‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 14 sur 1059 · SACA · texte numérisé non relu

SACA

au sujet. La chute de l'homme, que l'auteur traite sérieusement, ne peut admettre le bas comique. Il fallait imiter plutôt l'énergie outrée de Milton et la beauté du Tasse. « Une ' face échaudée, des diables mineurs, Luci- » fer qui tousse, des démons soufflant dans i leurs doigts > ne sont pas un début décent pour arriver à l'amour de Dieu, qui est traité dans cette pièce. C'est une grimace, c'est le sac de Scapin de l'auteur du Misanthrope. Chaque chose doit être traitée dans le style qui lui est propre, et il y a de la dépravation de goût à mêler ainsi les styles. »

Voltaire.

Saea e« parchemins, roman, par M. Jules

Sandeau (Paris, 1851, in-18). M. Levrault est un millionnaire qui s'est enrichi à vendre du drap dans la rue des Bourdonnais; il a le sac; au contraire, le marquis Gaston de La Rochelandier est fort pauvre et vit retiré avec sa mere dans le manoir en ruine de ses aïeux ; il ne possède que ses parchemins. Tout le roman est destiné a mettre en lumière la sottise du bonhomme Levrault qui, pour satisfaire sa vanité, a offert sa fille au marquis, et l'égoïsme du noble qui, pour refaire sa fortune, a accepté la fille de 1 ex-marchand de draps. Le sujet n'est pas neuf, on le voit, mais M. Jules Sandeau lui a refait une originalité à force d'esprit, de finesse d'observation, d'habileté dans les détails et de charme dans la forme. Sans parler des personnages principaux qui, tous, sont dessinés de main de maître, certains types de gentilshommes ruinés sont très-réussis. Rien n'est amusant comme le chevalier de Baibanpré, ce descendant de Godefroy de Bouillon, vieux gentilhomme pauvre et gourmand, plus gourmand même que gentilhomme, car il donnerait pour un bon repas tout son arbre généalogique; tout perclus de rhumatismes, il se fait voiturer dans les calèches de M. Levrault, dîne k la table de M, Levrault, lui emprunte même quelque peu d'argent et croit lui payer suffisamment tout cela en lui donnant le titre pompeux de grand industriel. M. Levrault mourrait de honte s'il supposait qu'on le prend pour un simple détaillant retiré du commerce. Quant au vicomte Gaspard de Montflanquin, qui a laissé un peu de sa fortune sur les trottoirs de toutes les capitales, un peu de son honneur sur les tapis verts de tous les tripots et qui rôde autour du million de dot de Mlle Levrault sans pouvoir réussir à le happer, c'est un modèle achevé de fieffé coquin. Mais un des caractères les plus vigoureusement dessinés est celui de Mlle Levrault. « Laure était, à dix-huit ans, ce qu'on est convenu d'appeler une jolie personne. Blanche et rose, de beaux cheveux bruns, les yeux bien fendus, le front pur, la taille élégante; dans l'ensemble je ne sais quoi d'un peu commun, la tache originelle, l'estampille du magasin, qu'on eût à peine remarqué sans les prétentions qui s'efforçaient de le dissimuler. C'était, au moral, un caractère positif, une imagination rassise, un cœur sûr de luimême et qui n'avait jamais voyagé dans le pays des rêves et des chimères. La vanité avait flétri en elle, de son souffle glacé, toutes les fleurs qui s'épanouissent au matin de la vie. » On comprend ce que peut devenir une telle fille sous la direction d'un père tel que M. Levrault. Il faudrait citer encore les portraits de maître Jolibois, le notaire, et de la marquise de La Rochelandier, ou, pour mieux dire, il faudrait tout citer de ce roman, qui est un des plus complets et des plus profondément observés qu ait écrits M. Jules Sandeau.

. SACA s. m. (sa-ka), Marara, Espèce de chat sauvage, qui vit k Madagascar.

SACALA, ville d'Abyssinie, dans l'Amhara, près des sources du Bahr-el-Azrek, à 200 kilom. S.-O. de Gondar.

SACAME, nom donné, pendant le moyen âge, k la partie du Péioponèse qui comprenait les territoires d'Argos, de Corinthe et de Sicyone.

SACARIA, rivière de la Turquie d'Asie. V. Sakaria.

SACART1ÈNE, contrée de l'Asie ancienne, à l'E. de la Carmanie, au S.-E. du Paropamisus ; elle comprenait, la Drangiane et quelques districts voisins. Elle correspond à peu près k ce qu'on appelle de nos jours le Si-

GISTAN.

SACASE (François), magistrat et homme politique français, né à Saint-Béat (Haute- Garonne) en 180S. Il fit ses études de droit, exerça quelque temps la profession d'avocat, puis entra dans la magistrature. Successivement juge au tribunal civil de Bordeaux, conseiller à la cour d'appel d'Amiens, puis k celle de Toulouse, il devint président de chambre dans cette dernière ville. Membre du conseil général de la Haute-Garonne, M. Sacase éiait, en outre, secrétaire perpétuel de l'Académie de législation de Toulouse et membre de l'Académie des Jeux floraux lorsque, le S février 1871, 68,546 électeurs de la Haute-Garonne le nommèrent député k l'Assemblée nationale. 11 alla siéger au centre droit, parmi les adversaires du gouvernement républicain, et fit partie, dès sa formation, de la réunion des Réservoirs. M. Sacase vota pour la paix, pour l'abioga-

SACC

tion des lois d'exil qui frappaient les Bourbons, pour la validation de l'élection des princes d'Orléans, le pouvoir constituant de l'Assemblée, la proposition Rivet, se prononça en faveur de la pétition des évêques, contre le retour de l'Assemblée k Paris, etc.

11 fit partie de la commission des grâces et fut nommé rapporteur de la loi contre l'Internationale, k l'occasion de laquelle il prit h diverses reprises la parole, notamment lo

12 mars 1872. Lorsque M. Thiers résolut do faire organiser par la Chambre la République, comme étant le seul gouvernement possible, M. Sacase fit, avec ses amis, une vivo opposition au chef du pouvoir exécutif et se joignit k la coalition monarchique et bonapartiste, qui, le 24 mai 1873, renversa du pouvoir cet homme d'Etat. Il devint alors un des plus ardents soutiens de la politique dite de l'ordre moral, qui fit une guerre u outranco à toutes les libertés et troubla si profondément le pays. Après l'échec de la tentative

I faite pour restaurer la monarchie de droit divin, il vota la prorogation pour sept ans des pouvoirs du maréchal Mac-Mahon (19 nov.

1873). En juillet 1874. il vota contre la proposition Périer demandant l'organisation des pouvoirs publics et contre la proposition Muleville demandant la dissolution de l'Assemblée. Cette même année, il fit un rapport sur le taux do l'intérêt de l'argent. Le 25 février 1875, M. Sacase a voté contre l'ensemble de la constitution qui a organisé le gouvernement républicain. Outre des rapports faits à l'Académie de législation de Toulouse, des notices biographiques sur Loi/seau, Cujas, le Cardinal d'Ossat, etc.; des travaux sur le parlement de Toulouse, etc., on lui doit un ouvrage intitulé : De la folie considérée dans ses rapports avec la capacité ciuite (1851, in-80).

SACATECOLUCA, bourg de l'Amérique centrale, dans la république et à 44 kilom. S.-E. de San-Salvador, sur l'océan Pacifique et près du volcan de son nom ; 4,000 hab. Sources thermales aux environs.

SACATEPEQCEZ (SAN-JDAN-DE-), ville de l'Amérique centrale, dans la république et à 40 kilom. N.-E. de Guatemala, ch.-l. de district ; 9,000 hab. Environs fertiles etsalubres.

SACC (Frédéric) , chimiste suisse , né à Neuchâtel en 1819, II se fit recevoir docteur et il a professé pendant longtemps la chimie k la Faculté des sciences de sa ville natale. Nous citerons, parmi ses ouvrages ; Précis élémentaire de chimie agricole (1848, iu-12); Essai sur la garance(l8ôl, in-S») ; Eléments de chimie minérale ou synthétique (1870, in-is); Eléments de chimie organique ou asyndétique (1871, in-18s etc. On lui doit aussi uno traduction des Précis d'analyse chimique qualitative et quantitative de Frésénkis (1845- 1847, 2 vol. in-12).

SACCADE s. f. (sa-ka-de — du vieux français sucer, sacher, sachier, saquer, tirer dehors, retirer, dégainer, le même que l'espagnol-portugais sacar. De saquer on avait fait saquoir, qui désignait une poignée de fer servant k tirer k soi une porte pour la fermer. Diez et quelques autres considèrent le vieux français sacher, suc/tier, tirer, d'où saccade, action de tirer, comme un dérivé de sac. Comme le fait observer Scheler, sacher est un dérivé de sac en tant qu'il signifie ensacher, mais il est assez difficile de lui donner en même temps le sens opposé du vieux français désuclter, faire sortir du sac. Selon ce philologue, le français sacher et l'espagnol sacar sont pour Stacker, stacar, et reproduisent l'italien staccare, détacher, séparer, et le substantif saccade, secousse, petits mouvements détachés, non soutenus, répond parfaitement à l'italien staccato. Scheler propose aussi de rattacher sacquer, sacher, tirer, secouer brusquement, au germanique : anglosaxon sedean, anglais s/take, secouer ; Diez, il est vrai, n'admet pas la correspondance du se initial germanique avec s initial roman; mais sacquer peut être pour chaquer, de même qu'on dit dans le Nord sanger, sarcher pour changer, charger. Scheler signale k cette occasion le champenois socquet, cahot, qui est sans doute un dérivé de choquer et correspond à l'anglais shok et k l'allemand schaulteln. Chevallet rattache sacher, sacquer, k un autre primitif germanique : ancien haut allemand zukkan, ziachan, ziuhan, tirer, retirer, anglo-saxon seogan, bas allemand sakken, allemand zûcken, tirer l'épée, dégainer). Brusque secousse donnée k un cheval, en lui tirant la bride : Donner une Saccapb, des saccades à un cheval.

— Secousse violente en tirant k soi et repoussant : Il le prit au collet et lui donna deux ou trois saccades. C'est un bruit autour de moi, ce sont des saccades; c'est un charivari qui m'arrache a moi-même. (Diderot.)

— Mouvement brusque et intermittent :

N'aller, n'avancer que par saccades. Le vent s'engouffrait par saccades et fouettait la poussière en tourbillons. (H. l'aine.) Le lézard ne va que par saccades et s'arrête à chaque instant. (J. Macé.)

— Fig. Action brusque et intermittente : Cet orateur est éloquent, mais seulement par

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