‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 151 sur 1059 · DIAL · texte numérisé non relu

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SCAPULO-HUMÉRAL, ALE adj. (ska-pulo-u-iné-ral, a-le — du lat. scapula, omoplate ; humérus, épaule). Anat.' Qui appartient à l'omoplate et à l'humérus : Articulation sca-

FULO-HUMÉRALB.

SCAPULO-HYOÏDIEN , IENNE adj. (skapu lo-i-o-i-di-ain, i-è-ne). Anat. Se dit d'un muscle qui s'étend de l'omoplate à l'hyoïde : Muscle scapulo-hyoiïmen.

— Substantiv. ; Le scapulo-hyoïdiën.

SCAPULO-RACHIDIEN, IENNE adj. (skapu-lo-ra-chi-di-ain, i-è-ne). Anat. Qm appartient à l'omoplate et au rachis.

SCAPULO -RADIAL, ALE adj. (ska-pu-lora-di-al, a-ie). Anat. Se dit d'un muscle qui s'étend de l'omoplate au radius : Muscle Sca-

PULO-RADIAL.

— Substantiv. : Le scapuloradial.

SCAPULTjM s. m. (ska-pu-lomm — du lat.

scopu^i, épaule). Anat. Nom scientifique de I'omoplatu.

SCARABE s. m. (ska-ra-be — du gr. skara/tos, scarabée, par allusion à la forme). AIoll. Genre de mollusques gastéropodes pulmones, de la famille des uuriculés, comprenant plusieurs espèces, dont le type habite l'Inde et les Moluques.

— Encycl. Moll. Les scarabes ont la tête large, munie de deux tentacules; la bouche armée d'une dent supérieure, la langue munie de crochets ; le corps en colimaçon, la cavité pulmonaire située obliquement sur le dos et s'ouvrant à droite par un oritice arrondi. Ils sont monoïques. La coquille est ovalaire, déprimée, à tours de spire nombreux et serrés; l'ouverture ovale, aigus et munie de dents nombreuses. Ces mollusques, qui sont voisins des auiicules, vivent sur les plantes qui croissent au bord de la mer; ils peuvent rester immergés quelque temps s-ans en souffrir , mais ils ne sont pas essentiellement marins. Ils s'éloignent peu des rivages. Ce sont des animaux apathiques, qui fuient la lumière et restent le plus souvent renfermés dans leur coquille. Les espèces de ce genre habitent l'Inde et l'archipel Indien. Elles sont très-peu nombreuses; la plus remarquable est Je scarabe aveline, vulgairement nommé gueule de loup.

SCARABÉ s. m. (ska-ra bé). Entom. Se dit quelquefois pour scarabée, : Les tarées des scarabes ne sont pas connues. (H. Lucas.)

SCARABÉE s. m. (ska-ra-bè — latin scarabxits, qui représente lui-même le grec skarabaios; de skarabos , scarabée, lequel n'est sans doute qu'une variante de karabos, karabis, en latin carabus, langouste, homard. Karabos est lui-même pour Ituraplios, comme l'indique le .synonyme kêrupliis. Lasscn rapproche le grec karabos , pour karaphos, du hanscrit carabha, qui, connue le latin locusta, désigne à la fois la lansrouste et la saute-

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relie. La racine pourrait être car, blesser, d'où çara, mal, dommage, blessure, flèche, etc. Le nom peut se rapporter snit aux piquants de la langouste, soit aux déprédations de la sauterelle. Il est plus difficile d'expliquer pourquoi le nom sanscrit est aussi celui du chameau. A la même racine paraît se lier le grec karts, karidos, crevette, car bha n'est qu'un suffixe très-usité. Le latin carabus a passé a l'anglo-saxon krnbba, Scandinave krabbi, ancien allemand krebaso, chrepazo, comme le montre l'identité de la gutturale, il est difficile de séparer de ce groupe l'irlandais cruban, erse crubog, kymrique crwban, bien que le verbe crubaim, courber , suggère le sens d'animal tortu. Peut-être le terme ancien a-t-il été ino iiflé en vue de l'étymoiogie). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, type de la tribu des scarabéides, comprenant une centaine d'espèces, répandues dans les diverses régions du globe, mais surtout en Amérique : Les jambes des scarauées sont garnies de pointes écailteuses. (V. de Boinare.) Les plus grands scarabées se trouvent dan$ l'Amérique méridionale. (Buff.)

On voit briller d'un éclat pur

Les corsages d'or et d'osur Des scarabée!.

Th. db Banville.

Il Scarabée aquatique, Nom vulgaire des dytiques et hydrophiles. Il Scarabée à ressort, Nom vulgaire des taupins. Il Scarabée à tarière ou à vrille, Scarabée pulsateur. Noms vulgaires des vrillettes. Il Scarabée à trompe, Nom vulgaire des charançons. uScarabéeà une corne, Scarabée monocéros, Oryctès nasicorne. Il Scarabée cornu, Nom vulgaire des cerfsvolauts ou lucanes. U Scarabée de.Caycnne, Nom vulgaire des blattes. Il Scarabée des lis, Nom vulgaire du criocère du lis. Il Scarabée disséqueur, Nom vulgaire des dermestei. Il Scarabée enlerreur. Nom vulgaire des nécrophores. Il Scarabée onctueux, Nom vulgaire des escarbots et des méloés. il Scarabée pilulaîre, Nom vulgaire de l'escarbot. il Scarabée tortue, Scarabée sphérique, Noms vulgaires des cassides et des coccinelles.

— Archéol. Pierre gravée qui porte l'empreinte du scarabée sacré, chez les Egyptiens. Il Bijou étrusque qui a la forme d'un scarabée.

— Géom. Courbe formée par les lieux des pieds des perpendiculaires abaissées d'un point de la bissectrice d'un angle. droit sur une ligne d'une longueur constante , dont les extrémités glissent sur les cotés de cet angle.

— Crust. Nom vulgaire des monocles.

— Encycl. Entom. Le nom de scarabées a été et est encore souvent pris pour signifier la tribu tout entière des scarabéides (v, ce mot) ; mais les naturalistes l'ont restreint au genre qui a donné son nom k la tribu. Ce genre, qui compte dans ses espèces les géants de l'ordre des coléoptères, se signale par un corps lourd, massif, solidement cuirassé ; par un labre imperceptible, des mandibules puissantes, une tête et un prothorax presque toujours pourvus, chez les mâles, de prolongements eu forme de cornes. Les espèces de ce genre de scarabée ont des mâchoires garnies de dents, et tout montre chez ces insectes un appareil buccal construit pour la trituration de feuillages durs et même de tissus ligne-ix. Les cornes que portent les mâles leur donnent une physionomie étrange. Dans l'état actuel de la science, on cherche en vain quel peut être le rôle de ces prolongements qui présentent une grande diversité selon les espèces. Rien daus la vie de ces animaux ne fait soupçonner leur usage et on est conduit il les regarder comme de simples parures. Les grandes espèces habitent exclusivement les contrées tropicales, les Antilles, l'Amérique du Sud, les Moluques. Les larves de ces énormes insectes vivent dans les vieux troncs et font une consommation effrayante de végétaux. Parmi ces gros scarabées, les plus remarquables sont : le scarabée hercule, au corps noir, avec des élytres olivâtres, "brillants, tachetés de noir, et le front portant, chez le mâle, une corne prodigieusement longue -, le scarabée Jupiter, do la Nouvi'lle-Greuade, espèce voisine de la précédente , aux élytres noirs comme les autres parties du corps; le scarabée actéon, du Brésil, tout couvert d'un fin duvet; le scarabée allas, de l'île d'Amboine, ayant la teinte et le brillant du bronze. Les scarabées de notre pays sont les oryctès, distingués des vrais scarabées pur l'absence de dents aux mâchoires. Le scarabée des Egyptiens est un ateuche. V. ces mots.

— Archéol. Les scarabées antiques, dont la maiiere varie infiniment, réunissent en général le travail des intailles à celui des caillées. Leur surface inférieure, plate et gravée en creux, renferme soit des hiéroglyphes, soit des ligures diverses. La partie supérieure, au contraire, toujours eovwexe, est sculptée en relief et représente d'une manière plus ou moins fidèle le scarabée sacré («teuc/tus sacer), espèce de bousier, dont l'original s'est trouvé dans plusieurs cercueils du niiiuiios et dont il. Cailliaud a découvert en Nubie in type vivant. Cet insecte attira do bonne heurs l'attention des Egyptiens. Son instinct remarquable et différentes particularités de sa vie, auxquelles on ne manqua pus.

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d'ajou ter plusieurs détails fabuleux, semblent avoir vivement frappé leur esprit. Ils en firent l'un des attributs ou même le représentant du dieu Phtah, créateur de l'univers, et par suite l'emblème du monde ; ils le figurèrent parmi les signes du zodiaque. Le scarabée devint aussi l'un des éléments constitutifs de l'écriture égyptienne. Il paraît, surtout dans les cartouches royaux , tantôt comme symbole du monde, tantôt comme signe phonétique de la syllabe ter et quelquefois de la lettre t.

Le scarabée était en Egypte, comme ornement, d'un usage général, depuis la plus haute antiquité jusqu'aux derniers temps de cette nation essentiellement conservatrice. Dans les collections du Louvre, plusieurs d'entre eux portent les noms de pharaons dont le règne est antérieur de plusieurs siècles à Joseph et à Jacob, tandis que d'autres appartiennent aux temps des Ptolémées et des empereurs romains. Le roi Toutmès III fournit a lui seul plus de scarabées que tous les autres rois ensemble. Sa légende fut reproduite sur des ouvrages de ce genre d'une époque relativement très-récente , soit par vénération pour la personne de ce roi, soit à cause du sens mystérieux qu'elle renfermait.

Comme bijou, le scarabée était d'un usage très-varié. Généralement, il servait de cachet et se portait en bague. On trouve des empreintes de ces cachets en terre sigillaire. Les gravures portent toutes sortes de légendes, mais plus ordinairement des sujets religieux. • La monture ordinaire des scarabées »fe composait, dit M. de Rougé, d'un fil d'or qui s'amincissait aux extrémités et s'enroulait de chaque côté sur l'anneau. Ce modèle très-simple est en même temps très-commode pour monter un chaton tournant destiné à servir de cachet. » D'autres entraient duns la composition des colliers, des bracelets et des gorgerins; d'autres ornaient des vêtements, des ustensiles, et, suivant Plutarque, les guerriers en garnissaient la poignée de leur épée ; d'autres, enfin, servaient d amulettes. Champollion croit que certains sceaux de faïence et de bois, portant en creux le scarabée, ont été destinés à marquer les victimes approuvées pour l'autel. Les plus grands scarabées faisaient partie des ornements mortuaires. Plusieurs ont été trouvés dans des cercueils. Les inscriptions de la face inférieure renferment alors, suivant Champollion, les noms et les qualités du défunt, avec une courte formule de prière qui est généralement la même.

■ La matière dont tes scarabées sont faits, dit encore M. de Rougé, ne varie pas moins que leur grandeur, et la perfection de leur travail correspond, en général, à la valeur de la substance dont ils sont formés. Les plus anciens et les plus ordinaires sont en argile blanche ou grisâtre, légèrement cuite ou simplement séchée au soleil; d'autres en pâte de verre ou en émail de différentes couleurs, le plus souvent d'un bleu verdâtre; d'autres sont en ivoire et même en bois. Parmi les plus précieux, les uns sont en or; d'autres, et c'est le plus grand nombre, sont en cornaline, quelques-uns en sardoine, en onyx ou en pierres dures diverses. » (Catalogue du musée égyptien.)

L'usage des scarabées fut importé d'Egypte en Etrutie ; les nécropoles de Clusium regorgent de ces parures symboliques. Elles ne paraissent pas, toutefois, avoir pris sur le sol italique aucun caractère astronomique ou sacerdotal. Pour les Etrusques, c'était une pure affaire de mode, un ornement dont ils paraient leurs femmes et leurs morts par pur goût d'imitation et sans préoccupation mystique et religieuse. Le musée Campana offre une riche série de scarabées étrusques.

Scarabée d'or (LE). V. CONTES EXTRAORDI- NAIRES d'Edgar Poe.

SCARABÉIDE adj. (ska-ra-bé-i-de — de scarabée, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au scarabée.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des lamellicornes, ayant pour type le genre scarabée : Chez les scarabéides, le tube alimentaire est généralement plus long que celui des lucanides. (Ohevrolat.) Les scarabéides ne se font pas seulement remarguer par leur grande taille, ils offrent encore d'autres singularités. (H. Lucas.)

— Encycl. Entom. Les scarabéides sont caractérises surtout par des antennes terminées en massue, tantôt feuilletées ou plissées en éventail, tantôt composées d'articles coniques ou globuleux emboîtés, souvent plus développés chez les mâles ; ceux-ci ont, en outre, la tête et le corselet munis de saillies ou de cornes plus ou moins grandes et qui manquent complètement chez les femelles ; les mandibules sont identiques ou presque semblables dans les deux Sexes. La structure interne offre encore quelques particularités.

■ Chez les scarabéides, dit Chevrolat, le tube alimentaire est généralement plus long que celui des lucanides, et l'œsophage est proportionnellement plus court. Le tissu adipeux ou l'épiploon est généralement presque nul, tandis qu'ici il est plus prononcé. C'est surtout par l'appareil génital masculin que les scarabéides se distinguent, non-seulement de ces derniers, mais aussi de tous les autres pentamères. Leurs testicules consistent en

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capsules spermatiques assez grosses, bien distinctes, pédicellées, et dont le nombre varie selon les genres. Les larves ont un estomac cylindrique, entouré de trois rangées de petits cœcums; un intestin grêle trèscourt; un côlon extrêmement gros, boursouflé, et un rectum médiocre. »

Les scarabéides, en général, sont peu remarquables sous le rapport des couleurs; la plupart sont bruns ou noirs; quelques-uns ont un éclat métallique; il en est dont les élytres sont fauves , rouge tacheté ; plusieurs genres exotiques ont seuls des couleurs brillantes. Le corps est toujours plus ou moins lourd, épais, massif; chez beaucoup de représentants de la tribu, les pièces buccales, même les mandibules, demeurent membraneuses, soit en partie, soit en totalité. Cet affaiblissement des appendices de la bouche est expliqué par la nature du régime. Quelques-uns parmi eux atteignent les plus grandes dimensions connues parmi les insectes. A l'état adulte, les scarabéides offrent des différences très-notables entre eux dans les caractères extérieurs, dans les habitudes,

A l'état de larves, ils se ressemblent au contraire d'une manière étonnante ; ce sont toujours de gros vers blancs, dont le corps épais, cylindrique, recourbé en arc, est revêtu en entier d'un tégument mince blanchâtre, garni de poils épais assez roides servant à donner à l'animal une grande sensibilité et peut-être à favoriser sa marche. Ces larves ont une tête arrondie, revêtue d'un tégument fauve ou brunâtre trèsdur, des mandibules fortes, des antennes formées de quatre ou cinq articles. Elles vivent toujours cachées, soit dans la terre, aux racines des plantes ou au milieu des détritus, soit dans les bois pourris. Fuyant la lumière, elles sont décolorées et assez molles ; demeurant dans l'ombre, elles n'ont pas d'yeux; absorbant une grande quantité d'aliments, leur canal digestif, et surtout leur intestin, est très-volumineux. Elles marchent avec une extrême difficulté, d'autant plus que la courbure de leur corps les force à se tenir sur le flanc. Les larves des scarabéides arrivées à leur terme de développement, après une vie plus ou moins longue, suivant les types, s'emprisonnent, pour subir leur transformation en nymphe, dans une coquille arrondie ou ovalaire. Elles emploient, selon les stations qu'elles habitent, des grains de terre, des petites mottes de fumier ou des parcelles de bois, qu'elles agglutinent avec leur salive.

Tous ces insectes mangent des matières végétales, et même quelquefois des matières animales en décomposition ; les uns se nourrissent de la substance même des arbres; les autres, de leurs feuilles ou de leurs fleurs ; d'autres encore, de matières végétales altérées ou décomposées; d'autres enfin, des excréments des ruminants ou même des carnassiers et de l'homme. Les femelles déposent leurs œufs dans la terre, dans le bois pourri ou dans les autres matières qui composent leur régime spécial, et les petites larves, aussitôt après leur naissance, se mettent à chercher leur nourriture, dont quelquefois leur mère a eu soin, en déposnnt 1 œuf, de leur laisser une provision. Les larves des scarabéides restent souvent deux ou plusieurs années avant de passer à l'état de nymphe ou d'insecte parfait. Sous le premier et le dernier de ces états, ces insectes causent souvent des dégâts incalculables dans nos cultures.

La tribu des scarabéides est fort nombreuse ; elle comprend trois à quatre mille espèces répandues dans toutes les contrées du globe, mais surtout dans les régions chaudes et boisées. Nous indiquerons les principaux genres, que Latreille répartit ainsi dans les six groupes suivants : I. Coprophages : ateuche, sisyphe, gymnopleure, onitis, oniticelle, onthophage, phanée, bousier, aphodie, psamodie. — II. Arénicoles : chiron, œgiale, géotrupe, bolbocère, élêphastome, athyrée, lèthre, cryptode, méchidie, phobère, trox, hybosore, orphné. — III. Xylophiles : oryctès, phileure, searabé, hexodon, rutèle, macrospis, pélidnote, chasmodie, chrysophore, oplognathe, cyclocéphale. — IV. Pkyltophages : anoplognathe, apogonie, amblytere, géniate, hanneton, pachype, an isoplie, hoplie, sérique. — V. Anthobies ; glaphyre, amphieoine, chasmatoptère, anisonyx. — VI. Mélitophiles : platygénie, erématoscheile, trichie, goliath, cétoine, gymnétis, etc.

SCARAMOUGHE s. pr. m.(ska-ra-raou-ehe— nomd'un personnagede la comédie italienne). Homme vantard et poltron : Un Scaramouchb, un vrai Scaramouche.

SCARAMOUCHE, un des types de la comédie italienne. C'est une variété du matamore, à la l'ois querelleur et poltron. Son costume était tout noir, ce qui explique le vers de Molière :

Le ciel s'est habillé ce soir en Scaramouche.

D'après Riecoboni, ce costume était une imitation de l'habit espagnol et montrait que le type était originaire de Naples, les Napolitains ayant sans doute voulu personnifier en lui, pour s'en moquer, la morgue et les rodomontades castillanes. Scaramouche est toujours, à l'en croire, marquis, prince ou seigneur de pays fantastiques. On suppose

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qu'en effet il a été élevé aux frais du roi, c'est-à-dire en prison, et qu'il a passé les premières années de sa jeunesse a ramer sur les galères. « C'est certainement, dit M. Maurice Sand, sur ces mêmes galères qu'il se retirera plus tard; car c'est le plus grand voleur qu'on ait jamais vu. » Par une injure de la fortune adverse, Scaramouche se trouve continuellement le valet d'un mince seigneur ou d'un simple bourgeois. Il le sert naturellement fort mal et est le plus insupportable valet que les comédies aient exhibé. Il a un compère avec lequel il s'entend très-bien pour rosser les gens et vider leurs bouteilles : c'est Polichinelle. Après boire, on se querelle, comme de raison, et Scaramouche demeure blotti sous la table tant que le redoutable bâton de son compère siffle dans le vide. Quand Polichinelle est ivre et que le bâton est au repos, Scaramouche reparaît et conte ses incroyables amours au vieux sceptique impassible qui n'en entend pas un traître mot. Tout à coup, table, bouteilles et verres, tout vole en éclats : Polichinelle s'est lassé de ce bavardage, et Scaramouche de rentrer sous sa table, d'où il ne sort qu'à bon escient pour s'écrier: « Peur! moil peurl J'ai du courage beaucoup 1 Je n'entends pas courage de brebis , je dis courage de loup, » Un acteur de la troupe italienne, Tiberio Fiurelli, introduisit en France, vers 1640, le personnage de Scaramouche, "et Molière fut un des grands admirateurs de l'acteur et du type lui-même. V. l'article suivant.

SCARAMOUCHE (Tiberio Fiurelli, dit), acteur de l'ancienne comédie italienne, né à Naples en 1608, mort à Paris en 1696. Il vint en France en l'année 1640, comme faisant partie d'une troupe d'acteurs appelés d'Italie pour amuser Louis XIV enfant. Fiurelli, ou plutôt Scaramouche, fut introduit par le roi lui-même auprès du petit dauphin, alors âgé de deux ans. Il laissa tomber son manteau et parut dans le costume de son emploi, noir de la tête aux pieds, fit grogner le chien qu'il portait sous son bras, crier son perroquet et bourdonner sa guitare. Il entonna un couplet de son pays, dans lequel le chien et le perroquet, dressés pour la circonstance, firent leur partie avec un zèle peu commun. Ce concert inattendu, cet appareil burlesque, le sérieux du bouffon dont les énormes moustaches palpitaient sous un nez monumental et s'éparpillaient en broussailles sur une bouche fendue jusqu'aux oreilles, tout cela fit rire Louis XIII, qui ne riait guère. L'événement fit époque, et le monarque s'attacha au comédien comme on s'attache à un singe qui, par ses gambades et ses grimaces, amuse et prête à l'hilarité. En revanche, ce qui avait fait rire le père fit pleurer l'enfant. Le futur roi-soleil, en dépit de l'étiquette, poussa des cris perçants à la vue de ce signor fantastique, de ses bêtes et de sa guitare. Comment faire? Sa Majesté riait de plus belle. La reine intervint. Mais Scaramouche lui dit que si Sa Majesté voulait lui permettre de prendre le petit prince dans ses bras, il se flattait de le calmer. La reine y consentit. Scaramouche fit alors des contorsions et des grimaces telles, que le dauphin, pour le coup, rit comme monsieur son père. Il se mit à rire, et de si bon cœur, qu'il s'oublia, ma foi t sur l'habit de l'excellent étranger. A partir de ce moment, Scaramouche eut ordre de se rendre chaque jour a la cour, pour y doubler l'emploi de «ourrice et divertir par ses singeries celui qui devait être plus tard le monarque le plus .solennel, le plus ennuyeux, le plus guindé de tous les monarques passés et futurs. On dit pourtant que le dauphin, devenu Louis XIV, daigna sourire quand Scaramouche lui rappela cette petite scène de famille, d'où il était sorti emportant des marques très-visibles de la satisfaction de l'enfant de France. Scaramouche fut toujours, on le pense bien, en bonne odeur à la cour. Cela devait être. Mais sa gloire ne se borne pas seulement à, avoir bercé dans ses bras le fils de Louis XIII; « il fut le maître de Molière, » ajoute son épitaphe, répétée au bas de son portrait :

Cet illustre comédien De son art traça la carrière ; Il fut le maître de Molière, Et la nature fut le sien.

Fiurelli passe pour l'inventeur même du personnage de Scaramouche; au moins est-il certain qu'il le naturalisa en France. Il se montra sur les planches jusqu'à l'âge de quatre-vingt-trois ans, et de la Comédie-Italienne passa au théâtre de la Foire. Dans un âge aussi avancé, il avait encore tant d'agilité et de souplesse, que, dans quelques scènes pantomimes, il donnait sans effort un soufflet avec le pied. Cinq ans avant sa mort, il dit adieu à son art et, libre des occupations de son état, s'en créa un autre, dont on s'acquitte d'ordinaire assez difficilement à son âge. Il devint amoureux d'une jeune personne qu'il épousa et qu'au bout de quelques mois il accusa d'infidélité. Il demanda qu'elle fût rasée et renfermée dans un couvent; mais il mourut avant la fin du procès, restant jusqu'au bout dans son rôle de Scaramouche, qui est d'être battu. Scaramouche s'éteignit, non dans les bras de sa femme, mais dans ceux de la religion,comptant quatre-vingt-huit " ans bien sonnés, et fut inhumé en grande pompe dans l'église de Saint-Eustache. Molière, moins bien traité, s'était vu, vingt ans

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auparavant, refuser la sépulture. Mati les comédiens italiens, vantés pour leur dévotion, échappèrent toujours à l'anathème fulminé par les conciles contre les gens de théâtre et les histrions.

H existe une Histoire de Scaramouche, publiée en 1695 par le sieur Angelo Constantini, comédien ordinaire du roi dans sa troupe italienne, et dédiée à la duchesse d'Orléans, mère du Régent. Ce Constantini, plus connu sous le nom de Mezzetin, personnage qu'il a créé sur les dessins de Callot, a fait un petit roman du genre picaresque, composé de trente-neuf chapitres fort courts, où la biographie n'est pas traitée avec une exactitude très-scrupuleuse. Scaramouche y apparaît doté d'un esprit fertile en ruses pour satisfaire trois passions qui parlent haut en lui : la gourmandise, la maraude, l'avarice. Le tout pourrait être, à la rigueur, 'signé de Scarron. L'ancien Théâtre Italien avait re-

f>résenté en 1667 un Scaramouche ermite, où a verve de Fiurelli brillait de tout son éclat. On y voyait un moine escalader, la nuit, la fenêtre d'une femme et y apparaître ensuite j de temps en temps en disant : Questo per mortificar la carne. Le roi lui-même s'éton-

nait qu'on laissât les Italiens pousser si loin les audaces de leur répertoire. Il dit au grand Condé : t Je voudrais bien savoir pourquoi ces gens, qui se scandalisent si fort de la comédie de Molière (Tartufe), ne disent rien de celle de Scaramouche. — La raison , sire, lui répondit le prince, c'est que la comédie de Scaramouche joue le ciel et la religion, dont ces messieurs ne se soucient point, tandis que celle de Molière les joue eux-mêmes, et c'est ce qu'ils ne peuvent souffrir. » Cette raison servira longtemps encore à l'explication de certains abus de dame censure. On a joué en 1711, à ia foire Saint-Laurent, un Scaramouche pédant scrupuleux, en deux actes, pur écriteaux {il était interdit alors aux comédiens de la foire de parler), retouché par Fuzelier.

SCAR AMUCCJ A (Jean-Antoine), peintre italien, né à Pérouse en 1580, more dans la même ville en 1650. Il était élève de Roncalli et il imita les Carrache. La plupart de ses tableaux se trouvent dans les églises de sa ville natale, notamment au couvent des capucins. La composition et le coloris en sont remarquables ; toutefois, on y regrette l'abus des teintes sombres.

SCARAMUCCIA (Louis-Pellegrini), peintre italien, fils du précédent, né à Pérouse en 1616, mort à Milan en 1680. Il fit ses études artistiques sous la direction du Guide, et, son éducation achevée, il visita les principales villes d'Italie, notamment Milan, où il séjourna assez longtemps. On cite de lui, entre autres compositions ; Sainte Barbe environnée de plusieurs saints, à Saint-Marc de Milan, et la Présentation au temple, chez les philippins de Pérouse. Ces tableaux sont surtout remarquables par la grâce des types. Scaramuccia a publié un traité sur son art intitulé : Le Finesse de' pennelli italiani ammirate e studiale da Girupeno (Pavie, 1674), et il a gravé quelques planches, entre autres : le Couronnement d'épines, d'après le Titien; Saint Benoit, d'après Louis Carrache; Vénus et Adonis, d'après Annibal Carrache.

SCARBOROOGH, ville d'Angleterre, comté et à 68 kilom. N.-E. d'York, sur la côte de la mer du Nord, où elle a un port, le plus important de toute la côte orientale de l'Angleterre ; 13,000 hab. Chantiers de construction, corderies, manufactures de toiles à voiles. Le commerce de son port, protégé par une belle jetée et défendu par plusieurs batteries, consiste principalement dans l'exportation des blés, du poisson salé et des comestibles, ainsi que dans l'importation de charbon, d'articles de Londres, de denrées de la Baltique, de vins et eaux-de-vie de Portugal et d'Espagne. Cette ville, située au fond d'une belle baie de la mer du Nord, s'élève en amphithéâtre jusqu'au sommet de la falaise (en anglais scar) qui lui a valu son nom ; ses rues principales sont larges, bien pavées et garnies de trottoirs. Les maisons sont bien bâties, propres et commodes. On y remarque un vieux château. Sa partie la plus curieuse consiste dans une grosse tour carrée haute de 32 mètres, mais qui jadis dut atteindre à une hauteur beaucoup plus considérable. Les murailles de cette tour ne mesurent pas moins de 4 mètres d'épaisseur. Elle forma sans doute, à l'origine, le donjon du château primitif et sa masse gigantesque domine la ville. Les autres monuments sont ; l'église Sainte-Marie, ancienne église conventuelle d'un monastère appartenant à l'ordre de Citeaux ; le muséum, riche surtout en collections fossiles et géologiques; le théâtre, la bibliothèque; enfin un pont d'une grande hardiesse, conduisant aux sources minérales. Le pont de Scarborough mesure une longueur de 135 mètres; sa hauteur n'est pas inférieure à 25 mètres; il se compose de quatre arches supportées par des piliers de pierre; le tablier est en bois, muni de rampes de fer, et on jouit de ce point d'un magnifique panorama.

Les eaux minérales de Scarborough sont connues depuis environ deux siècles. L'établissement des bains s'élève sur une terrasse, à 33 mètres au-dessus du niveau de la mer, et l'eau salutaire y arrive dans une cour basse,

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où elb s'échappe par les gueules de plusieurs lions Je bronze. L'analyse des eaux de Scarborough y a fait constater la présence du carbonate et du sulfate de chaux, de la magnésiî et de l'oxyde de fer. Une des sources a des propriétés purgatives, l'autre des propriétés purement toniques.

Le port de Scarborough, un des plus sûrs de l'Angleterre, est protégé par deux, jetées, dont la principale, œuvre de l'ingénieur Smeaton, ne mesure pas moins de 400 mètres de longueur sur 15 de hauteur. La ville n'est pas moins réputée par ses bains de mer que par ses eaux minérales. Elle doit principalement cette célébrité à la clémence de sa température qui, au mois de janvier, est de 4» plus élevée que celle de Londres. Aussi les personnes d'une constitution délicate fréquent ent-elles surtout cette station balnéaire et thermale.

Au:i environs de Scarborough se trouvent les riines de l'abbaye de Rielvaux, le premier monastère construit dans le Yorkshire par l'ordre de Clteaux. Ces ruines peuvent être mises au rang des plus pittoresques de l'Ang.eterre.

Le nom de Scarborough, dérivé de scar, rocher, et de burgk, place forte, ne commença à paraître dans l'histoire qu'à l'époque de la domination normande, mais son château, qui dominait un promontoire élevé de 100 irètres au-dessus de la mer, eut pour fondateur, sous le roi Etienne, William le Gros, comte d'Albemarle et de Holderness. Pierre de Gaveston s'y réfugia et y fut fait prisonnier par ses ennemis. Henri If s'en empara et en fit une forteresse royale. A l'épogue de la guerre civile qui eut pour dénoument l'exécution de Charles I", lu garnison du châttau de Scarborough soutint contre les troupes du Parlement un siège d'une année et réinsta à tous les assauts. Le château, pris par la famine, fut démantelé et resta longtemps inhabité. Mais, en 1745, l'Etat en ordonna la réparation, et il reçut une garnison. Il esi aujourd'hui entouré de casernes récemment construites.

SCARCHIR s. m. (skar-chir). Ornith. Espèce de sarcelle d'Egypte.

SCARDASSE s. f. (skar-da-se ). Techn.

Grosse carde employée dans certaines manufactures.

. SCiRDONA ou SKARDIN, la Scardona des Romains, ville de l'empire d'Autriche, dans la Dalmatie, avec un petit port sur la Kerka, à 40 kilom. S.-E. de Zara, 9 kilom. de Spalatro; 6,560 hab. Evêché. Pêche active. Cette ville fut, à l'époque romaine, la capitale de la Liburnie.

SCARDONA (lie), nom ancien de l'Ile Grossa, dans l'Adriatique.

SCARDONA (Jean-François), médecin italien, né à Costiola, près do Rovigo, en 1718, mort en 1800. Après avoir fait ses études médicales à Padoue, à Bologne et à Florence, il se fixa dans sa ville natale et refusa de brillantes offres que lui faisaient plusieurs universités , notamment celle de Padoue. Praticien éminent, il composa des ouvrages qui curent un très-grand succès et qui ne sont sas sans mérite : Apfiorismi de cognoscendû et curandis tnorbis, uberrimis commentariit atque animadveriionibus illustrati (Padoue , 1746, in-4») ; Aphorismi de cognosceudis et curandis mulierum morbis creberrimis (Padoue. 1758, in-4o), etc.

SCARDUS, chaîne de montagnes de l'Europe ancienne, entre 4a Thrace et la Macédoine. Elle se liait au N.-O. aux montagnes de Liburnie, et à l'E. à la chaîne de l'Orbelus. lille porte aujourd'hui le nom turc de Tcha--Dagh, dans l'Albanie.

SCARE s. m. (ska-re — du gr. skairâ, je £aut<î). Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérjgiens, de la famille des labroldes, comprenant une centaine d'espèces, répandues dans les mers chaudes et tempérées du globe : Les scares possèdent ordinairement des couleurs vives. [C. d'Orbigny.) On dit que l'amour aveurle le scare mâle. (V. de Boinare.) Les scares se nourrissent de crustacés ou de plantes marines. (A. Guiehenot.)

— Eneycl. Ichthyol. Les scares sont des poisssns qui furent trës-renommésdans l'antiquité pour leurs qualités culinaires et pour diveises propriétés, plus ou moins étranges, qu'or leur attribuait à cette époque; c'étaient d'après les anciens, des poissons ruminants, parlants et sautants; cette dernière faculté leur avait même valu leur nom de score, scarus, du grec skairein, sauter; beaucoup d'auteurs, parmi lesquels Horace, les ont lommés; ils méritent donc un article quelc ue peu développé, dans lequel nous les considérerons au triple point de vue de leur histo re naturelle vraiment scientifique, de leur célébrité chez les anciens et de leur utilité pour l'homme. «Les scares, dit le Dictionnaire d'histoire naturelle de M. d'Orbigny, constituent un des genres des labroïdes les plus nombreux en espèces, très -semblables entre elles par leurs formes générales, le nomfcre de leurs rayons et jusqu'au nombre de le irs écailles. Pour trouver des caractères distiictifs, il faut surtout avoir égard a la courbe de leur profil, à la disposition des dent» maxillaires, a la longueur ou à l'absenco des pointes de la nageoire caudale et aux ramifications plus ou moins compliquées

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des linéaments dont la suite compose leur ligne latérale. »

Le même dictionnaire énumère comme il suit leurs caractères : « Corps ovale, oblong, comprimé, couvert d'écaillés lâches et larges ; ligne latérale interrompue ou coudée, à. pores trifides; mâchoires convexes, arrondies, garnies de dents disposées comme des écailles, sur leur bord et sur leur face antérieure ; les dents se succèdent d'arrière en avant, de manière que celles de la base sont les plus nouvelles, et formeront plus tard un rang au tranchant; lèvres rétractiles, opercules entiers écailleux, plaques pharyngiennes disposées en lames transversales, quatre ou cinq rayons à la membrane branchiostége, nageoire dorsale unique, la ventrale et l'anale garnies de rayons épineux ; intestins sans cœcum et'sans cul-de-sac stomacal. »

Les scares portent, sur plusieurs côtes, le nom de poissons perroquets ; ce nom leur vient des couleurs vives, tranchant les unes sur les autres, dont se compose leur robe. Ils sont de taille petite ou moyenne. Ils habitent les mers intertropicales, où ils se nourrissent de matières végétales engraissées de substances animales ; grâce à la disposition curieuse de leurs mâchoires, ils peuvent briser les pousses naissantes des coraux et des lithophytes pour dévorer les petits animaux qui commencent à s'y former. On en connaît pourtant une espèce sur les côte3 des îles de la Méditerranée orientale, le scare des anciens.

Valenciennes et G. Cuvier ont décrit plus de quatre-vingts espèces de scares, dont la plus connue et la seule célèbre est celle que nous venons de signaler et qu'on appelle aussi le scare de Grèce (scarus crelicus d'Aldrovande). Ce poisson varie de nuances' suivant l'âge et le sexe et même suivant la saison, ce qui fait qu'on le pêche tantôt rouge, tantôt bleu; le plus ordinairement, il est d'un rouge pourpre très-éclataht, tirant au rose sur les côtés du ventre et au brun violet sur le dos; le milieu de chaque écaille se nuance de violet foncé; la nageoire dorsale et la caudale sont d'un gris violàtre avec des taches aurore, la pectorale et la ventrale sont orange. Le scare des anciens est très-commun dans l'archipel méditerranéen, mais ne Se trouve point sur nos côtes, malgré les efforts que firent les Romains, comme nous allons le dire, pour l'y propager.

La tribu des scares a été classée par Valenciennes en plusieurs genres, parmi lesquels deux principaux, qu il a mieux étudiés que les autres; ces deux genres sont : 1° les calliodons, dont les dents maxillaires sont disposées sur plusieurs rangs, comme des tuiles, et qui forment une douzaine d'espèces habitant les mers chaudes de l'Amérique et de l'Océanie ; 2° les odax, qui se rapprochent des labres par leurs lèvres renflées et qui forment six espèces de la nier des Indes.

il n'est pas douteux que le scaros ou scarus de l'antiquité, tant vanté par les auteurs classiques, n ait été un poisson appartenant à l'un des genres de scares, et même ce scare des lies de la Grèce dont nous venons de parler. Ce poisson était célèbre à cette époque non-seulement à cause de ses belles couleurs et de leurs variations, non-seulement pour la délicatesse de sa chair et surtout de Ses intestins, regardés comme mets de luxe, mais encore par les propriétés presque merveilleuses dont on le dotait. On disait qu'il ruminait comme les troupeaux, pecora; que, loin d'être muet comme les autres poissons, il était doué de la voix comme l'oiseau, qu'il possédait une adresse toute particulière pour se retirer des filets où il était pris et même qu'il s'entendait avec ses semblables pour arriver à ce résultat, en sorte qu'en s'aidant les uns les autres une compagnie de scares parvenait à s'échapper si le temps leur en était donné et que la chose ne fût pas absolument impossible. Aussi les Romains, au temps de leur puissance et de leur luxe culinaire, firent-ils les plus grands efforts, et des dépenses réellement énormes pour acclimater sur les côtes de l'Italie un poisson aussi précieux pour les gourmets, aussi curieux pour les amateurs du merveilleux si nombreux a cette époque. Sous l'empereur Claude, par exemple , le commandant d'une flotte romaine, Elipectius Optatus, fit une expédition dans les mers de la Grèce avec plusieurs vaisseaux, uniquement pour rapporter des scares dans celles d'Italie. Ces. efforts purent n'être pas sans un succès momentané, mais nous savons au moins aujourd'hui que la réussite ne fut pas définitive, puisque les mers d'Italie ne possèdent plus de scares.

En ce qui concerne les facultés qu'on leur supposait, il paraît bien que la rumination ne leur était attribuée que par suite d'un mouvement qui se fait dans leurs mâchoires, et qui rappelle celui de la gueule des ruminants. Les anciens n'eurent pas la connaissance scientifique de la vraie rumination et ils qualifièrent de ruminants* beaucoup d'animaux qui n'en avaient que l'apparence dans le mouvement de leur bouche. Ils ont cru que les scares jouissaient de la faculté de chanter; nous ne nous arrêterons pas il discuter cette croyance qui, comme toutes celles qu'ils avaient sur les questions de ce genre, tient plus de la fable que de la science. Quant au saut, on sait que beaucoup de poissons sont doués de cette faculté.

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Nous savons enfin par les mêmes auteurs que, jusqu'aux grandes tentatives d'acclimatation des scares dont nous venons de parler, on n'en trouvait que depuis les côtes de l'Asie et de la Grèce jusqu'en Sicile, et qu'il n'en entrait dans la mer de Toscane que lorsque le vent d'orient avait excité des tempêtes.

On peut juger de l'estime dont le scare était 1 objet, comme mets tin. chez les Romains, par cette strophe d'Horace (Odes, V, n), dans laquelle le poète cite le scare, avec des coquillages célèbres et à côté du rhombe, comme un p.oisson rare, que les vents orientaux chassaient quelquefois devant eux jusque dans les flots d Italie, et dont il savait fort bien se passer sur sa table frugale :

Non me Lucrina juverint conchylia,

Magisve rkombus aut scari, Si quos Eois inlouata ftuctibus

Eiems ad hoc vertal mare.

Et ce vers d'Ennius :

Scarum prxterii, cerebrum pentJovi supremi,

qui l'appelle plaisamment la cervelle de Jupiter, prouve suffisamment que la réputation en était établie parmi les gourmets de Rome bien longtemps avant Horace. Cette réputation ne fit que croître à mesure que le luxe de la cuisine se développa, comme le prouvent, nous l'avons dit plus haut, les essais d'acclimatation de ce poisson sur les côtes d'Italie, sous le règne de Claude. Depuis cette époque, qui fut celle de la décadence du grand empire, jusqu'à nos jours, les scares, sans être aussi recherchés, ont continué de servira l'alimentation de l'homme ; on mange encore, en Grèce, l'espèce type, et on l'assaisonne, au rapport des voyageurs, avec une sauce faite de son foie et de ses intestins, ce qui luidonne un goût très-agréable qui, dit-on, tient en partie du merlan et du surmulet.

Et outre, on prête encore à ces poissons une foule de vertus, et l'ignorance populaire les emploie comme remède dans certaines maladies.

SCARIDIE s. f. (ska-ri-dî — du gr. skaros, scare; idea, forme). Infus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, de la famille des hydatinées, voisin des notommates.

SCARIEUX, BUSE adj. {ska-ri-eu, eu-ze — du bas lat. scara, arbuste épineux). Bot. Se dit des organes membraneux, secs, minces et translucides.

SCARIFICATEUR s. m. (ska-ri-fi-ka-teur — rad. scarifier). Chir. Petit appareil à scarifier la peau, consistant en une boîte métallique percée de fentes longitudinales, par lesquelles on peut faire sortir, par la pression d'un ressort, des lancettes disposées sur un pivot commua et qui attaquent la peau plus ou moins profondément.

— Agric. Instrument que l'on emploie pour ouvrir la terre, dans les défrichements : Sur un trèfle rompu, il arrive souvent qu'on ne peut faire usage de l'extirpateur ou du scarificateur. (Matth. de Dombasle.)

— Eneycl. Agric. Les scarificateurs employés en agriculture sont destinés à diviser, couper et ameublir la terre sans la retourner, pour la rendre propre à être pénétrée par l'air atmosphérique. Le meilleur moment pour les employer est après la moisson. On commence par scarifier les chaintres ou tournailles, tout autour du champ; lorsque ce travail est fini, on recommence à l'envers, puis on herse. De cette manière, les tournailles sont consolidées avant d'être piétinées par les chevaux. On prend alors les sillons du champ en long, en faisant pénétrer l'instrument à peu près à moitié de la profondeur du labour et on fait suivre cette première façon par un coup de herse. L'opération étant terminée, on scarifie de nouveau en travers, en piquant un peu plus profondément, puis on herse de nouveau. Si la terre est tiès-sale, il est quelquefois nécessaire de donner un troisième coup de scarificateur suivi d'un coup de herse. On estime que deux chevaux peuvent scarifier 120 aies de terre par jour en hiver et 160 au printemps, a moins que la terre ne soit très-sale ou que le temps ne soit défavorable en hiver. Le scarificateur est composé d'un bâti triangulaire en bois ou en fer, relié par des barres méplates en fer et porté sur quatre roues formant deux trains complètement distincts. Celles d'avant sont généralement d'un petit diamètre et sont placées près du crochet d'attelage fixé à l'un des angles du triangle; celles d'arrière, attachées de chaque côté de la base opposée à l'attelage, Sont d'un plus grand diamètre et sont à essieu indépendant relié par de petites bielles courtes au bâti, de manière à former une espèce de charnière permettant l'abaissement et le soulèvement de ce dernier. A la traverse d'arrière du bâti, ainsi qu'à l'une des entretoises qui relient les côtés du triangle, sont fixés des demi-côûes ou pyramides aiguës à arêtes tranchantes, appelés coutres ou tranchants scarificateurs ; ce sont ces pièces qui, abaissées d'une certaine quantité par un mécanisme particulier, scarifient les terres, et les rendent meubles sans les retourner. Des leviers coudés iixés à l'arrière de l'appareil servent de mancheron au conducteur pour faire pénétrer les tranchants dans le sol et les soulever au besoin. Ces instruments, que

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l'on construit aujourd'hui de manière à les transformer en extirpateurs et déchaumeurs, par un simple changement de coutres, se font à 7, 9 et 11 pieds ou outils tranchants.

SCARIFICATION s. f. (ska-ri-fi-ka-si-on — rad. scarifier). Chir. Incision peu profonde faite sur la peau avec une lancette, un bistouri, un scarificateur, pour procurer un dégorgement ou l'écoulement d'une humeur :

Ordonner des scarifications. U Action de pratiquer ces incisions : La scarification est moins usitée aujourd'hui qu'elle ne l'était autrefois.

— Arboric. Incision longitudinale ou transversale opérée sur l'écorce des arbres.

— Eneycl. Chir. On emploie les scarifications pour opérer le dégorgement local d'une partie enflammée ou l'écoulement d'une humeur épanchée ou infiltrée. Pour les pratiquer, il faut tendre la peau avec l'indicateur, le médius et le pouce de la main gauche, tandis que la droite, armée de l'instrument tranchant tenu comme un archet, promène rapidement celui-ci sur la peau. Les scarifications sont réussies et suffisantes si elles se dessinent immédiatement par des traînées rougeâtres. On peut les faire avec le tranchant d'une lancette, d'un rasoir, d'un bistouri droit ou convexe, ou encore au moyen du scarificateur allemand. A moins d'indications spéciales, on devra préférer les incisions parallèles aux incisioqs croisées, qui sont beaucoup plus douloureuses.

SCARIFIÉ, ÉE (ska-ri-fi-é) part, passé du v. Scarifier. Soumis à des scarifications : Il a été ventouse et scarifié. (Acad,)

— Ventouses scarifiées, Celles que l'on applique sur des parties scarifiées, pour aider au dégorgement.

SCARIFIER V. a. ou tr. (ska-ri-fi-é — lat. scarificare, proprement nettoyer, purifier ; d'un primitif scarus, que l'on retrouve dans le sanscrit avaskaraka, balai, brosse, aoaskara, balayures, ordures, et de facere, faire. Prend deux i de suite aux deux prem. pers, pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous scarifiions; que vous scarifiiez). Inciser en pratiquant des scarifications : Scarifier la peau. Scarifier une tumeur.

— Agric. Ouvrir avec le scarificateur : Scarifier un terrain en friche.

SCARIOLEs. f. (ska-ri-o-le. — V. escarole). Bot. Espèce de iaitue sauvage.

SCARIPHÉE s. m. (ska-ri-fé — du gr.

skariphos, stylet). Etitom. Genre d'insectes coléoptères pentSmères, de la famille des brachélytres, tribu des staphylins, "dont l'espèce type vit au Brésil.

SCARIS S. m. (ska-riss — du gr. skairâ, je saute). Entom. Genre d'insectes hémiptères homoptères, de la famille des fulgoriens, tribu des cercopides, dont l'espèce type vit au Brésil.

SCARITE s. m. (ska-ri-te — rad. scare). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, type de la tribu des scaritides, comprenant une centaine d'espèces, répandues dans les contrées les plus chaudes des cinq parties du monde : Les SCAR1T1ÏS sont d'assez grands insectes. (Chevrolat.) Les scarites vivent dans les terrains sablonneux. (H. Lucas.)

— Eneycl. Les scarites ont le corps cylindrique, un peu aplati, assez allongé; la léte assez grande, presque carrée ; les antennes presque moniliformes ; le labre très-court , bidenté; les mandibules grandes, avancées, fortement dentées à l'intérieur; les mâchoires crochues à l'extrémité, les palpes à dernier article presque cylindrique ; le menton articulé, concave, fortement bilobé; la languette courte et large; le. corselet séparé par un étranglement des élytres, qui sont assez allongés, mais recouvrent rarement les ailes; l'écusson nul , l'abdomen aplati sur les côtés ; les pattes assez fortes, a tarses simples dans les deux sexes. Les scarites sont des insectes d'assez grande taille, robustes et faciles à distinguer ; leur corps est généralement d'un noir luisant. Ils vivent dans les terrains sablonneux voisins de la mer et dans les lieux imprégnés de sel. Ils se creusent des trous de plus de om,3 de profondeur, où ils restent tout le jour, ne sortant que la nuit pour aller chasser leur

firoie. Quelques auteurs ont révoqué en doute es habitudes carnassières des scarites; mais il est certain que ces carabiques se nourrissent d'insectes, qu'ils saisissent avec leurs fortes mandibules; on les fait sortir de leur trou en leur présentant comme appât un hanneton. On connaît environ une centaine d'espèces de scarites, répandues dans toutes les contrées chaudes du globe, mais surtout en Afrique. Le scarite pyracmon est long de 0m,04, noir, luisant, avec les élytres ovales, striés et ponctués; on le trouve assez communément dans le midi de la Fiance et de l'Europe. Le scarite lisse est long de 0ln ,0 1 5, noir, luisant, à élytres oblongs, un peu déprimés, marqués de stries a peine visibles; il habite les côtes méridionales de la France.

ECARITIDE adj. (ska-ri-ti-de — de scarite, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au scarite.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de

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la famille des carabiques , ayant pour type le genre scarite.

8GARLATE s. m. (skar-la-te — autre forme du mot écarlate). Ornith. Oiseau du genre tangara, qui habite l'Amérique du Sud.

SCARLATINE adj. f, (skar-la- ti -ne — V. écarlatb). Pathol. Se dit d'une fièvre caractérisée par l'apparition, sur diverses parties du corps, de petits points rouges auxquels succèdent de larges plaques irrégulières, de couleur écarlate : La fièvre scarlatine est contagieuse, sauvent épidèmique; elle n'attaque guère que les enfants.

— Substantiv.: La scARLATiffB n'est ordinairement pas dangereuse.

— Encycl. La scarlatine est un exanthème contagieux et fébrile, caractérisé pur de petits points rouges granités et réguliers ou par une coloration uniforme d'un rouge framboise, pouvant occuper toute la surface du Oorps ou bien être circonscrite à quelques 'points, et s'acconipugnunt presque toujours d'une angine plus ou moins violente. (Grisolle.)

Les lésions anatomiques observées dans cette maladie sont surtout propres aux. complications et aux affections secondaires. Ce qu'on trouve en général, c'est une rougeur assez vive de toutes les membranes muqueuses, une couleur violacée de la peau et des congestions de plusieurs organes tels que les reins, le cerveau et les poumons. Si la scarlatine s'est accompagnée d'une tendance hémorragique grave , il y a diminution de la quantité normale de fibrine contenue dans le sang.

Les auteurs s'accordent pour attribuer k la scarlatine quatre périodes : incubation, invasion, éruption et desquamation.

A l'incubation, qui ne dure guère que de trois à cinq jours, succèdent les phénomènes d'invasion. Les principaux sont : des frissons, de la courbature, de la lièvre, de la céphalalgie et une angine plus ou moins intense. Ils s'accompagnent fréquemment de constipation, de vomissements ou tout au moins d'envies de vomir et d'épist&xis. Plus rarement, et seulement chez les jeunes sujets, il survient des accidents nerveux, tels que cornu, convulsions etdélire. Au bout de vingtquatre heures, quelquefois plus tôt, l'éruption éclate. La peau se couvre d'une rougeur générale écarlate, qui se montre par points trèsrapprochés ou par larges plaques irrégulières. La surface du corps ne turde pas à devenir rugueuse, sèche, brûlante et douloureuse. La face, les pieds et les mains se gonflent; l'an-

fine augmente quelquefois au point de renre la suffocation imminente ; la langue est sèche et rouge ainsi que les gencives, la face interne des lèvres et des joues, le voile du palais et ses piliers. La voix s'enroue; les ganglions cervicaux et sous-maxUlaires s'engorgent, les yeux s'injectent, et quand l'exanthème a atteint son maximum d'intensité, il se complique souvent chez les enfants d'une éruption d'un nombre plus ou moins considérable de petites vésicules remplies d'un liquide transparent, qui font donner à la maladie le nom de scarlatine miliaire.

C'est du quatrième au septième ou neuvième jour que commence la desquamation.

KHe ne tarde pas à devenir générale sur le tronc et sur les membres, muis elle ne se montre pus sur les pieds et sur les mains avant le quinzième ou le vingtième jour, en raison sans doute de l'épaisseur de l'épidenne de ces parties. Klle se fuit par grandes écailles et par larges plaques. Quelquefois l'épidémie d'un orteil ou d'un doigt tombe tout d'une pièce. Cotte période de desquamation, pendant laquelle il ne persiste ni lièvre, ni douleurs aiguës, peut durer trente ou quarante jours, durant lesquelsil se fait plusieurs exfoliations épidermiques successives. En même temps, la membrane de la bouche et du pharynx fournit des lamelles évidentes mêlées au mucus. La langue se dépouille de la même munière et devient d'un rouge vif comme si elte avait été trempée dans ie sang. Presque toute la peau se renouvelle ainsi; on a même vu les ongles se détacher,

La maladie ne se présente pas toujours avec ce caractère de simplicité, et elle peut se montrer anomale et maligne de plusieurs façons. L'angine searlatineuse devient quelquefois le symptôme prédominant. Les amygdales et l'arriére -gorge se couvrent alors de fausses membranes véritables (angine couenneuse diphthéritique), ou seulement d'une exsudation épaisse, visqueuse, facile à détacher, prompte k se reproduire et qui, en s'imbibant île sang, prend aveu une teinte noire ou brune un aspect gangreneux et une odeur fétide. Dans d'autres cas, la maladie revêt le caractère ataxique ou adymimique, .avec prostration, délire, coma, carptiologie et soubresauts des tendons. On voit encore l'éruption prendre une teinte livide, le pouls devenir II 1 iforme, les symptômes typhoïdes apparaître, les dents s'encroûter de fuliginosités, les selles et les urines devenir sanguinolentes, tandis qu'apparaissent des pétechies et des taches hémorragiques ou gungréneuses. Dans ces conditions, La mort est loin d'être raie et elle a lieu quelquefois soudainement dès le deuxième, troisième ou quatrième jour. D'autres accidents peuvent encore compliquer la scarlatine. Ce sont, dans les formes graves, outre les hémorragies passives par diverses

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muqueuses, des phlegmasies des organes thoraciques et abdominaux, des accidents cérébraux variables, mais pouvant simuler une méningite ; enfin, pendant la période de desquamation, l'érysipèle, les furoncles et l'urticaire. L'anasarque est la complication la plus fréquente pendant la convalescence. Elle succède souvent kun refroidissement et surtout à l'action du froid humide; d'autres fois, elle survient sans cause appréciable, du quinzième au vingt-cinquième jour de lu maladie. Cette hydropisie débute par du malaise, de la tristesse, de la lassitude et de l'insomnie; elle envahit d'abord la face et les extrémités inférieures, s'accompagne d'albuminurie et ne tarde pas à gagner tout le corps. Sous la même influence, des épanchements séreux peuvent I se former aussi dan3 les plèvres et surtout dans le péritoine durant cette redoutable complication, qui tantôt s'accompagne de fièvre et tantôt se montre apyrétique. Sa durée moyenne est d'un ou deux mois. Elle peut guérir après des oscillations en bien et en mal, mais elle peut aussi causer la mort en développant une pleurésie , l'hydrothorax , l'oedème du poumon, la pneumonie ou bien un état comateux consécutif à des convulsions. Dans ces cas, on trouve à l'autopsia les lésions rénales caractéristiques de la maladie de Bright au premier et uu second degré.

En général, la scarlatine ne récidive pas et n'atteint qu'une seule fois la même personne. Sa gravité varie beaucoup d'un individu à l'autre, et surtout suivant les épidémies. Toutes choses égales d'ailleurs, elle est plus inquiétante chez l'adulte et le vieillard que dans le jeune âge. L'état puerpéral chez les femmes, l'affaiblissement causé par un mauvais régime ou par une maladie antérieure, l'épuisement consécutif aux excès de tout genre, sont autant de circonstances qui donnent de la gravité au pronostic. Disons enlin que, dans les scarlatines anomales et malignes, le péril est de tous les instants, surtout s'il y a du délire, quelque léger qu'il soit. Cette fièvre éruptive est en effet une des affections aiguës dans lesquelles on voit le plus de ces morts rapides et imprévues qui surprennent au moment où tout semblait donner de la sécurité.

La scarlatine règne plus particulièrement dans la seconde enfance et dans l'adolescence ; les femmes y sont, au delà de vingt ans, plus exposées que les hommes. Elle se transmet au moyen d'un principe contagieux spécial dont l'essence nous est inconnue, mais dont l'activité est moindre que celle du virus varioleux ou rubéolique. Elle n'est pas inoculable.

Le traitement prophylactique consiste dans l'éloignement rigoureux des personnes qui en sont atteintes jusqu'à ce que toute trace de desquamation ait cessé. Les malades devront être soignés seulement par des personnes âgées ou qui ont acquis l'immunité pathologique au prix d'une éruption antérieure. On devra n'accorder que très-peu de confiance k l'usage quotidien d'un ou deux centigrammes d'extrait de belladone, bien que les médecins allemands aient cru reconnaître à cet agent une vertu préventive. Le traitement rationnel de l'exanthème, une fois qu'il s'est déclaré, consiste dans l'expec talion ; il faut ici respecter et observer le travail da la nature. On donnera seulement quelques boissons rafraîchissantes, acidulés ou émollientes au malade qui devra garder la chambre et éviter avec soin toutes les occasions de refroidissement. Des gargarismes adoucissants, des bains de pieds et des sinapismes formeront le traitement de l'angine. Les complications seront combattues d'après les indications thérapeutiques dont elles deviennent la source. Quant k la scarlatine maligne, elle déjoue presque toutes les ressources de l'art. On est promptement forcé de renoncer k la saignée ; les allusions froides, les bains et les révulsifs énergiques offrent pius de chances de succès. Enfin, s'il survient de l'anasarque au moment de la convalescence, on aura recours aux diurétiques, aux purgatifs et aux bains de vapeur.

SCARLATT1 (Alessandro), célèbre compositeur italien, né k Trapani (Sicile) en 1649, mort à Naples en 1725. Il étudia le chant, ta harpe et le clavecin-au Conservatoire de Naples, puis apprit la composition sous la direction de Carissimi, maître éminent de la chapelle pontificale. A trente et un, ans, Scurlatti fit représenter k Kome, dans le palais de Christine, reine de Suède, son premier opéra, I COnesta neW amore ( 1680 ) , dont l'éclatant succès le fit immédiatement placer au premier rang des compositeurs italiens. A partir de ce moment, Rome, Naples et Venise se disputèrent k l'on vi ses partitions. Vers 1689, il fut appelé k Naples pour y remplir les fonctions de maître de la chapelle royale; mais, eu 1703, il revint k Rome, où il prit la direction de la chapelle de Sainte-Marie-Majeure, qu'il conserva jusqu'en 1709. A cette époque, Scarlatti retourna à Naples et y reprit ses anciennes fonctions. En même temps il donna des leçons aux Conservatoires de musique de San-Onofiio, de Loreto et des Poveri-di-liesu- Ci'isto, et il y forma des élèves qui devinrent k leur tour célèbres, Léo, Pergolèse, Hasse, Durante, etc. ,

Ce compositeur excella également dans la musique dramatique et dans la musique d'église ; la mélodie déborde dans ses parutions,

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dontlesaccompagnements sont bien dessinés, et il eut la gloire d'inventer le récitatif obligé. • Audacieux génie, dit Fetis, il unissait k la richesse, k la hardiesse de l'imagination un savoir étendu, la pureté de style de l'école romaine et l'expérience acquise par d'immenses travaux. Sa modulation, souvent inattendue, n'offre jamais de succession dont l'oreille soit blessée. » Scarlatti fut, après Hasse, le meilleur harmoniste de l'Italie. Jomelli assurait que rien n'était à comparer k sa musique d'église, et Sacchini, k la fin des leçons qu'il donnait au Conservatoire de l'Ospedaletto, k Venise, ne manquait jamais de baiser le livre qui contenait la musique de ce maître.

Scarlatti était un formaliste, et on a cité souvent le trait suivant qui, à notre avis, fait peu d'honneur au caractère de l'artiste, s'il montre la science du musicien :

• Lorsque le fameux Corelli donna un concert devant la cour rie Nazies, ce fut Scarlatti qui en dirigea l'orchestre. S'apercevant que ce grand violoniste s'était trompé sur la valeur d'une note, il lui dit d'un, ton d'autorité : liicominciamo, signor Corelli. Celui-ci fut, dit-on, tellement affecté de cette semonce publique, qu'il en* mourut de chagrin peu après. •

Des cent quinze ou cent vingt opéras qu'on doit k Scarlatti, on en connaît k peine aujourd'hui une trentaine. Il en est de même de ses pièces de musique religieuse et de ses oratorios ; les titres de. quelques-unes de ces compositions ont seuls survécu. Nous citerons, parmi les opéras de cet éminent et fécond compositeur : Pompeo (1684); Teodora (1693); Pirro e Demetrio (1697); // Prigioniero fortunato (1698); Il Priyioniero superbo (1699); Gti Equioochi (170Û); Eraclea (1700); Laodieea e Bérénice (1701); Il Figlio délie selve (1702), un de ses meilleurs opéras; Il Trionfo delta liberta (1107); Il Medeo (1708); Il Martirio de S. Cecilia (1709); Cr'ro riconosciuto (1712); Scipione nette Spagne (1714); Il Tigrane (1715); Telemacco (1718); Attilio Regolo (1719); TitoSemprouioGracco (1720); Griselda (1721) ; La Principessa fidèle (1721) ; La Caduta dei Decemuiri (1723), etc. Nous citerons de lui dans le genre religieux, où il a excellé, six Messes solennelles, un Stabat, une Passion; des oratorios, tels que : /' Dolori di Maria (1G93) ; Il Sacrifizio d'Abramo (1703) ; IlMarliriodiS. Teodosia (1705); La Sposa de' sagri cantici (il 10) ; San Filippo JVeri (1718); La Vergine addolorata (1722), etc. On lui doit encore un grand nombre de duos, de cantates et de madrigaux.

SCABLATTI (Domenico), compositeur italien, fils du précédent, né k Naples en 1683, mort k Madrid en 1757. Elève de son père, il acquit sur la harpe et le clavecin un talent extraordinaire, et il passait k son époque pour le virtuose le plus extraordinaire de l'Europe. Il essaya aussi la composition dramatique et, après avoir été maître de chapelle k Saint- Pierre de Rome (1715-1719), il se rendit en Angleterre, où il fit représenter, k Londres, un opéra intitulé : Narcisso (1720). D'Angleterre, il passa k la cour du Portugal, puis fut mandé k Madrid pour y donner des leçons k la princesse des Asturies (1729). Scarlatti se fixa dans cette ville, devint maître de la chapelle de la reine et dédia k cette princesse un recueil de sonates imprimées h Venise. Comme son père, ce fut un compositeur fécond, dont les morceaux savamment écrits abondent en mélodies gracieuses. Un a de lui environ trois cent eiitquante Sonates, genre dans lequel il excella, et trente Caprices, publiés k Amsterdam.

SCABLATTI (Giuseppe), compositeur italien, neveu du précédent, né k Naples en 1718, mort k Vienne (Autriche) en 1776. Il habita longtemps cette dernière ville, où il était renommé pour son talent k professer le clavecin. Scarlatti composa une quinzaine d'opéras qui fuient représentés k Venise, k Naples et ùVienne. Nous citerons, entre autres : Pompeo in Arminia, Merope, Audriana, la Afogliepudrona etif Mereato di Alalmanlite (1757), regardé comme son chef-d'œuvre.

SCABLETT (sir Jaines-Yarke), général anglais, né en 1799, mort en 1871. Son père, lord Abinger, jurisconsulte remarquable, le fit élever a l'université de Cambridge. A dixneuf ans, sir Scarlett devint sous-lieutenant de cavalerie. 11 servit dans les hussards, puis dans les dragons, fut nommé lieutenant-colonel en 1840, colonel en 1851, brigadier général en 18J4 et reçut le commandement de la grosse cavalerie envoyée eu Orient lorsque éclata la guerre avec la Russie. Sir Scarlett se signala pendant le siège de Sébastopol par Sou intrépidité. Le 25 octobre 1854, les Russes ayant voulu couper les communications des troupes alliées k Balaklava, sir Scarlett les chargea avec impétuosité et emporta le succès de la journée. Cette brillante charge lui valut le grade de général-major (12 décembre). Eu 1855, il succéda k lord Lucau comme coinmanuuiit en chef de la cavalerie anglaise et fut blessé peu après. De retour en Angleterre, il commanda la brigade de cavalerie d'Aldershot, puis fut promu lieutenant général (1862).

SCABNAFIGI, bourg du royaume d'Italie, province de Coni, district de Saluées, mandement de Villauuova-Soiaro; 3,227 hab.

SCAROLE s. f. (ska-ro-le). Bot, Syn. d'iss-

CAilOLU.

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SCARPA (Antonio), célèbre anatnmlste ei chirurgien italien, né k La Motta (Frioul) le 13 juin 1747, mort k Pavie le 31 octobre 1832. Un de ses parents prit soin de son éducation. Scarpa commença de bonne heure, k l'université de Padoue, l'étude de la médecine. La physique expérimentale et l'anatomie furent cultivées par lui avec soin, et ses progrès dans la dernière de ces sciences furent tels qu'il put dès la seconde année aider et suppléer le prosecteur de l'université. Morgagui son illustre maître, frappé de ses rares dis positions, le prit en amitié et en fit son secrétaire. Scarpa s'exerça sousle professeur Calza k faire des préparations en cire et y acquit une grande habileté. Il alla ensuite k Bologn» se perfectionner en chirurgie sous Riviera, puis revint prendre k Padoue le grade de docteur en médecine, qui lui fut conféré par Mor gagni. Après la mort de ce grand homme (1771), Scarpa voulait aller se fixera Venise, mais on lui proposa et il accepta la place do professeur (l'anatomie et de chirurgie k Modéne (1772). Après huit uns d'enseignement, il entreprit un voyage scientifique eu Franco et en Angleterre, entra alors en relations avec Vicq d'Azyr, le frère Cosnie, Pott , limiter, Seldon, etc., et passa plus de deux, ans k l'étranger. En 1784, il fit avec Alexandre Volta un voyage en Allemagne. Dans l'intervalle (1783), il avait pris possession do la chaire d'anatomie de Pavie, qui lui avait été offerte depuis plusieurs années par Joseph II, sur la proposition de Brambillii. En 1796, lors de la création de la république Cisalpine, Scarpa refusa de prêter le serment exigé des fonctionnaires publics, et ce refus lui fit perdre la chaire qu'il occupait avec éclat depuis douze années. Napoléon, s'êtant fuit couronner ror d'Italie k Milan en 1805, vint ensuite à Puvie, où il se fit présenter les professeurs de l'université, et, ne voyant pus Scarpa, il demanda où il était. On lui dit alors la cause de la destitution de ce professeur. Bonaparte lui rendit su chaire et lui donna, avec la croix d'honneur, le litre de chirurgien de l'empereur et un traitement de 4,000 francs. Il continua jusqu'en 1812 ky être charge de la clinique chirurgicale et du l'enseignement de l'anatomie. Eu 1814, il fut nommé directeur de la Faculté de médecine. Le plan d'études de cette école ne répondant pas aux besoins de la science, Scarpa demanda U plusieurs reprises au gouvernement d'y faire les m. liifications nécessaires; ses observations répétées étaut restées sans réponse, il donna sa démission. Pendant les cinq dernières années de sa vie, Scarpa fut tourmenté par une néphrite ealculeuse et une alfeciiuu chronique de la vessie. Scarpa est incontestablement un des hommes qui, duns les temps modernes, ont le plus contribué k imprimer aux travaux des chirurgiens la direction qui promet à l'art les progrès les plus assurés. Praticien éminent, Scurpa était consulté de toutes les contrées de l'Europe. Par ses recherches sur les maladies des yeux, les pieds-bols, les anévrismes, l'odorat, les nerfs delà cinquième paire, les ganglions, les plexus nerveux, etc., il fil faire do grands progrés k la science. Professeur éloquent et d'une vaste instruction, il forma de nombreux élèves et fit partie d'un grand non.i'jro de sociétés savantes, notamment de i'Iuslitut. Il dessiuuit avec une grande habileté, ce qui lui permit d'exécuter lui-même le modèle des planches uuatomiques qui accompagnent ses ouvrages. « Passionné pour la peinture, pour les arts, pour les antiquités, dit Puriset, il avait rassemble des chefs-d'œuvre de plusieuis genres et, soit pour enrichir encore sa collection, soit pour satisfaire une juste curiosito, il lit en 1820, dans toute l'Italie, uu voyage qui fut pour lui comme un long triomphe. > Pur la pratique de son art, il avait acquis une fortune considérable, qu'il accrut encore par une avarice sordide. Ses principaux ouvrages sont : Le structura feues trie rotumlx auris et de tympanu secundario anutonji'tôB observationes {Itlodcna, 1772, in-4"); Anatomicarum annot atxouum liber priants de ijinigtiis et plexubus neruorutn (Modene, 1779, in-40); Aualomicarum unnotatiouum liber secundus, de organo otfuctus prwctpuo, deque nervis nasulib'is e pari quvUo nervurum cerebri (Pavie, 1785, in-4u); De nerco spinali ad vclauum cerebri accessorio cummeuiarius (in-4°); Aualomiem diSquisitiones de auditu et otfactu (Pavie, 1789, in -fol.); Tabulx neoiuloyicœ ad illustrandum kistoriam cardiacorum nervorum (Pavie, 1794, in-fol.); De penitiori ossium structura commeiitarius (Leipzig, 1799, in-4°) ; Traltato dette principali malattie degli occhi (Pavie, 1816, 2 vol. in-8°) , traduit en français par Le veillé ; Suit' aneurisma rifiessioui et osiervasioui anatouiico-chirurgiche (Pavie, 1804, in-fol.); Sull' eruie memorie analomico-cUiruigische (Milan, 1809, in-fol.); Alemoria sulla ligatura dette principale arlerie degli arti, cuit uu appendice ail' opéra suit' aneurisuta (Pavie, 1817, in-4<>) ; Sutlo scirro e sul cancra (Milan, 1821, in-40); Suit' taglio i/iogastrico per l'estrazione delta pietra nella vesica orinaria (Milan, 1820, in-4°); Suggio di osseroazione sul taytio retto-vesicale per l'estritziune délia pielra délia vesica orimiria (Pavie, 1823, in-fol.) ; Suit' ernia del yeruieo (1824, in-fol.); Memoria suit' idrocele del curdone spermatico (1823, in-fol.); Nota perche ta ligatura temporanea délia yrossa arieria di un arto, ave de otleuere la cure radicutiva dell'

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anev.ritma sia stata riyuardaia talvolle siccorm mancante di effetto (1S30); De gangliis nenorum, deqne origine et essenlia nervi intercysialis ad virum itlustrissintum H.Weber, ana.omicum Lipsiensem (Milan, 1831, in-8°); Opuscoli di c/iirurgia (Pavie, 1825-1832, 3 vol. iri-J"). La plupart de ces ouvrages ont été traduits en français.

SCARPANTO ou KOJE, la Carpathos des anc ens, lie île la Turquie d'Asie, dans l'Archipel, entre Rhodes et Candie. La pointe S. est par 35° 23f de latit. N. et 24» 52' de longit. E.; -48 kilom. du N. au S. sur 15 kilom. de largeur moyenne; superficie, 200 kiloin. carrés; 3,000 hab. Ch.-l., Avdemo, sur la côte orie itale. La côte, assez sinueuse, présente plusieurs petits ports. Le sol, montagneux, est (.ssez fertile en coton'et céréales: on y trouve des mines de fer et des carrières de marbre.

SCARPE, rivière de France. Elle prend sa source dans le département du Pas-de-Calais, près et à l'O. du village de Berles, arrond. de Saint-Pol, baigne Aubigny, Arras, entre dans le département du Nord, baigne Doui.i et Marchiennes, Saint-Ainand et se jette dans l'Escaut, à Mortagne, près des frontière 5 de la Belgique, après un cours de 112 kilom.. navigable sur 67, depuis Arras jusqu'à son «mbouchure. Les bords de cette rivière, peu élevés et marécageux sur plusieurs points, encaissent très-peu ce cours d'eau, sujet à de fréquents débordements. La navigation de la Searpe est reliée k celle des canaux de la Deule et de la Sensée.

SC4RPELL1M (l'abbé Félicien), astronome italien, né à Foligno en 1762, mort à Rome en 1840.11 fut professeur à l'Académie de Rome, fonda l'observatoire du Capitule et restaura l'Académie des Lincei, dont il devint secrétaire perpétuel. Il a. publié, entre autres ouvragîs, un Tableau des opérations faites à Romo pour l'établissement du système métrique (Rome, 1811) et un Mémoire sur quelques nouviaux réflecteurs en cuivre pour les grands télescopes. Searpellini avait formé un cabinet de physique, que le gouvernement romain acheta après sa mort. M. B. Trompeo a publié ine notice sur ce savant (Pise, 1841, in-go).

SCaRPERIA, ville du royaume d'Italie, province, district et a 26 kilom. N.-E. de Florence, ch.-l. de mandement; 5,539 hab. Fabrica.ion de coutellerie et de quincaillerie.

SCnRPONE, autrefois Serpane ou Cherpaqne, hameau de France (Meurthe), commune de Dieulouard, arrond. et à 17 kilom. N.-O. de Nancy; 17 hab. C'était jadis le chef- lieu du pays de Sannois. L'origine de Scarpone (Scamona) est très-ancienne. Ce lieu est placé entre Tullum et Divodurum dans l'Itinéraire d'Antonin et dans la Table théodosienne. Il est aussi mention de Scarpone dans l'histoire au sujet d'une victoire que Jovinus, général de la cavalerie, y remporta sur les Allemands l'an 336, comme Amuiien Marcellin et Zosime l'ont rapporté, et on lit dans l'ouvrage de Paul Diacre sur les évêques de Metz que Scarpane soutint un siège contre Attila.

SCARRON (Paul), poète burlesque et auteur dramatique, né à Paris en 161 0, mort dans la mène ville le 14 octobre 1660. Il appartenait à une ancienne famille de robe ; son père, conse lier au parlement, possédait 25,000 livres de rente. Scarron pouvait donc prétendre à une existence indépendante: il n'avait à partager la fortune paternelle qu avec deux sœurs; mais son père se remaria, et la seconde femme du conseiller fit fort mauvais ménage avec les enfants du premier lit, qu'elle s'efforça de dépouiller au profit des siens. Les filles furent mises au couvent; le jeune Scarron fut envoyé à Charleville, chez un parent éloigné. Au bout de deux ans d'exil, son père consentit k le rappeler, à condition qu'il embrasserait l'état ecclésiastique. Sans s'engager tout à fait dans les ordres, Scurron prit le pet.t collet et sollicita un bénéfice, qu'il fut longtemps à attendre. Grâce à une assez forte pension que lui faisait son père, il put faire bonne figure dans le monde et mener une vie qui jurait un peu avec le titre d'abbé qu'il avait pris; il n'avait alors de goût que pour lus plaisirs, la bonne chère et les parties do débauche; sa vocation littéraire ne se révéla que plus tard, quand il fut impotent et cul-de-jattè. En 1634, à vingt-quatre ans, il lit un voyage en Italie et se lia à Rome avec la grand peintre Nicolas Poussin, qui resta en correspondance avec lui. Dans les lettres de Poussin, on en trouve quelquesunes adressées à Scarron ; celui-ci, en retour, lui dédia l'un de ses poèmes burlesques, le Typhon, en 1648, et à diverses reprises lui commanda des tableaux (7 février 1649; 39 mai 1650),

De retour à Paris, Scarron continua sa vie insouciante, dans la société des femmes galantes et des jeunes seigneurs libertins. Il figure sur la liste des premiers amants des deux beautés à la mode, Marion Delorme et Ninon de Lenclos, et c'est seulement vers ' 1638 qae lui survint l'accident qui le rendit , infirme pour le reste de sa vie. D'après La Beaumelle, se trouvant à l'époque du carnaval au Mans, oit il possédait un bénéfice ecclésias.ique, il eut avec deux de ses amis l'idée de se déguiser en sauvage. Les trois compères, s'étant enduit le corps de miel ou

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de poix, puis s'étant roulés dans un lit de plumes éventré, se lancèrent par la ville; poursuivis par les huées desgamins et en danger d'être mis en pièces par des mégères, ils se jetèrent tous les trois dans la Sarthe, du haut d'un des ponts qui la traversent. Les deux amis de Scarron, La Beaumelle ne les nomme pas, périrent ; Scarron en réchappa, mais resta paralysé. Cette légende est reproduite dans toutes les biographies du poète; mais elle n'a aucune vraisemblance. D abord Scarron n'eut un bénéfice au Mans, où il résida, en effet, cinq ou six ans, qu'en 1643 et alors qu'il était déjà infirme. En second lieu, si telle était la cause de sa maladie, il serait bien étonnant qu'il n'y eût jamais t'ait allusion, qu'aucune personne de son entourage n'en eût parlé, que le secret sur un accident si drolatique eût été mystérieusement gardé pendant plus d'un siècle, puisque La Beaumelle le révélait seulement cent vingt ans après. Scarron, dans sa Requête au cardinal de Richelieu, laisse entendre qu'il ne soupçonne pas même la cause de son horrible maladie et il n'était pas homme à cacher un esclandre du genre de celui qu'on lui prête. Tallemant des Réaux, son contemporain et en mesure djêtre bien renseigné, dit « qu'il fut victime d'une drogue de charlatan qui le rendit perclus en voulant le guérir d'une ma- ' ladie de garçon. » Voilà- qui est bien plus vraisemblable.

Vers cette époque aussi, Scarron perdit son père, engagea contre sa belle-mère et ses frères consanguins un long et dispendieux procès, qu'il perdit, et resta chargé, avec fort peu de ressources, de ses deux sœurs qu'il prit avec lui. Il commença alors à s'adonner aux lettres avec application. Quoiqu'il n'eût encore rien fait imprimer, il était connu dans le monde des lettrés pour un poète agréable, habile à tourner des riens spirituels, des bouts-rimés, des madrigaux, ainsi qu'en témoignent ses E trémies à Marion Delorme et à Ninon de Lenclos. Son esprit avait une teinte de jovialité rabelaisienne qui passait facilement au burlesque, et il résolut de tirer parti de cette qualité naturelle en créant un nouveau genre littéraire. Mais, avant de pouvoir battre monnaie avec sa plume, il eut l'adresse de se faire accorder quelques pensions. Il avait des amis influents à la cour, ses anciens compagnons de plaisir, et obtint de Richelieu d'assez grandes libéralités, puis de Mazariu une pension de 500 écus ; une audience que M1"" de Hautefort lui fit obtenir d'Anne d'Autriche lui en valut autant et l'emploi grotesque de « malade en titre de la reine. » Scarron affirme que ce n'était pas une sinécure et qu'il s'acquitta de ses fonctions « avec intégrité. • Enfin il fut pourvu d'un petit bénéfice au Mans, où il alla résider (1643). L'année suivante, il fit imprimer le Typhon ou la Gigantomuchie (Paris, 1644, in-8°), son premier essai dans le genre burlesque. Ou n'en faisait plus grand cas du temps de Boileau, et celui-ci, dans Son Art poétique, voue le poème à l'admiration exclusive des provinces; mais, à son apparition, il eut une vogue extraordinaire et suscita un grand nombre d'imitations. Le burlesque devint le genre littéraire k la mode; on en mit partout; on traduisit, on travestit tout en vers burlesques. Rappelé à Paris par ce succès et par celui de quelques comédies imitées des imbroglios espagnols : Jodelet ou le Maître valet, comédie en cinq actes et en vers (Théâtre-Français, 1645); les Trois Dorothée ou Jodelet souffleté, comédie en cinq actes et en vers (Théâtre-Français, 1645); les Scènes du capiton Matamore et de Boniface pédant, farce composée d'odes, de stances et d'élégies burlesques (Théâtre-Français, 1747), Scarron, qui ne pouvait plus bouger de sa chambre et même de sa chaise à roulettes, attira chez lui les réunions joyeuses qu'il avait jusqu'alors été trouver. Dans les divers logements qu'il occupa, au Marais, rue des Saints- Pères et rue de la Tixeranderie, à la pointo Saint-Eustache , son salon fut toujours très-fréquenté, non-seulement par les littérateurs ses amis, Saitit-Evremond, Ménage, Sarrazin, Boisrobert, Scudâri, Peilidson, Tristan Lhermite, mais même par de hauts personnages, comme le maréchal d'Albret, le duc de Vivonne, le comte de Lude, le maréchal de Souvré, le comte de Graminont; les grandes dames, Mm« de Sévigné, Mme de La Sablière, la comtesse de La Suze, y rencontraient Marion Delorme et Ninon de Lenclos. Il appelait sa maison l'hôtel de l'Itnpécuniosité, et, quand il invitait à dîner, il priait ses convives d'apporter chacun son plat; niais c'était lit une plaisairterie, car il pouvait passer pour presque riche avec toutes ses pensions et ce qu'il appelait son marquisat de Quiriet, c'est-à-dire le produit de ses livres édités par Quinet, le plus fameux libraire du temps. L.' Enéide travestie, dont il fit paraître la première partie en 1648, lui rapporta de grosses sommes. Pendant la Fronde, son salon devint un foyer d'opposition. C'était là qu'on lisait sous le manteau : l'Avis de dix millions et plus, le Courrier burlesque de la guerre de Paris, la Juliade, le Ramage de l'oiseau , les Triolets frondeurs de Saint- Amand, etc. Dans ces triolets se trouvaient des pointes très-vivement aiguisées et de bonnes épigramines contre Cyrano de Bergerac qui, les croyant de Scarron, répliqua vivement, a Voilà dix ans, s'écriait-il, que la Parque lui a tordu le cou sans pouvoir l'é-

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trangler. A le voir, ses bras \of& et pétrifiés sur ses hanches, on prendrait son corps pour un gibet où le diable a pendu une âme. Et quelle âme 1 plus laide que le corps 1 » Le poète se montra, du reste, assez insensible à ces injures. Il n'avait qu'une seule préoccupation, sa santé. Voici le portrait qu'il traçait de lui à cette époque : « J'ai trente-huit uns... J'ai eu la taille bien faite, quoique petite; ma maladie l'a" raccourcie d'un bon pied. Ma tête est un peu grosse pour ma taille. J'ai le visage assez plein pour avoir le corps décharné, des cheveux assez pour ne point porter perruque ; j'en ai beaucoup de blancs, en dépit du proverbe. J'ai la vue assez bonne, quoique les yeux gros ; je les ai bleus ; j'en ai un plus enfoncé que l'autre, du côté où je penche la tête. J'ai le nez d'assez bonne prise. Mes dents, autrefois perles carrées, sont de couleur de bois et seront bientôt de couleur d'ardoise; j'en ai perdu une et demie du côté gauche et deux et demie du côté droit, et deux un peu égrignées. Mes jambes et mes cuisses ont fait d'abord un angle obtus et puis Un angle égal et enfin un aigu ; mes cuisses et mon corps en font un autre, et ma tête se penchant sur mon estomac, je ne ressemble pas mal k un Z. J'ai les bras raccourcis aussi bien que les jambes, et les doigts aussi bien que les bras ; enfin je suis un raccourci de ia misère humaine. Voilà à peu près comme je suis fait. » Il est difficile, ce cous semble, d'apporter une meilleure humeur en une aussi triste occurrence ! Il cherchait cependant quelque soulagement à ses maux ; il était allé aux eaux de Bourbon, puis à l'hôpital de la Charité, dans le faubourg Saint-Germain, où on lui avait fait prendre des bains de tripes. Ce remède singulier n'avait pu opérer une gué- - rison impraticable. Pour oublier ses tourments, le protégé de Mlle de Hautefcrt réunissait à sa table l'élite des gens de goût. On y éventrait nombre de bourriches de gibier, on y tarissait les bouteilles ; les jolis visages no manquaient même pas. L'amphitryon fournissait tout, et s'il ne prenait pas part au festin, au moins il n'épargnait ni l'esprit ni la gaieté. Sa guerre contre Mazariu lui avait pourtant valu le retrait de ses pensions. Lui qui avait autrefois tant flagorné le ministre, lui qui disait :

Jules plus grand que le grand Jules, Alcide sur lequel Atlas peut s'accouder...,

il écrivit la Masarinade, un des plus sanglants pamphlets de la Fronde. Une aventure surtout y est racontée qui devait toucher le cardinal au vif : ses amours avec une fruitière d'Alcala, d'où, suivant la chronique scandaleuse, Mazarin, bâtonné, se serait sauvé jusqu'à Barcelone en fort mince équipage. Passant delà vie privée à la politique, le pamphlétaire reprochait au ministre d'avoir fait perdre par ses lenteurs le fruit de la bataille de-Lens, d'avoir mis le duc de Beaufort en cage, abandonné à Naples le duc de Guise, volé le duché de Cardone, empoisonné le président du parlement, Barillon. Mazarin se moquait des libellistes. ■ Qu'ils chantent, pourvu qu'ils payent, » disait-il. Celte fois, cependant, il dut se sentir touché. La pension qu'il servait au poète et celle de la reine furent supprimées.

Le succès du Roman comique (1651, 2 vol. in -8°) le dédommagea quelque peu de ce déboire. On croit que ce récit ingénieux lui avait été suggéré par la rencontre, au Mans, d'une de ces troupes nomades qu'il a si bien décrites et qui, d'après certains indices, n'était autre que celle de Molière. » En écrivant le Roman comique, dit son dernier éditeur, M. V. Fournel, Scarron a eu le bon esprit, dont il faut lui savoir d'autant plus de gré que cela lui est rarement arrivé, de faire choix d'un sujet qui lui permît d'être en même temps vrai et burlesque, de se livrer à son irrésistible penchant pour la bouffonnerie sans sortir de la nature et sans blesser le goût. Vienne en cette matière faite à souhait sa verve plaisante, féconde eu traits badins, en trivialités grotesques et en vives caricatures, loin d'être déplacée et condamnable aux yeux des bons esprits, elle trouvera, cette fois, un rapport si complet avec les personnages et le fond mémo- du sujet, que souvent l'auteur ue serait pas vrai s'il n'était pas burlesque. Le livre n'est bouffon que parce que les personnages sont boulions et doivent l'être. Scarron lui - même a marqué la différence tranchée qui sépare son œuvre des romans ordinaires de son siècle, en qualifiant de trèsvéritables et de très-peu héroïques les aventures qu'il raconte. Très-véritables, dans le sens littéral et rigoureux du mot, je n'en sais rien; cela pourrait bien être, au moins pour l'ensemble des faits, car nous retrouvons les origines historiques de quelques-uns de ses épisodes et plusieurs de ses types; mais quoi qu'il en soit, les faits sont très-véritables certainement dans le sens littéraire, c'est-à-dire très-vraisemblables. ■

Ce fut vers cette époque (1650) qu'il fit la connaissance de Françoise d'Aubigné, qui devint plus tard Mm<! de Maintenon. Sa mère, plongée dans un dénùment absolu, était venue loger non loin de Scarron, rue de la Tixeranderie. Des relations se nouèrent, et Scarron offrit sa main à M'ie d'Aubigné. Malgré ses infirmités, il fut agréé. » J'aime mieux épouser un cul-de-jatte que le couvent, » dit celle qui devait être presque reine de France. Ou attendit seulement deux ans, à cause de

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la jeunesse de la fiancée. Pour se marier, l'abbé fut contraint de céder son bénéfice. Il le vendit, moyennant 3,000 livres, k un valet de chambre de Ménage. Il se défit aussi d'une petite terre qu'il avait dans le Maine pour payer les frais de noce. Lorsqu'on dressa le contrat de mariage, le notaire demanda au futur ce que la future apportait : « Deux grands yeux mutins, répondit-il, un très-beau corsage, une paire rie belles mains et beaucoup d'esprit. — Quel douaire lui assurezvous ? — L'immortalité ! » M»» Scarron égaya de sa jeunesse et de sa beauté la maison de son mari ; les réunions journalières eurent plus d'éclat et de décence. Elle se vantait d'avoir toujours été fidèle à ce podagre qui [ était laid, goutteux, mais qui l'avait retirée I de la misère. Cependant on croit que le jeune I Villarceaux, qui fréquentait beaucoup ia maison, ne lui fut pas indifférent, et Ninon de Lenclos eut l'indiscrétion de raconter qu'elle leur avait quelquefois prêté une de ses chambres, la chambre jaune, pour qu'ils pussent se voir à leur aise.

Dans les huit années qui s'écoulèrent entre son mariage et sa mort, Scarron fit représenter ses meilleures pièces de théâtre : Don Japhet d'Arménie, comédie en cinq actes et en vers (Théâtre-Français, 1653), qui est restée' longtemps au répertoire, et l'Ecolier de Salamanque, tragi-comédie en cinq actes et en vers (Théâtre - Français, 1654); c'est dans cette pièce que parait pour la première fois le type de Ciispin ; Scarron avait déjà, dans la série précédente, créé le type de Jodelet, qui n'a été détrôné que par Jocrisse. On lui doit encore le Marquis ridicule, comédie en cinq actes et en vers (Théâtre - Français, 1656); deux autres pièces, la fausse apparence et le Prince corsaire, toutes deux en cinq actes et en vers, qui n'ont pas été jouées et qu'on imprima après sa mort (1662, in-8«), et une série de petits romans imités ou traduits de l'espagnol, les Nouvelles tragi-comiques (1654, in-S°), dont l'une, intitulée l'Hypocrite, a servi de canevas à Molière pour son Tartufe.

Ces productions, quoique goûtées du public et remarquables par leur originalité, ne lut avaient pas apporté une grande aisance. H aimait réellement sa femme et était inquiet ' de son avenir. Il disait souvent à ceux qui . l'entouraient : « Le terme approche et je ; laisse sans biens, sans espérances' une personne que j'ai tant de raisons d'estimer ; je vous la recommande, ainsi qu'à toutes mes 1 connaissances. Que doviendra-t-elle? » Afin de lui laisser une petite fortune, il se lança dans une entreprise étrangère à la littérature. 11 s'agissait d'une entreprise de roulage. L'opération présentait quelques chances de réussite et on calculait qu'elle pourrait rapporter 6,000 livres de rente à son inventeur. Malheureusement, alors que Scarron se berçait \ des plus séduisantes espérances, il fut saisi i d'un hoquet violent et les médecins reconnurent immédiatement que la mort approchait. , « Si j'en reviens, dit-il, quelle belle satire ja j ferai sur le hoquet! » Autour de lui, on pleu- 1 rait beaucoup : « Mes amis, dit-il, je ne vous • ferai jamais pleurer autant que je vous ai fait rire. » On lui prête encore un autre mot : « Par ma foi, aurait-il dit, je n'aurais jamais cm qu'il fût aussi facile de se moquer de la mort! Plus d'insomnies, plus de goutte; je vais enfin me bien porter. » Il avait eu soin de faire sou épitaphe :

Celui qui cy maintenant dort Fit plus de pitié que d'envie, .Et souffrit mille fois la mort ' Avant que de perdre la vie.

Passant, ne Tais ici de bruit, Garde bien que tu ne l'éveille; Car voici la première nuit . Que le pauvre Scarron sommeille!

Les Œuvres complètes de Scarron ont été souvent rééditées. La meilleure édition est celle de Bruzen de La Martinière (Amsterdam, 1737, 10 vol. in-12; réimprimée à Paris, 1786, 7 vol. in-8«).

SCARSELLA (Sigismond), peintre italien, surnommé Modiim, né à Ferrare en 1530, mort dans la même ville en 1614. Elève et imitateur de Paul Véronèsa, ii a peint une Visitation, qu'on voit dans l'église de Sainte- Croix, et quelques autres tableaux dont les uns ont été maladroitement restaurés et dont d'autres sont attribués généralement k son fils.

SCARSELLA (Ilippolyte) , peintre italien, surnommé Scaraeliino, fils du précédent, ne à Ferrare en 1551, mort dans la'même ville eu 1621. Il apprit les éléments de la peinture

i sous lu direction de Sigismond Scarsella, son père, puis il se rendit à Venise, et, pendant

, un séjour de six ans, il étudia les maîtres de l'école vénitienne, particulièrement Paul Véronèse. Il était renommé pour la facilité de son pinceau; mais on peut lui reprocher ses nombreuses imitations des artistes dont il avait cherché à acquérir le faire. Parmi ses œuvres les plus remarquables, on cite : la Nativité de la Vierge, à la chartreuse de Kerrare ; l'Assomption de ta Vierge et les Noces de Cana , chez les bénédictins ; la Pentecôte, l'Annonciation et l'Epiphanie, dans l'oratoire de la Scala.

SCARUFFI (Gaspard), économiste italien, né à Reggio vers 1515, mort dans la mémo ville en 1JS4. Il dirigea l'hôtel des monnaies

SCAU

établi dans sa ville natale et il fut chargé par Alphonse II, duc de Ferrare, d'établir sur de nouvelles bases le système monétaire de ses Etats, Scarufft publia à ce sujet un écrit intitulé ; Alitinonfo par far ragione e concordenza d'oro e d'argenlo (Reggio, 1582, in-8<>).

SCASON s. m. V. SCAZOK.

SCATCHËRD (Norrison-Cavendish), littérateur anglais, né dans le comté d'York en 1780, mort à Morley-House, près de Leeds, en 1853. Il suivit les cours de droit, se fit recevoir avocat, puis renonça au barreau pour s'adonner à la littérature. On lui doit, entre autres j écrits : Mémoire sur le célèbre Eugène Aram, exécuté en 1759 pour le meurtre de Daniel Clark (Londres, 1832) ; Glanes sur Eugène Aram, et de nombreux. Mémoires, publiés dans le Gentleman's Magasine.

SCATHARE s. m. (ska-ta-re). Ichthyol.

Genre de poissons acantboptérygiens, de la famille des sparoïdes, dont l'espèce type vit dans la Méditerranée.

SCATOMYZE s. f. (ska-to-mi-ze — du gr.

skatos, excrément; muzâ, je suce), Entom, Genre d'insectes diptères brachocères, de la famille des athéricères, type du groupe des i scatomyzides, réuni par plusieurs nuteurs, comme simple section, au genre scatophage.

SCATOMYZIDE adj. (ska-to-mi-zi- de — de scatomyze, et du gr. idea, forme). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la scatomyze.

— s. f. pi. Groupe d'insectes diptères, de la tribu des muscides, ayant pour type le genre scatomyze.

SCATONOME s. m. (ska-to-no-me — du gr. skatos, excrément; nomê, pâture). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, dé la famille des lamellicornes, tribu des scarabées coprophages, comprenant trois espèces qui habitent 1 Amérique du Sud.

SCATOPHAGE adj, (ska-to-fa-je — du gr.

skatos, excrément \phagô, je mange). Zool. Qui se nourrit d'excréments.

— s. m. Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens , de la famille des squammipennes, tormé aux dépens des chétodons, et comprenant cinq ou six espèces, dont le type vit surtout dans le Gange et sur la côte du Malabar,

— s. f, Entom. Genre d'insectes diptères brachocères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant une quinzaine d'espèces , dont la plupart habitent l'Europe centrale.

— Encycl. Entom. Les scatophages ont le corps assez allongé, ordinairement velu; la tête transversale, presque conique en avant, arrondie en arrière; les antennes courtes, la trompe de moyenne longueur; les palpes grandes, velues; les yeux grands, saillants, écartés ; le corselet muni de longs poils, l'écusson grand; l'abdomen allongé et presque conique; les ailes longues, les pattes longues et grêles. Ces insectes vivent en grand nombre sur les excréments et les immondices; les femelles y déposent des œufs oblongs, qu'elles y piquent par un de leurs bouts. Les larves qui en proviennent vivent pendant quelque temps dans ces matières: ensuite elles entrent en terre pour y subir leur dernière métamorphose, qui a lieu un mois après la ponte. La scatophage stercoraire est longue de 0m, 01, fauve, avec le thorax brunâtre et les ailes jaunâtres ; elle est assez commune en France et aux. environs de Paris.

SCATOPH1LE adj. (ska-to-fi-le — du gr.

skatos, excrément; phileà, j'aime). Hist. nat. Qui vit ou croit sur les excréments.

SCATOPSE s. m. (ska-to-pse — du gr.

skatos, excrément; ops, face). Entom. Genre d'insectes diptères némocères, de la famille des tipulaires, formé aux dépens des tipules, et comprenant six espèces, dont la plupart habitent la France : La larve du scatopsb ressemble à un petit ver à anneaux. (V. de Boinsre.)

— Encycl. Les scatopses sont caractérisés par un corps oblong ; la tête petite, arrondie ; les yeux en croissant, trois ocelles en triangle sur le vertox ; les antennes avancées, épaisses, cylindriques ; les palpes cachées, le thorax ovale, convexe; les ailes grandes, transparentes, couchées sur le corps dans le repos; l'abdomen déprimé, un peu élargi en arrière. Ce sont généralement des insectes de petite taille, qui se trouvent fort communément sur les murs humides, les troncs des arbres et aussi sur les Heurs, notamment sur celles des composées, où ils pompent le sue des nectaires. Les larves se développent au milieu des immondices et se transforment en nymphes qui sont nues et immobiles. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent l'Europe. Le scalopse noté est d'un noir luisant; sa longueur ne dépasse guère om,00! ; il vit sur les fleurs, sur les murs et surtout dans les latrines.

SCAU RE s. m. (skô-re — du gr. skauros, qui a les talons gros). Entom. Genre d'insectes coléoptères hètéromères, de la famille des mélasomes, type de la tribu des scaurites, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Afrique et l'Europe australe.

— Encycl, Les scaures ont pour caractères un corps ovale oblong; la tète courte, carrée ; les antennes filiformes, le labre coriace, les

SCAU

mandibules courtes, cornées; les mâchoires droites, bifides; les palpes maxillaires filiformes, plus longues que les palpes labiales; la languette nue, entière; le corselet grand, élevé , presque carré ; l'écusson petit ; les élytres soudés, embrassant les côtés de l'abdomen et s' allongeant en pointe mousse; l'abdomen ovalaire ; les pattes fortes, à tarses filiformes. Ces insectes vivent de préférence dans les sables ou parmi les décombres et les pierres; leur démarche est lourde et ils semblent fuir la lumière. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces, qui habitent les contrées chaudes de l'ancien continent. Le scaure strié est long de om,0l5, noir, avec les élytres striés; il habite les côtes de Méditerranée française. Le scaure ponctué se trouve surtout en Espagne.

SCAURITE adj. (sko-ri-te — rad. scaure). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au scaure.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des mélasomes, ayant pour type le genre scaure,

SCAURUS (Marcus ^Emilius), consul romain, né l'an 163 av. J.-C, mort l'an 89. Son père, bien qu'appartenant a. une f»mille patricienne, était marchand de charbon, Scaurus reçut une éducation distinguée, combattit en Espagne et en Sardaigne et devint édile curule en 123. Avide de pouvoir, d'honneurs, de richesses, mais habile à cacher ses vices, comme nous l'apprend Salluste, il sut par une austérité apparente et par une éloquence grave et mesurée acquérir à la fois de l'influence au sénat et parmi le peuple. Elu consul en 115, il obtint les honneurs du triomphe pour avoir battu les Carnes, peuplade gauloise, fit creuser le canal de Parme à Plaisance et dessécher les marais de la Trébie, puis il fut nommé prince du sénat (114). Après avoir fait partie d'une ambassade auprès de Jugurtha (112), il fut envoyé pour faire la guerre à ce prince en 111, avec le consul Bestia, et se laissa corrompre à prix d'or par le chef numide. Scaurus parvint à échapper au châtiment en se faisant nommer membre de la commission chargée de purrir l'acte de trahison dans lequel il avait trempé. En 107, il obtint pour la seconde fois le consulat et, en 90, il fut nommé censeur, malgré les hontes de son passé. 11 ouvrit des routes en Italie, notamment la voie Emilienne (de Pise à Tortone), bâtit à Rome le pont Milvius et passa le reste de sa vie à se défendre de nombreuses accusations de concussion auxquelles sa cupidité bien connue et ses immenses richesses subitement acquises donnaient une grande apparence de vérité. C'est lui qui, accusé par le tribun Varius d'avoir reçu de l'or de Mithridate pour fomenter la guerre sociale, répondit devant le peuple et d'un air méprisant : • Un certain Varius accuse Marcus ^Emilius d'avoir trahi la république en faveur du roi de Pont; Marcus ^îîmilius le nie. Qui faut-il croire? » Ce mouvement d'orgueil patricien lui tint lieu de justification. A sa mort, il laissa divers ouvrages et des Mémoires, dont il ne reste que quelques fragments cités par Yalère-Maxime.

SCAURUS (Mamercus), favori de Néron, de la famille du précédent. Il vivait au i" siècle de notre ère. Néron le lit consul en considération, dit Sénèque {De beneficiis, liv. IV, ch. xxxi), de son anbêtre Scaurus, prince du sénat; mais il est probable que la conformité de ses goûts avec ceux de l'empereur lui at- I tira cet honneur plutôt que le mérite de ses aïeux. L'infamie des mœurs était, en effet, un titre à la faveur du fils d'Agrippine.

I Scaurus (LE PALAIS de) OU Description d'une maison rowuine, fragment d'un voyage fait à Rome vers la tin de la république par Mérovir, prince des Suèves ; publié en 1819. L'auteur anonyme de cet ouvrage lui a donné

' une forme dramatique assez heureuse. Il suppose qu'après la fuite d'Arioviste, vaincu par César, Mérovir, l'aîné de ses fils, fut envoyé

i prisonnier à Rome et écrivit une relation de ce voyage forcé. Le morceau que l'auteur détache de ce récit a trait aux habitations des Romains. Ce sont des lettres écrites par

1 Mérovir à son ami Ségimer. Le célèbre architecte Chrysippe lui fait visiter le palais de Marcus Scaurus, vanté par Pline. Ici, l'auteur passe en revue tous les détails des constructions romaines, et, à mesure que se poursuit sa visite, le lecteur voit passer sous ses yeux Yarea, place spacieuse, le veslibulum, le prothyrum, où se tiennent les ossarii, et pénètre dans Vatrium; puis le lararium, chambre consacrée au culte des divinités domestiques; le tablinum ou pièce aux archi-

I ves, le peristylum et enfin les appartements particuliers et ceux qui étaient réservés aux femmes. Ici l'auteur fait une très-longue énumèraiion de tous les objets de luxe qui encombraient les maisons romaines, puis visite la pinacotheca, où les Romains rassemblaient

1 leurs objets d'art, et la bibliothèque. Dans j ce chapitre, l'auteur nous donne une foule de renseignements sur la publication et la fabrication des ouvrages dans l'antiquité, sur 1» façon dont on les conservait dans les bibliothèques. L'auteur nous transporte ensuite dans une maison grecque et nous en fait également la description. Ce livre, dans lequel on trouve des anecdotes curieuses et des renseignements utiles, est d'une grande exactitude en ce qui touche les détails fournis sur

SCEA

la construction et l'ameublement des anciens. L'ouvrage se termine par la description du souper auquel Mérovir a été invité par Scaurus et des tableaux, candélabres, danses, etc., qui figurent ou ont lieu dans la salle du festin. Ajoutons, en terminant, que l'auteur appuie tous ses renseignements sur des textes authentiques d'auteurs anciens et qu'il a tiré très-grand parti de Vitruve.

SCAY1NI (J.-M.), médecin italien, né à Saluées (Piémont), mort à Turin en 1825. Il lit ses études médicales dans cette dernière ville et fut nommé professeur de clinique à l'université. On a de lui un Précis historique de la doctrine de l'inflammation depuis Êippocraie jusqu'à nos jours (Turin, 1811, in-8°).

SCAVISSON s, m. (ska-vi-son). Bot. Nom donné dans le commerce a l'écorce d'une espèce de casse.

SCAZON adj. m. (ska-zon — du gr. skazâ, je boite). Métriq. anc. Se dit d'une sorte de vers ïambique dont le sixième pied était un spondée ou trochée : Les fables de Babrias étaient écrites en vers choliambes ou scazons. (Boissonade.) Les métriques appellent choliambes ou scazons, c'est-à-dire boiteux, un ïambique de six pieds, dont le dernier, au lieu d'être un ïambe, selon la règle ordinaire, est un spondée. (Boissonade.) Il L'orthographe, scason, donnée par l'Académie, est une erreur,

— Encycl. L'ïambe scason, usité d'abord chez les Grecs, passa ensuite dans la versification latine. C'était un vers trimètre, dont le dernier pied, au lieu d'être un ïambe, était un spondée ou un trochée. Hipponax, l'amer Hipponax, imagina ce.tte modification. Les écrivains de l'antiquité racontent comment ce poëte, d'un extérieur disgracieux, devint, en verve satirique, le rival d'Archiloque, pour se venger des sculpteurs Bupalus et Athénisqui, flans leurs statues, avaient exagéré encore sa laideur naturelle. Le vers scazon fut l'instrument de sa vengeance. Il convenait parfaitement à la familiarité parfois grotesque de ses attaques amères et acérées. Parla substitution du spondée on du trochée à l'ïambe final, il se faisait un brusque changement de rhythme, produisant dans la phrase poétique une cadence bizarre, un mouvement irrégulier et saccadé qui déroutait l'oreille et étonnait l'esprit. De là vint que ce vers fut appelé boiteux , en grec shazôn, ou ïambe boiteux, en grec choliambos {choUamhn). Hipponax, ou, suivant d'autres critiques, un autre poSte du même temps, Ananias, poussa encore plus loin cette modification de lïambe, en admettant le spondée au cinquième pied, ce qui produisit le vers déhanché ou t'sc/uorrhogique.

Le vers scazon remonte donc au xvie siècle av. J.-C. Il fut employé, après Hipponax, par divers poètes grecs, notamment par Babrius etThéocrite. Voici l'épitaphe que Théocrite fit à Hipponax, en vers scazons; '0 pouffOitûLÔc ivOà 5' 'lniîwvaS xtlxott ;

El (liv 1WVl)fÔ{, JJLT) 1t«lpAlU TU TÛ^Su.

( Ici gît le poëte Hipponux ; si tu es méchant , n'approche pas de son tombeau, ) Chez les Latms, qui empruntèrent le scazon aux Grecs, on cite surtout, comme l'ayant employé, Catulle, Martial et Perse dans le Prologue de ses Satires. On le trouve aussi dans les Catalectes de Virgile, chez Ausone, dans les fragments qui nous restent des Mimiambes de Cn. Mattius. Nous citerons cet exemple de Martial :

Si non | moles | tum est te | que non | piyet, | scazon, JVos/ro | roija [ mus pou ( ca ver | ba Ma | terno Dicas | in au j rem, sic J u( au | diat j solus

(Si cela ne t'ennuie ni ne te fatigue, ô vers scazon, nous te prions de dire quelques paroles à l'oreille de notre Maternus, de telle sorte qu'il les entende seul.)

Les grammairiens latins blâment absolument l'introduction du spondée au cinquième pied; l'un d'eux, A. Fortunatianus, dit à ce sujet : • Ce scazon sera très-mauvais, qui aura au cinquième lieu un autre pied que l'ïambe ; cependant Hipponax en a usé sans scrupule, » Le même grammairien donne en exemple un scazon régulier et un scazon défectueux, composés I un et l'autre avec un ïambique trimètre d'Horace, légèrement modifié. Voici ce trimètre ïambique :

Neque excitatur classieo miles truci.

Fortunatianus en a fait le scazon suivant qui est régulier :

Neque excitatur classieo truci miles ; puis ce scason défectueux :

Neque excitatur classieo miles rauco.

Quant- aux autres pieds, dans le scazon, de même que dans l'ïambe trimètre ordinaire, le premier pied peut être un dactyle ou un anapeste, le deuxième un tribraque, le troisième un dactyle. Les poètes de la décadence, qui imitèrent avec affectation les poètes grecs, ont admis le spondée au cinquième pied , comme on peut le voir particulièrement chez Boece.

Suivant la remarque de Cicéron, il est dif* ficile d'éviter dans la prose latine les vers se* naires et les vers hipponactes. On croit que, par ce dernier mot, il a voulu désigner le scazon, appelé, par le grammairien Diomède, hipponacticus.

i SCEAU s. m. (so — latin sigillum, mot qui

SCEa

est sans doute de la même famille que signum, signe, et doit se rattacher à la racine sanscrite sue, discerner, indiquer. Le c du français sceau est inorganique; c'est une addition moderne, motivée peut-être par le désir de distinguer le mot de l'homophone seau). Cachet, petit appareil portant en creux la marque ou la devise d'un prince, d'un Etat, d'un corps, d'une personne officielle, et que l'on applique, pour les authentiquer, sur des expéditions où les mêmes figures se reproduisent cn relief ou en couleur : Le Sceau de l'empereur. Le sceau du ministre. Le sceau de l'Onioersité. Le sceau de V Académie. Mettre, apposer son sceau sur une pièce, il Empreinte produite par le même instrument : Un sceau bien net. Un sceau rouge, bleu. Un sceau brisé, effacé.

— Fig. Comble, confirmation définitive, parce que l'application du sceau est la dernière formalité qui rend une pièce authentique : Meltre-le sceau à sa gloire. Mettre le sceau à la réputation de quelqu'un.

La mort, la seule mort met le sceau véritable Aux grandeurs des humains.

J.-J. Rousseau.

Il Caractère distinctif, marque certaine : Une œuvre marquée du sceau du génie. Porter te sceau de la réprobation. Il semble que la vanité soit le sceau de la médiocrité. tVauven.) // faut un certain temps pour apposer aux ouvrages de génie le sceau de l'immortalité. (Griinm.) L'imperfection est le sceau qui s'attache à toutes les œuvres des hommes, comme pour en attester l'origine. (E. de Gir.) Le travail libre est le sceau du citoyen. (J, Sim.) ... La main du génie et celle du malheur Ont imprimé sur toi le sceau de la douleur. A. Barbier.

Il Signe de l'autorité : Des époux qui divorcent brisent de leurs propres mains le sceau du pouvoir domestique. (De Bonald.) || Obligation de se taire, engagement pris de ne pas dévoiler quelque chose : Le sceau du secret. Le sceau de la confession.

— Hist. et administr. Application sur un acte du sceau de l'Etat : Une pièce soumise au sceau, il Acte officiel de l'application du même sceau sur diverses pièces : On tient te sceau aujourd'hui. Il y aura sceau demain.

Il Lieu où l'on appose le même sceau : Porter une pièce au sceau. Il Fonction , dignité du garde des sceaux : Donner le sceau à un homme incapable^ II Garde des sceaux, Ministre chargé de la^arde des sceaux de l'Etat: Le ministre de la justice est aujourd'hui garde des sceaux. léserai fort aise que ce monsieur tire un peu la manche du garde des sceaux en ma faveur. (Volt.) Cest M. de Miroménil, le garde des sceaux de Louis XVI, qui contresigna l'abolition de la torture. (Mignet.)

Il Officier du sceau, Ceux qui ont des fonctions relatives au sceau. Il Assistance auscenu, Privilège qu'avaient certaines personnes d'assister à l'apposition des sceaux de l'Etat :

Ma famille illustre

De Vassistance au sceau ne tire point son lustre.

Boileau.

il Passer au sceau, Etre scellé du sceau de l'Etat : Ces lettres de grâce vont passer au sceau. Il Etre refusé au sceau, Ne point être scellé du sceau de l'Et:tt, par suite du refus qui a été fait de l'apposer, h Grand sceau, Sceau royal qu'on apposait sur les édits, les privilèges, les grâces et les patentes, il Petit sceau, Sceau royal qu'on apposait sur les actes de justice, il Sceau des grands jours, Sceau que le roi confiait aux commissaires qu'il envoyait dans les provinces pour tenir les grands jours, pour soeller les commissions spéciales expédiées dans ces tribunaux, etc.

Il Sceau dauphin, Grand sceau qui ne servait que pour les actes relatifs au dauphin, et qui représentait le roi à cheval, revêtu de ses armes et l'écu suspendu au cou. il Sceau des Compagnies orientales et occidentales, Ce sceau, qui servait pour les colonies françaises des Indes orientales et occidentales, portait d'un côté l'effigie du roi et de l'autre les armes de France. Il Sceau de justice, Sceau dont les juges royaux inférieurs, tels que vicumtes ou prévôts, se servaient pour ^expédition de leurs mandements et sentences.

— Anc. comm. Marque de fabrique indiquant le pays d'origine : Drap du sceau de ilouen,

— Alchim. Sceau des sceaux ou Sceau d'Eermès, Fermeture hermétique.

— Bot. Sceau de la Vierge ou de Notre- Dame, Nom vulgaire du tainier commun, il Sceau de Salomon, Nom vulgaire de la convallaire polygonée.

— Encycl. Hist. Le mot sceau désigne tout b. la fois l'instrument ou cachet qu'on em-

Ï ilote pour sceller un acte et l'empreinte que aisse cet instrument. On se servit d'abord d'anneaux que l'on portait bu doigt et que l'on apposait sur un acte pour lui donner un caractère d'authenticité. Souvent on lit au bas de3 chartes de* époques mérovingiennes ou carlovingiennes : Annuli nostri impres' sione sigillari jussimus (Nous avons ordonné qu'on scellât cette charte en y imprimant notre anneau), ou quelque autre formule analogue. Les évéques, les abbés et autres personnages éminents scellaient leurs chartes de la même manière. L'anneau des uns représentait quelquefois leur figure; d'autres

SCEÀ

anneaux portaient une pierre antique. Ainsi on trouve sur un diplôme délivré par Pépin le Eref une tête de Bacchus parfaitement reconnaissable à sa longue barbe et aux pampres dont elle est couronnée. Une charte de Chai lemagne porte l'empreinte d'un Sérapis dont la tête est surmontée d'un modius ou boisseau mystique. Ces anneaux servaient encore de signe de reconnaissance. Aurélia nus, envoyé par Clovis vers Clotilde, pour négocier le mariuge du roi franc avec cette princesse, se fit reconnaître en lui présentant l'anneau que Clovis lui avait confié. Les sceaux proprement dits ne commencèrent guète à être en usage que vers la troisième race. Hugues Capet est représenté sur un sceau assis, la couronne fleuron née en tète, tenant un globe d'une main et de l'autre une mair. de justice. La plupart des rois capétiens sont figurés sur leurs sceaux, séant en leur trône et dans l'attitude de justiciers. Quelquefois les symboles pacifiques font place à des attributs guerriers. Les rois et les seigneurs sont représentés armés de pied en cip et montés sur des chevaux bardés de fer. En général, on voit sur les sceaux du moyon âge les personnages des diverses classes c.vec les insignes de leur dignité ou de leur profession. Le roi y porte la couronne, le sceptre, l'épée, la main de justice ; l'évêque, ta crosse et la croix; les nobles dames ont un épervier sur le poing. Dans la suite, on substitua souvent les armes de la personne à sa représentation. Les vilains eux-mêmes eurent souvent des armes parlantes, qui réponc aient à leurs noms. Le cartulaire de Olermont-en-Beauvaisis cite un grand nombre Je roturiers qui avaient des armes parlantes : le serrurieT, une clef; le febvre (faber). un fer à cheval; le (tonnelier, un tonneau ; le maçon, un marteau et une éguerre, etc. L'empreinte du signe de leur profession leur serv lit à donner a leurs actes un caractère d'authenticité. Entre autres sigues étranges apposés sur les actes, Mabiilon cite, dans son l'raité de diplomatique, une charte qui se termine par ces mots : Sigillum deniibus meis impressi (J'ai marqué ce sceaa de l'empreinte de mes dents). Une charte de 1121, citée par dom de Vaines, se termine par une formule dont voici le sens : ■ J'ai apposé au présent écrit mon sceau avec trois poils de ma barbe (cuni tribus pilis barbai mes). »

Or. employa différentes matières pour marquer, l'empreinte du sceau. La célèbre bulle d'or qui régla la constitution de l'empire d'Allemagne tire son nom du sceau en or qui y était suspendu. Plusieurs chartes des rois de Frai ce étaient aussi scellées en or ou en argent. Les bulles des papes sont ordinairemeii , garnies d'un sceau en plomb. L'usage de la cire pour y marquer l'empreinte du sceau a proyalu. La cire blanche fut adoptée, dans l'origine, pour le sceau royal; on employa plus tard ne la cire rouge, verte ou jaune, et peu i peu on finit par déterminer de quelle cire on devait faire usage suivant la nature des uctes qui étaient scellés. On lit dans le Jour.ial de Dangeau , à la date du 30 octobre 1685 : « J'appris qu'on se servait aux sceaux de tiois sortes de cire : de la verte pour tous les arrêts; de la jaune pour toutes les expéditions ordinaires, et de la rouge seulement pour ce qui regarde le Dauphiné et la Provente. Il y a une quatrième cire, qui est blanche, dont on se sert pour les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; mais c'est le chancelier de l'ordre qui tait ces expéditions-là, et non le chancelier, ou le garde des sceaux de Fiance. »

Pendant longtemps les sceaux furent appliqués sur les chartes; mais, à partir du xil« siècle, on adopta l'usage de les suspendre par des bandelettes de cuir ou de parchemin, et par des lacs de soie , de lin ou de chanvre. Le coutre-scel ou revers du sceau ue commence à porter une empreinte que vers le xiire siècle. On y représenta les urmoir.es de la personne dont le sceau portait l'effigie. Ainsi le contre-scel des chartes des rois de France porte ordinairement un écusson semé de fleurs de lis.

Lusceau de la grande chancellerie ou grand sceai représentait d'un côté le roi séant en son Irôue avec les insignes de la dignité souvera ne (manteau royal, sceptre, couronne), et, ds l'autre côté, les armes de France (trois fleurs de lis). Le grand sceau restait entre les mains du chancelier et servait à sceller les édits, ordonnances, déclarations, lettres de prov sious, d'oliiees, abolitions et rémissions, légitimations, lettres de naturalité, dons, expéditions de finances, en un mot toutes les lettrts de grande chancellerie. Les commissions sur arrêts du conseil étaient aussi scellées du grand sceau, ainsi que toutes les lettres de parealis qui devaient être exécutées dans toute l'étendue du royaume. Dans l'origine, les chanceliers portaient le sceau de l'Eta: suspendu à leur cou. (Je fut à ce signe que l'on reconnut le corps de Roger, vicechanoejier de Richard Cœur de Lion, qui avail péri dans un naufrage. Le sceau royal était porté d'ordinaire à la suite du roi, comme le piouvent plusieurs passages des chroniques. On lit, entre autres, dans l'Histoire de Charles VII par J. Chartier, année 1451 : « Ensuite marchoit une haqueuée blanche dont la selle estoit couverte de velours cramois , qui poitoit sur sa croupe un drap de velotrs azuré, semé de fleurs de lis d'or en broderie, et sur la selle avoit un petit coffre

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couvert de velours azuré semé de fleurs de lis d'orfèvrerie, dedans lequel estoient les grands sceaux du roi. Un valet à pied conduisoit et menoit cette haquenée, et, à chaque côté d'icelle, estoient deux archers revêtus de livrée. »

Il existait deux sortes de grand sceau: l'un, connu simplement sous le nom de grand sceau, dont il vient d'être question; l'autre, nommé le sceau dauphin, qui représentait le roi à cheval et armé, ayant un écu pendu au cou, sur lequel étaient empreintes les armes écartelées de ia France et du Dauphiné, le tout dans un champ semé de fleurs de lis et de dauphins. Ces deux sceaux avaient chacun leur contre-sceau dont on se servait pour attacher à la pièce principale celles qu'on voulait y réunir.

Outre le grand sceau, il y avait, dans l'ancienne monarchie, un sceau du secret que les rois et princes de la famille royale apposaient h leurs actes. On portait à leur suite le sceau du secret dans une bourse richement brodée, comme on le voit par le compte des argentiers des rois de France. Il ne devait être apposé qu'aux lettres closes ; c'est ce que prouve le passage suivant des lettres de Charles de Normandie, régent de France en 1358 (Ordonnances des rois de France, t. III, p. 226) ; ■ Nous avons entendu dire que plusieurs lettres patentes ont été, au temps passé, scellées de notre scel du secret sans qu'elles aient été lues ni examinées en la chancellerie ; nous avons ordonné et ordonnons que, dorénavant , aucunes lettres patentes ne soient scellées, pour quelque chose que ce soit, audit scel du secret, mais seulement les lettres patentes closes. » Une autre ordonnance de 1339 a également pour but de prévenir l'abus que l'on faisait du sceau du secret : iOn ne scellera aucunes lettres ouvertes du scel secret, dit-elle, si ce n'est pour des affaires très-pressées et qui regardent le service du roi, et lorsqu'on ne pourra les sceller du grand sceau ou de celui du Châtelet. • (Ordonnances des rois de France, t. III, p. 386.)

Les chancelleries établies près les parlements avaient aussi leurs sceaux particuliers. Le sceau du parlement de Paris avait pour inscription ; Sigillum parvum. Il servait à sceller toute espèce de lettres, particulièrement les commissions sur arrêté du parlement et du grand conseil qui régulièrement ne pouvaient être scellées que du grand sceau. Ordinairement on apposait le sceau des parlements aux actes moins importants, et spécialement aux lettres d'émancipation ou de bénélice d'âge, aux lettres de bénéflee d'inventaire, aux commiliimus, terriers, lettres d'attributions, etc. Les lettres qui portaient le sceau d'un parlement n'étaient exécutoires que dans son ressort, a moins qu'on ne se servît du sceau du parlement de Paris en l'absence du grand sceau. Si l'on ajoutait la formule, «en l'absence du grand sceau, ■ le sceau du parlement de Parts pouvait, en certaines circonstances, être exécutoire dans tout le royaume. Les maîtres des requêtes tenaient successivement le sceau des petites chancelleries.

On distinguait encore les sceaux de justice, dont étaient revêtus les contrats et les sentences, et les sceaux des seigneurs, dont nous avons suffisamment parlé en commençant.

Le sceau du Châtelet était une sorte de sceau de justice dont on usait au Châtelet pour sceller les actes de ce tribunal ainsi que ceux reçus par les notaires au Châtelet, afin de rendre ces actes exécutoires, ou du moins de rendre plus authentiques ceux qui n'étaient pas de nature à emporter exécution, comme des légalisations et autres actes qui ne renfermaient aucune condamnation ni obligation liquide (v. Merlin, Répertoire de jurisprudence). Par un droit royal qui lui 'était particulier, le sceau du Châtelet était attributif de juridiction et attirait de tout le royaume au Châtelet, h l'exclusion de tout autre tribunal, toutes les actions auxquelles les actes qui en étaient revêtus pouvaient donner lieu. "

Le brisement des sceaux de l'Etat et leur envoi à la Monnaie fut ordonné par un décret des 6-8 octobre 1792. On institua, sous l'Empire, un conseil du sceau des titres qui était chargé de prononcer sur toutes les demandes relatives aux collations, confirmations, reconnaissances des titres de noblesse, aux changements de nom, aux concessions d'armoiries, etc. Ce conseil fut remplacé en. 18U par une commission du sceau, puis rétabli pendant les Cent-Jours; enfin la commission instituée sous la Restauration fut réorganisée en 1815 et remplit ses fonctions jusqu'en 1830; elle fut alors supprimée et remplacée par un conseil d'administration, qui est établi auprès du garde des sceaux.

Voici les principaux actes législatifs qui ont désigné, depuis la Révolution de 1789, les marques des sceaux : en 1792, la Convention nationale décréta que le sceau des archives nationales porterait désormais pour type une femme appuyée d'une main sur un faisceau, tenant (le l'autre main une lance surmontée du bonnet de la Liberté, et pour légende ces mots : Archives de la République française. Ce changement fut étendu au sceau de tous les corps administratifs. — En vertu d'une loi des 26 janvier-5 février 1805, le sceau de l'Etat porta pour type, d'un côté

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l'effigie de l'empereur, assis sur son trône, revêtu des ornements impériaux, la couronne "sur la tète, tenant le sceptre et la main de justice; de l'autre côté, l'aigle impériale couronnée, reposant sur la foudre. Le sceau de toutes les autorités porta pour type l'aigle impériale et pour légende le titre qui leur était particulier. — Une ordonnance royale des 16-26 février 1831 déclara qu'à l'avenir le sceau de l'Etat représenterait un livre ouvert, portant à l'intérieur ces mots : Charte de 1830, surmonté d'une couronne fermée, avec le sceptre et la main de justice en sautoir, et les drapeaux tricolores derrière l'écusson, et pour exergue : Louis-Philippe /", roi des Français. — Sous les divers gouvernements qui se sont succédé en France depuis Louis- Philippe, la forme du sceau a seule été modifiée. L'apposition du sceau a continué d'être réglée par les décrets et lois antérieurs.

SCEAUX, en latin Cel/x , ville de France (Seine), ch.-l. d'arrond. et de eau t., à 12 kilom. S. de Paris, dans une vallée charmante, près de la llièvie; pop. aggl., 2,192 hab. — pop. tôt., 2,287 hab. L'arrond. comprend 4 cant., 40 comra. et 161,362 hab. Manufacture de faïence ; fabrique d'instruments agricoles, chaussons, sabots, cuviers, baignoires. Très - beau parc. Sceaux remonte au xiie siècle, époque où on trouve dans les titres la première mention d'un bourg nommé en latin Cells et en français Ceaux, d'où la prétention fort justifiée de l'abbé Lebeuf à faire prédominer cette dernière orthographe, conforme à l'étymologie , mais vaincue par l'usage. Sceaux s'appelait encore au xvme siècle Sceaux du M aine et Sceaux- Penthièore , à cause du somptueux château du duc du Maine, qui a été détruit à la Révolution. L'église de Sceaux, dédiée primitivement à saint Mammès, fut rebâtie sous Louis XI, en 1476, par Jean Baillet, seigneur du village. Elle fut reconstruite deux cents ans plus tard sous Colbert, mais sur un autre emplacement : du temps de Louis XI , elle se trouvait au milieu du village; mais par suite de l'agrandissement du parc, qui faisait suite au château, elle est aujourd'hui isolée, à l'entrée du pays. Elle n'ofi're rien de spécialement remarquable, et son architecture, grave et simple , porte bien sa date. Dans le cimetière de Sceaux reposent les restes de Florian et de Cailhava.

Le château de Sceaux, détruit en 1793, no remontait pas plus haut que Louis XIV. Eu 1670, Colbert acquit des héritiers du duc de Tresmes la terre de Sceaux, dont il fit démolir le château. C'est sur l'emplacement de ce château primitif que s'éleva la nouvelle et splendide résidence devenue si célèbre. Rien ne fut épargné pour en faire une des plus belles demeures du temps. Le Nôtre en dessina le parc et les bosquets, que Girardon et Puget embellirent de leurs chefs-d'œuvre. Le iJiun orna les salles de ses merveilleuses peintures. C'est dans ce palais que Colbert aimait à résider. Il se plaisait à y rassembler les savants de tous les genres. Il y reçut deux fois la visite de Louis XIV et y donna à cette occasion des fêtes qui rivalisèrent de magnificence avec la célèbre fête de Vaux Uonnée jadis au roi par Fouquet. En 1700, le duc du Maine, fils naturel de Louis XIV, devint possesseur du château de Sceaux. Il en agrandit encore les dépendances et en augmenta encore le luxe; un théâtre y fut établi. C'est là qu'il se retira avec sa femme, à l'époque de la Régence, qui était venue ruiner leurs espérances ambitieuses ; ils y formèrent une sorte de petite cour qui fut longtemps le rendezvous de presque tout ce que la France comptait d'hommes d'esprit ou de, savants. Lamotte, Sainte-Auluiie, Cliaulieu, Genest, Malezieu, Voltaire lui-même étaient les hôtes assidus de la petite cour de Sceaux, dont il ne faut pas oublier un dernier habitué, le poète Lagraiige-ChanL-el, l'auteur des Phitippiques, dirigées contre le Régent.

A la mort du duc du Maine, le château de Sceaux devint la propriété du comte d'Eu, son fils. En 1775, il passa au duo de Penthièvre, un des bienfaiteurs de Sceaux. Le duc de Penlhièvre, continuant les traditions du lieu, aimait aussi à s'entourer des hommes d'esprit de son temps; ilavait notamment j attaché a sa personne le poète Florian, qui mourut à Sceaux en 1794. Une longue avenue partant de la route conduisait au château; on y parvenait en traversant une place nommée demi-lune, une vaste avant-cour aboutissant à la cour d'honneur, et un principal corps de bâtiment situé sur la partie la plus élevée de la colline dominait entièrement le parc. Ce parc comprenait 662 arpents et se composait de parterres, de bosquets, d'alléeset d'un labyrinthe, le tout orne comme nous l'avons dit ue statues et autres sujets de sculpture et de jets d'eau. A gauche d'un canal qui traversait le parc, on voyait un grand bassin octogone; au centre s'élevait un jet d'eau d'une très-grande hauteur. 11 formait, en outre, des cascades variées et d'un aspect fort curieux qui en faisaient un des principaux attraits du parc. Pendant la Révolution, on institua une commission composée d'artistes et de savants, chargée de faire respecter les monuments artistiques qui pouvaient se trouver dans le domaine. C'est ainsi que \' Hercule gaulois, œuvre de Puget, la statue de Diane, en bronze, donnée k Ser-

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vien par la reine de Suède, un groupe de Lutteurs, en marbre blanc, le Silène élevant Bacchus et V Antinous furent conservés et existent encore pour la plupart au musée du Louvre ou dans les jardins publics de Paris. Ces chefs-d'œuvre ornaient le parc de Sceaux. Il en fut de même de la bibliothèque du château, dont la plupart des volumes sont venus renforcer le contingent de nos bibliothèques publiques. Le château et le parc de Sceaux furent vendus comme biens nationaux en 1798, et les acquéreurs, afin de pouvoir payer le" prix de leur achat, firent abattre le château et détruire le parc pour en rendre la terre à l'agriculture. Tout fut détruit, hormis le jardin de la ménagerie, le logement du jardinier, les cuisines et les écuries. Au moment de cette dispersion, le maire de Sceaux, nommé Desgranges, as-' socié avec quelques autres particuliers, fit l'acquisition du jardin de la ménagerie, qui, encore aujourd'hui, sert de promenade aux habitants. C'est là que se tenait et se tient ■ encore le fameux bal de Sceaux, illustré par les romanciers, et qui a servi notamment de titre à une des plus jolies nouvelles de Balzac. Sur la porte, les fondateurs avaient inscrit ce naïf distique, où l'on sent encore un écho affaibli de l'époque égalitaire : De l'amour du pays ce jardin est le gage; Quelques-uns l'ont acquis; tous en auront l'usage. Près de Sceaux se trouve le petit hameau de Robinson, ttès-fréquenté par les Parisiens les dimanches et les jours de fête. V. Robinson.

SCECACHUL s. m. (sé-ka-chul — mot arabe). Bot. Plante du genre échinophore, qui croit en Arabie et en Tartarie.

Scée (porte de), une des portes de lu ville de Priam, devenue célèbre dans la prise de Troie. Ce fut par cette porte que fut introduit !e fameux cheval de bois. Près de là était le tombeau de Laomédon.

SCEL s. m. (sèl). Ancienne forme du mot SOBau, qui était encore usitée naguère dans quelques locutions, comme : Sous le sckl du Châtelet de Paris. Sous noire scel secret. Le scel et eontre-scfSL, etc., etc.

SC EL ALGIE s. f. (sé-la!-jî — du gr. skelos, jambe; algos, douleur). Patfiol. Douleur dans la cuisse,

SCÉLARCIS s. m. (sé-lar-siss — du gr.

skêlos, jambe; arkês, agile). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des lacertiens.

SCÉLÉNOPLE s. m. (sé-lé-no-ple — du gr. skêlos, jambe ; enoptios, armé). Entom. Genro d'insectes coléoptères tétramères, de la fa-mille des cycliques, tribu des cassidaires, comprenant deux espèces qui vivent à la Guyane et au Brésil.

SCÉLÉOCANTHE s. m. (sé-lé-o-kan-te — du gr. skelos, jambe; akaulha,, épine), Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des prioniens, comprenant deux espèces, qui habitent l'Australie.

SCÉLÉBAT, ATE adj. (sé-lé-ra, a-te — lat. sceleratus ; de scelus, crime, que Bopp a rapproché du sanscrit skhalanâ, skalita, l'action de tomber en faute; de la racine skhal, chanceler, tomber, puis commettre une faute, car, chez tous les peuples, le délit ou péché a été considéré comme une chute). Qui a commis ou est capable de commettre quelque grand crime : La plupart de ceux quon appelle habiles scélérats ne sont que scélérats et point du tout habiles; te vulgaire ne les honore de ce nom que parce qu'ils parviennent à leurs fins. (St-Réal.) Personne ne devient scélérat tout d'un coup. (St-Réal.) Plus de liberté, plus de pairie : l'empire du monde est aux plus scélérats. (Prouah.) La bête scélérate A de certains cordons se tenait par la patte. La Fontaine.

It Qui a un caractère de noire- perfidie : Une conduite scélérate. Un complot scélérat.

— Substuntiv. Personne scélérate, qui a commis ou est capable de commettre quelque crime affreux : Les forces de l'Orient et de l'Occident ne purent sauver Caligula, Néron, Vitellius et tant d'autres scélérats couronnés, de la vengeance des ennemis que leurs mœurs exécrables et leur férocité avaient soulevés contre eux. (Machiavel.) Les crimes mûmes sont les bourreaux de chaque scélérat. (Boss.J Il y a malheureusement de l'homme jusque dans le scélérat. (M™e de Staël.) Les honnêtes gens se lient par les vertus, d'autres hommes par tes plaisirs, et les scélérats par les crimes. (Mme Lambert.) Les scélérats redoutent la justice, les honnêtes gens craignent tes juges. (Beauchène.) Plus d'un scélérat s'est montré père admirable ou fils dévoué. (E. Laboulaye.)

L'argent en honnête homme érige un scélérat.

Boilbau.

Toujours les scélérats ont recours au parjure.

Racine.

— Par plaisant. Personne à qui l'on reproche, sans intention sérieuse, quelque petite perfidie innocente, aimable quelquefois : Adieu, l'aimable scélérat ; écrives-moi donc de temps en temps. (M""* de Sév.) Ah! mon ami, si vous saviez tout l'empire que la petite SCÉlÉiutb avait pris sur mon cceurt (Dider.)

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— s. f. Espèce, do renoncule qui a des propriétés toxiques énergiques.

Scélérat (champ), lieu do Rome ancienne, situé près de la porte Colline, et où l'on enterrait vives les vestales qui avaient manqué à leurs vœux de chasteté.

Scélérate (porte), une des portes de Rome ancienne, au S. du mont Capitolin. Klle reçut ce nom après la mort des trois cents Fabius qui étaient sortis par là pour aller combattre les Véiens. Avant le dévouement de la famille Fabius, elle portait, le nom 'de porte Carmentale.

Scélérate (rue), une des rues de la lïome antique. C'était celle où Tullie fit passer son char sur le corps de son père; elle s'étendait au bas du mont Esquilin.

SCÉLÉRATEMENT adv. (sé-lé-ra-te-mnn — rad. scélérat). D'une façon scélérate : Un projet scélératement combiné.

SCÉLÉRATESSE s. f. (sé-lé-ra-tè-se — rad. scélérat). Méchanceté scélérate : Je ne lui croynis pas tant de scélératesse. Je ne crois pas qu'il existe un être si pervers qu'on ne puisse lui présenter un degré de crime passant ta portée de sa scélératesse. (Mme Guizot.) Il Action scélérate : Laisses-moi lui reprocher toutes ses scélératesses.

— Par plaisant. Petite perfidie, petite ruse : Voyez la eâlinerie de cet enfant, voyez que de scélératesse à cet âge l

SCÉLÉRATISME s. m. (sé-lé-ra-ti-sme).

Habitude de scélératesse; scélératesse froide et calculée : Analyser la vanité , l'orgueil, l'ambition, la fourberie, la tartuferie, te scélératisme, tout cela se réduit en ce subtil élément : le désir d'avoir. (Dider.) Il Ce mot de Diderot ne s'est pas établi dans la langue.

SCÉLÉTOGRAPHE s. m. {sé-lé-to-gra-fe — du gr, skeletos, squelette ; nraphô, je décris). Celui qui s'occupe de seélétogruphie, qui u écrit sur cette science.

SCÉLÉTOGRAPHIE s. f. (sé-lé-to-gra-f! — du gr. skeletos, squelette; graphe, je décris). Description du squelette; traité du squelette.

SCÉLÉTOGRAPHIQUE adj. (sé-lé-to-grafi-ke — rad. scélétoyraphie). Qui a rapport à la scélétographie : Etudes scélétograpriques.

SCÉLIAGE s. m. (sé-li-a-je). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées coprophages, dont l'espèce type vit au Cap de Bonne-Espérance.

SCÉLIBE s. f. (sé-li-de — du gr. skelis, jambe). Mamm. Chacun des membres inférieurs ou postérieurs chez les mammifères, i SCÉLIDOTHÉRIUM s. m. (sé-li-do-té-riomm — du gr. skelis, jambe; thêrion, bête fauve). Paléont. Genre de mammifères édentés fossiles, voisin des mégathériums.

— Encyd. Ces animaux, de !a famille des mégathérioldes, avaient de grands rapports avec les mylodons. Leur tète était plus allongée à proportion de sa hauteur; leurs molaires, au nombre de - ; les supérieures étaient

toutes triangulaires, et, à la mâchoire inférieure, l'auterieure était de la même forme, la deuxième et la troisième un peu comprimées et la quatrième grande et k deux lobes. Des formes étaient lourdes et massives; mais on ne connaît pas tous les os du squelette. Ces animaux ont vécu dans l'Amérique méridionale pendant l'époque diluvienne. On eu cite sept espèces : le scélidothérium leptocephalum, d'une grande taille ; le scélidothérium Bucklandi, de la grandeur du mégalonyx ; le scélidothérium Cuvieri, un peu plus petit; le scélidothérium minulum, pus plus grand qu'un cochon ; les scélidolhëriums Agassii, Blainvillii et Brongniarli.

SCÉLION s. m. (sé-li-on — du gr. sketos, jambe). Entoin. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, de la famille des pupivores, tribu des oxyures, dont l'espèce type vit en France.

SCÉLITE s. f. (sé-li-te — du gr. skelos, jambe). Ane. miner. Pierre qui a la forme d'une jambe humaine.

• SCELLAGE s, m. (sè-l:L-je). Action de sceller : Le scellage des dépêches,

SCELLÉ, ÉE (sè-lé) part, passé du v. Sceller. Marqué du sceau : Lettres scellées, h Fermé avec un sceau appliqué sur l'ouverture : I7/i logement scelle par la justice.

. . . Un coffret scellé des ormes de mon maître.

Molière.

— Par ext. Fixé à l'aide d'une matière qu'on a coulée et qui s'est durcie : Des barreaux scellés avec du plomb. Il Fermé : Le baromètre est un tube de verre de trente pouces de hauteur, scellé par un bout et ouvert de l'autre. (A. Martin.)

— Par exagér. Fixe, immobile : J'étais là, les pieds scellés au sol, les yeux fixés sur ses vitres, quand je vis soudain le rideau s'agiter et la jeune femme venir s'accouder au balcon. (J. Sandeau.)

— Kig. Arrêté, suspendu dans son cours : Il est un mois dans l'année où ta terre est scellée et communément couverte de neige. (Fabre d'Eglimtine.) La fontaine de ta vraie poésie esi-elle scellée, (e chagrin seul peut

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lui rendre son cours. (Mme de Blessington.) J'éprouve quelque hésitation en rouvrant pour vous ce livre scellé de ma mémoire. (Lamart.)

— Scellé et bulté, Se disait autrefois d'un objet complètement terminé.

SCELLÉ s. m. (sè-lé — rad. sceller). Empreinte de cachet apposée par la justice sur des portes d'appartement, d'armoire, de coffre, avec défense de les ouvrir et de façon qu'on ne le puisse sans briser le cachet : Apposer, mettre les scellés. Lever les scellés. Gardien des scellés. C'est le juge de paix qui appose les scellés.

On a mis le scellé ; procureur, commissaire Et notaire, appelés, ont dressé l'inventaire.

DESTOOCnES.

— Fig, Interdiction, défense d'user : Les gouvernements ont cru emprisonner la pensée de l'homme en mettant le scellé sur les livres. (Lamenn.)

— Jurispr. Bris de scellés. Délit que commet celui qui brise les scellés apposés par autorité de justice : Il est accusé de buis de scellés suivi de vol.

— Encyci. L'usage des scellés nous vient des Romains. Ils étaient aussi employés sous l'ancienne jurisprudence française, ainsi que le constatent diverses coutumes d'Auvergne, de Clermont, du Bourbonnais, d'Anjou, du Maine, de Sens, de Bretagne, de Blois.

Le scellé se place sur les coffres, armoires, portes, au moyen d'une bande de papier que l'on attache aux deux bouts avec de la cire sur laquelle ou applique un sceau particulier, afin d'empêcher d'ouvrir les lieux fermés où le scellé est apposé. Lorsque l'on craint que le scelle apposé à une porte ne soit endommagé par inadvertance ou autrement, on le couvre d'une plaque de tôle qu'on fixe avec des clous.

L'apposition des scellés a lieu dans plusieurs cas, savoir :

1" Après la mort naturelle, ainsi que nous allons l'expliquer.

20 En cas de faillite.

3° Quand un individu disparaît et qu'il n'y a personne pour veiller à la conservation de ses effets et papiers.

4» Lors d'une demande en interdiction, quand il ne se trouve près du défendeur personne pour veiller k la conservation de ses effets.

50 Dans le cas de demande en séparation de biens.

Ce sont les juges de paix qui apposent les scellés. Néanmoins, les officiers de police judiciaire peuvent les apposer aussi, en matière criminelle, lorsqu'il s'agit de conserver des objets qui peuvent servir à la constatation d'un crime ou d'un délit. Les juges de paix se servent d'un sceau particulier qui reste entre leurs mains et dont l'empreinte est déposée au greffe du tribunal de première instance.

Le code de procédure civile règle les formalités à suivre pour l'apposition des scellés (C. de pr. civ., liv. II, tit. ier).

L'apposition des scellés, après décès, peut être requise : 1" par tous ceux qui prétendent droit dans la succession ou dans la communauté, à quelque titre que ce soit ; 2° par tous créanciers fondés en titre exécutoire ou autorisés par une permission, soit du président du tribunal de première instance, soit du juge de paix du canton où le scellé doit être appose. La plupart des jurisconsultes admettent, en se fondant sur l'article 1166 du code civil, que même les créanciers de l'héritier, étant intéressés à la conservation des biens, ont le droit de requérir l'apposition des scellés; 3° eu cas d absence, soit du conjoint, soit des héritiers ou de l'un d'eux, par les personnes qui demeuraient avec le défunt et pas ses serviteurs et domestiques. Est ici réputé absent, non-seulement celui qui a disparu de son domicile sans donner de ses nouvelles, mais encore celui qui n'est absent que momentanément du domicile du défunt.

Les prétendants droit et les créanciers mineurs émuucipés peuvent requérir l'apposition des scellés sans l'assistance de leur curateur. S'ils sont mineurs nou émancipés et s'ils n'ont pas de tuteur ou s'il est absent, elle peut être requise par un de leurs parents (C. de pr. civ., art. 910).

Le scellé est apposé, soit k la diligence du ministère public, soit sur la déclaration du maire ou adjoint de la commune, et même d'office par le juge de paix : 1« si le mineur est sans tuteur et que ie scellé ne soit pas requis par un parent; 2» si le conjoint ou si les héritiers ou l'un d'eux sont absents; 3» si le défunt était dépositaire public ; mais, dans ce cas, le scellé n'est apposé que pour raison de ce dépôt et sur les objets qui le composent (art. 911). Lorsque le scellé n'a pas été apposé avant l'inhumation, le juge de paix doit constater par procès-verbal le moment où il a été requis de l'apposer et les causes qui ont retardé soit la réquisition, soit l'apposition. Aux termes de l'article 914 du code de procédure, le procès-verbal d'apposition doit contenir : 1° la date des an, mois, jour et heure; 2" le motif de l'apposition; 3» les noms, profession et demeure du requérant, s'il y en a, et son élection de domicile dans la commune où le scellé est apposé, s'il n'y demeure point; 4° s'il n'y a pas de partie requérante, le procès-verbal doit énoncer que le scellé a été apposé d'office, ou sur le ré-

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quisitoire ou sur la déclaration du ministère public, du maire ou de l'adjoint de la commune ; 5° les comparutions et dires des parties; 6° la désignation des lieux, bureaux, coffres, armoires sur les ouvertures desquels le scellé a été apposé; 7» une description sommaire des effets qui ne sont pas mis sous les scellés; 8° le serment, lors de la clôture de l'apposition, par ceux qui demeurent dans le lieu, qu'ils n'ont rien détourné, vu ni su qu'il ait été rien détourné directement ni indirectement; 9» l'établissement du gardien présenté, s'il a les qualités requises, c'est-àdire s'il est solvable. Dans le cas où il n'a pas les qualités exigées, il doit être établi un nouveau gardien d'office par le juge de paix.

Les clefs des serrures sur lesquelles les scellés ont été apposés restent, jusqu'à leur levée, "entre les mains du greffier de lu justice de paix, qui fait mention de cette remise sur le procès-verbal. On comprend l'utilité de cette mesure. Il faudrait, en effet, ce qui n'est pas probable, l'accord frauduleux du juge de paix et du greffier pour violer les scellés sans qu'il restât des indices de cette violation. Il est même défendu, à peine d'interdiction, au juge de paix et au greffier, d'aller, jusqu'à la levée, dans la maison où est le scellé, à moins qu'ils n'en soient requis ou que leur transport n'ait été précédé d'une ordonnance motivée.

Lorsque , lors de l'apposition des scellés, il est trouvé un testament ou autres papiers cachetés, on ne les place point sous les scellés, mais ils doivent être remis par le juge de paix au président du tribunal qui, dans le cas où ces papiers appartiennent à des tiers, les fait appeler pour qu'ils puissent assister à l'ouverture. Si les papiers sont étrangers à la succession, le président les leur remet sans en faire connaître le contenu, ou les cacheté de nouveau lorsqu'ils sont absents, pour leur être remis à leur première réquisition.

Lorsque le papier est un testament, le président en ordonne le dépôt entre les mains d'un notaire (C. de pr. civ., art. 918-920).

Si, au moment où le juge de paix se présente pour apposer les scellés, les portes sont fermées , s'il se rencontre des obstacles à l'apposition des scellés, s'il s'élève, soit avant, soit pendant cette opération, quelque difficulté, le président du tribunal statue en référé. A cet effet, il est sursis et établi par le juge de paix garnison extérieure, même intérieure si le cas y échoit, et il en réfère sur-le-champ au président du tribunal. Il peut même, lorsque le retard dans l'apposition des scellés offre des dangers pour les intéressés, statuer par provision, sauf à en référer ensuite au président du tribunal. Dans tous les cas où il est référé par le juge de paix, soit en matière de scellé, soit en autre matière, il le constate sur son procès-verbal, qui est signé par le président du tribunal (art. 922).

Quand l'inventaire est terminé, on n'appose point les scellés; cette mesure serait, en effet, sans utilité. Cependant, lorsque l'inventaire est attaqué, les scellés peuvent être apposés par ordre du président du tribunal. Lorsque l'apposition eu est requise dans le cours de l'inventaire, elle n'est faite que sur les effets non inventoriés.

Lorsqu'il n'existe aucun effet mobilier, le juge de paix dresse un procès-verbal de carence (du mot latin carere, manquer). Aux termes de l'article 10 de la loi du 27 mars 1791, la confection des inventaires, procès-verbaux de description et de carence à l'ouverture des successions ne devait point appartenir aux juges de paix, mais exclusivement aux notaires; mais, par l'article 921 du code de procédure, cette disposition a été changée dans un but d'économie. Quand il y a des effets mobiliers qui sont nécessaires à l'usage des personnes qui restent dans la maison ou sur lesquels le scellé ne peut être apposé, le juge de paix en fait une description sommaire dans son procès-verbal.

Afin de donner de la publicité à l'apposition des scellés, dans les communes dont la population est de 20,000 âmes et au-dessus, il est tenu au greffe du tribunal de première instance un registre d'ordre pour les scellés. D'après la déclaration que les juges de paix sont tenus d'y faire parvenir dans les vingtquatre heures de l'apposition, on inscrit sur ce registre : 1» les noms et demeures des personnes sur les effets desquelles le scellé a été apposé; 20 le nom et la demeure du juge qui a fait l'apposition; 3" le jour où elle a été faite. Cette formalité a été jugée inutile dans les villes au-dessous de 20,000 âmes , l'apposition de scellés ayant paru assez notoire pour que les intéressés en fussent informés.

— Des oppositions aux scellés. Ce titre du code de procédure ne répond point au sens que la loi a voulu lui donner; il aurait été beaucoup plus juste de mettre : Des oppositions é l'enlèvement des scellés. Elles peuvent être formées par toutes les personnes intéressées à ce que les scellés ne soient point levés hors de leur présence ou du moins sans qu'elles aient été appelées. 11 est évident, néanmoins, que, si la personne opposante n'avait aucun intérêt dans la succession, le tribunal peut prononcer la mainlevée de l'opposition. Les oppositions aux scellés peuvent être fuites soit par une déclaration sur le procèsverbal des scellés, soit par exploit signifié par huissier au greffier du juge de paix. Ces op-

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positions doivent contenir, à peine de nullité, outre les formalités communes à tout exploit: l° élection de domicile dans la commune ou l'arrondissement de la justice de paix où le scellé est apposé, si l'opposant n'y demeure pas; 2<> renonciation précise de la cause de l'opposition, afin que les héritiers soient à même d'en apprécier les motifs, pour les réfuter s'il y a lieu (art. 926 et 927 du C. de pr.).

— De la levée des scellés. Afin de laisser aux personnes intéressées le temps de s'opposer a ce que les scellés soient levés hors de leur

{>résence, les scellés ne peuvent être levés et 'inventaire ne peut être fait que trois jours après l'inhumation, s'ils ont été apposés auparavant, et trois jours après l'apposition si elle a été faite depuis l'inhumation, à peine de nullité des procès-verbaux de levée de scellés et inventaire et de dommages et intérêts contre ceux qui les auront faits et requis. Toutefois, en cas d'urgence, le président du tribunal peut ordonner avant le délai de trois jours la levée des scellés. Si alors les parties qui ont le droit d'y assister ne sont pas présentes, il sera appelé pour elles, tant k ia levée qu'à l'inventaire, un notaire nommé d'office par le président.

On comprend que les scellés doivent être apposés le plus tôt possible, pour empêcher la soustraction des effets de la succession.

Si les héritiers ou quelques-uns d'eux sont mineurs, il ne peut être procédé à la levée des scellés qu'ils n'aient été ou préalablement pourvus de tuteurs ou émancipés (art. 929).

Toutes les personnes qui ont le droit de faire apposer les scellés ont celui d'en requérir la levée, à l'exception des serviteurs, domestiques ou des personnes qui demeuraient avec le défunt.

Les formalités exigées par la loi pour parvenir à la levée des scellés sont : l" une réquisition à cet effet, consignée sur ie procèsverbal du juge de paix ; 2<> une ordonnance du juge, indicative des jour et heure où la levée doit être faite; 30 une sommation d'assister à cette levée faite au conjoint survivant, aux héritiers présomptifs, à l'exécuteur testamentaire, aux légataires universels et à titre universel, s'ils sont connus, et aux opposants. Toutefois, il n'est pas nécessaire d'appeler les intéressés demeurant à plus de 5 myriamètres du lieu où les scellés sont apposés. Il suffit de les faire représenter par un notaire nommé d'office par le président du tribunal.

Le conjoint, l'exécuteur testamentaire, les héritiers, les légataires universels et à titre universel peuvent assister à toutes les vacations de la levée du scellé et de l'inventaire, en personne ou par mandataire ; mais les opposants ne peuvent assister, soit en personne, soit par un mandataire, qu'à la première vacation, et ils sont tenus de se faire représenter aux vacations suivantes par un seul mandataire pour tous, qu'ils choisissent, ou qui, à défaut de choix, est nommé d'office par le juge de paix. Si néanmoins l'un des opposants avait des intérêts différents de ceux des autres, il pourrait assister en personne ou par un mandataire particulier, mais à ses frais, afin de ne point grever la succession. Si les mandataires choisis par les créanciers sont des avoués, le plus ancien des avoués représente tous les opposants fondés en titre authentique. Si aucun des créanciers n'est fondé en titre authentique, l'avoué le plus ancien des opposants fondés en titre privé assiste pour eux. L'ancienneté doit être définitivement réglée k la première vacation (art. 932 et 933).

Les opposants pour la conservation de", droits de leur débiteur ne peuvent assister à la première vacation ni concourir au choix d'un mandataire commun pour les autres vacations (art. 934).

Le procès-verbal de levée contient : l» la date; 2° les noms, profession, demeure et élection de domicile du requérant; 3° renonciation de l'ordonnance délivrée pour la lovée; 4° renonciation de la sommation faite pour parvenir à la levée ; 50 les comparutions et dires des parties; 6° la nomination des notaires, commissaires-priseurs et experts qui doivent opérer; 7° les reconnaissances des scellés, s'ils sont pleins et entiers ; s'ils ne le sont pas, l'état des altérations, sauf à se pourvoir ainsi qu'il appartient, pour raison desdites altérations; 8° les réquisitions k fin de perquisitions, le résultat desdites perquisitions et toutes les autres demandes sur lesquelles il y a lieu de statuer. « Ces per-

?uisttions, dit Boitard, ne peuvent être efectuées que dans le lieu ou se trouvent les objets de la succession, ou chez une des personnes qui prétendent des droits dans lu succession, ou dans la communauté; mais on n'aurait pas le droit d'aller faire des perquisitions chez un tiers. »

Les scellés sont levés successivement et au fur et à mesure de la confection de l'inventaire. Ils sont réapposés à la fin de chaque vacation. Les objets et papiers trouvés et qui sont étrangers à la succession sont remis aux tiers qui les réclament et qui eu justifient la propriété (art. 937 et 939).

Si la cause de l'apposition des scellés cesse avant qu'ils soient levés ou pendant le cours de leur levée, ils sont levés sans description.

La loi permet enfin (art. 938) de réunir ensemble, pour les inventorier, les objets de même nature, sauf à replacer sous les scellée

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ceux qu'on n'inventorie pas immédiatement. Cette autorisation a été accordée afin de mettre de l'ordre dans la confection de l'inventai re.

— Du bris de scellés. Suivant la gravité des fa ts et la qualité des personnes, le bris \ des salles constitue un crime ou un délit tombant sous l'application du code pénal (art. %■ 9-Î56).

Lorsque des scellés ont été brisés, les gardiens sont punis, pour simple négligence, de six jours h six mois d'emprisonnement. Le cas de force majeure est, sans aucun doute, excepta.

Le gardien négligent est même puni de six mois à deux ans d'emprisonnement si le bris ' des scellés s'applique à des papiers et effets ; d'un individu préyenu ou accusé d'un crime emportant la peine de mort ou les travaux forcés (art. 250). |

Dans le cas de bris de scellés prévu par l'artieb 250, le coupable est puni de la réclusion, et, si c'est le gardien lui-même, il est passible des travaux forcés à temps. A l'égard de tous autres bris de scellés, la peine est de six mois à. deux ans d'emprisonnement, et deu:; a cinq ans lorsque le coupable est le gardien.

Le vol commis à l'aide d'un bris de scellés est corsidéré comme vol commis avec effraction et réprimé comme tel (art. 253).

SCELLEMENT s. m. (sè-le-man — rad.

sceller'. Action de sceller, de fixer dans un trou en y coulant une matière qui s'y durcit : Le scellement d'une barre de fer.

— Tîchn. Partie d'un objet scellé qui est engagée dans la matière avec laquelle l'opération a été exécutée : Ce barreau n'est pas solide; il n'a pas assez de scellement. Celle pièce doit avoir om,50, plus om.oe de scellement, i Bout de tôle qu'on rive à l'extrémité d'un cercle en cuivre, et qui est coudé et percé de façon à recevoir une vis qui sert à serrer le cercle lorsqu'il est en place.

— Eacycl. Pour opérer un scellement, on creuse dans la pierre ou dans le mur une cavité d'une certaine profondeur et plus large que la section de la pierre à sceller-, puis, après- ir avoir logé la pièce, on emplit les intervallss libres au moyen de substances pouvant sï liqnéfier et acquérir ensuite une consistance plus ou moins dure.

Les substances que l'on emploie le plus ordinairement pour faire des scellements sont : le plâtre, le soufre, le mastic de fonte, le ci- j ment romain et le plomb. Le plâtre, gâché en pâte liquide, et le soufre fondu forment d'exce lents scellements; car ils adhérent plus ou moins fortement aux matières, et, comme ils augmentent de volume en passant de l'état liquide à l'état solide, ils remplissent trèsbien tous les vides et ne permettent aucun, jeu à la pièce scellée.

Les ciments purs et les mastics de fonte font aissi de très-bons scellements: mais ils doivent être comprimés avant leur entière solidirbution.

Quant au plomb fondu, il éprouve un retrait en passant (le l'état liquide à l'état solide; il doit dcnc être maté fortement, pour remplir les videset produire un scellement solide.

De toutes ces substances, le plâtre seul s'altèns par l'humidité; il ne doit donc être employé que dans des endroits secs.

Le bois n'est jamais scellé qu'au plâtre et au ciment. Le plomb ne sert qu'à sceller les pièees qui doivent être soumises à des chocs, parce que le soufre, le plâtre et le ciment •s'écrasent et se pulvérisent par la percussion. Les nétaux que l'on a ordinairement à sceller soi.t la fonte et le fer. S'il s'agit de fonte, la par.ie a. sceller doit avoir la forme d'un tronc de pyramide, et, autant que possible, on y ménage des saillies et des aspérités. S'il s'agit de fer, on doit donner également a la pièce la forme d'un tronc de pyramide, mais on doi., de plus, la barbeler au moyen d'entailles dont les ouvertures soient tournées vers l'orifice du trou de scellement.

L'excavation dans la pierre ou dans le mur doit être beaucoup plus grande que la pièce métallique et également en forme de tronc de pyramide, excepté la partie voisine de l'orifice, qii doit être cylindrique. La profondeur dépend de la qualité de la pierre et des efforts que doit supporter le scellement. Dans les pie.-res dures, elle varie de O'B.OS à om;09, et dans les demi-dures, de om,10 à 0m,15. Si le scellement est au plâtre ou au ciment, on maçonne exactement jusqu'à fleur de la pierre, après avoir eu soin de mouiller tout l'intérieur de l'excavation pour que les ouvrages anciens et nouveaux se relient.

S'il n'agit d'un scellement au plomb, on entoure l'excavation d'un petit bourrelet en terre ce om.Ol à 0ra,02 et on coule le plomb à tleui de ce bourrelet. Dès que le métal est solidifié, on le mate fortement, pour faire rentrer dans le trou la plus grande partie de l'excédant.

SCELLER v. a ou tr. (sè-lé — rad. scel, ancienne forme du mot sceau). Marquer d'un sceau, appliquer un sceau sur -. Scellur en cire rouge, en cire blanche. Sceller en plomb. Sceller des lettres de grâce. Voici tes titres et Us creuses que vous ferez sceller du grand sceau. (V. Hugo.)

Apposer les scellés sur : Sceller une

porte, une armoire. Le juge de paix scella Içl

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porte du logement, il Cacheter : Sciîller une lettre, une dépêche.

— Fermer hermétiquement : Scbller mie bouteille avec de la cire d'Espagne. Sceller l'extrémité d'un tube en la fondant au chalumeau.

— Fixer dans un trou, à l'aide d'une substance qu'on y coule et qui s'y durcit : Sceller des gonds , des barreaux. Sceller au plomb, au mortier.

— Kig. Confirmer, assurer, sanctionner : Scellbr un pacte, une alliance.

Allez du sang troyen sceller notre union.

Racine.

L'agneau saint de son sang va sceller le traité Qui nous réconcilie à son père irrité.

h. Racine.

Tout désordre apparent est un ordre caché j Aux effets qu'il opère un bien est attaché, Dieu le scella du sceau de sa sagesse immense.

Dulaud.

— Techn. Sceller des pavés, Les bâtir, les consolider avec du mortier.

Se sceller v. pr. Etre scellé : Le bois SB scelle ordinairement au plâtre, et le fer au plomb.

— Syn. Sceller, affermir, cimenter, etc.

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