‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 150 sur 1059 · CB1V.OS OU DIASOME · texte numérisé non relu

CB1V.OS OU DIASOME

SOAPE s. m. (ska-pe — du lat. scapus, tige, harr pe). Ane. mar. Nom que les marins de la Méditerranée donnaient autrefois à la tige d'ure ancre.

— Entom. Premier article des antennes che:: les insectes.

— Bot. Hampe florale.

SCAPHANDRE a. m. (ska-fan-dre — du gr. skaphê, nacelle ; anêr, homme). Nageur inuiii d'un corset garni de liège, à l'aide duque. il peut facilement se soutenir sur l'eau : 11 y a, entre l'homme de mérite gui se soutient dam le monde sans appui et l'homme que le rang et la fortune y soutiennent comme malgré lui, la différence qu'il y a du scaphandre au nageur, (Chamfort.) li Plongeur muni d'un vêtument à l'aide duquel il peut descendre et t-availler au fond de l'eau.

— Nom donné anciennement à un appareil en liège au moyen duquel on pouvait se soutenir sur l'eau. || Sorte de vêtement hermétiquement fermé, au moyen duquel on peu', descendre au fond de l'eau et y travail er, en respirant l'air que fournit une pompe placée hors de l'eau.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes marins, formé aux dépens des bulles, et non adopté.

— Encyel. Dans les travaux de construction, lorsque l'on fait des fondations sous l'eau, il est souvent nécessaire de faire descendre des ouvriers sous l'eau. On employait autrefois à cet effet une cloche à plongeur, danii laquelle l'air était maintenu à une pression suffisante et renouvelé par une pompe aspirante et foulante. On fait aujourd'hui plus généralement usage du scaphandre; c'est un appareil dont l'emploi permet a un homme de demeurer et de travailler assez longtemps sous l'eau. Nous en avons déjà parlé à l'article pi-ongeur; mais nous croyons devoir ici ajouter de nouveaux détails à la description de cît important appareil.

Le scaphandre se compose d'une série d'objets destinés à recouvrir le plongeur; mais un complément indispensable de ces objets est la pompe à air, sans laquelle l'appareil n'est d aucune utilité, et qui doit fournir au plongeur le gaz nécessaire à son existence.

Les objets dont se couvre le plongeur consistent en un casque, une pèlerine et un vêtement imperméable auquel il faut adjoindre une paire de souliers d une confection spécial*!. Le casque, ordinairement en cuivre étamé, a une forme sphéroïde évasée à la parte inférieure, de manière à s'appliquer sur les épaules et la partie supérieure du tron:. En avant se trouvent quatre glaces : l'une, celle du milieu, est circulaire ; les deux glacîs latérales et une glace supérieure sont elliptiques, de telle sorte que la forme générale du casque puisse se modeler sur celle du visage en laissant plus d'espace devant la bouche et le nez. Toutes ces glaces sont protégéïs contre les chocs par un grillage en fil de cuivre. Seule la glace du milieu peut se démonter à volonté; elle permet au plongeur de voir devant lui, tandis que sans se détourner le travailleur peut voir à droite et' à gauche au moyen des fenêtres latérales, ou au-dsssus au moyen de la fenêtre antérosupé :ieure.

La glace du milieu est a vis pour le démontage; elle peut être plane ou lenticulaire. Les autres sont montées à demeure sur le- casque et bombées; néanmoins, on peut les remplacer facilement par des glaces de rechinge en cas de nécessité.

Au-dessous de la glace ronde, à l'endroit qui correspond à la bouche du plongeur, se trouve un robinet de secours, sorte de sou-

?ape robinet dont nous verrons plus loin utilité.

L'iir arrive à l'arrière du casque; une condaite aboutissant à la pompe l'amène et le déverse par trois orifices plats; il vient de cette façon lécher toutes les glaces, ce qui a l'avantage d'entraîner la vapeur de la respiration ou de la transpiration et empêche les glaces de se ternir. L'air respiré et l'air fouri i en excès par la pompe s'échappent par une soupape placée sur le côté droit, de telle sorte que le plongeur puisse, dans certaines circonstances, fermer en partie cette soups pe. Pour la commodité de la manœuvre, on la fait s'ouvrir de dedans en dehors; elle s'appuie sur un ressort à boudin.

Malgré le poids de l'appareil; le plongeur, à une certaine profondeur, subit une poussée telle, qu'il lui serait très-difficile de se maintenir au fond et, en tout cas, de faire un travail utile quelconque; on a donc eu soin de fixer au casque des crochets auxquels s'attachent des cordes qui supportent les poids nécessaires pour que le plongeur puisse rester au fond île l'eau.

La partie inférieure du casque est avis; elle sa réunit à la partie supérieure delà pèlerine métallique du scaphandre à laquelle est fi::é le vêtement en caoutchouc; un tiers de tour suffit pour engager tous les filets du casqte et de la pèlerine, parce que ces filets sont : nterrompus par sixièmes du pourtour, c'est-i-dire sur trois sixièmes de la circonférence. Une pareille disposition, très-commode pour relier les pièces de l'appareil, pourrait aussi en faciliter la séparation lorsque l'homme est sous l'eau ; on évite cet

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inconvénient en perçant d'un trou diamétral le collet de chaque partie, de manière qu'en y passant une cheville en cuivre on prévienne tout accident dû au dévissage du casque. ,

Le vêtement est d'une seule pièce, en coton ou en toile, doublée d'une épaisse couche de caoutchouc. Il enveloppe tout le corps, et la tête et les mains seules sortent du vêtement. Aux poignets, le scaphandre se termine par des manchettes en caoutchouc, pardessus lesquelles des bracelets en caoutchouc viennent encore serrer le vêtement, de telle sorte que la fermeture est hermétique.

Le haut du scaphandre est terminé par un morceau de cuir percé de trous et fixé sur la pèlerine ; des broches de cuivre, faisant corps avec cette dernière, entrent dans les trous. On arrive à une clôture parfaite an moyen de brides en cuivre dans lesquelles passent aussi les broches de la pèlerine; on serre fortement le surtout -en cuir du vêtement par le moyen des broches, dont les éerous à oreilles compriment cette pièce entre la pèlerine et les segments métalliques.

Le plongeur qui se couvre du scaphandre doit revêtir en dessous des vêtements destinés à absorber la transpiration, toujours trèsabondante lorsqu'on travaille dans ce costume; il doit porter un bonnet, un caleçon, un gilet et des chaussettes de laine; les vapeurs de la transpiration, ne pouvant s'élever comme elles le feraient à l'air libre, iraient des membres à l'étoffe imperméable, et elles s'y condenseraient immédiatement, ce qui fait qu'elles retomberaient bientôt sur le corps de l'homme et le refroidiraient dangereusement; du reste, ce serait déjà un obstacle très-grand apporté à la facilité du travail et a la santé du plongeur, que cette transpiration subitement produite dès les premiers moments.

Par-dessus ses vêtements de laine et sous la pèlerine, le plongeur doit porter un coussin rembourré ayant la forme d'une pèlerine, dont le but est de diminuer l'effet du poids de la pèlerine métallique sur les épaules. Pour compléter le costume, il convient de chausser 1 homme qui s'en recouvre de brodequins en cuir munis de lourdes semelles en plomb; grâce à cette surcharge et à un certain nombre de poids supportés par les crochets du casque et reliés à la ceinture du plongeur, celui-ci peut se maintenir sans aucune gêue à d'assez grandes profondeurs sous l'eau. A la ceinture en cuir que nous venons de mentionner est encore fixé le fourreau de cuivre d'un poignard et le dormant d'une corde maniable, dont l'autre extrémité est tenue à la surface de l'eau par un aide. Le poignard permet au plongeur de couper sous l'eau ce qui lui ferait obstacle. La corde sert à établir sans cesse une communication directe entre le travailleur sous l'eau et les ouvriers qui sont restés à la surface.

La pompe, du scaphandre est composée de quatre corps : trois d'entre eux ont le même diamètre; on en relie les pistons aux vilebrequins d'un arbre dont les extrémités reçoivent les manivelles de manœuvre. Les vilebrequins sont placés au sommet d'un triangle équilatéral, et de cette disposition il résulte que le travail des pompes a une valeur constante ; le refoulement et l'aspiration Sont toujours réguliers. Les pistons sont, en général, du système Lelestre; ils sont en cuivre, garnis de cuir et soigneusement emboutis. La soupape d'aspiration est au-dessous de la face inférieure du piston ; la soupape de refoulement est complètement airdessous du corps de pompe. Lorsqu'on manœuvre les pompes, elles aspirent l'air, qui arrive librement par le haut des cylindres, et le refoulent dan§ un conduit commun, sur lequel se visse le tube communiquant avec le scaphandre. Ce tube est composé d'une hélice intérieure en fil de fer étamé, recouverte d'une première enveloppe en toile; par-dessus cette toile s'enroulent deux feuilles de caoutchouc laminées, puis quatre bandes do toile caoutchoutée, et le tout est recouvert d'une forte enveloppe de toile à voiles. De cette manière, le tube est!protégé contre les coupures et les accrocs auxquels il serait exposé par le frottement contre des corps durs. On se rend compte de la pression du gaz par un manomètre établi dans un petit tube porté par le conduit commun où les pompes refoulent l'air. On applique ce tube sur l'extérieurjde la caisse qui renferme les pompes.

Le quatrième corps de pompe, plus petit que les trois premiers, permet lui aussi d'aspirer et de refouler. Le piston de cette pompe est mené par un excentrique calé sur l'arbre qui porte les vilebrequins d'attache des autres pistons. Cette pompe est destinée à aspirer de l'eau froide et à envoyer cette eau dans le bassin qui entoure les corps des autres pompes ; un trop-plein permet à l'excès d'eau contenue dans la caisse de s'écouler. L'utilité de cette pompe est manifeste, car elle permet de maintenir les corps de pompe à une busse température, de telle sorte que l'air qu'elle refoule ne soit pas échauffé, ce qui se produirait constamment sans cette précaution, puisque, suivant la profondeur à laquelle se trouve sous l'eau ie plongeur, il faut comprimer l'air à trois ou quatre atmosphères.

Lorsque l'homme ne doit pas travailler à des profondeurs très-grandes, il suffit habi-

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tuellement d'une caisse à air contenant deux corps de pompe avec réservoirs et pompe à eau de refroidissement. Le maniement en est plus facile ; un homme suffit à la manœuvrer, tandis que deux hommes sont nécessaires pour la mise en action de la pompe plus importante que nous avons décrite.

Celle-ci sert aux travaux de longue haleine ou faits à de grandes profondeurs ou en mer. Un écouvillon est nécessaire pour nettoyer le tube à air ; l'autre se nettoie à la main.

Pour pouvoir utilement faire usage du scaphandre, il faut faire quelques exercices méthodiques et s'habituer de plus en plus à rester vêtu du costume sous l'eau; on peut alors arriver à descendre convenablement et à séjourner quelques minutes dans l'eau. Cela ne suffirait pas dans certains cas ; mais tous les individus ne seraient pas capables d'un plus grand effort, et il faut être doué d'une nature particulière pour devenir un bon plongeur, capable d exécuter des travaux pénibles et qui demandent plusieurs heures de travail. Ce sont, en général, les hommes robustes et qui ont la poitrine bien développée desquels on doit attendre la capacité de rester le plus longtemps sous l'eau.

Quel que soit l'homme qu'on va revêtir du scaphandre, il doit remplir certaines conditions, à défaut desquelles il faudrait interdire absolument l'usage du vêtement' et la descente. Il doit être en bonne santé, sans indisposition qui affecte le cerveau ou l'estomac principalement ; ne pas être en transpiration; avoir les sens reposés et l'esprit calme, toute surexcitation se traduisant par une élévation de chaleur anomale, soit directement, soit indirectement; il convient que le plongeur n'ait pas mangé depuis quelques heures; enfin, et c'est là une précaution de première nécessité, un homme en état d'ivresse ou simplement agité par une boisson ou un repas trop abondant doit être rigoureusement exclu; c'est le seul moyen d'éviter de très-graves accidents.

Le plongeur doit dans tous les cas se recouvrir du vêtement de dessous, bonnet, gilet, caleçon, chaussettes. C'est alors qu'on revêt le plongeur du scaphandre. Le vêtement imperméable se passe d'abord comme un pantalon ordinaire ; les jambes placées, on relève le costume le long du corps, on introduit les bras l'un après l'autre et on remonte la collerette de cuir de manière qu'elle s'ajuste bien sur les épaules. On place alors le coussin et, par-dessus, la pèlerine de métal, dans la situation qu'indique sa forme sur le haut du corps; on fait alors pénétrer chacun des boulons de la pèlerine de métal dans la boutonnière correspondante de la collerette de cuir. Les plaques de cuivre se disposent alors sur le tout et on les ajuste par-dessus la collerette, ainsi que les éerous à oreilles; on visse enfin ces derniers jusqu'à ce que la jonction entre la pèlerine et le vêtement soit suffisamment exacte : il faut qu'il n'y ait aucune possibilité d'introduction d'eau entre ces deux parties du vêtement.

Pour introduire les mains dans les manchettes de caoutchouc ou les en faire sortir, on est obligé de se servir d'ouvre-manchettes. Ces manchettes doivent être en effet énergiquement serrées, et il est nécessaire de produire un certain effort pour agrandir l'ouverture et donner ainsi aux poignets la possibilité d'y passer.

On met par-dessus ces manchettes des bracelets en caoutchouc, mais ils ne doivent pas être trop forts parce que la pression qu'ils déterminent pourrait devenir très-nuisible, arrêter la circulation et rendre impossible au plongeur tout effort sous l'eau. Il deviendrait même très-difficile de tenir un instrument à la main, tant les muscles seraient fatigués.

Le vêtement mis, on le complète en chaussant les brodequins plombés et en bouclant la ceinture à poignard.

Ceci fait, on met le casque au plongeur; il faut dévisser la glace circulaire et confier à deux hommes le soin de porter le casque audessus de la tête du plongeur ou dans la position qu'il devra occuper; après l'avoir bien orienté et élevé au-dessus de la tête du plongeur de quelques centimètres, ils feront descendre le casque verticalement jusqu'à ce que la partie inférieure porte sur la partie supérieure de la pèlerine. Les deux aides emboîtent alors l'une dans l'autre les deux parties du scaphandre et les engagent par un mouvement lent de droite à gauche. Une fois les filets engagés, on introduit la cheville de sûreté destinée à empêcher le casque de se dévisser.

L'air qui circule sous le casque ne doit pas pouvoir s'échapper; à cet effet, il faudra graisser soigneusement la bande de cuir interposée entre la pèlerine et le casque, de telle sorte que la fermeture soit complète.

Le tube conducteur de l'air doit avoir une longueur suffisante. On lui donne, en général, un tiers en sus de la dislance qui sépare la pompe à air du lieu où se tient le plongeur. Ce tube doit être essayé au préalable, et on doit s'assurer que les pompes compriment en effet suffisamment l'air dans les tuyaux; s'il y avait des fuites, cette opération préliminaire les manifesterait suffisamment. Pour mettre le tube à air à portée constante du plongeur, avant de visser ce tube sur le casque, on le passe dans un anneau fixé devant le plongeur à sa ceinture ; il ne gène pas le

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plongeur dans ses mouvements et celui-ci peut le manier aussi souvent qu'il en a besoin. On ne doit pas oublier d'attacher à la ceinture la corde des signaux. Puis, aussitôt

?ue l'homme est complètement préparé, on ait marcher la pompe à air, dont le plongeur règle la marche a la surface et au fond de l'eau. Ces préparatifs terminés, l'homme peut descendre sous l'eau, l'air amené par les pompes s'échappe en partie par l'ouverture de la glace.circulaire qui n'a pas encore été revissée, par le robinet s'il est ouvert, enfin par la soupape à air.

A ce moment, on suspend aux crochets du casque les masses en plomb que l'homme doit porter sur le dos et sur la poitrine. Puis, à l'instant où l'homme va entrer dans l'eau, on visse la glace circulaire, et le plongeur ferma le robinet à air aussitôt qu'il est dans le liquide.

Le plongeur ne doit pénétrer dans l'eau qu'avec de certaines précautions. L'introduction est une chose délicate; si la descente esî trop rapide, le plongeur éprouve des bourdonnements douloureux dans les oreilles; il est obligé, pour les faire disparaître peu à peu, de reproduire souvent les mouvements de mastication et de déglutition.

Il faut éviter que l'air reçu par le plongeur ne soit en trop grande abondance ; sans doute, la soupape à air peut être plus ou moins ouverte par l'homme revêtu du scaphandre, mais il arrive quelquefois que, malgré cela, l'air reçu est en trop grande abondance. Aussitôt le vêtement se gonfle et tire le plongeur de bas en haut; cette traction tend le costume aux jambes et à l'entre-deux, qui se fatigue rapidement, puis l'homme ne peut plus se maintenir au fond, allégé qu'il est par le volume d'air dont s'augmente le volume duscaphandre ; il remonterait sur l'eau ou serait rapidement exténué s'il n'avait la facilité d'ouvrir le robinet placé au-dessous de la glace principale ; une partie de l'air est renuée au dehors, et le casque ne retient bientôt plus que la quantité d'air nécessaire au plongeur.

Le vêtement est d'un usage très-fatigant, même en dehors de cette circonstance ; car la pression de l'eau comprime le scaphandre par en bas avec une telle force, que souvent le caleçon est imprimé sur les jambes du plongeur; aussi en résulte-t-il une véritable souffrance qui engourdirait bientôt, comme une trop forte pression aux manchettes, les muscles des membres inférieurs. Pour éviter cet inconvénient, l'homme s'assied de temps en temps ; le robinet d'écoulement de l'air en excès ayant été fermé, l'homme lève l'une après l'autre ses jambes; ce mouvement permet à l'air en excès du casque de pénétrer entre ie vêtement et les membres du plongeur, et la circulation se rétablit bientôt dans toute son activité. Ou doit avoir recours à ce moyen d'autant plus fréquemment que le travail se fait à une profondeur d'eau plus considérable; à 30 ou 35 mètres de profondeur, il faut ordinairement user plusieurs fois par heure de ce procédé.

Ce n'est qu'avec peine que le plongeur peut se pencher en avant ; dans ce mouvement, en effet, l'air s'accumule entre le dos de l'homme et le vêtement et gêne beaucoup le travailleur ; il faut encore recourir au robinet d'écoulement de l'air; on l'ouvre suffisamment pour laisser échapper le volume d'air qui s est interposé entre le dos et le scaphandre, et le-vêlemeut s'applique de nouveau contre te corps.

Le retour à la surface peut être effectué très-rapidement; on n'a, eu effet, qu'à fermer le robinet d'écoulement et diminuer l'ouverture de la soupape par laquelle s'échappe l'air; bientôt le vêtement gonflé d'air à la partie supérieure ramène le plongeur à la surface de leau; pour ne pas être fatigué par cette traction des parties supérieures, on peut se coucher sur le dos; l'air se répand ainsi dans tout le vêtement sans qu'une traction particulière se fasse sentir à quelquesuns des membres du plongeur. Un pareil moyen de revenir à l'air libre ne doit être employé par le plongeur que dans le cas où aucun obstacle ne se trouve au-dessus de lui.

Les hommes s'habituent vite à travailler sous l'eau à 10 ou 15 mètres , ce qui fait une pression totale de deux atmosphères ou deux atmosphères et demie; mais lorsque la pression s'élève à trois atmosphères, y compris la pression de l'air libre, c'est-à-dire à une profondeur de 20 à 25 mètres, généralement l'homme ressent un malaise qui se traduit principalement par de violents maux de tète et une douleurassez aigueaux oreilles. Il ne faut pas songer à faire travailler avec le scaphandre à plus de 30 à 35 mètres sous l'eau, fût-ce pour quelques instants. Toutefois, les inventeurs se sont efforcés de rendre possible un travail à de pareilles profondeurs et même à des profondeurs plus grandes. L'un des meilleurs constructeurs de scaphandres, M. Cabirol, a ajouté au casque du scaphandre une armure intérieure destinée à amortir les effets d'une pression trop forte, et il fait descendre les plongeurs jusqu'à 50 mètres au-dessous du niveau de l'eau, sans que ceux-ci soient gravement incommodés.

Il est bon d'accoupler des plongeurs qui se comprennent rapidement et soient en bonne intelligence; il faut que les hommes aient une entière confiance l'un dans l'autre ; do

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la sécurité dans laquelle se trouve le plongeur dépend l'utilité réelle du travail fait sous l'eau. Le plongeur qui est à la surface de l'eau tient le bout de la corde dont le dormant est à la portée de celui qui est revêtu du scaphandre, et, lorsque celui-ci revient à la surface, l'autre se recouvre du vêtement, descend sous l'eau et peut à son tour faire des signaux avec l'extrémité plongée de la même corde.

Lorsque le scapkandre remonte à la surface, il convient de manœuvrer la pompe à air de plus en plus lentement, afin qu'elle fournisse de moins en moins d'air. Dès que l'homme est sur l'eau, on dévisse la glace circulaire et on maintient la tête, car l'équilibre est difficile à tenir, à cause du poids assez considérable du casque, et l'homme pourrait tombera la renverse; puis on décroche les poids fixés au casque et a la ceinture, et enlin on enlève le casque. Toutefois, il serait dangereux de mettre le plongeur trop rapidement en contact avec l'air extérieur, surtout après un séjour assez prolongé au fond de l'eau. On a soin dans ce cas de continuer à pomper de plus en plus lentement en ouvrant le robinet d'écoulement d'air; de cette façon la pression diminue peu à peu jusqu'à redevenir égale à la pression atmosphérique ; mais, dans tous les cas, il convient de débarrasser le plongeur des poids qui surchargent . le vêtement aussitôt qu'il est sorti de l'eau. Le plongeur doit pouvoir rapidement exprimer par des signaux aux hommes du dehors ce dont il veut les instruire, sans changer de situation au fond de l'eau ; la corde de communication lui sert à cet effet. Les signaux doivent être bien convenus, peu nombreux et faciles à comprendre, de manière à traduire toutes les indications utiles; voici les principaux de ceux qu'on emploie dans les ports français. 11 est à remarquer qu'en général tout signal donné d'une part doit être répété de l'autre pour la sûreté de la communication.

L'homme de la surface donne un coup de corde pour demander si le plongeur est bien; celui-ci répond affirmativement par le même signal; l'homme de la surface doit répéter ce signal très-souvent, au moins toutes ies deux à trois minutes; l'homme du fond doit répondre immédiatement; si le plongeur laissait trois appels successifs sans réponse, il faudrait le remonter aussitôt en tirant sur la corde de communication.

Le plongeur donne deux coups pour demander plus d'air et trois coups pour demander inoins d'air; quatre coups donnés par le plongeur avertissent que celui-ci ne peut plus rester sous l'eau.

Ces signaux, les plus importants de ceux qui doivent être faits dans l'usage du scaphandre, se modifient lorsque le plongeur, au lieu de travailler sur le fond, travaille sur les flancs d'un navire. Dans ce cas, il se place sur les barreaux d'une échelle de corde qui peut être portée sur l'avant ou l'arrière du navire ou rapprochée ou écartée du bâtiment. Les demandes relatives à la disposition de l'échelle se font avec la corde; les demandes relatives à l'envoi d'air se font au moyen du tuyau d'arrivée du gaz. L'homme auquel est auressê le signal doit toujours répondre par la répétition du même signal, pour que la communication se fasse sûrement et qu'il y ait intelligence certaine entre les deux hommes.

L'échelle, ou un panneau rectangulaire qui la remplace et qui supporte le plongeur, peut être écartée ou rapprochée du navire par une corde passant sous la quille , et remontée ou abaissée par les cordes de suspension.

Le plongeur donne sur la corde un coup pour faire amarrer, lorsque l'échelle ou l'échafaud se trouve bien situe pour le travail qu'il doit effectuer. Ce signal est très-important, car il serait dangereux de trop rapprocher le support du navire, on s'exposerait à blesser le plongeur; l'homme donne deux coups pour l'aire rapprocher, trois coups pour faire écarter l'échelle du bâtiment; quatre coups donnés sur la corde veulent dire porter l'échelle en avant, et cinq coups la porter en arrière ; enfin le plongeur qui 'ne peut plus rester dans l'eau avertit du besoin qu'il a de remonter en donnant six coups de corde.

L'homme de la surface s'informe de la situation du plongeur et lui demande s'il est bien par un coup donné sur le tuyau à air. Le plongeur donne deux coups sur ce tuyau pour avoir plus d'air et trois coups pour en avoir moins.

Tels sont ies principaux signaux de communication; des conventions spéciales, faites entre les hommes qui ont l'habitude de travailler ensemble et variant avec la nature du travail effectué, permettent au plongeur de demander des cordes, des outils, eu général ce dont il peut avoir besoin.

Le scaphandre réclame un entretien trèssoigné et dont on ne se préoccupe pas toujours suffisamment. Le casque et la pompe, plus généralement toutes les pièces en cuivre doivent être attentivement nettoyées et entretenues comme dans les machines ordinaires. Il conviendra de démonter les pompes à air dès qu'elles ne seront plus en service; on nettoiera les cylindres et on essuiera les garnitures des pistons, afin de les débarrasser le plus possible du suif qui y entre ; on se sert de ce corps pour faciliter la manoeuvre

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et diminuer le frottement des pistons contre les corps de pompe ; mais lorsque ces pompes ne marchent pas, il faut se débarrasser du suif, qui contient une notable proportion d'eau et oxyderait le cuivre. Avant de reroettre la pompe en usage, on retire les pistons et on les graisse.

Les tubes conducteurs doivent être séchés à l'air après avoir été employés, et avant de s'en servir de nouveau on devra les essayer et y souffler.

Ce vêtement imperméable sera retourné dès que le plongeur s'en sera dépouillé; il conviendra de le placer pour qu'il sèche dans un lieu sec et aéré, mais on » remarqué que le soleil le détériore rapidement. Il convient même de le lavera l'eau douce si on l'a plongé dans l'eau de mer, pour le débarrasser des sels marins dont il s'est imprégné.

La scaphandre se déchire assez souvent; lorsque la déchirure est de petite dimension, on applique sur l'étoffe, à l'endroit où est la déchirure, une couche de caoutchouc liquide préparé à. cet effet ; on laisse cette couche sécher pendant environ une heure et on applique de la même manière deux nouvelles couches ; puis on fait les mêmes opérations sur une pièce d'étoffe imperméable de dimensions convenables; lorsque cette pièce est sèche, on intercale entre le morceau d'étoffe et le vêtement une plaque de caoutchouc laminé, et par-dessus celte plaque on place l'étoffe imperméable en appliquant le coté enduit de la pièce sur la déchirure ; on soumet le tout à une forte pression, et au bout d'un certain temps l'adhérence est complète. Le vêtement est dès lors aussi solide en cet endroit, malgré la déchirure qui s'y était produite, qu'en tout autre point du costume.

Les scaphandres ne sont pas en général de même modèle suivant que le plongeur doit travailler en eau douce ou en iner. Dans le premier cas, on fait usage d'un appareil un peu moins compliqué, et certaines pièces deviennent inutiles ; elles sont au contraire tout à fait nécessaires dans les travaux sous-marins.

L'appareil complet, tel qu'il est employé par la Compagnie des transatlantiques, la marine et les ponts et chaussées, revient à 3,080 fr. ; l'appareil qui sert aux barrages, aux travaux de rivières, à la construction des quais, des ponts, ne coûte que 2,000 fr.

SCAPMANDREUR S. m. (ska-fan-dreur — rad. scaphandre). Ouvrier qui travaille sous l'eau à l'aide d'un scaphandre.

SCAPHE s. f, (ska-fe — du gr. skaphê, nacelle). Entoin. Genre d'insectes coléoptères hétéroinères,de la famille des sténélytres, tribu des mordellones, formé aux dépens des anaspides, et dont l'espèce type habite l'Europe.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes fluviatiles, formé aux dépens des néritiues, et non adopté.

— Bot. Syn. de sauracja, genre de ternstrœmiacées.

SCAPHÉ s. m. (ska-fé — du gr. skaphê, barquej. Astron. Gnomon dont se servaient les anciens, et dans lequel le rayon solaire, étant reçu sur un arc divisé, indiquait l'angle de la direction de cet astre avec la verticale,

— Antiq. Vase pour les sacrifices, en forme de gondole.

— Ane. anat. Circonférence extérieure de l'oreille.

SCAPHÉPHORE s. m. (ska-fé-fo-re — du gr. skaphê, vase en forme de barque ; phoros, qui porte). Antiq. gr. Nom que les Athéniens donnaient aux étrangers domiciliés.

— Encycl. L'origine de ce nom est curieuse. A la grande fête des panathénées, pour bien marquer la différence entre les véritables Athéniens et les habitants étrangers, on obligeait ces derniers à porter dans la procession des ustensiles qui pouvaient être utiles aux premiers et à leur servir, pour ainsi dire, d'esclaves dans cette circonstance. Les citoyens, s'ils étaient d'un âge mûr, tenaient à la main des branches d'olivier ; s'ils étaient jeunes, ils avaient leurs armes, tandis que les jeunes filles portaient des corbeilles contenant des offrandes à la déesse Athéué. Parmi les étrangers, les rôles dans cette procession étaient partagés de la manière suivante. Les femmes mariées étaient chargées de porter des vases pleins d'eau destinés à l'usage des femmes des citoyens de l'AUique; on les appelait, pour cette raison, hydriaphorvs. Les jeunes tilles étrangères tenaient des parasols au-dessus des jeunes filles athéniennes et les garantissaient ainsi des rayons du soleil , ce qui leur faisait donner le nom de sciadéphores. Les hommes étrangers portaient les vases destinés aux sacrilices, et de là venait qu'ils étaient appelés scaphéplior es. C'est Elien qui nous a transmis ces détails, et il ressort clairement de ses paroles qu'une coutume si humiliante pour les étrangers ne fut pas établie par les lois de Solon, mais fut introduite à une époque postérieure.

SCAPHIDACTYLE s. ra. (ska-fi-da-kti-le — du gr. tkuphion, bêche; daklulos, doigt). Entoni. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des féronieiis, comprenant trois ou quatre espèces, dont le type habite le Mexique.

SCAPHIDEs. f. (ska-fi-de — au gr. skaphê, nacelle). Bot. Genre de lichen3, voisin des graphides et des opégraphes.

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SCAPHIDIE s. f. {ska-fi-dl — du gr. skaphê, nacelle; idea, forme). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des clavicornes, type de la tribu des scaphidites, comprenant une trentaine d'espèces, répandues dans les deux continents : Les scApuidies vivent soit dans les champi- 1 gnons, soit dans le vieux bois. (Chevrolat.)

— Encycl. Les scnphidies sont caractérisées par un corps épais, rétréci et pointu aux deux bouts; la tête petit»; ; les yeux arrondis, à peine saillants ; les antennes courtes, insérées au devant des yeux ; le labre entier; les mandibules échancrôes à l'extrémité, ; les palpes filiformes; le corselet convexe; les élyties tronqués; les pattes grêles; les tarses terminés par deux crochets. Les espèces très-peu nombreuses de ce genre habitent l'Europe, et trois d'entre elles se trouvent aux environs de Paris ; elles vivent sur les champignons et se rencontrent surtout en automne. Au moindre mouvement qu'on imprime à ces cryptogames, ils se laissent tomber à terre ; aussi est-il facile de les prendre en étendant un mouchoir sous les grands champignons. Nous citerons, entre autres, la scaphidie immaculée, qui est longue de 0m,005 et entièrement noire.

SCAPHIDITE fulj. {.-ka-fi-di-te — rad. scaphidie). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la scapliiilie.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des clavicornes, comprenant les genres scaphidie et cholene.

SCAPHIDOMORPHE s m. (ska-ii-do-mor-fe — du gr. shiphidion, nacelle ; morphê, forme). Entom. Genre- d'insectes coléoptères tétraînèrcs, de la famille des elavipalpes, tribu des érotyliens, comprenant une quinzaine d'espèces, qui habitent l'Amérique.

SCAPHIDURE s. m. (ska-fi-du-re — du gr. slcaphidion , nacelle; oura , queue). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des cassiques.

SCAPHINOTE s. m. (ska-fi-no-te — du gr. skaphê, nacelle;, notas, dos). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des simplioipèdes, comprenant deux espèces, qui habitent l'Amérique du Nord.

SCAPHION s. m. (ska-fi-on — du gr. skaphion, nacelle), Entom. Syn. de scaphidie.

SCAPHIOPE s. m. (ska-fi-o-pe — du gr.

skaphion, bêche ;pous, pied). Erpét. Genre de batraciens anoures, de la famille des raniforines, dont l'espèce type habite l'Amériqu'e du Nord.

SCAPHISME s. m. (ska-fl-sme — du gr.

skaphê, barque). Nom que les historiens du moyen âgt ont donné au supplice de l'auge, usité chez les Perses. V. auge.

SCAFH1SOME s. m. (ska-fi-sojme — du gr. skaphê, nucelle; sdma, corps). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des clavicornes, tribu des scaphidites, formé aux dépens des scaphidies, et comprenant deux petites espèces, répandues dans presque toute l'Europe.

SCAPHITE s. t. (ska-fi-te — du gr. skaphê, nacelle). Moll. Genre de mollusques céphalopodes, do la famille des ammonées, dont l'espèce type est un fossile de la craie inférieure : Les scAPiiiTKS sont assez communes dans la craie chloritée de la montagne Sainte- Catherine, près de Itouen. (Dujardin.)

— Encyc. Les scaphites avaient une coquille symétrique ovalaire, commençant par une spirale a tours réunis, tout à fait semblable à l'ammonite; mais où l'analogie cesse, c'est au dernier tour de spire ; en effet, chez la scaphite, le dernier tour se détache du corps de la coquille, puis se porte directe-

J ment en avant, pour se recourber brusquement en dedans, de façon que l'ouverture regarde le centre de la spire. Cette coquille était divisée par des cloisons transverses, infléchies ou découpées en lobes symétriques. Le siphon était dorsal. Les scaphites se rencontrent communément dans la craie chlori-

( tée de la montagne Sainte-Catherine, près de Rouen.

SCAPHOCÉPHALE adj. (ska-fo-sé-fa-le — du gr. skaphê, barque; kephalê, tête). Anthropol. Se dit doin crâne en forme de nacelle.

SCAPHOÏDE adj. (ska-fo-i-de — du gr.

skaphê, barque; eidos, aspect). Hist. nat. Qui a la forme d'une barque.

— Anat. Se dit d'un des os du carpe et du tarse : L'os scaphoïde de la main. L'os scariioïDE du pied, il Fosse scaphoïde, Petite cavité située à la partie supérieure de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde.

— s. m. Os scaphoïde : Le scaphoïde du pied, de la main.

— Ichthyol. Dent fossile de poisson.

— Encycl. Anat. On appelle scaphoides deux petits os du corps humain qui occupent l'un le carpe, l'autre le tarse. Le scaphoïde du carpe est le premier et le plus gros des os de la première rangée carpienne. C'est à l'excavation profonde d'une de ses facettes qu'il doit son nom, tiré du grec et qui signilie semblable à une barque (ma?î|,rïïof). Il s articule supérieurement avec le radius, inférieurement avec le trapèze et le trapézoïde, en

SCAP

dedans avec le semi-lunaire et le grand os. En avant, en arrière et en dehors, il ne donne attache qu'à des ligaments. Le scaphoide du tarse en occupe la région interne. Il est aplati d'avant en arrière et de forme irrégulièrement elliptique, son grand diamètre étant dirigé transversalement. Sa face postérieure excavée loge incomplètement la tète de l'astragale; sa face antérieure présente trois facettes articulaires correspondant aux trois os cunéiformes. Sa circonférence rugueuse en haut et en bas donne insertion à des ligaments; en dehors elle présente souvent une petite facette qui s'articule avec le cuboïde ; en dedans ello se fuit remarquer par une apophyse saillante, facile à sentir à travers la peau et qui sert de guide dans l'amputation partielle du pied suivant la méthode de Chopai t. On donne encore, en anatoniie, le nom de fosse scaphoïde à une petite cavité située à la partie supérieure de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde du sphénoïde, au-dessous de l'orifice postérieur du conduit vidien. Elle donne attache au muscle péristaphylin interne.

SCAPHOÏDO-ASTRAGALIEN, IENNE adj.

(skii-fo-i-do-a-stra-ga-li-ain, i-è-ne). Anat. Qui appartient à l'os scaphoïde et à l'astragale: Ar/ICilfad'oJlSCAPHOÏUO-ASTRAGALIKNNE.

SCAPHOÏDO-CUBOÏDIEN,IENNEadj.(ska-

fo-i-doku-bo-i-di-ain, i-è-ne). Anat. Qui appartient a l'os scaphoïde et au cuboïde : Articulalion scaphoïdo-cuboïdiennh.

SCAPHOÏDO SUS-PHALANGIEN , IENNE

adj. (ska-fo-i-do-su-sfa-lan-ji-ain , i-è-ne). Anat. Se dit d'un muscle qui s'étend de l'os scaphoïde à la fuce supérieure de la phalange du pouce : Le muscle scaphoïdo-sus-

PHALANGIEN.

— Substantiv. : Le scaphoîdo-sus-phalan-

GIBN.

SCAPHOPHORE s. m. (ska-fo-fo-re — du gr. skaphê, nacelle; phoros, qui porte). Bot. Syn. de scuizophylle, genre de champignons.

SCAPHORHYNQUE s. m. (ska-fo-rain-ke — du gr. skaphos, nacelle; rhugehos, bec). Ornith. Syn. de tyran, genre d'oiseaux.

SCAPHULE s. f. (ska-fu-le — dimin. du gr. skaphê, nacelle). Moll. Genre do mollusques acéphales à coquille bivalve, de la famille des arcacées, dont l'espèce type vit dans les eaux douces de l'Inde.

SCAPHURE s. f. (ska-fu-re — du gr. skaphê, nacelle; oura, queue). Entom. Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la famille des locuitiens, dont l'espèce type vit au Brésil.

SCAPHUSIA, nom latin de Schaffhousb.

SCAPHYGLOTTE s. f. (ska-fi-glo-te — du gr. skaphê, nacelle; glôtta, langue). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des validées, comprenant des espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

SCAPIFLORE adj. (ska-pi-flo-re — du lat. scapui, hampe; flos, fleur). Bot. Dont les fleurs sont portées par des hampes.

SCAP1FORME adj. (ska-pi-for-ine — du lat. scapus, hampe, et de forme). Bot, Qui a la forme d'une numpe.

SCAPIGÈRE adj. (ska-pi-j è-re — du lat.

scapus, hampe ; gero, je porte). Bot. Dont les tiges sont des hampes.

SCAPIN s. m. (ska-pain — nom d'un personnage de comédie). Valet fripon ; intrigant de bas étage : C'est un scapin, un vrai scapin. Le scapin avait une tête de renard futée, pointue, narquoise. (Th. Gaut.) Filles de bon conseil, retortes comme un juge, Promptes à la réplique ainsi qu'au subterfuge, Voua faites bien pendant A. ces dignes scapins. Ta. us Banville.

SCAPIN, de l'italien scappare, s'enfuir, un des personnages les plus célèbres et les plus comiques de la comédie italienne; c'est un valet de beaucoup d'esprit et de ressources, intrigant, fripon, bavard et menteur, brouillon, quémandeur, poltron, tant soit peu voleur; il change souvent de maître; sa réputation est très-mauvaise, mais il est fort bien en cour avec les soubrettes, qui ne peuvent se divertir sans lui. Il sert adroitement, fiar inclination, mais plus encore par intérêt, es passions des jeunes libertins; il est toujours du parti du fils prodigue contre le père avare. Lèatidreet Géronteen savent quelque chose. Ce personnage a été traité de main de maître par Molière, qui a fait passer son nom en proverbe.

Scapin a vu le jour à Milan, qui a fourni à la comédie les types de Brighella etda Meneghino, dont Beltrame et Scapin ne sont que des variétés.

Scapin est aussi corrompu, mais moins féroce que Brighella. Où Brighella jouera du poignard, Scapin, pour ne pas faire mentir son nom, jouera des jambes. Malgré cette différence importante, Se ipin est le même caractère que Brighella. En France, il perd son costume traditionnel, mais, sous son étiquette française, il ne dément point son origine.

Callot, dans ses felils danseurs, représente le Scapino italien de son époque vêtu d'habits amples comme Frite, lino, portant le masque et la barbe, le manteau, le grand chapeau k plumes et le sabre de bois. C'est eu-

SCAP

core ainsi que Dionis, de Milan, directeur dé troupe, jouait les rôles de valet en 1630.

En îassant sur la scène française, avec Molière et Kegnard, il se fond avec les Beltrame, les Turlu|iin, les Jodelet. Il quitte le musqu î, prend des vêtements raves vert et blanc, ses couleurs traditionnelles, et devient Gros-René au visage enfariné, Mascarille, La Violette, Sganarelle.

Le 'Jcapino italien qui parut sur la scène ilali 'D 1e de Paris en 1716 reprit le costume de Bri^hella, un peu rajeuni, et continua les rôles créés par l'ancien Briguelle et par Mezzetin.

Cet emploi était rempli, dans la troupe de 171G, par Giovanni Bissani, qui tint cet emploi ju: qu'à sa mort, arrivée en 1723. Alessandro Ciavarelli, de Naples, débuta dans le même rôle le 2 septembre 1739. C'est sur lui que fus fait le quatrain suivant :

Ciavarelli met tant de grâces Quand il représente Scapin, Qu'à ses lazzis, & ses grimaces On le prendrait pour Arlequin.

C'est un autre Scapin, Camerani (1769), qui a prononcé ce mot célèbre : » Messieurs, prenez-y garde 1 11 y a longtemps que je vous l'ai dit : tant qu'il y aura des auteurs, la comédie ne pourra pas aller. »

Molière, que l'on querellait à propos des Fonrbtries de Scapin (on connaît le vers de Boilea'j), répondit à ce sujet : « J'ai vu le public quitter le Misanthrope pour Scaramouche : j'ai chargé Scapin de le ramener. «Consulter l IasqueS et BOUFFONS de Maurice Satid.

SCAPINELLI (Louis), philologue et poëte italien, né à Modène en 1585, mort dans la même ville en 1634. Bien qu'il fût aveugle, il lit d'excellentes études et devint précepteur du fils du duc de Modène, qui lui fit obtenir, en 160'), une chaire d'éloquence a l'université de Bologne. De cette ville, Scapinelli revint à Modène (1617), passa ensuite à l'université de Piso (1621) et enfin fut rappelé à Bologne avec le titre de premier professeur d'éloquence (1628). Ses ouvrages ont été publiés pour li première fois sous ce titre : Opère del dottore Lodovico Scapinelli (Parme, 1801, 2 vol. in-8°). Ils consistent en poésies latines et ital ennes , en quinze dissertations sur Tite-Live, en morceaux de prose. Scapinelli échappa en partie au mauvais goût du temps. On trouve dans son style moins de subtilités pédantssques que dans les écrivains de son époque.

SCAPOLITE S. f. (ska-po-li-te). Miner. Silicate d'aluminium et de calcium naturel, appelé aussi WERNÉRITE, PARANTHINE, ÉKIiBER- GITB, rOTTALLITE, TÉTRACLASITE , GLAUCOLl- THK, ATHÉRIASTITE , TÉRÉN1TE et STROGANO- WITK.

— Encycl. Les anciens ont désigné sous le nom do scapolite une substance blanc grisâtre nacré, rayant le verre, cristallisant en longs prismes droits rectangles ou presque octogones, d'une densité égale à 3,680,et formée essentiellement de silicate alumineux ds chaux et de fer. Mais ces caractères varient beaucoup, et la scapolite, que Haùy rangea. t parmi les minéraux de nature mal connue, a été rapportée ou rattachée successivement à l'aretizite, a l'ekebergite, à l'éléolite, à la glaucolithe, au micarelle, à la nuttallile, à la paranthine, à la wernérite, etc. La scapolite, d après les travaux les plus récents, .ie saurait donc constituer une espèce minéra.e. 11 semble même que ce nom doit disparaître de la nomenclature minéralogique, oi tout au plus servir à designer une Bimple variété de la wernérite. V. ce mot.

SCAI'TE s. m. (ska-pte — du gr. skaptô, }e fouis). Kntom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des taxioomes, tribu des diapériales, comprenant deux espèces, qui vivent à la Guyane et aux Philippines.

SCAFTÉ-HYLÉ, pays de l'ancienne Thrace, près d'Abdère , non loin de la côte' septentrionale de la mer Egée. Il était célèbre par ses mines d'or et d'argent, qui appartenaient à la famille de l'historien Thucydide.

SCAI'TEIRE s. m. (skap-tè-re — du gr.

skaptêr, fouisseur). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la tribu des ptïstidactyles, dont l'espècii type vit en Afrique.

SCAPTÈRE s. m. (ska-ptè-re — du gr.

skaptêt, fouisseur). Entom. Genre d'insectes coléoptères peti tanières, de la famille des carabiques, tribu des scaritides, dont l'espèce type ht bite l'Inde.

SCAPTÉROMYS s. m. (ska-pté-ro-miss — du gr. skaptêr, fouisseur ; mus, rat). Mamm. Genre de mammifères rongeurs, de la famille des rats.

SCAITINE s. f. (ska-pti-ne). Chim. Matière extraite de la digitale.

SCAI'TOBIE s. m. (ska-pto-bî — du gr.

skaptô, fouir ; bina, je vis). Entom. Genre d'insec .es coléoptères pentamères , de la famille d;s lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles, comprenant trois espèces, qui habitent l'Afrique australe.

SCAl'TOCORISE s. f. (ska-pto-ko-ri-ze — du gr. skaptô, , je fouis; koris, punaise). Enloin. Gsnre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des scuteliériens, tribu des cyduites, dont l'espèce type habite le Brésil.

SCAP

SCAPTODÈRE s. m. (ska-pto-dè-re — du gr. skaptô, je creuse; deré, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées coprophages, formé aux dépens des copris, et comprenant deux espèces .qui vivent dans l'Inde.

SCAPULA (Jean), philologue allemand, qui vivait dans la seconde moitié du xvis siècle. Employé dans l'imprimerie du fameux Henri Estienne, il revit les épreuves du Thésaurus lingual grscs et pilla ce magnifique ouvrage pour en extraire un abrégé qu'il présenta comme un travail original. Estienne réclama vivement, mais inutilement, contre ce plagiat qui lui causait un grave préjudice. En effet, la compilation, d'un prix moindre que le Thésaurus, se vendit bien plus facilement. Le Lexicon grseco-latinum de Scapula a été imprimé à Bâle (1579, in-fol.), et on en a fait plusieurs éditions, parmi lesquelles on cite celle des Elzevir (Leyde, 1652, in-fol.), celle d'Oxford (1820, in-fol.) et celle de Londres (1820, in-4°). Scapula a laissé, en outre : Primogenix voces seu radiées tingus grxcs (Paris, 1612, in-8o).

SCAPULAIRE adj. (ska-pu-lè-re — du bas latin scapulare, vêtement qui recouvre seulement les épaules; du latin scapula, épaule). Anat. Qui appartient à l'épaule ou à l'omoplate : Aponévrose SCAPULAIRB. Artères, vêtues scapdlaires. Dans les quadrumanes, l'os ecapulaire antérieur est une clavicule forte, résistante , longue et parfaite comme dans l'homme, (lsid. Geoffroy St-Hil.)

— Ornith. Plumes scapulaires, Plumes de l'humérus les plus voisines de l'articulation de l'épaule.

— s. m. Partie du vêtement de certains religieux, qui se met sur l'habit pour le préserver pendant le travail, et se porte sur les épaules, pendant par devant et par derrière jusque vers le bas de la robe. Il Objet de dévotion composé de deux petits morceaux de drap bénits, réunis par des rubans, que les personnes dévotes portent sous leurs habits, et qui passe, à leurs yeux, pour procurer certaines grâces religieuses et écarter les dangers et les. maladies:

Au lieu d'un bouclier, je veux un scapulaire.

A. Soumît.

Un joli sein, dont le doux mouvement Semble appeler les baisers d'un amant, A ces baisers oppose un scapulaire.

Pardi.

... Je pourrais citer des milliers de vauriens Qui, chargés d'un çtissel, parés d'un scapulaire. Des Garasses nouveaux ne quittent plus la chaire.

VlENNET.

. — Chir. Bande de toile qui, passée sur les épaules, maintient et empêche de glisse* un bandage établi autour du corps.

— Tecbn. Partie façonnée qui se trouve au commencement et h la fin d'un châle long ou d'une éeharpe : La hauteur du scapulaire est ordinairement d'une dimension à peu près égaie à la moitié de la largeur du chàte. (Palcot.)

— Encycl. Aponévrose scapulaire. Elle se fixe d'une part à l'épine et au bord spinal de l'omoplate, de l'autre à la crête qui sépare les muscles souS-épinèux et grand rond.

— Artères scapulaires. Celles qu'on désigne sous ce nom sont : 1° ta scapulaire commune, qui naît de l'artère axillaire,au niveau de ta partie inférieure de l'humérus, tantôt seule et tantôt par un tronc commun avec la . circonflexe postérieure, la circonflexe antérieure, la thoraoique longue et l'humérale profonde. Son volume surpasse alors celui da la brachiale. D'abord située entre le nerf radial et la principale branche d'origine du nerf médian, elle se dirige eu bas et en dehors le long du bord inférieur du sous-scapulaire, et, quand elle est parvenue au-dessous de l'insertion de ce muscle, elle se divise en deux branches, l'une descendante ou thoracique, l'autre scapuluire proprement dite. 2° La scapulaire postérieure ou transaerse, qui s'éteud de la ious-claviére au bord spinal de l'omoplate en passant a travers les nerfs du pie v. us brachial et quelquefois à travers le scaléne postérieur. Elle naît souvent par un tronc commun avec la thyréoïdienne inférieure. Au niveau du muscle angulaire de l'omoplate, elle se divise en deux branches appelées, d'tiprès leur direction, cervicale ou ascendante et scapulaire ou descendante, 3» La scapulaire supérieure, qui naît de la partie nntèrieure de la sous-clavière, longe la clavicule, s'enfonce dans la fosse sus-épineuse, Croise le bord concave de l'épine de l'omoplate et pénètre dans la fosse sous-épineuse, où elle se termine, après avoir donné des rameaux anastoniotiques nombreux et des branches au trapèze, ainsi qu'aux tissus périostiques, osseux et musculaires des fosses sus et sous-épineuses.

— Relig. Saint Benoît donna à ses religieux pour le travail un vêtement qu'il appela scapulaire. Il était beaucoup plus large et beaucoup plus lourd qu'il n'est aujourd'hui; il servait, comme le poite son nom, k familles épaules pour les fardeaux et à. conserver la tunique. 11 avait son capuce comme la cuculle, et ces deux vêtements se portaient séparés, le scapulaire pendant le travail, la cuculle k l'église et hors de la maison. Depuis, les moines ont regardé le scapulaire

SCAR

comme la partie la plus essentielle de leur habit. Aussi ils ne le quittent point et mettent le froc ou la cuculle par-dessus.

Dès que le scapulaire est devenu inutile, on a perdu de vue son but primitif et il n été l'objet d'une superstition. Cet ancien vêtement de travail s'est transformé en un signe de dévotion particulière envers la Vierge, et le port s'en est généralisé chez les dévots. Cette imagination est due à un nommé Simon Stock, carme anglais et général de son ordre, vivant au milieu du xm« siècle. Ce Simon Stock prétendit que, dans une vision, la sainte Vierge lui avait donné le scapulaire comme une marque de sa protection spéciale envers tous ceux qui le porteraient et qui garderaient la virginité, ou la pureté, ou la chasteté conjugale, selon leur état, et qui réciteraient le petit oflica de Notre-Dame. Mosheim, qui traite k bon droit cette vision de Stock de fable ridicule et impie, de fraude notoire, de sottise superstitieuse, dit que les carmes, afin de répandre l'usage du sc«puiaire,n'ontpas craint de publier que la Vierge avait promis à Stock que tous ceux qui mourraient avec l'habit de carme ou avec le scapulaire seraient à couvert de la damnation éternelle. Divers auteurs catholiques blâmèrent la superstition attachée au scapulaire, mais la cour de Rome se prononça en sa faveur. Les' papes Paul V, Pie V, Clément VIII, Clément X, Benoit XIV l'ont approuvé.

Les laïques ne pouvaient guère porter le vaste et lourd scapulaire des premiers bénédictins. Aussi, pour leur rendre cette dévotion facile, on a réduit le scapulaire à deux fietits morceaux d'étoffe sur lesquels est brodé e nom de la sainte Vierge. On porte ce sertpulaire attaché au cou, sur la poitrine et sous la chemise. On voit quelquefois des mères dévotes mettre un scapulaire à leurs enfants dès les premiers jours de leur naissance.

SCAPOLALGIEs. f. (ska-pu-lal-jl — du lat. scapula, épaule, et du gr. algos, douleur). Pathol. Douleur à l'épaule.

SCAPULALGIQUE adj. (ska-pu-lal-ji-ke — rad. tcapulalgie), Pathol. Qui a rapport à la scapulalgie : Douleur scafulalgique.

SCAPULO-CORACO-RADIAL, ALE adj, (ska-pu-lo-ko-ra-ko-ra-di-al , a-le). Anat, Se dit d'un muscle qui s'étend de l'omoplate et de l'apophyse coracoïde au radius : Muscle SCAPULO-CORACO-RADIAL.

— Substantiv. : Le scapulo-coraco-ra-

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