‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 104 sur 1059 · LOUTRE · texte numérisé non relu

LOUTRE

La chair de la saricovienne a une odeur de poisson ou de marais qui la rend assez désagréable; toutefois, chez les petits, elle est assez délicate et rappelle un peu celle de l'agneau ; celle des femelles pleines et près de mettre bas est grasse et tendre; mais elle devient ordinairement très-dure avec l'âge dans les deux sexes. Le principal produit de la saricovienne est sa peau, qui donne une très-belle fourrure; on en distingue de plusieurs couleurs ; les noires sont les plus estimées. Il y en a aussi de couleur brunâtre, d'autres plus ou moins variées de fauve ou de gris argenté. Les poils sont de deux sortes, les uns longs et soyeux, les autres courts et feutrés. Les peaux des femelles sont plus petites, plus noires et ont le poil plus long sous le ventre; il y a encore d'autres différences, suivant l'âge de l'animal et l'époque plus ou moins rapprochée de la mue. Les plus recherchées, toutes choses égales d'ailleurs, sont celles des animaux tués au printemps. La saricovienne atteint toujours un prix très-élevé ; aussi est-elle peu connue en Europe. D'un autre côté, cette fourrure est épaisse et lourde; aussi les Russes lui préfèrent-ils la zibeline, quoique moins belle.

La srtrïcom'eniie de la Guyane, appelée aussi loutre du Brésil ou de Cuyenne, iuja, sariguiebeju, sarigovion, etc., se distingue aisément de toutes les autres loutres en ce qu'elle est privée de l'appareil glanduleux qui entoure les narines. Un peu plus petite que l'espèce précédente, elle a un pelage court et ras, d'un brun roux fauve brillant, plus foncé en marron vers l'extrémité des membres et de la queue ; le dessous du cou et de la gorge d'un jaune fauve pâle. Elle habite l'Amérique du Sud, où elle se tient surtout aux embouchures des grands fleuves. La plupart des auteurs regardent cette espèce comme une simple variété de la précédente, et La Borde y a reconnu trois sous-variétés principales. Fr. Cuvier ne l'admet pas comme authentique. En tout cas, il ne faut pas lu confondre avec la loutre de la Guyane ; celle-ci a le corps et la queue d'un bai clair en dessus, plus pâle en dessous, la gorge et les côtes de la face jusqu'aux oreilles presque blancs. Elle habile les grands fleuves de la Guyane, mais se tieut toujours dans les eaux douces, eu amont du point où s'arrête l'influence de la marée. Cetie dernière saricovienne demande à être mieux étudiée.

SARIDJÉ s. m. (sa-ri-djé). Hist. ott. Membre d'une milice turque, que Soliman II supprima, à cause de ses excès.

SARIETTE s. f. (sa-ri-è-te). Bot. V. sarriette.

SARIGUE s. m. (sa-ri-ghe — de çarigueya, nom donné par les naturels du Brésil a l'espèce principale). Mamm. Genre de mammifères marsupiaux ; Le sariguk transporté dans nos habitations en Europe y vit dif/icilemeni. (V. de Bomare.) l| Sarigue épineux, Nom vulgaire du coendou et du synethère, ou porcs- épies à queue prenante.

— s. f. Femelle du sarigue : Toutes les sarigues n'ont pas de -poche abdominale. (D'Orbigny.)

L'enfant frappe les mains, la sarigue attentive

Se dresse, et d'une voix plaintive Jette un cri...

Flo&um,

SARI

— Encycl. Le genre, assez vague et mal défini, que les anciens ont appelé sarigue a été décrit sous son nom scientifique et beaucoup plus exact de didelphe. Nous renverrons donc h ce mot, ainsi qu'aux articles spéciaux,

CAYOPOLLIN, CRABIBR, MAN1COU, MARMOSK et

opossum, consacrés aux espèces les plus intéressantes, et qui pour ce motif ont reçu des dénominations spéciales. Il ne nous reste qu'à mentionner quelques espèces moins importantes : le sarigue azara, appelé aussi gamba ou micourê, souvent confondu avec le manicou et qui a la taille d'un lapin; les sarigues quica et myosure, de la grosseur d'un jeune putois ; les sarigues grison, dorsal et touan, de la taille d'un rat; le sarigue laineux ou micouré laineux; enfin le sarigue -ou didelphe de Cuvier, dont les débris fossiles ont été trouvés dans les couches de gypse de Montmartre.

SAR1LLES s. f. pi. (sa-ri-lle ; Il mil.). Techn. Sciure de bois mêlée avec du storax.

SAR1NIÏ, rivière de Suisse. V. Saane.

SARI MENA, bourg d'Espagne, dans la province et à 45 kilom. S.-E. u Huescu, près de la rive droite de l'Alcanada, ch.-l. de juridiction civile; 2,780 hab. En 1133, grande défaite des chrétiens par les Maures.

SARION s. m. (sa-ri-on). Comm. Natte servant à l'emballage.

SARIONE s. f. (sa-ri-o-no). Pêche. Nom donné, dans quelques pays, au saumon qui n'a pas encore tout son accroissement.

SÂRIRA s. m. (sâ-ri-ra). Myth. ind. Nom qu'on donne a des reliques qu'on prétend venir du corps du Bouddha.

— Encycl. On conserve ces reliques avec une grande dévotion dans les couvents de l'Inde. Le nombre en est encore plus prodigieux que celui des reliques de nos saints. Mais, sous ce nom, on ne comprend pas seulement les débris, les morceaux du corps du Bouddha, on comprend aussi ses vêtements ou des choses qui avaient servi k son usage. Par exemple, on conservait dans le royaume de Magarahara le vêtement et le bâton du Bouddha, sa prunelle et un des os de son crâne. Baktra possédait son balai, son pot à l'eau et une dent; à Kongkanapoura, ou il y avait une statue du Bouddha, on voyait lo bonnet qu'il remit à Tchanduka quand il s'enfuit du palais de Son père; on vénérait beaucoup ce bonnet, qui était conservé soigneusement dans une botte. Quand venait un jour de fête, on l'en retirait, on le plaçait sur un piédestal élevé, et le plus saint parmi les bouddhistes avait l'avantage de voir autour de ce couvre-chef une lueur extraordinaire. Les dents du Bouddha étaient les plus précieuses et les plus vénérées de ses reliques. Hiouen-Thsang eu signale une douzaine qu'il a vues dans les différentes contrées de l'Inde, et le roi Siladitya, dit-il, faillit faire la guerre au roi de Cachemire parce qu'on lui refusait une de ces dents; elle en valait la peine, car elle avait un pouce et demi ; elle était d'un blanc jaunâtre et répandait en tout temps une vive lumière. La plus fameuse, après celle-ci, se trouvait au palais des rois de Ceylan. On la conservait dans la pagode de Maligaoui, un des sanctuaires les plus célèbres du monde bouddhique , et des pèlerins venaient l'y adorer solennellement tous les ans ; mais ce n'était qu'à de rares époques qu'on la faisait sortir du tabernacle ou elle était enfermée dans neuf boîtes concentriques en or, enrichies de diamants, de rubis et de perles. Le 9 octobre 1858, une de ces occasions se présenta par l'arrivée de deux grands prêtres birmans, qui venaient examiner la relique de Ceylan afin de s'assurer de l'authenticité d'une autre dent du Bouddha que leur pays possédait." Il y eut alors une fête splendide. Une longue procession de bonzes précédait le grand' prêtre, qui sortit du tabernacle portant devant lui la dent du Bouddha renfermée dans un coffret de cristal qui reposait sur une fleur de lotus en or massif. La foule s'écriait: Sadout Saduul au bruit des trompettes, des tani-tams et des Mûtes. Après quoi la relique fut posée sur l'autel au-dessous d'un dais, où tout le monde vint l'admirer à son tour avec un grand ordre. Voici l'histoire de cette dent, telle qu'on la trouve dans le Alahavamça : « La neuvième année du règne de Kunéghavana (310 après J.-C), une princesse brahmine apporta de Kaliuigha le Dathadhatou ou la relique de la dent du Bouddha, avec toutes les circonstances qui ont été rapportées dans le DathÛdhûtouvamça. Le monarque lui-même se chargeant de garder la relique et lui rendant les plus grands honneurs, la mit dans une cassette avec une pierre de phatiku, de la plus parfaite pureté, ei la déposa dans l'édifice appelé Dharmashakka, construit jadis par le roi Dévanainpiyatissa. Le roi, dépensant cent mille pièces de monnaie aveo un esprit de sainteté, fit d'abord une grande fête en l'honneur du Dathadathou, et il ordonna qu'une semblable fête serait célébrée tous les ans pour transporter solennellement la relique au vihara d'Abhayagueri. u On voit quelle importance occupe la dent de Ceylun parmi les reliques ou suriras du Bouduha. Il y avait encore d'autres sortes de sdriras. Pur exemple, il serait impossible d'énuinérer toutes les marques qu'a laissées sur le sol de l'Inde le pied du Bouddha. C'était d'ordinaire sut des pierres qu'on les trouvait j telle est fera-

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firewte qu'on trouve kCeylan, empreinte que es missiornaires prétendent être celle du pied d'Adam, et que les Indiens appellent iripâda ou prabhât, c'est-à-dire le pied bienheureux.

SARIS s. m. (sa-riss). Miner. Nom vulgaire du schiste quartzeux et du micaschiste.

SARlSSn s. f. (sa-ri-se — gr. sarissa, même sens;). Antiq. gr. Sorte de pique qui était l'arma des oplites.

— S. m. Bot. Sj'n, d'HYDROPHYLAX.

— Ency;l. Antiq. gr.' Suivant les temps, la longueur de la hampe de cette arme a varié entre ; et 8 mètres. Dans quelques phalanges, les sarisses des premiers rangs étaient plus courtes que les autres. En bataille, à l 'instant c.'une charge en ordre ouvert, les sarisses dos cinq premiers rangs dépassaient progressa ement le front de la phalange; les armes du cinquième v.ipk ne l'excédaient que de deux coudées. Dans 1 ordre hypoclastique, le talon de la surisse se fichait dans la terre. La danse pyrrhique s'entremêlait de maniements de surisses.

SARISSOPHORE s. m. (sa-ri-SO-fo-re — gr, sarissttphoros ; de sarissa, sarisse, et de phoros, porteur). Antiq. gr. Soldat grec armé d'une sarisse.

SARK eu SERCQ, île anglaise de la Manche, dans le groupe des îles anglo-normandes, à 10 kilom. E. de Guernesey.à 16 kiloin. N.-O. de Jersey. à30 kilom. des côtes de France, par 490 30' do lalit. N. et 5° 12' de longit. E. Elle mesure 4 kilom. de longueur sur 2 kilom. de largeur; 600 hub., qui se livrent à la culture des légumes et des plantes potagères et à l'élève du bétail. Entourée d Ilots et de rochers, cotte petite île est divisée en deux parties q d ne sont unies entre elles que par une étrone langue de terre. Pêche abondante. Fabrication de fromages, gants, bas et gilets tricotés.

SARKIDIORNISS. m. (sar-ki-di-or-niss — du gr. sarkidion, caroncule ; idea, forme; ornis, oiseau). Ornith. Division du genre canard.

SARLADAIS, AISE S. et adj. (sar-la-dè, è-ze). Utogr. Habitant de Sarlai; qui a rapport à celte ville ou à ses habitants : Les Sar'lad/us. La population sarladaise.

SARLADAIS, en latin Sarlalensis pagus, petit pajs de l'ancienne France, dans le Périgord ; .1 comprenait le territoire de Sarlat.

SARLAND1ÈRE (Jean-Baptiste), médecin français, né à Aix-la-Chapelle en 1787, mort à Paris en 1850. Il n'est connu que par ses ouvrages, qui sont : Vude-mecum ou Guide du chirurgùm militaire (Paris, 1823, în-is) ; Mémoire sur l'électro-punclure (1825, in-8°) ; Anatomie méthodique (1830, in-fol.); Physiologie de l'action musculaire (1830, in-8°); Traité au système nerveux (Paris, in-8u),

SARLAT, ville de France (Dordogne), ch.-l. d'arrond. et de cant., à 72 kilom. S.-E. de Périgueux, dans une belle vallée; pop. aggl., 3,569 hab. — pop. tôt., 6,255 hab. L'arrondisseine.it comprend 10 cantons, 133 commune, 108,814 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce, justice de paix, collège communal. Tanneries, taillanderies, fours à plâtre ; fub.-ication de briques et creusets réfraotaires. Commerce de vins, eaux -de -vie, grains, truffes, huile de noix. Cette ville, située su? un point de vallée resserré de toutes parts par des collines, est en général assez mal bâtie et formée de rues excessivement étroites. Elle possède néanmoins quelques édifices curieux, que nous mentionnerons ciaprès.

— Histoire. Sarlat, considéré aujourd'hui comme la troisième ville du Périgord, en fut autrefois la deuxième. Une tradition locale attribue £a fondation à Clovis; mais cette tradition ne «'appuie sur rien de sérieux. Tout porte à croire que la ville a commencé à s'élever autour de l'abbayede l'ordre de Saint-Benoît, l'ondée par Pépin, Cependant on a également rapporté l'origine du monastère à des temps jostérieurs. Enfin, suivant un historien contemporain (M. Dessalles), Sarlat daterait ce l'époque des invasions normandes qui, ayant chassé les religieux de l'abbaye de Caïabrum, située sur les bords de la Dordogne, les forcèrent à se retirer dans l'intérieur des terres et à chercher pour retraite le vallon étroit et obscur où se trouve actuellement la ville. Ce qui est positif, c'est qu'au xe siècle Sarlat n'était encore qu'un couvent dédié si Saint-Salvador et à l'abri duquel se groupaient quelques maisons appartenant à Hernard, comte de PérigSrd. Plus tard, l'abbaye f Jt rendue indépendante, et, soumise à la règle de Cluny, elle vit sa prospérité s'accroître rapidement. Au xne siècle, Sarlat était devenu un gros bourg qui, au xiiifi, se consti.ua en ville, avec un consulat et des institutions municipales. Cette ville eut même à soutenir une lutte assez vive contre l'abbé et le couvent, pour le maintien de ses franchises municipales. Les religieux durent céder et 1299, et Sarlat conserva l'administration qu'elle s'était donnée. En 1317, le pape Jean XX.U l'érigea en évêché. Pendant les guerms de Guyenne, sous Charles le Bel et Philippe de Valois, Sarlat dut plus d'une fois se préparer à faire face aux éventualités d'une attaque; mais tout se borna à dea

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manifestations. Il n'en fut pas de même lors du soulèvement des grands vassaux contre le prince Noir : Sarlat seconda ênergiquement la lutte engagée par les Français contre les Anglais, sous la conduite du duc d'Anjou, et sa garnison chassa à elle seule l'ennemi de deux châteaux qu'il occupait sur lesbordsde la Dordogne, En récompense de sa fidélité, Charles V confirma les privilèges de la ville et lui accorda de nouvelles franchises qui lui permirent bientôt de donner à son commerce une rapide extension (1370). Au xv« siècle, les mauvais jours recommencèrent pour Sarlat. Commandée de toute part par des châteaux forts dont les Anglais étaient les maîtres, la ville, dans l'impossibilité de soutenir une lutte, se vit dans l'obligation de traiter (1410). Les Anglais, néanmoins, ne devinrent pas les maîtres de la ville, et tout se borna à un échange consenti de relations commerciales. L'évacuation des troupes anglaises du territoire en 1446 rendit à Sarlat sa liberté d'action. Avec les guerres de religion commença une nouvelle période de troubles : Sarlat tomba en 1574 au pouvoir des réformés et demeura trois ans dans leurs mains. En 1587, après la batailla de Castres, Henri de La Tourd'Auvergne, duc de Bouillon et vicomte de Turenne, marcha sur Sarlat avec 6,000 fantassins, 900 chevaux et commença le siège de la place. Après une canonnade de dix-neuf jours, il fut contraint de se retirer sans avoir obtenu aucun résultat. La Fronde fournit à Sarlat une nouvelle occasion démontrer sa fidélité à la royauté. Surprise le 1er janvier 1653 par le prince de Condé, la ville, moins de trois mois après, chassa en vingt-quatre heures les frondeurs de ses murs. La garnison de 1,200 hommes laissée par le prince ne put résister à la vivacité de l'attaque, et le fameux Chavagnac, qui la commandait, fut tué à l'hôtel de ville. La présence d'un évéque dans Sarlat et l'existence d'un grand nombre d'établissements religieux avaient empêché la Réforme d'y pousser des racines bien profondes. Aussi la révocation de l'éiiit de Nantes ne portât-elle aucun préjudice appréciable à la prospérité de son commerce. La Révolution de 1789 souleva à Sarlat, de la paît des classes aristocratiques, des haines violentes; niais elle fut accueillie avec joie par la bourgeoisie, et depuis lo'rs Sarlat n'a cessé de jouir d'une paix profonde. Avant la Révolution', Sarlat était le siège d'une sénéchaussée et d'un présidial.

— Monuments. Les principaux monuments de Sarlat sont : l'ancienne église cathédrale, remarquable par son beau vaisseau, surmonté d'un clocher du xi° siècle et renfermant une belle chapelle sépulcrale du xme siècle; l'église Saint-Cyprien ; le palais de justice, construction moderne; la maison d'Etienne de La Boëtie, le collège, le séminaire et l'hôpital.

— Célébrités. Sarlat a vu naître les deux troubadours Cairels et Aymery de Sarlat, dont les poésies sont en partie parvenues jusqu'à nous; Etienne de La Boëtie, auteur du Traité de la servitude volontaire; le poëte gascon Pierre Rousset et Fénelon. La Calprenède, Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, Jacques de Maleville, l'un des rédacteurs du code civil, sont nés aux environs de Sarlat.

Les armes de Sarlat étaient : De gueules, à une salamandre d'or, couronnée de même, et un chef cousu d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.

SARLOVÈSE (François Fourrier, comte), général français, né en Périgord eu 1775, mort en 1827. Il abandonna l'étude du droit pour s'engager en 1792, fit les campagnes delà Révolution et fut nommé colonel de hussards à vingt-trois ans. Fouinier perdit ce grade par suite de la vive opposition qu'il fit lorsque Bonaparte fut nommé consul à vie. Incarcéré au Temple, puis exilé dans le Périgord, il suivit l'amiral Villeneuve en Amérique. De retour en France, il rentra en grâce. S'ètaut plaint de ne pas obtenir l'avancement dû à ses services, Napoléon lui dit, la veille de la bataille d'Eylau ; i Colonel, dans votre affaire, il faut un baptême de sang. > Les talents et l'intrépidité qu'il montra dans cette journée et à Friedland lui valurent le titre de baron et le grade de général de brigade. 11 se distingua aussi en Espagne, puis en Russie, notamment à la Bérézina ; mais Bonaparte, irrité de son esprit d'indépendance, le destitua de son grade do général de division et le mit en surveillance en 1813. A la Restauration, il devint inspecteur général de cavalerie. Ou a de lui des Considérations sur la législation militaire, dans lesquelles il propose l'application du jury aux tribunaux de l'armée.

SARLYK s. m. (sar-lik). Mainm. Nom de l'yack chez les Mongols.

SARMANAKA s. m. (sar-ma-na-ka). Ascète indou.

SARMATES , peuple qui est mentionné pour la première fois par Hérodote comme habitant, à l'E. du Tanaïs, un pays qui s'étendait a quinze journées de marche au N. du Palus-Méotide. La Sarmatie, dans le inonde connu ou plutôt peu connu des anciens, s'étendait depuis la Baltique jusqu'à la mer Caspienne, au N. du Poût-Euxin. On distinguait cette vaste contrée en Sarmatie occidentale

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ou européenne et en Sarmatie orientale ou asiatique. La première comprenait la Russie et la Pologne actuelles, et la seconde s'étendait du Tanaïs jusqu'à la mer Caspienne et au delà. Une tradition fabuleuse fait naître les Sarmates ou Sauromates du commerce des Scythes avec les Amazones. Cette tradition a peut-être son origine dans la coutume qu'avaient les femmes sarmates d'accompagner leurs maris à la guerre. Au ve siècle av. J.-C, Hippoerate, puis Amniien Marcellin, au ive siècle de l'ère chrétienne, représentent les Sarmates comme un peuple de petite taille, basané, trapu, chargé de graisse, d'une complexion molle, caractères qui distinguent encore de nos jours les nations finnoises du N. et de l'E. de la Russie. Leur conformation physique , leurs habitudes nomades et leur langue rappelaient leur parenté primitive avec les Scythes. Au ve siècle av. J.-C, ils s'unissent aux Scythes contre Darius; quatre siècles plus tard, ils s'unis-' sent à Mithridate, renversent l'empire des Scythes et se substituentà ces peuples comme nation dominante. A l'époque d'Auguste, les Sarmates s'étendirent jusqu'aux embouchures du Danube, et l'une de leurs tribus principales, celle des Roxolans, habita ensuite entre ce fleuve et le Don, Sous le règne d'Adrien, les Roxolans furent expulsés de la Mésie qu'ils avaient envahie, et leur nom disparut totalement sous la domination des Goths qui les avaient subjugués. Une autre tribu de Sarmates, les Jazyges, franchit les Karpathes et se répandit, au ior siècle de l'ère chrétienne, dans les contrées arrosées par le Danube et la Theiss. Ceux-ci, alliés des Quades, ravagèrent à différentes reprises la Pannonie, C'est à ces Jazyges que les Romains donnaient plus particulièrement le nom de Sarmates, dénomination qu'ils étendaient aussi à tous les peuples qui habitaient au N. des Kavpathcs. Une division nouvelle s'opéra bientôt parmi ces Sarrnates-Jazyges ; une révolte de leurs esclaves divisa cette nation en deux parties, les Sarmates royaux et les Sarmates laboureurs ; ces derniers figurèrent au nombre des ennemis acharnés de Rome. Constantin le Grand accueillit près de 300,000 Sarmates royaux expulsés de leur territoire parleurs adversaires. Mais bientôt les Sarmates qui étaient restés indépendants dans leurs steppes et leurs forêts fuient subjugués par les Huns, nouveaux envahisseurs qui entraînaient tout sur leur passage; ils se tondirent dans les tribus des Huns et leur nom disparut de l'histoire.

SABMATIE, contrée habitée par les Sarmates. V. Sarmates.

SARMATIQUE adj. (sar-ma-ti-ke — rad.

Sarmates). Géogr. une. Qui a rapport aux Sarmates ou à la Sarmatie.

SARMATIQUE (mer), nom donné par les anciens géographes à la mer qui baignait, au N. de l'Europe, les côtes de la Sarmatie ; c'est la Baltique des modernes. Quelques poètes donnent aussi le nom de uierSarmatique au Font-Euxin.

SARMATIQUES (monts), dénomination par laquelle les anciens désignaient les Karpathes et les montagnes de Moravie.

SARMATIQUES (portes), nom donné par les anciens à un défilé du Caucase, entre la Sarmatie et l'Ibérie. C'est aujourd'hui Alazon, où l'on voit encore les restes d'une muraille haute de 30 mètres, qui servait à fermer ce passage aux barbares du Nord.

SARMATO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Plaisance, mandement de Castal-San-Giovanni; 2,534 hab.

SARMEDE, bourg du royaume d'Italie, province de T ré vise, district et mandement de Vittorio; 2,140 hab.

SARMENT s. m. (sar-man — latin sarmentum; de sarpere, tailler, émonder, qui appartient à la même famille que le grec arpê, pour sarpé, et l'ancien slave srupu, faux, russe serpu, illyrien sarp, polonais sierp, bohémien srp, etc. Pott conjecture pour le grec arpê un composé du prérixe a, représentant le sanscrit sa, avec, et de la racine rap, qui se montre dan3 le latin rapere, prendre). Bot. Tige ou branche ligneuse grimpante : Des sarments de vigne, de clématite. Il Branche ue vigne de l'année.

— Loc. fam. Jus de sarment, Vin.

— Ane. prov. A la Saint- Vincent, le vin monte au sarment, et, quand il gèle, il en descend, Vers le 22 janvier, date de la fête de saint Vincent, il se manifeste un premier mouvement d'ascension de la sève quand l'hiver n'est pas très-rigoureux.

— Mar. Artifice employé dans les brûlots.

— Encycl. Bot. Il arrive souvent que de3 plantes ligneuses ont des tiges ou des rameaux trop faibles pour se soutenir par euxmêmes et qui s'attachent aux corps voisins par des vrilles; ces tiges et ces rameaux ont reçu le nom de sarment, et les végétaux qui les produisent portent l'épithéte de sarmenteux; ce dernier terme est pris quelquefois comme synonyme du mot grimpant, qui a une signification beaucoup plus étendue. La vigne nous offre un exemple bien connu de cette sorte de rameaux, qui se retrouve aussi dans les autres genres de cette famille, à laquelle on a,pour ce motif, donné quelquefois le nom de sarineiitacées. Les plantes à rameaux

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sarmetitetix sont très-utiles en horticulture pour tapisser les murs, les vieux troncs d'arbres, faire des berceaux ou des tonnelles qui durent très-longtemps ; elles présentent aussi des facilités toutes particulières pour la multiplication des marcottes.

SARMENTACÉ, ÉE adj. (sar-man-ta-sé — rad.sormeu().Bot. Qui produit des sarments, des branches sarmenteuses.

— s. f. pi. Syn. d'AMPÉUDÉES ou vinifkrbs, famille de plantes qui a pour type la vigne.'

SARMENTER v. n. nu intr. (sar-man-té — rad. sarment). Agric. Ramasser les sarments qui proviennent de la taille de la vigne.

SARMEHTEBX, EUSE adj. (sar-men-ten, eu-ze — rad. sarment). Vitic. Qui pousse beaucoup de sarments : Vigne sarmentebsk.

— Bot. Dont la tige, les branches sont des sarments : Plantes sarmenteuses.

SARMENTIFÈRE adj. (sar-man-ti-fè-re — du lat. sarmentum, sarment ; fero, je porte). Bot. Qui produit des sarments.

SARMIENTA s. m. (sar-mi-ain-ta — de l'espagn. sarmiento, sarment). Bot. Genre de plantes, de la famille des gesnéracées, tribu des beslériées, dont l'espèce type croît au Chili.

SARMIENTO (Martin), érudit espagnol, né à Ségovie en 1692, mort à Madrid en 1770. Il entra chez les bénédictins de Madrid et occupa successivement, dans cette ville, les chaires de philosophie, de morale et de théologie. Chargé par l'autorité ecclésiastique d'examiner la portée et les tendances du l'ealro critico de Feijoo, dans lequel l'auteur battait franchement en brèche certains préjugés, il donna son approbation à cet ouvrage et s'attira la colère et les injures des sectes monastiques. Les Œuvresùe Sarmiento ont été publiées à Madrid (1775,4 vol. in-4°). On cite surtout, parmi ses écrits : Memorias para la historia de la poesia y poêlas espanoles, recueil fort estimé.

SARMIENTO (Domingo-Faustino), écrivain américain, ex-président de la république Argentine, né à tian-Juan en 1811. Issu d'une tamille de race espagnole pure, il eut de bonne heure à. lutter avec la fortune. A quinze ans, il entra comme commis chez un marchand et employa ses loisirs à compléter une instruction à peine ébauchée au séminaire de Cordova. En 1829, Sarmiento s'enrôla dans l'armée du président Paz, combattit contre l'ex-président Quiroga et devint capitaine; mais, après le renversement de Paz en 1831, il dut quitter son pays et se réfugia au Chili. La, pour vivre, il fut successivement maître d école, aubergiste, commis dans une maison de commerce k Valparaiso, gérant d'une mine à Copiapo. Ce fut à cette époque que, pendant ses heures inoccupées, il traduisit en espagnol la plupart des oeuvres de Walter Scott. De retour dans sa patrie en 1836, il ouvrit k San-Juan une école de garçons et une école de filles, fonda une société dramatique, écrivit en même temps dans les feuilles libérales, créa en outre un journal, l&Zonda, et fut, à différentes reprises, condamné à l'emprisonnement, à cause de l'indépendance de ses opinions et de la vivacité avec laquelle il attaquait, par la voie de la presse, les actes du gouvernement de Rosas. Obligé de s'enfuir de nouveau, iï revint au Chili (1840), y fonda plusieurs écoles, notamment une école normale, qu'il dirigea pendant trois ans, publia divers ouvrages sur l'enseignement populaire, sur la morale et sur la religion, et continua, en outre, à s'occuper de journalisme. Sur la terre d'exil, il ne cessa d'attaquer le dictateur Rosas, qui opprimait son pays, entra dijns une conspiration ayant pour objet de le renverser (1841), niais qui avorta, puis fut chargé par le gouvernement chilien de visiter l'Europe et les Etats-Unis pour y étudier les méthodes scolaires en usage dans les pays civilisés. Pendant ses voyages en France, en Angleterre, en Allemagne, Sarmiento entra eu relation avec un grand nombre d'hommes distingués, notamment avec Guizot, Humboldt, H. Mann, Cobden, etc. , et, au retour de son long voyage, il publia des ouvrages scolaires qui eurent un grand succès.

Lorsque, en 1852,Urquiza se mit à la tête d'un soulèvement pour renverser le dictateur Rosas, Sarmiento s'empressa de retourner dans son pays natal, devint le chef d'etatmajor d'Ûrquiza, qui le nomma colonel, et contribua à la victoire de Monte-Caseros (février 1852), qui délivra la république Argentine de son tyran. Toutefois, Sarmiento ne tarda pas à se séparer d'Urquiza, qui était loin d'avoir des idées libérales. S'etant fixé k Buenos- Ayres, il exerça, comme journuliste, une influence considérable sur les affaires de son pays, puis fut nommé inspecteur générai des écoles. A ce litre, il contribua puissamment au développement de l'instruction primaire et créa k Buenos-Ayres plusieurs établissements scolaires. Noiniué sénateur en 1860 et appelé en même temps à faire partie du ministère, Sarmiento fit élever graduelle-ment de 3,000 à 500,000 francs le budget annuel de l'instruction publique, contribua puissamment à introduire dans la république Argentine des innovations utiles, fit établir des télégraphes, opérer des défrichements , procéder à des opérations cadastrales, etc. Ap-

SARN

pelé en 1862 au gouvernement de la province de San-Juan,il débarrassale pays d une bande de brigands qui le dévastait sous les ordres de Chaco, s'occupa d'y introduire des améliorations administratives et établit dans sa ville natale une bibliothèque et une école modèle. En 1864, il devint ministre plénipotentiaire à Washington, et il occupait encore ce poste lorsque, en juillet 1868, il fut élu, pour six ans, président de la république Argentine en remplacement du général Mitre. Sarmiento inaugura un régime essentiellement libéral. Toutefois, il se trouva en présence de nombreuses difficultés, et ses efforts pour donner à la république Argentine un développement politique et social en rapport avec les puissants éléments de prospérité et de richesse dont elle dispose ont été fréquemment paralysés par des révoltes et des perturbations intérieures. Il continua avec le Brésil et l'Uruguay la guerre entreprise depuis plusieurs années contre Lopez, président du Paraguay, et qui se termina en 1870 par la mort de ce dernier. Après avoir Comprimé un soulèvement à la tête duquel se trouvait le général Carcerès, il envoya une expédition contre les Indiens des Pampas, qui se livraient à toutes sortes de déprédations. En 1870, le général Jordan, après avoir assassiné l'ancien président Urquiza, se fit proclamer gouverneur de l'Entre-Rios et déclara la guerre au gouvernement national. Cette révolte, qui ne fut comprimée qu'en décembre 1873, après une complète défaite de Jordan, fut une cause permanente d'entraves pour le commerce et de dépenses onéreuses pour l'Etat. Sarmiento continua son œuvre civilisatrice par la propagation de l'instruction et, sous son administration, la république Argentine fut sillonnée de télégraphes électriques, ainsi que de voies ferrées, Lorsque ses pouvoirs expirèrent en J874, il fut remplacé, comme président de la république, par le général Avellaneda, a qui il remit le gouvernement le 14 octobre. Au moment où il rentrait dans la vie privée, la république était en feu, par suite de l'insurrection du général Mitre à Buenos-A yres. Parmi les nombreux ouvrages de M. Sarmiento, nous citerons : l'Education populaire (1847) ; les Ecoles considérées comme base de la prospérité et de la liberté aux Etats- Unis; Vie d'Abraham Lincoln, et les ouvrafes sui /ants oui ont été traduits en français : 'ray Félix Aldao , esquisses historiques sur l'Amérique du Sud, traduit par Tandonnet (1847, in-8°) ; Argyropolis ou la Capitale des Etats confédérés du Rio-de-la-Plata, traduit par Lenoir (1851, in-8°); Civilisation et barbarie, mœurs, coutumes, caractère des peuples argentins, traduit par A. Giraud (1853, in-12).

SARMIENTO DA GAMBOA (Pierre), navigateur espagnol, né en Galice au xvie siècle. En 1579, il alla du Pérou au détroit de Magellan, revint en Espagne l'année suivante et suggéra à Philippe II l'idée d'envoyer une flotte et des troupes pour bâtir un fort au milieu du détroit. L'expédition eut le plus fâcheux résultat. Quelques vaisseaux furent pris par les Anglais ; le plus grand nombre furent détruits ou dispersés par les tempêtes. Sarmiento, cependant, réussit à débarquer avec 100 hommes et 30 femmes, et fonda une colonie qui périt presque tout entière par la faim. Les survivants furent rapatriés en 1587, et le lieu de leur ancien séjour reçut, en souvenir de l'événement, le nom de Port-Famine. Mais Sarmiento n'était pas resté longtemps dans la colonie. Surpris sur son vaisseau par la tempête, il avait été lancé en pleine mer et avait essayé en vain, à diverses reprises et sur divers navires, de regagner sa colonie. Chaque fois les tempêtes l'en avaient empêché. Fait prisonnier en 1580 par les Anglais, le navigateur espagnol mourut peu de temps après. On trouve un récit de l'expédition de Sarmiento dans l'tfistoire des Motuques par Argensola (livre III), récit dont Debrosses donna un abrégé. Meusel dit qu'il existe aussi une relation du voyage de Sarmiento imprimée à Madrid en

SARMIZEUETHUSA, appelée aussi Sartnategie, ancienne capitale de la Dacie , avant la conquête romaine. Quand Trajan eut soumis ce pays, il envoya dans cette ville une colonie romaine, qui prit le nom de Colonia Ulpia Trajana Augusta, dont les ruines se voient de nos jours près du bourg moderne de Varhelv.

SARNANO, ville du royaume d'Italie, province et district de Macerata, ch.-l. de mandement ; 4,306 hab.

SARNELL1 (Pompeo), littérateur italien, né à Polignano en 1649, mort en 1724. Un poème qu il composa à. l'âge de dix-neuf ans, en l'honneur de sainte Aune, lui valut le titre de protonotaire apostolique et la protection du cardinal Orsini. Entré dans les ordres, il obtint des succès comme prédicateur et continua de cultiver les lettres. En 1692, il fut pourvu de l'évêché de Biseglia. Ses principaux écrits sont : Donato distrutto renovato (Naples, 1675, in-12); Bestiarum schola (Cesena, 1680, in-12); Scuota dell' anima (Cesena, 1682, in-12); Posillicheata (Naples, 1684, in-12) ; Guida de' forestieri nella città di Napoli (Naples, 1685, in-12); Antica basilicografia (1686, in-4<>); .Lelfere eccle&iastiche (Naples, 1686, 9 vol. in-4<>); Annotazioni so-

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