LE MARQUIS
Premièrement, l'on peut Se les faire donner à l'heure que l'on veut; C'est un principe aisé qui s'apprend par l'usage Et qu'on ne devrait plus ignorer à ton âge.
d'armaMCe.
Mais si vous recevez deux lettres ?
LE MARqUIS.
Ah! ma foî, Les épltres jamais ne me trouvent chez moi; C'est bien asseï d'uvoir ta peine de les lire, Sans s'imposer encor la fatigue d'écrire. Enûn, deux rendez-vous n'ont rien d'embarrassant; Un sot se tirerait d'affaire en refusant; lloi, j'accepte toujours. Par la, je me délivre Des explications que les refus font suivre. Deux femmes m'ont voulu pour le môme moment '. , Je cours d'abord chez Tune avec empressement; J'arrive un peu plus tôt pour lui marquer mou zele Et ie fais naître ensuite un sujet de querelle; De violents soupçons me mettent en courroux; Je suis outré, je cède à mes transports jaloux. L'heure sonne, et je fuis de désespoir chez l'aulre. Puis, le soir, on m'écrit : • Quel amour est le vôtre Sans lui je ne puis vivre, avec lui je mourrai. Venez rendre le calme a mon cœur déchiré, • Je m'endors tendrement, et. dès que je m'éveille. Je cours faire oublier les fureurs de la veille.
De toutes les personnes qui approchent Rosalie, Orphise, jeune veuve qui est son amie, a seule distingué clairement les trames du marquis. Elle espère pouvoir lutter contre lui et protéger la tendre et innocente jeune fille; mais quand elle parvient à donner des soupçons à Orgon sur 1 intelligence qui ex iste entre le marquis et Zéronès, le marquis la déjoue sans peiue; il dit tout bas à Zéronès;
Faisons-nous une bonne querelle.
A quoi Zéronès répond tout bas aussi : Eh! que nous dirons-nous?
Parbleu ! nos vérilé», répond plaisamment le marquis. En effet, ils se disent 1,'un à l'autre des choses très-dures, et la scène devient fort comique. La ruse leur réussit : Orgon les réconcilie et finit par les embrasser tous deux.
Le projet formé par le marquis d'enlever Rosalie lui semble enfin pouvoir s'accomplir. Orgon, irrité contre sa fille par les faux rapports de Zéronès, la menace du couvent. Le marquis représente h. Rosalie son existence vouée aux larmes, lui fait croire qu'elle est trahie par son amant et par ses amies, et lui offre un refuge chez sa propre mère. Zéronès écrit à la jeune tille une lettre touchante signée du nom de la mère du marquis et va chercher une personne qui sache en jouer le rôle. Au cinquième acte, tout est prêt : la lettre a été remise, un carrosse est dans le parc, la mère prétendue du marquis y attend la victime. Rosalie descend. Si elle rencontre le marquis, c'en est fuit d'elle. Heureusement, d'Armance se trouve sur ses pas. Ils causent ensemble, ils épanchent mutuellement leur cœur, et tout est oublié, sauf leurs premiers serments d'amour. En ce moment arrivent avec des flambeaux le père et les amies de Rosalie. Elle'déclare tout, la séduction du marquis, sa crédulité, sa faiblesse, le hasard qui la sauve. Orgon rend grâce au ciel, embrasse sa fille et la donne à d'Armance. Le marquis ne trouve plus que Zéronès au rendez-vous et termine la pièce par cette mauvaise plaisanterie :
Je rends grâce a mon sort, il ne m'a rien dté; J'enlève la sagesse au lieu de la beauté.
Suivant Laharpe, le Séducteur n'est qu'une mauvaise copie du Lovelace de Richardson et du Cléon de Gresset. Quant à la conduite de la pièce, elle est mauvaise, du moins pendant les trois premiers actes, où ii n'y a point de progression, où tout est sacrifié aux développements du principal personnage. Le rôle de Zéronès, composé dans une intention manifestement satirique contre les philoso*
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phes, est une imitation du Charondas de Palissot. Le style, bien inférieur à celui du Méchant, auquel on le compara dans le temps, n'est, en généra), ni dur ni incorrect; il a quelquefois de l'élégance, mais il n'est nullement exempt de foutes. Son élégance travaillée est bien loin de cette aisance heureuse qui fait que le vers comique ne coûte rien à retenir, parce qu'il semble n'avoir rien coûté à faire. Laharpe, tant de fois sifflé, est beaucoup trop sévère pour les autres.
Séductear amoureax (le), comédie en trots actes et en vers, de Longchamps; Comédie- Krançaise, 24 janvier 1803. Cézanne, élevé par son tuteur avec Adèle d'Ernanges, sa cousine, a longtemps fait de celle-ci la confidente de ses Bonnes fortunes, tl lui a révélé tous les secrets de l'art du séducteur, qu'il professe et pratique avec succès, sans néanmoins chercher à la mettre elle-même au nombre de ses victimes. Adèle, devenue veuve, habite le château de son père, où Cézanne la retrouve après dix ans d'absence. Cette fois, il est frappé de sa beauté, de son esprit, et il en devient sincèrement amoureux. Mais on le connaît trop pour se lier à ses protestations. La soubrette d'Adèle, Florestine, ne se laisse point gagner parce qu'elle ne peut le croire. Adèle persifle Cézanne lorsqu'il essaye de lui inculquer la véritable expression de ses sentiments, et elle lui rappelle les savantes combinaisons de séducteur dont il l'a autrefois rassasiée. Le tuteur, à qui il se présente pour faire une demande de mariage en forme, se moque de lui et déclare qu'il connaît aussi son caractère. Meiloour, jeune fat dont Cézanne a été le maître en fait de ruses d'amour, ne veut pas croire qu'on puisse quitter la brillante carrière d'homme à bonnes fortunes pour s'attacher uniquement à une femme. Il n'y a pas jusqu'à Valentin, valet fidèle, mais éclairé par la conduite précédente de son maître, qui ne refuse de croire à ses loyales intentions. Adèle cependant aime son cousin, et, pour l'éprouver, elle écrit, d'accord avec son père, un billet qui sera supposé envoyé par une Mme de Saint-Bertin que Valentin, croyant bien faire, a nommée comme une des conquêtes de son maître. Si Cézanne se rend à l'invitation, il sera condamné; s'il résiste, on peut croire à ses sentiments. Au moment donc où Cézanne vient d'obtenir d'Adèle l'aveu de son ainour, il reçoit en sa présence un billet qui l'invite à se rendre au parc, et il y court. La jeune veuve ne doute plus de sa perfidie ; le père le suit pour le confondre. Mais presque aussitôt Valentin arrive porteur du billet supposé, et Adèle, rassurée sur le coeur de Cézanne, apprend bientôt quelle preuve nouvelle il voulait donner de la sincérité de ses paroles en exigeant de Meilcour une réparation pour des indiscrétions que celui-ci s'était permises. On les réconcilie et on les ramène au château, où chacun, convaincu de la conversion de Cézanne, s'empresse à assurer son bonheur.
« Il est très-invraisemblable, dit Geoffroy, que le séducteur conçoive tout à coup un amour violent pour sa cousine, qu'il a vue pendant dix ans avec la plus froide indifférence et qu'il respectait même assez peu pour en faire la confidente de ses stratagèmes galants. On peut ajouter qu'il est tort étrange que la moraliste Adèle (c'est l'épithèle donnée à cette cousine) se soit assez peu respectée elle-même- pour ne pas rejeter de pareilles confidences... Si l'on veut avoir la complaisance de dévorer ces fautes contre la vraisemblance théâtrale, on en sera dédommagé par des situations agréables, quoique trop prolongées et trop uniformes... Les deux premiers actes manquent d'action, le dernier en regorge; après une longue suite de conversations un. peu vides, on se sent tout à coup étourdi par la rapidité des événements. Le feu est à ce dernier acte ; on n'y voit presque rien à force de trop voir : les nœuds sont déliés presque aussitôt que formés, les incidents se succèdent comme des éclairs. L'idée de la pièce, sans être vraisemblable, est ingénieuse. II y a des longueurs, mais dont l'ennui est presque toujours racheté par un trait heureux. l'Iusieurs scènes offrent un comique de situation assez gai ; la pièce abonde en bons mots et en plaisanteries agréables. »
SÉDUCTION s. f. (sé-du-ksi-on — lat. seduclio, de sedueere, séduire). Action de séduire : Séduction de la jeunesse. Séduction de témoins, (Acad.) Les deux plus grandes puissances de la séduction sont le danger et te mystère. (Mmo E.ûe Girard.) Tout ce qui dépayse l'homme l'expose à ta séduction et le démoralise. (Lamart.) il Se dit particulièrement de l'action de séduire, de corrompre les femmes : Rapt de séduction. (Acad.) Cer* tains hommes adorent tes femmes gui jouent à la séduction comme on joue aux caries.
(Balz.)
— Action d'être séduit : L'erreur d'espérance formée par la vivacité du premier âge ouvre à l'imagination, si capable alors de séduction, mille lueurs éloignées de fortune et de plaisir. (Mass.)
— Attrait qui a quelque chose d'irrésistible : La séduction des richesses, de la jeunesse, de l'esprit, du pouvoir. Les séductions des passions sont innombrables , pressantes, inévitables. Il y a de la séduction dans son style. On ne sait pas assez tout ce qu'il y a
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de séduction dans l'art de bien lire. (Mme E. de Gir.) Il faut que le rôle de consolateur- ait bien des séductions, car tous les hommes essayent de le jouer. (L. Enault.)
— Objet qui séduit : Le plaisir est la séduction de la jeunesse; par cette amorce trompeuse on l'entraine à toute sorte d'écarts. (Mass.) La générosité est la plus sûre des séductions, (j. Arago.)
— Relig. Esprit de séduction, Démon : Dieu permet à J'eSprit de séduction de tromper les âmes hautaines. (Boss.)
— Encycl. Morale et jurispr. Parmi les divers faits dont l'ensemble constitue soit ce que le code pénal appelle un attentat aux mœurs, soit ce que le monde, beaucoup plus indulgent, appelle une conquête galante, l'acte préparatoire de la séduction joue un rôle important. Il y a des séductions qui sont de véritables crimes; d'autres ne peuvent pas même être considérés comme des délits, tant celle qui en est la victime offre de bonne volonté, et c'est ce qui explique pourquoi la plupart des législations, dans l'impossibilité de trouver une formule équitable, ont renoncé à s'occuper de la séduction en tant que crime ou délit. Ainsi, la législation française ne contient aucun texte qui prévoie la séduction et qui en organise directement la répression. Ce n'est que dans ces derniers temps que la magistrature, effrayée de la multiplicité et de la gravité de certains faits, s'est décidée, à défaut d'une loi pénale permettant d'infliger une peine, d'appliquer à la séduction bien caractérisée les dispositions de la loi civile sur les dommages-intérêts. Cette nouvelle jurisprudence, qui gagne chaque jour du terrain, est un pas de fait dans la voie de la moralité et de la justice et constitue un véritable progrès.
Le silence de la loi dans une matière aussi grave paraît au premier abord inexplicable. En effet, si l'on met de côté l'attentat à la pudeur tenté ou consommé avec ou sans violence sur un enfant de l'un ou de l'autre sexe âgé de moins de treize ans (loi du 13 mai 1S63), au delà de cette limite d'âge il faut qu'il y ait viol ou tentative de viol pour que la loi reconnaisse un crime ; sinon, on se trouve en présence d'une séduction, c'est-àdire d'un fait qui ne constitue ni crime ni délit. Cependant , il semble que celui qui abuse de l'inexpérience d'une jeune tille de plus de treize ans pour obtenir de l'égarement de ses sens ou de la faiblesse de sa raison des faveurs que sa volonté éclairée et réfléchie eût refusées commet un de ces actes que toute conscience honnête doit flétrir, que toute loi morale doit réprimer et que même toute loi pénale devrait punir. Le législateur français a hésité et finalement s'est abstenu. Il est curieux de connaître les raisons de son abstention. « Nous avons pensé, dit le rapporteur du code pénal du 25 septembre 1791, que, lorsqu'il s'agit d'une jeune fille de seize ans, la séduction, que la nature n'avait pas mise au rang des crimes, ne pouvait y être placée par la société. Il est si difficile, à cette époque de la vie où la précocité du sexe ajoute k une excessive sensibilité, de démêler l'effet de la séduction de l'abandon volontaire. Quand les atteintes portées au cœur peuvent être réciproques, comment distinguer le trait qui l'a blessé? Comment reconnaître l'agresseur dans un combat où le vainqueur et le vaincu sont moins ennemis que complices? » C'est par des raisons do cette nature, qui semblent plutôt empruntées au code de la galanterie qu'au code pénal et qui sont moins du ressort de la morale que de celui de la physiologie, que les législateurs de 1791 se sont décidés à laisser la faiblesse et l'inexpérience complètement désarmées en présence des don Juan et des Turcaret. De là cotte étrange anomalie, que les femmes, considéréescomme mineures pour l'administration de leurs biens, sont traitées comme majeures pour le soin de leur honneur. Le code pénal du 2 février 1810, encore actuellement en vigueur, n'a rien changé à cet état do choses. Seulement, le nouveau législateur a donné de son silence des raisons moins sentimentales que le législateur de 1791. 11 s'est moins préoccupé de protéger les intérêts moraux que de veiller aux intérêts sociaux. Aussi s'est -il borné à exercer son action répressive sur les faits contraires à la décence qui se produisent en publiûj sur ceux qui attentent à la pudeur de l'enfance ou qui ont pour objet de corrompre la jeunesse à l'âge où la loi la couvre de sa protection spéciale, sur les vio-
\ lences commises à l'égard des personnes, enfin sur les atteintes portées au mariage. Quant aux actes qui, honteux en eux-mêmes,
I n'ont d'autre effet que de dégrader leurs auteurs, leur répression n'a pas paru commandée par des motifs aussi impérieux. Il a d'ailleurs semblé qu'il serait souvent difficile de les saisir au milieu des ténèbres où ils se cachent d'ordinaire. On a pensé qu'il y aurait toujours de graves inconvénients à livrer à la publicité de pareils scandales et qu'il ne serait pas sans danger d'autoriser l'inquisition du magistrat dans le secret de la vie privée. « Aussi le législateur, dit M. Faustin Hélie, en a-t-il abandonné le châtiment a la justice divine et à la conscience des coupables. •
La loi romaine était plus sévère ; le crime de séduction y était prévu. Le fait de séduire
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par promesse ou par présents une fille ou une veuve jusque-là irréprochable était qualifié de stuprum. La peine variait avec la qualité du coupable. Si le séducteur était d'une condition élevée, il Était puni par la confiscation de la moitié de ses biens; s'il était, au contraire, d'une condition inférieure, il était puni de la relègation. Le droit canonique, moins sévère que le droit romain, condamnait à épouser ou à doter la fille séduite; cette disposition, qui fut longtemps en usage, linit par tomber en désuétude. Elle avait tellement ouvert la porte aux «bus, que ce droit avait dégénéré en spéculation effrontée, et que l'état de fille séduite était devenu un métier. On s'effraya des difficultés de la preuve, on recula devant une inquisition dans la vie privée, et on reconnut que, par la divulgation , au lieu de remédier au mal, on l'empirait. Le remède était pire que le mal. De là peut-être le silence de la loi française actuelle en ce qui concerne la séduction considérée comme délit.
La loi prussienne ne s'est pas laissé effrayer par les dangers de la répression en cette matière. Elle a édicté contre le séducteur la peine de six mois d'emprisonnement avec travail forcé. Aux Etats-Unis , le séducteur âgé de moins de vingt-cinq ans n'est condamne qu'à l'amende; au delà de cet âge, il est puni de l'emprisonnement. Une simple promesse de mariage non suivie d'effet est considérée comme tentativede séduction, et le coupable est mis en demeure d'épouser ou de payer une somme souvent considérable. La fille séduite el abandonnée qui se venge de son séducteur à coups de revolver ou autrement est toujours sûre d'être acquittée par le jury américain; il en est que l'on a portées en triomphe. Même en Fram-e, le dénoûinent de quelques récents procès de ce genre semble indiquer que les mœurs américaines commencent à se propager. En Angleterre, une action civile est ouverte au père de la victime pour atteinte à l'autorité paternelle. Quant à la famille, elle peut réclamer des dommages-intérêts à titre d'indemnité. Les Anglais ont si bien compris ce que la séduction n d'immoral et d'antisocial, qu'ils ont formé des sociétés libres et puissantes pour faciliter aux indigents l'application de la loi relative aux cas de séduction.
Depuis 1860, la jurisprudence des tribunaux français tend à corriger la loi et à considérer la séduction comme un quusi-délit; elle permet à la victime d'ouvrir une action en dommages-intérêts. Naturellement , en l'absence de textes positifs, l'appréciation des faits se trouve remise à la discrétion du juge. D'après un arrêt de la cour de Dijon, l'inégalité d'âge, d'intelligence, de position, même de forces physiques sont la preuve d'une contrainte morale exclusive d'un consentement intelligent et d'un entraînement volontaire. Les cours de Caen, Bordeaux, Rouen, Paris, Metz et Nîmes ont adopté cette jurisprudence : le 6 juillet 1S67, la 4« chambre du tribunal de la Seine, sur la plaidoirie de M. André Rousielle, avocat, a condamné un patron qui avait séduit son apprentie à payer à cette dernière une pension alimentaire annuelle et viagère de 300 francs.
SÉDUIRE v. a. ou tr. (sé-dui-re — latin sedueere, proprement conduire à l'écart, de se, préfixe marquant l'écartentent, l'action de mettre à part, et ducere , conduire, mener). Faire tomber en erreur ou en faute : Cet hypocrite séduisait le peuple. Il l'\ séduit par ses maximes pernicieuses. Cela ne peut séduire que les hommes simptes et ignorants. Un faux espoir nous avait séduits. Plus on aime la vérité, plus tout ce qui se couvre de ses apparences peut nous séduire. (Mass.) Ce n'est pas la raison de l'homme qui le séduit, c'est son cœur. (Malebr.) Les erreurs historiques séduisent les nations entières. (Volt.) L'esprit de l'homme est encore plus facile à séduire et plus égoïste que son cœur. (Guizot.) Il Se dit particulièrement des personnes que l'on décide à des actes contraires k la vertu : Selon l'opinion, quand un homme de trente ans séduit une jeune personne de quinze ans, c'est la jeune personne qui est déshonorée. (H. Beyle.) Les misérables femmes, en se laissant séduire, ne savent guère tes maux qu'elles apprêtent. (Beaumarch.) La femme qui doit me séduire n'est pas encore maquillée. (H. Rochefort.)
Jupin, expert dans l'art de séduire les cœurs. Prit, comme les trois quarts de nos adorateurs, La forme d'une belle bête.
Demoustier.
— Suborner : Séduire des témoins, il Vieux en ce sens.
— Gagner par quelque attrait: Votre franchise m'k séduit. Ce projet me séduit. Chaque année la nielle fait des victimes parmi tes enfants que séduit la beauté de ses fleurs. (H. Berthoud.) l'ont ce qui a un air de force séduit naturellement les femmes. (Roussel.) Il y a des natures généreuses que l'infortune séduît et que le danger attire. (Lamart.) Ce gui nous séduit, ce n'est pas la vérité, c'est l'art. (E. de Gir.)
On ne réussit point sans un peu d'art flatteur, Et la grossièreté ne séditil point un cœur.
Voltaire.
■ — Absol. :Sa manière délire séduit. (Acad.)
Il est plus facile de séduire que de convaincre.
(Mme y. Bachi.) La femme séduit surtout par
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son ignorance. (Cl atemih.) L'esprit séduit, la bonté attache. (Ueauchéne.) L'adresse SÉ- DUIT, l'enthousiasme fait des prosélytes. (l)j Lévis.) Le grand monde es'; léger, inappliqué, volage, Sa voix trouble et siduit ; est-on seul, on est snge.
De Biêvre.
Se séduire v. pr, Etre séduit : Les femmes se séduisent d'autant plus aisément qu'elles sont plus ignorantes.
— Se gagner so-même, se faire tomber soi-même dans un« erreur ou une faute ; Cé"dona là. Vains efforts, qui ne font que m 'in striure Des faiblesses d'un cœur qui cherche a se séduire.
— Se faire tomber mutuellement en faute ou en erreur : Le monde est plein de dissimulation; nous ne vivws, ce semble, que pour nous séduire tes uns les autres. (Mass.)
— Syn. Séduire, corrompre, suborner* V. CORROMPRE.
SÉDUISANT, ANTE adj. (sé-dui-zan, an-to
— rad. séduire). Qt-i séduit, qui est propre k
j séduire : Discours .séduisants. Converi'ition
; SÉDUISANTE. Air SÉDUISANT. Offres SÈDU1SAN-
! tes. (Acad.) Le calme est préférable au trouble des passions les plus séduisantes. (J.-J. I Rouss.) Toute la lignée des Cuises fut audacieuse, téméraire, factieuse, pétrie du plus insotent orgueil et de li polittsse la plus séduisante. (Volt.) Les grâces, séduisantes dans la jeunesse, deviennent des minauderies dans l'arriére-saison. (Mme un Puisieux.) Les hommes égoïstes et méchants cachent leurs vices sous le masque séduisant de la politesse. (Boit;ird.) La phraséologie la plus séduisante n'est souvent employée en diplomatie que pour couvrir le fond le plus vicieux. (Dupin.) Quoi de plus séduisant que la grâce unie à lu force? (Mmc E. de Gir.) En ioutei choses, les systèmes simples, s'ils ne sont pa.i les plus pratiques, sont tes plus séduisants. (Vacherot.)
Quel mot a frappé mon oreille 1 Quel espoir séduisant dans mon cœur se réveille !
Voltaire.
Vtnez, courti lanes fameuses, Répétez les jmx séditisants, Ces pantomimes amoureuses, Et ces danses voluptueuses Qui portent l'i feu dans les sens.
Parst.
— Qui inspire l'air our, l'affection, la sympathie : Homme séiuisant. Femme séduisante. JRien de si aii.iable qu'un homme séduisant, mais rien de plus odieux qu'un séducteur. (Ninon de Lenclos.) La femme ta plus honnête ne résille pas à la tentation de
, paraître séduisants. (Aime e. de Gir.)
— s. f. Comm. Eio fa dont la chaîne est en soie grenadine et la irame en fantaisie.
| — Sjn. S<5dul>unt , ■cduclcur. V. SÉDCC- 1 TEUR.
SEDCLIDS (Caïus Cœlius), poète latin qui vivait au vc siècle. O i ne possède aucun ren- 1 seignement sur l'existence de cet écrivain, 1 connu seulement par son poëine intitulé Carmen Paschale, dédié à Théodose II et qui a été très-diversemert apprécié. Les principales éditions sont celles de Leipzig (M99, in— io), Milan (1501, ins»), Paris (I5S5), Rome (1794, in-4°).
SÉDUM s. m. (sé-domm — du lat. sedare, calmer). Bot. Nom scientifique du genre orpin,
SEDUNI, tribu gau oise qui habitait la ré-* gion alpestre de l'enpire romain, dans la vallée supérieure du Rhône (leValais actuel). La capitale des Sedun était Sedunum ou Civitas Sedunorum, aujourd'hui Sion. 11 était compris dans la province des Alpes-Grées-et- Pennines.
SÉE, petite rivière du France (Manche). Elle prend sa source dans le canton et l'arrond. de Mortain, coule à l'O., baigne Avraneh<is, reçoit la Célune et se jette dans la baie Saint- Michel, après un cours de 65 kiiom.
SÉE (Germain), médecin français, né k Ribeauvillé (Haut-Rhin) le 6 mars 1818. Son père, d'origine et de religion Israélite, lui fit faire ses éludes à Metz. M. Germain Sée choisit la carrière médicale, se fit recevoir docteur à Paris en 1846 et s'y rixa. En 1852, il devint médecin des hôpitaux, et, en lseo, il fut nommé, sans avoir passé par l'ugrégatioti, professeur de thérapeutique a la Faculté, en remplacement de Trousseau. Sa nomination fut assez mal accueillie par les étudiants; mais M. Sée ne tarda ms à gagner leur sympathie par son remarquable enseignement, et il acquit une grande popularité à l'Ecole de médecine lorsqu'une pt tition, adressée au Sénat par des cléricaux i itramontains en 180*, dénonça ses doctrines scientiliques, ainsi que celles de plusieurs de :;es collègues. La discussion qui eut lieu a ce sujet au Sénat eut un grand retentissement et mit le docteur Sée tout à fait en évidence. Le savant professeur se vit l'objet d'éclatantes ovations de la part des étudiants. A la fin de cette même année, il succéda à fil. Monneret, .comme professeur de clinique médicale, et, le 27 juillet 1809, il fut nommé membre de l'Académie de médecine à la place de Grisolle, Outre des articles publiés dans le Nouveau dictionnaire de médecine pratique, en lui doit : De la chorée et des affections nerveuses en général (1 851 , in-8°); Leçons de pathologie expérimentale
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du sang et des anémies (1866) ; Leçons sur l'action physiologique du tabac, sur l'épilepsie, etc., publiées dans le Bulletin thérapeutique et dans le Courrier médical (1869); Conférence sur le régime alimentaire pendant le siëffe (1870, in-8<>), etc.
SÉE (Marc), chirurgien français, parent du précédent, né k Ribeauvillé en 1827. 11 vint étudier la médecine à Paris, où il se fit recevoir docteur. Nommé ensuite professeur agrégé de la Faculté et chef des travaux anatomiques, il est devenu en dernier lieu chirurgien de l'hôpital Sainte-Eugénie. Au début de la guerre de 1870, il fut attaché, comme médecin en chef, à l'ambulance de la presse, qui fut faite prisonnière par les Prussiens au mois d'août et qui, relâchée au bout de huit jours, revint en France par la Belgique. Le docteur Sèe a collaboré a la 4e édition du Traité d'anaiomie descriptive de Cruveilhier, a traduit de l'allemand, avec Béclard, les Eléments d'histologie humaine de Koelliker, et publié, entre autres écrits : Anatomie et physiologie du tissu élastique (1860, in-8o); Rapport sur la campagne faite par la deuxième ambulance (1871, i»-8°), etc.
SEEBECK (Jean-Thomas), physicien allemand, né à Reval en 1770, mort en 1831. Fils d'un riche négociant, il se trouva de bonne heure maître d'une belle fortune et put se livrer à son goût pour les sciences. Seebeck étudia la médecine à Berlin et à Gœttingue, se flt recevoir docteur, puis s'adonna entièrement à l'étude des sciences physiques. S'étant rendu à Iéna, il s'y fixa, s'y lia d'amitié avec Goethe et plus tard se rendit fréquemment auprès de lui à Weimar, où il entra en relation avec le grand-duc. En 1810, Seebeck quitta Iéna, voyagea en Allemagne, puis habita Nuremberg jusqu'en 1818. Devenu membre de l'Académie de Berlin, il alla se fixer dans cette ville, où il mourut d'une hypertrophie du cœur. Seebeck s'est rendu célèbre par ses recherches sur l'électricité et sur l'optique. Il obcint le premier l'ammoniure de mercure en 180S, mais c'est surtout par ses expériences remarquables sur l'optique que son nom est connu. J/Académie des sciences, pour le récompenser de ses travaux, le nomma membre correspondant et lui fit partager avec le docteur Brewster un prix de 3,000 francs. En 1821, il découvrit qu'il y a production de l'électricité par élévation de la température de deux, métaux soudés, lorsqu'on prend soin de chauffer une des soudures et de maintenir l'autre à la température de l'air ambiant; la constatation de ce phénomène amena la découverte de la pile thermo-électrique. Il fit aussi des expériences très-intéressantes sur le pouvoir que possèdent certaines substances de changer le plan de polarisation de la lumière et enfin sur les rayons du spectre, envisagés au point de vue de la distribution de la chaleur. '
Seebeck fut un expérimentateur très-babile, mais il manquait de cet esprit qui coordonne les faits et en déduit une théorie. De (lus, il continuait à prendre au sérieux quelques-unes des théories émises par les physiciens du siècle précédent et se refusait à croire, par exemple, que le magnétisme, ou science des propriétés de l'aimant, eût des rapports intimes avec l'électricité.
SEEBODE (Joachira -Thierry- Godefroy ), ph.lulugue allemand, né à Salzwedel en 1792, mort à Wiesbuden en 1860. Il fut successivement recteur de l'Andreanum k Hildesheim, directeur du gymnase de Gotha (1836), puis directeur du gymnase de Wiesbaden (1844). Indépendamment de ses belles éditions de Tacite, Thucydide, Eutrope, Florus, Seebode a publié : Corpus historicorum lutinorum (Wittemberg, 18i5); MUcetlaiieu criiica (Wittemberg, 1822, 2 vol.); Livre de cantiques (1826); Bibliothèque critique de philologie (lS28t:t suiv.), recueil important, qui l'ut jusqu'en 1840 l'organe le plus considérable de lu philologie en Allemagne, et que Seebode continua avec Jahn et Iilotz sous le titre à' Annales pour la philologie et la critique. Seeboda est considéré comme un des fondateurs de la critique relative aux variantes de textes.
SEEBURG, bourg de Prusse, province de Prusse, régence de Kœnigsberg, cercle et k 26 kiiom.S.-O. de Rossel, sur deux petits lacs; 2,137 hab.
SEEGER (Christophe-Denis, baron de), général wurteinbergeois, né à Sehoekingen en 1740, mort a Blaubeuern en 1808. Entré au service wurteinbergeois comme cornette dans un régiment de cuirassiers, il fut nommé successivement lieutenant, aide de camp et, en 1768, capitaine. En 1770, il fut chargé par le prince de lui présenter le plan d'un établissement destiné à l'éducation des jeunes ofciers. En 1773, Seeger fut nommé intendant de cet établissement, qui reçutplus tard plusieurs dénominations, en dernier lieucelle d'Académie militaire. Rentré au service après la suppression de cet établissement, Seeger, nomme précédemment pur les états de Souabe colonel et adjudant général , reçut , en 1795, le brevet de major général des troupes du cercle de Souabe. En 1799, il combattit contre les Français, se distingua à Bielighfeitn et k Loehgau, et contribua au succès d.6s combats de Sinzheim et de "Wisloch. 11 fit en qualité de commandant du contingent V '.utembergeois la campagne de 1800 contre