‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 168 sur 1059 · SC1I · texte numérisé non relu

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cette même traduction (1832) ; quelques Sermons, etc. S;i veuve publia, en 1855, sa biographie avec un mémoire de W. Selwyn, chanoine d'Ely, sur les travaux littéraires de Seholefleld.

SCHOLIE s. f. (sko-ll — du gr. sckolimi, même sens). Critiq. littér. Orthographe ancienne et seule régulière du mot scolib, dans le sens de note : Les scjioliks sont assez souvent absurdes et inintelligibles. (Boissonade.)

SCI10LL (Aurélien), écrivain français, né à Bordeaux en 1833. Son père, qui était notaire, lui fit faire de bonnes études, mais ne réussit pas a le retenir dans sa ville natale. Paris attirait cette nature vive, ardente, batailleuse. Dès 1850, âge d'or du journalisme militant, le jeune Scholl s'escrimait dans le Corsaire, qui devait être, deux ans plus tard, une des innombrables victimes du 2 décembre. Par bonheur, le jeune écrivain bordelais fut trouvé trop jeune ou trop peu compromis pour être supprimé personnellement avec tant d'autres. Il en fut quitte pour changer de journal et pour modérer quelque peu sa polémique. Il passa au journal Paris, puis au Mousquetaire, d'Alexandre Dumas, où il était parfaitement à l'abri des orages politiques. Mais M. Aurélien Scholl n'était pus né pour s'immobiliser dans un bureau de rédaction ni pour mener la vie calme des feuilles littéraires. L' Illustration, à laquelle il collabora en même temps, le Satan, qu'il fonda, la Silhouette, où il travailla avec Noriac, le Figaro hebdomadaire, où il combattit les ridicules de l'époque, sont un témoignage de sa prodigieuse activité. C'est au ./''ij/aro surtout, qui avait alors ce caractère de méchanceté spirituelle, si tristement tourné depuis à la calembredaine pâteuse, c'est an Figaro que M. Aurélien Scholl lit apprécier cet esprit vif, pénétrant, incisif, cruel, qui rendit si redoutables ses coulisses (c'est ainsi qu'il intitulait ses satires hebdomadaires), et qui lui valut tant de duels, de poursuites judiciaires, de tracasseries de toute espèce. 11 est infiniment regrettable que le régime oppressif de l'Empire n'ait laissé à un esprit aussi distingué d'autre activité que les attaques plus ou moins personnelles mises à la mode par le Figaro. M. Aurélien Scholl, s'il n'eût été réduit a gaspiller son talent dans des satires en prose, s'il avait pu consacrer aux grandes questions politiques sa verve intarissable, fût certainement devenu un de nos publicistes les plus éminents et aurait pu rendre à la cause de la liberté de très-grands services. Il n'est pas difficile de voir dans le Nain jaune, qu'il fonda, dans le Club, le Jockey, le Lorgnon, et surtout dans les articles quil a donnés en 1875 k \' Evénement, des preuves d'une vraie capacité politique et d'une conception large et élevée de la liberté. Un de ses articles au dernier de ces journaux lui valut avec M. Robert Mitchell, rédacteur du Soir, un duel qui faillit être funeste à M. Scholl. L'épée de son adversaire lui traversa le bras et se rompit dans la plaie. Parmi les nombreuses affaires qui ont attiré l'attention sur M. Aurélien Scholl, une des plus pénibles est colle de son mariage avec Mlle Irène Perkins, fille d'un brasseur de Londres. Un séparation judiciaire (1807) a rompu cette déplorable union, non sans avoir amené toute une série de procès entre M. Aurélien Scholl et son beau-frère M. Du Bisson.

Nous n'avons présenté jusqu'ici M. Aurélien Scholl que comme journaliste; ses titres comme littérateur sont nombreux, trop nombreux peut-être. Dans les romans qu'il a écrits, cet écrivain d'élite a jeté k pleines mains ces saillies vives, ces traits imprévus, ces explosions humoristiques qui le distinguent. Une seule chose manque à toutes ces piquantes histoires pour être parfaites : la conviction. M. Scboll a pris dans la presse à laquelle l'Empire l'avait condamné cette habitude de se moquer du public et de soi-même, fort amusante pour les littérateurs du boulevard, mais que le gros des lecteurs accueille avec une sorte de colère assez légitime. M. Aurélien Scholl ne croit pas que c'est arrivé ; cela se sent k toutes ses pages; mais aussi allez demander de la naïveté à un rédacteur du Figaro/ Malheureusement, si le petit journal se moque de la naïveté, elle est tout à fait nécessaire au livre; c est du moins notre avis. Parmi tantd'œuvres très-remarquables, mai3 trop peu sincères, nous citerons : Lettres à mon domestique (1851, in-18) ; les Esprits malades (1855, in-12); la Foire aux artistes (1858, iu-16); Claude le Borgne (1859, in-16); l'Art de rendre tes femmes fidèles (1860, in-32); les Mauvais instincts, histoire d'un premier amour (1860, in-12), réédité sous le titre de Hélène Herman (1863) ; les Amours de théâtre (1862, in-18); Aventures romanesques (1862, in-12) ; Scènes et mensonges parisiens (1863, in-12) ; les Gens tarés (1865, in-12) ; les Dames de Hisquenville (1865, in-12); les Cris de paon (1866, in-18) ; l'Outrage (1866, in-18) ; les Nouveaux mystères de Paris (1867, 3 vol. in-18); la Dame des Palmiers (1 87 3, in-18).

M. Aurélien Scholl a aussi publié, en 1857, un volume de vers, Denise (in-32). Ce livre, où, par exception, il avait mis beaucoup de conscience et de conviction, est resté un de ses meilleurs et a eu de très-nombreuses éditions. Il est une preuve que l'auteur eût fait un poôte très-distingué si le temps et la foi, si nécessaires pour rimer, ne lui avaient fait défaut.

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M. Aurélien Scholl a aussi travaillé pour le théâtre. Il a donné : à l'Odéon, Jaloux dn passé, comédie en un acte (1861); au théâtre Déjazet, Singuliers effets de la foudre (1663), avec Th. de Langeac ; au Gymnase, la Question d'amour (1864), avec P. Bocage; aux Variétés, les Chaînes de fleurs, comédie en an acte (1866); Rosalinde ou Ne jouez pas avec l'amour (1859), avec Lambert-Tliiboust.

On voit si le talent de M. Aurélien Scholl est varié. M. Aurélien Scholl est un de ces esprits encyclopédiques qui ne croient a rien, se moquent de tout, mais réussissent en tout. S'il n'a pas entrepris une Mécanique céleste, c'est par indifférence calculée pour tout sujet étranger à la vie parisienne.

SCHOLLÈRE s. f. (chol-lè-re — de Schol- 1er, savant allem,). Bot. Syn. deMiCROTÉEet d OXYCOCCOS.

SCHOLLIE s. f. (chol-li — de Scholl, sav. allem.). Boc. Syn. de hoya, genre d'aselépiadées.

SCIlOLLlNER(Hermann), historien et théologien allemand, né k Freisingen en 1722, mort en 1795. Entré dans l'ordre des bénédictins à l'âge de seize ans, il prit l'h:ibit de cet ordre en 1745. Il passa la plus grande partie de sa vie à professer la théologie, voyagea beaucoup en Autriche et en Allemagne et Ht paraître un grand nombre de travaux sur l'histoire de Bavière dans les tomes II k XVIII des Monumenta Boïca, dans les tomes IV et V des Mémoires de l'Académie de Munich et dans le recueil de Westenrieder ( Ueytnege zur vutertandischen Geschichte , Munich, 1788 et suiv.), et un grand nombre de dissertations théologiques.

SCHOLTEN (Johannes-Hendricus), théologien hollandais, né à Bleuton, près d'Utrecht, eu 1811. Il fit ses études à, l'université de cette ville, où son oncle était professeur, passa son doctorat en philosophie (1835) et en théologie protestante (1830); puis, k l'exemple do son père, il devint pasteur protestant et s'adonna à la prédication. Quelques années plus tard, M. Scholten fut nommé profe%seur de théologie à l'université de Leyde. 11 s'est placé au premier rang des théologiens de son pays par la vive impulsion qu'il a donnée à l'étude des questions dogmatiques, critiques et historiques en matière de foi. Outre des discours, des sermons, des mémoires, des dissertations, on lui doit des ouvrages qui ont été l'objet de vives controverses. Nous citerons de lui : De leer der heroormde kerk in hare grondbeginselen (Leyde, 1848-1850, 2 vol.) ; Geschiedenis der Godsdienst en wysbegeerte (Leyde, 1853), traduit en français par M. Rôville sous le titre de Manuel d'histoire comparée de la philosophie et de la religion (Strasbourg, 1861, in-8<>); Kritische inleiding dut de schriften des Nieuwe Testaments (1853) ; De Vrye uiil. Kritisch onderzoek (1859) ; Het Evangelie naar Johannes (1864) ; De Évangelien naar Maliheus en Marcus (18C7), etc.

SCHOLTÉN1EN s. m. (skol-té-ni-ain). Hist. relig. Membre d'une secte hollandaise.

— Encycl. Lasecte àesscholténiensse forma vers 1834 et recruta surtout ses adhérents parmi ceux des pasteurs protestants qui rejetaient le synode de 1816. Ce synode, en annulant les formules de celui qui avait été tenu kDordrechten 1618, fit prévaloir le système d'indifférence suivi par beaucoup de ministres, lesquels, au fond, sont sociniens, k tel point qu'en 1834 il ne restait plus à Leyde qu'un seul professeur qui ne le fût pas. Cette indifférence générale, en ■éveillant le zèle de quelques-uns, donna lieu aux progrès des sectaires nouveaux, qui se donnèrent comme plus orthodoxes, plus rigides, plus calvinistes que les autres réformés. Deux jeunes pasteurs, de Cock et Scholten, se mirent à leur tête, et presque aussitôt la secte se divisa en deux branches distinctes : l'une qui eut pour chef le juif converti Dacosta, et l'autre Scholten. Les partisans de Dacosta admettent la divinité de Jésus-Christ et montrent plus de régularité dans les pratiques de religion ; mais ils ne se séparent point de l'Eglise établie, qu'ils veulent réformer et non renverser. Les scholténiens , au contraire, sont sortis de l'Eglise dominante, qu'ils regardent comme deligurée et corrompue. Le premier acte de séparation complète des orais réformés, ainsi qu'ils se nommèrent, fut signé le 13 octobre 1834, et le l« novembre une proclamation exhorta les adeptes k suivre cet exemple. Le clergé protestant provoqua contre eux, de la part du synode général qui s'assemble annuellement à La Haye, des mesures de répression ; ils furent exclus de la communion du culte établi. L'Etat et l'Eglise se prêtant secours, le gouvernement donna des ordres rigoureux contre les dissidents, et le synode non-seulement lança la censure ecclésiastique contre les vrais réformes et ôca à leur chef le caractère de pasteur ; mais, sur le motif que les temples protestants sont à l'usage exclusif du cuite officiel, ordonna l'évacuation de ceux qui existaient dans les communes schismatiques. Celles-ci refusèrent de les livrer, et on recourut à l'emploi de la force. Les nouveaux religionuaires, poursuivis de toutes parts, se réunirent dans des maisons particulières, dans des granges et même en plein air. On les poursuivit alors du chef d'association illégale de plus de vingt personnes, et, malgré l'appui

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des pasteurs du canton de Vaud et de quelques ministres dissidents de Londres, la secte finit par disparaître presque entièrement.

SCHOLZ (Jean-Martin-Augustin), théologien catholique allemand, né à Kapsdorf en 1794, mort en 1853. Il fut nommé, en 1817, docteur en théologie à l'université de Freiburg. Il se rendit la même année à Paris, où, sous la direction de Silvestie de Sacy, il se livra k l'étude des langues orientales. Il voyagea ensuite en Angleterre et en Italie. En 1820, Scholz fut nommé professeur de théoiogie à l'université de Bonn, puis il fit un voyage en Egypte, en Palestine et en Syrie. Revenu en Allemagne et ordonné prêtre a, Breslau en 1821, il alla reprendre possession de sa chaire à Bonn. Il légua sa collection d'antiquités et sa bibliothèque à l'université de Bonn. Les principaux ouvrages de Scholz sont : Voyage dans le pays entre Alexandrie et Paratonium, duns le désert de Libye, en Egypte, en Palestine, en Syrie, pendant les années 1820-1822, en allemand (Leipzig, 1822); Nouum Testamentum grscum (Leipzig, 1830- 1835, 2 vol.); Manuel d'archéologie biblique (Bonn, 1834).

SCHOMBERG (Gaspard de), capitaine allemand, né en Saxe en 1540, mort k Paris en 1599. Il faisait ses études à l'université d'Angers, où il s'était déjà signalé par son humeur belliqueuse, quand les catholiques vinrent assiéger cette ville. Schomberg se mit k la tête des huguenots et défendit vaillamment Angers. Vaincu, malgré une résistance opiniâtre, il rejoignit l'armée du prince de Condé ; puis, l'année suivante, il se rallia à la cause royale et fut nommé capitaine des reltres allemands. La valeur dont'il fit preuve à Moncoutour et k Dormans lui conquit la sympathie de Henri III. Henri IV lui continua cette faveur et eut souvent recours aux conseils intelligents de Schomberg ; obligé par une maladie de quitter le service, il se jeta dans la politique. C'est lui qui, suivant les affirmations de de Tliou et de fjavila, décida le Béarnais à embrasser la religion catholique. Il était l'un dés huit conseillers chargés de l'administration des finances, et on doit k son habileté diplomatique la soumission de la Bretagne. Schomberg fut encore chargé de la mission difficile de préparer les bases de l'édit de Nantes.

SCHOMBERG (Georges de), frère du précédent, mort en 1578, à l'âge de dix-huit ans. Il est seulement connu par sa liaison avec les mignons de Henri III, bien que favori du duo de Guise, et par la part qu'il prit au duel de Quélusavec Charles d'Enlragues, dit Entraguet. Schomberg assistait ce dernier comme second et fut tué. Son nom figure dans l'épitaphe que Henri III fit graver sur le mausolée de Quèlus:

Que Dieu conserve en son giron Qudlus, Schomberg et Maugiron.

SCHOMBERG (Henri, comte de), maréchal de France, fils de Gaspard, né à Paris en 1575, mort en 1632. Il fit ses premières armes dans les troupes de l'empereur Rodolphe H, fut nommé, en 1608, lieutenant du roi dans le Limousin, puis ambassadeur en Angleterre, et enfin chargé de missions importantes en Allemagne. En 1617-1618, il servit en Piémont sous les ordres de Lesdiguières, puis il combattit les Espagnols. En 1619, il succéda au président Jeannm dans la charge de surintendant des finances, sans cependant abandonner la carrière des armes. Nommé grand maître de l'artillerie, il contribua a la conquête des places que les calvinistes possédaient dans le Languedoc, fit partie de l'expédition du Rouergue (1622) et eut la plus grande part k la soumission de la Guyenne. Destitué de la charge de surintendant, il rentra bientôt en faveur et reçut le bâton de maréchal en 1625. Deux ans après, il chassa les Anglais de l'île de Ré, se couvrit de gloire diins la campagne d'Italie, dont il écrivit la Jlelation (Paris, 1630, in-4»), et gagna la bataille de Casteluaudary sur Gaston d'Orléans et le duc de Montmorency (1632).

SCHOMBERG (Charles de), duc d'Halluin, maréchal de France, fils du précédent, né à Nanteuil-le-Haudoin-en 1601, mort k Paris en 1656. Il se distingua dans la carrière militaire et succéda k son père dans le gouvernement du Languedoc. Après avoir gagné sur les Espagnols la bataille de Leucate (1636), il fut créé maréchal, enleva Perpignan en 1642 et, malgré ses importants services, tomba eu disgrâce k la mort de Louis XIII. Il prit cependant part à la guerre de Catalogne, et prit Tortose d'assaut en 1648. Le maréchal de Schomberg fut un des premiers protecteurs de Bossuet.

SCHOMBERG (Marie un Hautekort, duchesse du), femme du précédent. V. Hautiï-

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