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SEEMAN (Isaac) , peintre Israélite , né a Dantzig, mort k Londres vers 1730. Il quitta la Pologne pour se rendre en 170Q en Angleterre, oà il acquit de la réputation comme peintre de portrait à Londres. Plusieurs de ses tableaux ont été gravés par J. Faber. Isaac Seeman a laissé deux fils, peintres tous deux. Le plus jeune, Isaac, mort en 1744, peignit comme son père, mais avec plus de talent encore, des portraits et des têtes de vieillards. Un grand nombre des productions de son pinceau ont été gravées par les premiers graveurs de son siècle.
SEEMANN (Berthold), voyageur et naturaliste allemand, né à Hanovre en 1825. 11 s'adonna de bonne heure à l'étude des sciences naturelles, notamment de la botanique et de l'anthropologie, fut attaché en 1816, comme naturaliste, à l'expédition anglaise du Herald, qui était chargée de relever une partie des côtes du grand Océan, s'embarqua au mois d'août de la même année en Angleterre, visita Madère et les Indes occidentales et se rendit ensuite k Panama. Comme le Herald n'était pas encore arrivé, il profita des loisirs que lui procurait ce retard pour explorer le territoire de l'isthme, sur lequel on n'avait jusqu'à ce jour que des notions fort incomplètes, et non-seulement il y recueillit un grand nombre de plantes et d'animaux nouveaux, mais encore il découvrit k Veraguas de précieuses antiquités. A dater du commencement de l'année 1848, il entreprit divers voyages dans les Andes du Pérou et de l'Equateur etdans différentes provinces duMexique occidental, et fit l'année suivante, sur le Herald, trois excursions aux mers arctiques, en passant par le détroit de Behring. Il recueillitdans cet intervalle des matériaux pour une flore complète de l'extrémité nord-ouest de l'Amérique et pour l'ethnographie des Esquimaux. Il revint en 1830 en Europe, parles îles Sandwieh, Hongkong, Singapore, le Cap, Sainte-Hélène et l'Ascension, et débarqua k Londres eu juin 18*51. Il publia alors la relation de ses voyages sous ce titre : Récit du voyage du vaisseau de Sa Majesté le Herald et de trois croisières dans tes régions arctiques à ta recherche de sir John Franklin (Londres , 1852 , en anglais ; Hanovre , 1853 , 2 vol., en allemand). H fit ensuite connaître les résultats de ses recherches botaniques dans un magnifique ouvrage (Londres, 1852- 1857), qui valut à son auteur l'amitié d'AL de Humboldt. M. Seemann avait, dans l'intervalle, fondé le journal botanique Bonplandia, qui parut k Hanovre de 1853 k 1863, mais qui, à dater de cette époque, fut publié k Londres sous un nouveau titre, celui de Journal de botanique.
En février 1860, il se rendit de nouveau, par l'Egypte et par l'île Maurice, dans la mer du Sud, visita d abord Sydney et Melbourne et atteignit ensuite les Iles Fidji, qu'il explora dans tous les sens, par ordre du gouvernement anglais. De retour k Londres, il publia sur cette nouvelle excursion un ouvrage intéressant, intitulé Viti, relation d'une mission du gouvernement aux îles Vitiennes ou Fidjiennes (Londres, 1862), qui fut suivi d'une Flura Vitiensis (Londres, 1862 et suiv., avec 100 pi.). Après avoir parcouru en 1&64, aux frais de quelques capitalistes fiançais et hollandais, une partie de Venezuela, M. Seemann revint eu 1865 dans l'Amérique centrale, où il visita le Nicaragua et acheta la Javati, la plus riche mine d'or et d'argent du centre de l'Amérique, De retour en Europe pendant l'été de 1866, il repartit vers la fin de la même année pour le Nicaragua, où il prit possession de eeLte mine qu'il administra provisoirement pendant six mois. A son retour en Angleterre (juin 1867), il publia sous ce titre : Dotlinys of road-side (Londres, 1868), une reproduction détaillée des lettres qu'il avait adressées k VAthengum sur son voyage. Outre les ouvrages déjà mentionnés, on a encore de lui : le texte du Paradùus Vindobonensis de Hartinger (Vienne, 1847 et suiv.); la Nomenclature populaire de la flore américaine (Hanovre, 1851, en anglais) ; les Acacias introduits en Europe (Vienne, 1S52, en allemand); Histoire populaire despalmiers, excellent ouvrage (Londres, 1856, en angl.; traduit en ail. par Boll, Leipzig, 1857) ; Histoire de l'isthme de Panama (Fanama, 1867, 2e édit en angl.).
SEEMI1LEK (Sébastien), orientaliste allemand, ne à Veldin (Bavière) en 1752, mort à Munich en 1798. Entré chez les augustins, il enseigna la théologie et l'hébreu dans les collèges de son ordre, puis devint professeur de langues orientales à Ingolstadt (1781), bibliothécaire de l'université et conseiller de l'électeur. Il venait d'être nommé curé de Fontenned k Munich, lorsque ta mort le frappa. Ses principaux ouvrages sont* liutitutiones ad interpretalionem sanctx Scriptural (Augsbourg, 1779, in-8°) ; £'S. Jacobi et Judas app. epistolX cathotiae (Nuremberg, 1783, iii-S»); Septempsalniiptenitentiules (Ingolstadt, 1790, in-4<>); Quindecim psulmi graduâtes (Nuremberg, 1791, in-40).
SEEB s. m. (sir). Métrol. Poids de Bombay valant 317 grammes. Il Poids de Calcutta et du Bengale, valant 847 grammes.
SEESEN, ville de l'Allemagne du Nord, dans le duché de Brunswick, cercle de Gandersheim, dans une vallée du Harz, k 25 kilom. S. 4e Goslar; ?,490 hab. Haute école juive et
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synagogue. Commerce de bois. Sources sulfureuses et bains.
SEETZEN (Ulric-Jasper), voyageur et naturaliste allemand, né k Sophiengraden, près de Je ver, en 1767, mort en 1811. Après avoir étudié la médecine et les sciences naturelles à l'université de Gœttingue, il exécuta différentes excursions en Allemagne et en Hollande et fut recommandé pur le célèbre Blumenbach au baron de Zach, qui lui fit obtenir du duc de Gotha les secours nécessaires à l'exécution d'un grand voyage que depuis longtemps il se proposait de faire en Asie et en Afrique. Il partit le 13 juin 1802, séjourna quelque temps k Vienne pour y apprendre l'art de dresser des cartes et des plans, et se rendit ensuite par Bucharest et en franchissant le Balkan k Constantinople, où il parvint le 12 décembre. Après un séjour de six mois dans cette ville, il se mit en inarche k travers l'Asie Mineure, atteignit Smyrne par la voie de terre et de là AÏep, où il consacra plusieurs mois à étudier l'arabe, et explora ensuite la Syrie et la Palestine, puis, en 1805, le Liban et l'Anti-Liban ; enfin , en janvier 1S06, les territoires situés k l'est de l'Hermon, du Jourdain et de la mer Morte, dans lesquels il fit un grand nombre de précieuses découvertes. En 1807, il se rendit par Suez au Caire et passa dans cette ville deux années, pendant lesquelles il réunit une précieuse collection, qui se trouve aujourd'hui au musée de Gotha et qui se compose de 1,574 manuscrits, de 3,536 sujets d'archéologie et d'un grand nombre de raretés géologiques, botaniques et zoologiques. En mai 1808, il partit pour la moyenne Egypte, visita la province de Fayoum. les pyramides, les cataractes de Saccara et le grand lac do Birket-el-Karoun. Il adopta extérieurement, k cette époque, les pratiques de la religion mahométaue, afin de gagner la confiance des Egyptiens et des Arabes et de pouvoir pénétrer dans les villes de l'Arabie, dont l'accès était interdit atout autre qu'aux musulmans. Il essaya ensuite de s'avancer jusqu'à Acaba, mais il ne réussit pas et il fut obligé de revenir à Suez, d'où il se rendit par mer k Yambo et Djidda, puis de là k La Mecque et à Mcdine. En mars 1810, il partitde cette dernière ville pour Moka, d'où il écrivit, k la date du 17 novembre do la même année, k M. Bern.-Aug. de Lindenau.k Gotha, une.lettre qui est la dernière communication qu'on ait reçue de lui. En 1815, M. de Hammer de Vienne fut informé par fil. Buckingham, dans une lettre écrite de Mokka, que Seetzen était mort subitement en octobre 1811, dans le voisinage 4e Taes, pendant qu'il était en route pour aller réclamer à i'iman de Sana ses bagages que cedernier avait fait saisir k Moka , et que l'on croyait généralement que c'était cet iman qui avait fait empoisonner l'infortuné voyageur. La relation de ses voyages en Orient, ses cartes, ses plans et ses dessins, que l'on avait longtemps crus perdus, finirent par être retrouvés presque en totalité et furent remis au professeur Kruse de Dorpat, qui les a publiés il y a quelques années, avec le concours d'autres savants, sous ce litre : Voyages de Seetsen en Syrie, en Palestine, en Phénicie, dans les pays situés au delà du Jourdain, dans l'Arabie Pélrée et dans la basse Egypte (Berlin, 1854-1859, 4 vol.).
SEETZÉNIE s. f. (sé-tzé-ni — de Seetzen, n. pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des zygophyllées, comprenant deux espèces, qui croissent eu Afrique et en Orient.
SÉEZ ou SÉES, en latin Sagium ou Cioitas Sagiorum, ville île France (Orne), ch.-l. de caut., arrond. et k 21 kilom. N.-E, d'Alençon, sur l'Orne ; pop. aggl., 3,174 hab. — pop. tôt., 4,910 hab. Evêché suifragant de Rouen ; grand et petit séminaire, collège communal. Tannerie, ganterie, fabrication de toiles, bonneterie ; mine de manganèse, élève de bestiaux et de chevaux. Séez, ville très-ancienne, était, suivant la Notice des Gaules, une cité considérable entourée de murailles et défendue par deux forteresses. Elle possède quelques monuments dignes d'attention. Lu cathédrale de Seez est sans contredit un des plus remarquables édifices gothiques ue France. Son premier fondateur fut l'évêque Azon (986). L'évêque Yves de Bellesme la reconstruisit deux fois au siècle suivant (1049- 1053). H avait été obligé, en 1045, d'employer le feu pour chasser de l'église une troupe de malfaiteurs retranchés dans ses murs. Plus tard, ta cathédrale de Séez fut consacrée aux suints Gervais et Protais, par l'évêque Jean de Neuville, le 19 mars 1126. « La façade, dit M. de Caumont, qui offre des portes du xm<= siècle, remarquables, mais très-mutilées, a été défigurée par l'application maladroite de contre-forts énormes qui produisent le plus déplorable effet. Je ue les crois pas antérieurs au xvie siècle. La porte du latéral gauche peut être du XV» siècle. La nef est du xme. Une partie du chœur est aussi de celte époque; mais les parties supérieures en sont moins anciennes (xtve et xve siècles). » L'ensemble de l'édilice appartientau style de transition qui régnaLtentre le premier et le second âge de l'ogive. Le fronton triangulaire du portail est orné de deux rangs d'arcades superposées et s'élève entre deux flèches découpées k jour, d'environ 220 pieds. Cette disposition est peut-être unique en France; ce double rang U arcades est, en effet, une construction en dehors do
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toute:, les règles communes et d'une originalité à !a fois riche et sévère. « Les flèches, dit M. de La Sicotière, sont percées d'étoiles et ornées à leur base de fenêtres ou lucarnes ogivales, surmontées d'un fronton triangulaire; leurs arêtes sont garnies de crochets. Comme ces diverses ouvertures se correspondent, les flèches, vues de certain côté, sont d'une légèreté, on dirait presque d'une transparence merveilleuse. Le soleil couchant les éclaire et les embrase comme si elles étaient de verre. Elles s'appuient sur des tours percées de longues ouvertures en lancettes dans le goût du xme siècle. ■ Ces flèches sont une restauration nouvelle due à M. Alavoine. Le style primitif a été scrupuleusement conservé. On s'est borné a faire disparaître la différence de hauteur et d'ornementation qui existait entre elles, en les reconstruisant toutes deux sur le même modèle. L'église est élevée de quelques marches au-dessus du niveau Je la place. Le dessous du portail a été fort maltraité; les voussures en étaient enrichies de feuillages et de petites ligures, et -les parois latérales ornées de colonnes et de statues de grandes dimensions. Deux portails plus petits accompagnent le portail principal. L'un d'eux, celui de droite, présente de magnifiques bordures en feuilles de vigne, d'un travail délicat et fin. Celui de gauche est une reconstruction du xv« siècle. Une galerie règne autour des toits et offre de tous côtés un horizon infini. La balustrade se compose d'un seul rang de quatre-feuilles. A l'intérieur, la cathédrale de Séez a l'aspect grave et imposant des édiliees religieux du xin* siècle. « La nef, dit M. Yiollet-le-Duc, bâtie au commencement du xtue siècle, fut remaniée dans sa partie supérieure cinquante ou soixante ans après sa construction. Lo chœur, élevé vers 1230 et presque entièrement détruit par un incendie, dut être repris vers 1260 de fond en comble, sauf la chapelle de la Vierge, que l'on jugea pouvoir être conservée. Le maître de l'œuvre du choeur, ne se fondant que sur des maçonneries très- insuffisantes, avait cherché , par l'extrême légèreté de sa constiuciion, à diminuer le danger d'une pareille situation... Les chapelles ubsklales, présentant des murs rayonnants étendus, se prêtaient, d'ailleurs, à une construction légère. En effet, les travées intérieures du sanctuaire sont d'une légèreté qui dépasse tout ce qui a été tenté en ce genre. » Les bas-côtés n'ont point de chapelles ; une seule a été ouverte dans le latéral gauche, tout récemment. Deux rosaces de vitraux de couleur éclairent les trnnssepts. Dans le chœur, quatre bas reliefs d'un travail merveilleux représentent des scènes de la vie de la Vierge. La plupart des fenêtres sont ornées de verrières représentant des scènes diverses nu des portraits d'évêques et de saints. Le tout est particulièrement remarquable par la finesse du détail et le soin de l'exécution.
Après la cathédrale, il faut encore citer : le cloître des Chanoines, situé au nord et qui conserve encore des murs en arête de poisson; l'église Notre-Dame-de-la-Place, qui possède une galerie de petits bas-reliefs en bois d'une grande originalité; le palais épiseopal, bâti en 1778 par M. d'Argentré, coinposé d'un corps de logis principal surmonté d'un fronton triangulaire et flanqué de deux ailes en saillie ; l'antique abbaye de Saint- Martin, aujourd'hui occupée par le séminaire; enfin l'hôtel de ville monumental, édifice moderne en face duquel s'élève la statue de Conté, un des savants de l'armée d'Egypte et l'inventeur de crayons qui portent encore son nom aujourd'hui.
— Histoire. Séez, ville très-ancienne , tire son origine et son étymologie des Saii ou Sanii, peuple qui n'est autre très-probablement que celui des E'ssui, dont parlent les Commentaires de César. Après la chute de l'empire, on trouva pour la première fois mention d'une ville nommée Saïus, cioitas Salarum ou Saïorum. Au moyen âge, le nom de Sagius prévaut. Oïderic Vital écrit Salarium. Enfin, sur quelques cartes, Sée2 est désigné sous le nom de Saxia et plusieurs historiens voient dans les mots Sagii et Saii une corruption de Suxones ou Sassones. L'abbé Bezions, entre autres, n'hésite pus à lixer l'an 226 de notre ère pour date de la fondation de Séez et attribue cette fondation aux Saxons. Quant k 1 évêché qui Ht plus tard l'importance de la ville, tout porte à croire qu'il fut d'abord établi à Exinès (Oximum), ville beaucoup plus importante que Seez k l'époque où l'Evangile fut prêché dans cette partie de la Normandie. Au commencement du ixe siècle, on voit deux forteresses exister à Séez, l'une du côté d'Exmès, l'autre du côté d'Alençon. Un titre postérieur nous apprend que son territoire, d'abord très-éteudu, avait été singulièrement restreint; Une constituait plus qu une centenie (centena Sayensis), c'est-à-dire le chef-lieu d'une juridiction qui n'embrassait que cent paroisses. En 900, les Normands s'emparèrent de Séez et le ravagèrent. C'est, dit-on, avec les pierres des remparts détruits que l'évêque Azon commença, en 986, l'église cathédrale, reconstruite deux fois dans le siècle suivant. Eu 1050, Roger de Montgommery fonda à Séez les deux abbayes de Saint- Martin et de Troarn. Quarante ans plus tard, on voit l'évêque de Séez, Serlon, et Raoul, abbé de.
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Saint-Martin, sommés par le comte d'Alençon de lui fournir pour la guerre tous les nommes d'armes dont disposait l'église, refuser le service. Robert de Bellesme a alors recours k la violence. Serlon jette l'interdit sur ses terres et se réfugie eu Angleterre à la cour de Henri 1er. (je dernier débarque en Normandie (llû5) et célèbre à C'arentan les fêtes de Pâques. Puis, vainqueur à Tinchebray, il enlève le comté de Séez au seigneur d'Alençon (1106). Robert de Bellesme en obtient d'abonl la restitution ; mais, accusé bientôt après- do s'être emparé des revenus du roi, il perd sans retour ses domaines <1112). En Uiï, Henri!" donne la ville et le comté de Séez à son neveu, Thibault, comte de Blois, qui en lit aussitôt l'abandon à son frère Etienne, comte de Mortain.Deux ans plus tard, Henri 1er le retira à Etienne pour le rendre k Guillaume III de Bellesme. Talvas le garde jusqu'en 1134, époque où Henri déclare de nouveau la guerre au comte d'Alençon et se saisit du comté de Séez, dont Guillaume de Bellesme ne reprit possession qu'en 1135, après la mort du roi d'Angleterre. Séez se composait à celte époque de deux parties distinctes : le Bourg-l'Evéque et le Bourg-le-Comte, ce dernier quartier formé peu à peu dans l'enceinte du château bâti par Guillaume Talvas de l'autre coté de l'Orne. A la nouvelle qu'Etienne, leur cousin, s'emparait de la succession de Henri If r, le comte d'Anjou, Geoffroy Plantagenet, et sa femme Muthilde réunirent leurs troupes et prirent d'abord Séez et Exmès (1136). La ville et le comté de Séez étaient toujours censés appartenir aux comtes d'Alençon, et Guillaume III de Bellesme en était encore seigneur, lorsque le roi Louis le Jeune, ayant envahi la Normandie à l'occasion de ses démêlés avec le duc Geoffroy, tils de Henri II, marcha sur la place et détruisit le château de Bonrg-le-Comte, Vingt-quatre ans plus tard, Henri au Court-Mantel, révolté contre Henri II, essaye, mais vainement, de s'emparer de Séez. En 1189, les bourgeois accueillent dans leurs murs Richard Cœur de Lion, également révolté contre son père, mais c'est pour le voir s'humilier devant les archevêques de Rouen et de Cantorbéry et jurer de taire le pèlerinage de la terre sainte en expiation de sa rébellion. Au xin« siècle, la soumission de Séez, qui se rendit à Philippe-Auguste, entraîna la restitution des autres places du comté. Une longue paix s'ensuivit, qui permit à la ville de reprendre haleine. En 1226, à la suite de démêlés intimes, il fut convenu que tout ce qui était enclave dans le Bourg-1 Evêque ressortirait au siège d'Exmès, compris dans le domaine du roi, tandis que le Bourg-le-Comte ressortirait à la vicomte d'Essey dans la dépendance du comte d'Alençon. L'arrêt réglant ces dispositions lut exécuté jusqu'en 1370, époque où Charles V céda la châtellenie d'Exmès au comte d'Alençon et en démembra l'église de Séez pour la soumettre à la châtellenie de Falaise. Cependant, à la mort de Robert IV, comte d'Alençon (1222), ses héritiers uyant partagé ses domaines, Séez était échu a Robert Mallet, seigneur de Graville. Le roi Jean (1336) le conlisqua et en lit don à Charles III, quatrième comte d'Alençon, de la maison de France. Ce dernier n'en jouit pas longtemps, Philippe de Navarre s'en étant emparé la même année pour venger son frère Charles le Mauvais, prisonnier au château d'Audely. Séez, repris par le comto d'Alençon, puis par Charles d'Artois, comte de Longueville, fut mis à sac en 1363. Pendant les guerres du xve siècle, la place tomba au pouvoir des Anglais dès leur entrée en Normandie (1417). L'année suivante, les Français les eu chassèrent, mais ne purent s'y maintenir et l'ennemi reprit Séez, qu'il garda jusqu'il l'épuque de son expulsion <léijutve. La Réforme fut pour Séez une cause de nouveaux troubles. Eu 1562, Matignon s'empara de la ville et y mit une garnison catholique ; mais Coligny, profitant de l'absence de l'évêque, alors au concile de Trente, pénétra dans la ville à la tète des calvinistes, prit la cathédrale et maltraita fort l'abbaye de Saint-Martin, qu'il fut même sur le point d'incendier (15G3). Cinq ans plus tard, Séez tomba de nouveau au pouvoir des îeligionnaiies commandés par Montgominery. La ville fut mise à feu et à sang, le trésor de la cathédrale pillé, et l'édifice eut même beaucoup à souffrir de la rage du vainqueur (15GS). Ces excès contribuèrent k pousser les Sagiens dans le parti de la Ligue (1569); mais la place ne s'en rendit pas moins spontanément à Henri IV, lorsque le Béarnais se présenta devant ses murs l'année suivante. Depuis cette époque, l'histoire de Séez no présente plus que des épisodes d'un intérêt secondaire. Nous rappellerons seulement l'influence considérable de ses évéques, dont l'un, François Rouxel de Médavy, tiguraaux conférences ouvertes dans l'Ile de la Bidassoa pour le traité de paix des Pyrénées et le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche (1659). Lorsque éclata la Révolution, Séez était encore un gouvernement de place, et ses habitants relevaient du bailliage de Falaise et d'Alençon et de la vicomte d'Essey-et-Mehendiu. Son chapitre, qui se signala en 1645 par sa scandaleuse opposition a un arrêt du parlement de Rouen enjoignant la résidence aux curés et l'option entre ta cure ou le eanouicat aux titulaires de béué-
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flces, avait été d'abord séculier, puis soumis en 1178 par l'évêque Jean Ier à la règle de Saint- Augustin, et enfin sécularisé de nouveau en 1547 par le pape Paul III. Le couvent de cordeliers établi a Séez passait pour le premier que ces religieux eussent possédé en France. Enfin, l'hôpital général et l'Hôtel- Dieu renfermaient chacun une fabrique considérable, le premier de point de France et le second de dentelle. On remarque dans les environs de la ville un camp romain, dit camp de César, et le château d O, éditice gothique où fut retenue captive Isabeau de Bavière, après l'expulsion des Anglais.
Le armes de Séez étaient : D'azur, à la foi en fasce sur laquelle revoie un cœur en flammes, le tout surmonté d'une fleur de lis d'or en chef.
— Célébrités. Séez a vu naître : Osmond, fils du comte de Séez, qui suivit Guillaume le Conquérant en Angleterre et devint évoque de Salisbury; Claude du Moulinet, savant plus connu sous le nom d'abbé des Tuileries ; le chimiste Curaudeau ; Hugues Guérin , si populaire sous son sobriquet de Gaultier-Garguille; Conté et le compositeur Lesueur.
SÉFERRIQUE adj. (sé-fèrr-ri-ke — du lat. sex, six, et de ferrigue). Chim. Se dit d'un sel qui contient six fois autant d'oxyde de fer que d'acide.
SEFF1N, bourg de la Turquie d'Asie, dans le pachalik de Bagdad, sur ta rive droite de l'Euphrate, près du désert de Syrie, à 177 kilom. E. d'AÎep. Au S. de ce bourg s'étend la fameuse plaine de tnèma nom, dans laquelle eurent lieu en 657, dans l'espace de cent dix jours, quatre-vingt-dix combats entre les partisans d'Ali et ceux de Mohaviah, qui fut vainqueur.
SEFIR s. m. (sé-fir). Chronol. Nom du second mois des Arabes.
SEFSTRŒM (Nils-Gabriel), chimiste suédois, né k Ilsboe, dans le Helsingland, en 1787, mort a Falun en 1854. Après avoir fait ses études k Upsal, sous Berzélius, et à Stockholm, il se lit recevoir docteur en médecine. En 1812, il fut nommé professeur de chimie à Carlsberg; en 1813, professeur adjoint au Carolinum (Académie médico-chirurgicale de Stockholm); en 1818, professeur à l'Ecole d'artillerie de Marienberg; en 1819, directeur de l'Ecole des seigneurs, nouvellement fondée a Falun. Il conserva cette dernière fonction jusqu'à sa mort. Il était depuis 1815 membre de 1 Académie des sciences de Stockholm, depuis 1833 membre de la Société des sciences d'Upsal ; il faisait aussi partie de plusieurs autres sociétés savantes. Il a publié beaucoup de mémoires dans diverses revues scientifiques ; mais ce qui rendra son nom immortel dans les annales de la chimie, c'est la découverte qu'il fit, en 1830, d'un nouveau corps simple qu'il avait extrait du minerai de fer de Taberg, en Suède, et auquel il a donné le nom de vanadium.
SEFY (schah), sixième ou septième roi de Perse,de la dynastie des Sofis.inort àKaschan en 1642. Il s'appelait Som-Hiru avant son avènement au trône et succéda en 1628, sous le nom de Sefy, k son aïeul Abbas le Grand. Il repoussa les Duzbeks, perdit Kandahar, qui fut livrée aux Mongols par un gouverneur révolté, et fit la guerre aux Turcs. Cette dernière guerre se termina par la paix de 1638, qui fixa les limites de l'empire ottoman et de la Perse telles qu'elles sont encore aujourd'hui. Sefy fut un des tyrans les plus cruels de la Perse; il fit mettre k mort ou aveugler sa mère, sa tante, sa favorite et un grand nombre de personnes de haute condition, princes, généraux, ministres, etc. C'est ainsi qu'il fit périr le vainqueur d'Hormuz, l'illustre Iman-Couli-K.han, avec toute sa famille. On trouve des détails sur Sefy dans les relations de Thomas Herbert, d'Oléarius, de Tavernier et de Chardin.
SEGA (Philippe), évêque de Plaisance en 1578 et légat pontifical, puis cardinal en 1591, mort k Rome en 1596. 11 accompagna en France le cardinal Cajetan, légat <ie Sixte- Quint auprès de la Ligue, et, lorsque ce légat fut rappelé, Sega resta à Paris et le remplaça. Il reçut et publia en 1591 le bref du nouveau pape, Grégoire XIV, dans lequel celui-ci promettait de nouveaux secours en argent et en troupes , s'il était nécessaire, pour assurer l'élection d'un roi catholique. Sega fit de grands efforts pour empêcher l'a- Véneinent de Henri IV au trône de France, trône sur lequel le roi d'Espagne et le pape, par l'entremise de Sega, s'efforcèrent en vain de faire monter l'infante Isabelle. Lorsque l'évêque de Bourges et le cardinal de Vendôme, devenu cardinal de Bourbon depuis la mort de Charles X, eurent absous Henri IV (1593) des excommunications lancées contre lui, Philippe Sega protesta contre ce qu'il appela une fausse conversion et contre 1 arrogance, disait-il, avec laquelle les prélats français avaient osé s'attribuer le droit d'absoudre un hérétique relaps, droit qui n'appartenait qu'au seul pontife romain. Les évéques tirent la sourde oreille aux protestations du légat pontifical et k ses menaças d'excommunication. A l'entrée de Henri IV à Paris, Sega quitta cette ville et revint à Rome.
SÉGA1ROL s. m. (sé-ghè-rol), Oruith, Nom vulgaire de la crécelle,
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SEGAI.A (François), sculpteur italien. On ne le connaît que pai* ses œuvres, dont les plus remarquables sont : la statue de Sainte Catherine, dans l'église Saint- Antoine do Padoue, et la statue de Saint Jean- Baptiste, dans l'église Saint-Marc, à Venise.
S EGA LA. (Jean), peintre italien, né à Venise en 1663, mort en 1720. Elève de F. Délia Vecchia, il adopta le genre de Paul Véronèso et duTitien. I! commerça par travailler k son art avec beaucoup de zèle et fit d'assez bons tableaux, parmi lesquels nous citerons l'Aiinonciation de la Vierue, dans l'école délia Carita, k Venise. Segaïa ne continua malheureusement pas à suivra la voie dans laquelle il s'était engagé. Il contracta des habitudes de paresse, laissa rouiller son tulent et tomba dans la misère.
SÉGALAS ( Pierre - fîalomon ) , chirurgien français, né kSaint-Pa ais (Basses-Pyrénées) en 1792. 11 fit ses études médicales à Paris, devint proseeteur de Marjolin et pussa soti doctorat en 1817. Après avoir fait avec succès k l'Ecole pratique des cours de physiolofie et de pathologie médico-chirurgicale, il evint professeur agrégé de la Faculté en 1823 et membre de l'A jadémie de médecine. Membre du conseil de surveillance de l'Assistance publique, membre du conseil municipal de Paris sous l'E npire, il a été promu en 1853 ofdcier de la Légion d'honneur. Le docteur Ségalas est m spécialiste, mais un de ces spécialistes comme il en existe plusieurs aujourd'hui, qu. , après avoir étudié avec un zèle égal toutes les branches de la science, sont ensuite portés par goût ou par des circonstances fortuites à concentrer particulièrement leur attention sur un seul point et apportent dans son e (amen exclusif les lumières d'une appréciation baséo sur les connaissances générales qi 'ils ont acquises dans des études régulières et complètes. Engagé, par la fréquentation dss hôpitaux, dans la voie la plus sûre pour arriver promptement k des résultats appréei, blés, il a marqué, en effet, sa carrière médicale par des cours et par des écrits qui lui assignèrent de bonne heure un rang honora'jle parmi les jeunes médecins de son époque. Ces cours et ces écrits révélèrent en lui un de ces hommes k idées positives et pratiques, capables d'extraire d'une question donnée tout ce qu'elle peut avoir de vraiment itile et de moins contestable. Aussi, dès les Premiers pas qu'il fit dans le champ malheureusement si vaste et si fécond des maladies des voies urinaires, fixa-t-il l'attention publique par le soin qu'il mit, avant tout, k precker la valeur relative des divers modes de traitement proposés et k populariser, tout en le:> perfectionnant, les procédés opératoires qui leur sont appropriés. M. Ségalas s'occupa d'abord, dans cetto spécialité, des rétrécissements de l'urètre; la cautérisation, proposée depuis quelques années par Ducamp, comptait déjà des détracteurs; il chercha k la rohabiliter, et c'est le fruit de nombreux essai i qu'il tit k cet égard et des résultats heureux par lui obtenus qu'il publia sous le titre de Traité des rétentions d'urine et des maladies qu'elles produisent (1828, in-8<>). Cet ouvrage n'est point assurément le dernier mot le ia science sur le sujet auquel il est consacré, puisque la cautérisation est aujoutd'hu , et avec raison, une des méthodes de traitement les inoins suivies ; mais il n'en est pa:, moins remarquable sous le rapport de l'observation des faits et de la sûreté des inductions. Des maladies de l'urètre, M. Ségalus passa naturellement k celles de la vessie et s'occupa du broiement de la pierre; mais, trop prideut pour se mêler de la querelle que susc tait ulors la découverte de cette admirable conquête de la chirurgie moderne, conquête k laquelle, d'ailleurs, il ne Se reconnaissait aucun droit, il se contenta d'en simplifier les moyens et de l'appliquer avec succès. Rien n'est plus ingénieux, en effet, que son brise-pierre k pression et k percussion, qui, composé do deux tiges enchâssées l'une dans l'autre, de manière k se présenter sous a funne d'une sonde ordinaire, joint aux avantages réunis de ceux de MM. Horteloup et Jaiobson le mérite de ne pas effrayer le malade. C'est cet instrument lithotriteur que l'Académie des sciences a couronné en 1834, sur le rapport de MM. de Blainville, Double, Duméril, Dupuytren, Larrey et Roux. Enfin il co npléta ses travaux sur les maiadies des voies urinaires par la publication des écrits suivants : Mémoire sur ta cautérisation des maladies oryaniques de l'urètre (1829); Un mot sir la lilliotritie considérée dam son application aux enfants (1834); Essai sur la yruve'le et la pierre considérées sous le rapport de leurs causes, de leurs effets et de leurs dicers modes de traitement (1835, l vol.in-8°, av3C planches); Lettre à M, Dieffenback sur un cas d'urètroplaslie faite par un procédé nouveau et suivie d'un i plein succès (1840, in-8°); Sur l'urétroplastie I (1845); De la lilliotritie considérée au point i de vue de son application (Paris, 1856, iu-S°, ■ 2e édit.), etc. Parmi les é nits étranger» k sa I spécialité, nous citerons : Recherches expérif mentales sur l'absorption intestinale (1828), mémoire adressé k l'Acad imia des sciences; Série d'expériences sur dîners points de physiologie et de pat/iotoyie ( .823); Mémoire sur les altérations du sixmj; Lettre à M. Mayendie sur les propriétés médicamenteuses de l'u- I rée et sur le genre de mort que produit ia noix
SEGA
»onu'<}i(c(lS>2). Indépendamment de son brisepierre, M. Ségalas a encore imaginé un portecaustique qui facilite l'application du nitrate d'urgent, un scarificateur pour les rétrécissements organiques de l'urètre et une pince destinée à retirer de ce canal les sondes et les bougies qui pourraient y rester engagées.
SEGALAS (Anaïs Mknard, dame), femme de lettres française, née à Paris en 1814. Son père, Oh. Ménard, est l'auteur de quelques petits ouvrages humoristiques, entre autres l'Ami des bêles ou le Défenseur de ses presque semblables. Elle épousa un des frères du docteur P.-S. Ségalas et signa jle son prénom de jeune fille uni au nom de son mari ses divers travaux littéraires : les Algériennes , poésies (1831, in-8") ; les Oiseaux de passage, autre recueil de vers (1836, in-8°) ; Poésies (1844, in-S°); Enfantines, poésies à ma fille (1844, in-18); la Femme, poésies (1847, in-18); Nos bons Parisiens (1865, in-18) ; les Mystères de la maison, roman (1865, in-18); les Magiciennes d'aujourd'hui, roman (1869, in-S" ).
Mme Anaïs Ségalas a aussi travaillé pour la scène; elle a duiitié : la Loge d'Opéra, drame en trois actes (Odéon, 1847) ; le Trembieur, comédie en deux actes (Odéon, 1849) ; les Deux amoureux de la graiid'mère (théà.tc« de la Porte-Saint-Martin, isso); les Absents ont raison, comédie en deux uutes (Odéon, 1852); les Inconvénients de la sympathie (théâtre de la Gaité, 1854). On lui doit, en outre, un grand nombre d'articles littéraires et de contes enfantins insérés dans le Corsaire, le Voleur, le Dimanche, le Musée des familles, la Reçue pour tous et des feuilletons parus dans le Constitutionnel et la Patrie. Ses meilleurs contes ont été réunis par elle sous ce titre : Contes du nouueou paiais de cristal (1855 , in-8°) et sous celui de la Semaine de la marquise (1865, in-18).
SEGALAUNI. peuple de la Gaule ancienne, dans la province romaine dite Viennoise, au N. des Tricastins, à l'E. des Helviens, au S. des Allobrogeset à l'U. des Voconces. Ils habitaient sur la rive gauche du Rhône le territoire qui forme actuellement le canton de Valence (Drôme). Plancus, l'ami de (Jicéron, commandait une armée dans le canton des Segalauni, que Pline appelle Segoveltauni.
SEGANCIER s. m. (se-gan-sié). Ane. coût. Héritier descendant.
SEGARELLE (Gérard) , hérésiarque, né à Alzano, près de Parme suivant les uns, à Parme même suivant les autres, au xili° siècle. Simple artisan dans cette dernière ville, il entra dans l'ordre des franciscains et, après sa sortie du couvent, commença, en 1260, à prêcher et à former une petite Eglise qu'il appela le conseil apostolique. En 1280, il lut chassé de Parme par ordre de l'évêque. Revenu dans le Parmesan en 1294, il fut condamné à un emprisonnement perpétuel, puis brûlé vif en 1300. Dulcin fut un de ses disciples. Ségaretle et sa secte, condamnée par le pape en 1285, attaquaient le clergé romain ; aussi sont-ils accusés par les historiens ecclésiastiques d'avoir mené une vie extravagante et immorale. Ce dernier fait est vrai si, pom l'établir, on peut considérer comme suffisants des aveux arrachés par la torture et les allégations d'écrivains qui ne décrivent jamais des hérétiques, quels qu'ils soient, que comme des insensés et des monstres d'immoralité.
SÉGARIÉ s. m. (sé-ga-ri-é). Pêche. Partie de la manche des filets du grand ganguy, dont les mailles sont fort larges,
SEGARRA (Jayme), peintre portugais, né vers les dernières années du xv<= siècle. Chargé, en 1530, de peindre le maltre-autel de l'antique ermitage de Notre-Dame de Belem, aujourd'hui de la Miséricorde , il a représenté avec un talent remarquable plusieurs sujets de l'histoire de la Vierge. Ces peintures ont été depuis lors transportées dans un autre local et restaurées par Juncosa.
SEGATO (Jérôme), naturaliste et voyageur italien, né à Vedana, près de Bellune, vers 1792, mort à Florence en 1836. Son amour pour les sciences naturelles le détermina à faire un voyage dans ces contrées de l'Orient où le savant trouve un champ d'étude trèsvaste et à peine exploré. Arrivé au Caire en mai 1820, Segato se joignit, à l'armée que le vice-roi envoyait à la conquête du Sennaar; puis il quitta cette armée pour se jeter dans le désert, seul avec un domestique. Ce fut là que, en découvrant des corps momifiés dans le sable, il conçut l'idée de reproduire artificiellement ce phénomène naturel. En quittant le désert, Segato se dirigea vers le Nil, pénétra dans la pyramide d'Abu-Siret tomba malade. Revenu par le Caire en Italie, il annonça sa merveilleuse découverte. Les savants lui adressèrent un concert unanime d'éloges, mais personne n'offrit les 30,000 fr. que Segato demandait pour rendre public son procède, si bien que le pauvre inventeur fut obligé pour vivre de s adonner à la chaJcograpliie. Etabli eu Toscane depuis son retour d'Egypte, il grava la fameuse carte de l'Afrique méridionale publiée à Florence et celle de la Toscane du Père Inghirami, qu'il améliora encore dans les détails. Ce tut sous la direction de Segato que fut publié VAttas de la haute et basse Egypte (Florence, 1835-1837, 2 vol. in fol. de texte, 135 planch.). 11 uiou-
SEGË
rut en 1836, sans avoir le temps de confier à un ami le secret de sa découverte. On trouve cependant de curieux détails, sur cet objet dans l'opuscule italien qui a pour titre : De l'art de rendre aussi durs que la pierre et inaltérables les corps des animaux; relation de la découverte dej. Segato, par M. J. Pellegrini, avocat (Florence, 1835, in-so).
SEGAUD (Guillaume de), théologien et prédicateur français, né a Paris en 1674, mort dans la même ville en 1748. Entré chez les jésuites, il enseigna les humanités et la rhétorique dans les collèges de son ordre, puis s'adonna à la prédication et débuta à Rome comme orateur sacré. Son succès le lit mander à Paris; il prêcha devant Louis XV, qui lui donna une pension de 1,200 livres, et devint confesseur du dauphin et de la famille royale. On lui doit : Sermons, mystères et panégyriques (Paris, 1750, 6 vol. in-12) et un poème latin sur le camp de Compiègne, intitulé : Castra Compendiensia.
SEGEBERG, ville de Prusse, province du Slesvig-Holstein , dans le Holstein , sur la Trave, à 08 kilom. S. de Kiel, ch.-l. du bailliage de son nom; 3,300 hab. Brasseries, distilleries, tanneries; fabrication de lainages, draps. Commerce de produits agricoles.
SEGELMESSE, ville du Maroc. V. Sëdjkl-
MESSK.
SEGESSERA, ville de la Gaule, dans la Lyonnaise Ire. C'est aujourd'hui Bar-sur- Aube.'
SÉGESTE, ville de l'ancienne Sicile, dont l'importance a dû être assez grande, mais plus célèbre aujourd'hui par ses antiques souvenirs que par ses ruines mêmes, dont il reste peu de chose, sauf celles de son temple, qui sont assez bien conservées.
Ségeste était située entre Palerme et Trapani, dans la partie septentrionale de l'Ile. Une tradition, que n'a pas dédaignée Virgile, en attribuait la fondation à^Enée; le poëte fait aborder son héros sur le rivage sicilien et marquer, à l'aide de la charrue, les limites de l'enceinte :
lnterea jEneas urbem désignât aratro
Sartilurque domos...
Il veut que ces murs nouveaux remplacent ceux d'Ilion :
... Hoc Ilium, et lixc loca Trojam
Esscjubei.
Les Ségestains s'attribuaient, en vertu de la tradition, une parenté lointaine avec les Romains et recherchaient l'alliance de la république. Une de leurs médailles , du temps d'Auguste, porte d'un côté Enée, chargé de son père Anchise, et de l'autre l'effigie d'Auguste avec l'inscription ErnïTAlflN.
Le temple, un des rares spécimens de l'art antique restés debout, était construit en dehors des murailles de la ville; il faut maintenant l'aller chercher au milieu d'un désert. Il est bâti sur une hauteur et tourné au levant; sa masse est considérable : il présenteune longueur de 26 mètres et une largeur presque égale, 24 mètres; les colonnes sont énormes; la face en présente six, de chacune 9 mètres de diamètre, et les côtés quatorze; leur hauteur est de 9 mètres. L'intérieur est nu, mais il ne manque à l'extérieur que quelques pierres du fronton ; ce temple était dédié à Cérès. Au milieu de la solitude qui l'entoure, on l'aperçoit de fort loin et son aspect est on ne peut plus imposant.
Les médailles de Ségeste présentent le caractère de l'art grec le plus pur. Le plus grand nombre porte, au revers d'une tête de femme, un chien courant, surmonté d'une coquille et d'épis de blé. Sur d'autres, on voit un homme nu, tenant une palme à la main et ayant à ses côtés un chien qui boit dans un ruisseau ; au revers, un guerrier conduit un char. Ces médailles perpétuaient sans doute des victoires d'athlètes.
SÉGESTE DES TIGULIENS, en latin Segesta 7'iguliorum, ville ancienne de la Ligurie, au S.-E., près de l'embouchure de la Macra dans la Méditerranée. Sur son emplacement s'élève la ville moderne de Sestri Levants.
SEGESTICA, ville de l'Espagne ancienne ; aujourd'hui Hiniesta.
SÉGESTR1B s. f. (sé-jè-strî). Arachn.
Genre d'aranéides, de la tribu des araignées, comprenant cinq ou six espèces répandues dans les deux continents : La ségestiue perfide n'est pas rare aux environs de Paris. (H. Lucas.)
— Encycl. Les ségestries présentent, comme caractères principaux : six yeux presque égaux, rapprochés sur deux lignes, quatre à l'antérieure, deux à la postérieure, au devant du céphalothorax; la lèvre allongée, cylindrique, rétrécie à la base, légèrement échancrée a, l'extrémité; les mâchoires droites, allongées, dilatées à la base, allongées et divergentes à l'extrémité; les pattes fortes, allongées, les deux paires antérieures plus longues. Les mâles se distinguent par leur corps en forme de petite bouteille, à col long et délié, a extrémité allongée et courbée en forme de S, de manière à. simuler une sorte de queue, couvert d'une peau écailleuse, roussâtre, très-lisse, luisante et sans poils. Ces aranéides ont beaucoup d'affinités avec les disdères, les drasses et les clubiones.
Les ségestries sont des animaux nocturnes,
SÈGÈ
SEGN
vivant ordinairement sous les écorces des arbres, dans les fentes des vieux murs ou dans les autres lieux abrités et couverts. Elles construisent des tubes allongés, trèsétroits, cylindriques; elles s'y tiennent en embuscade, leurs pattes posées sur des fils divergents, qui aboutissent au tube comme à un centre commun. « Dans cette posture, dit Walckenaër, elles attendent que quelque mouche vienne faire remuer leur filet; aussitôt qu'un malheureux animal y est embarrassé, les mouvements qu'il fait pour se dégager sont communiqués par les fils sur lesquels les pattes de l'araignée sont posées; elle sait, par leur moyen, de quel côté est sa victime et fond dessus pour la dévorer. » Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'es- . pèces, dont une partie habite l'Europe.
La ségestrie perfide est longue de o™,015, velue , noir grisâtre , avec Tes mandibules bleues ou vertes et une série de taches triangulaires noires le long du milieu du dos et de l'abdomen. Elle se trouve communément à Paris, même dans les habitations. Elle file, dans les trous des murs, un tube soyeux, blanchâtre, renflé au milieu, rétréci aux deux extrémités et rappelant assez, comme forme, une nasse à pêcher. Ce tube se moule assez exactement sur le trou, si celui-ci est étroit; mais, s'il est large, le tube* proportionné à la grosseur du corps de la ségestrie, est maintenu par de nombreuses soies contre les parois; il se termine d'ailleurs au dehors par de nombreux fils divergents, qui sont autant de pièges pour capturer sa proie. Elle s'y tient en embuscade, les pattes tendues, les yeux attentifs, toujours à une grande distance de l'ouverture, sans doute pour éviter la lumière trop vive. C'est là qu'elle passe la journée, à, moins qu'on ne la-ïasse sortir par force; le soir , au contraire , surtout par les temps chauds, on la voit courir de côté et d'autre dans le voisinage de son habitation.
• La ségestrie perfide, dit M. 11. Lucas,'ne se laisse arracher de sa demeure qu'avec violence, et alors on est presque certain de la blesser; mais, pour l'en faire sortir, il suffit de jeter dans son trou une fourmi vivante. A peine celle-ci a-t-elle fait quelques pas dans l'intérieur de la toile, que vous vo3'ez la ségestrie entrer dans une agitation extraordinaire, frappant violemment sa toile avec ses pattes antérieures, se remuant de toutes ses forces et faisant de grands efforts pour effrayer son hôte incommode. Enfin, la fourmi pénétrant de plus en plus, la ségestrie sort précipitamment et s'arrête à deux ou trois pouces hors de son trou pour observer le parti que prendra la fourmi. Si cette dernière, comme il arrive le plus souvent, parvient à se dégager des fils qui la retiennent et se laisse tomber à terre et s'enfuit, la ségestrie rentre immédiatement il reculons dans son trou, La même espèce, qui s'effraye d'un aussi petit insecte, attaque les plus grosses mouches, et Thunberg atteste l'avoir vue se saisir d'une guêpe très- vive. •
Le mâle, facile à distinguer par ses formes plus grêles et son abdomun moins foncé, court avec agilité; on le voit fréquemment le soir aux environs des endroits habités par les femelles, mais jamais dans les tubes. L'accouplement a lieu probablement pendant la nuit. Les œufs sont peu nombreux, gros, blancs et transparents. Le cocon, ovoïde, aplati, formé d'une soie d'une blancheur éclatante, d'un aspect brillant, d'un tissu serré, quoique presque transparent, est ordinairement placé entre le tube et la paroi du mur, qui laisse en cet endroit un intervalle assez grand pour le contenir. La femelle le défend courageusement contre quiconque veut s'en emparer.
SEGESVAR ou SCIIASSBURG, ville forte de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, cercle et à 60 kilom. N.-E. d'Hermanstadt, sur la Kockel; 6,329 hab. Fabrication de draps, toiles, étoffes de coton. Cette ville, située dans la contrée appelée le pays des Saxons, fut fondée en 1178 sur les raines d'une colonie romaine.
SÉGÉTAL, ALE adj. (sé-jé-tai, a-le — du lat. seges, moisson). Bot. Qui croît dans les champs de blé.
SÉGÉTELLE s. f. (sé-jé-tè-le — du lat. seges, moisson). Bot. Section du genre alsine.
SÉGÉTIE s. f. (sé-jé-sî — du lat. seges, moisson), Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuèlites, comprenant trois ou quatre espèces qui habitent l'Europe.
— Encycl. Les ségéties sont caractérisées par des antennes faiblement dentelées chez les mâles, simples et filiformes ou a peine ciliées chez les femelles ; des palpes écartées, peu allongées, légèrement inclinées vers la tète; ta trompe bien développée; le corselet plan en dessus, convexe en dessous; l'abdomen terminé carrément chez les mâles et en pointe chez les femelles ; les ailes supérieures arrondies, à bord terminal entier. Les chenilles, cylindriques, rases, se tiennent cachées pendant le jour dans les touffes des graminées, dont elles se nourrissent. Elles se transforment en chrysalides un peu coniques, lisses, luisantes, renfermées dans des coques légères et placées dans la terre ou à sa surface. La ségètie xanthographe, type du genre, se trouve dans plusieurs parties de la France.
SÉGÉTIÉRE s. f. (sé-jé-tiè-re). Pèche.
Très-grand filet en trama.il, avec lequel on pêche dans les grands fonds.
SEG1IAL1EN. fleuve de l'Asie orientale. V. Amour.
SEGHER (Christophe), graveur flamand, né à Anvers en 1578, mort dans la même ville en 1635. On lui doit les premières gravures sur bois vraiment remarquables qui parurent en Flandre au XVII* siècle. Il était dessinateur habile et composait avec beaucoup de foût. Rubens fut un des premiers admirateurs e cet artiste modeste, et il lui confia le soin de graver la plupart de ses chefs-d'œuvre : la Famille de Buoens, Silène ivre soutenu par un satyre, Suzanne et les vieillards, le Cotironnement de la Vierge, V Enfant Jésus et saint Jean jouant avec un agneau, Hercule exterminant la Fureur et la Discorde, un Itepos en Egypte, etc. Le métier large, facile, l'intelligence profonde du sujet traduit, le sentiment exquis de toutes les nuances qui constituent la personnalité du maître donnent à ces reproductions une grande valeur.
SEGHERS ou ZEEGHEDS (Gérard), peintre flamand, né à Anvers en 1589, mort en 1651. Il alla compl 'ter son éducation artistique à Rome et se fit une manière qui tenait de Caravage, de Manfredi et de Rubens. Son chefd'œuvre est le Mariage de la Vierge (An- Vers) ; on cite aussi le Martyre de saint Lievens (Gand), Y Adoration des mages (Bruges). Le musée du Louvre possède de cet artiste Saint François en extase.
SEGHERS (Daniel), peintre flamand, désigné quelquefois sous le nom du Jésuîm d'Anvers, né à Anvers en 1590, mort en 10G1. Elève de Breughel de Velours, il entra chez les jésuites de Malines, qui lui laissèrent cultiver librement la peinture et donnaient ses charmantes reproductions de fleurs aux souverains dont ils voulaient gagner les bonnes grâces. Seghers peignait des guirlandes sur la toile, et, au centre de la composition, les • principaux artistes contemporains, Corneille Scliut, Diepenbeke, etc., plaçaient des portraits ou des sujets religieux. Les oeuvres de Seghers se trouvent dans les principales églises de la Flandre; le musée du Louvre ne possède de ce peintre qu'une couronne de fleurs entourant un sujet peint par le Dominiquin.
SEGHIOU, comptoir français du Sénégal.