C. D'HAKLEVILI.E
L'or est un grand secours pour acheter un cœur ; Ce métal, en amour, est un grand séducteur.
Recn.ird.
— Adjectiv. Qui séduit, qui fait tomber en erreur ou en faute : Des discours SÉpuctiïUKS. Un ton SÉDUCTEUR.
— Séduisant, attrayant : Un talent séducteur. Un charme séducteur. Une grâce séductrice.
— Relig. Esprit séducteur, Démon.
— Syn. Séducteur, séduisant. Séducteur ne se dit que des personnes ou de leurs actions, de leurs qualités, et il suppose toujours l'intention de séduire par adresse, par artifice. Séduisant se dit de tout ce qui séduit par sa nature même, sans effort, sans art : des attraits séduisants sont tels parce que la beauté est toujours sûre de plaire ; des attraits séducteurs sont ceux qu'une femme se donne par la toilette ou par la coquetterie.
Séducteur (le), comédie en cinq actes et en vers, du marquis de Biévre; Théâtre- Français, 8 novembre 1783. L'auteur fameux de tant de calembours a essayé dans cette pièce de s'élever jusqu'au genre sérieux, et ii y a réussi sans cesser d'être spirituel. En ouvrant le volume, on s'attend volontiers
SEDU
a quelque surprise dans le genre du vers de début de la tragédie de Homulus :
O Rémus, dominez sur les remparts de Rome! Il n'y a rien de pareil dans le Séducteur; en revanche, on y trouve une action intéressante, bien conduite et des vers bien tournés. Orgon a promis sa fille Rosalie à un gentilhomme nommé d'Arinunce. Rompre ce mariage, tel est le projet du séducteur, un élégant marquis. I! entoure d'Annance, le se :uit par le ton et les principes à la mode et le détourne ainsi de la liaison qu'il doit contracter. En même temps, à l'aide de son ancien valet Zéronès, qu'il a introduit dans la société à titre de philosophe, il s'empare du crédule Orgon; celui-ci, en effet, s'est mis en tète de devenir philosophe, pour « n'être plus occupé que de lui seul. » Après avoir ainsi nettoyé les abords de la place, le marquis manœuvre pour enlever Rosalie. On voit bien, dès l'exposition, qu'aucune considération morale ne l'arrêtera sur le choix des moyens. Geoffroy, dans l'Année littéraire, attire surtout l'attention sur la scène v du premier acte comme annonçant bien le caractère du marquis. Il se vante de tromper facilement deux femmes à la fois. D'Arinance s'en étonne et lui dit :
Comment faites-vous donc Pour mener a la fois deux intrigues de front? Il peut se rencontrer que dans une journée On ait deux rendez-vous la même apres-dînée, A la même heure, enfin.