors exactement au kourde dariban, même sens. Ce dernier nom, en effet, ne serait qu'une altération du sanscrit taravinda. Mais on pourrait aussi chercher dans le grec tere le sanscrit tara, arbre, et taravinda, le produit de l'arbre, aurait alors désigné la résine odorante tlu térébinthe). Bot. Espèce de pistachier, qui croît sur les bords de la Méditerranée : La petits maison était entourée d'un jardin rempli de mûriers, de térébintukS et d'olioiers. (Villem.)

Je lutte, mais en vain; mon sang rougit l'arène.

Au pied d'un lérêbintke on attache mes bras,

Et c'est là que, honteux, m'ont trouvé mes soldats,

M»' Ë. DE GlRAKDlN.

— Encycl. Le térébinthe ou pistachier sauvage est un arbre dont la tige, haute de 6 à 8 mètres, se divise en rameaux portant des feuilles alternes, pétiolées, imparipennées, glabres, luisantes, d'un vert foncé en dessus , vert blanchâtre en dessous. Les fleurs, dioïques, petites, d'un rouge pourpre, sont groupées en panicules terminales. Le fruit est un petit drupe sec, violet et presque globuleux. Cet arbre est répandu dans tout le pourtour du bassin méditerranéen et abonde surtout dans les îles de l'Archipel; il croît dans les lieux arides, les sols pierreux, sur les coteaux et même entre les rochers. Il exhale, surtout le soir, une odeur résineuse pénétrante. Le térébinthe était bien connu des anciens; Théophraste et Pline en parlent souv at.

On propage J térébinthe de graines, de boutures et de marcottes. Sous nos climats du Nord, le semis doit être fait sur couche et sous châssis, pour être repiqué en pots; d'ailleurs, il est délicat, et exige un terrain sec, graveleux et chaud ; il faut couvrir de feuilles son pied pendant l'hiver, ou bien tenir l'arbre en caisse, pour le rentrer en orangerie ou en serre tempérée. Dans le. Midi, il ne demande aucun soin. Comme il est dioïque, on greffe souvent un sexe sur l'autre, pour le rendre artificiellement monoïque et assurer ainsi la production des fruits et des graines. Le pôciole de ses feuilles est souvent piqué par une espèce de puceron ; il en résulte des galles vésiculeuses , rondes ou ovoïdes, vertes d'abord, puis rouges et enfin noirâtres; si on les laisse croître, elles s'allongent en forme de cornes et atteignent 0m,15 et plus de longueur; elles renferment un suc résineux très-limpide et très-odorant.

Le térépinthe produit une résine, connue sous le nom de térébenthine de Chio; elle s'écoule spontanément, pendant l'été, des fissures de l'écorce ; mais, pour l'obtenir en plus grande abondance, on pratique, au printemps, des incisions sur le tronc et les principales branches des arbres, quand ceux-ci ont 0ai,40 à 0m,50 de tour. Cette résine, d'abord liquide, d'un blanc verdâtre, s'épaissit au contact de l'air. On la recueille le matin, pendant tout l'été, avec une spatule, sur le tronc des arbres et sur des pierres plates placées exprès au pied de ces arbres, pour en recevoir le suc résineux, que l'on purifie après l'avoir rendu liquide; on le coule à travers de petits paniers exposés au soleil. Un grand arbre fournit au plus un demi-kilogramme de résine par an; aussi cette substance est-elle rare et d'un prix élevé ; on la sophistique souvent avec la térébenthine du mélèze.

La térébenthine de Chio est épaisse, nébuleuse, presque opaque, très-consistante, tantôt glutineuse, tantôt presque solide, d'un jaune verdâtre. A l'air libre, elle a une odeur assez faible; mais, renfermée dans un bocal, elle répand un parfum assez fort et agréable, qui rappelle celui du fenouil ou de la résine élémi. Sa. saveur est aromatique. Ses propriétés rappellent du reste celle du mastic. Elle est soluble dans l'éther et laisse dans l'alcool un résidu glutineux. Soumise à la distillation, elle donne en petite quantité une essence hydrocarbonée, analogue à celle des autres térébenthines et des matières résineuses solides jouant le rôle d'acides, lesquelles n'ont pas été étudiées.

Les Orientaux mâchent habituellement cette térébenthine cuite; ils la regardent comme propre à rendre l'haleine agréable, à blanchir et à consolider les dents et â exciter l'appétit. Déjà du temps d'Hippocrate , elle était employée en médecine; on l'a vantée comme résolutive, vulnéraire, tonique, diurétique, détersive, etc. Mais, malgré ses propriétés bien constatées, elle est fort peu usitée aujourd'hui, ce qui tient sans doute îi sa rareté et à la difficulté qu'on éprouve à se la procurer bien pure. Le bois de cet arbre est très- dur et fortement résineux; on le recherche pour l'ébèiiisterie. Son écorce , brune, lisse, épaisse, répand en brûlant une

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odeur agréable, qui la fait employer quelquefois en guise d'encens. Les fruits sont trèspetits et un peu astringents; on les mange néanmoins en Orient, et on les marine pour les conserver; leur amande a le goût de la pistache. Les galles renferment assez de tanin et pourraient servir à la préparation des peaux fines; on en retire aussi une matière colorante rouge, qu'on pourrait employer pour teindre en écarlate les étoffes de laine et de soie.

TÉRÉBINTHINÉ, ÉE adj. (té-ré-bain-liné — rad. térébinthe). Qui a l'aspect ou les propriétés de la térébenthine : Résine téké-

B1NTHIKÉE.

TÉRÉBINTHIMQUE adj. (té-ré-bain-tini-ke). Syn. de térkbique.

TÉRÉB1QUÉ adj. (té-ré-bi-ke — rad. tèrébène). Chiin. Se dit d'un acide qui se produit par l'action de l'acide azotique sur l'essence de térébenthine, et des éthers de cet acide.

— Encycl. Acide et éthers térébiques. V.

TÉRÉBATK.

TÉRÉBRA s. f. (té-ré-bra — du. lat. terebra, vis). Moil. Nom scientifique des vis, genre de mollusques.

TÉRÉBRAL, ALE adj. (té-ré-bral, a-le — du lat. Lerebra, vis). Moll. Qui est en forme de vis.

TÉRÉBRALIE s. f. (té-ré-bra-H — du lat. ierebra, vis). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des cérites.

TÉRÉBRANT, ANTE adj. (té-ré-bran, ante — du lat. ierebrans, qui perce avec une tarière). Qui perce, qui pratique des ouvertures.

— Pathol. Douleur térébrante, Douleur qui donne au malade le sentiment d'une vis qu'on ferait pénétrer dans ses tissus.

— Moll. Se dit de certains mollusques à coquille univalve, qui ont la faculté de percer les pierres.

— s. m. pi. Entom. Famille d'insectes hyménoptères, n Famille d'insectes thysanoptères.

— Encycl. Les hyménoptères térébrants contiennent, dans la petite tribu des gallicoles, le genre cynips, dont plusieurs espèces produisent les nombreuses galles du chêne. Ces insectes paraissent bossus, ayant la tète petite et le thorax élevé. Leur abdomen est séparé du corselet par un étranglement trèsprononcé; il est comprimé en carène â sa partie inférieure et tronqué obliquement a son extrémité. Il renferme, chez les femelles, une tarière formée d'une seule pièce longue et très-déliée, roulée en spirale à sa base et en partie logée entre deux valvules allongées, qui lui forment un demi-fourreau. L'extrémité de cette tarière est creusée en gouttière, avec des dents latérales qui servent à élargir les entaillas que f insecte fait au végétal pour y placer ses œufs. Les sucs de la plante -s'épanchent à l'endroit qui a été piqué et y forment une tumeur ou excroissance. On trouve des galles sur un grand nombre de végétaux , tels que le rosier sauvage, le lierru terrestre, le chardon hémorroïdal , etc. Mais toutes les galles ne sont pas dues à des cynips; telles sont celles de l'orme, du térébinthe , etc., qui sont produites par des pucerons de l'ordre des hémiptères.

TÉRÉBRATELLE s. f. (tô-ré-bra-té-le — dimin. de térébratule). Moll. Sous-genre de

térébratules fossiles.

— Encycl. Les térébratelles ont une ouverture fermée du côté de la charnière par un deltidiuin ; mais les côtés du crochet forment une aréa bien marquée. Les crochets Sont tronqués et l'ouverture échancre beaucoup le ileltidium. L'armure des bras est grande et attachée non-seulement à la charnière, mais encore à un septum médian. Ces mollusques ont un faciès assez constant, résultant de la forme de leur crochet et de leurs ornements, qui sont souvent composés de côtes bifurquées. Les térébratelles ont vécu depuis la période jurassique; elles ont été particulièrement abondantes dans l'époque crétacée et sont représentées par quelques espèces dans les mers actuelles. Elles paraissent dater du lias. Elles se continuent dans les étages oxfordien et corallien. La térébratelle substicata a les côtes dichotomes, mais pas d'aréa ; elle est donc tout aussi bien une térébratule qu'une térébratelle. Par son faciès et sa grande ouverture, elle serait une tôrébratuliue, si sa valve centrale avait des oreillett'.-s et si le deltidium manquait. Les térébratelles augmentent de nombre dans l'époque crétacée. Une seule espèce est citée dans le gnult, la térébratelle Aloreana. On en connaît quelques-unes des craies chloritées et des grès verts supérieurs ; elles se continuent dans les craies supérieures et deviennent rares dans l'époque tertiaire.

TÉRÉBRATEUR, TR1CE adj. (té-ré-ira'teur, tri-ce — du lat. terebro, je perce avec une tarière). Qui perce des trous en forme de vis,

TÉRÉBRATIÛN s. f. (té-ré-bra-si-on — lat. terebratio ; de terebro, je perce avec une tarière). Action de percer avec une tarière ou un instrument agissant comme une tarière : La TÉRÉflRATlON se pratique sur certains ar-

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bres dont on veut extraire de la gomme ou de la résine.

TÉRÉBRATULE s. f. (té-ré-bra-tu-le — dimin. du lat. terebra, tarière). Moll. Genre de mollusques brachiopodes, qui comprend un certain nombre d'espèces vivant dans les mers chaudes et un nombre bien plus grand d'espèces fossiles des terrains anciens et secondaires : Les am'maua; des térébratules furent pendant longtemps inconnus. (H. Hupé.) Quelques-uns soupçonnent que l'hystérolithe est le noyau, d'une sorte de grande térébratule. (V. de Bomare.)

— Encycl. Conchyl. Ces mollusques bivalves sont plus ou moins globuleux, oblongs ou déprimés, à manteau tout ouvert en avant et en partie sur les côtés, avec les branchies en forme de peigne lixé à sa surface interne. Elles ont deux bras longs et ciliés auprès do la bouche, et se roulant en spirale pour rentier dans le test; la masse viscérale est peu considérable; la bouche médiane; les intestins, courts, sont enveloppés par un foie petit et verdâtre. La coquille est mince, fragile, inéquivalve, équilatérale, de forme très-variable, mais souvent presque trigone, unie ou longitudinalement striée; il y a une valve plus profonde que l'autre, prolongée en arrière en un talon recourbé, qui montre toujours une ouverture dans la ligne médiane pour recevoir le pédoncule tendineux qui tixe la coquille aux corps sous-marins; la charnière est en ligne droite et est formée par deux saillies ou dents entrant d'une valve dans l'autre; la grande valve offre, en outre, dans la cavité un système de charpente solide et nacré selon les espèces, mais toujours composé d'une partie médiane fortement adhérente en arrière.

La térébratule a donné lieu à un grand nombre de travaux, et son organisation a présenté des particularités des plus remarquables, souvent même des pius inattendues et tondant à démontrer que l'on doit peutêtre la retirer de l'embranchement des mollusques. Les térébratules , si abondantes à l'état fossile, n'ont été jusqu'ici connues qu'en nombre assez restreint à l'état vivant, probablement parce qu'elles Sont fixées au moyen de l'épanouissement de plusieurs filaments du pédoncule tendineux qui sort de leur ouverture postérieure, a d'assez grandes profondeurs, aux corps immobiles et surtout aux rochers toujours submergés ; en raison même de ce genre de vie, on ne sait presque rien de leurs mœurs. On en connaît une vingtaine d'espèces, caractérisées d'uno manière assez peu suffisante, propres à toutes les mers, et qui se trouvent sur les points les plus éloignés des deux hémisphères, par exemple dans les mers de la Norvège et do la Nouvelle-Hollande, ainsi que dans celles des pays chauds; plusieurs ont été également signalées dans nos mers de l'Europe. Leurs habitudes de vivre fixées sur les rochers ou autres corps sous-marins donnent peut-être la raison pour laquelle on rencontre tant de fossiles dans ce groupe de brachiopodes acéphales. Citons la tête de serpent {cuput serpentis de Lin.), petite coquille bivalve des mers du Nord et de la Méditerranée; la térébratule vitrée (vitrea, de Lin.), ventrue et très-mince, se trouvant rarement dans la Méditerranée.

— Paléontol. Les térébratules fossiles ont une coquille ovale, bombée, sans aréa; la grande valve est percée par une ouverture ronde, qui est séparée de la charnière par un deltidium presque toujours composé de deux pièces et quelquefois d'une seule. On réunit dans le même genre les waldheimia, caractérisées par l'armure osseuse destinée h porter les bras, laquelle est plus grande que la moitié de la coquille ; les eudesia et les epithipis sont aussi de véritables térébratules. Les espèces fossiles s'élèvent à peu près au nombre d'une centaine, et sont presque toutes particulières aux terrains secondaires, principalement en Europe. Ces fossiles, remarqués en même temps que les ammonites et les bélemnites, ont d'abord reçu le nom vulgaire de poulette, de coq ou de poule, en raison de la forme des .espèces plissées et ailées, telles que la terebratula alata du terrain créiacé.

La terebratula diphya est particulièrement remarquable ; elle est percée d'un trou variable, qui traverse les deux valves à peu près dans leur milieu, et qui correspond à une perforation de l'animal. Les ramifications branchiales du manteau sont très-visibles sur la petite valve. Les térébratules sont remarquables par leur persistance dans tous les terrains sous une forme peu variable, si l'on en juge par les caractères extérieurs. Elles datent de l'époque paléozoïque et vivent encore dans les mers actuelles. On peut les diviser en plusieurs groupes : les plicosse, ornées de plis nombreux, simples et réguliers dans toute la longueur des valves; parmi celles-ci, les puynacem ont le bord de la valve central, vers le bord palléal, plus élevé que le milieu, et Us continuas ont le milieu de cette même valve plus élevé que le bord. Le' groupe des plicoss est rare parmi les vraies térébratules. Le second groupe est constitué par les diehotoma , ornées dans toute leur longueur de plis rayonnants et nombreux, bifurques et augmentant en nombre aux approches du bord. Les costale sonl ornées de cotes rayonnantes peu nombreu-

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ses, écartées, bien distinctes dans toute la longueur de la coquille. Parmi celles-ci, les loricatsB ont les côtes de la valve dorsale enveloppées, et celles de la valve ventrale enveloppantes, et les cinclas ont les côtes qui se correspondent sur les deux valves. Les Isves sont lisses ou ornées d'tin petit nombre de côtes, qui ne s'élèvent qu'entre le milieu de la valve et le bord palléal. Les jugat& ont le milieu de la valve dorsale creusé en un sinus, et le milieu de la valve ventrale élevé; les carinatx ont le milieu de la valve dorsale caréné et la valve ventrale creusée en son milieu.

Ce groupe des Isoes est le plus fréquent parmi les vraies térébratules. Les térébratules ont peut-être paru à l'époque silurienne; mais leur existence n'est certaine qu'à l'époque dévonienne. Elles se continuent dans le terrain carbonifère, et on en trouve quelques-unes dans le terrain permien et le trias ; le musehelkalk contient en abondance la térébratule communis. Le lias est assez riche en térébratules, et les espèces augmentent en nombre dans l'oolithe inférieur. La térébratule impressa porte à sa petite valve une sorte de sillon médian. La térébratulc digona est remarquable par son bord tronqué et bi corne. La térébralule maxillata a le bord palléal onde. Elles se continuent dans les roches de Kelloway et l'étage oxfordien. La térébralule diphya est la plus remarquable. Elles paraissent moins abondantes dans le terrain corallien et dans les dépôts jurassiques supérieurs. Les dépôts crétacés renferment beaucoup de térébratules, dont plusieurs espèces appartiennent au terrain néocomien. La térébralule pseudo-jurensis et la térébralule tamarindiu ont la commissure des valves droite ou presque droite et le bord palléal tronqué. Elles ne sont pas nombreuses dans le gault, redeviennent plus abondantes dans les craies marneuses, les craies chloritées et les craies supérieures. Les térébratules lima, tacrymosa, disparilis, constituent un type caractérisé par des gouttelettes ou tubercules saillants sur la Burface du test, La térébralule carnea, ronde, déprimée et simple, est très-commune dans la craie blanche. Les térébratules diminuent beaucoup de nombre dans l'époque tertiaire.

TÉRÉBRATUL1DE adj. (té-ré-bra-tu-Ii-de

— de térébralule- et du gr. eidos, aspect). Moll. Qui ressemble aux térébratules.

— s. f. pi. Famille de mollusques qui a pour type le genre térébratule.

— Encycl. Les térébralulides sont les seuls brachiopodes réguliers qui aient à la fois la grande valve percée par une ouverture, une coquille perforée et des bras coudés soutenus par un appareil calcaire fixé à la petite valve, lequel appareil est composé de branches droites ou recourbées sur elles-mêmes, non enroulées en spirale. La charnière est composée de deux dents latérales, entrantes, à la grande valve. Cette famille comprend : les térébratules, les térébratelles, les trigottasenius, les terebriroslra, les térébratulines, les magas, les niorrisio, les argiopes et les siriugocephalus. Ce dernier genre est spécial à la période dévonienne. Celui des térébratules a pris naissance a la même époque, mais s'est continué dans tous les âges jusqu'aux mers actuelles. Les térébratelles ont vécu du lias jusqu'aux mers actuelles. Les six autres genres ont leur première apparition à l'époque crétacée.

TÉRÉBRATULINE s. f. (té-ré-bra-tu-li-ne

— dimin. de térébratule). Moll. Sous-genre de térébratules fossiles.

— Encycl. Les térébratulines diffèrent des térébratules et des térébratelles par leur deltidium nul ou tout à fait rudimentaire, en sorte que le trou destiné au passage du muscle d'attache s'étend jusqu'à la charnière. La petite valve a ordinairement de petites oreillettes qui rappellent un peu celles des pecten. Les ornements sont ceux des térébratules dichotomes. Le support des bras est carré, petit et simple. Ces mollusques ont apparu dans l'époque crétacée et vivent encore dans nos mers. Elles sont rares dans les divers otages néoeomiens et dans le gault; peu abondantes dans les craies chloritées et les grès verts supérieurs, elles augmentent de nombre dans les craies supérieures. Elles se continuent dans l'époque tertiaire.

TÉRÉBRATUL1TE s. f. (té-ré-bra-tu-li-te

— rad. térébratule). Moll. Nom donné à quelques térébratules fossiles des terrains de transition : On trouve dans certains cantons beaucoup de térébratulitks. (V. de Bomare.)

TÉRÉBRER v. a. ou tr. (té-ré-bré — lat. terebrare; de terebra, tarière). Percer, perforer avec une tarière ou un instrument agissant comme la tarière : On térébrk les sapins, pour en extraire la résine. Il Peu usité.

TÉRÉBYLIQUE adj. (té-ré-bi-li-ke). Syn.

de TÉRÉBKJUE.

TEREC s. m. (te-rèk). Ancien nom du goudron.

TÉRÉCAMPHÈNE s. m. (té-ré-can-fè-ne

— de terébène, et de camphène). Chim. Camphène, qui dérive du chlorhydrate de térébenthéne solide.

— Encycl. V. TÉRÉBENTHINE.

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TÉRÈDE s. m. (té-rè-de — du gr. terêdân, ver qui ronge le bois). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des colydiens, corn-

E reliant trois ou quatre espèces, dont le type abite la France.

TÉRÉDINE s. f. (té-ré-di-ne — dimin. du lat. leredo, taret). Moll. Genre de mollusques acéphales, intermédiaire entre les phoiades et les tarets, et comprenant deux espèces fossiles des terrains tertiaires et crétacés : La tèrbdink masquée.

TÉRÉDON ou TER1DOTIS, ancienne ville de Chaldée, près de l'embouchure de l'Euphrate, à peu de distance du lieu où est aujourd'hui Bassora.

TÉRÉDOSOME s. m. (té-ré-do-so-me — de térède, et du gr. sôma, corps). Entom. Syn. de térède.

TÉRÉDYLE adj. (té-ré-di-Ie — du gr. têreô, je perce; utê, bois). Entom. Syn. de perce - bois : Les térédyles ou perce - bois font quelquefois entendre dans l'intérieur des boiseries un bruit singulier. (Duméril.)

TERKE, roi de Thrace, fils de Mars, époux de Progtié. Il est célèbre par ses cruautés envers sa belle-sœur Philomèle, à laquelle il fit violence et qu'il fit enfermer dans une tour après lui avoir fait couper la langue pour l'empêcher de révéler son crime. Philomèle trouva le moyen d'instruire sa sœur, qui, doublement irritée, tua son propre fils ltys et en fit mander à son époux dans un festin, Térée, en apprenant a quel horrible mets il avait goûté, se mit à la poursuite des deux sœurs. Les dieux, fatigués de cette série de crimes , métamorphosèrent le roi de Thrace en épervior, Philomèle en rossignol et Progné en hirondelle,

TÉRÉGAM s. m. (té-ré-gam). Bot. Espèce de grand liguier du Malabar.

TÉREK, rivière de la Russie d'Europe (région caucasienne). Elle descend du mont Kazbek, sur le versant N. de la chaîne du Caucase, coule d'abord au N.-O., puis de l'O. à l'E., dans toute la partie S. et E. du gouvernement de Stavropol, baigne Wladiskaukas, Iékatérinograd, Mozdak et se jette par plusieurs branches dans la mer Caspienne, près de Kiziiar, après un cours de 500 kilotn. Ses principaux affluents sont : la Malka, la Soundza, l'Aksaï, l'Arédone, le Frag, etc. Elle roule dans un lit profond et rocailleux ses eaux rapides et est sujette à déborder, surtout pendant juillet et août, après la fonte des neiges sur les montagnes. La Térek ne gèle pas tous tes ans, quoiqu'elle charrie beaucoup de glace en hiver; ses eaux, assez claires en cette sarson, sont, dans tout autre temps, troubles et chargées de particules de terre.

TÉRÉKIE s. f. (té-ré-kl). Ornith. Genre d'oiseaux échassiers, formé aux dépens des barges.

TÉRELLIE s. f. (té-rèl-11 — dimin. du gr. terên, mou). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricéres, tribu des muscides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe centrale et surtout le pourtour de la Méditerranée.

TÉRÉMYIE s. f. (té-ré-mi-I — du gr. terên, mou ; muia, mouche). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille dès athéricéres, tribu des muscides, dont l'espèce type habite l'Allemagne.

TÉRENCE {PubliusTERENTius Afer), po6te comique latin, né à Carthage vers 194 av. J.-C, mort en Grèce vers 158. 11 fut amené à Rome en bas âge, on ne sait dans quelles circonstances, et vendu comme esclave au sénateur Terentius Lucanus, qui lui lit donner une éducation libérale et l'affranchit dès qu'il eut reconnu ses rares aptitudes. C'est de ce Terentius que le poète porta le nom, ainsi qu'il était de règle pour les affranchis. Plaute venait de doter la littérature romaine d'un art dramatique moitié original, moitié imité des Grecs. La vocation de Térence le porta à suivre la même voie, en se I tenant plus prés encore que Plauto de l'imij tation. Il composa sa première pièce, l'Awdrienne, fort jeune, si l'anecdote rapportée par Suétone et que nous avons reproduite dans l'analyse de cette pièce est authentique. Les" édiles à qui le jeune poëte présenta son œuvre ne la goûtèrent que médiocrement et voulurent avoir l'avis du vieux Csecilius, la rival de Plaute , qui, s'étant fait lire la pièce, en reconnut l'auteur comme son égal et la lit accepter par les juges. VAndrienne fut jouée aux jeux Mégalésiens, l'an 588 de Rome(l6S av. J.-C); Cœcilius étant mort en 174, c'est-à-dire huit ans auparavant, ce rapprochement de date fait suspecter 1 authenticité de l'anecdote, à moins, ce qui est possible, que la pièce n'ait été jouée que bien longtemps après la consultation des édiles. Ce premier essai de Térence n'eut aucun succès; VAndrienne tomba, et l'Hécyre , jouée l'année suivante, n'eut pas un meilleur sort. Le poète se plaint, dans un prologue, de ce que le peuple ignorant Séserta en masse le théâtre pour aller voir des funambules et des athlètes. En 1C3, l'Héautontimoroumenos fut mieux accueilli, et Térence donna coup sur coup, en 162, Pkormion, qui fut chaleureusement applaudi, et l'Eunuque (16l), joué deux fois dans la même journée.

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Les Adelphes, son chef-d'œuvre, furent représentés l'année suivante aux jeux de Paul Emile. On ne possède de Térence que ces six pièces et sa carrière dramatique n'occupe qu'une période de sept ans (166-160 av. J.-C).

Ces derniers succès n'avaient qu'imparfaitement compensé pour lui l'amertume de'ses débuts. Il résolut de faire le voyage de Grèce, soit pour se distraire, soit pour se perfectionner par l'étude des modèles. Sa mort, si la date donnée par la plupart des biographes est exacte, suivit de près son arrivée en Grèce. Suétone la place sous le consulat de Corn. Dolabella et de Fulvius Nobilior, en 159 avant notre ère; saint Jérôme la place la 3" année de la cxv« olympiade (158 av. J.-C). Mais on n'est aucune-' ment d'accord sur les détails; les uns disent que le vaisseau qui portait Térence, à son retour en Italie, fit naufrage et que le poeto périt avec le navire ; iTautres, qu'il mourut à Stymphale ou. même à Leucade du désespoir d'avoir perdu ses manuscrits , cent trente-huit comédies de Ménandre qu'il avait traduites en latin. Il est impossible qu'il ait eu le temps , en moins de deux années de séjour en Grèce, de traduire une si grande quantité de pièces; aussi quelques biographes font-ils périr Térence, non à son retour, mais dans la traversée de l'Italie en Grèce. Quoi qu'il en soit, ces cent trente-huit pièces qui nous seraient si utiles, puisque tout Ménandre est perdu, se trouvent avoir malheureusement péri, et Térence, mort a trentecinq ou trente-six ans, eut à peine le temps de donner la mesure de ses vives facultés dramatiques.

Les comédies de Térence sont toutes des imitations du grec. Dans VAndrienne, il a fondu deux comédies de Ménandre : VAndrienne et la Périnthienne; c'est ce mélange de deux intrigues indépendantes qui déplut tant, tout d'abord, aux. Romains ; l'Hécyre est la reproduction d'un drame d'Apoilodore ; le sujet de V Heautontimoroumenos est emprunté à Ménandre; celui du Pkormion à VEpidicazomenos d'Apoilodore ; celui de l'Eunuque, encore à Ménandre, ainsi que la pièce entière des Adelphes. D'après les reproches qui lui furent faits de son temps sur son manque d'invention , reproche qu'on n'adressa pas à Plaute, quoique celui-ci s'inspirât aussi de très-près des comédies grecques, il est supposable que Térence se borna la plupart du temps à traduire et tout au plus à arranger. Ce qui lui reste en propre, c est son style, sa diction, toujours élégante et pure. On a voulu lui enlever même une partie de ce mérite en lui donnant pour collaborateur l'un des Scipion , Scipion l'Africain , le vainqueur de Zama, ou Scipion Emilien , le destructeur de Carthage. Quintus Memmius, le savant patricien a qui Lucrèce a dédié son poème De ta nature des choses, passait dans l'antiquité pour avoir dit que Scipion l'Africain avait mis en lumière ses propres productions dramatiques sous le pseudonyme ou sous le masque de Térence : Pub. Africanus a Terentio personam mutuatus, quse domi luserat ipse nomine illius in scenam producit. Cela ne peut pas s'entendre du premier Pub. Scipion, mort en 182 av. J.-C, c'est-à-dire à une époque ou Térence n'avait que douze ans ; Montaigne est cependant tombé dans cette erreur. Quant au second Scipion, il n'avait que vingt-cinq ans a la fin de la carrière dramatique de Térence, lorsque celui-ci faisait représenter les Adelphes. La seule chose avérée, c'est que Térence fut l'ami et le commensal de Scipion Emilien et de Laelius, dont l'esprit cultivé et l'urbanité, célèbres encore au siècle suivant, comme en font foi tant de passages de Cicéron, ont pu avoir une certaine influence sur son talent. 11 s'appliqua si bien à châtier son style, qu'on le prendrait plutôt pour un contemporain de Virgile que pour un écrivain antérieur à Cicéron et à Lucrèce; sa diction est celle du siècle d'Auguste, qu'il précède de près de deux cents ans, bien plus que celle de Plaute, dont il est séparé par vingt-cinq ans à peine. De là ia partialité qu'a pour lui Horace; l'auteur de VArt poétique dédaigne Plaute et trouve que les vieux Romains étaient bien bous , pour ne pas dire bien bêtes, de s'amuser aux productions de ce farceur; il admire au contraire sans restriction Térence et l'offre continuellement en modèle.

« Nous ne devons pas demander à Térence, dit M. Talbot, la verve incisive, moqueuse, mordante, railleuse et quelquefois hargneuse de Plaute, ni son gros sel, sa grosse plaisanterie, ses calembours, ses pointes. Mais nous trouvons chez lui quelque chose de plus délicat : moins de fougue que de douceur , moins de violence que de calme et de suavité. Pour emprunter une image à la peinture, la gamme de couleurs dont il se sert se rapproche bien plus du coloris harmonieux de Raphaël, auquel on l'a souvent comparé, que des brusqueries outrées et féroces que le président Debrosses a reprochées à Michel- Ange. On peut dire encore que Térence sait si bien allier dans une sorte d'amalgame le plaisant et le tendre, qu'il réalise cette fusion que Voltaire regardait comme aussi difficile que la découverte de la pierre philosophale. Sa morale, douce et coulante, se rapproche plus de celle de Philinte que des haines vigoureuses d'Alceste. .Mais surtout ce qu'on trouve chez lui, c'est, sinon le rire; du moins le sourire, celui d'Andromaque , a travers

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lequel on voit briller une larme et dont on a si souvent parlé depuis Homère. On est près quelquefois, à la lecture d'une scène de Térence, de dire comme un de ses personnages • « Il m'a tirôdes pleurs. » La sensibilité, en effet, c'est l'élément caractéristique des pièces de Térence; son but, c'est la sympathie, qui est elle-même le but suprême de toute espèce d'art. On demandait à Socrate de quel pays il était : « Je suis , dit-il , citoyen » du monde ! » Cette parole peut s'appliquer à Térence. Ce n'est pas le peintre ni le poëto des hommes, c'est le peintre et le poète do l'humanité. Né en Afrique, transporté en Italie, imitateur et copiste des Grecs, il a un génie cosmopolite, il est de tous les pays; il a, comme Socrate, le monde entier pour patrie. >

Le jugement de Diderot est plus complet : «Térence ne fait point éclater le rire. On n'entendra point un de ses pères s'écrier, d'un ton plaisamment douloureux : ■ Qu'al- » lait-il faire dans cette galère? ■ Il n'en introduira point un autre dans la chambre de son fils harassé de fatigue, endormi et ronflant sur un grabat; il n'interrompra point la plainte de ce père par le discours de l'enfant qui, les yeux toujours fermés et les mains placées comme s'il tenait les rênes de deux coursiers, les excite du fouet et de la voix et rôve qu'il les conduit encore. C'est la verve propre à Molière et à Aristophane qui leur inspire ces situations. Térence n'est pas possédé de ce démon-là. Il porte dans son sein une muse plus tranquille et plus douce. C'est sans doute un don précieux que celui qui lui manque; c'est le vrai caractère que la nature a gravé sur le front de ceux qu'elle a signés poètes, sculpteurs, peintres et musiciens. Mais ce caractère est de tous les temps, de tous les pays, de tous les âges et de tous les états. La verve a une marche qui lui est propre; elle dédaigne les sentiers connus. Le goût timide et circonspect tourne sans cesse les yeux autour de lui; il veut plaire à tous; il est le fruit des siècles et des travaux succossifs des hommes... Mais rien n'est plus rare qu'un homme doué d'un tact si exquis, d'une imagination si réglée, d'une organisation si sensible et si délicate, d'un jugement si fin et si juste, appréciateur si sévère des caractères, des pensées et des expressions, qu'il ait reçu la leçon du goût et des siècles dans toute sa pureté et qu'il ne s'en écarte jamais : tel me semble Térence. Je le compare à quelques-unes de ces précieuses statues qui nous restent des Grecs, une Vénus de Médicis, un Antinous. Elles ont peu de passion, peu de caractère, presque point de mouvement; mais on y remarque tant da pureté, tant d'élégance et do vérité, qu'on n'est jamais las de les considérer. Ce sont des beautés si déliées, si cachées, si secrètes, qu'on ne les saisit toutes qu'avec le temps; c'est moins la chose que l'impression et le sentiment qu'on en rapporte; il faut y revenir, et Ion y revient sans cesse. L'œuvre de la verve, au contraire,se connaît tout entier, tout d'un coup, ou point du tout. Heureux le mortel qui sait réunir dans ses productions ces deux grandes qualités, la verve et le goûtl Où est-il? Qu'il vienne déposer son ouvrage au pied du Gladiateur et du Laocoon, artis imitaiorix opéra stupendal Jeunes poètes , feuilletez alternativement Molière et Térence... Surtout, si vous avez des amants à peindre, descendez en vous-mêmes ou lisez l'Esclave africain. ■

Le théâtre de Térence a toujours joui de l'estime des lettrés et n'a pas été perdu de vue un seul instant, même dans la longue nuit du moyen âge. Les Pères de l'Eglise, Eusèbe, saint Jérôme, saint Augustin le lisaient et le commentaient ; Donat au iv« siècle, Cassiodore au ve, Isidore de Séville au vue, Uile foule de grammairiens et do littérateurs des siècles suivants forment jusqu'à Pétrarque, qui en collectionna de nombreux manuscrits, une sorte de chaîne non interrompue. Aucun auteur latin ne fut autant de fois copié; la Bibliothèque nationale en possède une vingtaine de manuscrits, dont un antérieur au x« siècle. Ce fut aussi l'un des premiers imprimés ; les plus anciennes éditions sont de la lin du xvi: siècle et elles se suivent de fort près : Venise, 1471, pet. in-fol.; Rome, 1472, in-fol.; Milan, 1474, pet. in-fol. ; Venise, 1476, in-fol.; Naples, 1478, in-fol. Notons, parmi les éditions suivantes : celle de Robert Estienne (Paris, 1536, in-fol., avec les commentaires d'Erasme); celle d'Aide Manuce (Venise, 1555, in -8°, avec commentaires de Muret); celle d'Elzévir (Leyde, 1635, in-32, notes de D. Ileinsius). Les plus estimées, parmi les éditions modernes, sont cellesdeZeune (Leipzig, 1774, 2 vol. iu-8o) , de Brunck (Bâle,1797, gr. in-4"), de Perlet (Leipzig, 1821, in-8"), de Lemaire (Paris, 1827-1828, 3 vol. iu-8»j.

Parmi les anciennes traductions françaises, on citait celles d'Octavien de Saint- Gelais (Paris, 1500, in-fol. goth.) et de Jean Bourlier (Anvers, 1566, in-8°). Nicole, Lancelot et Lemaistre de Sacy en ont fait une (1647, in-12), qui a été éclipsée par celle de Mme Dacier (1688, 3 vol. in-12), précieuse surtout au point de vue des notes, qui sont fort nombreuses. Citons encore la traduction du Térence de la collection Panckoucke (1830-1831, 3 vol. in-8°, texte latin en regard); celle de la collection Nisard (1838.

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in-R») et la traduction de M. Talbot (1860, ! vol. in-18). M. de Belloy en a essayé une traduction en vers (1862, in- 18).

TÉRÉNIABIN s. m. (té- ré-ni - a-binn — altér. du persan terengobin). Manne liquide de Perse.

TÉRÉNIE s. f. (té-ré-nl — du gr. terén, mou). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athérieères, tribu des muscides,

TERENTI A, femme de Cicéron, puis de l'historien Salluste et enfin de Messala Corvinus, née vers !e commencement du i" siècle av. J.-C. Descendant d'une famille noble et fort riche, Terentia épousa Cicéron vers l'an 80 av. J.-C. Après une union de trente ans et qui avait donné au célèbre orateur un fils et une fille, Cieéron répudia sa femme. Les motifs allégués par lui reposaient sur l'humeur brusque de Terentia, sur son caractère hautain, impérieux, surtout sur ses prodigalités, ses habitudes fastueuses. Voici ce que rapporte Plutarque : « Il (Cicéron) répudia sa femme Terentia pour ce qu'elle n'avoit tenu compte de lui durant la guerre (celle de Pompée), de manière qu'il fut obligé de quitter Rome sans avoir ce qu'il lui falloit pour s'entretenir hors de sa maison, et encore quand il s'en retourna ne fit-elle aucun acte ni devoir de bonne affection envers lui, car elle ne vint jamais à Brundusium, où il séjourna longtemps, et, qui pis est, à|sa fille, qui eut bien le cœur de se mettre en chemin pour faire un si long voyage, et à laquelle elle ne donna ni suite, ni compagnie, ni argent, ni équipage tel comme il lui appartenoit... A son retour, Cicéron trouva la maison vide, manquant de toutes choses nécessaires et, en outre, chargée de dettes. »

Tels furent les griefs mis en avant par le célèbre écrivain; mais on prétendit qu'il n'avait répudié Terentia que pour épouser la toute jeune et fort riche Publilia, qui bientôt, en effet, devint sa femme et de sa dot paya les énormes dettes de l'ami de Pompée.

Quoi qu'il en soit, Terentia se remaria à son tour avec l'historien Salluste, ennemi de Cicéron, puis avec Messala, puis enfin, suivant Dion Castius, avec Vibius Rufus ; mais lorsqu'on songe à l'âge qu'atait alors Terentia, rien n'est moins prouvé que cette dernière union , quoiqu'on rapporte , comme preuve, que Vibius Rufus se vantait d'avoir possédé deux choses qui avaient appartenu aux deux plus grands hommes de son temps, la chaise sur laquelle César fut assassiné et la femme de Cicéron. Selon toute vraisemblance, il s'agit ici de Publilia, que l'illustre orateur avait épousée en secondes noces. Terentia vécut jusqu'à cent trois ans suivant Pline et Valère-Muxime, jusqu'à cent dixsept ans suivant d'autres.

TEI1ENTUNUS MAURUS, grammairien et poète latin. V. MaOrus.

TERENTILLUS ARSA , tribun du peuple (461 av. J.-C), le premier auteur d'une révolution importante dans la constitution romaine. L'administration de la justice excitait depuis longtemps les réclamations de la plèbe. Les patriciens, maîtres des tribunaux, qu'ils composaient exclusivement, interprétaient et dénaturaient à leur gré des lois dont le texte incertain n'était pas même rédigé et des formules qu'eux seuls connaissaient et dont ils gardaient le secret. Terentillus proposa de faire cesser cette oppression en rédigeant un corps de lois connues de tous et qui soumit à des formes constantes l'administration de la justice. Cette proposition, qui excita l'enthousiasme de la plèbe et l'indignation des patriciens, souleva des luttes passionnées dans le Forum. Toutefois, après une opposition de dix ans, le sénat fut obligé de céder, et trois commissaires furent envoyés en Grèce pour étudier les institutions des principales républiques. Ce voyage a été révoqué en doute par quelques critiques; mais toujours est-il que c'est par suite de la loi Terentilla que fut créée cette fameuse commission des décemvirs qui rédigea le code connu sous le nom de loi des Douze Tables. V. décemvirs et Douze Tables (loi des).

TERENTIUS (Jean), missionnaire et savant, ué à Constance en 1580, mort en Chine en 1630. Il étudia la médecine, qu'il exerça pendant quelque temps dans sa ville natale, et acquit en même temps de profondes connaissances en histoire naturelle, surtout en botanique. Il alla ensuite à Rome, où le prince Cesi le'.fit admettre à l' Académie des Lyncei (1612) etl'engagea à travailler à l'édition de ['Abrégé des \ilaiites exotiques de Recchi, édition qui parut seulement en 1651, sous le titre de Fra Hernandez plantarum, animalium et mineralium mexicanorum historia (Rome, in-fol.). En 1620, il entra dans l'ordre des jésuites et, comme il était désireux de visiter des pays étrangers, il se consacra aux missions et passa en Chine. Le calendrier chinois présentait, au commencement du xvne siècle, une grande confusion dont le conseil de l'empereur s'était ému, mais à laquelle le tribunal des mathématiques ne savait comment remédier. Terentius venait alors de publier en langue chinoise la prédiction d'une éclipse non attendue par les astronomes du pays, et l'empereur, sur la proposition d'un mandarin converti au christianisme, le chargea de la correction du calendrier. Le Père Terentius ooutinua en Chine à s'occuper de l'étude des

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plantes et correspondit avec quelques savants de l'Académie des Lyncei, à qui il envoya des graines rares.

TERENTICS VÀRRO (M.), consul romain.

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