SACCADES
Le courage a nos cœurs ne vient que par saccades.
Barthélémy.
— Fain. Rude réprimande ; correction • Recevoir ttne saccada.
SACC
SACCADÉ, ÉE (sa-ka-dé) part, passé du v. Saccader. A qui l'on donne des saccades : Chenal saccadé par son cavalier.
— Qui se produit par saccades : Gestes saccadés. Mouvements saccadés. D'un mouvement saccadé tï secouait une sébile de bois où tintaient quelques liards. (Th. Gaut.) A la santé de mon futur petit-fils.' dit le bonhomme avec ce petit rire sec et saccade qui est l'accompagnement habituel de toute phrase égrillarde. (A. Paul.)
— Qui a des intermittences, qui va par bonds irréguliers : Style saccadé.
SACCADER v. a. ou tr. (sa ka dé — rad. saccade). Donner des saccades à : Saccader son cheval.
SACCAGE s. m. (sa-ka-je — rad. sac). Action de saccager, bouleversement, confusion : Vos enfants ont fait un affreux saccage dans mon jardin, dans mon appartement.
— Amas confus : Un saccage de fruits. Un SACCAGB de meubles.
SACCAGEMENT s, m. (sa-ka-je-man — rad. saccager). Action de saccager, de mettre à sac, de piller : Qu'a produit le saur/ de tant de millions d'hommes et le Saccagemunt de tant de villes? (Volt.)
— Syn. Succagemont, sac. V. SAC.
SACCAGER v. a. ou tr. (sa-ka-jé — rad. saccage. Prend un e muet après le g devant o et a : Nous saccageo7is ; il saccagea). Mettre à sac, mettre au pillage : Saccager une ville. Saccager un château. Alaric et Genséric, qui saccagèrknt Rome catholique, étaient ariens. (Cliateaub.) Rome ne resta point dans la possession des barbares; ils ne firent que la saccager en passant. (Guizot.)
— Fan). Bouleverser, mettre en désordre : Saccager un jardin. Saccager une bibliothèque.
— Syn. Saccager, déaoler, dévaster, etc. V. DÉSOLER.
SACCAGEUR, EUSE s. (sa-ka-jeur, eu-ze
— rad. saccager). Personne qui saccage : J'appelle grands hommes tous ceux qui ont excelle' dans l'utile ou dans l'agréable; les saccageurs de provinces ne sont que des héros. (Volt.)
SACCAIRE s. m. (sak-kè-re — lat. saccarius; de saccus, sac). Antiq. rom. Nom donné aux portefaix qui avaient le droit exclusif de porter les marchandises du port dans les magasins.
SACC ATI ER s. m. (sa-ka-tié — rad. sac). Techn. Ouvrier qui transporte le charbon de terre en sac, dans les forges.
SACCELLATION s. f. (sak-sèl-la-si-on — du lat. saccus, sac). Ane. méd. Application sur un membre malade de sachets remplis de matières chaudes.
SACCELLE s. m. (sak-sè-le — dimin. du lat. saccus, sac). Bot. Kruit qui se compose d'une graine couverte d'une enveloppe membraneuse.
SACCELLION s. m. (sa-sèl-li-on). Bot. V.
SACELLION.
SACCBARATE s. m. (sak-ka-ra-te — du lat. saccharum, sucre). Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide saccharique avec une base.
SACCHAREUX, EUSE adj. (sak-ka-reu, eu-ze — du lat. saccharum, sucre). Chim. Qui tient de la nature du sucre.
SACCHARIDE s. m. (sak-ka-ri-de — du gr. saccharon, sucre ; eidos, aspect). Chim. Nom générique des corps qui ont la composition des sucres ou une composition analogue.
SACCHARIDE, ÉE adj. (sak-ka-ri-dé — du gr.saccA«roîi,sucre;et'dos,aspecl). Chim. Qui ressemble au sucre.
— s. m. Pharm. Préparation qui a le sucro pour base.
SACCHARIFÈRE adj. (sak-ka-ri-fè-re — du lat. saccharum, sucre; fera, je porte). Qui produit ou contient du sucre : Plante saccharikèrk. L'acide saccharifére.
SACCHARIFIABLE adj. (sak-ka-ri-fi-a-ble
— rad. saccharifier), Chim. Qui peut être saocharifié, converti en sucre.
SACCHARIFIANT, ANTE adj. {sak-ka-rifi-an, an-te — rad. saccharifier). Qui produit la saccharification : Action sacciiarifiante.
SACCHAR1FICATION s. f. (sak-ka-ri-ri-kasi-on — rad. saccharifief). Chim. Conversion en sucre.
— Encycl. Physiol. La saccharification a été appelée glycogénie par Claude Bernard, lorsqu'il s'agit de la conversion de certains principes immédiats en sucre dans l'économie. C'est un des nombreux actes moléculaires de la nutrition, et en particulier de la désassimilation. Chez les végétaux, le travail de nutrition développe plusieurs matières sucrées, et chez les animaux le foie a, entre autres usages, celui de transformer une portion des principes du sang, venus ou non des matières alimentaires, en sucre qui est dédoublé dans le sang veineux, pourvu qu'il ne soit pas dètibriné. De plus, la saccharification exagérée peut devenir la cause d'accidents morbides ; c'est Ce qui arrive dans le diabète. M. Claude Bernard a démontré que le foie, chez tous les animaux qui le possèdent, indépendamment de la sécrétion biliaire, a pour usage, à l'état normal, de pro-
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duire incessamment du sucre qui est déversé dans le système circulatoire et qui se détruit dans les phénomènes ultérieurs de la nutrition. Ce sucre fermenlescible est formé aux dépens du sang qui entre dans le foie, de sorte que c'est dans le fluide sanguin qui sort du foie que la matière sucrée se trouve le plus abondamment et d'une manière constante. Le sucre de canne, ou de la première espèce, ne peut pas être directement assimilé quand on l'introduit dans le sang. Il faut que préalablement il subisse l'influence des phénomènes digestifs, ou une action analogue, pour être transformé en glucose ou sucre de la deuxième espèce. Lorsqu'on introduit dans la veine jugulaire d'un gros lapin du sucre de canne en petite quantité (0Sr,15 à ûgr,20 dans 6 à 8 grammes d'eau tiède), on constate, en examinant ensuite l'urine de l'animal, que le sucre de canne se retrouve dans cette excrétion sans aucune altération et avec tous ses caractères chimiques. Si, au contraire, le sucre de canne, avant d'être injecté dans le sang, a été d'abord digéré dans le suc gastrique acide du même animal, ou bien, ce qui revient au même, s'il a été transformé en glucose par l'ébullition dans de l'eau convenablement acidulée, il n'apparaît plus alors dans les urines. Cela indique clairement qu'à l'état de glucose le principe sucré est assimilé et détruit dans l'organisme, tandis qu'à l'état de sucre de canne il est éliminé par les urines, comme une substance étrangère à la nutrition. Si, au contraire, on fait cette injection par un rameau de la veine porte, do façon que la matière sucrée passe forcément par le foie avant d'arriver dans le système veineux général, on constate que le sucre n'est plus éliminé et s'assimile dans le sang absolument comme cela a lieu lorsque son absorption s'effectue à la suite du procédé normal de la digestion. L'albumine a besoin, comme le sucre de canne, de traverser le tissu du foie pour être assimilée. On savait déjà qu'il peut se rencontrer, en diverses circonstances normales ou pathologiques, du sucre, soit dans le sang, soit dans d'autres liquides animaux. Mais, quant à l'origine de ce sucre, la plupart des physiologistes et des chimistes admettaient qu'il provenait exclusivement de l'alimentation. Le professeur Claude Bernard a démontré qu'indépendamment de l'introduction du sucre dans l'économie par une alimentation sucrée et amylacée, il en existe une autre source dans l'animal lui-même. Il établit, en outre, que cette formation réside dans le foie et est liée d'une manière étroite à l'influence du système nerveux. Ainsi, en coupant les nerfs vagues, on paralyse le foie et on l'ait disparaître la sécrétion sucrée dans cet organe, pourvu que l'on opère la section des troncs des nerfs audessus des filets qu'ils fournissent aux poumons. Si l'on excite par le galvanisme le bout central de ces mêmes nerfs, ou, encore mieux, si l'on pique la moelle allongée un peu au-dessus de l'origine des nerfs vagues, on produit l'effet inverse. L'activité fonctionnelle du foie est surexcitée, et le sucre en excès dans l'organisme s'accumule d'abord dans le sang et est bientôt après expulsé par l'excrétion urinaire. L'action nerveuse qui excite alors le foie est seulement plus intense; mais elle se propage toujours comme h l'état' normal, c'est-à-dire des poumons vers la moelle allongée, et de ce point vers le foie par l'intermédiaire de la moelle épinière et du grand sympathique. Cet état sucré des urines (diabète artificiel) n'est pas, en général, de très-longue durée. Chez les lapins il dure rarement au delà de vingt-quatre heures; chez les chats et les chiens, il dure quelquefois pendant six à sept jours. La quantité de sucre rendue dans l'urine est quelquefois considérable, et, chez un chien qui cependant n'était nourri qu'avec de la viande, cette quantité de sucre a atteint le chiffre de 5 pour 100. Cette influence si marquée du système nerveux pour produire le diabète sucré et ce singulier rapport qui lie la présence du sucre dans les urines avec la lésion de parties déterminées des centres nerveux ont également attiré l'attention des médecins, et l'on a signalé un certain nombre de cas de diabète traumalique observés chez l'homme à la suite de chutes ou de causes violentes ayant déterminé une lésion du système nerveux que l'expérience physiologique avait montré être en rapport avec la fonction sucrée du foie. Le diabète sucré n'est donc que le trouble d'une sécrétion normale, et, comme celle-ci appartient au foie, l'affection diabétique doit être localisée dans le foie ou dans les parties du système nerveux qui sont capables d'agir sur cet organe. Dans 1 état ordinaire de santé, la matière sucrée, déversée directement dans le sang, s'y détruit par dédoublement catalytique par les actes respiratoires, sans en sortir par aucune excrétion. W. Pavy a démontré expérimentalement que cette décomposition a lieu sur l'animal mort comme sur le vivant, si l'on maintient un courant de sang sucré à l'aide d'injections et de la respiration artificielle; mais elle cesse dès qu'on emploie du sang dètibriné au lieu de sang proprement dit. Kn outre, toutes les fois qu'une circonstance morbide quelconque viendra rompre l'équilibre qui existe physiulogiquement entre la production et la destruction incessantes du sucre, il pourra y avoir un excè? de cette
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matière qui s'accumulera dnns le sang et qui sera ensuite expulsé par diverses excrétions, et particulièrement par les urines. Ainsi, on doit noter que le pissement de sucre, même abondant, est un symptôme (glycosurie) qui peut succéder à la goutte, etc., mais autour duquel ne se groupent pas nécessairement tous ceux de l'affection nommée diabète. Dans la forme de diabète la plus commune, le foie, devenu plus volumineux , fonctionne outre mesure et épuisa l'organisme ; cette suractivité excessive du foie est difficile à constater quand les malades meurent après une agonie lente, pendant laquelle les phénomènes glycosuriques euxmêmes disparaissent par l'extinction des fonctions nutritives. Mais elle est très-évidente si les malades succombent sans agonie et comme subitement, ainsi que cela se voit quelquefois dans cette maladie. M. Claude Bernard, à qui la science est redevable de tant d'expériences à ce sujet, a nourri, pendant quatre, six ou huit mois, des animaux, chiens, chats, etc., exclusivement avec de la viande, aliment qui, par les procédés digestifs connus, ne [ieut donner naissance à du sucre, et il a constaté, avec une grande netteté, que, sous l'influence de ce régime, le sang qui arrive dans le foie par la veine porto ne renferme pas de sucre, tandis que le sang qui en sort par les veines sus-hépatiques en est toujours abondamment chargé. L'absence du sucre dans le sang de la veine porte, avant le foie, prouve que ce principe ne vient pas des aliments, et sa présence constante dans le sang des veines sus-hépatiques amène à conclure forcément que le sucre est produit dans le foie. Le fuie produit ainsi du sucre et de la bile. Ch.ez les vertébrés, ces deux produits s'éliminent par des voies différentes. Le sucre passe directement dans le sang par les veines sus-hépatiques, tandis que la bile s'élimine par les voies biliaires et se déverse dans l'intestin. Chez les mollusques, il en est autrement, car chez ces animaux la bile est sucrée ; de sorte que, chez eux, le sucre et la bile se versent dans le canal intestinal pour être absorbés ensuite. Ce qui se passe chez les limaces est particulièrement remarquable : il s'écoule successivement deux liquides par le conduit cholédoque dans le canal intestinal ; le premier liquide, incolore et trèssucré, s'écoule pendant que la digestion intestinale s'opère; le deuxième liquide, jaune ou brun, amer et ne contenant pas de sucre, coule après que la digestion est finie. La matière sucrée sécrétée par le foie est ramenée dans l'estomac par le conduit cholédoque, au lieu d'être directement versée dans le sang, comme cela a lieu chez les animaux vertébrés. On voit donc que les deux sécrétions hépatiques, celle du sucre et celle de la bile, restent distinctes; leur déversement dans l'estomac est successif et se fait pour ainsi dire sans mélange. Chez les limaces, la bile qui sert à la digestion actuelle a toujours été sécrétée à la tin de la période digestive qui a précédé.
SACCHARIFIER v. a. ou tr. (sak-ka-ri-fi-é
— du lat. saccharum, sucre; facere, faire). Chim. Convertir en sucre. '
SACCHARIGÈNE adj. (sak-ka-ri-jè-ne — du gr. sac charon, sucre; genos, production). Chim, Qui donne du sucre en s hydratant :
Corps SACCHARIUÈNES.
SACCHARIMÈTRE s. m. (sak-ka-ri-mè-tre
— du gr. saccharon, sucre ; metron, mesure). Appareil employé pour déterminer la richesse et la valeur vénale du sucre. V. saccharimétrie.
SACCHARIMÉTRIE s. f. (sak-ka-ri-mé-trl
— rad. saccharimètre). Knsemble de procédés employés pour déterminer soit la richesse du sucre, soit la richesse en sucre de la canne à sucre ou de la betterave.
— Encycl. On emploie quatre procédés principaux de saccharimétrie : l° le procédé de M. Barreswil; 20 le procédé de M. Paycn; 3° le procédé de M. Péiigot; <o la saccharimétrie optique.
— I. Procédé db M. Barrbswil. Ce procédé repose sur une réaction découverte par Troinmer. Ce chimiste constata que si on verse du sulfate de cuivre dans une dissolution concentrée de glucose, puis qu'on y ajoute de la potasse, il ne se forma point de précipité, mais la liqueur se colore en bleu t'oneé. Si l'on vient à la chauffer, il se forme un précipité jaune d'hydrate cuivreux. La seconde observation sur laquelle est fondé le
Erocédé analytique que nous décrivons est î transformation du sucre cristallisable en glucose.
L'analyse comprendra donc trois opérations : 10 dosage de la glucose s'il y a lieu ; 20 transformation du sucre en glucose ; 3° dosage de la glucose produite. Pour faire le dosage, M. Barreswil prépare d'abord une liqueur cupro-potassique, en dissolvant du tartrate de cuivre dans la potasse. Pour constater dans le sucre de canne la présence de la glucose, on introduit dans une éprouvette coutenant la dissolution cupro-potassique quelques gouttes du liquide à essayer; il se forme immédiatement un précipité jaune qui rougit, si la glucose est un peu abondante. Ce procédé peut être employé pour rechercher la glucose dans l'urine des diabétiques. Mais F acide urique réduit aussi les sels du cuivre ; il faut donc l'éliminer préalablement à l'aide
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de l'acétate de plomb b:isique dont on enlève l'excès par l'acide sulfurique ou un sulfate soluble. La quantité d'oxyde de cuivre est proportionnelle à la quantité de glucose ; on comprend dès lors comment on peut détet • miner la seconde quantité, connaissant la première. Quant à la transformation du sucre cristallisable en glucose, elle est facile; pour l'obtenir, on fait bouillir la dissolution sucrée avec un quarantième de son volume. Le dosage lui-même se fait comme une opération alcoolimétrique. On chauffe à une température voisine de l'ébullition environ 50 centimètres cubes de la liqueur d'épreuve, puis, avec une burette, on fait tomber goutte à goutte la liqueur de sucre transformé. Quand une goutte ne détermine plus de précipité, l'opération est terminée.
Reste alors à déterminer le titre do la liqueur d'épreuve. On dissout 10 grammes de sucre pur dans 1 litre d'eau, on opère la transformation en glucose. Comme il peut y avoir un mélange des deux sucres, il faut deux opérations. Dans la première, on détermine la quantité de glucose contenue dans le sucre ; la seconde a pour but de doser le sucre transformé. Ce sucre transformé eu glucose s'ajoute à la glucose déjà contenue dans la dissolution et dont on a déterminé la quantité. En retranchant le premier résultat du second, on aura le sucre cristallisable.
— Préparation de la liqueur. On dissout 50 grammes de crème de tartre pulvérisé dans un tiers de litre d'eau, on ajoute 40 grammes de carbonate de soude et on fait bouillir. On introduit alors 30 grammes de sulfate de cuivre pulvérisé, on laisse refroidir, puis on ajoute 10 grammes de potasse à la chaut dissoute dans un quart de litre d'eau. On ajoute de l'eau de manière à former environ 1 litre, puis on fait bouillir de nouveau. Cette liqueur s'altère fort peu à l'air et à la lumière ; néanmoins il est bon de la placer dans un flacon violet.
— II. Procédé de M. Payes. Ce procédé est très-simple et très-commode, mais il n'est applicable qu'aux sucres solides. Il repose sur Cette propriété que possède l'alcool de ne plus dissoudre le sucre cristallisé quand il en est saturé, mais de dissoudre facilement encore la mélasse.
Pour essayer un sucre, on procède de la façon suivante : on prend un échantillon moyen du sucre à essayer, on le concasse légèrement dans un mortier, puis on pèse 10 grammes que l'on introduit clans un tube de oia^ois environ de diamètre et de 0^30 de longueur; on commence d'abord par laver le sucre avec 10 centimètres cubes d'alcool anhydre pour enlever l'eau que pourraient avoir retenue les cristaux; généralement, il en reste de £ à 5 centièmes. On ajoute alors au sucre 50 centimètres cubes de la liqueur d'essai (nous en indiquerons plus bas la préparation). On agite, on laisse reposer, puis, quand la liqueur s'est éclaircie, on décante et on recommence avec 50 autres centimètres cubes. Deux ou trois lavages suffisent d'ordinaire. On lave enfin une dernière fois avec de l'alcool à 90» pour enlever le liquide saturé de sucre qui aurait pu rester interposé entre les cristaux. Le sucre est recueilli sur un filtre, séché et pesé. La différence des deux pesées indique la quantité d'eau, de mélasse et de sucrate de chaux qui accompagnaient le sucre à essayer.
— Liqueur d'essai. Pour préparer la dissolution saturée de sucre dans l'alcool, ou prend 1 litre d'alcool à 85°, on y ajoute 50 centimètres cubes d'acide acétique marquant 7° ou 8°. On fait ensuite dissoudre dans ce mélange 50 grammes de sucre blanc sec et bien pulvérise. C'est là le poils nécessaire pour saturer la liqueur à la température de 15» centigrades. Pour que les changements dfl température ne puissent pas influer sur la saturation, on suspend dans toute la hauteur du vase qui contient la dissolution uu double chapelet de cristaux de sucre candi. La liqueur ainsi préparée peut dissoudre la mélasse, le sucre incrislallis ible, décomposer et dissoudre le sucrale de chaux, mais elle ne dissout point le sucre cristallisé.
— III. Procédé de M. Pélioot. M. Péiigot s'est longuement occupé des sucres; il a conclu de ses différents travaux un procède de dosage dont on peut trouver l'idée mère dans un mémoire publié aux Comptes rendus de l'Académie (t. XXXII, p. 333) : Sur les combinaisons du sucre avec la chaux. I.e procédé est basé sur la différence d'action exercée pur les alcalis sur les sucres ordinaires (sucres de canne, de betterave) et sur la glucose (sucre de raisin, de diabt-te, de fruit, etc.), et d'autre part sur la décomposition par l'acide sulfurique du sucrate de chaux. L'alcali dont s'est servi M. Peligot est la chaux, qui peut former avec le sucre un sucrate de chaux. Ce composé est même remarquable par une propriété singulière : sa solubilité dans l'eau, loin d'uuirmeiuer avec la chaleur, diminue. Si bien que, si on vient à chiuffer une dissolution froide de sucrate de chaux, il se forme un précipité qui disparaît à froid. Quand on veut essayer uu sucre brut, on en prend 10 grammes que l'on fait dissoudre dans 75 centimètres cubes dVau; puis peu à peu on ajoute à cette dissolution 10 grammes de chaux éteinte que l'on u broyée et tamisée. On broie la chaux et la dissolution de sucre pendant huit à dix lui-
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luîtes et on jette alors le tout sur un filtre
fiour séparer l'excès de chaux. La dissolution impide renferme le sucratede chaux soluble à froid. Avec une pipette graduée, on en prend ÏO centimètres cubes, on les étend de 2 à 3 décilitres d'eau, puis on y ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol, comme pour uti essai alcoolimétrique. On verse alors a l'aide d'une burette une liqueur titrée d'acide sulfurique contenant 21 {.'ranimes d'acide sult'uriqce monohydraté par litre. La quantité de chaux dissoute par 50 grammes de sucre est neutralisée par cette liqueur.
L'opérateur doit cesser d'ajouter de l'acide dès que la saturation a eu lieu exactement. Pendant qu'à l'aide de la burette graduée on /erse la liqueur titrée goutte à goutte, il faut agiter sans cesse la dissolution jusqu'à ce que la couleur bleue du tournesol prenne la teinte pelure d'oignon. D'après le nombre de divisions employées, on détermine combien il fallu d'acide; il est facile dès lors de connaître la quantité de sucre qui lui correspond. Ce procéflé a l'avantage de ne pas présenter une grande difioulté d'opération, et, grâce aux tables construites par M. Payen, on n'a pas de calculs à faire. Aussi est-il souvent employé.
— IV. Procédés optiques. Ils sont fondés sur ce fait que les dissolutions sucrées jouissent du pouvoir rotatoire (v. rotatoire) ;
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enfermées dans un cylindre droit sur lequel un faisceau polarisé tombe perpendiculairement à la base, elles dévient le plan de polarisation de ce faisceau en le faisant tourner autour de la normale à la face d'entrée. La déviation produite varie avec la nature de la lumière incidente, l'épaisseur et la densité de la couche sucrée traversée; on peut la représenter par la formule A = KhS, l dési-
gnant l'épaisseur de la couche,
le rap-
port de la quantité en poids de la substance active à la quantité d'eau dans laquelle elle est dissoute, & la densité du mélange et K une constante dépendant à la fois de la nature de la substance active et de la couleur du rayon polarisé.
Cela posé, on voit que, si l'on connaît K et que l'on mesure directement l, S et A, la formule donnera i. Tel est le principe des opérations saccharimétriques. Le liquide sucré étant enfermé chaque fois dans le même cylindre, l est connu d'avance; K peut être déterminé une fois pour toutes par une expérience préalable; S est donné par le densimètre; il ne reste donc à trouver que A.
On pourrait se borner à placer le tube contenant la liqueur entre un prisme de Nicole qui polariserait la lumière dans un plan connu et un analyseur qui ferait connaître le plan de polarisation à la sortie du tube
rempli de la dissolution sucrée; mais le procédé, comme on va le voir, ne répondrait pas à tous les besoins. On se sert ordinairement de l'appareil imaginé par M. Soleil père. Voici comment cet appareil est construit :
T est le tube contenant la liqueur sucrée : la lumière, avant d'y arriver, a traversé deux prismes de Nicol N et N' et deux plaques de quartz à deux rotations Q et Q'. N' et Q' sont fixes, mais N et Q peuvent tourner autour de l'axe de l'instrument et on les dirige de manière que le faisceau qui sort de Q' ait la teinte complémentaire de celle du sirop, de sorte que les faits, ensuite, se passent comme si celui-ci était incolore. A est un quartz à rotation droite et BCDEC un système de deux prismes de quartz à rotation gauche, qui ont même axe et par conséquent forment l'équivalent d'une seule plaque ; mais les deux prismes peuvent glisser sur leur face commune de façon que leur épaisseur totale soit à la disposition de l'opérateur. En déterminant convenablement cette épaisseur, on peut arriver a annuler la rotation produite par le sirop sucré. La crémaillère qui sert à mouvoir l'un contre l'autre ces deux prismes BCD, CDE porte des divisions qui indiquent pour chaque position l'épaisseur de quartz k rotation droite ou à rotation gauche qui équivaut au système A, BCDEC; cette épaisseur est aussi celle qui équivaut au sirop sucré. G est l'analyseur. L une lunette de Galilée.
Le sirop destiné aux raffineries contient habituellement d'autres substances actives que le sucre eristallisable, et c'est celui-ci seulement qu'il s'agit de doser. Pour cela, il faut faire deux expériences des résultats desquelles on puisse ensuite éliminer la déviation produite parles substances étrangères. Soient R cette déviation positive ou négative et Kl&t celle qui se rapporte au sucre eristallisable; la déviation mesurée A sera égale à
A = Krti + R.
Si l'on transforme le sucre en glucose par l'addition dans la liqueur de traces d'acide chlorhydrique et qu'on recommence les observations, on trouvera une nouvelle déviation A' qui pourra être représentée par
A' = K'/St + R,
K' désignant le coefficient relatif à la glucose, coefficient qui aura été déterminé à l'avance ; en retranchant les deux équations, on aura
d'où l'on déduira l'inconnue A — A' '" (li — 11')'*'
Le sucre fait tourner à droite et la glucose à gauche, mais on peut supposer les signes de K et de K' renfermés dans les expressions de ces quantités.
SACCHARIMÉTRIQUE adj. (sak-ka-ri-métii-ke — rad. sacchariniétrie ).- Qui a rapport à la saccharimétrie : Procédés saccharimétriques.
SACCHAR1N , INE adj. (sak-ka-rain, i-ne — du lat. saccharum, sucre): Chim. Qui contient du Bucre , qui a les caractères du sucre.
— Techn. Qui a rapport au sucre, à la fabrication du sucre : Production saccharine.
— Zool. Se dit des animaux qui se nourrissent de sucroi
— s. f. Nom vulgaire do la houque ou sorgho sucré.
SACCHARïQUE adj. (sak-ka-ri-ke — du lut. saccharum, sucre). Chim. Se dit d'un acide que l'on obtient par l'oxydation de plusieurs espèces de sucre et de l'amidon ; se dit aussi des éthers dérivés de cet acide.
— Encycl. L'acide saccharique a pour formule CSlli^O8; il est isomérique avec l'acide mueique et prend naissance lorsqu'on oxyde par l'acide azotique le sucre de canne, la glucose, l'amidon et la mannite. On sait que, au contraire, le sucre de lait, la galactose, la dulcite et les gommes fournissent, dans les mêmes circonstances, de l'acide mueique. L'acide saccharique, d'abord obtenu par Scheele, qui le confondit avec l'acide malique, a été ensuite étudié par Guerën, puis par une foule d'autres chimistes.
— I. Préparation, lo On chauffe , sans porter à l'ébullition, une partie de sucre de canne avec trois parties d'acide azotique d'une densité de 1,25 à 1,30. Lorsque la réaction a commencé, on retire le vase du feu; l'action chimique, d'abord très-violente, se calme peu à peu ; lorsqu'elle est calmée et que la température s'est abaissée à 50°, on maintient cette dernière au moyen d'un feu modéré jusqu'à ce que tout dégagement de vapeur rouge ait cessé. On étend ensuite le liquide de son volume d'eau et on le divise en deux parties; l'une de ces parties est neutralisée par du carbon te de sodium, puis mélangée avec l'autre. On peut aussi neutraliser la totalité et ajouter au produit un excès d'acide acétique. Au bout de quelques jours de repos, le liquide abandonne des cristaux de saccharate acide de potasse, que l'on pu-' l'itie par plusieurs cristallisations dans l'eau bouillante, en ajoutant, si c'est nécessaire, du charbon animal à la solution. Au lieu du sel acide de potassium, on peut préparer le sel acide d'ammonium.
2° Lorsqu'on oxyde une partie de sucre de lait par 2,5 parties d'acide azotique de 1,2 de densité étendu de deux fois et demie son poids d'eau, il se forme une certaine quantité d'acide mueique qui se dépose (33 pour 100) ; la liqueur tiltrée renferme de l'acide saccharique, que l'on en extrait en neutralisant à moitié par du carbonate de sodium, après l'avoir évaporé au tiers de son volume.
Pour préparer l'acide saccharique libre, le mieux est d'avoir recours au sel de cadmium : on commence par dissoudre le sel acide de potassium dans l'eau bouillante; on le neutralise par l'ammoniaque ; on y ajoute un sel soluble de cadmium et l'on fait bouillir pendant quelque temps. Il se précipite, dans ces conditions, du saccharate cadmique , qu'on recueille sur un filtre, qu'on lave, qu'on met en suspension dans l'eau et qu'on décompose par un courant d'acide sulfhydrique. La liqueur séparée par tiltration du sulfure de plomb qui se précipite est une solution d'acide saccharique pur, qu'on n'a plus qu'à évaporer eu évitant le plus qu'on peut l'élévation de température.
— II. Propriétés. L'acide saccharique n'est pas eristallisable ; mais lorsqu'on a eu soin d'éviter une température trop haute dans sa préparation, on l'obtient sous la forme d'une masse cassante et incolore. Il est déliquescent, facilement soluble dans l'eau et dans l'alcool et insoluble dans l'éther. La solution aqueuse dévie vers la droite le plan de polarisation de la lumière.
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— III. Décomposition. L'acide saccharique brunit déjà à la température du bain-marie ; chauffé avec une solution aqueuse de chlorure d'or ou avec une solution ammoniacale d'azotate d'argent, il en précipite le métal réduit; oxydé par l'acide azotique, il fournit d'abord l'acide tartrique droit, puis l'acide oxalique. La production d'acide tartrique droit est à noter. Il est probable que l'oxydation de l'acide mueique fournirait de l'ai cide tartrique gauche; car les substances qui 1 donnent, à l'oxydation, de l'acide saccharique et de l'acide mueique, donnent aussi, si cette oxydation est plus vive, de l'acide paratartrique ou racémique. Il en résulte que l'isomérie qui existe entre l'acide saccharii que et l'acide mueique doit tenir ù une disposition moléculaire analogue à celle qui sépare l'acide tartrique droit de l'acide tartrique gauche. Chauffé à 250° avec de l'hydrate de potassium, l'acide saccharique se dédouble en acétate et en oxalate potassique suivant l'équation
C6H8R208 + 2KHO Saccharate Potasse,
alcalin.
SACC
= 2C2H3K.02 Acétate alcalin.
+ cïiyo*
Oxalate
alcalin.
+ 2ll*0.
Eau.
(C*H40*)vi
— IV. Saccharates. L'acide saccharique est bibasique ; il forme des sels neutres à 2 atomes de métal monoatomique et des sels acides à un seul atome de métal. Mais il est hexatomique et peut même échanger ses 6 atomes d'hydrogène basiques ou non contre des métaux diatomiques tels que le plomb. La formule de l'acide saccharique doit être écrite d'après cela
(COSH)* (OU)* .
— Saccharate acide de potassium
CWKO».
Ce sel, dont nous avons déjà décrit la préparation, forme des cristaux trimétriques facilement clivables. Il est peu soluble dans l'eau, dont 90 parties n'en dissolvent guère qu'une partie. Nous avons déjà vu que l'on utilise celte propriété pour la purification de l'acide saccharique. Le sel neutre de potassium C6HsK208 forme une croûte cristalline beaucoup plus soluble que le sel acide.
— Saccharates d'ammoniaque. On obtient le sel neutre C6H8(Azll*)2U» sous la forme d'une masse gommeuse en sursaturant l'acide saccharique par l'ammoniaque et en évaporant le produit dans le vide sur l'acide sulfurique. La solution de ce sel, faite à froid, n'agit pas sur les réactifs colorés. Ou obtient le sel acide C6li9(AzH*)08 en faisant bouillir la solution du sel précèdent aussi longtemps qu'elle dégage de l'ammoniaque. Par le refroidissement, elle abandonne alors des prismes quadrilatères de bisaccharate ainmonique. Ce sel a une réaction acide et se dissout peu dans l'eau, où il est cependant plus soluble que le sel de potassium correspondant.
— Saccharates de soude. Lorsqu'on sature par le carbonate de soude une solution fort concentrée d'acide saccharique et qu'on y ajoute de l'acide acétique, on obtient une liqueur qui ne dépose pas de bisaccharate de soude, même par une forte concentration. Si l'on évapore sans ajouter d'acide acétique, on obtient le sel neutre de sodium sous la forme d'une masse gommeuse et ineristallisable,
— Saccharates de baryum. Le sel neutre C6H8jjja"08 est un précipité floconneux qu'on obtient en ajoutant de l'ammoniaque à un mélange de chlorure de baryum et de bisaccharate potassique , tous deux en solution aqueuse. On l'obtient encore en précipitant l'acide libre par un excès d'eau de baryte ; il est fort peu soluble dans l'eau. Le sel acide est une substance gommeuse qui se forme lorsqu'on dissout le sel neutre dans l'acide saccharique et qu'on évapore la solution.
— Saccharates de chaux. Le sel neutre C6H8Ca"08 est un précipité blanc qui se forme lorsqu'on mélange le saccharate neutre de potasse avec le chlorure de calcium. L'eau bouillante en dissout une certaine quantité, qui se dépose par le refroidissement sous la forme de cristaux microscopiques. Lorsque l'on dissout ce sel dans l'aciue saccharique et qu'on évapore, il se forme des cristaux de bisaccharate de chaux.
— Saccharate de magnésie
C6H8Mg"08 + CH20.
Lorsqu'on mélange du saccharate neutre de potasse avec du sulfate de magnésie, il ne se produit pas de précipité, mémo à l'ébullition, à moins qu'on ne réduise considérablement le liquide par la concentration ; mais si l'on fait bouillir l'acide saccharique ouïe bisaccharate de potasse avec un excès de magnésie , on obtient une poudre peu soluble et cristalline de saccharate de magnésie. Ou peut faire recristalliser ce sel dans l'eau bouillante, qui ne le dissout qu'eu petite quantité.
— Saccharate de s-'nc C6H82n"08+lI20 (à 1000). On peut l'obtenir, soit en dissolvant du zinc dans l'acide saccharique aqueux, soit en précipitant le saccharate neutre de potasse par un sel de zinc. C'est un sel blanc, peu soluble dans l'eau bouillante, qui le dépose à l'état cristallin.
—Saccharate de cadmium C«H8Cd"08. C'est un sel blanc, peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante. Il se forme lorsqu'on précipite le saccharate neutre de. potasse ou d'ammoniaque par l'azotate ou le sulfate de cadmium. Si 1 on emploie des solutions bouillantes, le précipité est cristallin ; c'est pour cela que nous avons conseillé d'opérer de cette manière pour obtenir le sel pur destiné k la préparation de l'acide saccharique.
— Saccharates de fer. a sel ferreux. C'est une niasse gommeuse incristallisable , que l'on obtient en dissolvant le fer métallique dans une solution aqueuse d'acide saccharique et en évaporant la liqueur. Il se dégage de l'hydrogène pendant cette opération, p set ferrique. L'acide saccharique dissout le peroxyde de fer hydraté en donnant une liqueur jaune. La solution du bisaccharate de potasse dissout aussi le même oxyde, mais on obtient alors un mélange difficile à séparer par le filtre.
— Saccharate de cuivre. Lorsqu'on traite à froid l'hydrate de cuivre par un excès d'acide saccharique , on obtient une solution verte ; si, au contraire, on évite l'em ploi d'un excès d'acide, il se forme un précipité vert, qui ne noircit pas par l'ébullition. L'eau avej laquelle on lave ce précipité le dissout peu à peu et la solution se dessèche au bain- marie eu une masse amorphe.
— Saccharate de bismuth. On obtient ce sel en précipitant une solution d'azotate de bismuth dans beaucoup d'eau par du saccharate neutre de potasse. C'est un précipité floconneux insoluble dans l'eau. L'analyse de ce produit, qui est probablement un sous-sel, n'a pas donné de résultat constant.
— Saccharate d'argent C6H»Ag208. On l'obtient en mélangeant une solution de saccharate neutre de potasse avec de l'azotate d'argent. C'est un précipité blanc qui conservo sa blancheur par l'ébullition, pourvu que la liqueur renferme un excès de saccharate de potasse ; il devient même alors cristallin. Ce précipité est fort soluble dans l'ammoniaque ; mais si l'on fait bouillir cette solution, il su décompose en abandonnant de l'argent métallique qui se précipite.
— Saccharates de plomb. Ces sels varient beaucoup dans leur composition, suivant la manière dont ils ont été préparés. Lorsqu'on fait bouillir du saccharate de potasse avec de l'acétate neutre de plomb en excès, on obtient un sel résineux dont la composition correspond approximativement à la formule
C"Hl4Pb30l6.
Si l'on décante la solution qui surnage ce sel et qu'on ia fasse bouillir, il se dépose un nouveau sel amorphe qui correspond à la formule CWPb^O8. M. Thaulow, par le même procédé, a obtenu un précipité très-granuleux qui répondait à la formule ClslI|0Pb5OiG, Mais il est probable que M. Thaulow a eu affaire k un mélange. M. Heintz, en effet, a trouvé que la composition du produit tend d'autant plus vers les nombres exigés par la formule C6ll*Pb!l08 du sel hexabasique que l'on fait bouillir plus longtemps le précipité avec la liqueur mère. En employant du saccharate acide d'ammoniaque neutralisé presque entièrement par du carbonate de soude , ce chimiste est même parvenu à obtenir un précipité qui présentait exactement la coinposition du saccharate hexabasique.
— V. Ethers sacchariques. Saccharate neutre d'éthyle C6H8(<j2H5j2u8. On l'obtient en faisant passer un courant d'acide chlorhydrique gazeux à travers une solution d'acide saccharique dans l'alcool absolu. On peut avantageusement remplacer cette solution par de l'alcool tenant en suspension du saccharate de chaux; dans ce dernier cas, en effet, l'acide saccharique mis en liberté par le courant gazeux est beaucoup plus sûrement privé d'eau que lorsqu'on opère avec de l'acide libre. Lorsqu'on se sert du sel de calcium, il se forme un composé cristallin do saccharate neutre d'éthyle et de chlorure de calcium qui répond à la formule
2C6H8(C2H5)208, CaCIS.
Ce composé, qui est assez soluble dans l'eau, est très-peu soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther. On le dissout dans la plus petite quantité d'eau possible ; on ajoute un peu d'alcool et une solution très-concentrée de sulfate de soude à la liqueur et on évapore rapidement à siccité dans le vide. Si l'on épuise ce résidu par l'alcool, et qu'on ajoute une grande quantité d'éther au liquide , on obtient une solution qui laisse, lorsqu'on l'évapore, du saccharate neutre d'éthyle. Cet éther reste d'abord sous la forme d'un sirop et se solidifie ensuite graduellement en une masse cristalline. Il est facilement soluble dans l'eau et dans l'alcool, très-peu Soluble dans l'éther. La solution éthérée fournit de la saccharaïnide sous l'influence du gaz ammoniac sec.
— Acide élhyle saccharique
On n'a pas encore isolé ce corps ; mais lorsqu'on fait passer un courant de gaz acide chlorhydrique à travers de l'alcool absolu tenant en suspension du saccharate acide de potassium, Heintz a obtenu un composé cris-
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tallisable C«H7(C2I1»)0S , qui renferme une molécule d'eau de moins que l'acide saccharique. Ce corps est probablement l'éther du premier anhydre de l'acide saccharigue.
— VI. SACCHAKAMlDE C6Hl?A2;20e. Ce composé se sépare sous la forme d'un précipité blanc lorsqu'on fait passer un courant de gaz ammoniac à travers une solution éthérée de saccharate neutre d'éthyte. On peut faire cristalliser ce corps dans l'eau tiède ; mais, sous l'influence de l'eau bouillante, il se convertit, en absorbant de l'eau, en saccharate neutre d'ammonium, que les acides décomposent en ammoniaque et en acides saccltariques.
SACCHARITE s. t. (sak-ka-ri -te — du lat. saccharum, sucre). Miner. Substance amorphe, vitreuse, de couleur blanche et à texture grenue, qui, par sa composition, se rapproche du feldspath oligoclase, et que l'on trouve à Frnnkenstein, en Siiésie, où elle forme de petites veines dans la serpentine.
SACCHARIVORE adj. (sak-ka-ri-VO-re — du lat, saccharum, sucre; voro, je dévore). Zool. Qui mange du sucre, qui vit de sucre.
SACCHARO-GLYCOSE s. f. (sak-ka-ro-glikô-ze — du gr. seccharon, sucre, et de gtycose). Chim. Produit de l'action des acides étendus sur le sucre de canne.
SACCHAROÏDE adj. (sak-ka-ro-i-de — du gr. saccharon, sucre: eidos, aspect). Miner. Qui a l'apparence ou sucre, tl Cassure saccharoîde, Cassure grenue comme celle du sucre.
8ACCHAROKALI s. ra. (sak-ka-ro-ka-li).
Méd. Mélange de sucre et de bicarbonate do soude employé comme absorbant.
SACCHAROL s. m, (sak-ka-rol — du lat.
saccharum, sucre). Pharm. Sucre considéré comme excipient.
SACCHAROLÉ s. m. (sak-ka-ro-lé — rad.
saccharol). Pharm. Médicament qui a le sucre pour excipient.
— Encycl. Sous ce nom général, on comprend une classe de médicaments très-chargés de sucre. Cette substance leur donne une saveur agréable, qui en facilite l'emploi et très-souvent les conserve. Les sacchurolés sont liquides, mous ou solides ; ils se divisent en dix genres de médicaments, qui sont: les sirops, les mellkes, les conserves, les pâtes, les éléosaceharunis, les saccharures, les gelées, les tablettes, les pastilles, les sacchurolés proprement dits.
Les sacckarolés proprement dits sont constitués par le mélange de poudre de sucre et d'une ou de plusieurs substances médicamenteuses, dans des proportions telles que le sucre prédomine toujours. Les succkarolés sont simples ou composés, selon que le sucre est associe à une ou à plusieurs matières.
Les sacckarolés les plus, employés sont ceux de carragalieen, de lichen d'Islande, qui rom-
Îilacent avec avantage ces deux plantes dans a préparation do leurs gelées; les sacchurolés de jalap composé (sucre orangé purgatif), de limaçon, de vanille, d'éthiops (sucre vermifuge), etc.
On a donné quelquefois, mais à tort, ce aom aux saccharures. Les éléosaccharums eux-mêmes ont été désignés par Bèral sous le nom de sacckarolés oleuliques.
SACCHAROLINITE s. m. ( sak-ka-ro-lini-te — dimiu. de sacckarol). Pharm. Médicament sucré d'un volume peu considérable.
SACCHAROLIQUE adj. (sak-ka-ro-li-ke
— rad. sacchurole). Pharm. Qui a le earactère d'un saccharolô : Préparation saccha- KOLique.
SACCHAROLOGIE s. f. (sak-ka-ro-îo-jî — du gr. saccharon, sucre; logos, discours). Traité sur le sucre.
SACCHAROPHORE adj. (sak-ka-ro-fo-re
— du gr. succharon, sucre ; phoros, qui porte). Bot. Qui produit du sucre.
— s. m. Ancien nom de la canne à sucre. SACCHARORRHÉB s. f. (sak-ka-ro-ré —
du gr. saccharon, sucre; rheô, je coule). Pathol. D.abète sucré.
SACCHARUM s. m (suk-ka-romni — mot lat. dérivé du gr. saccharon, sucre). Bot. Genre de graminées, qui comprend la canne à sucre, et qui est sy». de canamellu.
— Encycl. Le genre saccharuui renferme des graminées de taille plus ou moins grande, à fleurs groupées en panicule tantôt rameuse, tantôt spieiforme, à rachis articulé. Les épillels sont géminés et renferment clutcuu une fleur hermaphrodite, accompagnée d'une autre fleur ruuniieutaire. La première a une glume à deux valves membraneuses, presque égales, entourées à leur base de poils soyeux ires-longs; deux glumelles membraneuses, non carénées ni aristées ; deux ou trois etamiues; un ovaire surmonté de deux styles long», terminés par des stigmates plumeux. (Je genre se divise, surtout d'après la forme de la panicule, en trois sections assez naturelles pour être regardées aujourd'hui comme a u uni l de-t,>pes génériques distincts et qu'on nomme canne à sucre, ériauthe et jmperata.
SACCHARURE s. f. (sak-ka-ru-re — du lat. saccharum, sucre). Pharm. Médicament résultant de l'union du sucre avec une substance dissoute dans de l'alcool ou de l'éther.
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— Encycl. Les saccharures sont des médicaments de forme pulvérulente, composés de sucre auquel on a mêlé des matières médicamenteuses tenues d'abord en dissolution dans un véhicule dont on les a débarrassées par évaporation, après leur mélange avec le sucre. Le procédé général de préparation consiste à mêler le sucre avec la solution, à faire sécher et à, pulvériser de nouveau la matière. On obtient ainsi une poudre dans laquelle la matière médicamenteuse est parfaitement divisée au milieu du sucre. Ces médicaments, dont la préparation est aussi simple que l'emploi en est commode, remplissent une foule d'indications médicales. Un trouve en eux les principes médicamenteux des teintures, et on les emploie dans tous les cas où l'action de l'alcool ou de l'éther peut être nuisible.
SACCHETTi (Franco), conteur italien, né à Florence vers 1335, mort vers 1410. Il parvint aux premières charges de la république, visita plusieurs villes de l'Italie et entra en relation avec Boccace. Doué d'un esprit vif et fin, il composa, au milieu des graves occupations de la politique, un recueil de trois cents Nouvelles à l'imitation du Décanterai. Ces contes, inférieurs à ceux de Boccace, mais qui n'en sont pas moins un modèle de style, ont obtenu l'assentiment de l'Académie de la Crusca. Deux cent cinquante-huit ont été imprimés pour la première fois à Naples, sous la fausse rubrique de Florence (1721, 2 vol. in-8°), avec une préface de Bottari. Les sujets en sont puisés pour la plupart dans l'histoire de l'Italie et de Florence au xive siècle, et on y trouve, auprès de détails souvent licencieux, de piquants traits de mœurs. Succhetli laissa, en outre, des pièces de poésie et même des sermons, formant un recueil d'Œuvres diverses qui n'a pas été publié, et la Battaglia délie vecchie e délie fanciule (Bologne, in-s°).
SACCHETTI (Giambattista), architecte italien du xviiib siècle. Il n'est guère connu que par la construction de l'admirable palais du roi à Madrid.
SACCH1 (Pietro-Francesco), peintre italien, né à Pavie. Il vivait dans la seconde moitié du xve siècle et au commencement du xvie. Habile dessinateur, ayant fait une longue étude de la perspective, il se fit une grande notoriété comme paysagiste, et son faire se rapproche beaucoup de celui d'Andréa Mantegna. Cet artiste vécut fort longtemps à Gênes, où il peignait encore en 1526. On voit d'assez nombreux tableaux de lui dans diverses villes d'Italie, particulièrement à Milan. Le musée du Louvre possède une toile de Sacchi représentant les Quatre docteurs de l'Eglise latine assis sous un portique.
SACCHI (André), peintre italien, né à Rome en 1598, mort dans la même ville en 1661. Il fut le dernier élève de l'Albane et devint l'un des meilleurs coloristes et des plus savants dessinateurs de l'école romaine. Sans cesse à ta recherche de la perfection, il produisait peu de tableaux, s'attachant à ne rien livrer au hasard de l'improvisation. Sacchi composait avec un art extrême et dessinait avec une irréprochable correction. Le style de ses tableaux est quelquefois gracieux, mais le plus souvent élevé et sévère. Il était arrivé à toute la maturité de son talent, lorsqu'il se rendit à Venise et en Lombardie pour étudier les chefs-d'œuvre des maîtres vénitiens et du Corrége. De retour à Rome, il conserva toute l'admiration que lui avait inspirée jusqu'alors Raphaël et s'écria, dit-on, en revoyant les œuvres de l'illustre artiste : < Je retrouve ici le Titien, le Corrége et de plus Raphaël. » Au nombre de ses chefs-d'œuvre, on compte : la Mort de sainte Anne, à Saint-Oharles-de- Caturini; Saint Momuald assis au milieu de ses religieux, une de sesœuvres capitales, qui fut enlevée du mutée du Louvre eu 1815 ; Saint Grégoire donnant des reliques à des ambassadeurs, qui a fait aussi partie de ce musée ; la Sagesse divine et Saint Bernard Totomei, au palais Chigi ; Saint André, au Quirinal ; Saint Joseph, a. Capo-alle-Case ; Saint Antoine et la Vierge et saint Bonaventure, à l'église des Capucins; Saint André, Saint Lonyin, Sainte Véronique, Sainte Hélène, au Vatican ; lu Sommeil de Noé, Juiton sursoit char, la Sagesse divine, au musée de Vienne ; Saint Paul, premier ermite, les portraits de VAlbane et de Sacchi, au musée de Madrid ; JVoé et ses i /ils, au musée de Berlin, etc. Cet émineut , artiste forma de remarquables élèves, notamment Carlo Maratta et François Lauri.
SACCHI, peintre italien, né à Casai vers la fin du xviu siècle. Il fut élève de Moncalvo, dont on a souvent confondu les œuvres avec les siennes. On cite de Sacchi, entre autres compositions, le Tirage de dots, à l'église Saint-François de Casai. Dans l'église Sumt- Augustin de cette ville, on trouve une bannière sur laquelle il a peint \a.Vierge, plusieurs saints et des portraits de quelques princes de Gouzague.
SACCHI (Carlo), peintre et graveur italien, né à Pavie en 1616, mort eu 1706. Elève de Kossi de Milan, il alla se perfectionner à Rome et à Venise et peignit des tableaux remarquables par la justesse du coloris, mais dans lesquels les attitudes des personnages sont souvent affectées. Quelques-unes de ses estampes sont fort recherchées; on cite, unlie autres, la Naissance de Jésus- Christ,
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; d'après le Tintoret, et l'Adoration des mages, ' d'après Paul Véronèse.
I SACCHI (Joseph-Pompée) , médecin ita-
I lien, né à Parme en 1624, mort en 1718. 1! fit ses études médicales à l'université de sa ville natale, où il passa son doctorat en 1652. En 1661, il fut nommé professeur de médecine théorique. Sa réputation comme praticien et comme professeur le fit appeler à Padoue en 1694, pour y occuper la chaire extraordinaire de médecine pratique. Au bout de six ans, il devint premier professeur de théorie, : fonctions qu'il exerça fort peu de temps, car, j à la prière du duc de Parme, il revint dans ■ sa patrie pour y occuper la première chaire j de l'université. Ses principaux ouvrages sont : i Iris febrilis, fœdus inter antiquorum et recen- i tiorum opiniones de febribus promittens (Ge- j neve, 1685, in-S°) ; Medicina theorica prac- , tica (1687, in-fol.); Novum systema medicum ex \ unitate doctrines recentiorum et antiquorum ■
■ (Parme, 1693, in-'4°); Medicina practica ra- \ tionalis Hippocratis, sanioriùus neotericorum doctrinis iltustrata (1707, in-fol.). Lesœuvres complètes de Sacchi ont été publiées sous ce titre : Opéra medica omnia (Venise, 1730,
I in-fol.).
SACCHI (Giovenale), littérateuret compositeuritalien,nékBursio,prèsdeC6me, en 1726, mort à Milan en 1789. Entré chez les.barnubites, il professa la rhétorique à Lodi, l'éloquence à. Milan et s'adonna en même temps a l'étude de la musique. Sacchi fonda en outre dans son ordre une école d'éloquence sacrée, dans laquelle se formèrent plusieurs prédicateurs. C'était un homme instruit, studieux, affable, qui se lia avec plusieurs écrivains distingues, notamment avec Muttei, Zanotti, Farini, et avec le Père Martini. Il était membre de l'Académie de Mautoue et de l'Institut de Bologne. Sacchi était un grand admirateur du système musical des anciens, qu'il essaya de recomposer. ■ Ses ouvrages, dit Fétis, sont remplis d'érudition et de science, mais ils laissent désirer des vues plus nettes et une connaissance plus étendue de la pratique de l'art. > L'Institut de Bologne lit placer son buste dans la salle de ses séances. Ses principaux ouvrages sont : Del numéro e délie misure dette corde musiche (Milan, 1761, iu-8°) ; Bell tintica lezione degli Ebrei (1766, in-go) ; Delta divisione dej- tempo nella musica, nel ballo e nella poesia (1770, in-8°) ; Delta natura e perfezione dell'antica musica dei Greci (1778, in-S°); Délie quinte successive nel contrappunto e délie regote degli accompugiuxmenti (1778, in-80); Vita di Carlo Breschi (Venise, l784,in-8<>); Don Placido dialogo (Pise, 1786, %«); Vita diB. Marcello (Venise, 1588, in-8*); Continuazioue del salterio Marcelliano (Paris, 1790,4 vol. in-fol.).
SACCHI (Defendente), écrivain, né près de Pavie en 1796, mort à Milan en 1840. Il fit ses études de droit à Pavie, publia une traduction du Droit public universel de Lampredi, avec une notice sur l'auteur, et entreprit la publication d'un immense recueil d'ouvrages ayant pour objet la métaphysique et l'idéologie. En 1818, Sacchi concourut pour une chaire d'histoire de la philosophie avec une Histoire de la philosophie grecque, fit paraître ensuite Oriele, inspiré par la lecture delà Nouvelle-Heloise, et lut nommé, en 1823, agrégé de philosophie a Pavie. Il écrivit la Vie des littérateurs nés à Pavie, et, alin de déterminer l'état de l'architecture employée en Italie à l'époque de Ja domination des Longobards, il publia, avec son cousin Joseph Sacchi ; Des conditions économiques, morales et politiques des Italiens au temps du Bas- Empirej premier essai sur l'architecture symbolique, civile et militaire employée en Itulie pendant te vie, le vue et le vnie siècle et sur l'origine des Lombards, etc. (Milan, 1828). L'année suivante, Sacchi donna deux essais Sur ta seconde époque des antiquités romanes en Italie. Entre autres travaux sur les beauxarts, il u, sous le titre de Illustrazioni dell'- I arca di Sant'Agostino, donné une description j de ce remarquable monument du xvi« siècle élevé à la gloire de saint Augustin, j (1832). Fixé à Milan, Sacchi collabora à une quantité de journaux non-seuleiueiil de Mi- ' lan, mais encore à ceux des principales villes du nord de la péninsule. Entre les nombreux recueils auxquels il donna une quantité prodigieuse d'articles fort goûtés sur les ' sciences positives et naturelles, sudules et i historiques et sur les arts, sans parler des nouvelles, etc., il faut citer : lai)/ ineroa Tici- I uese, les Annali di statistica, le liicogtitorc, I l' Annotatore piemontese, le Cosmorama et, à
. partir de 1834, la Gazzetta prioilegiata de Milan, dont il devint le feuilletoniste attitré, le critique littéraire, artistique et dra-
' matique, etc. Il a consacré par testament ' sa fortune à la fondation d'une école de pein- | ture à Pavie.
SACCHINI (Francesco), historien italien, né à Paciono en 1570, mort à Rome en 1625. Entre chez les jésuites à l'âge de dix-huit ans, il commença par professer lu rhétorique a Rome, puis devint secrétaire de Vitellcschi, général de l'ordre. Ses principaux ouvrages sont : Libellas de ratione libros cum profectu legendi (Ingolstadt, 1614, in-10), traduit en fiançais sous le titre de Moyens de lire avec fruit (Paris, 1785, in-12) ; Mudus uiiliter siudendi (Wurtzbourg, 1614, in-12); Protrepticon ad magistros scholarum inferio-
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rum societatis Jesu (Paris, 1625, 2 vol. in-12). Citons enfin Historia societatis Jesu (5 parties, in-fol.). La première partie, publiée à Rome en 1615, est d'OHandini ; les quatre autres, qui sont de Sacchini, ont paru la première à Anvers en 1620, et les trois dernières à Rome en 1651 et en 1661.
SACCHINI (Antoine-Marie-Gaspard), célèbre compositeur italien, né, selon la plupart des biographes, à Naples en 1735, d'après Fétis à Pouzzoles le 23 juillet 1734, mort à Paris le 7 octobre 1786. Un jour que Durante passait à Pouzzoles, il entendit un enfant qui chantait quelques airs populaires d'une voix juste et admirablement timbrée. Cet enfant, qui était Sacchini, appartenait à une famille de pauvres pêcheurs; Durante l'emmena, avec l'autorisation de ses parents, au conservatoire de Santo-Ouofrio , à Naples, et se chargea de diriger ses études. Sons- un tel maître, Sacchini lit des progrès rapides. Il eut pour condisciples Piccinni et Gnglielmi, à qui Durante disait souvent : « Vous avez un rival difficile à vaincre ; si vous ne faites des efforts surhumains pour l'égaler, il restera seul et il sera la plus grande personnalité musicale du siècle. ■
A la mort de Durante, Sacchini n'avait que vingt et un ans. A l'étude du violon il avait joint celle du contre-point et de l'harmonie et il était déjà fort instruit dans son art. Il sortit alors du conservatoire, enseigna le chant et écrivit quelques petits opéras. Ses premiers essais furent heureux et lui procurèrent un engagement pour Rome (1762). Il fit exécuter peu après au théâtre Argeutina un opéra-séria, Artaserce, dont le succès le fixa pendant six années dans la ville pontificale. Les Vénitiens, ayant acclamé son Alessandro nell' Indie, l'appelèrent en 1768 à diriger le conservatoire de i'Ospedaletto, où il compta parmi ses élèves la Gabrielli et la Kcrrarèse. A cette époque, Venise ne possédait point de compositeurs religieux. Sacchini écrivit pour les églises et pour les couvents un grand nombre de motets, de messes et de vêpres contenant de gracieuses mélodies.
En mémo temps, il composait un grand nombre d'opéras. Le disciple de Durante était parvenu au comble de la gloire ; on le recherchait partout, on se disputait les moindres morceaux sortis de sa plume. Il venait de remporter, en 1770, un éclatant succès au théâtre de Padoue avec sa partition de Scipione in Cartagine, lorsque Bumey, qui parcourait alors l'Italie , l'engagea à visiter l'Angleterre. Le maestro y consentit, et, après une excursion en Allemagne, il se rendit à Londres au mois d'avril 1772. II commença par y faire jouer son ancien répertoire ; puis il composa successivement : Il Cid (1773), Z.wct'o Vero (1773), Nitetti, Perseo (1774). Les Anglais applaudirent le Napolitain qui était venu se soumettre à leurs suffrages. Du reste, les opéras de Sacchini méritaient l'accueil chaleureux qui leur fut fait, i Ces pièces lyriques, dit une notice, sont de celles où la richesse des accompagnements ne nuit jamais ù l'effet de la voix et où tout paraît facile parce que rien n'y est forcé. Los transitions même lus plus dures y sont si bien amenées, qu'au lieu de choquer l'oreille elles la surprennent et Ja charment. •
Malheureusement , Sacchini aimait les femmes, le luxe; ses dépenses étaient plus considérables que ses revenus et il en était arrivé à travailler plus rarement, ù cause do ses préoccupations matérielles. Le zèle do ses protecteurs avait diminué; il était poursuivi par des créanciers; en outre, il était sujet à de fréquentes attaques de goutte; sa position commençait à devenir dillicile. Au milieu de ces embarras, il rencontra lu traducteur d'un de ses opéras, Fraineiy, qui l'engagea à venir en F'rance. Sacchini se rendit à Paris (1782), où l'attention publique était tout entière absorbée pur la querelle entre les partisans de Piccinni et les admirateurs de Gluck. Comme les fanatiques de ia musique allemande étaient les plus forts, ils suscitèrent des entraves à Sacchini, prévoyant qu'il apportait des armes à la secte dus piccinnistes. Heureusement pour le composite ur, Joseph U, qui se trouvait alors à la cour de France et qui n'aimait que la musique italienne, recommanda Sucebiui à Marie-Antoinette. La reine le nomma son maître de chapelle avec 6,000 livres de traitement et lui fit ouvrir les portes de l'Opéra.
Il faut bien l'avouer, malgré le talent du musicien, Renaud, Cliimêne et Ùurdanus no parvinrent pas à vaincre l'indifférence de la foule. Enfin parut l'Œdipe à Colone, dont le potjme venait d'être couronné par l'Académie. Cette fois, tous les suffrages furent conquis. Une cabale essaya de protester contre ce succès ; muis les connaisseurs imposeront silence à la jalousie. Toutefois, les cubaleurs eurent assez de puissance pour faire rayer Œdipe à Colone de la liste des opéra» qu'on représentait à la cour. Cet affront affecta profondément Sacchini. Le séjour de Paris lui devint insupportable. Depuis sou départ d'Angleterre, les connaisseurs avaient regretté la perte d'un si grand talent. On le sollicitait de revenir à Londres, et il se disposait il s'embarquer. Muis le chagrin, les dégoûts de toute nature avaient aggravé le mauvais état de sa santé, et une deruicro crise survint qui l'emporta, • A peine cLul-i!
SACC
descendu dans la tombe, que ses détracteurs acharnés se changèrent en ardents panégyristes. On lui rendit les plus grands honneurs. Tous les artistes de Paris assistèrent a ses obsèques, qui eurent lieu dans l'église Saint- Eustache, où on l'inhuma.
Nous allons donner la liste complète des ouvrages de Sacchini, en adoptant l'ordre chronologique et la division par genres.
Opéras : Sémiramide, Eumène , à Rome; Andromacc<i, àNaples; Artaserce (1762) ; II Gran Cid, VAmore in campo, à Rome ; Lucio Veto, à Nazies; Alessandro nelVIndie, à Venise (17GS); la Conladina in carte, X Isola d'amore, à Rome (ce dernier a été traduit en français sous le titre de la Colonie); VOlimpiade, à Milan; Scipione in Cartagine, à Padoue (1770) ; Ezio, a Naples; nouvelle musique d'Alessaiidro tiell'Indie, à Turin; nouvelle musique de VOlimpiade, à Venise; Nicostrate, Alcfsandro Severo, l'Adriano in Siria, à Venise ; VEroe cinese, k Munich (1771) ; Catliroe, à Stuttgard (1772); Armida, à Milan (1772); nouvelle musique du Gran Cid et Tamerlano, à Londres (1773); Vologeso, à Naples (1773); nouvelle musique de Lucio Vero (1774); Nitelli, Perseo (1774) ; Montesuma. Il Creso (1775); Enfile (1776); l'Amer soldato (vn);Il Calandriiio (1778), à Londres ; Elena e Lavinia (1779) ; la Colonie (17S2); Renaud (1783); Cfomcne (1783); Vardamis (1783); Œdipe à Colone (1787); Arvire et Evelina, achevé par Rey, à Paris.
Oratorios ; Est/ter, à 4 voix , chœur et orchestre; Saint Philippe, à 3 voix, 2 violons, viole et basse ; / Maccabci, à 5 voix, chœur et orchestre; Jephté, à 5 voix, chœur et orchestre ; Le Nozze di Ruth, 4 voix, 2 violons, alto et basse.
Musique d'église : Miserere a 5 voci e slrfimenti; Kyrie cum gloria, à 4 voci, con stromenti e orgauo; Credo, à 4 voix et orchestre ; Messe, à 3 voix et orchestre; Messe, à
2 chœurs et 2 orchestres (Venise, 1770); Dixit, à 2 chœurs, violons, viole, basse et orgue; Tantum ergo, à 4 voix et instruments; Tantum ergo, à 3 voix; Psaumes de compiles, à 5 voix ; Lxtatus sum, pour soprano et chœur ; autre Lslalus sum, pour soprano, contralto et chœur; deux Salve, Regina; Cantate, à
3 voix, pour la fête de Noël.
Musique instrumentale: six trios pour 2 violons et bas'-e jiix quatuors pour 2 violons, alto et basse; six sonates pour clavecin avec accompagnement de violon (Paris et Londres, op 3); six autres sonates (op. 4).
Fetis porte sur le compositeur Sacchini le jugement suivant : « Comme la plupart des compositeurs italiens, Sacchini avait écrit dans sa jeunesse un grand nombre d'opéras avec la négligence inséparable d'une trop grande rapidité dans le travail ; mais, an milieu de ces négligences, on trouve de nobles et pures cantitènes dont la suavité fut toujours le caractère distinctif de son talent, » Sacchini n'a point l'originalité d'instrumentation de Gluck; il n'en a point non plus la vigueur. Mais ses mélodies sont toujours gracieuses et charmantes; elles ont du naturel et de l'élégance. Leur qualité première est la simplicité dans la grandeur. Peut-être Sacchini inanque-t-il d'énergie dans les situations fortes. Ce défaut est compensé par la pureté du style. Œdipe à Colone est le meilleur de ses ouvrages. Les rôles d'Œdipe et d'Antigone, les chœurs sont d'une beauté achevée et touchent à lu perfection.
SACCID1E s. f. (sak-si-dî — du gr. sakkos, sac ; idea, forme). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des ophrydées, originaires du Cap de Bonne-Espérance.
SACCIFÈRE adj. (sak-si-fè-re — du lat.
saecus, sac ; fera, je porte). Hist. nat. Qui est muni d'un organe en forme de sac.
SACC1FORME adj. (sak-si-for-me — du lat. saecus, sac, et de forme). Uist. nat. Qui a la forme d'un sac.
SACCO (Joseph-Pompée), médecin italien.