V. SABRENASSER
SABRE-POIGNARD s. m. Sorte de sabre court et droit, qui était en usage dans l'infanterie.
SABRER v. a. ou tr. (sa-bré — rad. sabre). Frapper à coups de sabre : Sabrer une patrouille ennemie.
— Absol. : Le révélateur veut qu'on croie en lui; il ne discute pas : il ordonne, il prêche, il sabre. (A. Marrast.)
— Fam. Faire vite et mal : Sabrer un traval, une besogne, il Biffer largement, résolument : Corriger, sabrer son manuscrit. La censure a sabré ce drame.
SAC
SABRES, bourg et comm. de France (Landes), ch.-l, de cant,, arrond, et à 35 kilom. N.-O. de Mont-de-Marsan, sur la Leyre; pop. aggl., 630 hab. — pop. tôt., 2,608 hab. Fabrication d'essence de térébenthine, moulins, élève de brebis. Commerce de bestiaux, laine, goudron. On y voit une belle église paroissiale, bâtie, dit-on, par les templiers.
SABRETAGRE s. f. (sa-bre-ta-che — allem. silbeltasche ; de sâbel, sabre, et de taschte, poche). Sorte de sac plat qui pend à côté du sabre des hussards et de quelques autres cavaliers, et qui leur sert de poche : Les cavaliers d'ëlile de son escorte portaient la tête de mort sur leur sabretache. (Cb. Nod.)
— Encycl. L'ancienne sabretache des hussards leur était indispensable, puisque la mode ne voulait pas qu'ils eussent de poches. L'ordonnance du 25 avril 1767 emploie ce mot pour la première fois et le fait du genre masculin, genre conforme à l'étymologie allemande ; mais l'usage a voulu qu'il devînt féminin, et les gens qui ne connaissaient pas Ja langue ont, comme cela arrive souvent, triomphé de ceux qui la font. La sabretache, apportée en Occident par les Hongrois, a été une imitation des usages des Orientaux et des Arabes. Les Kabyles ont encore de nos jours des sabretaches ou des musettes en cuir richement travaillées et appelées djbim; ils y enferment de l'orge pour le cheval et quelques galettes. Ils les portent suspendues à
I arçon de la selle, ce qui est moins embarrassant et plus raisonnable. La forme de la sabretache de nos hussards, ses ornements et sa matière ont souvent varié; son intérieur a toujours été une poche en cuir; son recouvrement fut d'abord en drap, avec galons, avec broderies; puis en vache vernissée, avec écusson, avec armoiries en cuivre. Les hussards français portent presque pendante à terre leur subretache, ce qui gène leur démarche. Les dragons anglais la portent à la hauteur de la hanche, ce qui est plus commode, surtout si l'on suppose l'homme à pied.
SABREUR s. m. (sa-breur — rad. sabrer). Celui qui sabre, qui donne des coups de sabre.
— Militaire brutal et peu instruit : Ce général n'est qu'un sabreor. Il faut vous dire, pour excuser ce sabreur papiste, que, s'il a beaucoup fait brûler de poudre en sa vie, il n'en a pas inventé le plus petit grain. (G. Sand.)
— Fam. Homme qui sabre son ouvrage, qui travnille vite et mai.
SABH1.NA, nom latin de la Skvern.
SABR1NA, nom donné h une partie des terres antarctiques. La Terre Subrina, découverte, en 1839, par le capitaine anglais Balleny, est située à l'O. de la Terre Adélie, entre 110<> et US» de longit. E. ; la cote est placée sous le 65e degré de latit. S. La Terre Sabrina, encore peu connue, correspond en partie à la Terre de Wilkes.
SABRINA .ŒSTUARIUM, nom ancien du canal de Bristol.
SABSAB s. m. (sa-bsab). Bot. Syn. de paspale, genre de graminées.
SABULAIRE adj. (sa-bu-lè-ra — du lut.
sabulum, sable). Zool. Qui vit dans le sable.
— s. f. pi. Famille d'annélides chétopodes, comprenant le genre sabelle et plusieurs autres, qui vivent dans le sable : Toutes les sabulaires n'ont pas un égal degré de complication organique. (P. Gervais.)
SABUL1COLE adj. (sa-bu-li-ko-le — du lat. sabulum, sable ; colo, j'habite). Hist. nat. Qui habite ou croît dans le sable.
SABULINÉ, ÉE adj. (sa-bu-li-né — rad.
sabline). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sabline,
— s. f. pi. Tribu de la famille des caryonhyltées, ayant pour type le genre sabhne.
SAUUNJDU (Raymond de), philosophe et médecin. V. Skbonde.
SABURON s. m. (sa-bu-ron). Mol!. Coquille du genre casque.
SABURRA s. m. (sa-bur-ra). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens.
SABURRAL, ALE adj. (sa-bui-ral — rad.
taburre). Méd. Qui appartient à la saburre, qui porte de la saburre : Langue saburrale.
II Etat saburral, Accumulation de saburre dans l'estomac.
SABURRE s. f. (su-bu-re — lat. saburra, gravier, autre forme du mot sabulum, sable). Ane. méd. Matières muqueuses que l'on supposait se produire dans l'estomac pendant les mauvaises digestions, il Matières grossières que l'on supposait exister dans certains aliments, et auxquelles on attribuait les mauvaises digestions : Le lait cuit et la farine crue font beaucoup <ii> saburrb. (J.-J. Rouss.)
SAC s. m. (sak — latin saccus, grec sakos, sak/cos. Ce mot a passé dans toutes les langues européennes, et on l'a,rapproché du sanscrit sêoaka, sac, de Ja racine siv, coudre, lier, joindre, restée vivante dans la plupart des langues indo-européennes. Eichhoif rapproche du latin saccus et du grec sakos, sakkos, le latin saga, le g:ec sagyê et le sanscrit sagga, armure, équipement, vêtement, de la racine sa3i joindre, adhérer; mais l'hébreu saq indique pour le nom européen du sac une origine sémitique. Quant à sac, pillage, quelques-uns le rattachent au vieux, français eschac, esc/iec, butin, qui provient du germa-
SAC
nique : ancien haut allemand schâ, proie, butin; Scandinave skaak; ancien allemand schach, même sens; anglais to sack, faire du butin, piller; allemand schâcher, pillard, brigand, voleur. Scheler le regarde comme le substantif verbal d'un verbe inusité saquer, dérivé de sac, poche, et signifiant proprement empocher, puis, au figuré, voler, butiner, piller. Diez et, d'après lui , Burgny rejettent complètement l'explication par le germanique schâ, butin; ils partent, du substantif saccus, dans le sens de gros paquet, d'où se serait développée l'acception de chose empaquetée, butin). Poche de cuiroud'étofTe, dont la partie supérieure est seule ouverte et qui est destinée k servir de récipient : Grand sac. Petit sac. L'entrée, le fond d'un sac. Lier un sac. Bemplir, vider un sac.
Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe, Je ne reconnais point l'auteur du Misanthrope.
BoiLEAU.
Il Contenu de cette poche : Sac de blé, d'avoine, de farine, de charbon. Un sac d'argent. Un louis n'est pas plus le signe d'un sac de blé qu'un SAC de blé n'est le signé d'un louis. (F. Bastiat.)
— Sorte de petit coffre garni de peau, qui s'attache sur le dos par des bretelles, et qui contient les menus objets nécessaires à un soldat, à un homme qui voyage à pied : Partir le sac sur le dos.
— Pop. Estomac, ventre : Emplir son SAC. Vider son sac.
— Longue robe dont les membres des confréries de pénitents se couvrent dans les cérémonies et les processions.
— Pillage d'une ville prise à l'ennemi : Le sac de Troie. Le sac de Jérusalem, Mettre une ville à sac. Il Fam. Bouleversement, dérangement total : Elle allait, venait, trottait, sautait; elle aurait bien voulu mettre à sac toute la maison de son père, mais il avait les clefs de tout. (Balz.) C'est un brouillon gui mettrait tout à sac. (Alex. £>um.)
— Sac percé, Prodigue, dissipateur.
— Sac de papier, Sorte de poche faite avec du papier, dans laquelle on met certaines marchandises : Mettre des dragées dans un
SAC
— Sac d'église, Sac où les femmes mettaient autrefois leurs livres de prières.
— Sac de nuit , Sac que l'on porte en voyage, pour serrer ses hardes.
— Sac de procès ou simplement Sac, Sac dans lequel on mettait autrefois toutes les pièces d un procès : Déposer le sac au greffe. Il vous faudra de l'argent pour le droit de retirer le sac et pour les grosses écritures. (Mol.) Le bonhomme Brousset était vieilli entre les sacs, dans la poudre de la grand' chambre, avec plus de réputation d'intégrité que de capacité. (Ca> de Retz.) Il Sac commun, Sac dans lequel on mettait les pièces de rebut qui n'avaient pas été produites.
— Soc à ouvrage ou simplement Sac, Grande poche que les femmes portent avec elles, et dans laquelle elles serrent l'ouvrage auquel elles veulent travailler.
— Soc à malice, Grande poche que les escamoteurs attachent devant eux, et d'où ils tirent subtilement les objets dont ils ont besoin pour exécuter leurs tours, Il Fig. Endroit où l'on prend les objets nécessaires pour exécuter certaines opérations prestigieuses : Un banquier généreux est un opérateur sûr du succès; le coffre-fort est un sac k malice inépuisable.
— Sac à vin, Ivrogne : Va, sac à vin, tu devrais mourir de honte! (Mol.)
— Sac à tous grains, Personne d'un grand appétit et, par conséquent, peu difficile sur la qualité de Sa nourriture. '
— Homme de sac et de corde. Scélérat, homme digne des plus grands châtiments : Aux y eux des dévots, un philosopha est un
HOMME DE SAC Kl DE CORDE. (Gtillllll.)
— Etre dans un sac, comme dans un sac, Porter un vêtement mal ajusté à la taille, tombant tout droit et dessinant mal les formes.
— Elemuer dans le sac, Etre guillotiné, il Mot employé pendant la Révolution ; on avait dit précédemment éternuer dans le son, parce qu'on remplissait de son le sac destiné a recevoir la tête des suppliciés.
— Vider son sac, Dire tout ce qu'on a sur le cœur.
— Etre dans le sac, Pouvoir être regardé comme terminé : Soyez tranquille, votre affaire EST DANS LE SAC.
— Voir le fond du sac, Pénétrer ce qu'il y a de plus caché dans une affaire : Voilà un long discours, mais j'ai voulu vous faire VOIR LE fond du sac. (M'»o de Sév.)
— Prendre quelqu'un la main dans le sac, Le prendre sur le fait.
— Prendre son sac et ses quilles, Prendre ses hardes pour s'en aller. || Donner à quelqu'un son sac et ses quilles, Donner à quelqu'un son sac, Le congédier, le renvoyer, il Avoir son sac et ses quittes, Avoir son sac, Etre renvoyé, recevoir son congé ;
Si je n'obéis point, j'ai mon sac et mu quilles.
Boursault, Il Ne laisser à quelqu'un que le sac et les quilles, Le dépouiller complètement de son urgent -
SAC
Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui Et ne laisse aux plaideurs que le sac et tes quilles. La Fontaine.
— Avoir le sac, Avoir de l'argent comptant, être riche.
— Juger, condamner sur l'étiquette du sac, Juger, condamner sans examen, sur les apparences : Sur L'étiquette du sac, on peut fort bien juger que c'est un homme de bon sens et de bon esprit. (M°>e de Sév.)
— Avoir la tête dans le sac, Ignorer complètement ce qui se passe.
— Se couvrir d'un sac mouillé, Se servir d'une méchante excuse.
~ Tirer d'un sac deux moutures, Se faire ayer deux fois la même chose, en tirer doule profit.
— C'est la meilleure pièce de son sac, C'est la chose la plus avantageuse pour lui, son meilleur moyen de réussite.
— Le sac est plein, La mesure est comble.
— Prov. Il faut lier le sac avant qu'il soit plein, II faut mettre des bornes à ses projets d'avancement, de fortune; il ne faut en rien dépasser la mesure, il Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, Le receleur est aussi coupable que !e voleur, il H faut trois sacs à un plaideur : un sac de papiers, un sac d'argent et un sac de patience, Les procès demandent des formalités, ils sont coûteux et longs à terminer, il On frappe sur le sac pour que l'âne le sente, On fait une réprimande à quelqu'un pour la faire sentir k un autre qu'on ne veut ou ne peut reprendre directement.
— Hist. Sac de laine, Siège formé d'un sac plein de laine , sur lequel s'assied le lord chancelier d'Angleterre, présidentde la chambre des lords.
— Hist. relig. Ordre du sac ou de la pénitence de Jésus - Christ , Ordre ainsi nommé parce que les religieux et les religieuses portaient une robe faite en forme de sac.
— Mœurs et coût. Habit de toile grossière dont on se couvre en signe de deuil ou de pénitence : Porter le sac et le cilice. 0 Dieu ! vous avez changé mes pleurs en joie, vous avez déchiré le sac qui me couvrait, vous m'avez revêtu d'allégresse. (Laharpe.)
— Jeux. Course en sac, Divertissement qui consiste à faire courir des gens dont les brus et les jambes sont enfermés dans un sac.
— Artmilit. Sac à terre, Sac plein de terre qu'on emploie pour faire un retranchement, un épaulement. il Sac à laine, Sac plein de laine qui a le même empjoi. Il Sac à terre! Commandement usité pour ordonner aux soldats de uéposer les sacs.
— Artill. Sac à charge, Sac dont on se sert, dans le tir des bouches à feu de campagne et de montagne, pour transporter les munitions du coffre qui les renferme à la pièce qui doit les consommer, il Sac à étoupiltes, Petit sac de cuir contenant les fusées d'amorce ou étoupilles. Il Sac à terre, morceau de toile servant à nettoyer l'âme des mortiers et des obusiers.
Il Sac à feu, Sorte de bombe incendiaire.
— Pyrotechn. Sac à poudre, Sac en forte toile, qui est rempli de poudre et amorcé avec une fusée k bombe, sur laquelle on en lie l'ouverture, et qu'on jette sur la brèche au moment où l'ennemi donne l'assaut.
— Mar. Sorte de matelas de forme trèsallongée, sur lequel couchaient les rameurs des anciennes galères. Il Sac d'ècubier, Sorte de matelas de toile que l'on emploie pour boucher les écubiers. il Sac à terre, Enveloppe de maçonnerie dont on entoure les soutes aux poudres. Il Faire le sac, Se dit d'une voile qui n'est pas assez tendue, qui a trop d'ampleur.
Il Etre dans le sac, Se dit d'un mât de hune qui a cassé, il Embarqué eu sac, Se dit des marins qui, faisant un voyage de Terre-Neuve, ne sont engagés que pour travailler à la pèche.
— Pêche. Sorte de filet en manche avec lequel on prend le petit poisson.
— Métrol. Mesure de capacité employée à Lausanne, et valant 135 litres.
— Techn. Sac à noir, Petite chambre fermée, où l'on brûle de la poix- résine pour faire du noir de fumée. Il Sac de sauvetage, Appareil consistant en un long boyau de toile qui sert k sauver les personnes surprises dans les étages supérieurs d'une maison incendiée, lorsqu'on ne peut faire sortir ces personnes que par les croisées.
— Min. Cavité de peu d'étendue, remplie de minerai.
— Astron. Sac à charbon, Nom donné par les Anglais à des espaces de la voie lactée ou l'on n'aperçoit point d'étoiles,
— Anat. Cavité, poche membraneuse. (| Sac lacrymal, Petite poche située vers le grand angle de l'œil, et qui est un réservoir des larmes.
— Chir. Dépôt purulent qui se forme autour d'une plaie, d'un abcès, il Sac herniaire, Enveloppe séreuse des hernies.
— Moll. Sac animal, Nom vulgaire do l'ascidie verdatre.
— Bot. Réunion des étamines dont les filets, soudés ensemble, recouvrent l'ovaire, comme on l'observe dans les asclépiadées, où ce sac se montre sous la forme d'un capuchon. 11 Sac antàérifëre, Enveloppe immédiate ■de la poussière fécondante des mousses. Il
SAC
Sac de l'embryon, Membrane la plus intérieure de l'ovule, dans laquelle l'embryon est originairement renferme.
— Agric. Quantité de mare qui reste après un pressurage de cidre ou de vin.
— Interjectiv. Sac à papier, Sorte de juron burlesque : Mais je n avais pas vu cela ! sac À papier 1 Le bel endroit!... (Th. de Banville.)
— Syn. Sac, ■aeeagomenl. Ces deux mots
ne différent qu'en ce que le premier désigne simplement un fait, tandis que l'autre peint l'action, la montre en quelque sorte et fait pensera toutes les horreurs que subit la ville saccagée.
— Encycl. Constr. Les sa es en toile ordinaire remplis de sable sont employés avec avantage pour opérer le décintrement des voûtes ayant une ouverture au-dessus de 20 mètres. Ce système de décintrement, dû a M. Beuudainoulin , ingénieur des ponts et chaussées, a été utilisé dans un grand nombre de nos grands ponts et viaducs. Il a remplacé le système des coins employés pour les arches d'ouverture moyenne, mais qui est défectueux dès que celles-ci atteignent de grandes dimensions. Dans ce dernier cas, leur* surfaces étant très - fortement pressées, les coins refusent de glisser même sous de tresviolents coups de masse; on est alors obligé de les ruiner k la huche, ce qui, vu la manière irrégulière dont ils codent, détache trop rapidement le cintre sur certains points de la voûte pendant que sur d'autres ils la pressent encore. De ces mouvements brusques, il résulte que la voûte, dans son tassement, prut se trouver animée d'une force vive trèsdangereuse, taudis que l'inégalité avec laquelle le cintre quitte la voûte repartit les pressions d'une manière vicieuse, ce qui peut amener des ruptures et tend au moins à diminuer beaucoup la régularité de lu courbe définitive de la douelle. Les sacs en toile remplis de sable, que l'on fait écouler peu à peu, de manière à rapprocher les semelles graduellement et sans secousses, obvient complètement à ces inconvénients. Les sacs que l'on emploie pour le décintrement sont en forte toile ordinaire, ouverts par les deux extrémités que l'on serre et relie seulement avec des cordes, quanti on veut les remplir. Ils renferment, en outre, dans leur partie centrale deux petits tuyaux en toile ou ajutages de 0m,OS k 0m,07 de diamètre que l'on ferme de la même manière qne les extrémités. Pour les points d'appui fortement chargés, les sacs sont doubles; une sangle maintient leur partie centrale la plus exposée à crever sous la charge. Lorsque les sacs sont pleins de sable, ils forment des cylindres de 0m,35 k 0™,4o de longueur, non compris les extrémités. L'opération du décintiement avec les sacs se fait de la manière suivante : au moment de décintrer, on pose les sacs k côté des billes, que l'on a placées, lors de l'établissement des cintres, à l'aplomb de chaque appui, et on les serre le plus fortement possible contre les semelles. On commence ensuite à ruiner tes billes en les recoupant k la hache d'une manière régulière pour amener leur base d'abord k un rectangle de petite dimension, puis à celle d'un pri-me triangulaire. A ce moment le tassement commence ; les arêtes des billes s'émoussent, se compriment en partie, et en partie aussi entrent dans la semelle; les sacs sont alors comprimés fortement et diminuent de hauteur. Après cette première opération, on enlève complètement les billes, et le cintre Se trouve entièrement reposé Sur les sacs. On délie alors les ajutages et on détermine le mouvement du sable au moyen de polîtes règles en bois que l'on y fuit entrer etquo l'on y luisse pour maintenir ouverts les sacs. Les semelles supérieures s'abaissent alors peu à peu et très-lentement. Lorsque le ciutre n'adhère plus à la voûte, pour accélérer le mouvement on ouvre les gueules fermées des extrémités des socs et on fait descendre le cintre jusqu'à ce que le sable soit entièrement écoulé. Lorsqu on emploie du sable trèssec, l'écoulement par les ajutages se fait trèsbien ; mais le sable presse plus fortement sur la toile et fait quelquefois crever les sacs. En employant du sable à un état ordinaire, les sacs résistent au contraire parfaitement. Pendant toute l'opération du décintrement avec les sacs, an n'entend pas les chocs et les craquements de b<>is que l'on remarque dans tous les décintremeuts ordinaires. Ce n'est qu'en mesurant l'ecartenient des semelles que l'on s'aperçoit de leur rapprochement, et ce n'est également qu'en mesurant la voûte que l'on reconnaît si la cintre a commencé k s'en séparer. (Je procédé permet donc de décintrer les voûtes graduellement et d'une manière si insensible, que, dans chacun de leurs déplacements successifs, les voussoirs n'ont pas lo temps de prendre une force vive appréciable ; de plus, comme tous les points d'appui du cintre s'abaissent uniformément, les pressions sont toujours régulièrement réparties. On a amélioré ce système de sacs en remplaçant l'ajutage en toile rempli de sable par un tube de caoutchouc plein d'eau et assemblé avec un robinet en bois d'if. Lors du décintrement, au lieu d'avoir à faire écouler le sable renfermé dans l'ajutage en toile, ce qui se faisait assez irrégulièrement, on ouvre le robinet et l'on donne passage à l'eau contenue dans le tube en caoutohuuc ; de cette façon on obtient une descente graduelle et aussi
SAC
lente que possible du cintre et de la voûte. En général, on donne au tube en caoutchouc uu diamètre tel qu'une fois vide l'abaissement du cintre corresponde à l'abaissement maximum de la voûte. Ce remplacement de l'ajutage plein de sable par un tube en caoutchouc est dû k M. Lagrérie, ingénieur des ponts et chaussées. Des expériences, à l'aide de la presse hydraulique, ont démontré que les sacs pouvaient supporter une pression de 30,000 kilogrammes sans crainte de fuite de sable et d'eau.
— Art milit. Sacs à terre. Les sacs sont employés dans l'artillerie pour apporter la terre sur l'emplacement des batteries qu'on est parfois obligé d'établir sur le roc ou très-près de l'ennemi. Pleins et fermés, ils servent encore de masque et de revêtement. Ces sacs sont en forte toile de chanvre bien serrée ; leurs dimensions sont environ de 0™,7û à 0°»,40 de longueur quand ils sont vides, et 0m,50 à 0m,30 de longueur lorsqu'ils sont pleins. 500 sacs vides pèsent 160 k 190 kilogrammes; 1 sac plein pèse 30 k 35 kilogrammes au maximum ; 60 sacs pleins font à peu près l mètre cube. Un atelier composé en moyenne de cinq hommes, dont un piocheur, deux pelleteurs et deux aides pour tenir les sacs, remplit au plus 100 sacs en une heure et peut travailler six heures de suite. Les batteries en sacs k terre peuvent être construites sans bruit et très-rapidement; aussi en fait-on souvent usage dans les sièges. La construction d'une batterie de deux pièces exige moyennement 8,500 sacs fermés, dont 1,000 environ pour le masque et 1,500 pour les revêtements ; il faut à peu près 8,000 sacs ouverts pour fournir les terres du coffre; pour établir une telle batterie, il faut au plus 100 hommes. Lorsque l'on fait tout l'épaulement en sacs à terre termes, on les dispose par assises, en ayant soin de recreuser les joints. Les joues d'embrasure sont alors revêtues en gabions et en saucissons, et le fond avec des claies.
■ — Econ. rur. Dans les localités où les fruits, et particulièrement les raisins, ont une grande valeur, on a l'habitude, quand ils commencent à mûrir, de les renfermer dans de petits sacs, qui laissent passer la chaleur solaire et les garantissent contre les atteintes des oiseaux et des insectes. Mais ce procédé trèscoûteux ne peut guère être employé que sur une échelle restreinte; aussi n'est- il guère appliqué que dans les jardins fruitiers situés au voisinage des habitations. On peut, par économie, faire des sacs assez grands pour renfermer deux ou trois grappes. Les sacs en crin sont de beaucoup les meilleurs, surtout s'ils sont noirs, cette couleur ayant la propriété d'absorber la chaleur et par suite de hâter la maturité. Viennent ensuite ceux qui sont faits en toile de canevas grossier. Les sacs en papier, même huilé, sont les plus mauvais, parce qu'ils sont ramollis par la pluie et percés par les oiseaux, qui facilitent ainsi l'entrée aux insectes.
— Techn. Sac de sauvetage. Le sac de sauvetage comprend deux parties distinctes : le cadre d'ouverture et le rorps du sac. Le cadre d'ouverture est quadrangulaire. Un de ses côtés est formé par une traverse de frêne, qui a im,70 de longueur sur 0m,05 à 0m,06 de diamètre. Sur cette traverse est enroulé et cousu le bord inférieur du sac. On y fixe en outre une boucle destinée à recevoir le porteinousquelon d'une commande. Les trois autres côtés sont formés par une corde et tendus à angle droit par deux cordages de 5 mètres de longueur, ayant chacun l'extrémité libre munie d'un bilboquet de bois. La corps du sac est fait de deux lés de forte toile à voiles, cousue solidement avec du lil poissé. Il se termine intérieurement par un cordage formant ourlet, et Sur lequel s'enîoule la toile. A ce cordage sontlixês des anneaux de corde qui servent à tendre le sac et a l'incliner.
Le sac de sauvetage a une longueur totale de 19 à 20 mètres et une largeur de 0i>,80. Il faut trois hommes pour le hisser et trois autres pour le maintenir tendu pendant le sauvetage.Voici comment on opère : le sac étant mis à terre, la traverse en dessus, au-dessous de la croisée où il doit être hissé, l'homme n° 2 déroule la commande, en fixe le portemousqueton k la boucle de la traverse et passe l'extrémité garnie du bilboquet dans l'anneau de la ceinture du n° 1. Les nos i et 2 s'élèvent alors d'un étage à l'autre en exécutant la manœuvre de l'échelle à crochets. Arrivés a la croisée par laquelle le sauvetage doit avoir lieu, ils entrent dans la chambre et hissent le sac à l'aide de la commande. Cela l'ait, ils prennent la traverse du cadre d'ouverture, la placent parallèlement et contre l'appui de la croisée, sous les battants des châssis. Ensuite, ils ouvrent la bouche du sac et la maintiennent béante en faisant passer, par-dessus ces mêmes châssis, les deux cordages à bilboquet, qu'ils fixent à la traverse par un nœud doublé, après les avoir bien tendus. Ces préparatifs terminés, le n° 3, qui est resté à terre, saisit l'extrémité du sac, et, se faisant aider par les n°e i, 5 et 6, s'éloigne le plus possible du pied de la maison, pour le faire tendre fortement. De cette manière, le sac se trouve suffisamment incliné pour que la descente des personnes que les n«» 1 et 2 y introduisent, l'une après l'autre, ne soit pas trop rapide. A mesure qu'une de ces personnes se rapproche du sol, le n° 3 fait dirai-
SAC
nuer la tension du sac, et il prend toutes les précautions nécessaires pour que le sauveté arrive à terre le plus doucement possible.
— Mœurs et coût. Le sac était autrefois un signe et un instrument de pénitence. Ce n'était point l'usage des anciens de s'en couvrir tout le corps, mais de le mettre autour des reins. On le prenait dans les moments de deuil, d'affliction, de calamité publique, de pénitence. On y joignait l'action de se couvrir la tête de cendre ou de poussière. Lorsque l'affliction était passée, on témoignait sa joie en déchirant le sac qu'on avait autour des reins, on se lavait et l'on se frottait d'huile parfumée.
C'est dans ce sens que Jésus dit dans les Evangiles; « Malheur à toi, Corazin, malheur à toi, Bethsaïda ; car, si les miracles qui ont été accomplis au milieu de vous eussent été faits à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que ces villes se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. »
— Dr. des gens. Sac d'une ville. Il y a eu des sacs célèbres ; nous ne citerons que ceux de Troie, de Jérusalem, de Rome, de Magdebourg, etc. Un grand nombre d'écrivains se sont demandé jusqu'à quel point il est permis à un général vainqueur de mettre une ville à sac. Les ordonnances françaises qui traitent de la question sont peu nombreuses, et d'ailleurs que peuvent-elles régler? Admises en France, elles sont inconnues à l'étranger. Quand donc existera-t-il, entre peuples civilisés, un code de la guerre que nul ne pourra violer ? Les ordonnances du 3 novembre 1590 et du 25 février 1591 disent quelques mots des sacs à la suite d'assauts. Henri IV, par celle de 1590, ne voulait pas que le sac pût durer plus de vingt-quatre heures ; c'était déjà une durée de temps fort honnête. La législation moderne ne s en occupe qu'indirectement et semble laisser, k cet égard , carte blanche aux généraux en chef, puisqu'en Afrique, des pays, des villes ont été mis k sac.
— Astron. Sacs à charbon. On remarque dans certaines parties de la voie lactée des espaces noirs, vides d'étoiles, sortes de vastes trous à travers lesquels, a dit de Humboldt, nos regards plongent dans les recoins les plus reculés de l'univers. Ces ténébreuses régions de la voûte céleste , qu'Homère ou Hésiode eût baptisées poétiquement, ont reçu des Anglais le nom de sacs à ckarbon {coatbag).
La plus remarquable de ces taches obscures a été signalée par Améric Vespuce dans son troisième voyage; elle est située au milieu d'un amas d'étoiles d'un grand éclat, dans l'hémisphère austral, entre la Croix-du- Sud et le Centaure. Elle a la forme d'un cône, ou plutôt d'une poire et occupe 8° en longueur et 50 en largeur.
Lacaille a expliqué cette apparence au moyen du contraste causé par la vivacité de la blancheur de la voie lactée, qui renferme l'espace noir et l'entoure de tous côtés. Le sac à charbon de la Croix-du-Sud n'est cependant pas entièrement vide d'étoiles; une seule, de sixième ou septième grandeur, y est visible à l'œil nu; mais les étoiles télescopiques de onzième, douzième et treizième grandeur y sont nombreuses.
W. Herschel a observé aussi, dans le Scorpion et dans Ophiucus, des espaces complètement vides d'étoiles ; il les a appelés des ouvertures des cieux (openings in the heavens).
— Allus. llttér. Le ne dcScaplu, Une des fourberies de Scapin, dans la pièce de ce nom. Scapin, qui veut se venger de Géronte, l'enveloppe dans un sac sous prétexte de le dérober à la colère d'un spadassin, et, en contrefaisant sa voix, il lui administre force coups de bâton. C'est une des scènes les plus bouffonnes du grand comique. Mais ces bouffonneries choquaient le goût sévère de Boileau, qui en a repris vertement son ami dans l'Art poétique :
Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe, Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope. Ces deux vers servent de nos jours encore de matière à une discussion littéraire. On sait que Molière jouait dans la plupart de ses pièces, et, dans les Fourberies de Scapiu, il remplissait le rôle de Géronte ; c'était donc lui-même qui était enveloppé dans le sac et qui devenait la victime de la ruse du valet. Certains critiques partent de là pour soutenir que le premier vers doit s'écrire ainsi : Dans ce sac ridicule où Scapin j'enveloppe. C'est y mettre trop de finesse : Boileau n'a voulu qu'une chose, exprimer un blâme, qui s'adresse , non pas à l'auteur comédien , mais à la scène bouffonne , grotesque et indigne , suivant lui , du grand génie de Molière. Le rôle de Géronte eût été rempli par tout autre (acteur, que Boileau n'en eût pas moins blâmé cette scène, et dans les mômes termes. C'est ici le cas de dire : Qui veut trop prouver ne prouve rien, ce qui est le défaut ordinaire de la critique pointilleuse.
Dans l'application, le sac de Scapin est le trait vulgaire et presque grossier qui contraste trop avec la distinction d'esprit et de manières que l'on est accoutumé k rencontrer chez quelqu'un. Cela se dit particulièrement d'un auteur :
« Il règne dans cette peinture un mélange de terrible et de ridicule, et même de plusieurs styles, lequel n'est point convenable