‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 182 sur 1059 · V. CONTINENCE · texte numérisé non relu

V. CONTINENCE

SCIPION (Lucius Cornélius) , surnommé l'Asiatique, frère du précédent. 11 suivit le premier Africain en Espagne, en Sicile et en Afrique, et sa gloire ne fut en quelque sorte que le reflet de celle de son frère. Nommé consul l'an 190 av. O.-C, lors de la guerre contre Antiochus, il remporta, sous les inspirations de son frère, qui lui servait de lieutenant, la victoire de Magnésie .et mérita le surnom d'Asia-

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tique. Il eut à répondre aux mêmes accusations que son frère, après la mort duquel il fut de nouveau attaqué pour l'argent reçu ou extorqué d'Antiochus. Condamné par le suffrage des trente-cinq tribus, il parut justifié, par sa pauvreté, car on ne trouva pas chez lui la somme qu'il était condamné k payer. Caton, dans sa censure, le priva de son cheval et le raya de la liste des chevaliers.

SCIPION EMILIEN ( Publius Cornélius), destructeur de Carthage, surnommé lo »oeond Africain. Il naquit l'an 135 av. J.-C. et il était fils de Paul-Emile. Son père, suivant l'usage des grandes familles romaines, qui échangeaient souvent entre elles les héritiers de leur gloire, l'avait fait entrer par adoption dans la famille illustre des Scipions. Il le garda néanmoins auprès de lui pour le former à la guerre et l'emmena dans la campagne de Macédoine. Instruit par des maîtres grecs, et notamment par Polybe, le jeune Emilien étonna, dit-on, les Romains de cet âge de décadence par son amour du travail et des fortes études, par son aversion pour le luxe et les mœurs licencieuses de la jeunesse romaine et par une libéralité qui avait toujours été rare parmi les vrais Quirites. Tribun militaire en Espagne, il fut vainqueur d'un chef barbare qui était venu défier les plus braves guerriers de l'armée romaine. Au début de la troisième guerre punique, il fut envoyé en Afrique avec sa lotion, se distinguadans plusieurs combats, et il était désigné par l'opinion aussi bien que par le nom qu'il portait comme celui qui devait achever lu ruine de Carthage. Nommé consul en 147, quoiqu'il n'eût pas l'âge exigé par la loi, et désigné pour l'Afrique, il vint réunir toutes les forces romaines, rétablir la sévérité de la discipline et préparer enfin contre la grande cité punique les dernières el mortelles attaques. Après un siège resté fameux dans l'histoire (v. Carthage, puniques [guerres]), il prit la ville, la dévasta et en rit un monceau de ruines fumantes (146). Pendant que l'incendie dévorait les derniers édifices, au milieu du carnage et de la désolation, on dit qu'il ne put retenir ses larmes en songeant que sa patrie pourrait un jour avoir aussi une semblable destinée. A Rome, la joie que causa cette victoire fut immense, et le triomphe du jeune consul fut le plus éclatant et le plus magnifique qu'on eût encore vu. Il passa ensuite plusieurs années dans un loisir animé par des occupations littéraires, fut envoyé en ambassade auprès de Ptolémée, roi d'Egypte, puis nommé censeur, enfin consul, l'an 134, et chargé de réduire Numance, qui depuis dix uns, par la résistance la plus héroïque, arrêtait les armes romaines dans la Celtibéiie. Scipion trouva les fameux légionnaires abattus et découragés. Il commença par les briser sous des travaux excessifs et continuels, les obligeant de creuser des fossés, d'élever des palissades, des murs, etc. ■ Qu'ils se couvrent de boue, disait-il, puisqu'ils ne veulent pas se couvrir de sangl » Il les conduisit enfin devant Numance, mais se garda bien de livrer une action générale contre les redoutables Numantins ; il attendit que la famine les lui livrât et enferma par d'immenses travaux une petite ville presque sans fortifications et qui ne refusait cependant pas le combat. Les tortures de la faim firent ce que n'avait pu faire le javelot des légionnaires ; quelques Numantins se rendirent, et Scipion en eut 50 pour son triomphe; niais la plupart se donnèrent la mort par le fer, le poison et le feu. La ville incendiée périt libre et ne laissa aucune joie à son vainqueur, qui n'avait triomphé que d'un nom (133). A son retour, il trouva Rome agitée par les luttes du Forum. Il se déclara contre Caïus Gracchus et les lois agraires et encourut la haine du peuple, d'autant plus qu'on savait que les patriciens voulaient le nommer dictateur. Un jour qu'il avait publiquement approuvé le meurtre de Tib. Gracclius, des murmures et des cris s'élevèrent contre lui. Il y répondit par une invective qui rappelait l'origine servile d'une partie de ceux qui composaient nlors le peuple romain : « Silence aux fils de l'Italie I tout libres que vous êtes maintenant, jo ne vous craindrai jamais, vous que j'ai amenés ici à la corde, » Tous se turent. Mais Scipion Emilien fut trouvé mort le lendemain dans son lit (129 av. J.-C). On soupçonna, dit-on, Cuïus, sa mère Cornélie, et même l'épouse de Scipion. Mais le destructeur de Carthuge et de Nunnuice, par ses hauteurs insultantes, avait suscité contre lui assez d'inimitiés pour armer plus d'un bras meurtrier, sans qu'il soit nécessaire de rechercher ses assassins dans sa propre famille. Scipion Emilien doit surtout sa gloire aux circonstances qui firent de lui l'exécuteur des vengeances de Rome contre Carthage et Numance. Tacticien habile, il se distinguait plus par la prudence que par l'inspiration et répétait souvent le mot de son père Paul-Emile : « Un chef habile n'engage pas ue bataille, à moins d'une grande nécessité ou d'une grande occasion.» Il appartient plus enfin à l'école de Fabius Cum-tator qu'à celle des grands capitaines romains. Général impitoyable sous des manières élégantes empruntées aux mœurs grecques, il donna plus d'un exemple de barbarie. « On connaît de nos jours le bon ton et la férocité des généraux russes. Tels étaient à peu près ces

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Romains hellénisés.» (Michelet.) A Carthage, il condamna tous les prisonniers et tous les transfuges à être foulés aux pieds des éléphants ou, suivant d'autres, à être dé\orés par les bêtes sauvages de l'amphithéâtre. En Espagne, il se. fit livrer les jeunes gens des principales familles de la ville de Lucia, qui avait peut-être promis des secours aux héroïques Numantins, et fit couper les mains à 400 de ces malheureux. Ces atrocités montrent assez ce qu'il faut penser de cette humanité vantée par Polybe (client des Scipions et d'Emilien, il ne faut pas l'oublier). Au reste, il protégeait les lettres, était l'nmi de Lelius et de Polybe et le patron de Térence , dont les Romains lui attribuèrent même les comédies. Le noble protecteur daigna ne pas démentir ce bruit, mais n'en laissa pas moins le poëte punique languir dans le besoin.

Scipion (songe de), passage célèbre du Vie livre du traité de la République de Cicôron. Le Scipion que Cicéron fait parler dans cette fiction est Scipion Emilien ou le second Africain. Il y raconte qu'étant en Afrique, à la cour de Masinissa, roi de Numidie, il crut, la nuit de son arrivée, voir le premier Africain dans le cercle lumineux de la voie lactée. Instruit par lui des secrets du monde et de la marche harmonieuse des corps célestes, il apprend qu'il est appelé à être le destructeur de Carthage et de Numance, k prendre rang, par la gloire et la vertu, au milieu de ces âmes dont la nature est divine, mais qui ne se dépouillent de leur enveloppe terrestre qu'après avoir accompli la tâche qui leur est imposée dans leur séjour ici-bas. Le style du Songe de Scipion est noble, imposant, magnifique, avec une teinte de mélancolie spirilualiste. Ce morceau d'éloquence nous a été conservé par Maerobe, qui, au v« siècle, le transcrivit pour le commenter. Maerobe était, comme presque tous les littérateurs de cette époque, beaucoup plus occupé de curiosités philologiques que des développements du christianisme, dont il ne prononce pas même le nom dans son commentaire; mais Grec d'origine, quoiqu'il écrivît en latin, il avait le goût de cette espèce de théurgie, de ce mélange d'abstraction et d'illuiiiuiisme par lequel la Grèce entretenait ses vieilles croyances et cherchait à les rajeunir. Ce qui l'intéresse dans ce Songe, ce sont des raisonnements chimériques sur quelques idées pythagoriciennes, auxquelles Ciceron fait allusion en certains endroits, sans doute pour donner à la vérité fondamentale de son récit quelque chose de mystérieux et de solennel. « Le Songe de Scipion, dit Villemain, est une imitation visible et embellie de l'épisode où Platon exposait la doctrine de l'urne immortelle et des peines et des récompenses, en faisant parler un certain Her de Pamphylie, tué dans une bataille et miraculeusement rappelé du tombeau pour en raconter les secrets; mais dans la suite même de son ouvrage, dans le choix, dans la disposition de ses idées, Cicéron n'avait que des occasions peu fréquentes d'imiter Platon, puisque son but et sa marche même étaient différents; l'un s'attachant à concevoir une république idéale, l'autre à décrire une république existante; l'un cherchant la perfection dans de capricieuses hypothèses, l'autre croyant l'avoir trouvée dans l'ancienne constitution romaine. »

Scipion (SONGE de) [Il Sogno di Scipione], cantate, sous la forma d'une action dramatique, par Métastase. Le sujet de cette pièce, faite pour être accompagnée de musique, est tiré de Cicéron, qui raconte que le héros fut en songe transporté aux eieux, où il vit une immense lumière au milieu de laquelle il put contempler les héros, et, entre autres, son père, Emile, et son aïeul, Publius, qui l'exhortèrent à mériter, par ses vertus, d'être placé au milieu d'eux. Métastase suppose que la Fortune et la Constance apparaissent à Scipion endormi ; l'une el l'autre l'engagent à les suivre. Chacune des deux déesses veut être choisie par le héros pour compagne de sa vie; chacune des deux lui offre le bonheur en perspective. Scipion hésite; pour l'entraîner, l'une et l'autre lui font un tableau poétique de leurs mérites: la Constance, toujours calme et sereine ; la Fortune, pressée et fiévreuse. La Constance décrit l'harmonie des sphères célestes ; tout à coup, Publius Scipion, l'aïeul du héros, apparaît et dit k son petit-fils la béatitude des héros. Publius et Emile montrent k Scipion la terre, théâtre mesquin d'ambitions gigantesques; Scipion sourit de dédain à ce tableau des petites vanités de ce monde. Alors la Fortune veut qu'il choisisse entre elle et la Constance; elle décrit en très-beaux vers tous les effets de sa puissance ; la Constance, à son tour, prouve qu'elle peut dominer et vaincre la Fortune. Scipion n'hésite plus : « Belle Constance, s'écrie-t-il, sers-moi désormais de guide ; je te suis. — Et mes dons ? s'écrie la Fortune. — Je ne les désire ni ne les refuse. — Et ma fureur? — Je ne la défie ni ne la crains. » Rien n'ébranle le héros, qui désormais sera fidèle k la compagne qu'il vient de choisir; la Fortune, dans sa fureur, soulève une horrible tempête, et Scipion se réveille.

SCIPION NASICA (Publius Cornélius), né 219 ans av. J.-C. A viûgt-sept ans, il fut pro-

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clamé par un sénatus-consulte le plus honnête homme de la république; mais Tite- Live déclare ignorer quelles vertus lui valurent cet honneur. Peu de temps après, comme il sollicitait l'édilité et qu'il parcourait le Forum en serrant les mains des citoyens, il dit à un homme des tribus rustiques, qui les avait endurcies par le travail : o Mon ami, est-ce que c'est ton habitude de marcher sur les mains?» Cette plaisanterie inconvenante fut entendue et prise pour une marque de mépris par les habitants de la campagne, et Nasica ne fut pas élu. Envoyé comme propréteur en Espagne , il eut quelques succès contre les Lusitaniens, parvint au consulat en 191, remporta une victoire décisive sur les Boïens de la Gaule Cisalpine et devint prince du sénat dans sa vieillesse. Il avait la réputation d'un habile jurisconsulte.

SCIPION NASICA (Publius Cornélius), surnommé Corcuiuni, à cause de la bonté de son cœur, fils du précédent et gendre de Scipion l'Africain, général, consul, censeur et grand pontife romain dune siècle av, J.-C. Trèsjeune encore, il accompagna Paul-Emile dans la guerre contre Persée (16S av. J.-C). Il fut nommé consul pour l'année de Rome 591 (163 av. J.-C.) avec C. Marcius Figulus. Les deux consuls, dont l'élection était, par la faute d'un de leurs prédécesseurs, entachée d'illégalité , durent quitter leurs fonctions presque aussitôt après en avoir pris possession. En 565, Scipion parvint à la censure avec Popilius Laanas. Sous son second consulat, l'an de Rotno 599 (155 av. J. C), Scipion fit la guerre aux Dulmates et s'empara de Delminiuin, leur capitale. Il alla ensuite en Afrique pour réconcilier Carthage avec le roi des Numides, Masinissa. A son retour à Rome (an de Rorîtfe 602, 158 av. J.-C), il fut nommé grand pontife. Il ne cessa de demander qu'on laissât subsister Carthage, disant que 1 absence d'un ennemi extérieur sérieux amènerait dans Rome la discorde des partis et le relâchement des mœurs. Pendant que Caton terminait tous ses discours en disant qu'il fallait détruire Carthage, Scipion Nasica les terminait toujours pur la proposition contraire. Scipion était un ennemi ach.irnô du luxe et des plaisirs. Il fit démolir un théâtre nouvellement construit, parce que, disait-il, la disposition des places était commode pour les spectateurs et qu'il ne fallait pas encourager la mode et la multiplication des jeux sceniques et créer ainsi un grave danger pour les mœurs des Romains, mœurs dont l'austérité était, d'après le rigide pontife, nécessaire au bonheur de la republique. Nasica fut chargé de se rendre eu Grèce pour y apaiser, par la persuasion ou par la force, la révolte d'Andriscus. Il lit preuve de beaucoup de talents politiques et militaires dans cette circonstance ; mais il était réservé à Metellus d'achever la soumission des révoltés.

SCIPION NASICA (Publius Cornélius), surnommé Serapio, petit-fils du précèdent, consul l'an 138 av. J.-C, puis souverain pontife. Il est surtout célèbre pour le rôle qu'il joua dans la lutte où périt Tib. Gracchus. Personnellement menacé par les lois agraires que proposait le tribun, puisqu il était un des plus riches détenteurs des terres domaniales, il se montra l'un des plus violents parmi les patriciens et somma impérieusement le consul Scœvola de recourir k la force. L'impassible jurisconsulte s'y refusa courageusement, nul citoyen ne devant périr sans jugement. Nasica se lève alors avec emportement, entraîne les sénateurs, et tous, suivis d'une aimée de clients et d'esclaves, se précipitent vers le Capitole k travers la foule intimidée et vont immoler, au mépris de la justice et des lois, le noble tribun et plus de trois cents de ses amis (133). Poursuivi par le ressentiment du peuple, Scipion Nasica obtint du sénat une commission, sous le prétexte d'uller apaiser des troubles en Asie, et mourut peu de temps après, k Pergame.

SCIPION NASICA (Publius Cornélius), plus connu sous le nom de Metellus Scipion, mort

en 46. Il joua un rôle assez important dans les luttes de César et de Pompée auquel il donna sa tille en mariage, et dont, k partir de ce moment, il suivit la fortune. Après la bataille de Pharsale, il tenta de prolonger la résistance en Afrique; mais, vaincu à Thapsus, il se tua pour ne point tomber aux mains du vainqueur.

Scipion* (le tombeau dus), près de la voie Appieime, à Home. C'est en 1780 que le monument funéraire de l'illustre famille des Scipions fut découvert sur la gauche de la voie Appienne, dans la vigna Sassi, un peu en avant de la porte Saint-Sébastien. Cet édifice avait deux étages, l'un souterrain, l'autre placé au-dessus du sol; il ne reste de celui-ci que les bases des colonnes engagées qui décoraient la façade. L'hypogée, creusé dans le tuf, est soutenu par deux gros piliers quadrangulaires; on y voit des fragments do mosaïques grossières, qui marquent l'enfance de l'art et appartiennent assurémentau temps de la république. Lors de la découverte de ce monument, le sénateur Angelo Qucrini recueillit'les ossements des Scipions, les transporta k sa villa d Altichiero, près de Padoue, et les y déposa dans un modeste mausolée. Les inscriptions qui garnissaient les parois des souterrains et le sarcophage de Corne-

lius Lucius Scipio Barbatus ont pris place au musée du Vatican. Ce sarcophage est célèbre ; il est taillé dans le tuf volcanique gris, d'un g'ain grossier, qu'on tire des montagnes d'Albaao et que l'on connaît sous le nom de péperi i'; il est orné d'une frise avec rosaces et iriglypb.es. « Le goût très-pur de l'architecture et des ornements nous montre, dit Ampère, l'avènement de l'art grec tombant, pour ainsi dire , en pleine sauvagerie romaine. Par la matière, par la forme des lettres ei le style de l'inscription, il nous représerte la rudesse des Romains au vio siècle. » En 1781, lorsqu'on ouvrit ce sarcophage, on y trouva le squelette entier de Scipion Barbatus; il avait au doigt une bague que Pie VI donna à lord Algernon Percy et qui est aujourd'hui dans le cabinet du comte de Boverley. On lit sur le tombeau une inscription dont voici le sens : « A Cornélius LuciusScipion Barbatus, né de Cneus, nomma brave et sage, dont la beauté égalait la vertu. Il fut parmi vous consul, censeur, édile. Il s'empara de Tarunsia et de Cisauna dans le S;<mniuin. Il soumit toute la Lucarne et en amena des otages. » Ce Scipion Barbatus fut consul l'un de Rome 456. On a. aussi retrouvé l'inscription tumulaire de son fils Lucius Cornélius, qui fut consul en 495 et qui enleva la Corse aux Carthaginois. D'autres inscriptions se rapportent à Lucius Cornélius. Scipion l'Asiatique et 4. son fils, à Cneua Cornélius Scipion l'Espagnol, etc. Le plus jrand des Seipions, l'Africain, ne fut pas enterré dans cette sépulture de famille; on y plaça seulement sa statue. On sait par Cicëron, que le poëte Ennius fut enseveli auprès de ses patrons ; on a cru voir son portrait dans le buste, en pépefin, couronné de lauri< r, qui est placé sur le sarcophage de Soipbn Barbatus; mais il est probable que c'est ie portrait de quelque personnage de la famille des Seipions.

Scipion (hôtel ou hôpital). L'hôtel Scipion fut élevé à Paris , rue de la Barre , au X''ic siècle, par un traitant italien venu en F.'ance à la suite de Catherine de Médicis, ut auquel le peuple donnait le surnom expressif de Serre-deniers. En 1612, l'hôtel Scipion, loué par les bourgeois commis au renfermement des pauvres de la ville et des faubourgs de Paris, fut transformé en maison hospitalière, sous le vocable de Sainte- Marthe; il fut acquis par l'administration des pauvres le 30 avi il 1639. Lors de la création de 1 Hôpital général, la maison de Sainte- Mari lie fut comprise au nombre des établissements dépendant de cette institution. Vers 1670 on établit à Sainte-Marthe ou Scipion la boulangerie et la boucherie de toutes les maisons placées dans le ressort de l'Hôpital géntrul. Tenon disait en 17S8 : » A Scipion, on a établi paneterie, boulangerie, boucherie, ehandellerie; ce lieu d'exploitation fournit farine, pain, viande, chandelle, k toutes les maisons de l'Hôpital général, n La maison de Scipion donnait, en outre, asile à un certain nombre de vieillards incurables. Pendant la Révolution, les boulangeries des Incurables, des Petites-Maisons et de l'Hôtel- Diev. furent réunies k Scipion, qui, des lors centralisa les boulangeries de tous les hôpitaux de Paris. La boulangerie des Hôpitaux fournit du pain, non-seulement aux établissemînts hospitaliers de la capitale, mais aussi aux prisons, aux troupes municipales, à différents collèges ; enfin, elle fut chargée d'approvisionner les débits établis sur les marchés publics. Cet établissement était une véritable usine modèle, où l'opération de la min Dterie était réunie à celle de la confection du rain, et où tous les perfectionnements amenés par les découvertes industrielles troivaient largement leur application.

llœeste de 1 ancien hôtel Scipion, un corps de logis Renaissance décoré d'arcades, d'armoiries et de médaillons sculptés de ligures en buste,

saiPIONIEN, 1ENNE adj. (si-pi-o-r.i-ain, i-è-ne). Qui se rapporte k Scipion; qui est digne de Scipion , qui rappelle sa vertu : Continence scipionienne.

SCIPOULE s. f. (si-pou-le — du lat. cepola, oig.ion).Bot. Nom vulgaire de la scille maritime.

SCIRE s. tn, (si-re). Araehn. Syn. de sciR-

RHI. OU BIELLE.

. SC1RES, peuple- américain qui aurait fait vers l'an 1000 la conquête du plateau de Quito. On le rattache généralement, pour la cla .sification ethnographique et philologique, a L. souche quichua ou péruvienne.

SCIR1TE s. m. (si-ri-te — gr. skiritês; de Sk'ros, Sciros, nom de ville). Antiq. gr. Non donné à des soldats qui, dans l'armée spr.rtiate, formaient un corps de troupes particulier, distinct de la phalange.

— Encycl. L'année Spartiate était composée de citoyens de Sparte, de périèques, ou anciens habitants de la Laconie dépossédés de leurs droits, et d'ilotes ou ssclaves, qui d'ordinaire n'étaient que les servants des au.res, mais qui, dans certains cas, se trouvaient transformés en hoplites et recouvraient par là même leur liberté. En outre, l'année Spartiate avait un corps de scirites. Ce corps, co nposé de 600 hommes, du moins pendant la guerre du Péloponèse, formait, en marche, l'avant - garde et recevait en général les

postes les plus périlleux. Tl était exposé la premier au choc de l'ennemi. Durant la bataille, il occupait i'extrémité de l'aile gauche. K..-F. Hermaun a inféré d'un passage delà Cyropédie (iv, 2) que les scirites étaient des cavaliers; mais cette interprétation, assez mal justifiée, est d'ailleurs contredite par l'opinion de Mùller, de Manso et de plusieurs autres érudits. Les scirites tirèrent sans doute leur nom de ce qu'ils furent, au moins primitivement, choisis parmi les habitants de la Sciritide, contrée montagneuse de la Laconie, où se trouvait la place forte de Sciros.

SCIRITIDE, nom ancien d'un district montagneux de la Grèce ancienne, dans la partie septentrionale de la Laconie. Les habitants de ce district formaient dans l'armée Spartiate le bataillon scirite, fort de 600 hommes, et qui, placé dans les combats sur la première ligne, recevait le premier choc de l'ennemi.

SCIRON s. m. (si-ron — gr. skiron, même sens). Antiq. gr. Sorte d'ombrelle blanche que la prêtresse de Minerve portait pendant les processions que l'on faisait en l'honneur de cette divinité.

SCIRON ou SCYRON, l'un des brigands dont Thésée délivra l'Attique. Il se tenait sur les rochers entre Athènes et Mégare, et précipitait les voyageurs dans la mer afin d'engraisser les tortues dont il faisait sa nourriture.

SCIROPHORIES s. f. pi. (si-ro-fo-rl — gr. skirophoria; de skiros, ombrelle, et de phoreà, je porte). Antiq. gr. Fêtes en l'honneur de Minerve, pendant lesquelles on élevait des cabanes de feuillage et l'on portait des ceps chargés de raisin.

SCIBOPHORION s. m. (si-ro-fo-ri-on — gr. s kir op horion ; de skirophoria, scirophories). Chronol. Mois athénien pendant lequel on célébrait les scirophories, et qui correspondait à peu près à notre mois de juin.

— Encycl. Le scirophorion était le dernier ou le douzième mois de l'armée. Il comprenait seulement vingt-neuf jours. Le mois qui le précédait, correspondant k notre mois de mai, était le thargélion. Celui qui le suivait et commençait i'année, en correspondant à notre mois de juillet, était le mois hécatombéon.

A Sparte, c'était le mois phliasius qui se plaçait k la même époque de l'année que le scirophorion attique, et si, comme on le croit, l'année Spartiate commençait à l'équinoxe d'automne, le mois phliasius était le neuvième dans l'ordre de succession. Dans les autres contrées grecques, nous trouvons, comme correspondant au scirophorion et à notre mois de juin, les mois suivants : à Delphes, le boathous, qui était le dixième de l'année ; à Cyzique, le panémus, qui était le neuvième ; en Sicile, le badromius, qui était également le neuvième ; en Crète, Vhypcrbérélus, qui était le dixième; à C3rpre, ï'archiéreits, également le dixième; en Bithynie, Varéius, et dans la province romaine d'Asie Vhéeaiombéus, occupant tous deux, dans la série annuelle, la même place que le précédent.

Le nom du mois scirophorion venait de la fête àes scirophories, que l'on célébrait dans ce mois en l'honneur d'Athêné. Dans cette fête, les prêtresses de la déesse portaient processiomieileinent sa statue par ia ville d'Athènes, sous une sorte de dais ou pavillon de couleur blanche, nommé sciron; les prêtresses étaient alors appelées scirophores (sciron, dais ; phoreâ, je porte), e'est-U-dire porteuses de dais. On voit que de là vint le nom des scirophories et celui du mois scirophorion.D' autres détails curieux se rattachent à la même fête. Chaque année, les archontes choisissaient dans les plus nobles familles quatre jeunes filles de sept à onze ans. Deux d'entre elles présidaient à la confection du péplum sacré d'Athêné, qui se commençait a la fin du mois i^pyantpsiou. Les deux autres, qui étaient chargées de porter les vases sacrés réservés aux mystères de la déesse, demeuraient toute l'année dans l'Acropole ou le Parthénon. Le dernier jour de leur claustration était précisément celui de la fête. Elles recevaient alors des prêtresses les vases mystérieux, et, sans savoir ce qu'ils contenaient, elles descendaient les porter à une grotte naturelle située dans le district d'Aphrodite aux Jardins. Quand elles les y avaient déposés, elles retournaient vers les prêtresses avec d'autres vases pris dans la grotte, dont le contenu leur était également caché par des couvercles. Ce dernier ofliea accompli, elles quittaient la robe blanche, qui était devenue leur vêtement depuis leur entrée au service d'Athêné; ainsi se trouvait marquée la tin de leurs fonctions, et elles étaient remplacées par d'autres jeunes filles en nombre égal, dont les fonctions se terminaient aussi, comme l'année, au mois scirophorion.

SCIROS, ancienne place forte de la Laconie, dans le Péloponèse.

SCIRPE s. m. (sir-pe — lat. seirpui, jonc, roseau, mot que Curlius rattache, ainsi que le verbe scirpare, lier, tresser, à la même famille que l'ancien allemand sciluf, allemand moderne chilf, roseau, et le grec rips, claie, natte, ripis, éventail, d'un radical rip pour skirp. Pott en rapproche aussi le grec gripos,

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