‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 148 sur 1059 · V. ALBXANDRJiTTK. · texte numérisé non relu

V. ALBXANDRJiTTK.

SCAISIHANESE (Titus- Jean Ganzarini, dit

LE), littérateur italien, né àScandiauo (Etats de iModéue) en 1518, mort à Asolo en 1582. Il professa les letirns à Modène, k Reggio, à Curpi, h droit public k AsoloetkOouegliano. Le tjnindianese a composé un grand nombre d'ouvrages, dont deux seulement subsistent: la Feina (Venise, 1555, pet. iu-4») ; la Caccia, lib. J V (Venise, 1556, iu-4») ; la S fera di Proclo, trud. du grec (Venise); Lliatettica volgare (Veiiit>e, 1563, in-4°).

SCANMANO, ville du royaume d'Italie, provinct, district et à 13 kilom. S.-E. do Keggio nell'Emilia, ch.-l. de mandement;

Xtv.

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7,294 hab. Carrières de soufre. Patrie de Spallanzani.

SGAHDICIKÉ, ÉB adj. (skan-di-sirné — rad. scandix). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au scandix.

— s. f. pi. Tribu de la famille des ombellifères, ayant pour type le genre scandix.

SCAND1E. V, Scandinavie,

SCANDINAVE adj. (skan-di-na-ve). Qui appartient à la Scandinavie ou k ses habitants : Les peuples Scandinaves. Les langues Scandinaves. La mythologie Scandinave.

— Substantiv. Habitant de la Scandinavie.

— Encycl. Mythologie Scandinave. VEdda est la principale, sinon la seule source où l'on doit puiser, si l'on veut connaître dans toute son originalité primitive cette mythologie Scandinave qui, par la grandeur sauvage de ses conceptions, par son culte presque exclusif de la force physique, en même temps que par sa simplicité naïve et parfois plaisante, peut être comparée k celles des lndous, des tirées et des Romains, et qui, par l'influence qu'elle a exercée sur le développement moral et social des nations d'origine gothique et teutonique, présente pour l'histoire de ces nations un intérêt tout particulier.

Cette mythologie ne nous a pas été transmise dans la forme d'un système religieux, mais bien sous l'enveloppe poétique dont l'a revêtue l'imagination des hommes du Nord; elle ne ressemble même pas à un système comme la théogonie d'Hésiode, car elle a été extraite de différents poèmes ou fragments de poèmes, dont quelques-uns remontent évidemment à une plus haute antiquité que les autres. Plusieurs de ces poèmes datent, on n'en peut douter, d'une période antérieure k l'ère chrétienne; mais, comme ils ont été recueillis à une époque postérieure de beaucoup à cette ère, il est probable que c'est au christianisme qu'ils ont emprunté ridée de la fin du monde et de sa résurrection. C'est ainsi que, dès les premiers vers de VEdda, on trouve en germe l'idée d'une catastrophe qui doit tout détruire, d'une création qui entraîne nécessairement une destruction finale de l'univers, avec la promesse d'une resur- 'rectiou et d'une existence plus heureuse. Les principales divinités de la mythologie Scandinave ayant chacune un article particulier dans le Grand Dictionnaire, nous nous contenterons d'exposer ici sommairement les traits caractéristiques du système religieux des haliitants de l'ancienne Scandinavie.

Au commencement des temps, il n'y avait que le chaos. Au nord se trouvait Niflheim, région des nuages, froide, sombre et brumeuse; au sud, Muspelheim, région du feu, chaude et étincelaute de lumière ; entre ces deux régions s'étendait un abîme béant, Ginunga-Gup, dans lequel la glace et le froid de Nifiheim luttaient contre la lumière et la chaleur de Muspelheim et où s'écoulaient douze fleuves empoisonnés, Elivagar, provenant de la source Hvergelmir. L'eau de ces Meuves, durcie par la {jelée, combla graduellement l'abîme; puis elle fut amenée à l'état liquide par la chaleur de Muspelheim et, à la longue, engendra le premier être vivant, Ymer, géant d'une taille énorme et d'un caractère pervers. Ymer s'endormit et, pendant son sommeil, de son bras gauche naquirent un homme et une femme, tandis que sa main droite et son pied droit engendraient un géant k six têtes. Ce furent là les ancêtres des géants. Cependant la glace, continuant k fondre, donna naissance à. la vache Aoudhoumbla, qui nourrit Ymer-des quatre fleuves de lait (les quatre éléments) coulant de ses pis. La vache se nourrit elle-même en léchant la glace salée, d'où elle fit sortir, le premier jour, la chevelure d'un homme ; le second jour, sa tête, et le troisième l'homme complet, beau, grand et fort. 11 reçut le nom de Buri et eut un fils, dont on ne nomme pus la mère, et qui fut appelé Bœr. Le la fille du géant Bœthorn, Bœr eut trois fils : Odin, Veli et Ve, qui égorgèrent Ymer, dans le sang duquel se noyèrent tous les géants, k l'exception de Bergelmeret de sa femme. De ce dernier provint une nouvelle race de géants. Du corps d'Yiner, qui fut transporté au Ginunga-Gap, Odin, Veli et Ve formèrent le monde : de Sou sang naquit l'eau; de sa chair, la terre; de ses os, les montagnes; de ses dents, les cailloux; de ses cheveux, le gazon, les arbres et les autres végétaux; de son crâne, le firmament; son cerveau, lancé dans l'air, forma les nuages, et, avec ses sourcils, les dieux construisirent un mur de défense contre tes géants des glaces. La surface arrondie du inonde reçut le nom de Midgard ou Aiannaheini et fut entourée par l'Océan sans fond, personnifié souvent sous la forme d'un immense serpent. Lçs étincelles conservées dans les cendres chaudes de Muspelheim servirent à former le soleil, la lune, les étoiles et les météores; et le cours des astres fut réglé de manière à délimiter le jour, la nuit et les saisons.

Asgard, résidence des dieux, fut partagé en quatre régions, savoir : Vanheim, domaine des divinités élémentaires; Gladsheim, dans lequel se trouvait le Walhalla, habité par Odin et les membres de sa famille ; Muspelheim, région du feu céleste, et Licht-Alfheim, séjour des nains bienfaisants ou elfes,

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qui renfermait aussi Gimli, le lieu de la béatitude future.

Utgard était situé sous terre, privé de la lumière du soleil et comprenait : Jœtunheiin, pays des géants; Swart-Alfheim, où habitaient les nains noirs ou gnomes; Niflheim, où se trouvait Hel, demoure de Hela, déesse de la mort; enfin, Nastrand, horrible marais, habité par des serpents et dans lequel les méchants doivent être précipités à la fin du monde.

D'après la Voluspa (partie de VEdda qui est écrite en vers), les trois dieux, réunis en conseil, créèrent d'abord les nains, qui vivaient déjà, à l'état de vers, dans la chair corrompue d'Ymer et qui reçurent alors une forme humaine , mais fort rapetissée. l'a étaient destinés à contre-balancer le pouvoir des géants, qui sont représentés comme dépourvus de toute intell gence , tandis que, chez les nains, la petitesse de la taille est compensée par la vivacité, la finesse et la science innée; ils n'en devaient jias moins habiter toujours dans l'intérieur de la terre ou dans les cavernes. Il y a ici une légère divergence entre la Voluspa et YEdda en prose ; mais ces deux parties du poëme diffèrent encore plus au sujet de la seconde création , celle du génie humain. La Voluspa, que nous traduisons ici littéralement, dit qu'après avoir créé les nains les trois dieux « trouvèrent, sur la côte de la mer, Ask et Einbla, sans force, sans destin fixé, n'ayant ni âme, ni sentiment, ni sang, ni mouvement, ni même une couleur fleurissante. Odin leur donna l'âme, Hcenir le sentiment, Lodur (ou L.oke) le sang et la couleur fleurissante. »

Dans VEdda en prose, les fils de-Bœr, se promenant .sur le bord de la mer, trouvent deux frênes, dont ils forment l'homme et la femme, Ask et Embla : Odin leur donne la vie et l'intelligence; Veli, l'odorat et. le toucher, et Ve la forme, la parole, l'ouïe et la vue. C'est de ces deux premiers êtres que tous les hommes sont descendus.

Jacob Giitnin, dans sa Mythologie allemande, fait remarquer qu'il n'y a eu de ciéé que les nains et les hommes. Les géants et les dieux arrivent à l'existence comme d'euxmêmes, sous l'influence de forces purement naturelles; ils doivent l'être a l'union du feu et de l'eau, tandis que les hommes et les nains semblables aux hommes sont le produit de l'action formatrice des dieux, agissant dans ■un but déterminé. C'est après ces deux actes de la création qu'Ygdrassil, l'arbre de vie, qui joue un rùle si important dans la cosmogonie, est brusquement mcintionnéihins la Voluspa, ainsi que dans le Grimnismul (chant de Griinni). Cet arbre a trois racines : l'une dans le ciel, l'autre dans la demeure des géants ou Jœtanheim et l'autre dans Nilllieim. A chaque racine se trouve une source qui possède des propriétés merveilleuses, et les branches de l'arbre s'étendent sur tout l'univers. La racine de Nillheim est constamment rongée par le serpent Nithhœgg, et sur les branches supérieures est perché un oigle portant un faucon entre ses sourcils. Un écureuil, Ratatoska, montant et descendant alternativement le long du tronc, entretient la discordé entre l'aigle et le serpent, et, dans les branches inférieures, broutent quatre cerfs. Cet arbre est un frêne, et c'est le plus grand et le plus saint de tous les arbres, car il réunit le ciel, la terre et les régions intérieures. Les sources sont également sacrées. Autour de l!Urdar-Bruiinew, la source du ciel, las dieux se réunissent chaque jour pour prononcer leurs jugements, et sont assistés par les trois chefs des nornes : Urd, Verdaldi et Skuld. Il y a, en outre, un grand nombre d'autres nornes, qui décident de la longueur de la vie et du bonheur ou du malheur ue chaque être humain. Chaque jour, les nornes arrosent l'arbre, des feuilles duquel tombe la rosée. La source des géants est gardée par le sage vieillard Mimir, et c'est là que sont cachées la sagesse et la science. Quant à la troisième source, c'est Hvergelmir ou le bassin mugissant.

Il est faciie de reconnaître que la mort d'Ymer marque le début d'une nouvelle période du puganisine Scandinave. Ce n'est que par fragments que nous e^t parvenue l'histoire de la première dynastie des dieux, mais on y trouve déjà le caractère trilogique. Les trois éléments, l'air, le feu et l'eau, y sont représentés par Kari, Hier et Logi, que l'on appelle encore Biliegste, Halbliudi et Loke, et ils ont pour partisans une multitude de géants qui doivent faire une résistance constante à la nouvelle dynastie des dieux. Cependant quelques divinités de la première dynastie conservent des rapports relativement amicaux avec ceux de la seconde; tels sont, entre autres, le sage Mimir, CEgir et Gelion, dieu et déesse de la iner. Mais Loke, quoique admis parmi les ases , garde contre eux toute la haine des géants de même race que lui, et cette haine finit par se faire jour d'une façon terrible.

Les divinités de la seconde dynastie portent le nom commun d'ases. A leur tête, on doit placer Odin ; mais il faut noter qu'il n'était adoré comme le premier des dieux que par les Danois et les Goths, tandis que Thor était révéré comme tel par les Norvégiens et Frey par les Suédois. Frey, sa sœur Freya , et leur père Niord sont désignés sous le nom de wanes et forment une autre famille de dieux dont l'union avec les ases n'eut lieu qu'après un long combat. Après Odin, les

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autres onze divinités principales sont : Thor, le dieu du tonnerre; Tyr, le dieu des batailles; Ullur, qui personnifie certaines qualités particulières dOdin; Heimdal, dieu de la mer, selon les uns, de la lune, selon d'autres, et gardien de l'arc-en-ciel ; Niord, dieu de la mer, qui apaise les vents et qui a pour épouse la géante Skadi; Frey, fils des précédents, qui commande aux rayons du soleil et à la pluie, tandis que sa sœur Freya préside à l'amour; Bragi, fils d'Odin, dieu de la poésie et époux d'Iduna, déesse de la jeunesse ; Vidar le silencieux et Vali le brave, autres fils d'Odin, muis dont le rôle n'est pas bien déterminé; Balder, également fils d'Odin, le plus beau, le pins sage, le plus doux et la plus éloquent des ases et l'époux de Nanna, rie laquelle il eut Forseti, dieu de la justice. Un autre fils.d'Odin, Hœdur, qui est aveugle et fort, ne parait pas avoir compté au nombre des dieux. C'est lui qui, malgré sa volonté, tuera Balder et amènera ainsi la chute de la dynastie des ases.

Parmi les déesses, nous citerons encore, outre celles que nous avons d(\jà mentionnées : Frigga, épouse d'Odin, qui présidait aux mariages ; Eir, habile dans l'art de guérir; Saga, déesse de l'histoire; Gefion, qui est vierge et à laquelle appartiennent tous ceux qui meurent sans avoir été mariés; Siœfna, Lofn et Vœra, qui favorisent les amours; Syn, gardienne de la porte de la salle des dieux; Snotra, la sage et la courtoise; Gna, Hlym, Fulla, messagères de Frigga, etc. <

Dans le mythe de l'anéantissement des ases, ce sont Balder et Loke qui jouent les principaux rôles. A la vie de Balder est attachée celle des autres dieux; c'est pourquoi Loke, qui est devenu le représentant du principe du mal, par suite de son rôle primitif de dieu du feu, s'efforce de faire tuer Balder et y réussit en se servant du bras inconscient de l'aveugle Hœdur. Les dieux échouent dans leur tentative pour arracher Balder à Hela ; ils parviennent bien à enchaîner Loke, mais cela n'est pas suffisant pour empêcher l'anéantissement qni doit arriver après la dissolution des lois naturelles et inorales. Au bout d'un hiver de trois ans commencent les ténèbres des dieux (Hagnarœkr). Le serpent du monde (la mer) se soulève ; Loke et le loup des enfers Fenris, le chien des enfers Garin et tous les géants, rendus à la liberté, s'avancent montés sur le navire Naglfar; du inonde du feu arrive le géant Surt avec les fils de Muspelheim ; Heimdull sonne dans son cor (Giallarhon) et appelle les dieux au combat. Alors commence ia lutte de destruction. Thor et le serpent du monde, Tyr et Garm succombent dans un combat réciproque ; Odin est dévoré par le loup. Fenris, mais il est vengé par son fils Vidar; Surt tue Frey et, de son épée enflammée, incendie ensuite le monde; les constellations tombent du ciel et la terre s'engloutit dans la mer, dont les flots finissent par éteindre les flammes. Alors renaît un nouveau monde avec de jeunes dieux. Balder, lïœdur, Hoenir, Vidar et Vali reviennent; à ia place de Thor apparaissent ses deux fils, Modi et Magni. Un nouveau genre humain commence avec Lif (la vie) et Lifthrain (la vigueur de la vie).

C'est dans cette nouvelle période que l'on voit paraître pour la première fois la théorie de la récompense des bons, auxquels est réservé après leur mort un séjour délicieux, et delà punition des méchants, qui subiront les plus affreux tourments dans l'enfer. Puis doit venir le règne d'un nouveau dieu que la Voluspa appelle « le Grand audessus rie tout, qui guide toutes choses, qui décide dans les discussions, qui apaise les querelles et établit pour toujours ses institutions. • Un autre chant de VEdda, VÉyndluliod, parle ainsi de ce < Grand au-dessus de tout» : ■ Alors en arrive un autre plus puissant que lui (Odin) , mais je n'oserai pas le nommer. » Ailleurs, il est dit cependant que ce dieu aura pour nom Allvater (père de tout), ■ et VEdda la plus récente, évidemment modifiée sous l'influence du christianisme, dit qu'il a vécu dans tous les âges et qu'il a toujours dominé sur tout. < C'est lui qui a créé le ciel et la terre et tout ce qui en dépend ; mais sa plus grande œuvre, c'est d'avoir créé l'homme et de lui avoir donné un esprit qui doit toujours vivre et rie jamais mourir, alors même que le corps a été pourri et tombe en poussière, ou bien lorsqu'il a été réduit en cendres. >

On voit par ce qui précède qu'il règne beaucoup d'obscurité dans l'histoire des croyances religieuses des anciens peuples du Nord. Les différentes parties de VEdda présentent entre elles des contradictions qu'il est impossible de concilier et qu'accroissent encore, au lieu de les élucider, les faits recueillis dans les sagas norvégiennes et islandaises. Nous en savons cependant assez sur le paganisme Scandinave pour reconnaître que ses caractères fondamentaux sont ceux de toutes les religions naturelles. Les divinités ne sont que les personnifications des forces physiques et des passions humaines, embellies par l'imagination des hommes du Nord. J. Grimm, daus sa Mythologie allemande, entreprend de prouver que ces divinités sont presque les mêmes que celles des Indous, des Grecs et des Romains; mais, bien qu'il y ait nécessairement des points de ressemblance, il existe assez de différences entre elles pour que chaque

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conception particulière conserve une originalité bien déterminée. Les formes du culte Scandinave étaient, comme dans la plupart des religions, la prière et le sacrifice. Chacun, selon ses moyens et l'importance du but qu'il cherchait a atteindre, offrait des fruits, tes animaux ou des victimes humaines.

Parmi les animaux, le cheval était la victime la plus estimée; aussi, après l'introduction du christianisme dans les pays du Nord, manger de la viande de cheval fut- il regardé comme une pratique païenne-, c'était dans les principales saisons, au commencement ou au milieu de L'hiver et de l'été, qu'avaient lieu les sacrifices solennels destinés à assurer le succès des récoltes ou des expéditions militaires, ainsi que la prospérité des familles-Tous lesneuf ans se célébraient de grands sacrifices publics. Un animal particulier était consacré à chaque dieu, près du temple duquel on le nourrissait; mais la divinité n'avait droit qu'à une portion déterminée de la chair de la victime, et les adorateurs mangeaient le reste dans des festins sacrés, où ils faisaient des libations dans une coupe dont on ne se servait que pour cet usage. Le même édifice n'était pas toujours exclusivement consacré à une seule divinité. Ainsi, dans le magnifique temple d'Upsalir, on adorait à la fois Odin, Thor et Frey, dont les images se trouvaient reproduites sur les murs de 1 édifice. Devant chaque image était placé un vase rempli de sang provenant des sacrifices avec un aspersoir. Rien ne prouve qu'il y eût un clergé particulier; mais il est vraisemblable que les prêtresses devaient demeurer fidèles à leurs vœux. Elles avaient, de droit, le don de prédire l'avenir. La Scandinavie était pleine de prophétesses {vmlur, spâkonur), ainsi que de magiciens. La chute du paganisme entraîna celle de la surperstition et des pratiques de la magie. Enfin, à en croire certaines sagas, un athéisme absolu aurait régné dans les temps antérieurs au christianisme, car elles rapportent qu'il y avait des hommes qui ne croyaient à aucun dieu, mais seulement à la force physique.

Parmi les ouvrages où se trouve traitée le plus à fond l'histoire de la mythologie du Nord, nous citerons : Histoire du paganisme dans l'Europe septentrionale, par Mone (Heidelberg, 1822-1823, 2 vol.) ; Prises veterum Boreaiiummythologis lexicon, par Finn Magnussen (Copenhague, 1828) ;les Mythotogies du Nord, de Berger (1834), de Bauch (1847) et de Petersen (Copenhague, 1849; 2e édit., 1865); Mythologie allemande, par J. Grimin (185.1) ; l'Èdda, l'ancienne et la moderne, par Charles Simrock (1855); Manuel de mythologie allemande, par le même (1864, 2e édit.) ; la Conversion de la race norvégienne au christianisme, par Maurer (Munich, 1855, 2 vol.), etc.

— Linguist. Les langues Scandinaves forment un rameau de la branche germanique, famille des langues indo-européennes. Ou comprend parmi elles les idiomes parlés jadis dans le Nord par les Iotes, les Mannes, les Goths ou Grutœ, les Vanes et autres peuples de race gothique pure, que Malte-Brun regarde comme les plus anciens habitants connus de la Scandinavie, et dans des régions plus méridionales par des peuples de race Scandinave disséminés parmi les Slavons et les Finnois et devenus célèbres par leurs incursions dans l'Europe orientale. Les plus remarquables d'entre eux. furent : les Goths, près de l'embouchure de la Vistule ; les Ostrogoths, tribu dominant principalement sur les rives du Dnieper et noyau d'une vaste monarchie fondée dans le ive siècle par Hermanrik, laquelle s'étendait de la Baltique à la mer Noire et du Tanaïs h la Theiss; plus tard, caste militaire dominant dans la seconde monarchie ostrogothique, fondée parThéodorie dans le va siècle, et qui embrassait toute l'Italie, la Sicile, une grande partie de la Pannonie, de la Rbétie, de la Norique et de l'Illyrie; les Wisigoths, qui, après des incursions en Pologne et en Hongrie, se portèrent à l'Occident et fondèrent comme caste minutaire la monarchie 'wisigothe, comprenant toute l'Espagne, le Languedoc et la Mauritanie Tingitane; les Hérules, si fameux par leur expédition contre Rome, prise par eux en 473, sous leur chef Odoaere qui s'assit le premier sur le trône des Césars ; par leur expédition contre Constantinople, parleurs brigandages dans les lies de l'Archipel et dans la Grèce , par leur guerre contre les Lombards et par leur marche à travers l'Allemagne; les Vandales, qui, alliés aux Alains et aux Suèves, entrèrent au commencement du v» siècle dans les Gaules et dans l'Espagne, où ils s'établirent, et qui, sous les ordres de Genséric, prirent et saccagèrent Rome, furent les dominateurs de la Méditerranée et fondèrent en Afrique un royaume qui s'étendait des Colonnes d'Hercule à la Cyrénaïque et qui embrassait aussi les lies Baléares, la Sardaigne, la Corse et une partie de la Sicile; les Bourguignons, qui, dans le vo siècle, s établirent dans les Gaules, où leur royaume comprenait presque tout le bassin du Rhône. Tous ces peuples ont été anéantis ou se sont fondus avec d'autres peuples.

Laissant de côté le gothique (v. gothique; [langue]), nous parlerons ici du normannique, nommé allnordisch par Grimm, et des langues Scandinaves proprement dites qui

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en sont dérivées. Ces langues sont parlées par une race qui se divise en deux branches bien distinctes, celle des Scandinaves de l'Est et celle des Scandinaves de l'Ouest, ainsi que iesappellent les savants suédois ; l'idiome des premiers serait représenté par l'ancienne langue de la Norvège et de l'Islande, et celui des derniers par les Suédois et les Danois. Cette séparation des peuples Scandinaves avait précédé leur établissement en Suède et en Norvège. Les Scandinaves occidentaux s'étant embarqués sur la côte de Russie naviguèrent vers l'ouest, traversèrent la mer Baltique en passant par les îles d'Aland et s'établirent ensuite sur la côte méridionale de la Suède, tandis que leurs frères longèrent le golfe de Bothnie et arrivèrent par le pays des Finnois et des Lapons jusqu'aux montagnes du nord de la péninsule, d'où ils se répandirent au sud et a l'ouest.

Le normannique est Ialanguedel'i?drfa,de la Voluspa et d'autres poésies d'une date incertaine ; c'est l'idiome général de la Scandinavie du vme au xe siècle. Sous le rapport de la richesse des formes grammaticales, cette langue n'est inférieure qu'au méso -gothique , dont elle est, selon Malte-Brun, la sœur aînée, plus exempte du mélange avec des langues étrangères. Elle a le véritable passif, le duel dans les déclinaisons, et son vocabulaire se distingue des idiomes teutoniques par plus de cinq cents mots radicaux dont elle a légué l'héritage à ses tilles. Comme la race Scandinave proprement dite, le normannique se divise en deux branches : 1« le norvégien ancien, norois ou norrœna tungu; 2° le vieux danois on daunska tungu.

Le norois est la branche haute de l'ancien Scandinave, c'est le dialecte des montagnes, en opposition au vieux danois ou langage des plaines. Il s'est perpétué presque sans changement dans l'islandais (v. ce mot), tandis que dans le norvégien moderne ou norsk il a subi des inlluenues étrangères. Le vieux danois a donné naissance au danois moderne et au suédois.

Comme moyen graphique, les Scandinaves se servaient des runes, dont le nom est dérivé selon les uns de runen, faire une entaille, et Selon les autres de runa, mystère. La première de ces deux étymologies s'applique a la manière dont cette écriture se traçait, la seconde à l'usage qu'eu faisait la superstition. Mais, selon Jlalte-Brun, le vieux mot latin runa, un javelot, un fer pointu, serait aussi un mot Scandinave ancien ayant cette même signification, d'où viendrait l'appellation r unique, équivalant a runatus, armé de javelot, tracé k la pointe du javelot. L'alphabet runique était en usage dans toute la Scandinavie et chez les Slaves Vendes avant l'introduction du christianisme et, selon quelques savants, il le serait encore dans la Dalécarlie. L'alphabet runique n'avait primitivement que seize lettres, et "Waldemar II en ajouta sept, appelées lettres ponctuées, parce qu'elles se distinguaient des autres par des points. Ces caractères se traçaient au moyen d'entailles profondes faites sur la pierre ou sur le bois. On trouve encore, jusque dans les lieux les plus sauvages de la Suède et de la Norvège, des rochers couverts d'inscriptions runiques. Le nombre des inscriptions de ce genre que l'on a relevées s'élève à plus de deux mille, dont plus de la moitié se rencontrent dans la province suédoise d'Upland. Tracés ensuite sur des matières plus flexibles, les caractères runiques servirent à écrire les premiers livres des Scandinaves. Plus tard, ils furent remplacés par l'alphabet anglosaxon, qui lui-même dut céder dans la suite devant l'alphabet gothique.

— A consulter : G. Hickesii Linyuarum veter. septentr, thésaurus (Oxonii, 1703, 2 vol. in-fol.).

G. Wottoni Linguarum veter. septentr. thesauri conspectus breois (Londini, 1708, in-8°). V. le n° 11312.

Runen -Sprach-Schatz, Oder Wôrterbuch ùber die àltesten Sprachdenkmale Skandinaviens, in Beziehung au/ Abslammuny nnd Begriffsliildung, von Dr Ikto- Waldemar Dteterich (Stockholm und Leipzig, Tritzo, 1844, in-8° de xv et 387 pp.). V. le n<> 10575.

Jul. Zacher, Das gothische Alphabet Vul filas und das Huneualp/tabet, Eine sprachutissenschaftliche Untersuchung (Leipzig, 1855, in-8°, 1 pi. lith.).

J.-J.-A. Worsaae, Zur Alterthumskunde des Nordens. Enthaltend ; l. Blekingsche Denkmâler aus detn heidnischen Alterthum, etc. 11. Runamo und die Braaoalleschlacht (Leipzig, 1847, in-4", 20 pi. lith.).

Ultila, Oder die uns erhaltenen Denkmàler der gothischen Sprache ; Texl, Grammatik und Wôrterbuch; bearbeitet und herausgegeben von Pastor Fried.-Ludw. Stamm (Paderborn, Schtfningk, 1857, in-S<>).

Chr.-A. Holmboe, Sanskrit og Old Norsk (Christiania, 1846, in-4<>); Det oldnorske Verbum oplyst ved Sammenligning met Sanskrit og andre Sprog af samme Ml. (Christiania, 1848, in-8°); Del norske Sprogs wxsteniligste Ordforraad sammenliguet med Sanskrit oh andre Sprog af samme /Et. Bidrag til en norsk etymologisk Ordbog (Wien, 1852, in-4°).

Jatnieson's Hermès scythicus,or tlie radical affinities of the greek and latin languayes to the gothic (Edinburgh, 1814, in-8°).

01. Rudbeckii Spécimen, usus lingux gothicx (Upsaliœ, 1717, in-4o).

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Jonœ Hallenberg Disquisitio de nominibus in lingua sueco-gothica lucis et visus>cultusque solaris in eadem lingua vestigiis (Stockholmiae, 1816, 2 vol. in-S°).

Ernest Schulze, Gothisches Glossar. Mi' teiner Vorrede von Jac. Grimm (Magdeburg, 1848, in-4» de 478 pp.).

Spegel, Glossarium sueco-golhicum (Lund, 1712, in-4<>). V. le n° 11312.

Sveinbjôrn Egilsson, Lexicon poeticum antiqus lingux septentrional is (Hafniœ, 1854- 1856, gr. in-8<>, fasc. I à III).

01. Verelii Index linons veteris scythoscandicœ (Upsaliae, 1691, in-fol.).

J. Ihre, Glossarium sueco-gothicum (Upsal, 1769, 2 vol. in-fol.).

Pour le suédois, v. ce mot, et aussi les

mots GOTHIQUE, DANOIS, NORVÉGIEN, ISLAN- DAIS.

SCANDINAVES (Alpes), montagnes de l'Europe septentrionale. V. Dofrines.

SCANDINAVIE ou SCANDIE (anciennement Scandinavia, proprement la terre des Scandes, Scandi, peuple ainsi nommé, selon Wachter, parce qu'il habitait sous des tentes, de la racine qui est dans le grec skèné, tente, savoir la racine sanscrite ska, couvrir, protéger ; ce nom pourrait aussi désigner proprement les guerriers, de la racine sanscrite skad, rompre, détruire, restée avec la même signification dans le grec skedaô, le gothique skaihian, l'allemand schaden, l'anglais to scath et le lithuanien skaustu). Les anciens désignaient sous le nom de Scandinavie, qu'on trouve employé pour la première fois par Pline, les îles de la Baltique qui forment 1 archipel danois, et la partie méridionale de la Suède ou Scanie, qu ils considéraient comme étant une île. Quant à la presqu'île danoise ou Jutland, ils ia rattachaient à la Germanie sous le nomdeChersonèsedesCimbres; enfin, en ce qui concerne la Norvège, ils la connaissaient peu ou point, à moins que, d'après l'opinion de Grimm, on ne doive identifier la Norvège avec l'île de Nérigon, dont parle Pline, et qui, d'après quelques écrivains, serait l'Irlande actuelle. Ptolémée compte dans la Scandinavie quatre îles, Nérigon, Bergi, Dumna (l'île Dunon) et la grande île Scandia ou Scandinavia. Cette prétendue grande île, qui n'est autre que la Suède, renfermait, d'après Pline, les monts Sevo (aujourd'hui Kioalen) et était habitée par les Hilleviones (habitants des rochers), par les Suiones et les Sitones. La Scandie ou Scandinavie fut également le berceau des Goths et des Lombards qui, de là, se répandirent dans le centre et dans le midi de l'Europe. Ce fut aux Suiones que la Scandie dut de voir son nom transformé en celui de Suède ; les Goths laissèrent leur nom à la partie sud de la Suède appelée Gothie, et une partie duGothland suédois porte encore le nom de Scanie. Procope a donné à la Scandinavie le nom de Thulé. Par Scandinavie on entend aujourd'hui la presqu'île du nord de l'Europe qui comprend les deux royaumes de Norvège et de Suède. Aux articles que nous avons consacrés à ces deux pays, nous en avons donné la description physique, ce qui nous dispense d'y revenir ici. Quant à la langue et à la littérature de la Scandinavie, nous en parlons à l'article précédent (v. Scandinave). Ajoutons en terminant qu'on donne fréquemment le nom d'Etats Scandinaves à la Suède, à la Norvège et au Danemark, parce qu'ils ont été habités par des populations de même origine et qu'ils ont été autrefois réunis sous un gouvernement unique par l'union de Calmar.

SCANDINAVIE!», IENNE S. et adj. (skandi-na-viain, iè-ne). Géogr. Habitant de la Scandinavie; qui appartient à cette contrée ou à ses habitants : Les Scandinaviens. Les montugnes scandinaviennbs.

scandinavique adj. (skan-di-na-vi-ke).

Qui appartient à la Scandinavie ou aux Scandinaves.

SCANDIX s. m. (skan-dikss — mot lat. dérivé du gr. skandix, cerfeuil). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, type de la tribu des scandiciuées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent en Europe et en Orient.

— EncycL Les scandix sont des plantes herbacées, a feuilles penniséquées, à segments multitides, à lobes linéaires. Les fleurs sont blanches, groupées en ombelles à rayons peu nombreux, dont l'involucre est nul ou formé d'une seule foliole, les involucelles de trois à sept folioles; elles présentent un calice à limbe presque nul. Le fruit se compose de deux akènes surmontés d'un bec linéaire et très-allongé. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent pour la plupart dans le midi de l'Europe et en Orient. Le scandix peigne de Vénus , appelé aussi aiguille de berger, est une plante annuelle qui croît abondamment dans nos tnoissons; ia forme bizarre de ses fruits lui a valu ses noms vulgaires. Dans quelques pays, on la mange en salade; elle constitue aussi un assez bon fourrage. L'ancienne médecine la vantait comme apéritive, vulnéraire et résolutive.

SCANDK1GL1A, bourg du royaume d'Italie, province de i'Ombrie, district de Rieti, mandement d'Orvinio; 2,074 hab.

SCANELLO (Cristoforo), surnommé il Cioco ( l'Aveugle ) , poète italien qui vivait au xvic siècle. C'était un chansonnier ambulant

SCAP

et privé de la vus, sur l'existence duquel on n]a aucune donnée; du reste, cet Homère du vingtième ordre n'a fait preuve d'aucun talent dans son livre intitulé : Stances sur la mort de Bodomont, donnant le récit des exploits de ce furibond personnage dans Vautre monde (Fermo, 1562).

SCANIE, ancienne province de la Suède méridionale, dont le territoire a formé les préfectures actuelles de Christianstad et de Malmohus. Elle appartenait autrefois aux Danois, qui la cédèrent aux Suédois par le traité de Roeskiîde en 1658.

SCANNABECCHI (Filippo), peintre italien, connu aussi sous lenom de Lippo di DaUmio, né à Bologne vers 1360, mort vers 1400. Il eut pour premier maître son père, Dalmasio Scannabecchi, peintre assez distingué, et il continua son éducation avec Vital de Bologne. Les tètes de cet artiste, surtout ses madones, sont d'une grande beauté , réunissant la majesté, la sainteté et la douceur. On trouve plusieurs de ses tableaux à l'église San-Procolo de Bologne.

SCANNAVINI (Mario-Aurelio), peintre italien, né à Ferrareen 1G55, morten 1698. Elève de Cignani, don til reproduisit scrupuleusement la manière, cet artiste manqua la fortune par excès de conscience. Il travaillait lentement et, en outre, il ne se décidait a laisser une œuvre sortir de son atelier que lorsqu'elle lui paraissait achevée de tout point. Aussi, chargé d'une nombreuse famille, eùt-il végété dans la misère, si la famille Bevilacqua ne fût venue à son secours. Parmi ses principaux ouvrages, on cite, à Ferrare : Saint Thomas de Vitlanuova, aux Augustins déchaux ; Sainte Brigitte eu extase, dans l'église de la Mortara, et plusieurs portraits dans les galeries particulières de la ville. On cite également de lui quelques peintures à fresque, etc. Ses œuvres ont beaucoup de grâce, un coloris vigoureux et sont d'un fini achevé.

SCANNO, bourg du royaume d'Italie, province de l'Abruzze Ultérieure IIe, district et à 17 kilom. S.-O. de Salmona, ch.-l, de mandement; 2,356 hab.

SCANSANO, ville du royaume d'Italie, province et district de Grosseto, ch.-l. de mandement; 4,790 hab.

SCANSION s. f. (skan-si-on — lat. scansio , de scandere, scander). Métriq. Action de scander. Il Peu usité.

SCANSORIPÈDE adj. (skan-so-ri-pè-de — du lat. scansor, grimpeur; pes,pedis, pied). Zool. Dont les pieds sont conformés pour grimper,

SCANSORIUM s. m. (skan-so-ri-omm — 'mot lat. formé de scandere, monter). Antiq.

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