‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 170 sur 1059 · SC HO · texte numérisé non relu

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ainsi francisé par la suite) fit ses premières armes dans l'armée suédoise, alors k la solda de Richelieu, assista à la bataille de Nord lingen, k la retraite sur Mayence (1634-1635) et k presque tous les faits d'armes qui marquèrent la période dite française de la guerre de Trente ans. Il prit du service en France comme capitaine d une compagnie de chevaulègers en 1636, fit la campagne de Franche- Comté, puis suivit en Allemagne le maréchal de Rantzau et fut appelé près de Henri de Nassau, qui en fit son lieutenant. A la mort de Guillaume II de Nassau, fils de Henri, il revint en France, acheta la charge de capitaine de la compagnie des gendarmes écossais (1650) et deux ans après fut nommé maréchal de camp. Les guerres de la Fronde, où il suivit le parti de Mazarin, lui valurent un avancement rapide. Il commanda sous Turenne en qualité de lieutenant général et participa à la prise de Landrecies, Condé et Saint-Guilain, dont Mazarin lui donna le gouvernement. Assiégé, en 1657, dans cetto dernière ville, il ne se rendit qu'après une brillante défense. Il passa ensuite en Espagne, après avoir assisté k la bataille dus Dunes et au siège de Dunkerque. Chargé d'appuyer les Portugais, il soutint pendant huit ans tous les efforts des Espagnols et, avec des forces inégales, sut tenir tête k don Juan d'Autriche, en 1661 et 1662. Vainqueur des Espagnols k Evora, il s'empara de cette dernière ville et remporta la victoire de Montes- Claros, en 1665. A la conclusion de la paix entre les Espagnols et les Portugais, il se hâta de revenir en France et reçut de Louis XI V, en 1674,1e commandement de l'armée de Catalogne et le bâton de maréchal, à la suite de la prise de Figuières, Baschara et Bellegarde (1675). Sun dernier acte militaire au service de la France fut le siège de Luxembourg, qui se rendit le 4 juin 1684.

Après la révocation de fédit de Nantes, Schomberg, qui était protestant, demunda la permission de sortir du royaume et l'obtint en 1686. Il se retira en Portugal, « au grnnd regret, dit Sourches, de toute la France qui perdait en lui le meilleur et le plus expérimenté de ses généraux. » De Lisbonne, où l'inquisition lui suscita toutes sortes d'embarras, le maréchal de Schomberg se rendit k Berlin, où il fut comblé d'honneurs, puis en Hollande, où le prince d'Orange, qui préparait son expédition contre l'Angleterre, l'attacha k sa fortune. Une fois roi d'Angleterre, Guillaume le créa duc, chevalier de la Jarretière et grand maître de l'artillerie. Après le débarquement de Jacques II en Irlande, il fut mis k la tête du corps d'armée chargé d'arrêter les progrès des jacobites. C'était en 16S9. Les deux armées étaient séparées par la Boyne. A la vue des Français, qui formaient le noyau des troupes de Jacques, la cavalerie de Guillaume, presque toute composée de réfugiés, franchit la rivière pour se précipiter sur l'ennemi, qui fut vaincu (11 juin 1690), mais le maréchal de Schomberg fut frappe k mort en poursuivant les fuyards, et tomba enseveli dans son triomphe.

i C'étoit, dit Rapin-Thoyras dans son Histoire d'Angleterre, un homme posé, appliqué, d'une grande conduite, qui pensoit mieux qu'il ne parloit, intègre, modeste, obligeant, civil. On le consideroit comme le premier capitaine de son siècle, après le prince de Condé et le maréchal de Turenne, Il connoissoit k fond les hommes et les affaires. Il estoit de moienne taille, bien fait, le teint beau, une santé robuste, un air de grandeur qui imposoit du respect; se tenant achevai avec une grâce peu commune. Il aimoit beaucoup la propreté dans ses habits et conservait au milieu de la vieillesse la gaieté de ses premières années. »

La curieuse correspondance du maréchal de Schomberg relative k la guerre d'Italie a été imprimée dans les Mémoires de Dalrympie.

SCHOMBURGHIE s. f. (chon - bur-ghî — de Schomburgh, n. pr.). Bot. Syn. de trinchinisttik.

SCHOMBIIRGK (sir Robert - Hermann ), voyageur allemand, né en Prusse, k Fribourgsur-1'Unstrutt, le 5 juin 1804, mort au mois de mars 1865. Il fut élevé k Voigtstœdt, en Thuringc, où son père exerçait les modestes fonctions de ministre. Celui-ci, qui le destinait au commerce, l'envoya chez un négociant de Naumbourg pour apprendre le négoce. Le jeune homme partit pour les Etats- Unis et s associa en Virginie avec un fabricant de tabac; puis, après s'être séparé de son associé, il passa, en 1830, k Ane^-aclu, île de l'Amérique centrale, où il s'établit momentanément. Cette lie est entourée de basfonds qui en rendent l'accès tres-dangereux pour les vaisseaux ; Schomburgk se nue k en explorer les abords avec le plus grand soin et envoya le résultat de ses observations à la Société de géographie de Londres, qui, étonnée de voir un homme privé de connaissances spéciales et d'instruments scientifiques obtenir, dans des conditions si défavorables, des notions d'une telle exactitude, lu< confia, en 1834, une mission eu Guyane. Apres une longue exploration, il s'embarqua, en 1839, k Georgetown pour l'Europe. 11 rapportait avec lui une importante collection d'animaux et des plantes inconnues jusque-la, la Victoria regia et Velisabetha regia, et uns

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espèce (.'orchidée nouvelle, la schomburgkia orchida. Il avait, en outre, déterminé la position géographique de plusieurs points de la côle de juyane, complétant ainsi les observations d'Alexandre de Hnmboldt. A son retour, il fut chargé par le gouvernement anglais de régler les limites du Brésil et de la Guyane et de compléter dans ce dernier pays les observations faites durant son premier voyage. Schomburgk, quittant l'Allemagne où il avait été se reposer quelques mois, partit pour le lieu de sa mission au mois de décembre 18-40. 11 visita la Guyane anglaise et remonta l'Orénoque et l'Essequibo jusqu'aux montagnes de l'intérieur. En 1844, il revint ^n Angleterre, où, pour le récompenser, le gouvernement de la reine lui donna le titre de sir et un emploi important au ministère des colonies. Conduit par ses nouvelles occupa .ions à s'occuper de linguistique, sir Sel omburgk fit en 1848, à l'Association britannique, la proposition d'un système permettant d'écrire en caractères latins les langues pi rlées qui ne possèdent point une écriture propre. Sir Schomburgk fut ensuite nommé consul d'Angleterre et conclut en cette qualité, entre la république de Saint-Domingue et l'Angleterre, un traité de commerce tort avantageux pour cette dernière puissance. On lui doit aussi en grande partie la conclusion de la paix entre Soulouque et la république Dominicaine. Dans les dernières année;i de sa vie, sir Schomburgk s'est principalement occupé de travaux géographiques ayant :rait à l'Ile Saint-Domingue.

Nous citerons, parmi ses ouvrages les plus impor.ants : Description géographique et statistique de ta Guyane anglaise (Londres, 1S40) ; Coup d'œilsur l'intérieur de la Guyane (Londres, 1840); Histoire des Barbades (Londres, 1847); Itapatea Friderici Augusii et Saxo Fridericia cegalis (Brunswick, 1845); Baubocenia Alexandrins et Alexandra impératrices (Londres, 1845).

SCHOMBURGK (Othon), géographe allemand, frère du précédent, né à Yoigtstœdt en 1810, mort en 1857. Il étudia' à Halle la théolegie et les sciences naturelles; mais, impliqué dans les complots de la Burschenschaft, il fut condamné à un long emprisonnement. Aprèt être resté plusieurs années enfermé dans ! a forteresse de Magdebourg, il fut enfin rendu à la liberté et s'occupa alors de traduire en allemand les ouvrages de son frère. Kn H 46, il fonda, avec Froriep, un recueil : les Progrès de ta géographie et de l'histoire naturelle, qui a continué de paraître depuis cette époque. Après la révolution de murs 1848, qui réalisa ses secrètes espérances, il tourna toute son activité vers le développement de la Société industrielle de Berlin ; mais l'issue des événements politiques le décida à s'embarquer en 1849 pour 1 Australie, où il était, à sa mort, pasteur et juge de paix de Buchsfelde.

SCiiOMBURGE (Maurice-Richard), voyageur allemand contemporain, frère des deux précédents. 11 se livra, comme ses frères, à l'étude des sciences naturelles et, en 1840, entre prit, aux frais du roi de Prusse et en compagnie de Robert, un voyage dans la Guyane. La relation qu'il en a publiée, sous ce ti.re : Voyages dans la Guyane anglaise de 1840 à 1844 (Leipzig, 1847-1848), renferme des 'enseignements excessivement précieux sur la faune, la flore et les habitants de cette contrée. 11 avait formé de riches collections botaniques, zoologiques, géologiques et ethnographiques, mais il ne put en rapporter qu'une faible partie en Europe. La publier lion de son ouvrage lui coûta d'énormes sacr.fices, et, comme il ne réussissait pas k s'ass urer dans sa patrie une existence exempte des soucis matériels, il s'embarqua en 1849, avec son frère, pour l'Australie, où les rejoignit plus tard leur troisième frère, Jules Schomburgk. Depuis 1865, Richard est directeur du jardin botanique d'Adélaïde.

SCHOMBURGKIE s. f. (chom-bur-kl — de Schiimlmrgk, n. pr.). Genre de plantes, de la fam.lle des orchidées.

SC110NA (Moheb-eddin-Abou'l Vatid Mohair med ben), docteur musulman, né à Alep, mort vers l'an 807 de l'hégire. Il était hanilite, che;' de la religion et grand juge d'Irak ou de Ja Chaldée. Sou principal ouvrage est intitulé le Jardin des choses mémorables, qu'en peut considérer comme un abrégé des Am.ales d'Aboulféda.

SCHON^ÎUS ou DE SCHOONE (Corneille), poë;e latin moderne, né a Gouda, en Hollande, vers 1540, mort en 1611. Il fut nommé, veri 1575, recteur de l'école latine de Harlem et a publié un recueil de comédies sacrées intitulé: Terentius christianus; un recueil de poésies lutines intitulé : Carminum libellus, et une Grammaire latine,

SCHON^CS (Pierre), maître es arts et docteur en médecine de Harlem, poëte comme le précédent. 11 servit dans les années du roi d'Espagne et composa : Fuga Leonis palatin\ et Fuga et clades Christiani Brunsvicii (Biuxelles, 1624, in-8").

SCHOSEN (Auguste- Jean-Marie, baron de), magistrat et homme politique français, né à Saint-Denis (Moselle) en 1782, mort en 1849. Il fît de brillantes études de droit et fut nommé, en 1811, substitut du procureur général près la cour impériale. Pendant les

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Cent-Jours, il fut avocat général et redescendit, à la seconde Restauration, aux fonctions de substitut. En 1819, il fut nommé conseiller à la cour royale et fit preuve de libéralisme pendantl'exercice de cette charge. Elu député de la Sein* en 1827, il siégea à gauche. En 1830, il soutint énergiquement le choix du nouveau roi, qui le récompensa en le nommant procureur général à la cour des comptes. De Shonen fut ensuite élu membre du conseil général de la Seine, puis entin créé pair de France. Il a publié quelques brochures (anonymes) et des discours; entre autres celui qu'il prononça en 1827 aux obsèques de Manuel, et qui lit diriger des poursuites contre l'éditeur et l'imprimeur ; il a écrit enfin quelques travaux, restés manuscrits, sur la littérature italienne.

SCHONER (Jean), astronome et astrologue allemand , compatriote et ami de Regiomontanus. On a de lui : Tabule resolutie astronamicœ, ex quitus omnium siderum motus facillime calcutari possunt secundum prxcepta in planelarum Iheoriis tradita (\V ittemberg, 1537); ce sont les tables Alphonsines mieux disposées; Globi sleltigeri, sine sphxrs slellarum fixarum usus, etc. (1551); Opusculum geographicum, etc. (1553); l'auteur y réfute l'idée du mouvement de la terre.

SCHOOCK (Martin) dit SchocMn., érudit hollandais, né à Utreeht en 1614, mort à Fraiiofort-sur-1'Oderen 1665. Après avoir professé à Utreeht, à Deventer et a Groningue, il passa en Allemagne et devint historiographe et conseiller de l'électeur de Brandebourg. On lui doit : De hellenislis et linguu hetlenistica (Utreeht, 1641, in-8«); Exercitaliones sacras (Groningue,! 65 1,111-8"); De anima belluarum (Groningue, 1S58, in-40); Fabula Hameleiisis (Groningue, 1659, in-12); Potisicus Pius (Groningue,. 1664, in-4°), et plusieurs traités roulant sur de singuliers sujets,,les Harengs, VEtenmment, l'Aversion pour te fromage, etc.

SCHOOLCRAFT (Henri-Rowe), littérateur et voyageur américain , né dans le eomté d'Albany le 28 mars 1793. Il fit ses études dans les écoles de son pays natal et compléta lui-même son éducation par l'étude de la poésie, de la philologie et des sciences naturelles. En 1818, il alla explorer les mines de plomb du Missouri et inséra en 1819, dans un magazine de New-York, la relaàon de ce voyage qui fut aussitôt après publiée a Londres, et que M. Schoolcraft a depuis remaniée et réimprimée sous le titre de Scènes et aventures dans la région semi-alpine des montagnes du Missouri et de l'Arkausas (Philadelphie, 1852). M. Schoolcraft suivit en 1820 le général Cass dans son exploration du Mississipi et Ht paraître la relation de ce nouveau voyage sous le titre de Journal d'un voyage depuis Détroit jusqu'aux sources du Mississipi, L'année suivante, il se rendit à Chicago, dans l'Illinois, visita le bassin des rivières Wabash et Illinois, nouvelle excursion décrite dans ses Voyages dans la partie centrale de la vallée du Mississipi. Nommé en 1822 agent du gouvernement américain auprès des tribus indiennes, il alla résider à Machilimackinaek, dans le nord-ouest, s'y maria et y demeura près de vingt ans occupé d'études et de recherches sur les races indiennes. C'est pendant ce séjour qu'il édita la Grammaire algonquine et fonda k Détroit, dans le Michigan, la Société algonquine, dans laquelle il lit d'intéressantes lectures sur la construction des idiomes indiens qui ont été traduites et présentées à l'Institut de Frunce par l'auteur lui-même.

En 1832 , M. Schoolcraft fut chargé de diriger une nouvelle expédition sur le cours supérieur du Mississipi, dont il découvrit la source dans le lac Ithaca (Récit d'une expédition au lac Ithaca, source du Mississipi, New-York, 1S34). Cinq ans après environ, il fit paraître, dans une collection intitulée Recherches algonquines, des légendes indiennes qui prouvent que les Indiens ont une poésie d'une incontestable valeur. M. St-'hoolcrafe vint habiter New-York en 1841. Chargé, trois ans plus tard, par la législature de New- York, de recenser certaines tribus indiennes, il consigna le résultat de ses travaux dans un ouvrage intitulé : Notes sur les Iroquois , ou Documents pour servir à l'histoire, à l'archéologie et particulièrement à l'ethnologie de l'Amérique (Albany, 1SJ6-1S47). Presque en même temps, il lit connaître une nouvelle série de légendes indiennes : Oncota. ou la Race rouge eu Amérique (New- York, 1847- 1848), et trois ans après, Journal d'un séjour de trente ans avec les tribus indiennes des frontières, de 1812 à 1842 (Philadelphie). L'année suivante parut l'œuvre la plus importante de M. Schoolcraft, les Recherches ethnologiques concernant l'homme rouge en Amérique et documents historiques et .siatistigues sur l'histoire, la condition, les mœurs des tribus indiennes des Ftats-Unip (Philadelphie, |S52). M. Schoolcraft avait épousé la iille d'un chef indien, qui est morte en 1842.

SCHOON ou SCHOONE (Corneille van), dit Scbouusu*. V. Schon^eus.

SCHOONER s. m. (ehou-nèr — mot hollaud., qui signif. littéral, plus beau). Mar. Petit bâtiment à deux mâts, gréé comme une goélette : Je m'embarquai sur le SCHOONER américain. (Chateaub.)

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Adieu, sloops intrépides ; Adieu, se/iooners rapides.

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