‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 107 sur 1059 · SARO · texte numérisé non relu

SARO

d'Egine, Cette échancrure porte aujourd'hui le nom de golfe à'Egine ou a' Athènes,

SAROPODE s.m. (sa-ro-po-de — du gr. saros, balai; pous, pied). Bot. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des apiens ou mellifères, tribu des anthophorides,dont l'espèce type habite le midi de la France.

SAROS s. m. (sa-ross). Chronol. Période synodique des Chaldéens.

— Encycl. Cette période renferme 235 mois lunaires, équivalant à 19 années tropiques, ou 223 lunaisons, comprenant 18a 15J 10b solaires environ. Le renouvellement de cette période ramène à peu près les éclipses aux mêmes jours et dans le même ordre que dans la période précédente. C'est le cycle que Méton a fait connaître aux Grecs et dont les Athéniens firent graver les calculs en lettres d'or. Cette période a été également connue des Chinois, des Indiens et des Egyptiens. V. cycle d'or.

SAROS (golfe de), autrefois Mêlas Sinus, golfe formé par l'Archipel sur la côte méridionale de Roumélie, au N.-O, de la presqu'île de Gallipoli, qui le sépare de la mer de Marmara et des Dardanelles.

SAROS (NAGY-), dite aussi Grass-Saros, ville de l'empire d Autriche, dans la Hongrie, comitat de son nom, à 7 kilom. N.-O. d'Eperiès; 3,015 hab. Fabrication de draps et de cuirs. Restes d'un ancien château.

SAROS (comitat de) , dans l'empire d'Autriche, division administrative de la Hongrie. Il est compris entre la Gallicie au N., les comitats de Zips à l'O. , d'Abauj-Torna au S., de Zemplin a l'E,; il s'étend sur une superficie de 3,500 kilom, carrés et renferme 146,000 hab. Sol accidenté par les ramifications méridionales des Karpathes. Riches mines d'opales ; eaux minérales et sources salées. Elève importante de bétail.

SAROSY et non SAROSSI (Louis), connu aussi sous le pseudonyme de Julien Gyuis,

poëte hongrois, né à Boros-Shebeshi en 1816, mort à Pesth en 1861. Il fit ses études aux universités allemandes de Leipzig et d'Iéna et entretint des relations avec les poètes allemands Hoffmann, Prutz, Herwigh et plusieurs autres. Reçu avocat, il revint en Hongrie en 1838, habita Arad, puis Pesth et fonda en 1843 le journal populaire Trombitsa (la Trompette). En 1848, Sarosy adhéra au mouvement national et devint secrétaire d'un sous-comitat hongrois. Après la chute de l'indépendance hongroise en 1849, Sarosy réussit à se dérober aux recherches pendant trois années. Découvert eD 1852 à Gyongôsi, où il se cachait sous le pseudonyme d'Albert Soreich, il fut condamné h un emprisonnement perpétuel; mais il fut gracié en 1854. On lui doit un recueil de poésies politiques hongroises (1843), des traductions hongroises de divers poètes allemands, Platen, Chamisso, etc., publiées dans l'Awora de Kisfaludy et dans l'Erdely Muséum. Il s'occupait aussi de la rédaction d'un recueil complet des Chansons populaires du nord de la Hongrie, quand la mort le surprit,

SABOTE s. m. (sa-ro-te — du gr, sarôtês, qui balaye). Arachn. Genre d'aranêides, de la tribu des araignées, formé aux dépens des thomises.

— Bot. Genre d'arbrisseaux , de la famille des byttnériacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Australie.

SAROTHAMNE s. m. (sa-ro-ta-mne — du gr. saros, balai; thamnos , buisson). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Europe centrale et méridionale.

SABOTHRA s. m. (sa-ro-tra — du gr. sarâthron, balai). Bot. Genre de plantes, de la famille des caryophyllées, dont l'espèce type croît dans l'Amérique du Nord.

SAROUBÉ s. m. (sa-rou-bé — nom madécasse). Erpét. Espèce de salamandre qui vit à Madagascar.

— Encycl. Le saroubé est une espèce de salamandre qui atteint environ o^^o de longueur totale ; il a la tète plate et allongée ; la partie supérieure du cou très-large, garnie d'une double rangée d'écaillés d'un jaune clair; la peau du dos luisante, un peu chagrinée, d'un jaune tacheté de vert; sous le ventre, des écailles petites, nombreuses, arrondies, jaunes; la queue plate et ovale ; les jambes assez courtes; les pieds écailleux, les pieds antérieurs à quatre doigts, les pieds postérieurs à cinq, réunis par une membrane, élargis au bout et munis d'ongles crochus. Cet animal habite Madagascar; ou le voit plus fréquemment la nuit, et quand le temps est humide, que le jour et par les temps secs. Il se nourrit de mouches et d'autres petits insectes. Son naturel est doux et timide, et il est complètement inoffensif.

SAROUDJ ou SEROUDJE, ville de la Turquie d'Asie, dans le pachalik d'Alep, à 48 kilom. S.-O. d'Orfa. Cette ville eut au moyen âge le titre de comté, qui appartenait aux princes d'Edesse.

SARODKHAN.sangiac de la Turquie d'Asi* (eyalet d'Aïdin), borné au N. par le sangiac de Karassi, à l'E. par celui de Kutaièh, au S. par celui d'Aïdin et à l'O. par l'Archipel.

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Ce territoire a 180 kilom. de l'E. à l'O. et 110 sur sa plus grande largeur. Ch.-l., Thyatire ou Ak-Hissar. Le Saroukhan renferme plusieurs montagnes, rîotamraent le Codja- Dagh au N. et le Birki, le Bouz-Dagh et le Saboudji-Dagh au S. Son principal cours d'eau est le Sarabat, et sa côte forme le golfe de Tchanderli. On y récolte principalement du vin, de3 amandes, du coton et on y produit de la soie. Le Saroukhan doit son nom à l'émir Sarou, qui s'empara du pays en 1307. Il fut réuni par Bajazet I" a l'empire ottoman.

SAROtl-TAKI-KHAN (Mirza), ministre persan, né à Tauris vers 1565, mort k Ispahan en 1645. Accusé d'avoir abusé d'un jeune garçon, il se fit eunuque et dut, dit-on, sa fortune à cet acte. Il devint successivement contrôleur du vizir du Mezenderan, puis vizir. Il l'était déjà en 1618, lorsque Pietro délia Valle visita cette province. Sarou-Taki fut ensuite nommé gouverneur de Ghilan et prit le titre de kan, puis il fut investi de la fonction importante de naser ou surintendant des domaines du roi; enlin, en 1632, i! devint premier ministre de Schah-Safy. Oléarius, qui vit Sarou-Taki en 1637 , le représente comme d'un caractère vindicatif. Sarou-Taki périt dans son palais en 1645, victime d'un coup de main audacieux de ses ennemis.

SARP, ville de Norvège, dans le diocèse d'Aggerhuus, k 16 kilom. S.-O. de Frédérikstadt. Près de là est une cataracte, du haut de laquelle on précipitait jadis les criminels.

SARPÉDON, fils de Jupiter et d'Europe.

Il était frère de Minos et de Rhadamante, disputa à Minos le trône de Crète, mais fut vaincu par lui et dut s'expatrier. Sarpédon conduisit alors une colonie de Cretois en Lycie et y fonda un petit royaume dont il fut le souverain.

SARPÉDON, fils de Jupiter et de Laodamie, et roi de Lycie. Lorsque Priam fut assiégé dans Troie par les Grecs, il alla à son secours avec une armée et défendit vaillamment la ville. D'après Homère (Iliade, XVI), les Troyens fuyaient devant Patrocle, lorsque Sarpédon l'attaqua et fut tué par lui. Jupiter, qui n'avait pu arracher à la mort son fils, condamné par la destinée à périr en ce moment, fit tomber sur la terre une grande pluie de sang. Les Grecs, à la suite d'un Combat acharné, dépouillèrent Sarpédon de ses armes. Par ordre de Jupiter, Apollon enleva alors le corps de Sarpédon gisant sur le champ de bataille, le parfuma d'ambroisie, le revêtit d'habits immortels et le remit au Sommeil et à la Mort, qui le transportèrent en Lycie.

SARPÉDONIE s. f. ( sar-pé-do-nl ). Bot. Espèce de renoncule.

SARPEJEU interî. (sar-pe-jeu). Sorte de juron familier : Qu on ne m'interrompe pas, SARpejeu I je suis en train. (O. Feuillet.)

SARPER v. a. outr. (sar-pé). Agric. Couper avec une petite faux à manche cintré : Sarper du blé.

— v. n. ou intr. Mar. Laver le grappin ou l'ancre.

SARPI (Pierre), dit Fr» Paolo, historien et publiciste italien, né à Venise le 14 août 1552, mort dans la même ville le 15 janvier 1623. Son père, qui était négociant, ayant perdu toute sa fortune, le jeune Sarpi fut élevé par un oncle qui tenait une école. Tout enfant, il montra une ardeur incroyable pour l'étude et une intelligence des plus vives, jointe à une mémoire étonnante. A treize ans, il entra dans l'ordre des servites et substitua alors à son prénom de Pietro celui de Fra Paolo, qu'il devait rendre célèbre. Envoyé à Mantoue pour y compléter ses éludes, Sarpi étudia le grec, l'hébreu, les mathématiques, la théologie, la philosophie. A dix-huit ans(i 570), il soutint avec tant d'éclat plusieurs thèses que le duc de Mantoue le choisit pour théologien et qu'il fut chargé peu après d'enseigner la théologie. Tout en occupant cette chaire, il ajoutait sans cesse à la somme de ses connaissances et faisait une étude particulière de l'histoire, du droit public, des sciences naturelles, de l'astronomie et de l'anatomie. A l'âge de vingt ans, Sarpi prononça ses vœux et, deux ans plus tard (1574), il reçut la prêtrise. Il se rendit alors à Milan, ou Charles Borroinée fut vivement frappé de son mérite. En 1575, ses supérieurs le chargèrent d'aller enseigner la philosophie à Venise, où ou lui donna, trois ans plus tard, une chaire de théologie. Cette même année, ii se fit recevoir docteur en théologie à Padoue, et en 1579, bien qu'il n'eût encore que vingt-sept ans, il fut élu provincial de son ordre. Envoyé alors à Rome, ii reçut la mission de réformer les constitutions des servites, dont il devint procureur général en 1585. A ce titre, il retourna à Rome, puis se rendit à Naples, et dans ces deux villes il se lia avec les hommes les plus éminents et les plus instruits; Bellarmin.Navarro, J.-B, Porta, Galilée, etc. Déchargé de ses fonctions en 1589, Sarpi dut retourner à Venise et y reprit avec une ardeur nouvelle ses études scientifiques, se livrant k des observations astronomiques, à des recherches auatomiques, etc. Griaellini affirme avoir trouvé, en lisant des manuscrits de Sarpi, que le savant servite avait découvert la circulation du sang dès 1580, constaté l'effet de l'air insufflé dans les poumons eu cas de mort apparente, les variations

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et la déclinaison de l'aiguille aimantée, la contraction et la dilatation de l'uvée dans l'œil des animaux, corrigé les travaux de Viète sur l'algèbre, etc. Ces affirmations de Grise Uni sont très-contestables ; mais ce qu'il y a do certain, c'est que Sarpi avait porté ses inves igations sur les sujets les plus variés de la science, qu'il était en relation épistolaire avec les premiers savants de l'Europe, sans t 'occuper le moins du monde de leur orthodoxie, et qu'il traitait pour ce qu'elle valait l'alchimie, en ces temps où tant d'esprits distingués se fourvoyaient dans cette chimérique étude. Nommé évoque de Caorle, puis de Nona (1601), il vit chaque fois la cour de Rome lui refuser les bulles nécessaires pour qu'il entrât en fonction. Peu après l'avénementde Paul V au trône pontilical (1605), ce pape iiyant menacé de lancer l'interdit sur VeniS'î, parce que le gouvernement de cette république avait refusé de modifier une loi qui lui déplaisait, Sarpi, consulté, prit fait et cause pour Venise et fut nommé théologien consulleur de la république. Dans des écrits d'une remarquable vigueur, d'un style net et incisif, notamment dans son fameux Traité de l'interdit, Sarpi attaqua, sans aucun ménagerrent, les intolérables prétentions du pape, démontra l'inanité des excommunications lancées [jar lui lorsqu'il s'agissait d'affaires temporelles et conseilla au gouvernement vénitien de n'en tenir aucun compte. Ce viril et judicieux conseil fut suivi, et, en présence de l'inébranlable résistance du sénat de Venise, Paul V, après deux ans de lutte vaine, dut enfin céder. Les services que Sarpi avait rendus en cette circonstance firent porter ses appointements de 200 à 400 ducats. En outre, il fut nommé consulteur en droit et on lui accorda l'entrée des archives (1607). A partir de ce moment, Sarpi acquit une grande influence sur les affaires de L'Etat. Dans toutes les affaires importantes on fit appel k ses conseils et il rédigea, sur les questions de politique, d'administration et de religion, un grand nombre de consultations qui attestent beau ce up de sagacité et d'indépendance d'esprit, mais où l'on trouve parfois des maximes d'une politique machiavélique. Son attitude en face desempiétements de la cour de Rome, les abus de tout genre qu'il constatait dans l'Egliso et dont il désirait la réforme, enfin ses relations avec les savants de tous les partis, lui attirèrent un grand nombre d'ennemis et l'ont fait accuser par plusieurs écrivains, notamment par Bossuet, de n'avoir été qu'un protestant déguisé. Ses pieux ennemis, pour se débarrasser de lui, résolurent de le faire assassiner. Prévenu que sa vie était en danger, Sarpi ne sortit plus qu'aveu une cotte de mailles sous sa robe. Néanmoins, le 5 octobre 1307, au moment où il sortait de son couvent, il fut assailli par cinq sicaires, qui le frappèrent de plusieurs coups de poignard. Bien que grièvement blessé, il guérit, et l'attentat dont il venait d'être victime lui valut desmaïques de la plus vive sympathie de la part du peuple et du gouvernement de Venise. St.rpi n'en continua pas moins à engager les Vénitiens à résister aux incessantes velléités d'empiétement de la cour de Rome et conseilla à la république de s'allier avec la république de Hollande. Dans les dernières années de son existence, il resta presque continuelle lient enfermé dans son couvent, partageant son temps entre la composition d ouvrages 3t la rédaction des consultations que lui demandait le sénat. Son Histoire du concile de Trente, qu'il termina en 1615 et qui parut, a son insu, k Londres, quatre ans plus tard, produisit une profonde sensation et raviva contre lui les humes de la cour de Rome. Le gouverrement de Venise fit célébrer ses funérailles avec une pompe extraordinaire et sa mort fu. notifiée aux puissances étrangères. Sarpi fut un savant du premier ordre, un politique habile, un écrivain d'un rare mérite etunde;> plus vigoureux adversaires de l'omnipotente papale. Nous citerons de lui : Traité de l'interdit (Venise, 1606, in-4»), traduit en français par Amelot de La Houssaye, dans soi. Gouvernement de Venise; Considérations -<ur les censures de Paul V contre la république (1606, in-4°), traduit en français sous le titre d'Examen contenant la réponse aux censures (1606, in-8°) ; De jure asylorum (Leyde, 1622, in-4°); Histoire particulière du dijféreuc' de Paul V avec la république de Venise („624, in-4°), traduit en français par Jean de Uardes(l625) ; Histoire du concile de Trente (Londres, 1619, in-fol.), réimprimé un grand nombre de fois et traduit en plusieurs langues, notamment en français par La MotheJosseva)(l683)etparlePèreCourayer, C'est le plus célèbre et le plus remarquable ouvrage de Sarpi (v. TRENTE [Histoire du concile ce}); Histoire des Usco/ues, continuation de l'ouvrage de Minuccio (1676) ; Discours sur l'inquisition (1638, in-4°), traduit en français par Amelot de La Houssaye ; Traité dis bénéfices (léna, 1681, in-12), traduit en français par l'abbé de Saint-Marc (1685, in-12}. Un lui attribue : VOpinion du Père Pac lo sur la façon dont doit se gouverner la république de Venise (Venise, 1681, iu-12), livre écrit en 1615 pour les inquisiteurs d'Etat, et qui a été traduit en français par l'abbé de Marsj , sous ce titre ; le Prince de Fra Paolo ou Conseils politiques adressés à la noblessede Venise (Berlin, 1751, in-12). Ce livre, qui renferme des maximes odieuses, vivement reprochées à Sarpi, est, d'après Agostini,

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l'œuvre d'un nommé Gradenigo. Enfin Sarpi a laissé beaucoup d'ouvrages inédits et un nombre considérable de lettres, dont une assez grande partie, plus ou moins tronquée, a été publiée. Les Œuvres complètes de Sarpi, qui ne comprennent point fout ce qu'il a écrit, ont paru pour la première fois à Helmstœdt ( 1750, 2 vol. in-fol. ) et ont été plusieurs fois rééditées. Presque tous les ouvrages de ce savant ont été traduits en diverses langues.

SARRABAT (Nicolas), physicien français, né à Lyon en 1698, mort k Paris en 1737. Entré chez les jésuites, il fut nommé professeur de mathématiques à Marseille. Son principal ouvrage est intitulé : Dissertation sur la circulation de la sève dans les plantes (1733, in-12). Les Mémoires de Trévoux (années 1730, 1731, 1734 et 1735) contiennent plusieurs dissertations physiques de Sarrabat.

SARRACÉNIE s. f. (sa-ra-sé-nl — du lat.

sarracenus, traduc. de Sarrazin, méd. fr.). Bot. Genre de plantes, type de la famille des sarracéniées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les marais de l'Amérique du Nord : Les sarracénies présentent un fait curieux : leurs ascidies sont de véritables pièges à insectes. (P. Duehartre.) Les sarracénies abondent dans les marais tourbeux chargés de sphaignes. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Les sarracénies sont des plantes vivaces, à rhizomes épais et charnus, émettant, au lieu de feuilles proprement dites, des phyllodes radicaux, tubuleux, ventrus, coriaces, obliques, ascendants, munis d'une aile longitudinale se prolongeant de la base au sommet, qui est ouvert et surmonté d'une sorte d'opercule ou couvercle susceptible de se baisser ou de se relever. Du centre de ces phyllodes, ordinairement groupés en rosette et qui ont reçu le nom d'ascidie ou d'urne, s'élèvent une ou plusieurs hampes terminées par des fleurs grandes et solitaires. Celles-ci présentent un calicule petit, à trois sépales inégaux, persistants; un calice de trois à cinq sépales colorés, pétaloïdes, caducs- une corolle à cinq pétales, munis d'onglets ; des étamines en nombre indéfini, à anthères vacillantes ; un ovaire libre, globuleux, à cinq côtes arrondies, à cinq loges multiovulées, surmonté d'un style court, terminé par un large stigmate pétaloïde, persistant, à cinq divisions et recouvrant, comme un bouclier ou un parasol, les organes sexuels. Le fruit est une capsule pentagonale, k cinq loges, renfermant de nombreuses graines, petites, cymbiformes, un peu comprimées, jaunâtres et accompagnées d'une aile peu étendue.

Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent les régions tempérées de l'Amérique du Nord; elles croissent dans les^, marais tourbeux où abondent les sphaignes et autres mousses aquatiques, au milieu desquelles leurs touffes éparses se font aisément remarquer. Leurs phyllodes sont constamment remplis d'une eau très-limpide et inodore, sécrétée par le végétal ; ce sont de véritables pièges k insectes. Les mouches, notamment, qui viennent se poser sur les bords, attirées sans doute par la substance douce et un peu visqueuse qu'elles viennent sucer, s'avancent peu à peu vers l'intérieur du tube, y glissent, tombent au fond et se noient. Cette propriété persiste même dans les phyllodes détachés de la plante pendant la saison chaude et placés verticalement dans l'intérieur des habitations.

Nous citerons comme espèces les plus intéressantes : la sarracénie pourpre, à phyllodes longs de om,15, veinés de rouge ainsi que l'opercule, qui est droit, sessile, en forme de cœur renversé et à fleurs pourpre foncé, longuement pédonculées ; la sarracénie jaune a des phyllodes atteignant la longueur de 1 mètre, resserrés au sommet, k opercule brunâtre, réniforrae, rétréci en pétiole à sa base et des fleurs jaunes à pédoncules plus courts; la sarracénie crochue ou variolaire a des phyllodes longs de 0ra,30 à 0in,35, étroits, à peine ventrus, lavés de violet et tachetés de blanc, des opercules arrondis, violets, rabattus en forme de capuchon et des fleurs d'un jaune verdàtre ; la sarracénie perroquet se distingue de la précédente par ses phyllodes ventrus, veinés de violet sur un fond blanchâtre, ses opercules petits, en bec-decorbin, et ses fleurs pourpres ; la sarracénie rouge a des phyllodes plus grêles, plus longs, plus dressés, avec un opercule presque droit et des fleurs carmin foncé, à odeur de violette ; la sarracénie de Drummond se reconnaît à ses phyllodes longs de ù^fiQ, veinés de violet et à ses fleurs d'un violet foncé; enfin, la sarracénie ondulée, souvent confondue avec la précédente, s'en distingue par ses phyllodes plus larges et moins longs et par ses opercules à bords ondulés.

Malgré leuç mode de végétation tout particulier, la culture des sarracénies ne présente pas de difficultés sérieuses, mais elle exige quelques soins, ainsi qu'on le verra par les détails dans lesquels nous allons entrer. Le sol qui leur convient est une terré siliceuse et tourbeuse, mélangée de mousses et surtout de sphaignes hachées menu. On les propage ordinairement de graines semées en pots ou terrines remplis de terre de bruyère très-siliceuse, mélangée de sphaignes, et plongés k moitié dans l'eau courante ou fréquemment renouvelée. Les graines sont simplement répandues sur le sol et le semis

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est recouvert d'une cloche percée. Quand les plantes commencent à végéter, il leur faut la chaleur d'une bonne serre tempérée et des seringages fréquents ; le fond des vases doit tremper de quelques centimètres dans l'eau. La plupart des sarracénies demandent même la serre chaude humide jusqu'à la floraison. Dès que celle-ci est terminée, on transporte les pots en serre tempérée et on les laisse reposer à sec et sans arrosement, mais dans un endroit frais. On peut néanmoins, si on le désire, avoir des pieds qui végètent en hiver. Quant aux sujets qui arrivent en pleine végétation, il faut les tenir un peu à la chaleur, puis les laisser continuer k végéter, même s'ils arrivent dans la saison froide. En résumé, ces plantes exigent beaucoup de chaleur et d'humidité.

La composition chimique des sarracénies n'est pas encore bien connue. On sait, toutefois, que le liquide contenu dans les ascidies est sucré et visqueux, assez analogue au miel et sécrété par la paroi interne du tube. Il est plus abondant durant la belle saison; par les temps chauds et secs, il s'épaissit de manière k former une sorte de membrane blanchâtre. Malgré les propriétés merveilleuses que lui attribuent les naturels de l'Amérique du Nord, il est complètement inusité en médecine.

On trouve quelquefois dans le commerce les racines de sarracénie; elles sont longues, tortueuses, roug;eâtres, flexibles, à peu près de la grosseur d une plume, rugueuses et rappelant assez par leur aspect extérieur celles du fraisier. Ces racines ont été vantées, dans ces derniers temps, comme un médicament prophylactique et curatif de la variole; on les administrait en infusion. En Amérique, on en fait une teinture qui entre dans la composition des potions. Les feuilles ou ascidies ont été préconisées pour le même usage. Malheureusement les expériences tentées en France à ce sujet n'ont pas, jusqu'à ce jour, confirmé les résultats annoncés.

SARRACÉNIE, ÉE adj. (sa-ra-sé-ni-é — rad. sarracénie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte k la sarracénie.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre sarracénie.

— Encycl. La famille des sarracéniées renferme des plantes herbacées, à feuilles toutes radicales, en forme d'ascidie ou de vase tubuleux plus ou moins allongé, surmonté d'un petit limbe foliacé, qui forme comme un couvercle ou opercule redressé, muni k l'intérieur de poils dirigés en bas et de glandes qui paraissent servir k sécréter, au moins en partie, le liquide plus ou moins abondant à l'intérieur du vase. Les fleurs, hermaphrodites, rouges, jaunes ou blanches, accompagnées de bractées, sont ordinairement solitaires, plus rarement disposées en grappes, k l'extrémité de longues hampes radicales qui s'élèvent du milieu des feuilles. Elles présentent un calice k quatre ou cinq divisions, ordinairement accompagné d'un petit involucre il trois folioles ; une corolle de quatre ou cinq pétales alternes, onguiculés, connivents, quelquefois nulle; des étamines en nombre indéfini, insérées, ainsi que les pétales, sur le réceptacle; un ovaire libre, k trois ou cinq loges multiovulées, surmonté d'un style court terminé par un stigmate, souvent dilaté et pétaloïde, k trois ou cinq lobes. Le fruit est une capsule k trois ou cinq lobes, renfermant de nombreuses graines à test solide^ embryon entouré d'un albumen charnu.

Cette petite famille, qui a des affinités avec les nymphéacées, comprend les genres sarracénie, coléophylle et héliamphore. Les sarracéniées habitent surtout l'Amérique du Nord et sont plus rares dans l'Amérique tropicale; elles croissent dans les marais. Elles se recommandent par quelques propriétés médicales, mais surtout par les singularités que présente leur végétation ; on les cultive assez souvent dans nos serres tempérées.

SARRACÉNIQUE adj. (sa-ra-sé-ni-ke — du lat. Sarraceni , Sarrasins). Hist. Qui a rapport aux Sarrasins : L'art sarracéniqdk.

— Ane. pharm. Se disait d'un narcotique dont on attribuait l'introduction en Europe aux Sarrasins.

SARRACHA s. f. (sa-ra-tcha). Bot. Genre de plantes, de la famille des solanées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Pérou,

SARRACINE s. f. (sa-ra-si-ne). Bot. Nom vulgaire de l'aristoloche clématite.

SARRACOLETS, race appartenant k la famille mandingue et qui habite la Sénégambie. Les Sarracolets ou Serracolets, que l'on nomme aussi quelquefois Malinkés, occupent principalement le Galam et le liârta. On en trouve aussi dans le Khassa, le Bambouk et, en général, dans tout le cours du haut Sénégal et de la Falémé. Dans le Galam et le Kârta, ils sont organisés politiquement, et c'est pour cela que nous disons qu'ils occupent principalement ces pays. Les Sarracolets se divisent en quatre nations importantes : les Guidiagass, les Aérankés, les Guihimahass et les N'Diagébés. La plus puissante est celle des Guidiagass, à qui appartiennent les Bakiris, tribu qui renferme les familles princières et royale. Les Bakiris sont les guerriers par excellence et ils dominent durement dans le pays. Ils sont turbulents et pillards ; la bravoure est forcé-

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ment héréditaire chez eux, et leur union leur donne encore plus de force pour opprimer les marabouts, caste modeste de lettrés, d'industriels, de commerçants, de voyageurs.

Les Aérankés habitent surtout la partie voisine du Fouta-Damga et le Fouta même ; c'est à eux que les Guidiagass ont enlevé le pouvoir, et ils se sont réfugiés dans les pays voisins où à la frontière du leur. Les Guihimahass, peu nombreux, se sont mêlés aux Maures de la rive droite du fleuve et ont formé avec eux une population mixte qui contribue à faire perdre le type arabe chez les Maures du Sénégal et k égarer les savants qui recherchent l'origine de ces derniers. Enfin, les N'Diagébés sont d'anciens émigrés yolofs fondus dans le peuple sarracolet, mais qui, malgré ce mélange, ont conservé leur caractère propre. D'ailleurs, ils sont aussi très-peu nombreux et ils sont concentrés kBakel et à Mandori, où ils ont su faire respecter leur indépendance. La forme du gouvernement des Sarracolets est monarchique; mais leur roi n'est, à proprement parler, qu'un chef militaire entouré de ses Bakiris, auxquels il est souvent obligé d'obéir. La royauté est héréditaire et se transmet par élection dans une même famille. La religion des Sarracolets est l'islamisme ; mais les guerriers bakiris ne se privent point d'user et d'abuser des liqueurs fortes, ce qui, joint à leurs exactions continuelles, contribue k exaspérer et à scandaliser les paisibles marabouts, fervents adorateurs du Prophète. Ces derniers, qui forment la classe active de la nation, sont laborieux , patients et commerçants. Leur principale industrie est le colportage.

SARRACUM s. m. (sar-ra-komrn). Antiq.

Espèce de chariot romain.

— Astron. anc. Nom que l'on donnait au- ' trefois k la Grande Ourse et k la Petite Ourse.

— Encycl. Antiq. Les cultivateurs des environs de Rome et dune grande partie de l'Italie se servaient du sarracum pour transporter d'un lieu à un autre les produits de leurs champs, les grains, les légumes, les arbres. Juvénal dit (satire m, 254) ; « On voit briller un long sapin sur le sarracum qui s'approche; »

Modo longa coruscat

Sarraco veniente abies

Quelquefois on voyageait dans un sarracum, c'est ce qui ressort d'un passage de Cicéron rapporté par Quintilien (vm, 3). Du même passage on peut conclure que le mot sarracum était un terme bas et vulgaire. Capitolin raconte que, durant une peste, on fut obligé, à Rome, de transporter les morts sur des chariots de ce genre, tellement la mortalité était grande.

Les peuples d'Italie empruntèrent le sarracum aux barbares du nord de l'Europe. Il suffirait du nom même pour n'en pas douter; mais, en' outre, nous savons que plusieurs nations barbares en faisaient usage. Quelques-unes employaient ces chariots dans la guerre et les plaçaient à l'eutour de leurs camps en guise de fortification. Ils servaient aux Scythes de moyen de transport quand ils émigraient; c'est là qu'ils plaçaient, dans leurs migrations, leurs femmes et leurs enfants avec tout ce qu'ils possédaient. Ammien Marcellin compare ces sortes de caravanes à une véritable cité en voyage.

On semble avoir fait quelquefois, chez les Romains, du mot sarracum un synonyme de plaustrutn, qui était aussi une voiture k transporter les fardeaux. Ainsi, Juvénal (satire v, 22) l'emploie pour désigner la constellation qui est généralement appelée Plaustrum ;

lllo tempore quo se

Frigida cirvumagunt pigri Sarraca Boots;

« Dans ce temps où le Bouvier paresseux

tourne autour du Chariot glacé. »

SARRAF s. m. (sa-raff). Changeur égyptien.

— Encycl. L'Egypte est le rendez-voua des monnaies du monde entier, et les pièces du pays même sont peut-être celles qu'on y rencontre le moins : talaris de Marie-Thérèse, colonates espagnoles, piastres mexicaines, roupies indiennes, dollars américains, roubles de Russie, rixdalers de Suède, sequins d'Autriche, thalers, florins, zwanzigers d'Allemagne, lires italiennes, monnaies d'Angleterre et de France; depuis le souverain jusqu'au penny et de la pièce de 20 francs k la pièce de 10 centimes, rien n'y manque. C'est un amalgame dont les sarrafs ne savent que trop profiter ,aux dépens des étrangers.

SAKRALBE, ancienne ville de France (Moselle), arrond. et à 14 kilom. S. de Sarreguemines, cédée à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871). Elle est située dans un charmant vallon, au confluent de l'Albe et de la Sarre ; pop. aggl., 2,303 hab. — pop, tôt., 3,383 hab. Mine de sel gemme; source salée exploitée. Aciérie, fabrication de chapeaux de paille; teintureries, moulins. Sarralbe était, au xiie siècle, un fief de l'évêché de Metz appartenant aux comtes de Dagsbourg. Après 1 extinction de cette maison, la seigneurie retourna aux évêques ; enfin, au xvie siècle, elle fut acquise par les ducs de Lorraine. Sarralbe jouissait d'une franchise communale, octroyée dès 1368 par Thiederich ou Théodoric Bayer de Boppart, évêque de Metz. On remarque à Sarralbe une asseï

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belle égliso, batte en 1623 et renfermant un bon tableau copié d'après Van Dyck. Un étroit passage sépare cette église d'une tour qui faisait jadis partie, suivant toute apparence, des anciennes fortifications. L'église se termine par un clocher à renflement dans le goût du xvmo siècle. Près de la ville, dans le cimetière, se trouve une chapelle d'où l'on domine la vaste plaine arrosée par l'Albe et la Sarre. Il faut enfin signaler la promenade qui s'étend entre l'église et la route de Saltzbronn. Les salines de Sarralbe sont trèsimportantes; elles fournissent annuellement à la consommation environ 120,000 quintaux métriques de sel et emploient 125 à 150 ouvriers. L'exploitation en remonte au xne siècle, et on y voit encore un puits ouvert à cette époque. Sarralbe possède de plus une fabrique et une raffinerie d'acier trèsrenommées, et ses diverses branches d'industrie énumérées plus haut en font un centre ouvrier des plus actifs et des plus prospères.

SARRALLIER s. m. (sa-ra-lié). Ornith.

Un des noms vulgaires de la mésange.

SARRAN (Jean-Raimond-Pascal), littérateur français, né a Montpellier en 1780, mort à Paris en 1844. Il était avocat à Montpellier quand les Bourbons rentré renten France. S'étant rendu à Paris, il coltabora & divers iournàux réactionnaires, au Canservateur, h a Dominicale, au Drapeau blanc de Martainville,et se signala par son royalisme exagéré, ce qui, cependant, ne l'enrichit point. Après la révolution de 1830, il se montra absolument hostile à la nouvelle dynastie et tomba dans la misère. S'il n'eût été chargé par le parti légitimiste de quelques missions près de la duchesse de Berry et du roi Ferdinand VII, missions qu'il accomplit moyennant rétribution,il serait peut-être mort de faim. Ses principaux ouvrages sont : le Premier avril ou retour des Bourbons, comédie-vaudeville (1814, in-8°); Association constitutionnelle pour la défense légale des intérêts légitimes (Paris, 1821, in-8<>); De la nécessité et de la légalité des demandes en indemnité à raison des biens vendus par l'Etat (1821, in-8°) ; Appel d'intérêt public au gouvernement contre te ministère (1824, in-8°); Cri d'indignation contre la censure (1824, in-8"); De l'état actuel de la liberté de la presse (1824, in-8°); Des marchés Ouvrard (1824, in-8<>); Du ministère Villèle et de ses œuvres (1825, in-8°) ; Défense de la liberté de la presse contre les attaques de M. de Bonald (182G, in-8»); le Mal et le remède (1827, in-8°); De l'insurrection et de la légitimité (1832, in-s°), etc.

SARRANCOLIN s. m. (sa-ran-ko-lain — de la petite ville de Sarrancolin, près de la-

3uelle on trouve ce marbre). Miner. Espèce e marbre.

SARRANCOLIN , bourg et commune de France (Hautes-Pyrénées), canton d'Arreau, arrondissement et à 38 kilom. de Bagnèresde-Bigorre, sur la rive gauche de la Neste; 968 hab. Ateliers de marbrerie et commerce de marbres. On y remarque une église du xii<* et du xme siècle, appartenant à la ! fois au style roman et au style gothique, i avec un chœur orné de boiseries du xvie siècle; les restes d'un château abbatial, et une porte de ville que surmonte une tour carrée.

SARRANIEN, ENNE adj. (sa-ra-ni-ain, è-ne). Géogr. Syn. de Tyrien.

SARRANS (Bernard), dit Son-an» jeune,

journaliste et homme politique fiançais, né près de Toulouse en 1795, mort en 1874. Il servit sous le premier Empire et fit la campagne de Russie. Fait prisonnier, il fut envoyé à Tobolsk et recouvra la liberté en 1814. En 1820, Sarrans se rendit en Angleterre, où, de 1822 à 1826, il enseigna la littérature à l'Athénée royal de Londres. De retour à Paris, il collabora à divers journaux de l'opposition, notamment au Commerce et au Journal des électeurs. Lors de la révolution de Juillet, il devint aide de camp de La Fayette et contribua à la chute des Boutbons. Sous le gouvernement de Louis-Philippe, il ne tarda pas à se jeter dans l'opposition, devint un des rédacteurs de la Nouvelle Minerve et subit diverses condamnations pour délits de presse. Bien qu'appartenant au parti républicain, Sarrans entra en relations avec Louis-Napoléon Bonaparte , le reçut chez lui pendant un voyage secret qu'il fit h Paris et se laissa complètement prendre au x déclarations démocratiques faites par cet ambitieux aventurier. Après la révolution de 1848, les électeurs de l'Aude envpyèrent Sarrans jeune siéger à l'Assemblée nationale. Il se montra favorable à la candidature présidentielle de Louis Bonaparte, mais ne tarda pas à comprendre qu'il s'était laissé duper et vota à peu près constamment avec la gauche républicaine. Non réélu à l'Assemblée législative, il continua k être journaliste, fut rédacteur en chef du Journal des communes et de la Semaine et lit paraître dans cette dernière feuille, sous le pseudonyme de Nicolas, une chronique hebdomadaire fort spirituelle dont le succès fut très-vif. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il retourna à Londres, où il reprit son ancien cours à l'Athénée, puis il revint en France et vécut dans la retraite. On a de lui : Sur la guerre d'Espagne et la tyrannie des Bourbons (Londres, 1821); Tableau de la guerre d'Amérique

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(1394, î vol. in-so); La Fayette et ta révolution de 1830 (1832, 2 vol. in-8o) ; Louis-Phitippe et la contre-révolution (1834, 2 vol.); De la décadence de l'Angleterre et des intérêts delà France (1829, in-s°) ; Histoire de Bernadotte, Charles XIV Jean, roi de Suède et de Norvège (1845, 2 vol. in-8°); Histoire de ta révolution de Février (1848-1851, 2 vol. in-8'>) ; la France et la liberté (1881, in-8°).

SARRASIN, INE adj. (sa-ra-zain, i-ne. — L'origine de ce nom des Arabes est controversée ; quelques-uns ont dit avec Sozomène que les Sarrasins s'appelaient ainsi parce que, pour se donner une origine plus noble, ils voulaient faire croire qirils descendaient de Sara, femme d'Abraham, ayant honte de descendre d'Agar, sa servante; mais les Arabes n'ont jamais rougi de se proclamer les descendants d'Ismael et d'Agar. D'autres prétendent avec Scaliger que le bas latin saraceni, d'où sarrasin, vient de l'arabe sari/c, voleur, provenu lui-même du verbe saraka, dérober. Ce nom aurait été donné aux Sarrasins à cause de leurs vols et de leurs brigandages). Se dit des Arabes d'Europe et d'Afrique : Invasion sarrasinb. Armée sarrasine.

— Archit. Style sarrasin, S'est dit quelquefois pour STVLE OGIVAL.

— Archéol. Tuiles sarrasines, Larges tuiles que l'on trouve dans l'ancienne Provence et qui, d'après les traditions du pays, datent de l'invasion des Sarrasins.

— Substantiv. Hist. Nom donné aux Arabes d'Europe et d'Afrique : Les invasions des Sarrasins.

— Archéol. Lettres de Sarrasin, Imitation arbitraire qu'on faisait, au moyen âge, des inscriptions dont les Arabes ornaient leurs vases et leurs étoffes de prix. Il Œuvre de Sarrasin, Nom qu'on donnait, durant le moyen âge, à l'architecture orientale, quel que fût d'ailleurs son caractère.

— s. m. Dans le langage des typographes, Ouvrier compositeur qui travaille ou qui a travaillé dans une imprimerie mise à l'index ou dans laquelle la main-d'œuvre est payée au-dessous du tarif établi par une commission de patrons et d'ouvriers : Les sarrasins sont presque toujours forcés d'abandonner tes ateliers ou dominent les membres de la Société typographique. Si un camarade me voyait entrer dans cette boite, il me prendrait pour

un SARRASIN.

— Métall. Mélange de scories, de cendres et de charbons projetés par le courant d'air contre les parois des fourneaux.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des polygonées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées de 1 Asie : Les sarrasins sont des plantes herbacées, presque toujours annuelles. (P. Duchartre.) On fait avec la farine du sarrasin un pain noirâtre. (V. de Bomare.) Les abeilles recherchent beaucoup les fleurs de sarrasin. (Bosc.) Il Grain de la même plante : Les élourncaux se nourrissent de blé, de sarrasin, de mil. (Buff.) Le sarrasin est une graine farineuse qui, dans quelques cantons pauvres, remplace entièrement les céréales. (Raspail.)

Il On dit aussi blé sarrasin.

— s. f. Fortif. Herse destinée à défendre l'entrée d'une forteresse.

— Bot. Nom vulgaire de l'aristoloche clématite.

— Encycl. Hist. Les Historiens et écrivains chrétiens, principalement au moyen âge, désignent sous le nom de Sarrasins les Arabes proprement dits, les Maures d'Espagne, en un mot tous les peuples musulmans qui, de l'Orient, envahirent l'Europe ou contre lesquels les Occidentaux allèrent faire des croisades. D'après M. Duhaut, • tant que les Arabes s'avancent en conquérants, les historiens les désignent ordinairement par le nom de musulmans ou d'Arabes ; celui de Sarrasins semble presque oublié. Mais dès qu'une fois leur empire morcelé ne leur permet plus de conquêtes lointaines, qu'ils sont forcés de s'en tenir aux ravages des frontières des pays qu'ils n'ont pu conquérir, le nom seul de Sarrasins apparaît. Avec l'empire des Arabes disparut le nom de Sarrasins ; ceux qui l'ont conservé le plus longtemps furent les Maures d'Espagne, dont l'empire cessa d'exister, en 1498, par la prise de Grenade sous le règne de Ferdinand le Catholique. » Au nom de Sarrasin s'attachait ordinairement , au moyen âge, une idée de mépris; c'était l'Arabe qui vole, qui ravage et pille, tel qu'on le voit encore de nos jours daus le désert.

— Bot. Le genre sarrasin renferme des plantes herbacées, annuelles, à feuilles alternes, entières, munies de stipules. Les fleurs, réunies en grappes axillaires ou terminales, sont dépourvues de corolle; elles présentent un calice à cinq sépales un peu inégaux, soudés à leur base, ordinairement pétaloïdes; huit étainines, alternant avec autant de glandes hypogynes; un ovaire libre, à une seule loge uniovulée, surmonté de trois styles filiformes, assez longs, terminés chacun par un stigmate en tête. Le fruit est un akène trigone, entouré par le calice persistant; il contient une graine à albumen farineux très-abondant. Ce genre, confondu autrefois avec les re nouée s (polyganum), se compose d'un petit nombre d'espèces, en général originaires de l'Orient ; quelques-unes

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sont cultivées en France, et l'une d'elles surtout occupe depuis longtemps une large place dans l'agriculture de certaines provinces.

Le sarrasin commun, vulgairement nommé blé noir, bucail, bouquetle, carabin, et anciennement blé lurchique, est une plante annuelle, dout la tige, haute de 0<°,40 à 0^,80, porte des feuilles ovales ou triangulaires, acuminées, hastées ou sagittées, éohancrées en cœur à la base et longuement pétiolées; les Heurs, blanches ou rosées, sont disposées en grappes courtes longuement pédonculées, les terminales formant par leur réunion un corymbe; le fruit est un akène brun, lisse, trigone, à angles aigus entiers. On ignore la vraie patrie de cette plante. On croit généralement qu'elle a été introduite au xie siècle par les croisés, ou peut-être à une époque antérieure par les Sarrasins ou les Maures d'Espagne. Quelques érudits la regardent comme indigène et pensent que son nom vulgaire de sarrasin serait une corruption de l'expression celtique had razin, qui signifie blé rouge. Mais, d'après quelques autres, ces derniers mots seraient plutôt slaves ou Scandinaves et la plante nous serait venue, au xvie siècle, de la haute Asie, en passant par la Pologne,

Quoi qu'il en soit, le sarrasin est aujourd'hui cultivé en grand et plus ou moins naturalisé dans l'Europe occidentale. En France, on le trouve très-répandu dans les provinces de l'Ouest , notamment en Bretagne.

L'aire de cette culture serait même beaucoup plus étendue; mais le principal obstacle a cette extension est le tempérament même de la plante, qui est très-sensible aux variations atmosphériques, ce qui ne permet pas de compter toujours sur des récoltes certaines. Par contre, la végétation du sarrasin est très-prompte. Peu exigeant d'ailleurs sur la nature et la richesse du sol, redoutant même les terrains trop abondamment fumés, il convient particulièrement aux sols légers, argilo-siliceux, aux landes récemment défrichées, aux terres qui contiennent beaucoup de magnésie. La seule condition est que le sol soit bien labouré, à moins qu'il ne soit naturellement très-meuble ou qu'on ne veuille cultiver le sarrasin que comme fourrage ou engrais vert. Les terres sujettes à retenir l'eau doivent être cultivées en billons.

On sème ordinairement le sarrasin du 15 mai au 15 juillet, suivant le climat. Le semis doit être clair, si la culture a surtout pour but la récolte de la graine, et épais si 1 on se propose d'obtenir du fourrage ou de l'engrais vert, ou bien encore de débarrasser un champ des mauvaises herbes par une culture étouffante. On sème généralement à la volée ; toutefois, le sarrasin ne pouvant que gagner à être biné et butté, il y aurait avantage à semer en lignes ou au semoir. Dans tous les cas, il est bon de faire suivre le semis d'un hersage et d'un roulage. Dans les pays froids et quand le sarrasin est cultivé comme récolte principale, ce qui a lieu surtout dans les terrains pauvres, on seine au printemps, dès que tes gelées ne sont plus à craindre ; mais dans les pays chauds, et quand on ne veut obtenir de cette plante qu'une récolte Secondaire, le semis a lieu en été, sur les terres qui ont déjà porté du froment, du seigle ou d'autres récoltes. Cette dernière méthode est, du moins dans bien des cas, la plus avantageuse.

La place du sarrasin dans l'assolement n'est pas indifférente; après une jachère, après les pois, il végète beaucoup mieux et produit plus que lorsqu'il succède à une céréale. En général, il vient bien après les récoltes abondamment fumées et qui ont reçu des binages d'été. D'après Arthur Young, il y a tout avantage à le substituer à l'orge et surtout à l'avoine, quand on veut prolonger la durée de l'assolement dans les terres sèches, légères ou fortes, ou bien quand des circonstances quelconques ont empêché le semis des céréales au temps voulu, puisqu'on peut le semer tout l'été.

Le sarrasin épuise moins le sol que beaucoup d'autres plantes cultivées. Il forme d'ailleurs un excellent engrais vert. Dans les contrées du Midi, où il conviendrait beaucoup pour cet objet, on pourrait semer dans la seconde quinzaine de février et, grâce à la végétation rapide de la plante, l'enfouir dans le courant d'avril, pour semer de nouveau quelques jours après et enterrer ce second semis en juin. Au mois de septembre, d'après Rozier, la terre serait ainsi bien préparée à recevoir du froment. Mais, dans le Nord, il faudrait semer beaucoup plus tard, la plante étant très-sensible au froid, et par conséquent s'en tenir à un seul semis. Ajoutons que cet emploi du sarrasin ne se borne pas à enrichir le sol, mais qu'il l'ameublit, le divise, lui procure plus de fraîcheur et le débarrasse parfaitement des mauvaises herbes.

Le sarrasin lui-même se défend très-bien contre l'envahissement de ces dernières et, par conséquent, exige peu de soins de culture ; tout se borne la plupart du temps à un léger sarclage, quand le champ est infesté par la ravenelle. Malheureusement, comme nous l'avons dit, il arrive maintes fois que cette plante est fortement atteinte par les gelées printanières. Les grands vents la couchent ou la renversent. La plus petite grêle lui fait un tort irréparable si elle tombe pendant qu'il est en pleine végétation. Ses

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tiges, qui sont tendres et charnues, sont exposées à être écrasées par les hommes et les animaux qui les foulent aux pieds ; aussi les chasseurs en détruisent-ils beaucoup a l'automne. Enfin, ses graines sont sujettes à être attaquées par divers oiseaux gallinacés et autres.

La récolte de la graine de sarrasin a lieu à l'automne ; mats, comme sa maturité ne s'effectue que successivement et se prolonge pendant un mois et demi environ, il arrive que les premières graines mûrissent et tombent alors que les dernières ne sont pas encore formées. L'agriculteur doit donc se résigner à perdre le commencement et la lin de la récolte, et c'est à lui de choisir le moment opportun pour en sauver la plus grande partie, qui, à vrai dire,- donne encore un produit très-satisfaisant. Il doit encore prendre quelques soins, que Bosc résume comme il suit : couper ou arracher les tiges le matin seulement-, les mettre aussitôt en bottes de moyenne grosseur et réunir celles-ci par douzaines, la base posant a terre; couvrir les cimes de paille ou de toute autre matière semblable, pour soustraire les graines à la voracité des oiseaux ; les laisser sur le champ jusqu'à ce que les fanes soient bien sèches; les relever doucement pour les mettre dans une charrette garnie de toile ; enfin les déposer en grange, dans un endroit abrité contre les rats et les volailles.

On doit battre le sarrasin le plus tôt possible après sa rentrée, chaque jour de retard pouvant causer des pertes. Cette opération se fait très-facilement au fléau. Le vannage se fait en deux fois ; on rejette d'abord les débris de tiges et de feuilles, ainsi que les graines complètement vides, puis celles qui sont de qualité inférieure et qui, ne pouvant ni servir aux semis ni donner de la farine, sont utilisées seulement pour la basse-cour. La bonne graine est mise au grenier, étendue sur le plancher, pelletée tous les huit jours dans les premiers temps et enfin mise en sac, où elle peut se conserver pondant deux ou trois ans.

La graine du sarrasin se sépare facilement de son enveloppe par l'action du moulin; elle donne environ moitié de son poids d'une farine blanche, assez pauvre en fécule, mais riche en gluten et d'une saveur qui plaît aux personnes qui y sont habituées. Elle est trèsnourrissante, mais impropre à la panification ; mélangée à d'autres farines, elle ne donne jamais qu'un pain lourd et que les estomacs robustes peuvent seuls digérer. Le plus souvent, on la consomme sous forme de galettes, de gâteaux, de crêpes ou de bouillies très-épaisses, que l'on mange chaudes ou qu'on laisse refroidir pour les couper par tranches et les faire frire dans le beurre. Il paraît qu'elle est bien plus savoureuse dans les contrées k sol granitique. On en fait une grande consommation en Bretagne, en Normandie, en Auvergne, en Bourgogne, dans le Limousin, les Cévennes, etc.; toutefois, son importance a notablement diminué par suite de l'extension qu'a prise la culture de la pomme de terre. Les jambons secs do Maurs, près d'Aurillac, sont recouverts de cette farine, ce qui contribue, dit-on, à les rendre plus délicats.

Dans certains pays, la graine de sarrasin est avantageusement associée ou même complètement substituée à l'avoine pour la nourriture des chevaux. On en tire aussi un trèsbon parti pour engraisser proinptement les cochons, les bœufs et les moutons, surtout quand elle est réduite en gruau et donnée sous forme de bouillie chaude et un peu salée. Elle est encore excellente pour les pigeons et les oiseaux de basse-cour, qui en sont très-friands; elle les excite à pondre et augmente lu quantité, la finesse et la saveur de leur chair et de leur graisse. La farine de sarrasin a été quelquefois employée en médecine pour faire des cataplasmes émollients. Le son est usité par quelques jardiniers pour conserver, en les isolant, les plantes qu'ils veulent garantir de l'humidité de l'hiver.

Comme fourrage vert, le sarrasin est peu recherché par les bestiaux; tous te mangent néanmoins; il convient assez aux boeufs et surtout aux vaches, chez lesquelles il augmente la quantité et ta qualité du lait. Mais il faut le leur donner à doses modérées; absorbé en trop grande quantité, il peut causer la météorisation et aussi, dit-on, des vertiges. Quelquefois on sème le sarrasin eu mélange avec d'autres plantes, telles que les pois gris, les vesces, le maïs, l'alpiste ou le inoha. 11 fournit alors un fuurruge meilleur et plus abondant. Mais si on cultive cette plante pour ses fanes, il faut la faucher quand les premières graines sont formées; plus on attend ensuite, plus il perd de ses propriétés alimentaires; d'un autre côté, si l'on devançait cette époque, on n'obtiendrait qu'un produit de médiocre qualité.

La fane sèche est également donnée aux bestiaux, soit seule, soit mélangée avec de la paille ou du foin ; alors elle ne peut causer aucun accident, à moins qu'elle ne soit altérée, et dans ce cas on peut en tirer parti pour faire de la litière, de l'engrais, ou bien encore pour en extraire de la potasse ou (la la magnébie.

Les abeilles aiment beaucoup les fleurs du sarrasin; c'est pour elles une pâture abondante et qui se prolonge très-longtemps, car ces fleurs se succèdent presque jusqu'au*

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jçelées; aussi, dans certaines contrées, les cultivateurs ont-ils soin de semer du sarrasin dans le voisinage de leurs ruches. Toutefois, si les abeilles butinent trop sur cette plante, lu miel en contracte une couleur jaune et une saveur un peu acre; c'est ce qui arrive naturellement aux miels de Bretagne et de Normandie, et quelquefois aussi k ceux du GàtinaiSj oui d'ordinaire sont très-blancs, Bosc sigiale k ce sujet l'ignorance ou la méchanceté de certains cultivateurs qui, attribuant la coulure des fleurs du sarrasin aux abeilles, cherchent à les faire périr en mettant autour de leur champ des assiettées de miel empoisonné.

Le sarrasin de Tartarie, appelé aussi dans quelques localités sarrasin de Sibérie ou sarrasin galeux, se distingue du précédent par sa tige jaunâtre, ses fleurs plus petites, en grappes plus lâches, d'un blanc verdâtre, et par ses akènes plus petits, k angles sinués et dentés. An point de vue de la culture il est plus rustique, moins sujet aux gelées de printemps ou d'automne, moins sensible aux chaleurs et aux sécheresses; il réussit mieux sur les sols pauvres, peut être semé plus tôt et plus tard et fournit un fourrage vert plus abondant et plus nutritif; enfin, la production de la graine est plus abondante et plus précoce. Sa culture est la même ; mais il faut un peu inoins de graines pour le semis. Aussi a-t-il été fortement préconisé ; mais si , k beaucoup d'égards, il l'emporte sur le sarrasin commun, sous d'autres rapports il lui est bien inférieur. Il se perd encore plus de graines dans cette espèce lors de la maturité; il contient plus de son, moins de farine, et celle-ci est moins blanche, plus amère, absolument impropre a la panification et aux autres emplois alimentaires; elle plaît moins aux bestiaux et aux volailles. Ce sarrasin ne doit donc être préféré k l'autre que comme fourrage ou engrais vert.

Le sarrasin à cymes ou sarrasin vivace se distingue surtout des précédents par le caractère que rappelle ce dernier nom; ses tiges atteignent la hauteur de 2 mètres et portent de grandes feuilles sagittées ou presque hastées, a :umiuées, glauques en dessous ; ses fleurs son', blanches, petites, en grappes serrées, grêles et recourbées; ses graines ont leurs angles bordés. Cette espèce, originaire du Nêpau , est très-rustique et ne redoute que les h' vers exceptionnels. Sa végétation vigoureuse et abondante peut être comparée à celle du roseau à quenouilles. Il peut donc produire une très-grande quantité de fourrage, et, si ceiui-ci était du goût des bestiaux, l'introduction de cette plante dans nos cultures serait une excellente acquisition ; les essais ten.és à cet égard sont encore trop peu nombreux pour qu'on puisse en déduire des résnluts concluants. En tout cas, elle fournirait toujours une bonne matière à engrais. Ou ne doit pas compter beaucoup sur la produccon de la graine; celle-ci est trèssujette à 1 1 couluie, et la petite quantité qui mûrit se détache de la tige au moindre choc.

SAURAS N (Jean-Antoine) , médecin français, né à Lyon en 1517, mort dans la même ville en 15D8. Reçu docteur à Montpellier, il alla s'établir à Genève et y fut nommé professeur de médecine. On lui doit : De peste (Genève, 1571, in-8°); Ùiascoridis de materia medica iibri V (Francfort, 1598, in-8°) ; Dioscoridis opéra cum scholiis (Francfort , 1593, in-fol.).

SAURASIN (Philibert), fils du précédent.

Il professa la médecine k Lyon. On a de lui : De latis luiibricis liistoria ; Epislola de noiis lapidU Lrzoar. Ces traités ont été insérés dans les Olservutionum centurie) de Fabrice de Hilden.

SARRASIN (Louise), sœur de Jean-Antoine.

Elle manifesta une intelligence très-précoce. Dès l'âge de huit ans elle savait, dit-on, l'hébreu, le grtc et le latin. Elle suivit son père à Genève eu 1551 et eut successivement pour maris Larihevêque, Etienne l.e Duchat et Marc Offredi. Elle mourut très-âgée.

SAI1RAS1.S (Jean), de la même famille que les précédents, syndic de la république do Genève, né en 1576, mort dans cette ville en 1632. II publiapai ordre du conseil le Citadin de Genève, etc. (Paris, 1606, in-S°), ouvrage destiné à la dé.énse de la ville de Genève contre les prétentions du duc de Savoie.

SARUASIN (Michel), médecin français, né à Nuits en ifi59, mort au Canada en 1736. Il exerça la médecine au Canada et fut nommé, par Louis XIV, médecin du roi et membre du conseil souverain de Québec. Il a publié un certain nombre de travaux sur l'histoire naturelle et la médecine, travaux qui ont été insérés dans l'Histoire de l'Académie des sciences (nH et 1730), dans le Journal des savants de 1718, dans les Mémoires de Trévoux (août 1728 et mai 173G). Sarrasin a composé aussi ua Traité sur la pleurésie, resté manuscrit.

SARRAS1?: ou SARASIN (Jean-François), poêle français, né à Hermanville, près de Caen, en 1603, mort k Pézénas en 1654. Fils naturel d'un trésorier de France , il rit ses études à Paris et, par son esprit charmant, plut à M. de Chavigny. Ce ministre le ch.-ir-

fea d'une mission à Rome, pensant qu'Urain VIII, q îi aimait le bel esprit, goûterait l'envoyé. St.rrasin accepta les 4,000 livres qui lui furort allouées pour son équipement,

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mais au lieu d'aller en Italie, il se sauva en Allemagne, où il festoya avec une maîtresse jusqu'à ce que la somme fût entièrement dissipée. Cette escapade ne l'empêcha point de conquérir la sympathie de la princesse Sophie, fille du roi de Bohême, l'amie de Desca tes. Comme il était pauvre, il épousa une feuune ayant quelque iortune, mais vieille, laide et d'humeur désagréable, qu'il abandonna après quelques mois de mariage pour devenir, vers 1648, Seerétairedes commandements du prince de Conti. Sarrasin avait une réputation de gaieté bouffonne qu'il s'efforçait de maintenir, même au prix de sa dignité personnelle, pour se concilier les suffrages des grands. On raconte qu'un jour, des magistrats de province étant venus saluer le prince de Conti à son passage, l'orateur se troubla et resta court. Sarrasin, sans perdre de temps, sauta à bas de la voiture et reprit le discours d'une façon emphatique et burlesque qui eut tant de succès, que les magistrats désarmés par le rire lui offrirent le vin d'honneur ainsi qu'au prince. Joignant l'impertinence k la bassesse, il lui arrivait souvent de désarmer par des grimaces et des pantalonnades le prince de Conti qui le menaça maintes fois de le jeter par les fenêtres. Un jour, dans un accès de colère, le prince lui donna un coup de pincette sur la tempe. Suivant Segrais, Sarrasin fut si violemment atteint qu il mourut peu après dans un accès de fièvre chaude. Selon d'autres, il mourut du chagrin que lui causa cet indigne traitement, i Sarrasin était lié avec Ménage, Pellisson, ! Mlle de Scudéri, Charleval, Conrart, etc. On le désignait souvent sous le nom dJAmilear, par allusion à un personnage plaisant du roman de Clélie. Passant, quatre ans après la mort du poSte, à Pezénas, où il avait été enterré, Pellisson fondu pour lui un service et fit graver cette épitaphe sur sa tomba : Pour écrire en styles divers,

Ce rare esprit surpassa tous les autres ; Je n'en dis plus rien , car ses vers Lui font plus d'honneur que les nôtres. Sarrasin avait beaucoup d'esprit et de facilité. Il a composé des sonnets, des énlcros, des madrigaux, des pièces de circonstance, dont un très-petit nombre parurent de son vivant. Ce fut Ménage qui se chargea de réunir et de publier ses œuvres. Pour donner une idée de son genre , nous citerons de lui le sonnet suivant, intitulé : Eve coquette.

Lorsque Adam vit cette jeune beauté

Faite pour lui d'une main immortelle.

S'il l'aima fort, elle, de son côté

(Dont bien nous prend), ne lui fut point cruelle.

Cher Charleval, alors, en vérité.

Je crois qu'il fut une femme Adèle; Mais comme quoi ne l'atiroit-elle été?

Elle n'avoit qu'au seul homme avec elle. Or, en cela nous nous trompons tous deux; Car bien qu'Adam fût jeune et vigoureux, Bien fait de corps et d'esprit agréable,

Elle aima mieux, pour s'en faire conter. Prêter l'oreille aux fleurettes du diable Que d'être femme et ne pas coqueter.

Les principaux ouvrages de Sarrasin sont : Sistoire du siège de Dunkerque (1649); la Conspiration de Walsiein (inachevé); Vie d'Atlicus, trad. de Cornélius Nepos ; S'il faut qu'un jeune homme soit amoureux , dialogue ; Opinion du nom et du jeu des échecs; la Pompe funèbre de Voiture, badinage ingénieux eu vers et en prose; iJulot vaincu ou la Défaite des bouts-rimés, poiime en quatre chants. On y trouve du goût, de l'imagination, de la gaieté et de jolis détails. Les Œuvres de Sarrasin ont été publiées pour la première fois à Paris (1656, in-4°) et rééditées en 1658, 1G94, etc. On a réuni, sous le titre de Nouvelles œuvres de Sarrasin (Paris, 1675, 2 vol. in-12), un assez grand nombre de productions de jeunesse et de morceaux inachevés.

Snrrnsîue , roman, par H. de Balzac. V. Scènes de la vie parisienne.

SARRASINOIS, OISE S. et adj. (sa-ra-zinoi, oi-zej. Ancienne forme du mot sarrasin, 1NE.

— Tapisseries sarrasinoises , Nom qu'on donnait autrefois aux tapisseries de haute et de basse lisse, dont on attribuait l'invention aux Sarrasins.

SARRAU s. m. (sa-rô — altér. de sarrot, bas latin sarrotus, altéré de sarcotus, saricotus, forme qui a pour primitif immédiat le bas latin sarica, robe mise par-dessus les vêtements ordinaires. Chevallet rattache ces formes de la basse latinité au germanique : ancien haut allemand sarroeh, casaque, tunique; Scandinave serk, anglo-;<axou syre, syric , même sens ; danois et suédois $œrk, chemise, anglais shirt, chemise. Cette dernière forme est elle-même rapprochée par Pictet du scan- , dinave skyrta, skirla, et du persan karlah, ' kurtah, kurti, jaquette de femme, tunique courte). Vêtement léger que les ouvriers de la campagne portent par-dessus leurs autres vêtements : Un sarrau de paysan, de roulier. Un sarrau de toile. ;

Tu rougis du sarrau dont ton père est couvartl En! va, va, mon sarrau vaut bien ton habit vart.

PlRÛN.

J'allai, gai villageois, léger, en sarrau bleu, |

Chapeau de paille au frout, du côté de Saint-Leu. Sainîk-Beuvï.

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— Sorte de blouse ouverte par derrière, que les enfants mettent par-dessus leur vêtement, pour ne pas le salir.

— Comm, Toile de fil de lin, ordinairement teinte en bleu, qui sert à confectionner des sarraux, des blouses, des pantalons pour les ouvriers : C'est à Lille et aux environs que la fabrication des sarraux a le plus d'importance : elle y occupe plus de 4,000 personnes. (Maigne.)

SARRAU (Claude), en latin Sarvavii», littérateur et magistrat français, né dans lu Guyenne vers la fin du xvie siècle, mort en 1051. Nommé d'abord conseiller au parlement de Rouen, puis k celui de Paris en 1639, il fut renvoyé l'année suivante k Rouen pour y faire l'intérim pendant l'exil du parlement de Normandie. Il entretenait des relations avec la plupart des savants illustres de l'Europe et passait pour un des hommes les plus érudits de son siècle. Sarrau a laissé des Lettres (Orange, 1654, in-8° ; Utreeht, 1697; Leyde, 1711, in-4o); il a annoté la Perroniana (édition de 1740). On a de lui une lente inédite à Heinsins dans le Syiloge epistolaru»i de Burmann; enfin, on lui attribue des Epistolse ad Gallos de Grotius (1648, in-12).

SARRAD (Isaae), sieur se Boinet, ministre protestant français, qui vivait au xvire siècle. Il desservit pendant quelque temps l'église de Meaux et fut envoyé sans succès à Paris, en 1665 et en 167 1, pour plaider à la cour la cause des églises de la basse Guyenne. En 1677, le synode de Bergerac le donna pour pasteur k i'église de Bordeaux. Mis en accusation vers 1685 pour avoir donné la communion à uno femme convertie au protestantisme, Sarrau, alors pasteur k Bègle, vit son temple démoli. A la révocation de l'édit de Nantes, il aima mieux abjurer que de suivre ses collègues dans l'exil. On a de lui : Grâce pour Sion, sermon sur le ps. cil (Chareuton, 16G9, iii-S0); Jésus priant sur la croix (Saumur, 1674, in-8°) ; Penséessur l'Ecriture sainte (La Rochelle, 1685, in-12), etc.

SARRAZIN s. m. (sa-ra zain). Bot. S'emploie quelquefois pour sarrasin : On peut employer la farine de sarrazin en bouillie. (T. de Berneaud.)

Siiirmiii (livre au LA Loi au), traité théologique du moyen âge, attribué k Raymond Lulle et extrêmement curieux. Il a été publié en 1831 par M. Francisque .Michel et M. Koinaud, le savant arabisant. Ce qui fait l'intérêt et la valeur de cet ouvrage, ce sont les renseignements qu'il contient sur ce que l'on savait au moyen âge de la religion musulmane. C'est peut-être, avec le Roman de Mahomet, le seul ouvrage de celte époque qui roule sur ce sujet intéressant. Le Livre delà loi au Sarrazin n'est, dit M. Francisque Michel, que la quatrième partie d'un traité plus considérable intitulé : Liore du Gentil et des trois sages. La formule par laquelle se termine ce traité nous apprend qu'il est traduit de l'arabe. L'auteur, quoiqu il ne soit pas nommé dans le cours du volume , ajoute M. Francisque Michel, est Raymond Lulle, aussi fameux par ses systèmes de philosophie que par son zèle pour la religion. Rien n'empêche de croire qu'il l'ait composé en arabe. Raymond Lulle, par suite de ses longues études et de ses voyages, s'était reudu la langue arabe très-familière, et les biographes citent de lui plusieurs ouvrages qu'il avait traduits, soit de l'arabe dans un idiome européen, soit d'un idiome européen en arubo. Il a pu ensuite le traduire â la fois en Salin, en roman et en hébreu. La version public© par MM. Francisque Michel et Reiuaud est en vieux français; les bollandistes en citent une autre conservée à l'Eseuriai et qui est en catalan. Une chose remarquable, c'estl'exactitude et pour ainsi dire la couleur locale qu'on observe dans les discours prêtés à l'interlocuteur sarrasin, exactitude telio , dit M. Francisque Michel, qu'on y retrouve l'équivalent des propres expressions des écrivains musulmans; c'est qu'api areunnent Lulle avait eu recours aux traités originaux, se contentant d'adapter le récit k la manière d'argumenter qui lui est propre.

Voici , en quelques lignes, l'analyse de ce traité curieux. L'auteur suppose qu un païen, profond penseur et grand philosophe, mais qui n'a nulle connaissance de Dieu, se met un jour à réfléchir à la vieillesse et k la mort. Cette méditation l'émeut profondément et fait naine en lui une grande tristesse. Il part pour voir s'il ne trouverait pas un remède k ses maux et il arrive dans une grande forêt solitaire; là, il rencontre trois sages appartenant aux trois religions chrétienne, judaïque et musulmane. La gentil lie conversation avec ces trois sages, et naturellement l'entretien ne tarde pas k tomber sur Dieu et suc les futures destinées de l'homme. Comme chacun des trois sages a sur la plupart de ces questions une manière différente de voir, il est convenu qu'ils parleront l'un après l'autre. A la fin, les ténèbres qui obscurcissaient la raison du gentil s'éclaircissent. L'auteur, en mettant en scène ses interlocuteurs, a soin de leur prêter des sentiments et un langage conformes à leurs croyances respectives. A cet égard, dit M. Francisque Michel, on ne ferait pas voir dans noire siècle, d'ailleurs si éclairé, plus de modération et de bonne foi ; mais l'auteur a payé un tribut au temps où il écrivait, par la manière bizarre de raison-

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ner qu'il a suivie. D'après lui, les cinq arbres qui environnaient la fontaine située dans la torêt représentaient, paria direction de leurs rameaux et les fleurs qui les couronnaient, les sept vertu-i divines, savoir : " sagesce, amour, perfeccion , pooir, éternité, grandesce et bonté ; » ainsi que les trois vertus théologales, « foy, espérance et charité, i et les quatre vertus cardinales, « justice, prudence, fortereice et utemprance ;» ces arbres représentaient de plus les sept péchés capitaux, <■ gueule, luxure, avarice, paresse, orgueil, envie et colère. » Au milieu de la discussion, assez embrouillée par cette métaphysique fantastique , intervient dame Intelligence, et le tout se termine par la conversion au christianisme du philosophe athée.

SARRAZIN (Jean), général et aventurier français, né à Saint-Sylvestre (.Lot-et-Garonne) en 1770, mort vers 1840. Fils d'un paysan , il reçut une bonne instruction k C'ahors , puis s'adonna à l'enseignement à La Réole et au collège de Soreze , où il professa les mathématiques (1790). Il était précepteur des fils du duc de Bôtliune depuis deux ans, lorsqu'on 1792 il partit, comme enrôlé volontaire, pour l'armée du Nord. Quelque temps après , il fut élu adjudantmajor , puis devint capitaine. Cassé pour avoir pris part k un mouvement séditieux, il passa comme simple soldat dans l'année de l'Ouest et se fit distinguer de Marceau, qui le nomma officier de son état-major. Ayant suivi ce général k l'armée du Nord (1794), il se distingua à Fleurus, k l'attaque de(Joblentz, au siège de Maëstricht et devint alors chef de brigade. Après avoir servi sous Kléber (1795), il devint chef d'état-major de Bernadotte dansla campagne d'Allemagne (1796), passa de la en Italie, devint gouverneur d'Udine, puis lit partie, sous les ordres du général Humbert, (le l'expédition d'Irlande. La va- "lcur qu'il déploya k la prise rie Killala (1798) et au combat de Castlebar le fit nommer par Humbert général de brigade et presque aussitôt après général de division. Fait prisonnier, il recouvra au bout de peu de temps sa. liberté, revint en France et fut envoyé à l'armée d'Italie, mais sans obtenir la confirmation de -ies grades. Pendant la campagne de Naples, il fut blessé à la Trebia et promu général de brigade (1799). Rappelé en France, il fut nommé par Bernadotte, alors ministre de la guerre, directeur du bureau du mouvement des troupes. Initié par Bernadette à un complot ayant pour objet de renverser le Directoire , il révéla le complot et refusa l'ambassade de Hollande qu'on lui offrit. Après le coup u'Etat du 18 brumaire, il amena un rapprochement entre Bonaparte et Bernadotte, fut chargé en 1800 de commander 10 000 grenadiers réunis au camp d'Amiens, puis se rendit en Italie, où il entra en conflit avec Murât. D'un caractère faux, turbulent, traeassier, envieux, il se livra contre ses ennemis k des dénonciations calomnieuses qui le firent rayer du cadre de l'étatmajor. Ayant voté pour le consulat k vie, Sarrazin fut rétabli dans son grade en 1802, fit l'expédition de Saint-Domingue et publia en 1S04 un écrit en faveur de l'Empire. Cette même année, il adressa k Bonaparte une dénonciation en règle contre plusieurs généraux et administrateurs. Malgré le mépris général qu'il s'était attiré par ses dénonciations, il lit la campagne d'Allemagne eu 1805 et 1806. Nommé ensuite commandant militaire du déparlement de l'Escaut, puis de celui de la Lys, il entra en conflit avec le préfet de ce dernier département et fut relégué k l'île de Cadzand, k l'embouchure do l'Escaut. Depuis quelque temps , Sarrazin avait conçu le projet ue trahir son pays et était entré en relations secrètes avec les Anglais, k qui il eut l'infamie de se vendre moyennant une somme de 1,500,000 fr., que du reite il ne put toucher. Il devait favoriser le débarquement des Anglais k Flessingue, lorsqu'il reçut l'ordre de se rendre au camp de Boulogne (1810). Il obéit ; k peine arrivé dans cette ville, il se fit conduire sur un vaisseau anglais, se rendit k Loudres et fut condamné k mort par contumace k Lille (1810). le procès qu'il intenta au cabinet britannique pour obtenir le prix de sa trahison acheva de le couvrir de mépris. Après avoir fait un voyage eu Suède , publié dans le Times en 1813 de virulents articles contre Napoléon, combattu en Espagne contre les armées françaises, il revint en France en même temps que les Bourbons et recouvra son grade de maréchal de camp. Pendant les Cent-Jours, il eut l'audace d'aller offrir ses services k Napoléon, qui le fit arrêter. Cette démarche le compromit quand Louis XVIII revint sur la trône. Mis d'abord en non-activité, il perdit en 1817, en vertu d'une ordonnance royale, son grade et sa pension. Sarrazin réclama vainement, alléguant comina un litre à la faveur du gouvernement qu'il avait livré les plans de canipagne de Napoléon aux Anglais. Bien plus, il fut arrêté en 1818 sous l'inculpation de trigamie. Il avait épousé une première femme kLivourue (1799), une seconda à Londres (1813) et venait d'en prendre une troisième dans la Lot-et-Garonne. Condamné k dix ans. de travaux forcés et au carcan en 1819, il fut gracié par Louis XVIII au bout de trois ans et s'embarqua pour Lisbonne. Mais le gouvernement portugais le fit arrêter et envoyer k Londres,

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où il obtint une modique pension (1823). En 1835, il partit pour la Hollande, visita l'Allemagne, puis la Turquie, et de là se rendit à Bruxelles, d'où il écrivit à Louis-Philippe et aux Chambres pour demander l'autorisation de revenir en France; mais cette autorisation lui fut refusée. Nous citerons, parmi fes écrits : le Onze frimaire (Paris, 1805, in-8°); Lettre à Bonaparte (Londres, 1810, in-8°); Réflexions sur le Moniteur (1810, in-8<>); le Philosophe ou Notes historiques et critiques (1811, 2 vol. in-8<>) ; Confessions de Bonaparte à l'abbé Maury (1811, in-8°); Mémoire au gouvernement anglais (1811, in- 8»); Histoire de la guerre d'Espagne et de Portugal (Paris, 1814, in-8°) ; Défense des Bourbons de Naples (1815, in-8"); Correspondance entre le général Jbmini et le général Sarrazin (1815, in-S°) ; Histoire de la guerre de Russie et d'Allemagne (1815, in-8<>) ; Histoire de la guerre de la Restauration (1816, iû-8°); Tableau de la Grande-Bretagne (1816, in-8<>); Examen analytique et critique d'une relation de la bataille de Waterloo (1816, in-8»); Mémoire du général Sarrasin détenu à la Conciergerie comme prévenu de trigamie (1819, in-S°) et plusieurs autres Mémoires.

SARRAZIN (Adrien, comte db), littérateur français, né à Bezos (Vendômms) en 1773, mort à Vendôme en 1852. Après la suppression de l'école de Brienne, où il achevait ses études (1794), il s'occupa de travaux littéraires, et en 180* il se jeta dans l'opposition royaliste. A la rentrée des Bourbons, de Sarrazin devint chef de division du ministre Decazes, et après la chute de ce dernier, en 1820, il rentra dans la vie privée. On a de lui : le Printemps de Kleist, suivi du Premier navigateur, etc. (1802, in-8°) ; Lettre apologétique du poème de la Pitié par belille (1802); YAuleur et la critique, comédie en un acte, représentée au Théâtre-Français (1810); le Caravansérail ou Recueil de contes orientaux (Paris, 1810, 3 vol. in-8°),ouvrnee

?ui eut du succès; Contes moraux et nouvel' es (1813, t vol. in-18); Bardouc ou le Paire du mont Taurus (18M, 2 vol. in-18). Ces trois derniers ouvrages ont été réédités sous îe titre ù'Œwres complètes (1825, 6 vol. in-18).

SARRAZIN (Jacques) , célèbre sculpteur français. V. Sarazin.

SARRE s. f. (sa-re). Ane. artill. Bouche à feu qui lançait des boulets de pierre.

SARRE, en latin Sara, en allemand Saar, rivière de France et de la Prusse rhénane. Elle prend sa source dans les Vosges, sur la limite du département des Vosges, coule au N., baigne Sarrebourg, Fenestrange, Sanr- Union, Sarreguemines, passe à Sarrebruek, où elle devient navigable, baigne Saarluis, Saarburg et se jette dans la Moselle, après un cours de 228 kilom. Cette rivière, sous le Consulat et sous le premier Empire, donna son nom à un département français , dont le chef-lieu était Trêves et oui, restitué à la Prusse en 1814, fait actuellement partie de la province prussienne du Rhin, dans la régence de Trêves.

SARRE (Province ds), dénomination éphémère donnée sous Louis XIV à un gouvernement compris dans le bassin de la Sarre et comprenant la Lorraine allemande, entre l'électorat de Trêves au N., le pays messin à l'O. et au S., l'Alsace et le duché de Deux- Ponts à l'E.; ch-1,, Sarrelouis. A la paix de Ryswiek, la plus grande partie de cette province fut rendue au duc de Lorraine, et Louis XIV ne garda que Sarrelouis et quelques villages voisins.

SARRE-UNION, ville de l'Alsace-Lorraine.

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