‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 177 sur 1059 · AMPUTATION · texte numérisé non relu

AMPUTATION

— Ichthyol. Le nom que les anciens et les modernes ont donné à ce terrible animal indique l'arme redoutable dont sa tête est pourvue, et qui seule le séparerait de toutes les espèces de poissons connues jusqu'à présent. Cette arme consiste tout simplement en nue prolongation du museau , qui , au lieu d'être arrondi ou de finir en pointe, se termine par une expansion très- ferme, très-longue, trtsaplatie de haut en bas et très-étroite, (jette expansion est composée d'une matière osseuse ou, pour mieux dire, cartilagineuse et très-dure. On peut la comparer à la lame d'une épée, et elle est recouverte d'une peau dont la consistance est égale à celle du cuir. Sa longueur est communément égale au tiers de la longueur totale de l'animal ; sa largeur augmente en allant vers la tête, auprès de laquelle elle égale ordinairement le septième de la longueur de cette même arme, pendant qu'elle n'est que d'un douzième à l'autre extrémité. Le bout de cette prolongation du museau ne présente cependant pas de pointe aiguë, mais un contour arrondi.

Les deux côtés de cette sorte de lame montrent un nombre plus ou moins considérable de dents, ou appendices dentiformes, très-forts, Us font partie du cartilage qui compose cette même prolongation ; ils s-ont de même nature que ce cartilage, dans lequel ils ne sont pas enchâssés comme de véritables dents, mais dont ils dérivent comme les branches sortent d'un tronc d'arbre ; et, perçant le

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cuir qui enveloppe cette lame, ils paraissent nus à l'extérieur. La longueur de ces sortes de dents, qui sont assez séparées les unes des autres, égale souvent la moitié de la largeur de la l;ime, a laquelle elles donnent la forme d'un long peigne garni de pointes des deux côtés, ou, pour mieux dire, celle du râteau dont les jardiniers et les agriculteurs se servent; aussi plusieurs naturalistes l'ontils nommé scie râteau ou porte-rdleau.

Pendant que l'animal est encore renfermé dans Son œuf ou qu'il n'en est sorti que depuis peu de temps, la lame cartilagineuse qui doit former son arme est molle, ainsi que les dents qui produisent les découpures de cette lame et qui sont, à cette époque de la vie du squale, presque totalement cachées Sous le cuir. Au reste, le nombre des dents de cette scie varie dans les différents individus, et le plus souvent il y en ade vingt-cinq à trente de chaque côté.

La couleur de la partie supérieure de cet appendice cartilagineux est grise ; celle des cotés est plus cla're et la partie inférieure est blanchâtre. On voit sur la peau de trèspetits tubercules , dont l'extrémité est tournée vers la queue ; la tête et la partie antérieure du corps sont apjaties. L'ouverture de la bouche est demi-circulaire et placée dans la partie inférieure de la tête, à une plus grande distance du bout du museau que des yeux. Les mâchoires sont garnies de dents aplaties de haut en bas ou, pour mieux dire, un peu convexes, serrées les unes contre les autres et formant une sorte de pavé. Les nageoires pectorales présentent une grande étendue; la première dorsale est située au-dessous des ventrales et celle de la queue est très-courte.

Les anciens naturalistes el quelques auteurs modernes ont placé la scie parmi les cétacés; cette erreur a fait supposer par les mêmes auteurs, ainsi que par Pline, que la scie parvenait à des dimensions égales à celles des baleines, et l'on a écrit et répété que, dans les mers éloignées, la scie avait quelquefois jusqu'à 200 coudées de longueur.

Quelle distance entre celte dimension et celle que l'observation a montrée dans les squales scies les plus développés! On n'en a guère vu au delà de 5 mètres ou de 15 pieds de longueur; mais, comme tous les squales ont les muscles très-forts, et que d'ailleurs une scie de 15 pieds a une arme longue de près de 2 mètres, nous ne devons pas être surpris de voir les grands individus de cette espèce attaquer sans crainte et combattre avec avantage les habitants de la mer les plus dangereux. La scie ose se mesurer avec la grande baleine. Martens a été témoin d'un combat de ce genre entre une espèce de baleine nommée Nord carier et une grande scie. Il n'osa pas s'approcher du champ de bataille ; mais il les voyait de loin s'agiter, s'élancer, s'éviter, se poursuivre et se heurter avec tant de force que l'eau jaillissait autour d'elles et retombait en forme de pluie. Le mauvais temps l'empêcha de savoir de quel côté resta la victoire. Les matelots qui étaient avec ce voyageur lui dirent qu'ils avaient souvent sous les yeux de ces spectacles, qu'ils se tenaient a l'écart jusqu'au moment où la baleine était vaincue par la scie, qui se contentait de lui dévorer la langue et qui abandonnait en quelque sorte aux marins le reste du cadavre de cet immense animal.

Ce n'est pas seulement dans l'Océan septentrional que la scie donne, pour ainsi dire, la chasse aux baleines; elle habite dans les deux hémisphères et on l'y trouve dans presque toutes les mers. On la rencontre particulièrement auprès des côtes d'Afrique, où la forme, la grandeur, la force de ses armes ont frappé l'imagination de plusieurs nations nègres qui l'ont, pour ainsi dire, divinisée et qui conservent comme un fétiche précieux les plus petits fragments de son museau denté. Quelquefois ce squale, jeté avec violence par la tempête contre la carène d'un navire, ou précipité par sa rage contre le corps d'une baleine, y enfonce sa scie, qui se brise, et une portion de cette lame dentée reste attachée au doublage du bâtiment ou au corps du cétaeé, pendant que l'animal s'éloigne avec son museau tronqué et son arme raccourcie. On conserve dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris un morceau considérable d'une très-grande lame d'un squale scie qui a été trouvé implanté dans le coté d'une baleine.

SCIÉ, ÉE (si-é) part, passé du v. Scier. Coupé avec une scie : Du bois scie. Du marbre SCIÉ.

— Numism. Monnaie sciée, Monnaie dont les bords sont travaillés en forme de scie.

SCIEMMENT adv, (si-a-man — du lat.

sciens, sachant). En sachant ce que l'on fait en connaissant la nature ou les conséquences de son acte : Tromper sciemment. Je n'ai jamais fait sciemment injustice à personne. ( François 1er, ) Les gouvernements pèchent d'ordinaire sciemment et intentionnellement. (B. Const.) La morale sociale consiste à vouer i sciemment au bien commun toutes les forces i réelles de la société. (E. Littré.) On ne sau- '• rail admettre dans les langues aucune révolution artificielle et sciemment exécutée. (Renan.)

SCIE-MOUCHE s. f. Entoin. Nom vulgaire des tenthrèdea ou mouches à scie.

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SCIENCE s. f. (si-an-se — lat. scientia; de sci're, savoir, qui vient de la racine sanscrite ci, qu'on trouve dans cinoti, percevoir, pénétrer. Comparez ki, connaître, dans le Dhâtupalhâ, et le védique ki, qui remplace ci, dans l'acception de considérer avec crainte. De ci vient citi, esprit, citti, citta, intelligence. Ki et ci se retrouvent dans le latin scio, je sais, l'irlandais cim, je vois, etc.)i Ensemble de connaissances que l'on possède, instruction : Un homme d'une grande science, un puits de science. Science sans conscience n'es/ que ruyne de l'âme. (Rabelais.) La mémoire est l'etui de la science. (Montaigne.) La science est un grand ornement et un outil de merveilleux service. (Montaigne.) Science n'est que souvenance. (Montaigne.) Connaître ses défauts est une grande science. ( Boss. ) La science est la lumière de l'entendement, le yuide de la vérité, la compagne de la sagesse. (Boss.) La science donne en peu de temps l'expérience de plusieurs siècles. (D'Aguess.) La science doit avoir de grands ménagements avec l'ignorance, qui est sa sœur aiuée. (Fonten.) Les gens d'esprit et de science sont la quintessence du genre humain. (Frédéric II.) La science, c'est la connaissance de la vérité. (Herschel.) Beaucoup de science découvre à l'homme sa vaste ignorance. (Young.) Toute la science humaine peut être ramenée à deux objets, les esprits et les corps, le monde intellectuel el le monde matériel. (Royer-Collard.) La science, qui nourrit l'esprit, souvent le tue; on périt d'abondance comme de maigreur. ( L. Laya. ) Sans la SCIENCE on n'est pas homme de bien complètement. (Ch. Builly.) Là où la fausse science ne manque jamais de trouver des oppositions, ta vraie science arrive toujours à l'identité. (F. Bastiat.) La science se développe comme la pensée, et l'une et l'autre se développent comme te germe animé, comme l'embryon. (Lainenn.) La science est la révélation des choses par l'évidence et la démonstration. (Lacordaire.) La science fait le savant, ta raison fait l'homme; la science est de quelques-uns, la raison est de tous. (Lacordaire.) La science est à l'homme ce que le soleil est à la terre. (E. de Gir.) La science est la connaissance de la vérité par la raison. (E. Alaux.) Savoir, c'est posséder, puisque science c'est richesse et capital. (Prouuh.) La scienck, pour être complète, pour être digne de son nom, doit être adéquate à son objet. (L'abbé Bautain.) Notre ignorance nous accable comme notre science. (H. Taine.) La science sert à multiplier la science. (P. Félix.)

— Ensemble de notions coordonnées, relatives à un objet déterminé : Les sciences naturelles , physiques , mathématiques. La science de l histoire, de la géographie. Les arts diffèrent d'avec les sciences, en ce qu'ils nous font produire quelque ouvrage sensible; au lieu que les sciences exercent seulement ou règlent les opérations intellectuelles. (Boss.) Les faits sont dans les sciences ce qu'est l'expérience dans la vie civile. (Buff.) Les sciences physiques nous habituent à raisonner nos actions, à porter dans nos rapports sociaux le calme, la sagacité qu'elles exigent elles-mêmes. (\V. Herschel.) Qu'est-ce qu'une science? Un enchaînement de propositions qui toutes se rapportent à un principe général et premier. (Helvét.) // n'est guère de savants qui ne placent volontiers au centre de toutes les sciences celte dont ils s'occupent. (D'Alembert.) La première partie de la science de l'homme est celle de l'âme. (D'Alembert.) Toutes tes sciences sont encore dans l'enfance, et celte de rendre les hommes heureux n est pas encore au jour. (B. de St-P.) Les sciences sont filles du temps. (Bnll.-Sav.) Les sciences, selon les temps, sont filles ou mères de la liberté. (Chateaub.) La médecine est une science de faits. (Beatichêne.) La philosophie est la science des sciences. (Charma.) Un désir, pas plus que vingt aspirations qui s'entre-détruisent , ne constitue une SCIENCE. (Fréd. Bastiat.) Science de Dieu, science de l univers; science des idées, science des phénomènes : voilà toute la science. (Lamenn.) Toute science est accessible à tout homme. (Lainenn.) 'Toutes les sciences concourent à civiliser la terre. (J. Droz.) La psychologie morale est la science de l'âme humaine considérée dans sa vie pratique. (Bautain.) Rien n'est plus dangereux, dans les sciences, que les assimilations. (Fr. Arago.) H n'y a point de science immobile. (G. Planche.) Dans les sciences, il n'y a rien de si simple que ce qui a été trouvé hier, mais rien de si difficile que ce qui sera trouvé demain. (Biot.) La science sociale est la connaissance raisonnée el systématique de ce qu'est la société dans toute sa vie, c'est-à-dire dans l'ensemble de ses manifestations successives. (Proudh. ) Toutes les sciences aboutissent à la science sociale. (E. Littré.) Il n'est point de progrès dans les sciences qui n'aille se faire sentir dans les idées. (E. Littré.) Les vraies sciences de l'humanité sont les sciences historiques et philologiques. (E. Renan.) On n'est grand dans une science particulière qu'en s'élevant au-dessus. (E. Saisset.) Pour que les sciences fleurissent il faut qu'elles vivent d'une vie commune. (E. Saisset.) Toute science commence par un acte de foi. (J. Simon.) Une science parfaite n'est qu'une langue bien faite. (H. Taine.) L'homme crée d'abord la mathématique, science du nombre. science de toutes les autres sciences. (E. f elletan.) Moins une science exige de données et de suppositions, plus elle est parfaite, (II.

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Taine.) Il Ensemble de connaissances pratiques servant à un but déterminé : La science du gouvernement. La science du salut. La science du monde. La science du bien dire. Les sciences sont dommageables à qui ?i' a pas la science de bonté. (Montaigne.) C'est être bien avancé dans la science de la vie que de savoir souffrir. (M'"o de Maint.) L'art d'élever un patrimoine obscur aux dépens de l'équité, cest ta SCIENCE des affaires. (Mass.) La science des égards est celle de la politesse. (M"e de Seudery.) La science de la cour est comme la chirurgie, qui s'apprend par les blessures des autres. (Volt.) Ilire pour rien et porter d'une maison dans l'autre une chose frivole s'appelle science du monde. (Montesquieu.) C'est une science tris-délicate que celle de désobéir à propos. (Dumouriez.) La science du confortable n'a rien de commun avec la science du beau. (L. Faucher.) Diplomatie! science de ceux qui n'en ont aucune et qui sont profonds comme le vide. (Balz.) Flâner est une science; c'est la gastronomie de l'œil. (Balz.) La fraternité, c'est la science de ta richesse. (L. Blanc.) La science de la gloire a fait son temps ; le temps est venu de la gloire de la science. (E. de Gir.) La science supérieure est celle qui nous apprend à marcher dans ta voie de nos destinées, (Toussenel.) Discerner le bien du mal, toute la science de la vie est là. (P. Janet.) La politique est la science de ta liberté. (Proudh.) in sévère distinction des pouvoirs est un principe élémentaire de la science politique. (Vacherot.)

— Absol. Connaissances humaines considérées dans leur ensemble, leur nature, leur progrès : La SCIENCE est pour l'humanité ce que le raisonnement est pour l'individu. (Bûchez.) La science est le résultat des expériences faites par l'humanité. (Bûchez.) La science, cette Babel légitime de l'humanité, est debout au milieu des siècles el des hommes, qui viennent, les uns après les autres, y mettre la main. (Lerminier.) La science est l'œuvre des siècles. (Guizot.) La science est un champ dont les limites reculent au fur et à mesure qu'on avance. (A. Fée.) La politique pousse à la rivalité; la science conduit à l'unité. (E. de Gir.) La liberté encourage la science. (E. de Gir.) La science est un cndran qui marque l'heure du progrès accompli. (E. de Gir.) Décomposer, recomposer, analyser, synthétiser : voilà toute la science humaine. (Oh. Dollfus.) Ce qu'il y a de positif dans la science, ce sont les sciences. ( J. Simon.) La SCIENCE est universelle quand elle ramène toutes les vérités à une même unité. (K. Quinet.) Un des offices de la science en ce monde est de guérir le mal, et souvent de l'employer au bien. (J. Simon.) La science, pour formuler les lois, est obligée d'abstraire, de créer des circonstances simples, telles que la nature n'en présente jamais. (Renan.) La science appliquée à l'industrie centuple en quelques années la prospérité d'une nation. (E. About.) Le jour où la science sera claire, elle sera universelle ; qu'elle parle la tangue de tout le monde, et tout le monde la comprendra. (E. Pelletan.) La science et la philosophie sont essentiellement progressives. (Vacherot.) La science et la philosophie doivent suffire un jour à l'humanité. (Vacherot.) La science, de nos jours, déborde l'esprit humain. (Renan.)

Ne crains pas la science, ûpre sentier de feu, Route austère, il est vrai, mais des grands cœurs

[choisie.

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