‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 18 sur 1059 · BOURSE · texte numérisé non relu

BOURSE

— Bot. Syn. de buxbaumie, genre de cryptogames.

— s. m. pi. Moll. Classe de mollusques, comprenant les genres dont le corps est renfermé dans une sorie de sac. Il Syn. de tuniciers.

— Encycl. Hist. relig. Le nom de saccophores a été donné, dans l'histoire ecclésiastique, à plusieurs hérétiques, comme les apostoliques ou apotactiques, les encratites, les manichéens. Ils se revêtaient de. sacs pour avoir un air pénitent et mortifié, et souvent, sous cet habit, ils cachaient une conduite très-déréglée. L'Eglise, qui connaissait leur hypocrisie, n'hésita jamais à condamner ce vain appareil de mortification auquel le peuple ne se laisse prendre que trop aisément.

SACCOFTÉRYX s. m. (sak-ko-pté-riks — du gr. sakkos, sac ; pterux, aile). Mamm. Genre de mammifères chéiroptères , formé aux dépens des vespertilions, V. taphibn.

SACCOSTOME s. m. (sak-ko-sto-me — du gr. sakkos, sac"; stoma, bouche). Erpét. Genre de reptiles sauriens, voisin des stellions.

SACCULAIRE adj. (sak-ku-lè-re — rad. saccale). Anal. Qui a rapport au saccule •. Nerf

SACCULAIRE.

— Antiq. rom. Nom donné à ceux qui employaient la ruse, l'escamotage, pour tirer l'argent de la bourse de leurs dupes.

SACCULE s. m. (sak-ku-le — du lat. sacculus, dunin. de saecus, sac). Anat. Vésicule du vestibule de l'oreille moyenne, qui est logée dans la fossette ronde.

— Bot. Sorte de sac qui enveloppe la radicule de certains embryons.

SACCUL1FORME adj. (sak-ku-li-for-me — du lat. sacculus, dimin. de saecus, sac, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un petit sac.

SACCUL1NE s. f. (sak-ku-li-ne — dimin.

du latin sacculus, petit sac). Crust. Genre de crustacés, du groupe des entomostracés,

— Zooph. Syn. de tibianb, genre de polypes.

Sà'cCUS (Caton), célèbre jurisconsulte italien du xv<! siècle, mort en 1467. 11 professa avec éclat à Pavie, puis à Bologne et revint ensuite à Pavie, où il se montra le digne rival de Paul de Castro. Il fut l'ami intime de Philelphe. Il a écrit des Repetitiones dont une partie a été insérée dans les recueils de jurisprudence de l'époque, débrouillés par l'érudition patiente des savants français et allemands.

SACEDON, l'ancienne Thermida, ville d'Espagne, province et à 30 kilom. S.-E. de Guadalaxara, près de la rive gauche du Tage; 2,807 hab. Récolte et commerce de vins; distilleries; eaux minérales très-fréquentées. Château royal avec jardin et parc. Les bains de Sacedon, situés à une petite distance de la ville sur la rive droite de la Guadiela, l'un des affluents du Tage, paraissent avoir été connus dès le moyen âge, mais Ferdinand VIE fut le premier qui les mit en faveur et leur donna le grand développement dont ils jouissent aujourd'hui. A la suite d'un traitement qu'il y suivit avec succès en 1816, Ferdinand fit élever un palais, l'entoura de jardins, de bois et de maisons d'habitation et fonda

SA.CË

ainsi le village, qui est devenu une des premières stations thermales de l'Espagne.

La maison des bains se compose d'un vaste édifice de deux étages, divisés en cabinets et en chambres. L'organisation balnéaire consiste en dix-sept bassins ou piscines pouvant recevoir chacun une moyenne de trois personnes environ. Ces bassins sont placés autour de la cour principale sous des voûtes assez tristes. Il en est de même de la buvette placée dans un caveau entièrement obscur. Il n'y a à Sacedon ni douche ni étuve. Les bains de Sacedon sont surtout recommandés contre les maladies rhumatismales, les maladies nerveuses et les affections cutanées, les scrofules et les maladies syphilitiques. L'eau de Sacedon est composée comme suit. Pour un litre d'eau :

Sulfate de chaux 0gr,355

Sulfate de magnésie ogf^SS

Carbonate de chaux os1", 045

Chlorure de sodium 0sr,oso

— magnésium. . . . 0Sr,020

— calcium 0?r,001

Silice , matières organiques, traces.

Perte 0Sr,053

Total osr,742

La source, qui jaillit en bouillonnant et qui dégage des globules de gaz, produit par heure 32,000 litres à la température de 27" à 28" centigrades.

La saison des bains de Sacedon dure du 15 juin au 20 septembre environ; l'aflluence annuelle des visiteurs est en moyenne de 1,500. Le séjour des bains est très-agréable, la libre disposition des promenades et jardins du domaine royal étant laissée aux baigneurs. Aux environs se trouve le village de Canaveruelas, où on peut voir les ruines d'une antique cité romaine, nommée d'abord Contrebia, puis Tiberia, du nom de Tibère, qui en lit plus tard la conquête.

SACÉES s. f. pi. (sa-sé). Antiq. Fête instituée par Cyrus, en mémoire d'une victoire remportée sur les Saces.

— Encycl. La fête des sace'es eut primitivement pour objet de célébrer une victoire que Cyrus avait remportée sur les Saces, c'est-à-dire sur le peuple le plus redoutable de la Scythie asiatique et dont les invasions s'étendaient jusque dans l'Arménie et l'Asie Mineure. Plus tard, la célébration des sacées se lia avec le culte d'Anaïtis, cette divinité de l'Asie que les Grecs identifièrent quelquefois avec leur Artémis et quelquefois avec Aphrodite. On consacrait a cette déesse, comme ses esclaves, de nombreux jeunes gens des deux sexes qui appartenaient souvent aux plus riches familles. De là vint probablement la coutume la plus singulière des sacêes : pendant toute la fête, qui durait cinq jours, les esclaves commandaient à leurs maîtres. Les sacëes continuèrent à exister dans une suite de plusieurs siècles, en Perse et en Babylonie; elles étaient encore fameuses à l'époque où ces contrées avaient perdu leur indépendance et se trouvaient sous la domination romaine.

SACELLAIRE s. m. (sa-sèl-lè-ro — lat. sacellarius; de sacellum, chapelle). Hist. Titre d'un officier de l'Eglise de Constantinople, qui avait soin des lieux sujets a clôture, et surtout des monastères de filles.

SACELLION s. m. (sa-sèl-li-on — du latin sacellum, petit sac). Bot. Genre d'arbres, rapporté avec doute à la famille des cordiacées, et dont l'espèce type croît dans les Andes du Pérou.

SACELLUM s. m. (sa-sèl-lomm — mot lat.

dimin. de sacrum, lieu sacré). Antiq. rom. Petite chapelle sans toit.

— Encycl. Les Romains donnaient ce nom à une petite chapelle consacrée à quelque di- \ iuité et qu'un mur en pierre ou une clôture en bois séparait, en l'entourant, du sol profane. Ce qui, suivant Festus, distinguait surtout le sacellum des autres chapelles ou sanctuaires, c'est qu'il n'était jamais surmonté d'un toit et que, par conséquent, l'intérieur s'en trouvait à l'air libre. Outre l'autel du dieu, cet intérieur contenait quelquefois sa statue. Par exemple, le sacellum dont parle le berger Damœtas, dans la troisième Eglogue de Virgile, renfermait les statues des nymphes auxquelles il était consacré :

Et quo, sed faciles nymphs riscre, saccllo.

Remarquons, en passant, que la plupart des traducteurs ont vu fort gratuitement dans ce vers » l'antre des nymphes, » au Heu d'y voir leur chapelle, comme le porte le texte.

Le sacellum pouvait être de forme carrée ou de forme circulaire. L'antique sacellum de Janus, dont on attribuait la construction à Romulus, était de forme carrée et contenait la statue du dieu. Il y avait des chapelles de ce genre qui appartenaient à de simples particuliers ; il y en avait d'autres qui étaient publiques. Ces dernières existaient en grand nombre à Rome. On cite surtout le sacellum d'Hercule sur le Forum Boariuin, celui des Lares, celui de la déesse Pudicitia, etc. Ou y faisait des offrandes pour obtenir du ciel quelque faveur. Ainsi Properce nous montre Aiéthuse implorant le retour de Lycotas (liv. IV, 3) : « Les chapelles et les carrefours sont jonchés des ileius et de la verveine que

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j'y répands. C'est mon encens qui pétille dans les foyers de nos pères :

Flore saoella tego, verbenis compila vélo. Et crepat ad veteres herba sabina focos. • Le mot sacellum resta dans le langage dos chrétiens avec le sens de chapelle; c est ainsi que Fortunat, évêque et poète latin du vie siècle, disait :

Nec templa exjiectat, nec claustra dicdla aacelli.

SAGÈNE s. f. (sa-sè-ne — lat. sacena , même sens). Antiq. rom. Hache employée dans les sacrifices.

SACERDOCE s. m. (sa-sèr-do-se — lat. sacerdotium; de sacerdos, prêtre. On n'est pas d'accord sur l'éiytnologie de ce dernier mot; quelques-uns le font venir de sacra, choses sacrée*, et de do, je donne; mais cela est contraire à la règle qui exigerait sacri, comme dans sacrificinm). Ministère du prêtre : Le sacurdock de Alelchisédech. Le sacerdoce d'Aaron. Etre promu au sacisrdock. Les évêques ont seuls la plénitude du SACERDOCis. (Acad.) Combien voit-on de prêtres indignes du sacerdoce, où ils se sont jetés précipitamment et sans épreuves! (F\éch.) L'épiscopat, si ion en juge par le relâchement des derniers temps, est un titre pompeux, mais vide, qui retient tous les honneurs du sacerdoce et en distribue aux autres les fatigues. (Mass.)

— Corps des prêtres et des ecclésiastiques : Les querelles du sacerdoce et de l'empire. L'immutabilité des doctrines fait la force des sacerdoces. (B. Const.)

— Par ext. Ce qui a un caractère vénérable et comme sacré : La judicature est une espèce de sacerdoce. (Fléch.) La vieillesse est, comme la maternité, une espèce de' sacerdoce. (Chatcaub.) Le talent est une nuif/istrttture, le génie est un sacerdoce. (V. Hugo.) La magistrature est une espèce de sacerdoce qu'on ne saurait environner de trop de respect. (Dupin.) La médecine est un véritable sacerdoce. (Oaremberg.) L'éducation des hommes sera la plus grande des œuvres, une œuvre providentielle et sacrée, une tâche toute divine, un sacerdoce. (Dupanl.) La presse est le sacerdoce de la pensée. (Toussenel.)

— Syn. Sacerdoce, prêtrise. V. PRÊTRISE.

— Encycl. V. PRÊTRE.

SACERDOTAL, ALE adj. (sa-sèr-do-tal, a-le — lat. sacerdotalis ; de sacerdos, prêtre). Qui appartient aux prêtres, au sacerdoce : Dignité sacerdotale. Fonctions sacerdotales. Ornements sacerdotaux. L'aversion pour le joug sacerdotal est inhérente à l'esprit grec. (B. Const.) Les habits sacerdotaux doivent être bénits, (Gousset.)

— Antiq. Lettres sacerdotales, Caractères hiératiques des Egyptiens.

— Antiq. rom. Jeux sacerdotaux, Jeux publics donnés par ceux qui étaient promus aux fonctions sacerdotales.

— s. m. Sous lés empereurs romains, Piètre principal des dieux, dans une province.

SACERDOTALISME s. m. (sa-sèr-do-tali-sme — rad. sacerdotal). Influence prédominante des prêtres.

SACES, en latin Sacs, peuple de l'Asie ancienne, dans la Scythie asiatique. Il errait en nomade dans les territoires situés au N. de l'Iaxarte, qui les séparait de la Sogdiane au S.; l'Imaus, à l'E., les séparait do l'Inde. Ce territoire correspond de nos jours au pays qui est habité par les liirghiz et qui fait partie de la Russie d'Asie. Le nom de Saces était donné par les Perses à tous les Scythes, ce qui fait présumer que les Saces étaient la principale tribu de la grande famille scythique. Maintes fois ces nomades tirent des incursions dans le sud et l'ouest, en Arménie et dans toute laCappadoce. Ils furent soumis par Darius 1er et compris dans la quinzième satrapie de l'empire persan.

SACHA s. m. (sa-cka). Nom de l'une des cérémonies du mariage indou.

— Encycl. Cette cérémonie, qui vient à la suite des diverses autres dont se compose le moithourta, se pratique ainsi. On plante au milieu du paudel, c'est-à-dire du pavillon de verdure ou se célèbre le mariage, deux bambous l'un près de l'autre, au pied de chacun desquels on pose une corbeille faite du même bois. Les mariés s'y placent debout chacun dans la sienne, et l'on apporte deux autres corbeilles pleines de riz; ils prennent tour à tour de ce riz avec les deux mains et se le répandent mutuellement sur la tête. Ils répètent ce manège a plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'ils soient fatigués ou qu'on leur dise de cesser. Cet usage rappelle celui des juifs modernes de quelques pays, lesquels ont coutume de jeter sur les maries, et surtout sur la femme, du froment à pleines mains, en disant : « Croissez et multipliez. » Quelquefois, ils mêlent avee le froment des pièces de monnaie qui sont ramassées par les pauvres. Dans quelques castes, ce sont les convives qui fout la cérémonie du sacha. On a vu des princes et des personnes très-riches employer, au lieu de riz, pour faire le Sacha, des perles et des pierres précieuses mêlées ensemble. Cette cérémonie du sacAa a pour but d'exprimer le vœu que l'abondance des biens temporels se répande sur les nouveaux époux ou qu'une heureuse fécondité soit la

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suite de l'union qu'ils viennent de contracter, : et peut-être l'un et l'autre.

SACH ANE s. f. (sa-cha-ne). Entom. Genre d'insectes hémiptères hôtéroptères, de la famille des réduviens, tribu des aradides, dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.

SACHÉE s. f. (sa-ché — rail, sac). Ce qu'un sac peut contenir : Une sachkk de pois, de lentilles. Une sachéb de pommes, de noix.

SACHEM s. m. (sa-chèmm). Membre du conseil de la n-ition, dans les peuplades do l'Amérique du Nord,

SACHET s. m. (sa-chè — dimin. de sac). Petit sac : Un sachet de plantes médicinales. Un sachet de camphre.

— Petit coussin contenant des parfums, des senteurs : Mettre un sachet sur son lit, dans son linge. Acheter un sachet de Montpellier.

— Petit sac dans lequel on met l'avoine que l'on donne à manger aux chevaux quand ils sont hors de l'écurie.

— Artill, Petit sac dans lequel on enferme la charge d'une bouche à feu.

— Bot. Nom donné aux. organes qui renferment les corps reproducteurs dans certains lichens.

— Encycl. Pharm. Les sachets employés en pharmacie sont de petits sacs piqués, ordinairement en forme de losange, que l'on applique sur la partie où l'on veut ;>gir. On donne quelquefois à ces sachets la forme de ceintures, de cravates, selon que l'on veut agir sur les reins ou sur le cou.

Les sachets principulement employés sont : les sachets antiihumatismal de Alarjolin ; antistrumeux de Morand, souvent utilisé contre lo goitre; loiluré de Breslau, qui sert au même usage; résolutif de Tnuchou, contre les tumeurs du sein.

Les cucuphes des anciens pharmacologistes étaient des sachets disposés en calottes ou bonnets, dans la doublure desquels on plaçait des poudres céphaliques et aromatiques; on piquait le bonnet afin de tenir ces poudres également réparties; on tes appliquait sur la tête nue. On a beaucoup employé autrefois des cucuphes composées de romarin, sauge, bétoine, benjoin, cannelle, girolle. Autrefois, dans le traitement des affections cérébrales, on se servait, comme d'une calotte, d'une cucuphe faite d'une moitié de citrouille ou de melon vidée pour tenir la tête froide ; on y mettait souvent de la glace.

On emploie aussi des sachets dans la médecine vétérinaire. Ces sachets peuvent être cmollients, excitants, narcotiques, etc., selon la nature des bouillies ou des substances qu'ils renferment.

Los sachets émollients sont confectionnés avec le son, la farine d'orge, la farine de graine de lin et les diverses plantes éniollientes qu'on introduit dans le sachet sous forme de bouillie. On confectionne aussi d'excellents sachets, peu pesants et qu'on applique sur les reins et autour des articulations, avec des balles d'avoine placées dans le sachet, puis exposées à la vapeur émolliente. Les sachets se placent sur les articulations, sur les reins, autour de la couronne, sur les épaules et sur la tète, Ils ont besoin d'être fréquemment arrosés avec des décoctions émollientes.

Les sachets astringents se préparent avec la suie de cheminée délayée dans le vinaigre et le sulfate de fer; ou bien de l'argile et du carbonate de chaux ou craie délayée dans le même excipient.

Les sachets excitants se font avec des baies de genièvre concassées, exposées à la vapeur du vinaigre; la farine de moutarde unie à la farine d'orge, etc.

On fait souvent usage de ces divers sachets sur les reins dans les inflammations gastrointestinales, la métro-péritonite, les inflammations de la moelle épiruère, les congestions rachidiennes avec paraplégie, la néphrite, la cystite, etc.

— Artill. Les sachets sont les enveloppes de charges des bouches à feu de campagne. On en fait aussi quelquefois usage à bord des navires et pour le service des batteries de côte. Les sachets sont des sacs cylindriques en tissu de laine on de bourre de soie. On donne la préférence aux étoffes de ce genre parce qu'elles ne conservent pas le feu dans l'àmo des pièces, ce qui permet de tirer vite et sans danger, avantage que ne présentent pas au même degré les étoffes de chanvre, de lin ou de coton. Quand le projectile est lié au sachet, ce qui est le cas ordinaire pour les bouches à feu de campagne, on a ce qu'on appelle une cartouche d'artillerie.

SACHET, ETTE •-. (sa-i'hè, è-te — dimin. de sac), llist. relig. Nom donné aux religieux et religieuses de l'ordre du Sac ou de lu Pénitence de Jésus-Christ.

— Encycl. Ces religieux devaient leur nom à la forme de leur habillement, semblable à un sac. Les auteurs du xino siècle les appellent indifféremment fratres de sacco, fratres saccorum, fratres succati, etc. Ils étaient ermites de l'ordre de Saint-Augustin, et on leur donnait quelquefois le nom de frères de la Pénitence de Jesus-Christ. En 125G, ces religieux refusèrent d'entrer dans l'union générale des ermites de l'ordre de Saint-Augustin et ils continuèrent à former une cou-

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grégation distincte. A la sollicitation de la reine Blanche, sa mère, saint Louis appela les sachets à Paris en 1261, et il les établit au territoire de Laas, sur un emplacement dépendant de l'abbaye Saint-Germain-des- Prés et de l'église Saint-André-des-Arts. Malgré la protection et les bienfaits du roi, \ss sachets ne furent jamais riches. Guillaume de La Villeneuve et Rutebeuf les traitent fort mal dans leurs poèmes et les représentent vaguant le matin dans les rues de Paris à la recherche du pain qui nourrira la communauté. Rutebeuf surtout les malmène. Dans la Chunson des ordres, il les représente comme des gens grossiers, maladroits et dont" chascun semble vachier. » Outre leur couvent de Paris, les sachets possédèrent des maisons à Poitiers, à Caen et dans plusieurs autres villes de France ; ils fondèrent des couvents en Espagne, en Angleterre, en Allemagne et dans les Flandres. En 1274, sous le pontificat de Grégoire X, le concile de Lyon ayant ordonné la suppression de tous les ordres religieux qui n'avaient pas de rentes et qui vivaient des aumônes des fidèles, à l'exception des quatre ordres mendiants, les dominicains, les mineurs, les augustins et les carmes, les sachets perdirent presque tous leurs établissements. Cependant, grâce à leur réputation d'austérité et de vertu, ils se soutinrent encore quelques années à Paris. Au mois d'avril 1293, Philippe le Bel donna leur maison aux augustins. Ces religieux se maintinrent en Angleterre jusqu'à la Réforme. La règle des sachets était très-austère; elle interdisait l'usage de la viande et du vin.

Il y avait aussi des religieuses de cet ordre; on les nommait soeurs tachettes, sachetines, sœurs aux sacs, pauvres femmes des sacs. Elles possédaient à Paris un couvent dans la rue des Sachettes, qui fut appelée plus tard rue duCimetière-Saint-André-des-Arts; elles portaient une robe en forme de sac, comme les frères sachets, et elles allaient aussi mendier leur pain dans les rues de Paris. La congrégation des sachettes ne fut jamais autorisée et elle cessa d'exister avant la fin du xme siècle.

Le peuple de Paris donnait quelquefois le nom de sachettes aux recluses qui s'enfermaient pour la vie dans des cellules dépendant de quelque église de la capitale.

SACH EVERELL (Henri), prédicateur et théologien anglais, ne à Marlborough (Wittshire) vers 1672, mort en 1724. Son père, qui était pasteur, le fit élever à l'université d'Oxford, où il se lia avec Addison et se signala pur son goûl pour la langue latine. Reçu agrégé au collège de la Madeleine^ il s'y livra avec Succès à l'enseignement, devint maître es arts en 1696 et prit le grade de docteur en théologie en 1708. A cette époque, Sacheverell avait, depuis quelques années, renoncé au professorat pour devenir pasteur dans une petite localité du comté de Stafford. Son savoir et son éloquence le firent atlacher, en 1705, comme prédicateur à l'église du Sauveur, à Londres. Quatre ans plus tard , il prononça en chaire les deux sermons qui commencèrent sa célébrité. Dans ces deux discours, il soutenait le principe de l'obéissance passive et appelait le peuple au secours de la religion trahie par lo haut clergé. En même temps, il attaquait violemment le parti whig alors au pouvoir. Traduit, en raison de ces attaques, devant la Chambre des lords (27 février 1710), Sacheverell se vit interdire la chaire pendant trois ans, et ses deux sermons furent brûlés par la main du bourreau. Vivement attaqué par les uns comme étant un partisan secret du papisme, Sacheverell avait parmi ses partisans de hauts dignitaires de l'Eglise, la reine elle-même, les tories les plus iutluents et la majorité du peuple. Pendant sa suspension temporaire, il fut promu à un bénéfice important dans le pays de Galles; puis, quand le temps de si peine fut expiré, il revint à Londres, où il fut accueilli avec un enthousiasme extrava-t gant. La reine lui donna la riche cure de Saint-André, it Londres (1713) ; mais, depuis ce moment, il rentra dans l'obscurité. Burnet, Swift, la duchesse de Marlborough jugent Sacheverell avec une certaine rigueur, qui paraît justifiée aujourd'hui par la publication des papiers des Stuarts, cités par lord Manon. Ce fougueux predicant n'aurait été qu'un agent secret du prétendant, et, en cette qualité, il aurait pris une part active à la conspiration de 1715, sans toutefois quitter Londres où sa présence était jugée utile. On .doit à Sacheverell un pamphlet intitulé Histoire secrète de ta reine Zurah et des Zarasiens ou la Duchesse de Marlborough démasquée (1708, in-12).

SACHIT (Abou-Iousef-Iacoub ibn), célèbre grammairien arabe, surnommé le Taciturne, mort î'uu 853 de notre ère. Il paraît que ce surnom n'était mérité qu'en partie, puisque le calife Montavakcl, du fils duquel Sachit était précepteur, lui fit couper la langue pour le | unir d'une réponse un peu trop franche. Cet écrivain passe chez les mahomètans pour un de ceux qui ont le mieux connu la langue et la littérature arabes. Toutefois Herbelot, dans la Bibliothèque orientale, ne mentionne qu'un seul des ouvrages de Sachit, sa Logique.

SACHON (Gabrielle), femme auteur française, née àSemur,en Auxois, en 1631, morte

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h Dijon en 1703. Ses parents l'avaient for- ' cée d'embrasser l'état religieux, et elle s'était retirée chez les jacobines d'Ixois ; mais, fatiguée bientôt de la vie insipide du cloître, elle se fit relever de ses vœux. Revenue auprès de sa mère, elle se consacra entièrement •a l'étude des belles-lettres et à l'instruction des jeunes enfants. Cette savante fille composa plusieurs ouvrages. Dans l'un d'eux, elle a soutenu que « l'autorité, la liberté et la science, qui rendent les hommes si importants dans le monde, ne leur sont pas si exclusivement propres que les femmes ne puissent pas avoir part aux mêmes avantages, et que si elles en sont privées, c'est plutôt un effet de la coutume qu'une marque de leur incapacité naturelle. »

SACHONDRUS s. m. (sa-kon-druss). Zooph. • Genre de polypes libres peu connu.

SACHOT (Octave), littérateur français, né à Montigny (Seine-et-Marne) en 1827. Il étudia le droit, se fit recevoir licencié, puis se tourna vers les lettres. Connaissant fort bien l'anglais, il commença par faire des traductions, puis il devint un des collaborateurs de la Revue britannique, à laquelle il a été attaché comme secrétaire de la rédaction. Outre des traductions du Mariage de mon grand-père (1853, in-12), de la Mine d'ivoire {1853, in-12), ouvrages anonymes; du Docteur Antonio, de Lavinia et de Lorenzo Benoni (1839-1863), romans de Ruffini, etc., on doit à M. Octave Sachot plusieurs ouvrages, notamment; Voyages du docteur William Ellis à Madagascar (1860, in-12); l'Jle de Ceylan et ses curiosités naturelles (1863, in-12); Madagascar et les Madécasses (1864, in-12); les Français dans l'Inde (1870, in-8°); Inventeurs et inventions (1874, in-18) ; Pays d'extrême Orient (1874, in-8°) ; Récits de voyages; les grandes cités de l'Ouest américain (1874, in-18), etc.

SACHS (Hans), cordonnier et poëte allemand, né à Nuremberg en 1494, mort en 1576. Un rimeur du xvie siècle, Puschmann, a raconté, dans trois chants lyriques, la vie de ce poète populaire. 11 avait fait quelques études dans son enfance et avait même appris un peu de latin, lorsque la nécessité força ses parents à le mettre en apprentissage chez un cordonnier. Hans" Sachs voyagea plusieurs années, selon la coutume des compagnons ouvriers qui aspiraient à avoir une maîtrise; dans ses loisirs, il s'essayait à composer des vers. Un maître chanteur de Nuremberg lui donna des conseils, et, à l'âge de vingt ans, il se fit connaître par une ode en l'honneur de la Trinité. En 1519, Hans Sachs fut reçu maître et se maria, la même année, avec une jeune fille dont il eut sept enfants. On ignore complètement s'il était expert dans son métier de cordonnier, mais on s'accorde généralement aujourd'hui a le considérer comme un poëte d'un très-grand talent. Hans Sachs devint, vers le milieu du xvne siècle, un objet de raillerie et de mépris pour les poétereaux allemands; mais plus tard, Goethe et Wieland l'ont noblement vengé de ces injustes dédains et ont associé son nom aux représentants les plus glorieux de la littérature allemande.

La jeunesse de Hans Sachs se passa dans les premières années du mouvement religieux qui entraîna l'Allemagne à s'affranchir de l'autorité de Rome. Lo poète prit place volontairement dans les rangs des novateurs, mais il ne se jeta pas personnellement dans le tourbillon des événements et des partis. Il vécut tranquille et retiré dans sa modeste demeure, suivant attentivement le progrès des idées nouvelles. Toutes les craintes, toutes les espérances des esprits indépendants de cette époque se retrouvent dans les innombrables écrits de Sachs.

Lorsque la doctrine de Luther commença a pénétrer dans sa ville natale, Hans publia un pamphlet rimé, intitulé : Une curieuse prophétie sur la papauté, livre devenu trèsrare, parce que le conseil municipal de Nuremberg le rit saisir et brûler à cause des injures qu'il renfermait contre le pape et l'empereur. Le magistrat réprimanda sévèrement l'auteur et lui enjoignit de s'abstenir dorénavant de tout travail littéraire, soit en vers, soit en prose. Hans Sachs ne se conforma point à cet ordre et rima encore une foule de pamphlets en faveur du protestantisme. Ces dernières productions sont cependant sur un ton plus calme que la première. Hans Sachs ne prêche pas avec la passion fougueuse du moine de Wittemberg; il n'a pas non plus l'humeur belliqueuse de l'auteur des Epistolx obscurorum virorum; ses œuvres, d'un style incorrect, ont surtout pour caractère le bon sens, le bon sens du peuple, quelquefois lourd, quelquefois terre à terre, mais voyant juste, marchant sûrement et parlant tantôt sur un ton jovial, tantôt d'une voix rude et sévère, lorsque ses légitimes griefs ne sont pas écoutés. Les œuvres de Hans Sachs ont donc une très-grande importance pour tous ceux qui veulent étudier le mouvement de la Réforme en Allemagne.

Le maître cordonnier fut un poète trèsfécond. Le chiffre de ses différentes pièces en vers s'élève à six mille quarante-huit. Il s'est essayé dans tous les genres de poésie qu'on cultivait de son temps; nous nous bornerons à analyser son œuvre dans sa généralité. Deux périodes bien distinctes divisent cette œuvre : l'une est consacrée à tu vie publique, à l'Etat et à l'Eglise; l'autre, k la vie

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privée, aux fêtes populaires et au théâtre. Dans ses premiers essais, l'honnête Allemand chante presque exclusivement la sainteté du mariage; c'est le sujet continuel de ses inspirations; soit qu'il médite sur lui-même, soit qu'il regarde aux fenêtres du voisin, soit qu'il accompagne Ulysse chez Calypso et Oircé, il ne manque jamais d'exalter les unions légitimes et de maudire les mauvais ménages.

En 1523, Hans Suchs écrivit son fameux poème le Rossignol de Wittemberg. C'est un panégyrique de Luther; on y voit combien le tiers état en Allemagne sympathisait avec lu Réforme, ou, pour parler le langage du

fioSte, « comment cette classe laborieuse sauait l'aurore du jour avec le rossignol et quittait le désert et les ténèbres où l'avait entraînée le lion rusé. • Le maître chanteur rappelle en même temps aux serviteurs de la foi protestante la morale pure et simple de l'Evangile, et il ne peut se dissimuler que la lumière nouvelle commence déjii a. pâlir; il | montre la théologie torturée par les sectaires, empoisonnée pur les disputes et les querelles dogmatiques sans fin. L'intuition poét que révélait au maître chanteur le mal intérieur I qui ronge le protestantisme.

Au milieu du xvic siècle, nous voyons le ! poëte uniquement occupé des affaires politi- ! ques, qui avaient pris une tournure peu favoj rable à la Réforme. « Tout est fini, s'écriet-il, tout est accompli. Le saint empire romain | germanique touche à son moment suprême ; la Turquio s'élève, l'éclat de la royauté s'éclipse et presque de tous côtés on entend un craquement du monde comme s'il voulait se I rompre et s'abîmer. ■ L'unité d'action et d'es- I prit semble à Hans Sachs le seul moyen do sauver la patrie ; il dépeint avec de vives couleurs les tristes effets de l'anarchie. Les dieux tiennent un conseil sur les affaires de l'empire, où la discorde et la guerre ne veulent pas cesser malgré les diètes. Mars veut tout mettre à feu et à sang; Junon veut gagner les princes avec de 1 argent, mais Pluton est d avis que ce serait encore pis; il est question de les rendre malheureux et pauvres, mais il est à craindre qu'ils ne deviennent plus oppresseurs qu'auparavant. Mercure est charge d'employer tous ses moyens persuasifs pour faire renaître la concorde, mais chacun vent avoir raison et ferme l'oreille aux remontrances; Phébus doit éclairer les hommes, mais ils connaissent trèsbien la vérité et n'aiment que le mensonge; Minerve conseille d'envoyer la République, mais Mercure ne peut la rencontrer nulle part; elle n'est plus dans les villes de l'empire ; Luna l'a vue jadis à Athènes ; à présent elle s'est enfuie dans les cavernes et les rochers. On la trouve enfin, mais dans un état déplorable; Esculape se prépare à la soigner. Le poëte, on le voit, est désespéré. Dans une I vision de 1550, le diable lui apparaît; il vient ' à Nuremberg embaucher des ouvriers pour l'agrandissement de l'édifice infernal. Hans Sachs lui dit de renoncer à ce projet, aflir- ■ mant que tout allait pour le mieux dans le I monde ; Satan consent à renoncer à son œu- | vre si l'on trouve dix témoins qui attestent la même chose que Hans Sachs, et ces dix témoins ne se trouvent pas. Le poste promène, la Paix à travers toutes les provinces et toutes les dusses de la société; il no rencontre que guerre et division, guerre dans l'Etat, guerre dans la famille, guerre partout. Dans sa Wolfsklage (plainte du loup), il dit que les bêtes déposeraient un jour contre les hommes pour les convaincre d'avoir mené une vie contraire à toutes les lois de la nature, de la raison et de la morale. Tous les poëmes de Hans Sachs qui datent de 1540 à 1550 sont empreints de cette amertume et de cette austérité presque farouche.

Dans les productions postérieures, un ton jovial et même un peu grivois vient remplacer cette indignation véhémente. Le poëto ne compose que des farces, des contes comiques et des pièces amusantes pour le carnaval et les fêtes populaires. Il se moque du vice au lieu de tonner contre lui ; ses mercuriales sévères se changent en satires spirituelles et railleuses ; Hans Sachs excelle dans ce genre. Ses légendes comiques peuvent passer pour des modelés sous le rnpport de la naïveté et du bon sens. « Ses descriptions du monde renversé ou du Schlarttffenland, dit un critique, offrent encore beaucoup d'intérêt, même après Boccace et la création du pays de Cocagne. Les plaisanteries de ses lansquenets, qut, suint Pierre ne veut pas admettre au ciel et que Lucifer ne veut pas non plus recevoir en enfer, sont très-hautes en goût; et quant à s^s pièces de carnaval, il suffit de dire que Goethe les a trouvées dignes d'être imitées et d'être mises en scène de nos jours. Le mouvement et la fidélité des descriptions, la variété des objets qu'il représente, la sûreté et la vigu-'M de son pinceau entraînent le lecteur. Hans Sachs se plaît à peindre les mœurs populaires; et les tableaux des scènes burlesques qui s'offrent à ses yeux dans les foires ou dans les kermesses , tableaux pleins d'animation et de vie, peuvent être compares aux meilleures toiles des maîtres flamands. On se croit transporté, avec le poëte cordonnier, au milieu des lansquenets, des paysans, des compagnons, des clercs et des étudiants; on croit entendre les cris de joie sauvage poussés par les convives d'un bal champêtre j on suit le poëto

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