V. Varro
TERENTUM , lieu de Rome , sur la rive gauche du Tibre, l'endroit où l'on célébrait les jeux séculaires. 11 était situé à l'extrémité du champ de Mars et dans sa partie la plus étroite, entre le Capitole et le Tibre, près du bois de Lucine; c'était un terrain vaseux et volcanique d'où sortaient des flammes. Le Terentum, dont le nom, du reste, est d'origine Sabine (fer«i,dans la langue des Sabins, voulait dire mou), était surtout célèbre chez les Romains par une légende qui tendrait à prouver qu avant Romulus remplacement de la ville éternelle avait été occupé par une cité sabine. On avait trouvé en cet endroit un autel en pierre avec une inscription qui le consacrait à Pluton et à Proserpine, divinités infernales d'origine essentiellement sabine; car les Sabins honoraient particulièrement les divinités souterraines, comme on peut s'en convaincre en se reportant au mot Vesta. A l'occasion de la découverte de cet autel, on célébra des cérémonies religieuses qui durèrent trois jours et trois nuits. Valerius Publicola, le grand Sabin, qui fut un des fondateurs de la liberté romaine, offrit les mêmes sacrifices, célébra les mêmes jeux funèbres et recouvrit de terre l'autel comme il était auparavant; ce fut l'origine des jeux séculaires, qu'Horace devait célébrer dans ses vers.
TÉREPHTALAMIDE s. f. ( té-rè- fta-lami-de — de térébenthine, et de phtalamîde). Chim. Amide de l'acide térephtalique.
— Encycl. V. TÉREPHTALATE.
TÉREPHTALATE s. m. (té-rè-fta-la-te — de térébenthine, et de phtalate). Chira. Nom donné à des sels résultant de l'union de l'hydrogène, d'un métal ou d'un radical composé avec un résidu halogénique diatomique organique.
— Encycl. Les térephialates sont des sels qui résultent de la combinaison de l'hydrogène ou d'un métal avec le résidu halogénique diatomique organique (C8H*04)". Le térephtalate d'hydrogène ou acide térephtalique, et conséquemment tous les autres térephialates , se forment dans l'oxydation de l'essence de térébenthine, du cymène, de la
I diéthyl-benzine, du méthyl et de l'amyl-toluène, de l'acide et de l'aldéhyde cuminique, de l'acide toluique, et d'une manière générale de tous les composés organiques qui, appartenant à la série aromatique, ont deux chaînes latérales.
l° Préparation . de l'acide térephtalique au moyen de l'essence de térébenthine. On traite celte huile dans une cornue par un grand excès d'acide azotique étendu d'un égal volume d'eau , aussi longtemps qu'il s'échappe des vapeurs rouges. On sépare la liqueur acide ainsi obtenue de la résine et l'on traite le résidu par l'eau froide, qui laisse, à son tour, une résine d'un jaune orangé renfermant un mélange d'acide térébenzique et d'acide térephtalique. On en retire l'acide térébenzique par solution dans l'alcool froid et dans l'eau bouillante. On dissout ensuite l'acide térephtalique dans l'ammoniaque, et le sel ammoniacal, purifié par plusieurs cristallisations et bouilli avec du charbon animal, est décomposé par un acide fort, qui précipite l'acide térephtalique.
2o Préparation au moyen de l'acide cuminique, de l aldéhyde cuminique, du xylène, etc. On cohobe pendant douze heures 1 partie d'acide cuminique avec l partie de dichromate de potassium, 8 parties d'acide sulfurique concentré et 12 parties d'eau. Au bout de ce temps, l'acide térephtalique est formé et flotte, après refroidissement, sous la forme d'une poudre blanche, à la surface du liquide vert; en outre, le liquide tient en suspension une matière demi-fondue et verdâtre qui consiste en térephtalate chroinique. On filtre, on lave à l'eau pour débarrasser la matière insoluble de tout sel soluble de chrome et l'on fait bouillir le résidu avec de l'ammoniaque, qui laisse de l'hydrate chroinique insoluble et qui donne naissance à du térephtalate d'ammonium soluble. La solution ammoniacale, sursaturée par l'acide clorhydrique, donne un précipité blanc , pulvérulent, qui, lavé à plusieurs reprises à l'eau bouillante ou à l'alcool bouillant, pour enlever les dernières traces d'acide cuminique, constitue l'acide térephtalique pur. Beilsteiu opère sur le xylène, dont il fait bouillir 100 grammes, pendant plusieurs jours, avec 400 grammes de dichromate potassique et 550 grammes d'acide sulfurique étendus de deux fois leur volume d'eau. Il filtre ensuite, dissout le résidu dans une solution de carbonate sodique, étend la liqueur d'une grande quantité d'eau et précipite par l'acide chlorhydrique.
• — TÉREPHTALATE D'HYDROGENE OU ACIDE TÉREPHTALIQUE
C8H40*,HS = (C8H*02)" j q^.
L'acide térephtalique est une poudre cristalline, blanche insipide, à peu près complètement insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme et l'acide acétique. L'acide sulfurique concentré et chaud le dissout en quantité considérable sans donner naissance à au-
TERE
cun acide sulfoconjugué ; par l'addition de l'eau à la liqueur, l'acide térephtalique se précipite inaltéré. Lorsqu'on le chauffe, l'acide térephtalique se sublime, sans avoir au préalable subi la fusion, et forme une masse indistinctement cristalline qui a la même composition que le produit original. Cette propriété distingue par conséquent l'acide térephtalique de l'acide phtalique ; l'acide phtalique, en effet, se résout par la chaleur en eau et en anhydride phtalique cristallisé en magnifiques aiguilles blanches. Distillé avec de la potasse, l'acide térephtalique, dont la formule de constitution est
C6H4 1 corn
tout comme celle de l'acide phtalique et de l'acide isophtalique dont il ne diffère que par la situation relative des chaînes latérales C02H, perd 2C02 et se résout, comme ses deux isomères , en benzine. Les alcalis faibles dissolvent l'acide térephtalique et sont complètement neutralisés par lui. L'acide phtalique le précipite de ces solutions. Quoique bibasique, cet acide ne donne naissance à aucun sel double et forme difficilement des sels acides. Presque tous les térephialates sont solubles et cristallisables ; ils brûlent comme l'amadou en répandant une odeur de benzine; leur inflammabilité est telle qu'on peut les enflammer au briquet. On connaît des éthers térephtaliques ou térephialates alcooliques acides.
Le térephtalate d'ammonium C8H*(AzH*)20*
cristallise, par l'évaporation lente de sa solution, en petits cristaux qui possèdent l'éclat métallique.
Le sel de baryum C8fl>04,Ba",4H20, obtenu parle mélange d'une solution concentrée du sel d'ammonium et d'une solution de chlorure de baryum, cristallise dans l'eau en tablettes groupées concentriqueiuent, qui deviennent anhydres à 150° et qui se dissolvent dans 355 parties d'eau à 5°.
Le sel de calcium C8H404Ca",3H20, obtenu de la même manière, se dissout dans 1,813 parties d'eau à 6°.
Le sel d'argent C8H*0*Ag2 se sépare sous la forme d'un précipité caillebotté lorsqu'on traite une solution de térephtalate ammonique par l'azotate d'argent.