V. SCIOGRAPHIQUIS
SCIAGURE s. f. (chi-a-gu-re — ital. sciagura, même sens). Angoisse, tourment, douleur de l'âme ou du corps. 11 Vieux mot.
SCIALET s. m. (si-a-lè). Géol. Nom que l'on donne, dans certaines contrées, à de profondes crevasses du sol : Celui qui parcourt les hauts plateaux du pays y trouve, à chaque pas, des effondrements du sol, désignés sous les noms de pots et de scialets. (L. Figuier.)
SCIALOJA (Antoine), économiste et homme d'Etat italien, né à Geduccio, prèsdt! Naples, en 1817. Il étudia le droit, se fit inscrire au barreau de Naples et, tout en exerçant la profession d'avocat, il écrivit sur l'économie politique des ouvrages fort remarquables, qui contribuèrent k répandre en Italie les doctrines du libre échange. En 1845, M. Scialoja fut chargé d'enseigner l'économie politique à Turin. Trois ans plus tard, en mars 184S, il revint k Turin, fut nommé ministre de l'agriculture et du commerce, prit par intérim le portefeuille des affaires ecclésiastiques et entra à la Chambre des députés. Lorsque la Chambre eut été dissoute en avril 1849, il rentra dans la vie privée et ouvrit un cours d'économie politique. Impliqué peu après dans le procès relatif aux événements du 15 mai, M. Scialoja fut d'abord suspendu comme professeur et comme avocat, puis jeté, par ordre du sanguinaire Ferdinand de Naples, dans une prison, où il passa trois ans avant d'être jugé. Enfin, en 1852, un tribunal le condamna à. neuf ans de réclusion, commués, bientôt après, en un bannissement perpétuel. M. Scialoja retourna alors k Turin pour y reprendre son ancienne chaire d'économie politique. Dès son arrivée, il reçut avec des lettres de naturalisation le titre de docteur en droit et une chaire de droit commercial près la chambre de commerce. Lors des élections de 1859, il fut nommé, par les électeurs de Montcalvo, député au parlement subalpin, et l'année suivante il put retourner dans sa patrie délivrée du joug des Bourbons. M. Scialoja fut nommé ministre des finances sous la dictature de Garibaldi et sous la lieutenance de Farini. Il se dépopularisa k Naples pendant les crises de 1800 et 1801 et fut accusé d'être un des principaux personnages de la Consorteria, coterie d'hommes politiques napolitains dont l'administration souleva une vive opposition. Elu député de Pozzuoli au premier parlement italien, M. Scialoja prit place au centre. Il reçut en 1802 la mission d'aller négocier à Paris un traité de commerce entre la France et l'Italie et fut chargé, trois ans plus tard , de prendre le portefeuille des finances dans le cabinet La Marmora, Les finances italiennes étaient alors dans une situation pitoyable et les nouveaux impôts qu'il dut établir étaient peu faits pour le rendre populaire. Lorsque éclata, en mai 1866 , la guerre avec l'Autriche, le ministre des finances dut faire décréter le cours forcé des billets de Banque, et il dut recourir à un emprunt forcé après l'annexion de la Vénétie au royaume d'Italie (octobre 18G6). Peu après, il quitta le ministère, laissant k son successeur, M. Cambray-Digny, te soin de pourvoir aux nécessités d'un budget qui présentait un défi-
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cit de près de 160 millions. Appelé à faire partie du sénat, il y siégea dans les rangs des conservateurs, prit une part des nlus actives aux discussions relatives aux matières financières et fut chargé de divers rapports, notamment sur le projet d'impôt sur la rente, sur le projet d'impôt sur la mouture, etc.
. Vice-président du sénat en 1871, il devint en 1872 ministre de l'instruction publique dans le cabinet Lanza-Sella et conserva son portefeuille dans le cabinet Minghetti (5 juillet 1873). Il présenta à la Chambre des'députés un projet de loi établissant en principe l'enseignement gratuit et obligatoire. Son projet ayant été repoussé après une discussion très-animée le 4 février 1874 , il donna sa démis.-ion, qui fut acceptée, et il fut remplacé par M. Bonghi. M. Scialoja a éténornmt> correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques' de Paris le 4 mai 187?. Outre des articles publiés dans de3 journaux et dans des revues, des brochures, des discours, etc., on doit h M. Scialoja : Principe*
'de l'économie sociale (Naples, 1840), irad. eu français pur M, Devilliurs (1845, in-S°); De la propriété des produits de l'esprit et des moyens de la garantir (Naples, 1843) ; Industrie et protection (Livourne, 1843); Traité élémentaire d'économie sociale (Turin, 184S) ; Introduction à la première partie du cours d'économie et de droit (Turin, 1853), etc.
SCIAMACHIE s. f. (si-a-ina-chî — du gr. skia, ombre; machê, combat). Ane. art milit. Sorte d'escrime qui consistait à s'exercer a vide, ou contre un poteau, ou contre son ombre. Il On dit aussi sciomachik.
SCIAMANCIE s. f. (si-a-man-sl — du gr.
skia, ombre; manteia, divination). Divination par l'évocation des ombres , des âmes des morts. Il On dit aussi sciomancie.
SCIAMERONI (Philippe'FuRiNl, dit le), peintre florentin du xvi« siècle, qui eut une grande renommée comme peintre de portrait.
SCIAMERONI (Francesco Furini , dit), peintre italien, fils du précédent, né à Florence en 1604, mort en 1646. Il fut un des plus habiles peintres de son époque. Elève du Hassignano et de Rosselli, il alla énidier à Rome, où le célèbre Jean de San-Giovanni l'associa à ses travaux. Ses compatriotes lui donnèrent le surnom de l'Allume et du Guide de leur école. Il fut appelé k Venise , où il peignit une Thétis destinée k servir de pendant k une Europe du Guide, On cite, comme des chefs-d'œuvre, son Ilylas enlevé par les nymphes (Florence) et ses 2'rois Grâces (Florence, palais Strozzi).
SCIANT, ANTE adj. (si-an, au-te — rad.
scier). Pop. Ennuyeux par la continuité: Est-il sciant I Tu deviens sciant. C'est bien sciant.
SCIAPHILE s. m. {si-a-fi-le — du gr. skia, ombre ; philos, qui aime). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramëres, de la famille des charançons , tribu des braehydérides , comprenant une quinzaine d'espèces , qui presque toutes habitent l'Europe.
— s. f. Bot. Genre de plantes, do la fitmille des artocarpées , dont l'espèce type croit à Java.
— Encycl. Entom. Les sciaphiles sont caractérisés par des antennes simples dans les deux sexes ; des palpes velues, courbées en S ; la trompe courte , le corps mince et peu allongé ; les ailes antérieures peu élargies, terminées obliquement, k côte légèrement arquée dans toute sa longueur. Les chenilles sont brunes ou grises et ressemblent, pour la forme, à celles des tordeuses. Elles vivent dans des feuilles, tantôt roulées, tantôt réunies en paquet par des fils, et se métamorphosent en nymphes dans un tissu ferme et blanchâtre, sous la mousse ou dans les tissures des troncs ou des branches d'arbres. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, dont une trentaine habitent l'Europe. Nous citerons, entre autres, le sciaphile de Wahlbautn, qui a les ailes antérieures d'un gris blanchâtre et les ailes postérieures d'un gris cendré; c'est la seule espèce qu'on trouve aux environs de Paris.
SC1APODF.S s. m, pi. (si-a-po-de — du gr, skia, ombre ; pous, pied). Peuple fabuleux composé d'individus qui n'avaient qu'un pied, mais si grand, au dire de Pline, qu'ils pouvaient s'en servir pendant la repos comme d'un parasol.
SCIAQUE s. f. (si-a-ke — du gr. skia, ombre). Entom. Syn, de bylithe.
SCIARPA (Gherardo Curci, dit), l'un des plus fameux chefs des bandes royalistes dans la guerre napolitaine de 1791 , commandant des troupes de la police de la province de Salerne à l'époque de la conquête du royaume de Naples par les Français sous le général Championnet. Grâce k ses efforts, l'insurrection s'étendit dans toute la Pouille, et une année royaliste s'organisa, armée commandée par le cardinal Ruffo et dont l'histuire a flétri les actes de brigandage et de cruauté. Nommé par Ruffo commandant d'une division de cette armée, dite de la Sainte-Foi, Sciarpa contribua aux succès des royalistes et au rétablissement de Ferdinand IV. Ce souverain nomma Sciarpa baron et colonel, avec 4,000 ducats de pension et des terres, et l'envoya avec un petit corps
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d'armée contre Rome, alors occupée par les Français. Au premier coup de canon tiré de Rome, les soldats de Sciarpa se dispersèrent. Leur général disparut de la scène politique. On sait seulement que, lors de la seconde chute des Bourbons de Naples, il se retira en Sicile, où il mourut.
SCIARRA (Marc), grand seigneur et chef de brigands iialiens du xvic siècle. Ce serait une erreur de croire que les brigands italiens primitifs tels que Sciarra ne fussent que de vulgaires coupeurs de bourse, a Vers 1550, dit Stendhal, les habitants des Etats du pape se souvenaient encore des républiques italiennes , des mœurs qu'elles avaient établies et enfin de l'usage où chacun était de défendre ses droits par tous les moyens. 11 n'y avilit que vingt ans que Charles-Quint avait détruit toute liberté (1530). Les mécontents se réfugiaient dans les bois; pour vivre il fallait voler; ils occupèrent toute la ligne de montagnes qui s'étend d'AucôneàTerracine.
Ils se g-lorifiaient de combattre le gouverne-^ ment méprisé qui pesait sur les citoyens..." I Sous les papes bigots, dont le gouvernement éLait bien plus absurde que celui des rois leurs contemporains, il arriva quelquefois que de grands seiyneurs se mirent à la tête des brigands et soutinrent une guerre réglée contre les troupes du pape. Les voeux des peuples étaient pour eux. Alphonse Pieeoloinini et Marc Sciarra furent les plus habiles et les plus redoutables parmi ces chefs de l'opposition assez semblables à nos chouans. » . (Promenade dans Morne, t. II, p. 218.) Sciarra résista avec succès pendant vingt ans aux troupes de Grégoire XIII. Moins heureux sous Sixte-Quint et surtout sous OlémentVIII, il fut réduit à quitter le sud de la péninsule et à s'engager avec cinq cents de ses compagnons au service de Venise. Ils furent envoyés par la république en Dalinatie, pour faire la guerre aux Usooques. La cour de Rome ayant réclamé l'extradition de ses anciens sujets, ie sénat de Venise fit assassiner Sciarra et envoya ses compagnons d'armes dans la garnison de Candie , où régnait alors la peste, pour être débarrassé d'eux sans avoir h les livrer.
Sciarra (galerie), dans le palais du même nom, à Rome. Elle ne se compose que de quatre saluus, muis elle est une des plus remarquables de Rome, sinon par le nombre, du moins par le mérite des tableaux qu'elle contient. Les principaux d'entre eux sont :
ire chambre. Pierre de Cortone, Santa Barbara; Innocenzio da Imola, Vierge; Valentin, Décullation de saint Jean ; copie de la 2'ransfiguralion de Raphaël, attribuée à Jules Romain et k Valeutin; Itome triomphante; Gurofulo, Jésus-Christ et la Samaritaine; Titien, Madone; C. Maratta, Portrait du cardinal de Barberini.
2e chambre. Claude Lorrain , Fuite en Egypte; Coucher de soleil et autres petits paysages; Paysages de P. Bril, Both. N. Pousstn, J. Breughel; Intérieur de l'église de Geiù; Fitjures par Andréa Sacchi; Baroccio, Déposition.
3<= chambre. Francia, Sainte Famille , Garofulo, Noli me tangere; la Vestale Claudia; Gaudenzio Ferrari, Ange montrant le paradis à vn saint; Eiisabetta Tirani, Charité ; Teniers, Fumeurs ;C. Maratta; Sainte Famille ; Copie de ta Fornarina, attribuée à Jules Romain; Cranaoh, Madone; Garofalo, Adoration des rois.
4£ chambre. Fra Barlolommeo, Madone avec des saints; Raphaël, le Célèbre joueur de violon; Guerchin, Saint Jean et saint Marc; Giorgion, le Bourreau présentant la tête de saint Jean; Aug. Cunache, l'Amour conjugal; Caravage, Joueurs; Léonard de Vinci, la Vanité et la Modestie (ces deux peintures sont attribuées aussi à LuiniJ; Guido Reni, Sainte Madeleine ; Giotto, six tableaux représentant des scènes de la vie de Jesus- Christ; Albune, Paysages; Pérugin, Saint Sébastien ; Nicolas Poussin, Martyre de saint Sébastien; Guerchin, SuiiiJ Jacques; Titien, portrait dw femme dite la Bella di Tisiano; Albert Durer, la Mort de la Xierye; Guido Reni, Sainte Madeleine.
SCIARRO s. m. (chia-ro — mot ital.). Géol. Ruisseau de lave. Il PI. SCIARRI.
SCIASSE s. m. (si-a-se). Mar. Cordage garni d'estropes, servam à élonger les fils de caret. Il Réunion de plusieurs bouts de corde sur lesquels plusieurs hommes peuvent ugir ensemble pour manoeuvrer une pompe.
SCIATÈRE ou SC1ATHÈRE s. m. (si-a-tè-re — du gr. skia, ombre; liieruô, je poursuis à la chasse). Gnomon. Aiguille dont l'ombre marque une ligne horaire. Il On dit aussi scio-
TERE OU SCIOTBERK.
SCIATÉRIQUE OU SCIATHÉRIQUE adj.
(si-a-te-ri-lsu — rad. sciutère). Gnomon. Se dit d'un cadran horaire horizontal, muni d'une lunette pour l'observation du temps vrai. Il On dit aussi sciotérique ou sciotuérique.
— s. f. Nom que l'on a donné quelquefois à la gnoniouique.
SC1ATUOS, nom ancien d'une lie de l'Ar" chipel, nommée aujourd'hui Skiatho. V. ce mot.
SCIATIQUE adj. (si-a-ti-ke — lat. seiaticus ; gr. ischiadikos, de ischion, hanche). Anat. Qui a rapport a. la hanche ou k l'os ischion : Nerfs sciatiques. Artères, veines sciatiques. il
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Grand nerf sciatique ou simplement Nerf sciatique, Très-gros nerf qui naît du plexus sacré, dont il est la terminaison. Il Plexus sciatique, Plexus nerveux qui donne naissance aux nerfs sciatiques. Il Echancrure sciatique, Eehancrure située sur le bord postérieur de chaque os iliaque, au-dessous de l'épine iliaque, il Epine sciatique, Eminence située au-dessous de l'échancrure sciatique. Il Tubérosilé sciatique, Eminence formée par le concours du bord postérieur et du bord inférieur de l'os iliaque.
— Pathol. Goutte sciatique ou substantiv. Sciatique, Douleur du nerf sciatique qui se manifeste à la hanche, dans la cuisse et même dans toute la jambe : Les bains chauds sont três-puissants dans le traitement de la sciatique. (Nysten.)
— s. m. Nerf sciatique : Le sciatique poplitë.
— Encycl. Anat. Artère sciatique. Elle est plus généralement décrite par les anatomistes sous ie nom d'artère ischiatique. V. ce mot.
— Echancrure sciatique. Elle est située sur le bord postérieur de chaque os iliaque, audessous de l'épine iliaque postérieure et inférieure. Elle constitue la partie supérieure de la grande echancrure sacro-scialique et donne passage aux nerfs grand et petit sciatique, aux artères fessière, ischiatique et honteuse interne, ainsi qu'au muscle pyramidal. Elle est, du reste, convertie en trou par le sacrum et les ligaments saero- sciatiques.
— Epine sciatique. C'est une eminence courte, pyramidale, aplatie, qui divise en deux portions inégales l'échancrure sacroscialique et donne attache au petit ligament du même nom, ainsi qu'aux muscles jumeau supérieur et ischio-coccygien.
■ — Nerf sciatique. Ce nerf, le plus volumineux de l'économie, constitue la terminaison du plexus sacré. 11 est destiné aux muscles de la région postérieure de la cuisse, aux muscles et aux téguments de la jambe et du pied. Il sort du bassin par l'échancrure sciatique et se porte directement en bas entre la tubérosité de l'ischion et le grand trochanter, derrière le fémur, jusqu'au moment où il arrive à quatre travers de doigt au-dessus de l'articulation du genou. Là, il se divise en deux branches, désignées sous le nom de sciatique poplité externe ou nerf péronier et de sciatigue poplité interne ou nerf tibial. 11 est recouvert en haut par le muscle grand fessier, puis par la longue portion du biceps et par le demi-tendineux ; au creux du jarret il devient sous-aponévrotique. Dans sou trajet, il est enveloppé par une grande quantité de tissu cellulaire adipeux et n'est accompagné par aucun vaisseau. Le long de la cuisse, il fournit cinq branches collatérales, qui sont : le nerf de la longue portion du biceps, le nerf du demi-tendineux, le nerf du demi-membraneux, le nerf du grand adducteur, le nerf de la courte portion du biceps et enrin le nerf articulaire du genou, qui naît souvent d'un tronc commun avec le précédent.
Le sciatique poplité externe est destiné à tous les muscles de la région antérieure et externe de la jambe, à la peau de la jambe et k celle de la région dorsale du pied. Il passe derrière le condyle externe du fémur et ta tête du péroné et s'épanouit un peu plus bas en quatre branches : 1» le nerf saphène péronier; z° la branche cutanée péronière; 3° la branche musculo-cutanée péronière, 40 la branche interosseuse, encore nommée musculo-cutanée, péronière antérieure. Le sciatique poplité interne, ou nerf tibial, se dirige verticalement dans le creux poplité et parait être la continuation directe du grand nerf sciatique. Il descend jusqu'au niveau de la malléole interne et se divise là en nerfs plantaire interne et plantaire externe. Près de son origine, derrière l'articulation du genou, il fournit six branches collatérales : une cutanée, qui porte le nom de nerf saphène tibial, une seconde destinée k l'articulation du genou, une troisième pour le plantaire grêle. Les trois dernières vont animer les muscles jumeaux interne et externe, ainsi que le soléaire.
— Tubérosilé sciatique. C'est une eminence large et arrondie, formée par la réunion du bord postérieur et du bord inférieur de l'os iliuque , ei donnant attache aux muscles carré et grand abducteur de la cuisse, jumeau inférieur, biceps fémoral, demi-tendineux et demi-membraneux.
— Pathol. Néoralgie ou goutte sciatique. C'est la plus fréquente de toutes les névralgies. On la désigne encore sous le nom de fémoro-poplitee. Elle est tantôt partielle et tantôt générale. Lorsqu'elle est double, elle est presque toujours symptomutique d'une altération du bassin ou des organes contenus dans cette cavité. Quelque ancienne qu'elle soit, elle ne s'accompagne que très-rarement d'alterutiou appréciable dans la texture du nerf. S'il existe exceptionnellement une lésion marquée, c'est tantôt une tumeur qui comprime le nerf sciatique, tantôt un névronie, ou encore une dégénérescence cancéreuse du tissu nerveux.
Il est très-rare que cette névralgie ait un début brusque. Son invasion est en général marquée par un sentiment de pesanteur, d'engourdissement, de brûlure et de froid alternatifs dans l'un des membres inférieurs.
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TJn peu plus tard, la douleur se localise sur le trajet du nerf sciatique, de manière à rendre les mouvements impossibles ou du moins très-pénibles. Elle se fait sentir presque constamment d'une manière sourde et profonde et elle s'exaspère par moments à i^ccasion d'un effort, d'une pression intempestive ou même sans cause appréciable. Les principaux foyers douloureux à la pression sont, d'après Valleix : le point lombaire, immédiatement au-dessus du sacrum; le point sacro-iliaque, au niveau de l'articulation de ce nom : l'iliaque, vers le milieu de la crête de 1 os des iles; le fessier, au sommet de l'échancrure sciatique; le troebantérien, vers le bord postérieur du grand trochanter; le fémoral supérieur, moyen et inférieur, sur le trajet du nerf; le poplité, dans le creux du jarret-, le rotulien, sur le bord externe de la rotule ; le pérouéo-tibial, au niveau de l'articulation de ce nom; enfin le malléoluire, le dorsal du pied et le plantaire externe. L'étendue de la douleur correspond avec précision à celle du nerf malade. Dans ses paroxysmes, elle peut s'accompagner de tremblement, de spasmes, de contracture musculaire, d'unesthésie ou d'hyperesthésie cutanée. Quand le mal atteint ce degré d'acuité, le patient, obligé de garder le lit, ne peut faire aucun mouvement sans éprouver d'horribles souffrances. Dans les cas plus légers, il ne marche qu'en boitant et avec peine.
Il n y a rien de régulier dans la marche de la sciatique, et sa durée moyenne est impossible à fixer. Elle peut se prolonger pendant plusieurs septénaires à l'état aigu ; mais, après deux ou trois attaques, elle persiste ordinairement sous forme chronique, avec recrudescences à des époques indéterminées. Elle constitue alors une maladie très-rebelle et peut s'accompagner d'atrophie ou de rétraction musculaire. Les douleurs, en se prolongeant et en nécessitant un repos de longue durée, finissent par altérer les fonctions digestives, la nutrition et la santé générale. Cependant on ne peut pas dire que la sciatique conduise les malades au tombeau. Elle est presque inconnue avant la puberté et se montre à peu près aussi souvent chez l'homme que chez la femme. Le froid humide est sa cause occasionnelle la plus fréquente. Elle peut aussi n'être qu'un symptôme d'une altération organique du nerf ou des organes voisins qui peuvent agir sur ses rameaux d'origine ou sur lui-même par compression. Ou la rencontre, en effet, dans les cas de tumeurs du bassin, de carcinomes de l'utérus , d'hémorroïdes volumineuses , de grossesse ou de déplacement de la matrice. L'arthrite coxo-fémorale et le rhumatisme musculuire sont les maladies qui se rapprochent le plus par leurs symptômes de la sciatique. Encore s'en distinguent-elles facilement, la première par sa localisation articulaire et la seconde par l'absence de points douloureux distincts sur le trajet du nerf.
C'est principalement contre la sciatique que l'on a accumulé tous ces remèdes qui constituent la thérapeutique si souvent impuissante des névralgies. Les principaux sont : les ventouses sèches ou scarifiées et les vésicatoires, les frictions ou onctions sur le trajet du nerf, avec le baume nerval ou opodeldoch, avec les liniments camphrés, belladones, térébenthines, sédatifs, narcotiques ou irritants; la cautérisation superficielle au fer rouge, les douches locales, les bains de vapeur et les injections hypodermiques de morphine ou d'atropine. Ces nombreux moyens de traitement n'auront chance sérieuse de succès que contre les seules névralgies sciatiques récentes et idiopalhiques, L'iodure de potassium et la térébenthine, vantés récemment et administrés à l'intérieur, sont rarement plus efficaces, et il est plus logique de leur préférer les potions narcotiques à l'opium qui, si elles ne guérissent pas le mal, y rendent du moins les patients moins sensibles.
SCICL1, la Casmena des Romains, ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Syracuse, district et k 13 kilom. S.-O. de Modica, ch.-l. de mandement; 10,231 hab. Fabrication de draps, lainages; tanneries. Collège royal. L'église principale de la ville renferme le tombeau de saint Guillaume.
SCIE s. f. (si. — V. l'étym. de scier). Techn. Lame métallique très-mince, taillée Je plus souvent de petites dents aiguës, dont on se sert pour diviser les matières dures : Une scie à métaux. Une scie de chirurgien. Une scie de boucher.
J'entends grincer la scie et tomber le marteau.
Campenon.
La tige de sapin que le tempB a durcie Se divise en criant sous la dent de la scie.
Thomas.
Il Fil de fer avec lequel le potier de terre détache son ouvrage de dessus le tour, il Plaque de fer ronde qui est fixée au bout d'une broche, et dont le lapidaire se sert pour user las pierres. Il Scie mécanique, Scie mise en mouvement par une machine, il Scie circulaire, Disque de fer ou d'acier dentelé en scie, que l'on emploie aux mêmes usages que la scie ordinaire, mais qui agit k l'aide d un mouvement de rotation qu'on lui imprime.
Il Scie anglaise, Scie composée d'une petite lame très-étroite, qu'on manœuvre avec une pédale, et qui sert h découper des feuilles de
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bois très-minces, il Sciepasse-pârtoul, Grande scie sans monture, avec une simple poignée à chaque extrémité, et dont les dents ont une forme isocèle, ce qui lui permet d'agir également dans les deux sens. Il Scie à main , Scie emmanchée comme un couteau, et qu'on manœuvre d'une seule main. Il Scieàbrus, Grande scie de scieur de long, qui se manœuvre à deux, il Scie à ruban, Scie composée d'une lame flexible, dont les bouts sont unis l'un k l'autre, et qu'on manœuvre sur deux poulies, de façon k produire un mouvement continu dans le même sens, il Scie à contourner, Scie d'acier montée sur un archet d'acier tièsélevé. || Scie à chantourner, Scie à lame mobile, qu'on peut faire tourner sur elle-même, de façon k lui faire suivre des lignes sinueuses. || Scie à refendre, Scie dont la lame est perpendiculaire au plan de la monture, de façon k pouvoir scier une pièce de bois , quelle qu en soit la longueur, il Jurait de scie, Marque que l'on fait sur l'objet que l'on veut scier, afin de la suivre pendant l'opération ; place que se fait la scie à mesure que son travail avance ; chacune des sections que l'on fuit dans un même objet k t'aide d'une scie : Ce bois doit être coupé en quatre morceaux ou en trois traits de scie, h Fer de scie, Deux scieurs de long manœuvrant ensemble une scie : La journée d'un fer de scie.
— Pop. Chose ennuyeuse par sa continuité; personne ennuyeuse par son insistance : Quelle scie! C'est une vraie scie.
Il Se dit particulièrement d'une chose que l'on répète k dessein d'ennuyer : Inventer une SCIE. Il fait au pauvre Lavenaz toutes les scies et toutes les misères imaginables. (Th. Gaut.) L'orchestre est métamorphosé en basse-cour; cela sort de ta 7nusique pour rentrer dans la charge et dans la scie d'atelier. (P. de St-Victor.)
— Monter une scie, Répéter, recommencer bien des fois une chose destinée à ennuyer quelqu'un.
— Supplice de la scie, Supplice usité autrefois en Orient, et qui consistait k découper le condamné tout vivant, à l'aide d'une scie : Isaïe péril du supplice de la scie.
— Chir. Scie à chaînette, Scie dont les dents sont articulées k l'aide de chaînons. Il Scie à molette, Sorte de scie circulaire de chirurgien.
— Pathol. Bruit de scie , Bruit du cœur comparable à celui que produit une scie en attaquant le bois.
— Mar. Action de scier, de ramer k rebours. Il Scie de gondole, Lame de fer dentelée, haute et large, qu'on fixe k l'avant des gondoles, en Italie.
— Ichthyol. Genre de poissons cartilagineux, intermédiaire entre les raies et les squales, et comprenant plusieurs espèces, répandues dans les diverses mers : La scie et la bonite sont deux poissons pour lesquels les nègres ont tant de vénération, qu'ils évitent de les prendre. (V. de Boinare.) Les anciens ont écrit que lu scie se mesure avec la baleine. (A. Guichenot.)
— Moll, Nom vulgaire d'une coquille du genre donace.
— Entom. Mouche à scie, Nom vulgaire des tenthièdes.
— Encycl. Techn. Le mouvement des scie» est de deux espèces, suit la rotation, soit le va-et-vient continu, ce qui conduit k distinguer deux espèces de scies: les scies alternatives et les scies circulaires. Les scie; alternatives sont les plus simples et les plus anciennes. Ou s'en sert pour débiter les bois, les pierres, l'ivoire, etc. La partie principale de cet outil bien connu est une Jame d'acier dont le bord tranchant est muni de dents. La largeur de la lame et la longueur des dents varient suivant l'usage spécial auquel on destine cet outil. Chaque bout de cette lame tient à un montant qui lui est k peu près perpendiculaire. A ceteit'et, on pratique au bout de chaque montant une fente, dans laquelle on entre la laine. Le bout est retenu par un clou rivé qui perce k la fois le montant et la lame.
Les secousses ou mouvements brusques, en courbant la lame, pourraient la briser, si on ne la maintenait pas tendue : une barre de bois qui lui est parallèle entre par ses doux bouts dans des encoches pratiquées vers le milieu des montants. Les montants sont, de cette façon, écartés par le milieu et fixés
. sur deux points d'appui solides, tandis que les bouts opposés k la lame sont tenus ut rapprochés 1 un vers l'autre pur une coi de
: tordue bien serrée , et pliée en deux ou en quatre. On peut, k volonté, augmenter l,i torsion de cette corde et, par suite, rapprocher les deux extrémités des montants, ce qui tend la scie, au moyen d'une languette qui vient s'arrêter dans une encoche pratiquée sur lu barre. On tend donc la lame plus on moins en faisant basculer les montants sur la barre médiane, au moyeu de la tursiou de la corde.
Les scies pour partager les pierres sont construites de la même façun ; mais elles sont très-grandes et très-lourdes. Les montants sont tués par une tringle en fer, et l'on obtient le serrage au moyen d'un éerou.
Lorsqu'on opère dans de la pierre dure, la scie n'est pas dentée, c'est une lame d'acier lisse et k peine tranchante. Ces scie; agissent
j par leur poids et k l'aide d'une eau sablon-
, lieuse que l'ouvrier iulroduit dans la l'ente
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avec une grande cuiller. La fente s'approfondit de plus en plus, à mesure que la lame va et vient, en roulant le sable fin qui s'y glisse.
Les dents sont d'autant plus fines et plus serrée j que les matières à débiter sont plus dures.
La forme de ces dents est celle de triangles isocèles dont la pointe est très-aiguë et les bovds coupants. On obtient cet effet avec une lime triangulaire nommée tiers-point, au moyen de laquelle on rend tranchant chaque bord intérieur. La lame est un peu plus épaissî sur le bord coupant que sur le dos, pour faciliter le passage de la scie. Il est bon aussi de la graisser pour adoucir le frottement.
Les scieurs de long, pour le débit des bois de charpente , se servent de scies dont la forme est différente de celle qui a été décrite. La scie est soutenue au milieu d'un cadre en bois ABCD en MN. Le serrage
est cbtenu au moyen d'un écrou N agissant sur l'extrémité de la scie, disposée en tige filetée et traversant le bras CD. De mémo, l'autre bras AB est traversé par l'autre e3:trémité M de la scie, retenue par une clavette. Les deux parties ab et ai sont disposées en forme de poignée, et c'est par là que les ouvriers saisissent la scie k deux main;:.
L'un se place au-dessous de la poutre R, soutenue sur de grands tréteaux PQ. L'autre rcarche sur la poutre même. Il élève la scie en ayant soin de l'éloigner en avant du fond de la coupure de façon a ne pas travailler en montant. Alors l'ouvrier placé en bas tire de haut en bas pour faire couper la scie. Le temps de la rétrogradation est perdu pour l'opération. Ces scies ont l™^© k 2 mètres tle longueur.
La scie à contourner est montée sur un archet d'acier fort élevé, afin que les feuilles des divers bois qu'elle contourne puissent passer entre cet archet et la lame dentelée. Les rcies à contourner ont été remplacées avec avantage par les scies à découper k ruban, mues mécaniquement au moyen de la vapeur par une transmission ou simplement par une pédale. Les scies à ruban, dites scies à découper, sont de deux espèces, suivant qu'elles se meuvent verticalement dans deux sens )ar un mouvement rapide de va-et-vient, ou qu'elles sont mues dans un seul Sens |en fonctionnant comme une courroie d'acier sans fin passée sur deux poulies.
La scie à chantourner des menuisiers et des ébénistes a sa lame très-étroite et fixée par fies extrémités sur deux tourillons montés sur les manches. On peut ainsi faire pirouetter la lame sur ces deux tourillons et lui donner telle inclinaison qu'on veut sur le plan du châssis.
En somme, la scie ordinaire est un instrument d'un usage universel. La forme de cet outil et celle de la lame varient suivant les promissions qui les emploient.
Le commerce livre les lames de scie non dentées, et il faut ensuite pratiquer cette parte du travail. On peut exécuter cette opération k la machine. On découpe les dents à l'emporte-pièce, puis on les affûte ensuite au tiers-point. Pour cela, on pince fortement la lame au moyen d'un étau ou simplement dans une entaille, où on l'affermit au moyen d'un coin.
Les lames sont en acier cémenté. On les fabrque au laminoir, et on leur donne toutes les formes voulues dans les arts. C'est un article de quincaillerie.
Les conditions qu'il est essentiel de remplir pour construire une scie et la mouvoir avec avantage sont que la force s'exerça
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avec le moins de perte possible et en faisant peu de déchet. Il faut, en outre, que la lame ne se détruise pas trop vite dans le travail.
La quantité d'ouvrage fait en un temps donné varie donc en raison d'une foule de circonstances.
Les scies circulaires sont dues à l'ingénieur Brunel; elles furent tout .d'abord introduites dans les ateliers de la marine anglaise. Elles sont depuis devenues un outil indispensable dans tous les grands ateliers de menuiserie. On les meut généralement à la vapeur ou tout au moins par une pédale. Elle sont calées solidement, sur un arbre horizontal, de façon à se présenter dans un plan exactement vertical. Les bois à débiter s'avancent contre elles soit automatiquement, soit poussés avec la main, à la hauteur de l'axe.
Leur manoeuvre est donc simple et épargne la fatigue de l'ouvrier, qui n'a qu'à surveiller la machine et tout au plus à diriger la pièce de bois.
De plus, leur travail est beaucoup plus rapide, parce que l'on est libre de leur donner une vitesse de rotation aussi grande que l'on veut et qu'il n'y a pas, comme dans les scies alternatives, de mouvement rétrograde inutile.
Elles furent surtout employées pour le sciage en feuilles minces des bois de placage ; mais elles tendent déjà maintenant à être remplacées par des appareils qui ont sur ces scies l'avantage de ne pas produire de sciure.
Enfin, on les a employées avec avantage dans les forges pour couper k longueur les rails, les bandages de roue, etc. Ou apporte ces pièces encore rouges devant la scie animée d'une très-grande vitesse. En un instant, le fer est coupé en produisant une gerbe d'étincelles.
Dans toutes les scies circulaires, les dents sont des triangles non isocèles; l'un des côtés se dirige vers le centre de la roue et l'autre est oblique au diamètre, à peu près comme sont les dents d'une roue à rochet. On les aiguise comme celles des scies droites avec un tiers-point, et comme dans ces dernières les dents sont d'autant plus petites que la substance k débiter est plus dure.
On emploie depuis quelques années seulement une scie formée d'un simple fil de platine porté au rouge par un courant électrique. Cette sorte de scie débite les bois les plus durs avec une très-grande rapidité.
Les lapidaires donnent le nom de scies à de petites plaques de fer montées au bout d'une broche; on les monte sur le tour, et elles servent k user les pierres précieuses, en les saupoudrant d'égrisée. Ils se servent également, pour scier le diamant, de scies particulières formées d'un fil de laiton capillaire, bandé sur un petit arc d'acier ou de bois. On produit l'action avec de l'égrisée broyée dans l'eau ou l'huile. On fait aussi usage dans le même but et de la même façon de petites scies sans 'dents.
— Ane. législ. Supplice de la scie. Ce supplice était en usage chez les Hébreux, au dire de presque tous les commentateurs. C'est par la scie que David fit punir les Ammonites de Rebbath qui avaient maltraité ses ambassadeurs. Ce genre de supplice est commun dans l'histoire des Mëdes et des Perses, et comme il est lent et fait endurer de grandes souffrances, nous voyons certaines reines de la Perse l'adopter pour faire mourir leurs ennemis. Bien des siècles plus tard, un peuple conquérant, le peuple turc, l'admet à son tour, et nous voyons de nombreux exemples de malheureux condamnés à le subir. Hyde rapporte que le roi de Perse Giemshed étant devenu un tyran cruel, Dubak, prince arabe, le poursuivit, le vainquit, le fit mettre entre deux planches et le fit scier.
Les historiens modernes qui nous rapportent ces faits ont le soin de faire peser sur les mœurs et la barbarie des temps passés tout ce que ces supplices ont d'atroce. Il s'en trouve qui attribuent ces atrocités au fanatisme religieux, et nous devons dire que l'histoire leur donne raison. Toutes les religions, en effet, se sont trouvées prises d'une sainte émulation lorsqu'il s'est agi d'inventer des supplices ; la religion catholique comme les autres, car les auto-da-fé d'hérétiques n'ont rien à envier comme sauvagerie aux scies ou au pal des Perses et des Turcs.
— Chir. Les scies employées par les chirurgiens, sont en acier trempé et recuit jusqu'au bleu et peuvent être conformées de diverses manières, mais offrent toujours des dentelures sensibles, dans le but de diviser les parties dures du corps humain. La scie est d'un usage très-fréquent en chirurgie ; c'est particulièrement à elle qu'on a recours dans la section des os, soit pour les amputations, soit pour la destruction des parties nécrosées ou cariées. Nous ne nous arrêterons pas à décrire la scie dont on se sert habituellement dans les amputations; ce serait parfaitement inutile, car tout le monde en connaît le mécanisme et l'action. Nous dirons seulement que la prudence veut qu'on ait plusieurs lames de rechange, parce que si on n'en avait qu'une et qu'elle vint à casser, ainsi que cela est arrivé à quelques médecins, on se trouverait dans un grand embarras et le malade courrait des dangers réeis. La complication de cette espèce de
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scie, le petit appareil qui lui est nécessaire pour maintenir la lame et la tendre à un degré convenable, son grand volume et, partant, le grand espace qu'elle occupe dans les boîtes a amputation, tous ces inconvénients ont déterminé 1» plupart des chirurgiens à se servir de préférence de la scie droite, qui ressemble assez bien à un large couteau. Le dos, c'est-à-dire le côté opposé aux dentelures, est surmonté dans toute sa longueur d'une tige de fer qui maintient la lame et donne en même temps à l'instrument une certaine pesanteur qui en facilite le jeu. Un des plus ingénieux et des plus habiles fabricants tle Paris, M. Charrière, dont nous aurons plus d'une fois, dans cet article, l'occasion de parler, l'a modifiée avantageusement, en faisant que la tige qui forme le dos puisse facilement être enlevée et ne gêne pas l'action de la scie dans le cas où elle doit agir sur des parties épaisses et profondes. Cet instrument, construit sur de plus petites dimensions, constitue la scie généralement connue sous le nom de passe -partout. Cette scie a été modifiée, en Allemagne, de manière à pouvoir ouvrir une cavité osseuse, par exemple le crâne, sans crainte de léser les parties contenues dans cette cavité. Pour cela, on a imaginé de laisser au milieu du bord dentelé un intervalle dans lequel est reçue une languette de métal mousse et lisse qui tend continuellement à dépasser les dentelures au moyen d'un petit ressort élastique, Tant que la scie marche, la pression qu'on exerce sur elle suffit pour vaincre l'action de ce ressort et la languette ne dépasse pas le niveau des dentelures; mais, aussitôt que l'instrument est parvenu dans la cavité, le ressort ne trouvant plus do résistance pousse la languette dans cette cavité et l'on se trouve arrêté. Cette modification est ingénieuse sans doute, mais elle nous paraît dépourvue de toute utilité pratique. En 1832, M. Charrière imagina une scie rachitome, qui consistait en deux larges molettes dentées k leur circonférence et maintenues éloignées l'une de l'autre, k la distance d'un pouce environ, par une tige centrale; cette tige se terminait de chaque côté par un manche qui servait à faire agir l'instrument. Plus tard, il le simplifia et le remplaça f ar deux lames de scie longues de six pouces, disposées en dos d'âne pour s'accommoder a la profondeur des gou ttières vertébrales, éloignées l'une de l'autre pour recevoir dans leur intervalle les apophyses épineuses, et ii les fixa d'une manière invariable k un manche unique. A l'aide de cet instrument, M. Charrière est parvenu k ouvrir toute l'étendue du canal rachidien en moinsde deux minutes. On conçoitsans peine que ce moyen est beaucoup préférable k tous les rachitomes proposés jusqu'à ce jour, parce qu'il ne blesse pas la moelle et que, pour constater ses lésions, il ne commence pas lui-même par lui en faire. La scie crêtede-coq, dont Richerand s'est servi avec avantage pour la résection des côtes, n'est autre chose qu'une moitié de lame sphérique dentée et fixée k un manche. On en a fait de formes et de dimensions différentes; mais le mouvement de va-et-vient, à l'aide duquel cet instrument opère la section des os, étant très-borné, il en résulte qu'il ne peut agir qu'avec une extrême lenteur et par saccades répétées. Aussi est-il à peu près abandonné, d'autant mieux que la chirurgie possède aujourd'hui des scies qui peuvent atteindre plus commodément le même but. Dans quelques cas de nécroses ou de caries partielles k la main ou au pied, par exemple aux os du métacarpe et du métatarse, il est important d'aller séparer la partie malade au milieu des tissus voisins que la maladie n'a pas encore atteints; or, il est évident que les scies dont nous avons parlé jusqu'ici seraient d'un emploi tout à fait impossible. C'est dans le but de répondre à cette difficulté que Jeffrey a eu le premier l'idée de la scie à chaînette, dont on ne saurait trop louer l'utilité dans maintes circonstances différentes. Cette scie consiste en une sorte de chaîne de montre, dont les paillons sont armés de dents sur l'un de leurs bords, et son ensemble représente une série de petites scies articulées les unes k la suite des autres. Chaque extrémité de cet instrument est munie d'un petit manche transversal, à t'aide duquel il peut être mis en mouvement. Comme on le devine facilement, il est d'une flexibilité extrême; on peut le ployer comme on le ferait d'un cordonnet de chanvre, et de là la possibilité de l'engager dans des espaces étroits et contournés où toute autre scie ne pourrait avoir accès. Le docteur Heyne ne tarda pas à faire de cette scie à chaînette une heureuse application; il a imaginé de la faire mouvoir k l'aide d'une roue dentée, sur laquelle elle passe et s'engrène pour aller ensuite se réfléchir sur une lame d acier qui termine antérieurement l'instrument et qui la reçoit dans une rainure dont elle est creusée. Il résulte de là que, k l'aide de la manivelle latérale qui fait tourner la roue, on donne à la chaînette un mouvement continu, et qu'ainsi le temps de toute section osseuse doit être considérablement abrégé. Ajoutons que la lame d'acier, sur laquelle cette chaînette se réfléchit, étant mince et peu large, il est possible de porter l'instrument dans les cavités profondes et, par conséquent, d'y attaquer des tumeurs qu'elle seule peut atteindre. La scie circulaire ou k molettes était déjà connue depuis fort long-
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emps dans les arts, mais son application à la chirurgie ne date que de 1835 environ. Nous devons dire pourtant qu'au commencement de ce siècle Morier, de Brest, en a fabriqué une qui servit à dégager un séquestre du tibia; elle consistait tout simplement en une lame circulaire, dentée k sa circonférence et fixée par son centre k une manivelle terminée par un manche qui était destiné k la faire tourner. Cette manivelle ellemême était soutenue par un double support qui était creusé pour la recevoir et qui était disposé de manière que la molette put, suivant les cas, être abaissée ou relevée. Soit que cette première tentative de Morier soit restée inconnue, soit que son application n'ait pas répondu convenablement à l'espérance qu'on en avait conçue, la scie k molette a été complètement abandonnée. Cependant, plus tard, l'attention des chirurgiens s'est de nouveau portée sur elle; et de nos jours, grâce aux modifications qu'on lui a fait subir, elle est, de tous les instruments propres à agir sur les os et leurs tumeurs, celui qui offre le plus d'avantages. On n'attend pas, sans doute, que nous nous arrêtions k une description minutieuse de sa composition; ce serait beaucoup trop long, et cela n'aurait pas une grande utilité ; il nous suffira, dans un article de ce genre, d'en donner une idée générale. Machell paraît être le premier qui ait perfectionné la scie k molette, en la faisant agir par une série de roues qui engrènent mutuellement les unes avec les autres et dont la dernière engrène elle-même avec les dentelures sciatites de la molette. Les roues sont comprises l'une audessus de l'autre, entre deux tiges parallèles; une boite les entoure, une manivelle sert k les mettre en rotation et un manche latéral est destiné k fixer l'instrument dans sa totalité quand on le fait fonctionner. Cette dernière modification appartient k Astley Cooper; car, dans l'instrument de Machell, le point d'appui était placé à l'extrémité opposée de ta molette. Depuis cette époque, ce genre de scie a fixé particulièrement l'attention des chirurgiens. On s'en est occupé en Angleterre, en France, en Allemagne, en Amérique, et tour k tour modifiée par Graeffe, Grifliths, te professeur Thaï, de Copenhague, les fabricants Kittel, de Berlin, et Savigny, de Londres, elle est parvenue k un degré de perfection qui, en apparence, semblait ne devoir plus rien laisser k désirer. Cependant, MM. Thomson et Charrière d'une part, et Leguiilou de l'autre, ont, chacun de leur côté, ajouté encore k cette perfection. Quant à la polémique acerbe qui s'est élevée entre ces messieurs au sujet de la priorité de l'invention, nous n'en dirons rien, si ce n'est qu'il y a eu de la part de l'un d'eux des prétentions k une invention purement imaginaire, et que cette guerre d'engrenage et de molettes aurait fini par devenir plaisante si etlti se fût prolongée. Tout le mérite donc, si mérite il y a et s'il n'est pas juste plutôt de le rapporter tout entier à l'habileté de 'l'ouvrier, appartient à celui dont l'instrument est le plus commode et le plus convenable; or, sous ce rapport, celui de MM. Thomson et Charrière nous paraît mériter la préférence sur celui de Leguiilou. L'un et l'autre, en effet, sont construits à peu de chose près sur les mêmes principes. Seulement, dans celui de Thomson et Charrière, les dents sont très-petites, séparées de loin en loin par des entailles dans lesquelles pénètrent, pour les faire mouvoir, des goupilles placées dans un espace laissé entre les deux bords dentelés de la dernière roue engrenée, et de là il résulte que, la force étant appliquée k l'extrémité du long bras de levier, le mouvement est à la fois plus facile et plus rapide qu'il ne l'est dans l'instrument de Leguiilou, dans lequel l'engrenage de la dernière roue se fait latéralement sur l'axe même de la molette. Dans la scie des deux premiers, le doigt indicateur de la main gauche sert de point fixe; dans celle du dernier, ce point fixe, au contraire, est k l'extrémité opposée k la molette, absolument comme dans 1 instrument de Muchell.
D'ailleurs, M. Charrière, vers 1832, lorsqu'on ne parlait pas en France des scies k molette, et très-probablement sans connaître ce qui avait été déjà fait k ce sujet k l'étranger, en a exécuté une qui servit k Dupuytren à réséquer une alvéole de la partie postérieure de la mâchoire ; celle-lk ressemble beaucoup k l'instrument de Morier, seulement elle est plus simple et plus commode k manier. Quoi qu'il en soit, pendant que ces messieurs étaient k discuter sur le mérite de leur scie et k faire valoir leurs titres k une invention qui, comme on vient de le voir, n'était rien moins que réelle, un chirurgien de Paris, orthopédiste habile, le docteur Martin, trouva le moyen de faire mieux encore que tous ses devanciers, et voici k quelle occasion : Une malade s'était présentée k Blandin pour être opérée d'exostoses éburnées énormes et situées les unes sur le corps et les branches de l'os maxillaire inférieur, les autres dans les sillons latéraux du nez. 11 était évident que les scies précédentes, ne pouvant agir que directement devant elles, dans une direction toujours parallèle et en opérant une section planiforme, devaient être impuissantes k enlever ces exostoses, surtout celles qui étaient comprises dans la concavité qui sépare l'os maluire de l'apophyse montante du maxil-
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laire supérieur. Bien pénétré de ces difficultés, le docteur Martin s'attacha à les surmonter, et voici comment il y parvint: il fit exécuter une molette représentant un segment de sphère creuse; il la fit monter sur un louret en l'air, et le mouvement lui fut communiqué par un vilebrequin. La tige ellemême de ce vilebrequin fut brisée vers le milieu de su longueur, et les deux extrémités de cette brisure furent articulées à la manière fie la suspension ries horloges marines. Il résulte de la que l'aide chargé de faire agir le vilebrequin n'est pas obligé de suivre lu chirurgien dans les mouvements qu'il imprime à la molette pour lui faire prendre lu direction qui lui paraît convenable , et que l'un et l'autre ne peuvent jamais se contrarier dans leur action, puisqu'elle reste toujours complètement indépendante. Cette courte description suffira pour faire comprendre combien cet instrument est à la fois simple et ingénieux, avec quelle facilité on peut le mettre en jeu et combien l'idée de la molette concave lui donne de supériorité sur tous ceux dont nous avons déjà parlé, puisqu'elle permet d'enlever les exostoses qui seraient situées même dans une cavité sphéroïdale. Indépendamment de ces avantages que personne n'oserait lui contester, il en offre de plus nombreux encore, qu'un palallèle rapide fera mieux comprendre. En effet, les scies de Heyne, comme celles de Thomson et Charriére, sont très-compliquées; celle du docteur Martin, au contraire, est très-simple, comme nous venons de le dire. Les premières peuvent facilement être arrêtées dans leur marche, soit par le détritus des os, soit par le dérangement des engrenures dont les rapports sont d'une exactitude presque mathématique, tandis que rien de semblable n'est à craindre pour la dernière. Si quelque partie de l'instrument par engrenure vien ta casser, il faut beaucoup do temps pour la réparer; dans celui de Martin, au contraire, cet accident ne peut avoir lieu que pour la molette, et elle peut être remplacée en quelques secondes; celui-ci peut être nettoyé avec la plus grande facilité, celui-là ne peut l'être jamais complètement, et la rouille en use très-promptement les engrenures; l'un est d'un prix tres-élevé, l'autre est d'un prix modique; celui de Heyne et de Thomson ne pouvant être mis en action que par l'opérateur, ce dernier ne tarde pas à éprouver une fatigue qui nuit à la précision de ses mouvements; celui du docteur Martin, au contraire, ne coûte aucune peine: il suffit de maintenir en place la molette à l'aide d'un inanche qui est fixé à la tige centrale, etc. MM. Thomson et Charriére ont eu l'idée de joindre à leur scie des perl'oratifs et des couronnes de trépan. Cette heureuse adjonction réunit ainsi deux instruments en un. Mais la scie du docteur Martin ne le cède encore en rien à la leur sous ce dernier rapport; car, indépendamment de la molette simple et de celle en forme de champignon qui peut facilement remplir le même office que le trépan, quoiqu'en agissant d'une manière toute différente, une couronne ou un perforatif peuvent lui être facilement substitués. Le vilebrequin les fera marcher tout aussi bien que la molette. Enfin, le docteur Martin, pour rendre son instrument d'un usage plus général, a encore trouvé moyen, par un mécanisme fort habile, de le transformer au besoin en une scie droite à amputation, de sorte qu'avec lui seul on se trouve posséder un petit arsenal de chirurgie, ou tout au moins un trépan, des scies dru. tes et des scies à molette de formes et de dimensions différentes. En terminant cet exposé, disons que, quelle que soit l'espèce de scie qu'on adopte, il faut toujours, avant de s'en servir, mettre bien les muscles à l'abri de son action. Une compresse fendue est préférable à tous les rétracteurs qu'on a proposés. V. résection et