ÉLECTEURS
Rodolphe II 1356
Venrteslas. 1370
Rodolphe I[1 1388
Albert III 1412
Maison de Weltin ou de Alistiie.
Frédéric 1er le Belliqueux. . 1423
Frédéric II le Bon 1428
Ernest et Albert 1474
Ligne Ernestine.
Ernest, seul 1484
Frédéric III le Sage 1486
Jean I" le Constant 1525
Jean-Frédéric le Magnanime. 1532
Ligne Albertine.
Maurice 1547
Auguste 1553
Christian 1er. 1536
Chri-tinn II 1591
Jean-Georges 1er 1611
Jean -Georges II 1656
Jean Georges Ht 1680
Jean-Georges IV 1691
Frédéric-Auguste 1er 1694
Frédéric-Auguste II 1733
Frédéric-Christian 1763
Frédéric-Auguste III 1763
Comme roi, depuis 1806, sous le
nom de
Frédéric-Auguste 1«. . . . , 1806
Antoine 1er. , 1557
Frédéric-Auguste II 1836
Jean 1854
Albert 1373
SAXE-ALTENDOURG (duché de), Etat de l'empire d'Allemagne , compris entre le royaume de Saxe , la province prussienne de Saxe, le grand-duché de Saxe-Weimar, le duché de Saxe-Meiningen, la principauté de Schwarzbotirg-Rudolstadt , entin la principauté de Géra, qui appartient a la principauté de Reuss et qui le partage en deux parties, l'une orientale et l'autre occidentale. Superficie, 1,314 kilom. carrés; 142,122 hab. Capitale, Altenbourg; villes principales : Roniiebour^ et Eisenberg. La partie orientale du duché est traversée par les ramifications de l'Erzgebirge, tandis que la partie occidentale est couverte par quelques rameaux du Thuringerwald; il est arrosé par la Saale, la Koda, la Pleiss, la Wyrtia et la SproUa. Le climat est sain et tempéré, surtout dans les vallées de la Saale. La partie occidentale est couverte d'épaisses forêts de pins et de riches prairies; la partie orientale, très- favorable k l'agriculture qui v est florissante, produit surtout des céréales, des plantes oléagineuses, du lin, du chanvre et des fruits excellents. On y trouve de la terre k porcelaine, des ligniles, porphyres et ardoises. En 1861, la race chevaline y était représentée par 8,200 chevaux ; la race bovine y comptait 59,307 individus; la race ovine 54,001 ; la race porcine 6,383; la race caprine 14,473. L'industrie manufacturière y. est peu développée; il faut pourtant citer la fabrication de la porcelaine, des lainages, de la poterie, de la boissellerie et des poètes. Le commerce exporte surtout des céréales et du bois.
La forme du gouvernement du duché de Saxe-Altenbourg est monarchique constitutionnelle. Le pouvoir du duc est lini.te par la constitution du 29 avril ,1831, modifiée par la loi du lor mai 1.857 et par ceiie du 31 mai 1S70. Le duc est le chef souverain de l'Etat, qu'il gouverne avec l'assistance d'un ministère responsable. Il reçoit une liste civile de 143,000 thalers. Le Lundstay (diète) se compose de trente députes, dont neuf représentent les propriétaires de biens équestres, neuf les villes, douze les paysans. Les représentants des propriétaires sont nommés par le suffrage direct, les autres par* le suffrage a deux degrés. Tout citoyen âgé de vingt et un ans et jouissant de ses uroits civils est électeur. Pour être éligible, il faut avoir trente ans accomplis. La diète doit être convoquée par le duc au moins une fois tous les trois ans; le duc peut la proroger et la dissoudre, k la condition de provoquer «le nouvelles élections. L'administration est dirigée par uu ministère compose de trois membres. Entre le gouvernement proprement dit et l'auloriié communale, il y a les chefs des deux cercles qui comprennent le territoire du duché : cercle de l'Est et cercle de l'ouest. La justice a pour première instance deux tribunaux criminels et neuf tribunaux civils; pour deuxième instance, la cour d'appel d'Altenbourg et pour troisième instance la cour suprême d'iéna. L'instruction est conférée dans les écoles primaires, dans le gymnase d'Attenbourg, le lycée d'Eisenberg, l'école.
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normale d'Altenbourg et l'université d'iéna. Le budget, qui se solde ordinairement en équilibre, a été fixé, pour 1872-1874, à 874,192 thalers. L'armée, en 1866, depuis l'organisation de la confédération allemande du Nord, fait partie intégrante de l'armée prussienne, tout en conservant le earaelére national du pa3's. Elle se compose de 1,600 hommes. La nomination des officiers, le recrutement, l'instruction des soldats sont entre les mains de la Prusse. D'après la constitution de l'empire allemand (16 avril 1871), le duché de la Saxe-Altenbourg envoie un député au conseil fédérai et un au Reichstag. — Notice historique. Dans le partage de la Saxe, en 1482, entre les deux branches Ernestine et Albertine, le duché de Saxe-Altenbourg échut à la branche Ernestine, puis revint, en 1547, k la branche Albertine. En 1553 , l'électeur Auguste céda de nouveau Altenbourg, Eisenberg, etc., k Jean-Frédéric le Magnanime, dépouillé par Charles-Quint. La ligue d'Altenbourg, fondée en 1603 par Frédéric-Guillaume, (ils de Jean-Guillaume de l'ancienne ligne de Weimar, s'éteignit en 1672, et le pays échut alors k Krnest 1er de Gotha. Lors du partage entre ses lil v Altenbourg demeura k la ligne de Gotha; et, depuis que cette ligne de Saxe-Eiseiiberg s'est éteinte en 1707, le tout fit partie de Saxe- Gotha. Après l'extinction de la ligne qui y régnait, le territoire fut attribué, aux termes d'un traite de partage intervenu en 1826, au' duc de Saxe-Hildburghatisen, qui prit dès lors le titre de duc de Saxe-Altenbourg. (Cette ligne de Saxe - Hildbughausen avait été fondée en 1675 par le sixième fils d'Ernest le Pieux.) Le duc Frédéric mourut en 1834 et eut pour successeur son fils Joseph. Celuici abdiqua volontairement le 30 novembre 1848, k la suite des troubles qui avaient éclaté dans ses Etats comme dans le reste de l'Allemagne; il eut pour successeur son frère Georges, lequel, à sa mort (1853), a été remplacé par son fils aîné, Krnest, duc aujourd'hui régnant et lieutenant général au service de la Prusse. Ce prince, qui a épousé, en 1853, Agnès, fille du duc d'Anlialt-Dessau, n'a eu qu'une fille, la duchesse Marte, née en
SAXE CODOUHG-GOTHA (duché du), Etat de l'empire d'Allemagne , formé des deux principautés de Cobourg et do Gotha. La principauté de Cobourg est bornée au N. par le duché de Saxe-Meiningen, des autres côtés par la bavière; la principauté de Gotha est limitée au N. par la province prussienne de Saxe, k l'E. par cette même province et la principauté de Schwarzbourg, au S. parla province prussienne de Hesse et a l'O. par les Saxes Meiumgen et Weimar. La superficie totale du duché est de 1,970 kilom. carres. En 1871, la population de Cobourg était de 51,709 hab., celle de Gotha de 122,030, ce qui fait pour l'ensemble du duché 174,339 hab. Capitale, Cobourg. La principauté de Cobourg, située sur le versant méridional du Thuringerwald, est arrosée par l'itz et la Kodaeh, et la principauté de Gotha s'étend sur le versant nord Uu Thuringerwald et est arrosée par la Géra, la Nessa, la Werra, l'Imi et i'Uiistrut. Le sol est généralement fertile et bien boisé. L'agricuiture, l'élevé du bétail, la sylviculture sont flurissan tes da us cette Contrée. On y comptait en 1862 : 7,007 chevaux, 59,377 bêtes a cornes, 123,724 bêtes k laine, 20,359 chèvres, 42,483 porcs. Les mines sont peu importantes; celles qu'on pent citer sont les exploitations de houille de la principauté de Gotha; mais il y a plusieurs fabriques importantes de porcelaine, faïence, sucre, jouets d'enfants; plusieurs uaines, des filatures, des manufactures de tissus et, enfin, le célèbre établissement de cartes géographiques de Justus Perthes à. Gotha. Les voies de communication s'élèvent à 97 kilom. de chemins ne fer, et les routes k 727 kilom. Les deux villes de Cobourg et de Gotha possèdent chacune uue banque privée ; Gotha possède, en outre, une institution de crédit foncier dout les opérations sont garanties par l'Etat.
Le gouvernement du duché est monarchique constitutionnel. D'après la loi fondamentale du 3 mai 1852, les deux parties du territoire, gouvernées par le même prince, avaient un ministère commun, mais des diètes et des administrations séparées. La diète de Cobourg se composait de onze députés, celle de Gotha de dix-neuf; pour les affaire* communes, ou formait une diète commune de vingt et un membres, dont sept nommés pur la uiele particulière de Cobourg et parmi ses membres et quatorze par celle ue Gotha. Mais en 1873 les représentants de Saxe-Cobourg et de Saxe-Gotha résolurent de foudre eu une seule les deux administrations séparées, de manière à ne plus former qu'un seul Etal. Une coitimissinn iioiumèe k cet effet a décidé, vers la fin de 1873, que les deux Juches n'auraient plus qu une Chambre représentative, composée de dix-neuf députes pour Gotlia et de onze pour Cobourg, et que l'unification aurait également lieu pour les diverses branches de l'administration et la législation judiciaire. Les membres de la dieie sont élus par les suiïrages des citoyens. Sont électeurs tous les citoyens âgés de vingt-cinq ans , jouissant de leurs droits civils et payant une somme quelconque en impôts directs. Tout électeur âgé d'au moins trente aps est éligi-
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ble. Aucune loi ne peut être établie ou abolie sans le concours de la diète. L'administration émane du duc, mais aucune de ses décisions n'est valable si elle n'est eoutre-signée par un membre du ministère. Les autorités administratives .subordonnées au ministère sont: quatre pi éfectures. sept comités urbains ft trois dUtiicts. Au point de vue de l'instruction, le duché de Saxe-Cobourg possède l'université d'iéna, deux lycées, un collège, une école de sciences exactes, deux écoles normales, huit écoles industrielles et de nombreuses écoles primaires. Pour la justice, la première instance est représentée par les deux tribunaux d'arrondissement, avec adjonction du jury pour les crimes ; la deuxième par la cour d'appel de Gotha et enfin la troisième par la cour supérieure d'iéna. Pour la période financière de 1873 k 1877, le budget a été fixé, k Cobourg, k 482,245 florins, le florin valant 2 fr. 10, et k Gotha, k 716,000 thalers, le thaler valant 3 fr. 75. La liste civile du duc est constituée eu partie par l'excédant des recettes. Quant à la dette publique, elle est", pour Cobourg, de 1,743,509 nmins, dont 350,000 de papier-monnaie, et, pour Gotha, de 471,443 thalers, dont 400,000 de papier-monnaie La petite armée du duché tait partie de l'année prussienne. Depuis l'organisation de l'empire ullemand (26 avril 1871), le duché de SaXe-Cubourg-Gotha envoie un député au conseil fédéral et un au Reichstag.
— Aperçu historique. Le fondateur de la ligne actuelle de Saxe-Cobourg-Gotha est Jean-Ernest (1680), septième fils d'Ernest le Pieux, et celte ligne porta d'abord le nom de Saxe-Saalfeld, puis de Saxe-Cubourg-Saalfeld. En 1825, la famille souveraine de Saxe- Gotha-Alteiibourg s'etaul éteinte en la personne du duc Frédéric IV, le duché de os nom fut divisé entre ses héritiers, les ducs de Saxe-Cobourg, Saxe-Alten bourg et Saxe- Meiningen, La pius grande partie passa au duc de Saxe-Cobourg , qui prit alors le titre de S.'Xe-Cobourg-Gotha. Le duc régnant aujourd'hui est Ernest IV, né eu 1818 et proclamé duc le 29 janvier 1844. Il a épouse, en 1842, la duchesse Alexandrine de Bade, dont il n'a pas eu d'enfants. Frère du prince Albert, mari de la reine Victoria, il a pour héritier présomptif son neveu, le prince Alfred d'Angleterre.
SAXE-MEININGEN (duché de), Etat de l'empire d'Allemagne, borné au N. par la principauté deGuUia, la province prussienne de Hesse, la principauté de Schwarzbuurg et le duché de Saxe-Altenbourg; a l'E. par la principauté de Keuss et par la Bavière, au S. par la liavière et la principauté de Cobourg, k l'O. par le duché du Saxe-Weimar ; superficie, 2,476 kilom. carrés ; 187,884 hab. Capitale, Meiningeii. Le territoire de ce duché est snue sur lu versant S.-O. et E. du Thuringerwald et présente dans sou ensemble ta configuration d'un fer k cheval dont le côté intérieur est tourné vers le nord. Il est arrosé par la Werra, la Saale et l'Uni, et se compose de cinq parties principales : 10 le duché de Meiuingen , siège primitif de la maison; 2° 1 ancien duché d HiUlburghausen ; 3° la principauté de Saalfeld ; 40 le comté de Hambourg, qui, jusqu'en 1826, faisait parue d'AKen bourg, et uue partie du bailliage d'Eisenberg; 50 la seigneurie de Kianniclifeld. Le sol du duché est généralement montagneux, mais entrecoupé par de nombreuses et fertiles vaheea, entre lesquelles on remarque surtout la vallée de la Werra, une des plus belles contrées de l'Allemagne. Quelques districts sont peu fertiles. Néanmoins, l'agriculture est la principale occupation des habitants. En 1864, ou comptait dans le duché : 4,005 chevaux, 77,761 bêtes a cornes, 111,441 bêtes k laine, 21,926 chèvres et 8,088 porcs. Le duché po.sseUe ues mines de houille, de fer, des ardoisières, des salines importantes. Au point de vue de l'industrie manufacturière, on y trouve quelques usines k fer, des verreries, des fabriques de porcelaine, de jouets d'enfants, nés filatures, <1ca tanneries, etc. La banque de crédit de l'Allemagne centrale, fondée à Meiniugeu en 1856, est autorisée k émettre des billets.
La forme du gouvernement du duché est celle d'une monarchie constitutionnelle. D'après la constitution de 18:9, modifiée eu 1871 et en 1873, la diète se coiilpuse de vingtquatre membres, dont quatre sont élus par les propriétaires fonciers les plus imposés, quatre par les plus imposés d'autres impôts directs et seize par les autres habitants. L'élection est k deux degrés et le mandat des députes est de six ans. Pour être éligible, il faut avoir trente ans. La diète, qui eiit son président et ses vice-présidents, doit être convoquée au moins une fois tous les trois ans par le duc, qui peut la proroger et la dis- SouJre. Les lois relatives a la liberté et à la propriété des citoyens, ainsi que les lois financières, ne peuvent être abrogées ou établies qu'avec l'assentiment de la diète. Le duc gouverne k l'aide d'un ministère qui comprend cinq départements ; la maison aucule et les affaires étrangères, l'iuterieur, la justice, les cultes et 1 instruction, les finances. Au point de vue administratif, le duché est divise eu onze bailliages. 11 y a trois instances pour la justice : la première est représentée par cinq tribunaux et dix sous-tribunaux (les crimes sont soumis au jury); la deuxième par }a cour d'appel d'HilUburg.
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hfiusen ; enfin, la troisième par la cour supérieure siégeant à Iéna.
Pour l'instruction supérieure, la Saxe-Meiningen entretient en commun avec les autres duchés saxons l'université d'Iéna, puis deux lycées, une école normale, entin des écoles prima res. Son budget a été fixé pour la période de 1872-1874 à 2,lt>.»,SlS florins; Sa dette, en 1873, était de 5,560,071 flor. Comme celle des autres duchés saxons, su petite armée fait partie do l'année de l'empire allemand. En vertu de la constitution de cet empire (16 avril 1871), le duché de S&xe-Meiningen envoie un député au conseil fédéral et trois députés au Reichstag.
— Aperçu historique. La ligne de Saxe- Meiningen fut fondée par le troisième fils d'Ernest l: Pieux, Bernard, qui mourut en 170G. Il eut pour successeur son (ils aîné, Ernest- Louis, à qui ses deux frères cadets cédèrent le gouvernement. A la mort d'Ernest-Lonis (1724), ses dis étaient encore mineurs. L'alué ne lui survécut que cinq ans et le plus jeune, Frédéric-Charles, mourut en 1743. S»-s deux oncles, Frédéric-Guillaume et Antoine-Ulrich, régnèrent en commun pendant trois ans, jusqu'à la mort du premier arrivée en 1746. Antoine-Ulrich régna seul désormais ; mais ses prodigalités, accompagnées d'actes de violence, nuisirent beaucoup au pays; il mourut en 176a, laissant deux /ils, Charles et Georges, qui régnèrent conjointement sous la tutelle de leur mère. Le premier mourut en 1782; Georges, qui régna seul jusqu'à sa mort, arrivée en 1803, fut un prince remarquable, qui rendit d'importants services à son pays. Il eut pour successeur son fils encore mineur Bernard-Krich-Ffeund, qui, en 1824, donna spontanément à ses sujets une constitution représentative. Lors du partage de la succession de Gotha, comme il eut pour sa part, avec les territoires de Saalfehl, de Kraiinichfeld , le duché d'Hildburghausen, il prit dès lors le titre de duc de Saxe- Meiningen-Hildburghausen. Le prince régnant actuel, le duc Georges, qui a succédé à son père Bernard- Erich -Freund , après l'abdication de ce dernier en 1866, est général de l'armée prussienne. Ce prince, né en 1826, n épousé la princesse Charlotte de Prusse, morte en 1855, et, en 1858, la princessa Féodora de Hohenlohe. L'héritier présomptif du duché est son fils aîné, le prince Bernard, né en 1851,
SAXE-WE1MAR-EISENACH (GRAND-DUCHÉ de), Etat de l'empire d'Allemagne, composé des principautés de Weimar, d'Eisenaon et de plusieurs petites enclaves séparées par des territoires étrangers, mais situées toutes cependant dans le cœur de l'Allemagne, tes Unes près des autres, dans la direction de l'O. a l'E. Les différentes parties qui constituent le duché sont bornées au N. par la province prussienne de Saxe, à i'E. par le royaume de Saxe ; au S. par la Bavière, les principautés de Keuss et de Schwarzbourg et les duchés de Saxe, à l'O. par la province prussienne de Hesse; superficie, 3,630 kilomètres carrés; 286,183 hab, en 1871. Capitule, Weimar; villesj principales, Eisenach et Iéna. Le duché s'étend sur une partie du Thuringerwald, sur les versants nord des montagnes du Voigtland, sur les prolongements du Rœhngebirge et jusqu'au versant méridional du Harz. Les principales rivières qui l'arrosent sont : la Saale, la Werra, l'Unstrut et l'EIster. Le sol donne k peu près les mêmes produits que les autres duchés saxons; il est généralement fertile et bien boisé. L'agriculture et l'élevé du bétail sont les principales industries de ce pays. On y comptait en 1864 : 15,106 chevaux, 115,792 bétes à cornes, 285,761 bétes à laine, 38,144 chèvres et 85,694 [icrcs. En fait de richesses minérales, le sol contient surtout du fer, de la houille et du sel. On trouve des sources minérales à Berka, sur les bords de l'Ilin, et à Ruhla. L'industrie manufacturière est bornée à la fabrication des étoffes de laine et des draps, à celle de la bonneterie, de la coutellerie, des têtes de pipe, des produits chimiques, etc.
La forme du gouvernement du duché est monarchique constitutionnelle. Lu charte de 1816 a été successivement modifiée en 1848, 1850, J852 et 1873. D'après la loi électorale de 1852, le Landslay (diète) se compose d une Chambre unique de irenieetun députés, qui élisent leur président; de ces trente et un députés, un est choisi par les propriétaires d'anciens biens nobles, quatre par les propriétaires de biens rapportant au moins 1,000 cimiers, cinq p.ir les habitants ayant un revenu pareil provenant de toute autre source, et vingt et un sont le résultat d'élections générales à deux degrés. 11 y a un électeur secondaire par 400 habitants. Sont électeurs primaires tous les citoyens âges de vingt et un ans qui ont droit de bourgeoisie dans une des communes du grai.d-duehé. Les députés, qui doivent avoir au moins trente ans, sont élus pour trois ans, durée de la période financière. Aucun impôt ne peut être perçu, aucun emprunt contracté sans le consentement de la diète, qui fait les lois. L'autorité administrative supérieure est entre les mains du ministère d'Etat, qui, depuis 1873, se divise en trois départements, dont chacun est dirigé par un chef responsable, que la diète peut mettre en accusation. Le grand-duché est divisé en cinq districts ou départements, administrés chacun par un directeur, ayant ù peu près
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les attributions d'un préfet français, et auquel se trouve adjoint un conseil élu par les communes. La justice est rendue par trois tribunaux, par une cour d'appel et, en troisième instance, par la cour supérieure d'Iéna. Les crimes sont jugés par le jury. Chaque commune a une école primaire; Weimar et Eisenach ont chacune un lycée; Weimar a, de plus, une école normale et Eisenach une école de sciences exactes; enfin, l'université d'Iéna est commune à tous les duchés saxons. Le budget, qui se solde en équilibre, a été fixé pour la période financière de 1872 à 1874 à 1,959,405 thulers. La dette publique s'élevait, en 1872, à 3,668,000 thalers. L'année, comme celle de tous les duchés saxons, fait partie, depuis 1866, de l'armée prussienne; elle compte 3,350 hommes. Depuis l'établissement de l'empire allemand par la constitution du 16 avril 1871, le duché envoie un député au conseil fédéral et trois au Reichstag de l'empire.
— Notice historique, La ligne régnante de Saxe- Weimar fut fondée en 1640 par le troisième des huit 111s du duc Jean de Weimar, tandis que son frère, le duc Ernest le fieux, fondait, la ligne de Gotha. Dès 1672, cette ligue de Weimar se divisait pour former les trois branches de Weimar , d'Eisenueh et d'Iéna. Cette dernière s'éteignit en 1690 et celle d'Eisenach en 1741; le duc Ernest-Auguste de Weimar réunit de nouveau toutes les possessions de Weimar sous la même main et introduisit le droit de primogéniture. Il mourut en 1748, laissant pour successeur son fils, Ernest-Auguste-Constantin, encore mineur; en 1756, ce prince épousa Amélie de Brunswick et mourut trois ans après, laissant un jeune enfant, Charles-Auguste, son successeur. Charles-Auguste, qui prit les rênes du gouvernement en 1775, s'efforça de développer la prospérité publique et favorisa le progrès des lumières. Sous son règne, l'université d'Iéna devint un centre de réunion pour les savants les plus distingués de l'Allemagne, de même que Weimar, où résidèrent Gœthe , Schiller , etc. , fut considéré comme le séjour des muses. En 1806, Charles-Auguste accéda à la confédération du Rhin, et ses Etats, qui jusqu'alors n'avaient constitué qu'une principauté, reçurent le titre de duché. Le congrès de Vienne accorda k Charles-Auguste le titre de grand-duc et une augmentation de territoire de 210 kilomètres carrés. En 1816, ce prince accorda à ses sujets une constitution représentative, qui leur garantissait la liberté de la presse. 11 mourut en 1828, laissant pour successeur son fils Charles-Frédéric, qui continua ses traditions libérales. Charles - Frédéric est mort en 1853 et a eu pour succe:>seur son fils Charles-Alexandre, né le 24 juin 1818 , actuellement régnant. Ce prince a épousé, en 1842, la princesse Sophie, fille de Guillaume II des Pays-Bas, dont il a eu un fils, Charles-Auguste, né en 1844 et son héritier présomptif.
SAXE (Jean-Frédéric, électeur de), dit le Magnanime, mort en 1554. Nommé électeur en 1532, il devint le chef de la ligue de Smalkalde, formée par les princes protestants, et fut, pour ce fait, mis au ban de l'empire. Fait prisonnier par Charles- Quint , qui le condamna à mort , il refusa de demander sa grâce, passa sept ans en captivité et ne recouvra sa liberté qu'en abdiquant son titre d'électeur; mais, plus tard, protestant contre la violence qui lui avait été faite, il revendiqua ses droits et obtint la promesse que ses descendants recueilleraient l'héritage de la branche Albertine.
SAXE (Maurice, électeur de), petit-fils d'Albert le Courageux, chef de la branche Albertine, né eu 1521, mort en 1553. Il se signala de boune heure par son ardeur guerrière et son ambition, suivit Charles Quint en France (1544) et, quoique protestant zélé, l'aida puissamment a détruire la ligue de Smalkalde. L'empereur le récompensa de Son zèle eu lui donnant l'investiture de l'électorat de Saxe, dont son cousin avait été déchu. Mais l'ambition, qui l'avait porte à seconder les vues de Charles-Quint, le détacha plus tard de ce prince; il s'unit contra lui, en 1551, à l'électeur de Brandebourg et à plusieurs autres princes, faillit surprendre l'empereur k Inspruuk et contribua k lui imposer le traité célèbre de Passau (1552), qui rendit aux protestants, avec le libre exercice de leur religion, les droits dont ils avaient été privés après la victoire de Muhlberg. Chargé par la chambre impériale d'exécuter la sentence rendue contre le margrave de Brandebourg, il tailla son armée en pièces près de Sievershausen ; mais il mourut deux jours après des blessures qu'il avait reçues dans le combat, laissant la réputation d'un bon capitaine et d'un politique habile.
SAXE (Hermann-Maurice, comte de), maréchal de France, né k Gotzlar (Saxe) en 1696, mort au château de Chambord le 30 novembre 1750. Il était le fils naturel de l'étec- .teur de Saxe, depuis roi de Pologne sous le nom d'Auguste II, et de la comtesse Aurore de Kœnigsmarck. Celle-ci, qui, grâce à sa beauté et à sa volonté impérieuse, captiva quelques années ce prince dissolu, parvint à faire reconnaître son fils, faveur qu'Auguste n'accorda à aucun autre de ses nombreux bâtards, et le lit élever rudement, en soldat.
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Maurice de Saxe était, dès sa jeunesse, d'une taille athlétique et il augmenta encore sa vigueur par les exercices violents auxquels il aimait à se livrer. Sa mère disait de lui ; • Son regard est ferme, il porte haut la tète, il tient k l'honneur, il inange de la soupe et du pain; tout le monde, en un mot, le trouve charmant. » De son côté, il lui demandait instamment un cheval et des pistolets : «Ma chère Cadan, lui écrivait-il en 1703, il n'y a jamais eu goye parellie k celle de resevoir des assurences d'amour de ma chère Cadan ; je ne songe nuit et jours qua bien a prendre toutes les egesersises nesesaire pour m'en rendre digne. Ah 1 mon Dieu, que neje un bau cheval, la house et les pistoles que ma chère Cadan me fait espérer, afain d'aler au plus tôt «lui montrer mon couraje et de la prier très humble mend de me conserver ses bonne grase. » L'orthographe que Maurice de Saxe avait à neuf uns, il la conserva précieusement jusqu'à la fin de ses jouis. Il était peu fait pour passer de longues années dans les écoles, et à douze ans il rejoignit le corps auxiliaire polonais qui assiégeait Lille (1708); au siège de Totirnay, il fut employé par le comte de Schulembourg comme adjudant général et eut son cheval tué sous lui. En 1710, il alla continuer son apprentissage dans l'armée russe, sous Pierre le Grand, contre Charles XII, et assista à la prise de Riga. A son retour, il fit avec son père la campagne de Poméranie (171 1), se distingua devant Stralsund et reçut le commandement d'un régiment de cavalerie. Il commençait à avoir ses idées à lui sur diverses réformes nécessaires et demandait, entre autres, que l'avancement des officiers fût réglé d'après leur mérite, et non par la faveur ou l'ancienneté. On le laissa libre de choisir luimême ses officiers, de recruter ses soldats, et son régiment, composé d'hommes déterminés, se signala en maintes rencontres. A la bataille de Sadelbusch, il le mena Si impétueusement que presque tous ses cavaliers périrent autour de lui. Rendu momentanément à la vie privée après cette bataille, il revint à Dresde et porta dans toutes les débauches la fougue qu'il montrait devant l'ennemi. Il avait exige de son père une pension considérable, qu'il dépensait en fils de prince, tenant table ouverte, ayant les plus beaux chevaux et les plus belles femmes, jetant à pleines mains 1 or à ses amis et à ses maltresses. Sa mère, effrayée, le maria (12 mars 1714) avec Anne-Victoire de l.œben, jeune fille de seize ans, de petite noblesse, mais très-riche. Maurice de Saxe n'avait aucun penchant pour le mariage et, au lendemain des noces, il n'eut plus qu'une idée, échapper k sa femme, dont la jalousie et les remontrances l'excédaient. Los guerres civiles qui déchiraient la Pologne le rappelèrent en campagne ; k la tête d'une troupe de partisans, il alla combattre les confédérés, qui menaçaient le trône d'Auguste II, et faillit être pris à Crachnitz avec les débris de sa petite troupe; il n'échappa qu'en passant à travers l'ennemi k la tète d une poignée de cavaliers. A la cour d'Ajguste II, ou il se rendit après ce fait d'armes, une querelle qu'il eut avec le comte de Fleming le fit disgracier; quelques historiens croient qu'il alla retrouver le prince Eugène devant Belgrade et guerroya avec lui ; le fait est resté incertain. En 1720, bien décidé k ne plus revoir sa femme, il gagna la France, où son nom n'était pas inconnu, se fit présenter au régent et obtint le grade de maréchal de camp. Son père, ayant ratifié l'engagement qu il contractait vis-à-vis de la France, augmenta sa pension, lui céda de grands domaines en Livonie et lit annuler son mariage. Le régent le nomma colonel du régiment d'infanterie allemande de Sparre; mais la paix laissait des loisirs aux hommes de guerre, et Maurice de Saxe employa les siens k étudier à fond la tactique militaire et la défense des places fortes, il exerçait son régiment à manœuvrer k la prussienne, et il en fit un corps solide, très-aUmiré des connaisseurs. ■ Il faut, écrivait à cette époque le chevalier de Folard, exercer les troupes à tirer suivant la méthode que le comte de Saxe a introduite dans son régiment, méthode dont je fuis un très-grand cas, ainsi que de Son inventeur, qui est un des plus beaux génies pour la guerre que j'aie connus, et l'on verra à la première guerre que je ne me trompe pas sur ce que je pense, » Au milieu de ces occupations militaires, il était le héros de toutes les fêtes et de toutes les orgies, des grandes chasses à Chantilly et des petits soupers du Palais-Royal. U occupait de lui toutes les femmes, se faisait pardonner toutes ses passions et était surtout le roi des mauvaises compagnies. Tout d'un coup il s'arrache aux plaisirs de Paris, à l'amour des duchesses et des filles d'Opéra, k la belle et ardente Adrienne Lecouvreur, qui venait de s'attacher à lui, pour uLer chercher des aventures dans le Nord. Ce fut un des épisodes les plus caractéristiques de cette vie agitée. Le duc de Courlanue, Ferdinand de Kettler, déposé par ses sujets révoltés et réfugié à Dantzig, était sur le point de mourir (décembre 1725) ; la Pologne intriguait pour s'annexer ie duché ; les Courlandais, dont l'indépendance était menacée, appelèrent Maurice à leur aide. Celui-ci accourut et, afin de mieux assurer son élection, lit alliance aveu Anuelvanowna, veuve de Frédéric-Guillaume de
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Courlande, oncle du duc Ferdinand, et seule héritière du duché. Contre lu promesse que lui fit Maurice de l'épouser, Anne Ivanowna rallia à lui tous ses partisans et le fit élire à la diète de Mittau (1726). il ne se dépécha pas toutefois de tenir sa promesse; le mariage lui semblait bien gênant, et, tandis qu'il demandait des délais, tout en faisant d'Anne Ivanowna sa maîtresse, l'impératrice Catherine, furieuse d'une élection qui contrecarrait ses projets, envoya Mentschikoff l'assiéger dans Mittau. Maurice de Saxe se défendit avec opiniâtreté, leva des troupes, et ce fut à cette occasion qu'Adrienne Lecouvreur vendit ses diamants et fit fondre sa vaisselle pour lui envoyer 40,000 francs. Mais, attaqué d'un côté par la Russie, cité de l'autre à comparaître devant la diète de Pologne pour usurpation, il ne put faire face à tant d'ennemis, revint en France solliciter des subsides, ne put en obtenir et, rappelé à Mittau par la princesse Anne, essaya d'être heureux aux jeux de l'amour, puisque ceux de la guerre et du hasard lui étaient défavorables. Malheureusement, il se fit prendre par sa maltresse en flagrant délit d'infidélité, et ce fut une des chances les plus contraires qu'il eut k subir, car Anne Ivanowna venait de lui offrir une dernière fois Sa fortune et sa main, et peu de temps après, en 1730, elle fut appelée au trône de Russie; ainsi, Maurice de Saxe avait failli être czar. Ses utfaires en Courlande prirent une mauvaise tournure et il quitta son duché pour revenir à Paris retrouver Adrienne Lecouvreur, k qui bientôt il donna une rivale dans la duchesse de Bouillon. On sait comment périt la tragédienne, empoisonnée peut-être par la grande dame. Entre ces intrigues amoureuses et bien d'autres qui défrayaient les conversations de la ville et de la cour, Maurice de Saxe trouvait encore le temps de s'occuper de mécanique, faisait construire un bateau remorqueur que l'on essaya sur la Seine et allait, avec le chevalier de Folard, faire relever les fortifications de Dresde. Lorsque, après la mort de son père, le roi de Pologne, 1 Autriche et la Prusse se liguèrent contre la Franco pour faire annuler l'élection de Stanislas Lescziuski, il refusa les offres de son frère consanguin, le nouvel électeur de Saxe, pour continuer de servir sous le drapeau français et fut envoyé k l'armée du Rhin. Il se signala au siège de Philipp3bourg, fut nommé lieutenant général en 1734 et combattit jusqu'à la paix de 1736. A cette époque, il essaya encore de reconquérir la Courlande, échoua complètement, revint en France et, ne sachant que faire de son activité, écrivit ou dicta le singulier ouvrage intitulé Tfe'ueries et notes, imprimé seulement après sa mort (1757, 5 vol. in-8»), et dans lequel il a entassé les observations de tout genre qu'il avait faites sur la France, ses mœurs, ses armées, son gouvernement, les réformes à opérer, etc. Tout cela est jeté sans ordre; mais la lecture de ces notes, surtout celles qui concernent l'armée et la tactique militaire, est intéressante, a U eût voulu, dit H. Martin, rendre l'équipement du soldat plus sain et plus commode, faire reprendre à la grosse cavalerie l'armure défensive et lu lance, donner aux fantassins le pas cadencé comme chea les Prussiens, faire décider les affaires par lu baïonnette, et non par le feu, établir une école d'état-major, obtenir qu'on donnât les grades supérieurs non plus k l'ancienneté, mais au mérite; créer une infanterie légère fort analogue k nos chasseurs de Vinceuues, etc. Très-preoccupè de la vie et de la saute du soldat, il regrette les armes défensives d'autrefois. Il meiait a ses vices des sentiments d'humanité; il lâchait de faire disparaître le cruel usage de brûler les faubourgs des villes menacées; il mettait les espions k la chaîne au lieu de les pendre. Il philosophe quelquefois très-sérieusement : « Quel Apeetai/le nous présentent aujourd'hui
I les nations 1 dit-il. Ou voit quelques hom- » mes riches, oisifs et voluptueux, qui font >i leur bonheur aux dépens d'une multitude » qui ne peut subsister qu'en leur préparant » sans cesse de nouvelles voluptés. Cet as- » somblage d'honunts oppresseurs et oppri-
II mes l'urine ce qu'on appelle la société, et u celte société rassemble ce qu'elle u de plus s vil et de plus méprisable et en fait des soln dats. Ce n'est pas aveu de pareilles mœurs u et de pareils bras que les Romains ont a vaincu l'univers. • Ce n'est pas Montesquieu, ce n'est pas Rousseau qui parle ainsi, c'est Maurice de Saxe dans ses Itëoei'ies. Maurice voudrait que tout Français lût soldat cinq ans, sans exception. >
Une éclatante carrière militaire lui fut ouverte lorsque, en 1740, la mort de l'empereur Charles VI eut rallume la guerre. Une armée française fut envoyée en Bohême, sous le commandement du maréchal de Belle-Isle; Maurice de Saxe en commanda l'aile gauche et ses coups de main hardis relevèrent brillamment cette campagne, menée avec la plus déplorable iudécisiou. Charge d'investir Prague, il l'emporta d assaut (novembre 1741) et honora sa victoire en empêchant le pillage, fait nouveau et inouï dans la guerre telle qu'on la faisait alors; il prit de ia même façon Egra et diverses autres places fortes; puis, quand l'impéritie du maréchal de Belle- Lie et du maréchal de Broglie eut forcé d'abandonner la Bohême et de reculer jusqu'au Rhin, il montru la même supériorité dans la
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guerre défensive et opéra une savante retraite qui lui permit de ramener intact son corps d'année. En 1143, il venait d'être chargé de couvrir l'Alsace, lorsque Louis XV lui donna le commandement de l'expédition destinée a replacer sur le trône d'Angleterre le prétendant Charles -Edouard; une tempête disper:a la- flotte et une escadre anglaise en bloqua les débris. Maurice de Saxe dut rester inactif, mais Louis XV nu lui en donna pas moins '.e bâton de maréchal de France (26 mars 1744). Dans la campagne qui suivit et que Louis XV ouvrit en personne (juin 1744), Maurice de Saxe partagea le commandement effectif de l'armée avec le maréchal de Noailles. En quarante jours, il s'empara de Menin, d'Ypriïs, de Furnes et de Courtray, où, laissé à la tête de l'armée de Flandre, il se maintint avec opiniâtreté, pendant que le maréchal de Coigny la issait envahir l'Alsace. Après la maladie du roi, qui retarda et troubla toutes les opérations militaires, il reprit, au printemps de 1745, le commandement de l'armée de Flandre. En ce moment, il était en proie à une hydropisie qui l'obligeait de subir des ponctions douloureuses ; il succombai t sous les excès qui avaient miné sa prodigieuse Constitution et on doutait même qu'il pût se rendre à l'armée. Voltaire, qui le vit à son départ, lui témo'gna ses inquiétudes : ■ Il ne s'agit pas de vivre, lui répondit le maréchal, il s'agit de partir. » Ne pouvant monter k chevti, il se lit traîner dans une petite carriole rosier, et c'est en cet équipage qu'il gagna la bataille de Fontenoy, un des plus granc.s faits d'armes du xvme siècle (11 mai 1745). Louis XV, qui avait assisté à la bataille, à quelques lieues en arrière, embrassa le va nqiieur, que la fièvre et la soif torturaien: et à qui son médecin fut obligé de faire une i.ouvelle ponction aussitôt qu'il fut rentré dans sa tente. A la suite de cette victoire, Tournay, où il y avait une forte garnison austro-hollandaise, Gand, Bruges, Oudenardo, Dende rmoncle, Ostende, Nieuport, Ath tombèrent entre les mains de Maurice de Saxe, qui les assiégea et les emporta avec son impétuosité habituelle. En retour du prestige c u'il rendait aux armes de !a France, tant de fo.s malheureuses dans cette guerre de la succession d'Autriche, Maurice de Saxe reçut 1 i gouvernement de l'Alsace, qui valait 120, 0DO livres de rente, et, en toute propriété, le château de Chambord. Ses pensions militaires lui rapportaient, en outre, 140,000 livres Dans une seconde campagne (1746), il se rendit maître de Namur, où l'on fit 15,000 à 16,ÛC0 prisonniers, battit les Autrichiens à Raucoux, entra à Bruxelles, fit capituler Louvain, Malines, Charleroi et nous rendit maîtres de toute la Belgique. Louis XV songea à ressusciter pour lui le titre de connétable et se contenta de le nommer maréchal général des armées françaises, titre que seuls avaient porté Turenne et Villars. Après la victoire de Lanfeld, la prise de Berg-op-Zoom et celle de Maastricht, qui mit tin a la guerre (1747), Maurice de Saxe eut le droit d'avoir des gardes comme le roi et se retira dans son château de Chambord avec un magnifique régiment de uhlans qu'il avait façnnné de ses mains. C'est là qu'il passa les dernières années de sa vie.
Les soucis de la guerre ne l'empêchaient pas de faire l'amour, et c'est durant cette campagne de Flandre que se placent ses relation! avec Mm8 Favart. « Il avait à ia fois à ses pieds, dit J. Janin, M1»0 de La Popelinière, Mm> Kavart et Mme de Pompadour. ■ « On dit, monsieur te maréchal, écrivait la favorite, qu'au milieu des travaux et des fatigues de la guerre vous trouves encore du teiups pour faire l'amour. Je suis femme et ne vous blâme pas; l'amour fait les héros et les rend sages. Charles XII, roi de Suède, est peut-être le seul qui n'ait jamais aimé, mais il en a été puni; il est mort fou et malheureux. » Il traînait après lui dans son armée, à côté de sa tente, une troupe de cornet iennes qui se disputaient des ongles et du bec les tendresses de monseigneur. Maître et roi tlans son Chambord, il faisait pendre ou fusilier les soldats qui manquaient à la discipline. Autant que le roi il comptait des officiels de bouche et des veneurs, des flatteurs etdes courtisans. Un poëte appelé Favarléerivai, pour lui des comédies, et, quand M'»eFavart s'échappait, le bonhomme était obligé de la ramener à son maréchal. Une fois pur semaine, il avait son grand couvert et, dînait seul en public; quand il mourut, il attendait le loi dans son château et il avait consacré k cette visite une petite somme de 3 millions. » Pour mettre le comble à sa gloire, l'Académie française eut une idée impayable : elle lui lit offr.r un de ses fauteuils. Maurice ae Saxe eut le bon esprit de refuser et donna ses raisons dans ce billet laconique : « lis venle me fere de la cademie ; sela rc:'iret coine uni) buge a un chas. > Louis XV ajouta à tous les dons qu'il avait faits la propriété de l'île de Tabago, où le maréchal rêva un moment de se rendre pour y fonder une principauté indépendante; mais l'Angleterre et la Hollande obligèrent le roi à rétracter sa parole. Enfin Maurice de Saxe, dans un voyage qu'il fit à Berlin, fut reçu par Frédéric ÎI avec la plus grande magnificence. De retour à Chambord, où il continua a mener grand train, il semblait devoir jouir longtemps de cette sp endide retraite lorsque tout à coup on apprit sa mort. Les historiens admettent gêné-
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ralement, d'après le rapport de son médecin Senac, qu'il mourut en quelques jours d'une fièvre putride; c'est aussi Senac qui rapporte ce mot, le dernier proféré par le maréchal : « La vie n'est qu'un songe ; le mien a été beau, mais il est court. » D après Grimin, qui était alors à Chambord en qualité de secrétaire du comte de Frise, neveu de Maurice de Saxe.il serait mort tué en duel, dans les fossés du château, par le prince de Conti. Maurice de Saxe avait été l'amant de la princesse de Conti; une cassette contenant quelques-unes de ses lettres aurait été surprise ou volée, et le prince, en apprenant le fait, serait venu demander réparation les armes à la main. Le maréchal de Saxe était couché et malade lorsqu'un domestique entra et lui remit une lettre; il se leva aussitôt, renvoya le comte de Frise et, précédé de son aide de camp, sortit du château par un escalier dérobé qui donnait sur les fossés. Au même moment, deux étrangers arrivés en chaise de poste et entrés dans le parc par la porte de Muides mirent pied à terre; le maréchal se dirigea vers eux. aborda l'un des deux étrangers avec une froide politesse et, sans qu'aucune parole eût été échangée, tous deux mirentl'épéeà la main. Pendantque cette scène se passait, l'alarme était déjà parmi les gens du château. « M. de Frise, dit Gritnm, s'écrie brusquement : « Où est mon oncle? » et, se levant avec une agitation extrême, il me prend par la main et m'entraîne vers le parc. Nous apercevons un groupe de domestiques portant un brancard, nous approchons; c'était le maréchal, blessé, sans mouvement et d'une pâleur effrayante. Aux cris de son neveu, il ouvre les yeux, fait un effort pour lui tendre la main, et les seuls mots qu'il peut prononcer nous apprennent la cause de sa blessure : « Le prince de Conti est-il encore » ici? Assurez-le que je ne lui en veux nul- « leuient. Je demande le plus grand secret a sur tout ce qui vient de se passer. » Le se- "cret a été si bien gardé que, malgré le récit de Grimm, ce duel est resté douteux.
■ Maurice de Saxe, dit M. de Lescure, était grand et vigoureux. De grands yeux bleus pleins de feu éclairaient son visage basané et en tempéraient l'énergie, adoucie encore par un sourire cordial. Sa force musculaire était proverbiale et a fait un des côtés de sa popularité, La légende raconte qu'il tordait entre ses doigts un fer à cheval ou un écu de 6 francs et faisait un tire-bouchon d'un clou. Un jour, à Londres, insulté par un charretier dans la rue, il le saisit et le jeta dans un tombereau de boue qui passait. Il avait de l'esprit, et ses mots heureux, d'une franche saveur, faisaient les délices du bivouac. 11 aimait le soldat et en était aimé. Un jour, un officier général lui proposant un coup de main dans lequel il faudrait, disait-il, sacrifier la vie d'une vingtaine de grenadiers, le maréchal indigné lui répondit : « Une vingtaine » de grenadiers 1 passe encore si c'était une » vingtaine de lieutenants généraux. •
« Maurice, dit d'un autre coté Sainte-Beuve, avait ce que l'ami Fabrice, dans Gil Blas, appelle V outil universel, le grand outil de l'esprit; il avait la connaissance des hommes, l'art de les mener, de les manier, le tact. Général, il savait le moral de ceux à qui il commandait et comment on les électrise, 11 savait qu'il n'est pas vrai que tous les hommes soient braves ni que les braves eux-mêmes le soient toujours ; que la valeur des troupes est journalière ; que les mêmes qui sont victorieux en attaquant seront battus si on les retient sur la défensive ; il est perpétuellement en garde contre ces défaillances de la nature et ce qu'il appelle l'imbécillité du ceenr... II y eut toujours en Maurice du souverain déclassé. Il aurait voulu l'être en réalité, sur un si lointain théâtre que ce fût, pour donner carrière à sa fuite et libre nature sans gène aucune, sans assujettissement ni subordination à la volonté ou ii la.dignité d'autrui. Il avait l'imagination grande; on a taxé de chimères bien des idées de lui qui n'eussent point paru telles s'il lui avait été donné de les amener à un commencement d'exécution. Il était de ces natures qui se révèlent selon les rencontres et se trouvent à la hauteur de toutes les situations données... Le dernier mot du maréchal de Saxe est le jugement le plus vrai: sa vie fut, en effet, un beau songe. Elle serait plus historique s'il avait vécu l'âge de Turenne, s'il avait eu sa guerre de Sept ans. Il s'est tué d'intempérance et par les plaisirs. Il garde du héros de roman jusque dans le personnage de l'histoire. Les alternatives de la grande guerre et le vis-à-vis de Frédéric, le roi capitaine, lui ont manqué; elles eussent agrandi et consacré sa réputation ; elles l'eussent placé au premier rang. 11 est mort intact sans doute et victorieux, mais à la veille de choses plus grandes que celles qu'il a fuites. C'est un inconvénient pour la perspective de la postérité. »
Sa qualité de protestant empêcha qu'il fût inhumé à Saint-Denis; c'est ce qui fit dire à la reine, femme de Louis XV : « II m'est bien douloureux de ne pouvoir dire un De profundis pour ce général, qui nous a tant fait chanter de Te Deum, >
Deux grenadiers lui firent, en 1757, une oraison funèbre plus énergique. En passant à Strasbourg, ou un magnifique mausolée, œuvre de Pigalle, lui fut érigé dans l'église de Saint-Thomas, ils tirèrent leurs sabres et les aiguisèrent sur son tombeau, persuadés
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qu'ils îommuniqueraient ainsi a leurs armes une vertu particulière pour triompher de l'ennemi.
Soie (TOMBEAU nu MARÉCHAL DE), chef-
d'œuvre de Pigalle, dans l'église de Saint- Thomas, à Strasbourg. Pendant la maladie à laquelle le maréchal de Saxe devait succomber, un ministre de Louis XV exprima à ce grand homme de guerre le regret qu'aurait le roi de ne pouvoir lui donner une sépulture près de Turenne, dans les caveaux delà maison de France, sous les voûtes de la catholique église de Saint-Denis. Maurice était luthérien ; i) remercia Louis XV de ses bontés et répondit qu'il ne terminerait pas une vie honorable par une apostasie. « Quelques pieds de terre dans un temple de ma religion, ajouta-t-il, suffiront à ce qui bientôt ne sera plus rien, i Le corps du maréchal fut enseveli dans l'église protestante de Saint-Thomas, à Strasbourg; mais Louis XV voulut qu'on élevât à l'homme qui avait si bien servi la France un magnifique mausolée. Un concours fut ouvert et le projet de Pigalle fut préféré. Voici la description et l'appréciation que Diderot a faites de ce monument dans sa correspondance avec Griinm, lorsque le modèle en fut exposé au Louvre : « L'idée de ce morceau est à ia fois noble, simple et touchante. Le héros y est représenté debout et regardant en haut; il a derrière lui une pyramide avec plusieurs trophées. Sur le devant, en bas, se trouve un cercueil que la Mortentr'ouvre; elle montre au héros l'heure fatale et lut fait signe de descendre. La France, assise sur un des degrés qui y conduisent et tout éplorée, s'efforça de retenir de la main droite le maréchal, et elle repousse de la main gauche la Mort, dont l'artiste a enveloppé le squelette dans une espèce de suaire pour en sauver le hideux. A la droite du maréchal, on aperçoit les symboles des nations que le héros a. vaincues : un aigle renversé sur le dos et les ailes déployées, un lion effrayé, un léopard terrassé (l'empire, l'Angleterre et la Hollande), etc. Du même côté, en bas, auprès du cercueil, vous voyez Hercule debout, le coude sur sa massue et la tète appuyée sur sa main ; il est dans une tristesse profonde et parait méditer sur l'événement qui fait le sujet de ce monument. Tout le monde a admiré la beauté de cette figure, dont le goût antique et noble est relevé par la plus forte expression. La figure de la France a pareillement réuni tous les suffrages ; elle est d'une grande beauté. Il n'y a eu qu'une voix sur le Génie qui se trouve derrière et qui a l'air d'un Amour en pleurs qui laisse échapper son flambeau; on espère qu'il sera ôté. Cette idée, trop mesquine pour le sujet, en affaiblirait sans doute l'effet. Il y a des gens qui voudraientque la tête de la Mort fut couverte par la draperie qui nous cache le reste du squelette ; cela serait peut-être d'un plus grand goût. On nous fait espérer que la figure du maréchal sera plus ressemblante qu'elle ne l'est. Cela est essentiel et d'autant plus aisé que nous avons de ce héros des bustes fort ressemblants. C'est là, ce me semble, le morceau le plus susceptible de critique. 11 ne doit pas regarder en l'air comme il fait; il doit envisager la Mort d'un œil ferme et intrépide. » Pigalle ne tint que tres-peu compte des critiques qui furent faites du modèle de Son monument; le mausolée exécuté eu marbre dans l'église de Suint-Thomas est resté à peu près tel que Diderot l'a décrit. « Nous ne comprenons plus, a dit M. de Pesquidoux (Voytuje artistique en France, p. 202), ces compositions ingénieuses et fausses, mythologiques et uugiiardes. Quel rapport peut-il y avoir entre le chevalier couronné du mausolée de Pigalle et le eyeiopéen comte de Saxe?... Maurice ressemble ici à un Adonis sur le retour et qui veut toujours plaire... Il y a dans ce monument de ires-grandes ■ qualités d'exécution, un dessin correct, de 1 élégance et de l'adresse; mais ces qualités sont dépensées en pure perte et n'ajoutent rien à l'impression. A notre avis, ces jeux mythologiques si recherchés par les artistes du siècle dernier ne sauraient convenir à la sévérité de l'art, tel que nous le concevons. Cette belle fille représentant la France, qui s'affaisse et supplie en gémissant; cette Mort qui ricane, ce Génie ailé et mignon qui essuie ses pleurs fout sourire notre époque, éprise, par-dessus tout, de la nature et de la vérité.»
Le mausolée de Maurice de Saxeaétégravé plusieurs fois, notamment dans la Galerit de l'/tistohe et des arts de Réveil (V, pi. 428). Ce monument occupe tout le fond de l'église Saint-Thomas; les ligures en marbre blanc sont plus grandes que nature; l'obélisijuequi se dresse par-dessus est en marbre noir. Le Louvre possède un buste du maréchal, sculpté par Pigalle.
SAXE (Edouard-Charles-Guillaume, prince d'AI/tbnbourg, due de), officier et fonctionnaire allemand , né à Hildburghausen en 1804, mort en 1852. Sorti du célèbre institut de Fellenberg, en Suisse, il obtint le commandement d'un régiment de chevau-légers et accompagna, en 1833, Othon de Bavière lorsque ce prince se reudit en Grèce pour y prendre possession du trône. Le prince Edouard fut nommé par le nouveau souverain gouverneur de Nauplie. Revenu de Bavière, il fut nommé lieutenant général, puis
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gouverneur de Munich en 1848 et enfin, lors de ia réorganisation de l'armée bavaroise par le roi Maximilien, commandant d'une division de cavalerie. En 1849, le prince Edouard commanda une des divisions envoyées contre le Danemark à la suite des démêlés de la Confédération germanique avec cette puissance. H se distingua surtout, dans cette campagne, a l'assaut des remparts de Duppel (13 avril 1849).
SAXE. Plusieurs princes, ducs ou électeurs de Saxb doivent être cherchés au nom particulier sous lequel ils ont régné.
SAXE-ALTENBOURG (Joseph, duc de), né en 1789, mort en 1868. Il était le fils aîné du duc de Saxe-Hiidburghausen et de la duchesse Charlotte, sœur de la reine Louise de Prusse. A l'âge de dix-sept ans, il alla étudier le droit politique à l'université d'Erlangen, passa ensuite plusieurs années à voyager et, lorsque commença la guerre de l'indépendance allemande, entra comme volontaire dans l'année prussienne, aveu laquelle il alla jusqu'à Paris. Promu alors major de uhlans, il prit part à la campagne de 1815, après laquelle il quitta le service, A l'extinction de la ligne de Saxe-Goiha-Altenbourg de ia maison ducale de Saxe (1828), il suivit à Abenbourg son père, auquel échéait, par droit de succession, le gouvernement du duché d'Altenbourg. A dater de IS30, il prit une part active à l'administration et, quatre ans plus tard, succéda k son père. Les premières années de son régne furent signalées par plusieurs mesures importantes, telles que la suppression des corvées (1836), la mise en vigueur dans ses Etats du code criminel de la Saxe royale (1840), les lois qui réglementaient l'impôt foncier et l'administration hypothécaire (1S45), etc. Mais Je duché se ressentit du contre-coup des événements de 1848; des barricades furent construites dans la résidence ducale et, en octobre 1848, les troupes de l'empire durent occuper la contrée. Tous ces événements dégoûtèrent le duc des soucis du trône et, le 30 novembre, il abdiqua en faveur de son frère, le duc Georges. Il reçut plus tard du roi de Prusse les grades de major général (1849), de lieutenant général (1850) et de générai d'infanterie (1859). Il avait, en outre, dans l'armée hanovrienne le grade de général d'infanterie et, dans l'armée saxonne, celui de général de cavalerie. Le duc Joseph avait épousé, en 1817, la duchesse Amélie de Wurtemberg, qui mourut en 1848 et de laquelle il n'eut que des filles, au nombre de quatre, savoir : la reine Marie de Hanovre, la princesse Thérèse de Saxe, la grande-duchesse Elisabejth-Marie d Oldenbourg et la grande-duchesse AlexaNDRA, mariée au grand-duc Constantin de Russie et mère tte la reine de Grèce, Olga. y
SAXE-COBOURG (Frédéric-Josias, duc de), feld-marèehal autrichien, né en 1737, mort en 1815. Après avoir fait ses premières armes dans la guerre de Sept ans, il commanda un corps d'année, sous Landon, dans la guerre contre les Turcs (1789), prit une pan brillante aux succès de Choczim, de Fokschani et de Marlinestie et fut investi, en 1792, du commandement en chef de l'année autrichienne destinée à envahir la France républicaine. Il rit d'abord de rapides progrès, vainquit Dumouriea dans la sanglante bataille de Nei'wmde, se rendit maître de plusieurs de nus places frontières, Le Quesnoy, Landrecies et Valencieunes, et publia un insolent'inaiiifeste, assez semblable à celui de Brunswick. Il se croyait tellement sûr de réaliser à lui seul les espérances de la coalition, qu'il refusa le concours des émigrés accourus à son quartier général de Mons. Nous avons sous les yeux l'original de l'ordre, en date du 3 avril 1793, où il leur enjoint formellement de se retirer, de se tenir tranquilles et d'attendre les événements ultérieurs avec patience. Il fut bientôt puni do Ses fanfaronnades; battu coup sur coup, à Tourcoing parMoreau (18 niai 1794), àFleurus et à Aldenhoven par Jourdan, il dut céder le commandement en chef. Il vécut depuis dans la retraite. Les républicains avaient enveloppé dans une commune haine le nom de ce généralissime et celui du premier ministre anglais. Il était de mode alors, dans les partis, de se renvoyer l'épithète à'agent de Pitt et de Coboury, Robespierre se servit de celte qualification très vague pour perdre ses adversaires, et il en fit un tel abus que, aujourd'hui encore, on dit Pitt et Cobourg pour caractériser une accusation politique banale, sans fondement.
SAXE-COBOURG (Ernest III, duc de). V.
Ernest M.
SAXE-COBOCRG-GOTHA (Ernest IV, duc de). V. Ernest IV.
SAXE-COBOURG-GOT1IA (François-Albert- Auguste-Charles-Etnnianuel, prince de), dit le prince Albert, mari de Victoria, reine d'Augleterre. V. Albert.
SAXE- COBOURG -KOHARY ( Ferdinand - Georges-Auguste, duc de), né en 1785, mort à Vienne en l»5l. Il fut général de cavalerie au service de l'Autriche et colonel du 8« régiment de hussards, et fut allié aux principales familles souveraines de l'Europe.
SAXE-GOTHA (Ernest I«, duc de), surnommé la Pieu», fils de Jean IV, duc de Saxe-
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Weimar, né au château d'Altenbourg en 1601, mort en 1675. Il fit les guerres d'Allemagne et de Suède sous Gustave-Adolphe et mérita, par son coumge, les félicitations et l'amitié de l'illustre guerrier. Il revint, après le traité de Prague (1635), dans ses Etats. Il avait beaucoup étudié dans sa jeunesse. Depuis son retour à Weimar jusqu'à sa mort, il s occupa à répandre l'instruction parmi ses sujets et mérita pur cette conduite, dont malheureusement les souverains ont offert si rarement l'exemple, l'estime et l'amour de ses sujets.
SAXE-GOTHA (Jean-Guillaume de), petitfils du précédent et second fils du duc Frédéric, né en 1677, tué au siège de Toulon en 1707. Il servit successivement dans les armées de Hollande, dans celles d'Angleterre, où il fut nommé mestre de camp, puis généralmajor par le roi Guillaume III, et entin dans les armées impériales, où il eut également le grade de genéral-mnjor et au milieu desquelles il combattit en Hongrie, en Pologne, en Flandre et sur le Rhin, sous le prince de Bade et sous le prince Eugène. En 1707, Jean- Guillaume de Saxe-Gotha commandait, au siège de Toulon, une division prussienne, auxiliaire du duc de Savoie, et trouva la mort devant cette place.
SAXE-GOTHA (Ernest II Louis, duc de), petit-neveu du précèdent, fils de Frédéric III, né en 1745, mon en 1804. Il succéda k son père en 1772 et trouva les finances de sa principauté délabrées par la guerre de Sept ans. Il réussit aies restaurer sans surcharger ses sujets d'impôts excessifs. Il fournit un contingent h la Confédération germanique, lors de la guerre déclarée par celle-ci à la France. Ses Etats n'eurent cependant leurs frontières modiliees ni par l'acte de la confédération du Rhin ni par le traité de Paris, Ernest El fui le fondateur de l'observatoire du château de Seeberg, tant vanté par Lalande.
SAXE-GOTHA-ET-ALTENBOORG (Emile- Léopold-Auguste, due du), né à Gotha en 1772, mort en 182?. Il succéda à son père, le duc Ernest II, en 1804, n'intervint en aucune manière dans les guerres qui agitèrent l'Europe entière pendant la plus grande partie de son règne et ne s'occupa que d'administrer son duché et de se livrer à la culture des lettres. Les romans de ce prince et la plupart de ses autres ouvrages sont restés manuscrits. Un seul livre de lui a vu le jour, c'est le Kylleniun , recueil d'idylles et d<j poésies. Le prince Emile, en mourant, légua ses trésors artistiques et littéraires aux établissements publics du duché.
SAXE-T£SCIIEN(Albert-Charles-François- Xavier, duc de), gouverneur des Pays-Bas, né à Dresde en 1738, mort en 1822. Fils d'Auguste II, roi de Pologne, et oncle maternel de Louis XVI, il reçut, en 1766, avec la main de Marie - Christine , archiduchesse d'Autriche, le gouvernement des Pays-Bas, où il fit construire, sur ses dessins, le beau château de Laeken, devenu depuis résidence royale. Chasse en 1789, puis rappelé k Bruxelles après la défaite de l'insurrection, il mit le siège devant Lille en 1792 et se vengea de son insuccès en faisant ravager le pays par ses soldats. La Fayette, fugitif, lui ayant demandé des pasue-porls k Luxembourg, il lui répondit, avec une naïveté brutale, qu'il n'en avait pas besoin pour monter k l'écliafaud. Ce prince, retiré à Vienne après la conquête de la Belgique par la France, se consacra exclusivement à la culture des beaux-arts.
SAXE-WEIMAR (Bernard, duc de), capitaine allemand, né à Weimar en 1604, mort à Neuliourgen 1639. A dix-huit ans, il lit ses premières armes sous les ordres de Munsfeld, et depuis iors sa vie tout entière se passa dans les camps et sur les champs de bataille. Successivement au service du duc de Brunswick, de Maurice de Hollande, de Christian IV de Danemark et de Gustave-Adolphe, il battit eu un grand nombre de rencontres les impériaux, avec le concours des troupes françaises, et conquit la Franche-Comté au nom de la France. Bernard de Saxe- Weimar fut, suivant les historiens, le plus grand huinme de guerre de sou temps après Gustave-Adolphe. D'une bravoure poussée jusqu'à la témérité, il possédait un coup d'œil infaillible et ne laissait échapper aucun détail. Sa simplicité était remarquable, et il se distinguait entre tous les capitaines de son temps par sa sobriété et la réserve de ses mœurs.
SAXE-WEIMAR (Charles-Auguste, grandduc DK), ué en 1757, mort à Graditz, près de Torgau, en 1828. 11 voyagea beaucoup, pendant sa jeunesse, en France et en Suisse, et se lia avec Goethe. Il fit rebâtir le château de Weimar, qui avait élé détruit en 1771 par un incendie, fonda une grande école industrielle, établit un parc et un jardin botanique et s'appliqua à faire prospérer l'université d'Ièna. Entré au service de la Prusse, il fit la campagne de France en 1792 et commanda, en 1806 , un corps d'armée contre Napoléon 1er. Après la bataille d'Iéna, le duché de Saxe- Weimar fut mis à contribution. Charles-Auguste entra dans la confédération rhénane et, après les désastres de la France, il se retourna contre cette puissance. H assista , en 1815 , au congrès de Vienne et obtint le titre de grand-duc avec un accroissement de territoire. Il convoqua
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en 1816, à Weimar, une assemblée de propriétaires de biens équestres, de bourgeois et de paysans, et rédigea, avec le concours de cette assemblée, une constitution qui fut promulguée le 5 mai 1816.
SAXE-WEIMAR (Louise, grande-duchesse dk), née à Prentzlow en 1757, morte 6. Wi.hemsthal, près d'Eisenach, en 1830. Elle épousa, en 1775, le duc Charles-Auguste de Snxe-Weimar. Elle reçut en 1806 Napoléon, vainqueur des années prussiennes, dans lesquelles servait le grand-d ic, et contribua à fléchir la colère de l'empereur, qui eut le tort de laisser Charles-Auguste en possession du duché. En 1813, la duchesse déploya beaucoup de zèle pour la cause de la soi-disant indépendance allemande, c'est-à-dire pour la cause de l'intérêt dynastique des princes, grands et petits, de l'Allemagne, et conseilla ii son mari de trahir l'alliance française. Celui-ci, oubliant la conduite généreuse de Napoléon 1er en 1806, suivit le conseil de sa femme. Depuis cette époque, la grande-duchesse Louise ne joua aucun rôle politique.
SAXHORN s. m. (sa-ksornn — de Sax, nom de l'inventeur, et de l'allem. harn, corne, cornet). Mifi. Instrument de cuivre à embouchure et à pistons.
— Encycl. On fait usage de plusieurs saxhorns, de tons et d'échelles différents; leur étendue commune est d'une dix neuvième diminuée (quinte diminuée, plus deux octaves). On écrit la musique des saxhorns indistinctement en clef de sol, et leur échelle commence au fa $ placé au-dessous des lignes de la portée, d où elle s'étend chromatiquement jusqu'à i'ul fc| placé au-dessus des lignes de cette même ponce. Voici la nomenclature de ces instruments :
1» Le petit saxhorn en mip, qui joue une tierce mineure plus haut que la note écrite ; c'est le plus aigu des instruments de cette famille.
2° Le saxhorn soprano en si b, qui joue une seconde majeure au-dessous de la Dote écrite et, par conséquent, une quarte au-dessous du précédent.
3° Le saxhorn alto en mi \>, qui joue une sixte majeure au-dessous de la note écrite et, par conséquent, une quinte au-dessous du précédent.
40 Le saxhorn baryton en *i b, qui joue une neuvième majeure au-dessous de la note écrite et, par conséquent, une quarte audessous du précédent.
5" Le saxhorn basse en si b, qui joue une neuvième majeure au-dessous de la note écrite et, par conséquent, à l'unisson du précédent.
6° Le saxhorn contre-basse en mi \>, qui joue une treizième au-dessous de la note écrite et, par conséquent, une quinte audessous du précédent.
La famille des saxhorns, inventée par M. Sax, forme aujourd'hui, avec les saxophones, la base instrumentale des musiques militaires et des fanfares. A l'orchestre, on emploie quelquefois les saxhorns pour exécuter des fanfares; mais en dehors de ce cas, il faut éviter d en faire usage, puisqu'on dispose des trombones et des cors, instruments dont le caractère et la sonorité sont bien préférables au timbre des saxhorns.
SAXICAVE s. f. (sa-ksi-ka-ve — du lat.
saxum, rocher ;cavare, creuser). Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, de l'ordre des enfermés, voisin des byssomies, et comprenant un petit nombre d'espèces, dont le type vit dans nos mers ■ Les saxicaves ont leur coquille transverse. (Dujardin.) Les saxicaves vivent dans les madrépores ou les roches calcaires, qu'elles creusent. (Al. Rousseau.)
— Encycl. Les saxicaves sont caractérisées par une coquille épaisse, solide, épidermée, allongée, arrondie en avant et comme tronquée en arrière, bâillante, irrégulière, k deux valves égales, très-inequilalérales, le côté postérieur étant beaucoup plus long que l'antérieur, k sommets peu distincts, à charnière sans dents ou avec deux tubèrosités écartées plus ou moins prononcées. L'animal est allongé, presque cylindrique, à manteau fermé de toutes parts, prolongé en arrière en un long tube; le pied est petit, allongé, mince et pointu. Ces mollusques, comme leur nom l'indique, perforent les^ochers et vivent dans les pierres calcaires. Ils sont généralement de petite taille, et leur coquille est blanche et peu élégante. C'est toujours près des côtes, et souvent dans les galets roulés, que les saxicaves se trouvent le plus habituellement. La saxicave gallicane se rencontre même dans le test des huîtres.
SAX IC OLE adj. (sa-ksi-ko-le — du lat.
saxum, rucher; colo, j'habite). Hist. nat. Qui vit ou croît parmi les rochers.
— s. m. Ornith. Syn. de traqcet.
SAXICOLIDE s. m. (sa-ksi-ko-li-de — du lat. saxicota, traquet, et du gr. eidos, aspect). Ornith. Genre d oiseaux, de la famille des merles.
SAXICOLIDE, ÉE adj. (sa-ksi-ko-li-dé — rad. saxicolide). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au traquet.
— s. f. pi. Famille de passereaux, ayant pour type le genre traquet, et comprenant
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des espèces qui habitent en général les terrains secs et rocailleux.
SAXICOLINÉ, ÉE (sa-ksi-ko-li-né —rad.
saxicole). Ornith. Syn. de SAXtCOUDÉ.
SAXIFRAGACÉ, ÉE (sa-ksi-fra-ga-sé). Bot.
Syn. de saxifrage.
SAXIFRAGE adj. (sa-ksi-fra-je — du lat.
saxum, pierre ; frango, je brise). Ane. méd. Qui est propre k dissoudre les calculs vésicaux.
— s. f. Bot. Genre de plantes, type de la famille des saxifragêes, comprenant un grand nombre d'espèces, dont quarante environ se trouvent en France et dont une était employée pour dissoudre les calculs de la vessie •. L infusion de la saxifrage blanche est apéritiue. (V. de Bomare.) La saxifrage granuleuse fleurit à la fin du printemps. (Bosc.) On vante avec raison la beauté de ta Saxifrage pyramidale. (T. de Berneaud.) Il Saxifrage des Anglais, Nom vulgaire du silaûs des prés. Il Saxifrage des prés. Nom vulgaire du silaiis des près et de la livèche. Il Saxifrage maritime. Nom vulgaire de la chrisle-imirine. tl Saxifrage dorée, Nom vulgaire des tlorines ou chrysosplénies. Il Saxifrage pyramidale, Nom vulgaire d'une joubarbe.
— Encycl. Bot. Les saxifrages sont des plantes herbacées, généralement vivaces, a feuilles alternes, les radicales ordinairement groupées en rosette à la base de la tige. Les fleurs, disposées le plus souvent en cymesou en panicules terminales, présentent un calice libre ou adhérent k la base, à cinq divisions; ui.e corolle à cinq pétales onguiculés; dix étainines périgynes; un ovaire libre ou semiinfère, à deux loges pluriovulées, surmonté de deux styles libres ou adhérents à leur base et terminés chacun par un stigmate tronqué ou en tête. Le fruit est une capsule k deux becs, à deux loges incomplètes, renfermantungiand nombre de graines très-petites, insérées des deux côtés de la cloison.
Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues surtout dans les régions montagneuses de l'hémisphère boréal. On les trouve principalement au milieu des pierres, dans les fentes et les crevasses des rochers, sur les vieux murs, au bor.l des torrents et des ruisseaux; elles sont beaucoup plus rares dans les plaines. On leur a attribué quelques propriétés médicales ; mais c'est surtout comme plantes d'agrément qu'elles se recommandent, et k ce litre on en cultive beaucoup dans nos jardins. Elles aiment les endroits rocailleux, frais et un peu ombragés, et préfèrent la terre de bruyère tourbeuse, grossièrement concassée, fraîche, poreuse et bien drainée. On les propage de graines, semées en pots ou en terrines au printemps, et mieux par la division des tiges, qui s'enracinent trèsfacilement. Comme elles poussent très-vite, il est bon de les replanter au moins tous les deux ans, au commencement du printemps ou à la fin de l'été.
La saxifrage granulée, appelée aussi saxifrage blanche, sanicle de montagne, percepierre, etc., est une plante vivace, k souche formée de nombreuses fibres radicales, entremêlées de bulbilles ; la tige, haute de 0m,20 à 0m,40 , dressée, simple, pubescente, visqueuse, porte des feuilles alternes, les radicales longuement pétiolées, réuifonnes, crénelées; les caulinaires presque sessiles, cunéiformes, palmées, lobées; les supérieures trilobées ou linéaires; les fleurs, blanches, assez grandes, sont groupées en corymbe terminal. Cette espèce, abondamment répandue en Europe, croit surtout dans les lieux sablonneux; elle se trouve aux enviions de Paris. Les racines et les fleurs ont une saveur fade, herbacée, un peu amère ; le reste de la plante est à peu près insipide, ou tout au plus un peu acerbe.
On emploie en médecine la plante fraîche ; toutefois, les racine* sont aussi employées sèches; on les récolte k l'automne. L'infusion aqueuse ou vineuse de cette plante est astringente ; on l'a préconisée comme apéritive, diurétique et eminenagogue , mais surtout comme lithontriptique. Comme on prétendait que les racines, en se développant, divisaient les rochers, on croyait qu'elle devait également briser les pierres dans la vessie; on a depuis longtemps reconnu que cette croyance était dénuée de tout fondement. Cette plante est admise dans les jardins d'agrément; on en a obtenu une variété k fleurs duubles. On la dispose en touffes ou en bordures; elle se propage aisément, outre les moyens généraux indiqués plus haut, par la séparation des bulbilles ou tubercules de ses racines, repiqués vers la tin de l'hiver.
La saxifrage Iridactyle est une petite plante annuelle; sa tige, qui dépasse rarement la hauteur de 0™,1, est grêle, pubescente et visqueuse ; ses feuilles sont cunéiformes, trilobées, un peu charnues ; ses fleurs, blanches, petites, en cyme dichotoine. Répandue dans toute l'Europe, elle croît dans les terrains sablonneux et les vieux murs. Elle parait de très-bonne heure et parcourt en peu de temps toutes les phases de sa végétation. On ne la cultive que dans les jardins botaniques. Cette plante a été regardée comme un remède souverain contre la jaunisse et les écrouelles; on l'administrait infusée dans la bière. On t'a vantée aussi contre les maladies du foie ; mais toutes les vertus qu'on lui a uttribuées
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sont fort problématiques. Elle peut servir à fabriquer une sorte de glu.
La saxifrage de Sibérie ou à feuilles épaisses est une plante vivace, k feuilles obovales, épaisses, glabres, amples, dentelées, toutes radicales, età fleurs penchées, d'un beau rose, groupées au sommet d'une hampe d'environ 0°>.15 de bailleur. Elle habite surtout la Sibérie, mois on lu trouve aussi quelquefois dans les Alpes suis-ses. On l'emploie, comme le thé, en infusion ou en décoction légère, ce qui lui a valu les noms de thé des Mongols ou de Sibérie; on la vante surtout contre les flux de ventre. A l'extérieur, on substitue avec avantage ses larges feuilles à celles du lierre pour le pansement des cautères et des vésicatoires. C'est encore une belle planto d'ornement, dont on fait des touffes ou des bordures dans les endroits frais nu ombragés, aux abords des ruisseaux ou des cascades. On la propage surtout par la division des pieds opérée k l'automne.
Parmi ies autres espèces, nous citerons : la saxifrage pyramidale ou cotylédon, belle plante ornementale, qui parait être la saxifrage des anciens, mentionnée par Hippocrate sous le nom d'tibteton ; la saxifrage branchiale, originaire de la Sibérie, où elle est employée contre l'angine et la pleurésie; lu saxifrage bryul/Je, inodore à l'état frais, mais acquérant une odeur agréable par la dessiccation ; lu saxifrai/e musquée, qui présente un phénomène ab-oliinieni inverse; les saxifrages cespiteuse, aizonn, palmée, hypnoïde on gazon turc, tignlée, ombreuse, benoie , sannenteuse, etc., recherchées connue plantes d'agrément.
SAXIFRAGE, ÉE adj. (sa-ksi-fra-jé — rad. saxifrage). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte k la saxifrage.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre saxifrage. On dit aussi saxifragacébs. Il Une des tribus de cetto famille.
— Encycl. La famille des saxifragêes renferme des végétaux herbacés, rarement ligneux, a feuilles alternes ou opposées, en général simples, rarement composées, souvent munies de stipules. Les fleurs, solitaires, ou diversement groupées en cymes, en épis, en grappes ou en panicules, présentent un calice à trois ou cinq divisions, fréquemment soudées à la buse entre elles et avec l'ovaire ; une corolle k quatre ou cinq pétales, quelquefois soudés k leur base, rarement nulle; des étainines périgynes, ordinairement en nombre double de celui des pétales, quelquefois en nombre indéfini; un ovuire libre ou plus ou moins infère, k deux logos (rarement plus) presque toujours pluriovulées, surmonté de styles en nombre égal k celui des loges. Le fruit, rarementeharnu, est ordinairement une capsule terminée au sommet par deux cornes plus ou moins allongées et s'ouvrant souvent en deux valves qui portent une cloison k leur face interne; il renferme un grand nombre de graines dont l'embryon est entouré d'un albumen charnu.
Cette famille, qui a des affinités avec les crassulacées et les ribésiées, comprend les genres suivants, groupés en quatre tribus. 1. Saxifragêes : genres saxifrage, érémosyne, donatie, vahlie, ehrysosplénie ou dorine, heuchère, toliniée, mitelle, milellopsUle, tellime, tiarelle, hotéia, astilbé, etc. — II. Cunouiées : genres cunonie, bélangére, bauère, codie, callicome, platylophe, ackaina, ptérophylle, arnoldie, guinillée, etc. — III. Èydrangées : genres hydrumree, hortensia, cardiandre , platycratère, schizophragme, jamesie, cornidie, adainie, broussaisie. — IV. Esculloniées . genres esuallonie, quintinie, forgesie, itéa, anoptere, polyosiua, etc. Les saxifragêes sont répandues dans les diverses régions du globe, où leurs tribus sont inégalement réparties. Quelques espèces sont suscepnbles d'applications thérapeutiques ou industrielles. Mais la plupart se recommandent surtout comme végétaux d'ornement.
SAXILAUDA s. m. (sa-ksi-lô-da — du lat. saxum, rocher ; alauda, alouette). Ornith. Nom scientifique des traçais, genre d'oiseaux dont le type habite le Cap de Bonne-Espérance.
SAXO GRAMMATICUS, historien danois de la fin du xiiû siècle, mort k Rœskilde vers 1204. Il fut secrétaire d'Axel ou Absalon, ministre de Valdémar I"f dit le Grand. On ne sait rien de plus sur son existence ; mais il s'est rendu célèbre en écrivant une histoire du Danemark, formée à la fois de récits vrais et de traditions poétiques. Cet ouvrage, imprimé k Paris pour la première fois eu 1514, sous ce titre : ûanornm reyum heroumgue historia stylo eleganti a Saxone Gramina* tico, etc., est un des livres les plus curieux qu'on puisse consulter. Dans ce recueil, profondément empreint du caractère national, on trouve au livre X ies aventures de Guillaume Tell, racontées sous d'autres noms et appliquées à l'histoire du Danemark. Y a-t-il eu plagiat de la part des Suisses, dont le récit est postérieur d'un siècle et demi ? La plupart des savants qui se sont occupés de ce sujet penchent pour l'affirmative. Mais un petit nombre, qui pourrait bien avoir pour lui la raison, a supposé que le recueil de Saxo Grammaticus, grossi après lui de tous les faits mémorables apportés k la connaissance des Danois, a bien pu emprunter k la Suisse,
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dans le courant du xive ou même du xv« siècle, la légende de l'illustre archer. Cette queslion, du reste, ne peut {ruère être résolue que pur l'étude des anciens manuscrits de l'historien danois. Il nous .semble difficile, qntiiu à nous, d'infirmer le témoignage unanime des Suisses ; car un peuple ne s'abuse pas à ce point sur un fuit qui touche si intimement a sa nationalité. Les détails qu'on donne de la vie de Tell, les monuments qu'on en tiontre aux voyageurs sont tellement précis, qu'ils inspirent la confiance s'ils ne déteiminent pas* la certitude. S'il y a mystification, jusqu'à plus ample informé nous n'hésitons pas à l'attribuer à l'éditeuc de Saxo Grammaticus.
SAXON, ONNE adj. (sak-son, o-nej. Éthnol. Qui appartient, qui a rapport aux Saxons : La race saxonne.
— Linguist. Lettres saxonnes, anglo-saxonnes ou brito-saxonnes , Caractères dont les Angl^-Saxoiis se servirent jusqu'à Guillaume le Conquérant. Il Langues saxonnes, Dialectes germaniques parlés par les Saxons et divers autres peuples du Nord.
*■ — Pyroteehn. Pétard percé d'un ou de deux trous à l'extrémité du même diamètre, ce qui le fait tourner en tous sens.
— Encycl. Linguist. La branche saxonne comprend les idiomes anciens parlés parles Cimbres, qui sont si célèbres par leur invasion ;n Italie, et que Marius tailla en pièces; par es Angles, qui, plus tard, réunis aux Saxdnset aux Jutlandais, jouèrent un tôle remarquable dans l'histoire du Nord ; par les Bructeresel lus Chauques, qui faisaient partie du la confédération des Jstxoones; par les Chérrsques, si puissants sous Arminius, le vainqueur de Varus, et plus tard réunis aux. Francis; par les Ménapes, les Tongres, les Bataves, les Frisons et autres peuples moins connus; par les Saxons, qui sont les Inysoones dss Romains et les ancêtres des Saxons actuels (ils formaient une puissante confédération dans l'Allemagne septentrionale, où, commandés par le célèbre Witikind, ils défendirent pendant trente années leur indépendance contre les armes victorieuses de Char etnagne) ; enfin par les Lombards, qui, alliés aux Avares, après avoir détruit le royaume des Gépides, enlevèrent en 568 l'Italie aux Grecs et y fondèrent le royaume qui porta leur nom.
La bninehes]fixonne a, en outre, donné naissance aux trois rameaux suivants ; 1<> te bas allemand ou niederdeutsch, dont les différentes j. hases l'ont fait distinguer en ancien, moyen et moderne.
Le bas allemand ancien ou altniederdeiitsch est appelé aussi ancien saxon, du nom du peupe principal qui le parlait. Cette langue, qu'un peut regarder comme tout à fuit éteinte, paraît avoir été parlée anciennement et durant le moyeu âge dans toute l'Allemagne septentrionale et dans les lJays-Bas, à l'exception des contrées occupées parles Frisons et les Angles. Les plus anciennes productions littéraires de l'ancien saxon furent composées entre le vme et le xi» siècle. On y reniai que VEvungelien harmonie, qui paraît être du comir.euceiuent du ix« siècle, et les Glossse Lipsii, du même temps.
Le bas allemand moyen ou mittelniederdeutsr.h comprend tous les écrits du xie au xvi= iiiècle, dont les principaux sont : un vocabulaire composé vers la moitié du xn« siècle; une traduction de la Bible du commencement du siècle suivant; le Heldenbuch, épopée q le l'on attribue également à Henri d'Ofterdingen et à Wolfram d'Esehenbaeh; le Reineke der Fucha, épopée satirique dont le véritt.ble auteur paraît être Nicolas Baumann, et le Tyt Utenspiegel, qui paraît avoir été composé dans le xiv» siècle et qui fut traduit ensuite en haut allemand par Thomas Murnsr. C'est à ta cour de Brunswick que cet idiome a fleuri le plus.
Le bas allemand moderne ou neuniederdeutsi)h, dit aussi saxon moderne ou neusaechsisch, était parlé en plusieurs dialectes dans le nord de 1 Allemagne et dans presque toute la Crusse; cet idiome a été remplace insensiblement, depuis Luther, par le haut allemand mode. -ue dans les tribunaux, la liturgie, les docut.icnts publics, et il a cessé complètement d'être écrit depuis le commencement du xvii" siècle. Sa littérature est très-pauvre et ne ccmpte, à l'exception de beaucoup de poésies populaires, que des grammaires, des vocabulaires, quelques chroniques, entre autres celles de la Livonie par Russow, et quelques livres ascétiques composés dans les principaux dialectes saxons. Parmi ces dialectes, on diïtingue: 1° le saxon proprement dit ou l'idioi ie de la basse Saxe, dans lequel on trouve les sous-dialectes de Hambourg et ses enviions, du" Molstein, du Slesvig entre la la Sli.j et l'Kider ; des Marches ou des Pays- Bas ; du Hanovre, parle en plusieurs variétés dans la plus grande partie du royaume de ce nom; des mineurs Ou Harz ; de la Marche de PriBguitz. 2» Le saxon oriental, dans lequel on distingue les sous-dialectes de Brandebourg, uit aussi markisch, parle à Berlin, etc.; de la Poméranie, Ue l'île de Riigun et de la Prusse, tous subdivisés en plusieurs variétés et parlés dans la monarchie prussienne. 3« Le wesiphalieu ou saxon occidental, qui comprend les sous-dialectes de Blême et d'Osl- JFYise, parlé dans les provinces hanovriennes t:= Stade et d'Aurick; le rustrtngien, parlé
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dans le grand -duché d'Oldenbourg; le sousdialecte de îaWestphalie centrale, parlé dans la province prussienne de la Westphalie ; du duché d'Engern, parlé dans une partie du gouvernement de la Westphalie ; de Cologne, dans le gouvernement de ce nom, etc. Tous les dialectes du saxon moderne se distinguent des dialectes du haift allemand moderne par leur douceur et par le soin avec lequel ils évitent, autant que ce dernier semble les rechercher, l'accumulation des consonnes sifflantes et la fréquence des sons gutturaux. Moins riches en tonnes grammaticales que les dialectes du haut allemand, selon Grimm, les dialectes saxons les surpassent dans la richesse des racines.
4uLe frison ou frieiisch, parlé anciennement sur les rives du Rhinjusqu kl'Elbe'parlesFrisons et les Chauques, leurs allies, qui sont les ancêtres des Frisons actuels. Ceux-ci ne se trouvent plus que dans un petit nombre d'endroits et parlent une langue trës-ditTerente de l'ancienne, à cause du mélange de mots étrangers empruntés aux idiomes des peuples qui les environnent. Quoique les monuments de l'ancien frison se rapportent, pour la date, à l'allemand de l'époque moyenne plutôt qu'à l'ancien allemand, la langue dans laquelle ils sont écrits se rapporteévidemment à une période bien plus primitive qui se rapproche beaucoup de l'ancien haut allemand. L'isolemeut politique des Frisons et leur attachement à leurs droits héréditaires ont repoussé de leur langue les éléments étrangers. Après le xive siècle, dit Grhnm, nous voyons le frison Se dépouiller rapidement de toutes ses flexions, tandis qu'au xn« et au xme siècle, elles n'y étaient pas moins nombreuses que dans l'anglo-saxon du ixe et du xe siècle.
Le frison moderne comprend trois dialectes principaux, très-différents entre eux et subdivisés en sous-dialectèset patois innombrables. Ces dialectes sont le frison batave, le frison westphalien et te frison septentrional. Le frison batave, parlé jadis dans les provinces hollandaises de West-Frise, de Groningue et une partie de la Nord-Hollande, ressemble beaucoup k l'anglo-saxon et il est mêlé d'un grand nombre de mots hollandais. Depuis le xve et le xvie siècle, il s'est éteint en plusieurs endroits, et on ne le parle plus maintenant que dans les villes de Molkweren et Hindelopen et leurs environs, et dans le village de Bolwert, dans la West-Frise.
Le frison westphalien ou kauchisch-friesisc/t, était parle jadis par les Kauchen ou Chauques, qui habitaient les pays qui correspondent à l'Ost-Frise, au duché d 0 denbourg, au Saterland, au bas évêché de Munster et aux comtés de Hoya et Diepholz, et dans le pays de Wursteu, compris dans l'ancien éveché de Bremen. Depuis le xvi» siècle, ce dialecte s'est éteint, et il a été partout remplacé par le saxon, à l'exception des îles Wangeroog, Schickeroog, Laugeroog, Baltriin et Norderney, dépendantes de l'Ost- Fuse, et du petit pays de Saterland, dans le grandduché d'Oldenbourg, où il est parlé, quoique mêlé de beaucoup de mots étrangers, .surtout du bas allemand. Dans le pays de Wursten, le frison n'a cessé d'être parlé que dans la seconde moitié du xvme siècle.
Le frison septentrional ou cimbrique est parlé encore en plusieurs sous-dialectes trèsdifférents par les descendants des Frisons qui, dans le moyen âge, s'établirent dans les terrains marécageux de la côte occidentale du duché de Slesvig, entre Tondern et llusun, et dans les lies voisines, Amrom, Sylt, Foehr, Lutjenmoor, Nordmarch, etc., où ils vivent soumis au roi de Danemark. D'autres Frisons habitent l'île de Helgoland, dépendante de la Grande-Bretagne. Les noms les plus communs, dit Kohi dans ses Voyages, qui sont presque identiques dans toutes les contrées de l'Europe, différent complètement dans les diverses iles du Frieslaud ; ainsi, père se dit aatj dans l'île d'Aitiroin, baba ou babe dans les îles Halligs, foder ou vaar dans l'île de Sylt, tate dans bien des districts sur le continent, et oti ou ohitj dans la partie orientale de l'ile de Foehr.- Bien que ces populations soientà a milles allemands les unes des autres, ces mots diffèrent plus entre eux que l'italien padre et l'anglais father. Les noms mèuiHs de leurs districts et de leurs iles sont complètement dissemblables dans différents dialectes : l'île de Sylt s'appelle Soi, Sol et Sut. Chacun de ces patois , ajoute M. Max Millier, bien qu'à la rigueur un savant frison puisse s'y retrouver, n'est intelligible que pour les paysans de l'étroit district où il a cours. Les sous-dialectes septentrionaux sont fortement mélangés de danois, tandis que les Sous-dialectes méridionaux sont très-mélangés de saxon; ceux u'Eydcrsiedt et de Stapelhom se sont déjà éteints.
La littérature de la langue frisonne est trèspauvre. Elle se réduit presque à. quelques grammaires, à quelques vocabulaires et à plusieurs poésies populaires, dont les plus importantes sont en frison batave.
20 Enfin le néerlandais ou batave moderne, dans lequel il faut distinguer deux dialectes principaux, le flamand et le hollandais, qui ont été chacun l'objet d'un article spécial. V. ces mots.
SAXONNE (SUISSE), en allemand Sâchsische Sehweiz, nom donné à la partie orientale du cercle de Misnie , dans le royaume de Saxe. Cette contrée, arrosée par l'Elbe, est
SAXT
couverte de montagnes de grès, entre lesquelles s'étendent de délicieuses vallées aux sites les plus pittoresques. La Suisse Saxonne mesure environ 70,000 hectares de superficie. SAXONS (pays des), en allemand Sachsenland, nom donné autrefois à une division de l'empire d'Autriche, dans la province de Transylvanie. Le pays des Saxons, ainsi nommé parce que le roi Geysall. en 1143, avait appelé dans cette contrée des Saxons venus des pays de Liège et de Luxembourg, s'étendait au S.-E. de Ta Transylvanie, entre les Madgyars à l'O. et les Szecklers à l'E.,SUr unesuperlicie de 11,000 kilom. carrés. Le chef-lieu était la ville d'Hermannstadt ; les villes principales étaient Bistritz et Cronstadt. Ces Saxons, dont le territoire est actuellement divisé entre les cercles de Bistritz, Ilermannstadt et Cronstadt, ont conservé jusqu'à nos jours la langue, les coutumes et les mœurs de leurs ancêtres. Ils sont presque tous agriculteurs.
SAXON I A, nom latin de la Saxe.
SAXONIQUE adj. (sa-kso-ni-ke). Hist. Qui a rapport aux Saxons, u Comtes du rivage saxoinque, Ofticiers que les empereurs établirent sur les côtes de la Gaule, pour repousser les Saxons.
— Hist. relig. Confession saxonique, Profession de foi rédigée par Mèlanuhihon.
SAXOPHONE s. m. (sa-k>o-fo-ne — de Sax, nom de l'inventeur, et du gr. phonê, voix, son). Mus. Instrument de cuivre à clefs et à embouchure eu bec de clarinette.
— Encycl. Il existe quatre saxophones de tons et d'échelles différents. Leur étendue, semblable à celle du hautbois, est d'une dixneuvième diminuée (quinte diminuée, plus deux octaves) ; ou écrit tous les saxophones indistinctement en clef de sol; leur échelle commence au si placé au-dessous des lignes de la portée, d'où elle s'étend ehromaiiquement jusqu'au fa placé au-dessus des lignes de cette même portée. On emploie rarement les dernières notes aiguës, telles que mi p, mi b et fa. Voici la nomenclature de ces instruments :
1» Le saxophone soprano en si p, qui joue une seconde majeure au-dessous de la note écrite; c'est le plus aigu des instruments de cette famille.
2t> Le saxophone alto en mi p, qui joue une sixte majeure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une quinte au-dessous du précédent.
3° Le saxophone ténor-baryton en mi'p, qui joue une treizième majeure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une octave au-dessous du précédent.
40 Le saxophone basse en si !?, qui joue une seizième majeure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une quarte au-dessous du précédent.
Les saxophones ont quelque rapport avec les clarinettes; mais celles-ci leur sont supérieures pour la qualité et l'ampleur des sons. M. Sax est l'inventeur de cette famille d'instruments qui forme, à présent, avec les saxhorns la base des musiques militaires.
SAXOTROMBA s. m. ( sa-kso-tron-ba — de Sax, l'inventeur, et de trombe). Mus. Instrument de cuivre à trois , quatre ou cinq cylindres.
— Encycl. Cet instrument a beaucoup d'analogie avec le saxhorn, quant à la manière de le jouer. Le timbre du saxotromba se rapproche de ceux de la trompette et du bugle; il est, par conséquent, plus strident que celui du saxhorn. L'étendue du saxotromba est de deux octaves et une quinte diminuée. Il s'écrit en clef de sol, et son échelle s'étend à partir du fa $ placé au-dessous des lignes de la portée ju-qu'à Vut placé au-dessus des lignes de cette même portée.
Il y a plusieurs variétés de saxotrombas :
1° Le saxotromba soprano en mi);, qui joue une tierce mineure au-dessus ue la note écrite ; c'est le plus aigu des instruments de cette famille.
îo Le saxotromba alto en «p, qui joue une seconde majeure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une quarte au-dessous du précédent.
3° Le saxotromba ténor-baryton en mi b, qui joue une sixte mineure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une quinte audessous du précédent.
40 Le saxotromba basse en si p, qui joue une neuvième majeure au-dessous de la note écrite, et par conséquent une quarte au-dessous du précédent.
Nous ne mentionnons ici que pour mémoire le saxotromba contre-basse qu on n'emploie jamais.
On emploie surtout ces instruments dans les fanfares; à l'orchestre, ils ne paraissent presque jamais.
SAXTORPH (Mathias), médecin -accoucheur danois, né à Meiruys, près de Holstbroe, en 1740, mort à Copenhague en 1S00. Il fit ses études médicales dans cette dernière ville et dirigea spécialement ses travaux vers l'obstétrique. Ayant obtenu la faveur de voyager aux fiais de l'Etat pour se perfectionner dans son art, il visua pendant trois ans les hôpituux les plus renommes d'Allemagne, de France et de Hollande. A son retour en Danemark, il fut nommé accoucheur à la maison royale d'accouchements de Co-
SAY
penhague et professeur à l'université. Saxtorph occupe un rang distingué dans l'histoire médicale. Formé par les b-çons de C.-J. Berger, qui déjà avait des idées justes et avancées sur le mécanisme de la parturitinn, il décrivit avec soin les rapports successifs de la tête avec le bassin, dans son passage à travers cette cavité, et montra, contie l'opinion de Smellie, qu'elle s'engage au déroit Supérieur, son grand diamètre répondant non au diamètre transverse de ce déiroit, mais au diamètre oblique. Outre un grand nombre d'articles fournis au recueil de la Société de médecine de Copenhague, nous devons encore à Saxtorph les écrits suivants : De doloribus parturientiwn signum felicis partus prsbentibus (Copenhague, 1 762); De dioerso partu ab diversam capitisad pelvim reiutionem mutuam (Copenhague, 1771), etc., etc.
SAY s. m. (se). Nom que l'on donne aux bonzes dans le Touquin.
SAY (Jean-B;iptiste), célèbre économiste français, né à Lyon en 1767, mort à Paris en 1S32. Destiné d'abord au commerce', il fut envoyé par sou père en Angleterre et placé en qualité de commis dans une maison de banque. A son retour, il fut attache à la rédaction du Courrier de Provence, publié pur Mirabeau (17S9), et, en 1792, devint secrétaire de Clavière, ministre des finances. Eu 1794, il fondu, avec le concours de Chuinfurt et de Ginsruené, la Décade philosophii/ue, politique et littéraire, l'un des recueils périodiques les plus remarquables de l'époque. Appelé au tribunal après le 18 brumaire, il y protesta par son silence contre le développement d'un système politique qu'il condamnait et fut éliminé de ce corps en 1804 à cause de sesidées libérales. Dès 1797, il avait commencé a prendre rang parmi les économistes en concourant pour un des prix de l'Académie des sciences morales et politiques. La question proposée était : « Quels sont les moyens de fonder la morale chez un peuple? "Quelles sont les institutions les plus favorables pour atteindre ce but?» J.-B. Say envoya à l'Académie un travail un peu romanesque, intitulé Olbie, où il traçait le plan d'un gouvernement imaginaire; des idées justes et saines se mêlaient dans ce roman à la sentimentalité et à la déclamation qui étaient alors en vogue. Olbie n'obtint pas le prix. En 1S03, son auteur publia un ouvrage plus sérieux, le Traité d'économie politique, qui, successivement remanié et étendu par lui, est resté son principal litre k la renommée; l'édition définitive est de 1814 (2 vol. in-so).
De ce livre date réellement en Europe lu création d'une méthode simple, sévère et savante pour étudier l'économie politique. C'est J.-B. Say qui a créé la nomenclature de cette science, qui l'a séparée de la politique et de l'administration; qui, par sa Théorie des débouchés, a démontre la solidarité économique des diverses industries, ues diverses provinces d'un Etat, des diverses nations du globe. Il voyait dans ta balance du commerce une erreur désastreuse, produite par la mauvaise définition du moi capital; dans la plupart des impôts, des fléaux comme iu grêle, les incendies et les invasions. Il réduisait à une sorte de minimum d'action le rôle des gouvernements : • L'administration insignifiante du cardinal de Fleury, dit- il, prouva qu'à la tète d'un gouvernement, c'est déjà faire beaucoup de bien que de ne pas faire de mal, »
En l'éliminant du tribunat, Napoléon, qui néanmoins avait reconnu en lui un esprit supérieur, avait essayé de se rattacher J.-B, Say eu lui confiant dos fonctions lucratives; il l'avait nommé inspecteur des droits réunis dans l'Allier. Mai- J.-B. Say était, comme économiste, complètement opposé aux impôts de consommation; il refusa d'accepter cette place. Il se tourna alors vers l'industrie et organisa, d'abord dans le Pas-de-Calais, puis dans l'Oise, une filature de coton. Les temps étaient peu favorables; les droits r énormes qu acquittaient à l'entrée les matières premières rendaient la fabrication presque impossible ; J.-B. Say surmonta pourtant ces obstacles, mais il garda toujours avec raison, contre le système gouvernemental qui les créait, contre les guerres qui les augmentaient encore, une sourde rancune qui perce dans la plupart de ses écrits. En 1812, il céda sa filature a un associé et attendit pour reprendre les affaires la chute du gouvernement impérial. A la Restauration s'ouvrit pour lui une brillante carrière. Après un voyage en Angleterre, où il étuit allé étudier le mécanisme gouvernemental et économique de nos voisins, il accepta de professer 1 économie politique à l'Athénée (1816), puis fut successivement professeur de ceite science au Conservatoire des arts et métiers (1821) et au Collège de, Franco (1830). Il a réuni ses leçons sous le titre de Cours complet d'économie politique pratique (1828-1830, 6 vol. in-S»), ouvrage considérable que les industriels préfèrent même k son Traité d'économie politique, quoiqu'il n'en ait pas l'ordonnance méthodique, parce qu'ils y trouvent des éclaircissements et des pieuves sur des points particuliers, a Nul, dit Blanqui dans son Histoire de l'économie politique, n'a popularisé la science économique au même degré que J.-B. Say.,, Il détestait surtout les hypothèses et les systèmes comme la source de presque tous les maux qui ont pesé
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sur les populations, et l'économie politique ne lui semblait vraiment utile que parce qu'elle est appelée k réfuter snna réplique les préjugés désastreux dont l'espèce humaine est affligée... Il a tracé le premier programme complet de l'économie politique, et les écrivains mêmes qui ne partagent pas ses principes se sont accordés & reconnaître l'excellence de sa méthode et lu justesse rigoureuse de ses déductions... L'influence de J.-B. Say a contribué plus que celle d'aucun écrivain contemporain à répandre le soùtde l'économie politique en France et en Europe. Ses théories, «i. naturellement applicables aux questions politiques, furentétiuliées avec ardeur sous la Restauration comme un instrument d'opposition et de guerre, et peutêtre doivent-elles une partie de leur succès aux services qu'elles rendirent duns les discussions parlementaires de l'époque... Pour tout ce qui regarde les grands principes de la science, dans les questions de douane, de monnaies, de crédit public, de colonies, J.-B. Say est devenu le guide le plus sûr qu'on puisse suivre et l'écrivain le plus classique de l'Europe. » Outre son Traité d'économie pvlilique, qui u eu six éditions et qui a été truduit d<ms toutes les langues de l'Europe, et les ouvrages mentionnés au cours de cet article, J.-B. Say a publié : De l'Angleterre et ttes Anglais (1815, in-8"), brochure d'actualité où il témoigna vivement de son antipathie pour les guerres et les profusions de dépenses en hommes et en capitaux auxquelles il avait assisté durant l'Empire; Catéchisme d'économie politique ou Instruction familière qui montre de quelle manière les richesses sont produites, distribuéeset consommées dans la société {1815, in-12); l'auteur y a recueilli un grand nombre d'observations et de prescriptions pratiques sur la manière la plus uvantageuse pour chacun do tirer parti de son industrie ou de ses talents; Petit volume, contenant quelquesaperçus des hommes et de ta suciété (1817, i n- 18), recueil de pensées à la manière de Franklin, d'un tour ingénieux et piquant; Des canaux de navigation dans l'état actuel de la France (1818, ii>-8<>); De l'importance du port de La Viltette (1818, br. in-8°); Lettres à Mallhus sur différents sujets d'économie politique, notamment sur les causes de la stagnation du commerce (1820, in-8°); Economie politique sur la balance des consommations avec les productions (1824, in-S°); Essai historique sur l'origine, les progrès et tes résultats probables de la souveraineté des Anglais aux Indes (1824, in-8"); Esquisse de l'économie politique moderne, de sa nomenclature, de son histoire et de sa bibliographie (1820, in-8°) ; Programme dit cours d'économie industrielle (1828-1829, in-8°) ;Méla»ges et correspondance d'économie politique, ouvrage posthume publié par le tils de J.-B. Say et par son gendre, Ch. Comte (1833, in-8<>). J.-B. Say a de plus insère un grand nombre d'arlicies dans lu Décade philosophique et la Revue encyclopédique, rédigé V Abrégé de la vie de Franklin, placé eu tête de la Science du bonhomme Jtichard (1794, in-S<>) et annoté les Principes de l'économie politique et de l'impôt de D. Kicardu (1S19, 8 vol. in-8u). Une édition complète des œuvres de J.-B. Say ligure dans la Collection des principaux économistes (Paris, Guillauroin, 1843-1848,15 vol. gr. in-so); elle forme les tomes X, XI et XII.
SAY (Louis-Auguste), industriel et économiste français, frère du précédent, né h Lyon en 1774, mort à Paris en 1840. 11 dirigea longtemps une importante raffinerie de sucre à Nantes, et publia un certain nombre d'ouvrages destinés à redresser les erreurs qu'il prétendait trouver dans ceux de son frère. Ce sont : Principales causes de la richesse ou de la misère des peuples et des particuliers (Paris, 1818, in-8"); Considérations sur l'industrie et la législation sous le rapport de leur influence sur la richesse des Etats, et examen critique des principaux ouvrages qui ont paru sur l'économie politique (1822, in-8°); Traité élémentaire de ta ri-' chesse individuelle et de la richesse publique, et éclaircissements sur les principales questions de l'économie politique (Pai is, 1827, in-8<> ; trad. en anglais, Nantes, 1829, in-8») ; Etudes sur la richesse des nations et réfutation des principules erreurs en économie politique (1836, in-8°); Influence de, la morale et' des dogmes religieux sur la richesse des nations (Nantes, sans date).
SAY (Horace-Emile), économiste français, fils de J.-B. Say, né & Noisy, près de Paris, en 1794, mort k Paris en 1SC0. Son père l'envoya faire ses études k Genève, où une partie de la famille Say s'était tixée après la révocation de l'édit de Nantes, puis l'attacha aux travaux préparatoires qu'il dut faire au Conservatoire des arts et métiers avant de monter sa filature de coton. En 1813, H. Say alla en Amérique étudier les procèdes manufacturiers de ce pays, séjourna plusieurs années aux Etats-Unis et au Brésil et, de retour en France, fonda une vaste maison de commission pour l'Amérique méridionale. Un riche mariage avec lu fiiled'un manufacturier, M. Cneirreux-Aubertot, assura sa fortune et il put se consacrer aux études théoriques vers lesquelles il se sentait porté. Dans un premier ouvrage, Histoire des relations commerciales entre la France et le Brésil (1830, iu-8o), il consigna le résultat de ses
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observations et de ses recherches durant son séjour dans cette partie de l'Amérique ; dans le second, Eludes sur l'administration de la ville de Paris et du département de la Seine (1846, in-8°), il consigna de même les remarques qu'il avait pu faire, en matière administrative comme membre du conseil municipal, puis du conseil général de la Seine (1837-1846). Réélu conseiller général en 1847. il obtint en 1848 le mandat de député à l'Assemblée nationale, puis fut nommé conseiller d'Etat (1849) et resta en fonction jusqu'au 2 décembre 1851. 11 avait été juge au tribunal de commerce en 1831 et membre de la chambre de commerce en 1834; il fut élu président de cette chambre en 1848 et dirigea en cette qualité, de 1848 à 1851, la mémorable enquête sur l'industrie parisienne. Ce fut lui qui rédigea le volumineux rapport de celte exploration k travers toutes les branches du commerce et de l'industrie, au courant de laquelle trente-deux mille maisons furent visitées en deuil et soixante-quatre mille huit cent seize entrepreneurs, manufacturiers ou négociants interrogés. Ce rapport fut couronné par l'Académie des sciences en 1853, et son auteur fut élu en 1857 membre de l'Académie des sciences morales et politiques. On doit encore à M. Horace Say, outre de nombreux articles insérés dans le Juurual des économistes, le Dictionnaire de l'économie politique, le Dictionnaire du commerce et des marchandises, l'Encyclopédie du droit, etc., d'excellentes éditions des principaux ouvrages de son père. Ses Œuvres diverses ont été recueillies (1848, in-8°), et M. Baudrillart, dans son Manuel d'économie politique, a signalé quelques-unes de ces études.
SAY (Jean-Baptiste-Léon), économiste et homme d'Etal français, fils du précédent, né en 1826. Lorsqu'il eut fuit d'excellentes études, il s'occupa d'une façon toute particulière de questions financières et économiques, devint rédacteur du Journal des Débats et épousa la lille de M. Edouard Bertin, un des propriétaires de celte feuille. Lors des élections générales de mai 1869 pour la Corps législatif, M. Léon Say, connu pour ses opinions libérales, posa sa candidature dans la circonscription de Pontoise, concurremment avec M. Rendu, candidat officiel, et MAl.Lefèvre-Pontalis, Grégory Ganesco, etc. Il échoua au premier tour de scrutin et se retira devant M. Lefèvre-Pontalis. M. Léon Say était à cette époque un des administrateurs du chemin du fer du Nord. Ce fut à ce titre que, pendant le siège de Paris par les Allemands, en 1870-1871, il fit organiser par ses agents un système de camionnage qui permit de distribuer des farines aux boulangers. Le 8 février 1871, il fut élu à la fois député à l'Assemblée nationale par le département de Beine-et-Oise, où il obtint 24,424 voix, et par le département de la Seine, où il réunit 76,675 suffrages. M. Léon Say opta pour la Seine et alla siéger nu centre gauche. Sa compétence financière lui valut d'être nommé membre de la commission des finance., qui le désigna pour son rapporteur général (février 1871). Le l<>r mars suivant, il vota les préliminaires de paix et la déchéance de l'Empire. Après l'installation de l'Assemblée à Versailles, il parla sur la situation de Paris, où venait d'éclater le mouvement coinmunaliste, fut chargé du rapport de la loi des loyers et vota la loi municipale. Le 5 juiu 1871, M. Léon Say remplaça M. Ferry comme préfet de la Seine. Il s'attacha k réorganiser les services municipaux et l'administration Centrale, qu'il divisa en trois grandes directions, les tinances, les travaux publics et l'administration générale ; il dressa le budget de la ville de Paris, lit voter un projet d'emprunt pur le conseil municipal républicain, avec lequel il marcha constamment d'accord; rétablit les fourneaux économiques, réorganisa l'instruction publique sur de plus larges bases, grâce aux laryes subventions votées par le conseil ; rouvrit la bibliothèque municipale dans l'hôtel Carnavalet, fit mettre à l'élude la reconstruction de l'Hôtel de ville, se montra favorable à rétablissement des tramways, etc. En Outre, comme député il défendit, Paris devant l'Assemblée, a qui il demanda de siéger duns la capitale (7 septembre 1871), et réclama a l'Etat, comme préfet, les 20u millions payés par Paris à l'empereur d'Allemagne lors de la capitulation du 28 janvier 1871. Au mois a'octoure 1871, sur l'invitation du lord maire, il se rendit à Londres avec le président du conseil municipal de Paris, M. Vautrain, présenta aux ahleimen de ia Cité une grande médaille d'or frappée en commémoration des dons faits par les Anglais pour ravitailler Paris et remit au lord maire la grand'eroix de la Légion d'honneur de la part du président de la République. En désaccord avec le gouvernement sur la question économique, et contraire à l'établissement de l'impôt sur les matières premières, il crut devoir, par un sentiment de convenance, remettre sa démission de i réfet avant de voter contre cet impôt (19 janvier 1872), et la donna une seconde t'ois, le 2 février suivant, lorsque l'Assemblée refusa de revenir k Paris. Toutefois, sur les instances du ministre de l'intérieur, il consentit chaque fois k rester à son poste. Au mois de mars suivant, à l'occasion du procès intenté à M. Janvier de La Motte, il con-
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damna énergiquement devant le conseil municipal les mandats fictifs et les virements dont le ministre des finances, M. Pouyer-Quertier,. venait de parler avec la plus ré|uéhensible indulgence, et il annonça que des masures sévères seraient prises dans son administration pour empêcher de se produire des procédés de comptabilité aussi abusifs. Dans un discours qu'il prononça, le 8 août 1872, à la distribution des prix du collège Chaptal, il se déclara nettement pour l'instruction gratuite et obligatoire, et, nu mois d'octobre suivant, il adressa aux maires de Paris une circulaire afin d'aviser aux moyens d'organiser un enseignement gratuit pour les apprentis.
Le 8 décembre 1872, M. Léon Say fut appelé par M. Thiers, dont il partageait les idées sur la nécessité de fonder la République, k prendre le portefeuille des finances à la place de M. de Goulard. Il employa dans ces difficiles fonctions unegrande aciivité et prit fréquemment la parole à. la Chambre, notamment sur l'établissement de succursales de la Banque, sur la refonte du tableau des propriétés de l'Etat, sur les paquebots-poste entre Douvres et Calais, sur le régime des sucres, sur les allumettes chimiques, sur les indemnités à allouer pour faits de guerre, etc. En même temps que, sous son inspiration, le Journal des Débats accentuait sa politique dans le sens républicain, M. Léon Say, à qui les cléricaux ne pouvaient pardonner-d'uvoir voté contre les prières publiques, demandées par M. Cazenove de Pradine, M. Léon Say s'associait aux efforts du président de la République pour faire constituer le gouvernement républicain. Entraîné dans la chute de M. Thiers, le 24 mai 1873, il quitta le ministère des finances, où il fut remplacé par M. Magne, et devint peu après président du centre gauche. Adversaire de la politique de ' combat et de réaction à outrance contre toute liberté, dont le duc de Broglie était le ministre dirigeant, M. Léon Say vota dans toutes les circonstances importantes contre le cabinet. Lorsque la fusion des deux branches de la famille des Bourbons eut été accomplie par la visite faite au comte de Chainbord par le comte de Paris, M. Léon Say adressa, le 2 octobre 1873, aux membres du centre gauche, une circulaire pour les engager à se rendre à leur poste à l'ouverture de ia session, où probablement les monarchistes proposeraient de restaurer le comte de Ciiambord. • Il ne s'est rien produit, écrivait-il, qui soit de nature à nous faire changer de réoolution. Une réconciliation de famille a eu lieu entre deux princes... Il n'y a qu'un orléaniste de moins, ou plutôt l'orléanisme disparaît pour laisser subsister le parti libéral... Après comme avant la fusion, il y a les tils de la Révolution, dont nous nous glorifions de faire partie, et les adversaires de la Révolution... Après comme avant la fusion, nous resterons convaincus de la nécessité de voter les lois constitutionnelles et d'organiser la République conservatrice.! Lors de la rentrée en session de l'Assemblée, M. Léon Su'y se fit remarquer par la fermeté de son attitude. Le duc d'Audiffret-Pasquier lui ayant demandé de recevoir, comme président du centre gauche, communication des résolutions du centre droit au sujet de la restauration projetée, M. Léon Say refusa d'entrer en relation avec ce groupe et fit voter k l'unanimité par les membres du centre gauche, le 23 octobre, un projet de réponse ainsi conçu: • Le centre gauche reste uni dans la conviction que la République conservatrice est la plus sure garantie de l'ordre comme de la liberté, et que la liberté monarchique dont il est question ne serait pour la France qu'une cause de nouvelles révolutions. » Apres l'uvortement des projets de la faction qui voulait imposer k la France une monarchie de droit divin, M. Léon Say vota contre le septennat (19 novembre), interpella le gouvernement sur la non-convocation des électeurs pour remplir les sièges vacants (24 novembre), prit part aux discussions sur les budgets des finances, sur les nouveaux impôts, etc., et fut chargé du rapport général sur le budget de 1875, rapport qui fut trèsremarqué. Le 13 inui 1874, il contribua à la chute élu cabinet de liroglio, puis il appuya la proposition Casimir Périer, demandant la prompte organisation des pouvoirs publics (23 juillet), la proposition Malleville, demandant la dissolution de lu Chambre, et contribua à l'adoption de la constitution du 25 février 1875, qui reconnut et organisa le gouvernement républicain. Dans le remaniement ministériel qui suiviteevute important, M.Léon Say fut appelé, comme représentant du centre gauche, à remplacer M. Mathieu Bodet au ministère des tinances (10 mars). Dans ce nouveau cabinet, où M. Buffet, comme ministre dirigeant, a pris à tâche de suivre la politique réactionnaire du duc de Brogbe , M. Say a représenté l'élément libéral et s'est confiné dans les questions financières. 11 s'est abstenu de voter lors de l'adoption de la loi sur l'enseignement supérieur (12 juillet 1875). Comme orateur, M. Léon Say parle avec une grande clarté, avec simplicité et souvent avec beaucoup de finesse et de facilité. Les arguments les plus serrés, les statistiques les plus arides sont présentés par lui sans prétention doctrinale, avec une aisance de bon ton qui captive l'attention plutôt qu'elle ne la commande,