‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 11 sur 1059 · ÈRE · texte numérisé non relu

ÈRE

— Personne qui sabote l'ouvrage, qui l'exécute vite et mal.

SABOTIER, 1ÈRE s. (sa-bo-tié, iè-re — rad. sabot). Personne qui fait ou vend des sabots : Un pauvre sabotier. Adressez-cous

à la SABOTIÈRE.

— Personne qui fait du bruit avec ses sabots. Il On dit aussi Saboteur, euse.

— s. f. Atelier d'un sabotier.

— Chorégr. Sorte de danse qui s'exécute avec des sabots.

— Techn. Corruption du mot Sarbotiere.

SABOU, rivière d'Afrique. V. Sébou.

SABOULADE s. f. (sa-bou-la-de — rad. sabouler). Action de sabouler : Il a reçu une fameuse saboulade. il On dit aussi saboulage

et SABOULEMENT S. m.

SABOULER v. a. ou tr. (sa-bou-lé. — Seheler croit qu'il faut rattacher le verbe sabouler au même radical que sabot, toupie, et sabotière, ustensile servant à remuer, à. tourner un liquide. Le portugais sabotar signifie également secouer, ébranler, agiter. Quelquesuns rapportent le mot sabouler à un jeu d'enfant fort usité en Espagne et en Italie, et qui consiste à faire des espèces d'anguilles avec un mouchoir roulé que l'on remplit de cendre ou de sable, et dont on frappe ceux qui ont fait quelque faute au jeu; mais Scheler rejette cette explication, en s'appuyant sur ce que ni l'espagnol ni l'italien ne présentent un verbe sabularé). Pousser, secouer, tirailler de côté et d'autre: Comme vous me saboulbz! Otezmoi mes coiffes. Doucement donc, maladroite/ Comme vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes/ (Mol.)

SADR

— Réprimander, malmener en paroles :

Sa mère l'A saboulé ce malin. Voilà troisparlements du royaume quej'ài un peu Saboulés ; cependant aucun n'a donné encore de décret de prise de corps contre moi. (Volt.)

SABOULEUX s. m. (sa-bou-leu). Argot.

Nom donné autrefois à des mendiants qui contrefaisaient les épileptiques au moyen d'un morceau de savon qu'ils se mettaient dans la bouche, ce qui leur permettait d'écumer comme des individus atteints de cette maladie.

SABOUREUX DE LA BONNETERIE (Charles-François), littérateur français, né vers 1725, mort à Paris en 1781. Il était avocat au parlement de Paris. On a de lui : la traduction des Constitutions des jésuites (Paris, 1762, 3 vol. in-8°) et la Traduction d'anciens ouvrages latins relatifs à l'agriculture et à la médecine vétérinaire, avec des notes (Paris, 1771- 1775, G vol. in-S»), contenant les traités de Varron, de Columelle, de Végèce, de Palladius, etc.

SABOURIN,. homme de couleur qui a joué un certain rôle dans la révolution de Saint- Domingue, né dans cette île en 1776, mort en 1821. Fils d'un riche colon qui avait épousé une femme de couleur, il fut élevé en Fiance au collège de Sorèze. 11 prit d'abord du service dans un des régiments de nègres que lus Anglais avaient levés à Saint-Domingue.

Quand Toussaint-Louverture fut devenu le chef suprême de la colonie , Sabourin se rallia au parti des blancs; mais il revint à celui des hommes de couleur lorsque le général Leclerc, à la tête d'une expédition française, eut renversé Toussaint du pouvoir. En 1S01, lorsque Dessalines se lit proclamer gouverneur d'Haïti, Sabourin lui offrit ses services et se fit l'exécuteur servile de ses ordres les plus sanguinaires. Après la chute de Dessalines, quand Pétion fut devenu président de la république d'Haïti, Sabourin se lit naturaliser Haïtien et fut, peu après, nommé grand juge de la république. Ilétait devenu fort riche en-se faisant adjuger à. vil prix les biens des proscrits.

SABRACES, en latin Sabracx , ancien peuple de l'Inde en deçà du Gange, au S. des Malliens, à l'O. des Oxydraques, entre l'Indus et l'Acésines ; ce territoire formait la limite orientale de l'empire d'Alexandre.

SABRAN (Guillaume, seigneur de), d'une des plus anciennes maisons du Languedoc. Il fut un des chevaliers qui se signalèrent par leurs exploits durant la première croisade, où il s'était rendu avec Raymond de Saint- Gilles, son suzerain. Les chroniqueurs des croisades, Guillaume de Tyr, Albert d'Aix, Haymond d'Agiles, ont consacré le souvenir de sa valeur. 11 prit surtout une part brillante à l'assaut d'Antioche et à la prise de Jérusalem (1099). On ignore la. date et le lieu de sa mort.

SABUAN (Garsinde de) , comtesse de Provence, née dans la seconde moitié du xiia siècle, morte vers le milieu du xme siècle. Vers 1193, Garsinde de Sabran devint comtesse de Provence par son mariage avec Alphonse II ; en 1209, elle fut veuve; en 1213, elle devint régente par la mort du tuteur de son lils, Pierre II, roi d'Aragon, et gouverna le comté jusqu'en 1217, époque à laquelle elle fit déclarer majeur l'enfant d'Alphonse II, Raymond Bérenger IV.

L'époque où vivait Garsinde de Subran est celle de la pins grande vogue des troubadours; elle-même cultiva la gaie science et elle appartient, à ce titre, à l'histoire littéraire. La plupart do ses poésies sont perdues; ce qui reste est dans un ton amoureux qui permettrait de la juger très-légèrement si 1 on ne, savait que ce commerce de vers et d'amour n'était alors que jeu d'esprit et passetemps. Ses vers ont de la grâce, de la chaleur et de la pureté. En 1242, on ne sait quelle cause porta Garsinde de Sabran à renoncer au monde; elle prit le voile dans le couvent de Celle.

SABRAN (comtesse de), née vers 1695. Belle, spirituelle et débauchée, la comtesse de Sabran n'est connue que pour avoir été une des maîtresses du Régent.» Elle avoit épousé, dit Saint-Simon, un homme d'un grand nom, mais sans bien et sans mérite, qui la mit en liberté. Il n'y avoit rien de si beau qu'elle, de plus régulier, de plus agréable , de plus touchant, de plus grand air et de plus noble, sans aucune affectation. L'air et les manières simples et naturelles, laissant penser qu'elle ignoroil sa beauté et sa taille, qui étoit grande et la plus belle du monde, et, quand il lui plaisoit, modeste à tromper. Avec beaucoup U'esprit,elle étoit insinuante, plaisante, robine , débauchée, point méchante , charmante surtout à table. En un mot, elle avoit tout ce qu'il falloit à M. le duc d'Orléans, dont elle devint bientôt la maîtresse, sans préjudice des autres. Comme elle ni son mari u'avoient rien, tout leur fut bon, et si ne firent-ils pas grande fortune. Muntigny, frère de Turmenies, un des gardes du trésor royal, étoit un des chambellans de M. le duc d'Orléans, à 6,000 livres d'appointements; il le fit son premier maître d'hôtel à la mort de Matharel. Mmo Je Sabran trouva que 6,000 livres étoient toujours bonnes a. prendre pour un mari, dont elle faisoit si peu de cas, qu'en parlant de lui elle ne l'appeloit que son mâtin. M. le duc d'Orléans lui donna la charge qu'il paya à Montigny.

SABR

C'est elle qui, soupant avec M. le duc d'Orléans et ses roués, lui dit fort plaisamment que les princes et les laquais avoient été faits de la même pâte, que Dieu avoit , dans la création, séparée de celle dont il avoit tiré tous les autres hommes. ■

SABRAN (le comte Elzéar-Louis-Marie de), écrivain français, né en 1774, mort en 1846. Il était fils d'un marin distingué. La fuiblesso de sa constitution lui interdisant la carrièro des armes, il s'adonna à la poésie et composa, à quinze ans, une tragédie d'Awiibal qui eut beaucoup de succès dans les salons de la haute société de l'époque, mais qui n'a jamais été ni jouée ni imprimée. Il adopta d'abord, en 1789, les principes de la Révolution, mais il ne tarda pas à émigrer avec le chevalier de Boufflers, qui épousa, à Berlin, sa mère devenue veuve. Lorsque le gouvernement consulaire eut toléré la rentrée des émigrés, Elzéar de Sabran revint à Paris avec toute sa famille et se lia étroitement . avec Mme de Staël, à la défaveur de laquollo il ne craignit pas de s'associer et qu'il suivit dans son -exil. Il ne revint à Paris qu'après la chuto de Napoléon, mais se tint constamment en dehors des affaires publiques. On a de lui : Dithyrambe sur la mort de M. le duc de Derry et sur les dangers de l'Europe (Paris, 1820); Notes critiques, remarques et réflexions sur le Génie (lu christianisme (Paris, 1803, in-8°); le Repentir, poème en sept chants (Paris, 1817), etc.

SABRAO, île de l'Ocèanie, dans la Malaisie, archipel de Sunibava-Timor, à l'E. de l'Ile Flores, dont elle est séparée par un détroit, par 8» 20f de latit. S. et 121<> de longit. E.; longueur, de l'E. à l'O., 44 kilom. ; largeur, 22 kilom. Elle est gouvernée par un rajah indépendant qui habite dans l'île d'Adinara. presque tous les habitants de Sabrao, d'origine malaise, ont été convertis au christianisme par les missionnaires portugais.

SABRATA, ancien nom de la ville de Sa-

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