V. Sarregukmines
SARGUET s. m. (sar-ghè — dimin. de sargue). Ichthyol. Nom vulgaire du sargue commun, sur les côtes de la Méditerranée.
SARI , l'ancienne Zadracarta , ville de Perse, province de Mazenderan, à 32 kilom. E. de Balfrouch, a 184 kilom. N.-E. de Téhéran; 15,000 hab. Elle est fortifiée et entourée d'un fossé profond. On y voit de jolis bazars, trois collèges et un beau palais. Commerce important avec l'intérieur de la Perse et avec Astrakhan.
SARl-D'ORCINO, bourg de France (Corse), ch.-l. de cane, arrond. et à 28 kilom. N.-E. d'Ajaccio; 1,010 hab. Ruines de trois châteaux. Récolte de vins estimés.
SARI (Napoléon -Emmanuel Stéphanini, dit Léon), ne a La Bergerie, ferme dépendant du château de Prangins, en Suisse, en 1824. C'est laque son père, ancien officier de marine, vivait auprès du roi Joseph. Léon Sari, élevé au Collège d'Ajaccio, entra à l'Ecole polytechnique, puis s'adonna au journalisme. Il collabora à l'Epoque de Solar, l'inventeur des hommes-affiches; puis, Lucien Murât, étant revenu d'Amérique, lui confia l'éducation de son fils Joachim. En 1852, il fonda, avec M. Vitu, l'Almanach des théâtres et publia seul un ouvrage bien plus intéressant : l'Annuaire du théâtre (1853 , in-lg). On y trouve des études biographiques, ornées de portraits par "Yvon, entre autres Geoffroy dans le rôfe de Mercadet, Fechter sous les traits d'Armand Duval de la Dame aux camellias, et Mile Wertheimber sous ceux de Pygroalion de Galatée. Il était alors attaché à la section des théâtres au ministère d'Etat, et M. Camille Doucet le désigna pour la direction de l'Odéon, que laissait, vacante Alphonse Royer; M. Charles de La Rounat, protégé par Morny, l'emporta, et M. Sari n'obtint que le privilège des Délassements- Comiques (1855). Cette petite salle, construite en 1841 sur l'emplacement du Spectacle des acrobates de M1*"» Saqui , n'avait guère fait Ja fortune de ses administrateurs. Le nouveau directeur fut plus heureux. C'est sous M. Sari que furent représentées ces revues
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qui eurent de la vogue : VAlmanach comique, les Délassements en vacances, Folichons et Folichonneties, Allez vous asseoir, etc.
Quand les théâtres disparurent du boulevard du Temple, les Délassements-Comiques émigrèrent, en 1830, rue de Provence; atteints une seconde fois par l'expropriation , ils cessèrent d'exister. M. Léon Sari rentra dans le journalisme; il écrivit, en 1864, de3 articles de Salon dans le Dioyène et collabora, pour la partie littéraire, au Pays et à l'Etendard. Kn 1865, il créa l'Office des théâtres qui, après quelque temps de prospérité, sombra dans les faillites du Théâtre-Lyrique, de la Porte-Saint-Murtin, de la Gaîté" et du O'hâtelet et fusionna misérablement avec une agence de paris de courses. Il dirigeait aussi, vers la même époque, l'Athénée, ou il mita la scène les Horreurs de la guerre, le Vengeur, l'Amour et son carquois, etc. Ayant laissé cette direction à M. Bu^naoh, son associé, il prit celle des Folies-Bergère, qu'il transforma complètement. Dans toutes ses entreprises théâtrales, M. Léon Sari a montré beaucoup d'intelligence, d'habileté et surtout un grand flair des goûts parisiens.
SARlAFirVG, divinité adorée dans l'Ile de Formose.
SARIANA s. m. (sa-ri-a-na). Ornith. V. cabiama.
SARIAVA s. m. (sa-ri-a-va). Bot. Syn. de
DICAI.YX.
SARIBE s. m. (sa-ri-be). Bot. Syn. de licuala, genre de palmiers.
SARICA s. m. (sa-ri-ka). Sorte de manteau grossier en usage chez les paysans de la Moldavie et de la Grèce.
SARICOVIENNE s. f. (sa-ri-ko-viè-ne — altér. de sariguiebeju, nom donné à l'animal par les naturels). Mamm. Section du genre loutre, ayant pour type la loutre du Brésil : La peau des saricoviknnes fait une très-belle fourrure. (V. de Boinare.)
— Encycl. Sous le nom de saricovienne, les auteurs ont confondu deux espèces du genre loutre, dont une, peu authentique à la vérité, a été appelée par Buffon* saricovienne de la Guyane. L'autre, la saricovienne proprement dite, est devenue le type du genre enhydre. Sa longueur est d'environ 1 mètre, non coinpris la queue qui mesure 0m,33 ; elle a le corps allongé, la queue volumineuse et les pieds de derrière très-courts; sa fourrure est épaisse, laineuse et très-douce, peu garnie de poils soyeux, d'un noir lustré; quelques parties du dos sont d'un brun marron foncé et velouté, et les parties antérieures d'un gris argenté. Cette espèce présente, du reste, quelques variétés, qu'il n'est pas bien facile de reconnaître dans les descriptions des voyageurs, et dont la plus remarquable est la variété à tête blanche. On appelle aussi cette espèce loutre de mer ou marine, eu raison de son habitat.
La saricovienne est répandue sur toutes les côtes septentrionales de l'Asie et de l'Amérique, mais plus particulièrement du Kamtchatka, des îles Aléoutiennes et de l'Amérique russe; elle fréquente surtout les côtes basses et les embouchures des fleuves. Ces animaux sont d'un naturel doux et timide, point cruels ni farouches, bien que carnassiers. Au lieu de fuir quand ils sont attaqués, ils se réunissent en poussant des cris rauques et comme enroués. Assez sédentaires dans les lieux où ils ont fait leur demeure, ils n'aiment que la société de leurs semblables. Ils évitent les endroits habités par les phoques, qu'ils craignent beaucoup ; on dit aussi, mais ce fait est au moins douteux, quo les jaguars et les couguars leur font la guerre. En hiver, elles se tiennent tantôt à terre, tuntôt sur les glaces marines; en été, elles remontent les fleuves et on assure même qu'elles entrent dans les lacs d'eau douce, ou elles paraissent se plaire beaucoup; dans les temps chauds, elles recherchent, pour se reposer, les endroits fiais et ombragés.
Les saricoviennes ont la vue courte et faible, mais l'odorat très-tin ; avant de s'endormir, elles cherchent à reconnaître par le flair s'il n'y a pas quelque ennemi dans les environs; bien quelles courent assez vite, un homme leste peut aisément les atteindre ; aussi s'éloignent-elles peu du rivage, afin de pouvoir promptemeut gagner l'eau en cas de danger ; par contra, elles nagent très-bien et très-vite, et cela dans toutes les situations, sur le dos, sur le ventre , sur les côtés et même dans une position presque verticale. Elles ne peuvent toutefois rester sous l'eau que peu de temps et sont bientôt forcées de venir respirer à la surface. Quand elles sortent du liquide, elles se secouent et se couchent en rond sur la terre, comme les chiens. Elles se nourrissent de poissons, de crustacés, de mollusques ou de zoophytes, qu'elles ramassent sur le bord à la marée basse ou qu'elles détachent des rochers à l'aide de leurs ongles forts et crochus.
« Le -mâle, dit V. de Bomare , ne s'attache qu à une seule femelle, avec laquelle il va de compagnie et qu'il parait aimer beaucoup, ne la quittant pas; il y a apparence qu'ils s accouplent dans tous les temps de l'année, car on voit des petits nouveau -nés dans toutes les saisons, et quelquefois les père et mère sont suivis par des jeunes de différents âges des portées précédentes, parce
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que leurs petits ne les quittent que quand ils sont adultes et qu'ils peuvent former une nouvelle famille; les femelles ne produisent qu'un petit à la fois, très-rarement deuxj le temps de la gestation est d'environ huit a neuf mois ; elles mettent bas sur les côtes ou sur les lies les moins fréquentées. Le petit, dès sa naissance, a déjà toutes ses dents; les canines sont seulement les moins avancées; la mère l'allaite pendant plus d'un an, d'où l'on peut présumer qu'elle n'entre en chaleur qu un an après qu'elle a produit ; elle aime passionnément son petit, elle joue continuellement avec lui et ne cesse de lui prodiguer des soins et des caresses; elle lui apprend à nager et, lorsqu' il est fatigué, elle le prend dans sa gueule pour lui donner quelques moments de repos ; si on vient h le lui enlever, elle jette des cris et des gémissements lamentables ; il faut même user de précautions lorsqu'on veut le lui dérober; car, quoique douce et timide, elle le défend avec un courage qui tient du désespoir et se fait souvent tuer sur la place plutôt que de l'abandonner. ■
On chasse les saricoviennes à terre, dans la saison d'été, où on les trouve souvent endormies; on les prend aussi avec des filets tendus dans la mer. Les Kamtchadales ne craignent pas de les poursuivre sur les glaces et s'avancent ainsi fort -loin en mer, chaussés de très -longs et larges patins, qui leur permettent de s'aventurer dans les endroits où la glace est peu épaisse ; mais souvent aussi le glaçon qui les porte se détache, est entraîné jar les eaux et les vents, et ils courent alors e risque de périr, ou tout au moins d'errer plusieurs jours en mer jusqu'à ce que des vents favorables les ramènent au rivage. D'autres fois, on poursuit ces animaux en canot, jusqu'à ce qu'ils se laissent prendre par lassitude. Les profits que l'on retire de cette chasse font affronter les dangers sérieux qu'elle présente. V., pour de plus amples détails, loutkb du mer, à la suite de l'article