V. Huoo
SEIG
Il Notre-Seigneur, Jésus-Christ : Ilecevoir Notre Seigneur par la communion. 11 Jour du Seigneur, Dimanche, jour consacré, chez les chrétiens, à des actes religieux.
— lnterjectiv. Seigneur l Seigneur Dieu!
Exclamation dont le sens varie avec l'intention de celui qui s'en sert : Seigneur Dieu I quelle tempête t Aht Seigneur 1 que je suis content l
— Hist. Titre qu'on donnait aux membres des états généraux et des cours souveraines.
Il CAamôre des seigneurs, Titre qu'on donne à des assemblées législatives exclusivement composées de nobles, dans certains pays : La Chambre des seigneurs de Prusse. Il Grand Seigneur, Empereur des Turcs, sultan : Les armées du Grand Seigneur.
— Litiér. Titre que l'on donne aux héros et aux princes de tragédie : Les étrangers crèvent de rire guand ils voient dans nos tragédies le seigneur Agamemnon et le sbignkur Achille qui lui demande raison aux yeux de tous les Grecs, et le seigneur Oreste brûlant de tant de feux pour madame sa cousine. (P.- L. Courier.)
Non, quoique vous disiez, cette horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein.
Racine.
Seigneur, tant de grandeurs ne nous touchent plus
[guère ; Je les lui promettais tant qu'a vécu son père.
Racine.
— Astrol. Seigneur d'une maison céleste, Planète qui domine dans une région du ciel.
— Encycl. V. féodalité et droits de la noblesse (tome VI, page 1268).
Seigneur Me»raiu>n« (le), opéra en trois actes, paroles de Rochon de Chabannes, musique de Floquet; représenté à l'Académie royale de musique le 14 décembre 1780. On a promptement oublié cet ouvrage médiocre ; mais la belle voix de baryton du jeune Lays et le talent que Mme Saint-Huberti déploya clans le rôle de Lise assurèrent le succès momentané de la pièce. On ajouta, en 1781, un acte intitulé : la Fête du château, et le 23 décembre 1782 un autre acte : le Retour du seigneur dans ses terres.
SEIGNEUR (Gabriel), littérateur suisse, né à Lausanne dans les dernières années du xviii* siècle, mort dans la même ville en 1776. Il suivit à Bàle et à Genève les cours de droit public et de mathématiques et, à son retour dans son pays, fut nommé président du tribunal criminel ecclésiastique et plus tard président de la Société agricole de Lausanne. On possède de lui : Vœux de l'Europe pour la paix (1748, in-8<>); Système abrégé de jurisprudence criminelle (1756, in-8°); Lettres sur la découverte d' Herculanum (1770, 2 vol. iïi-8°); les Muses helvétienues (1775, in-8o).
SE1GNEURESSE s. f. (sè-gneu-rè-se — fém. de seigneur). Féod. Femme possédant un fief; La marquise de Pinguet, seigneuressb du fief de Hamel. (L. de La Roque.)
SEIGNEURIAGE s. m. (sè-gneu-ri-a-je ; gn mil. — rad. seigneur). Droit qu'un souverain ou un seigneur prend sur la fabrication des monnaies : Il revenait au roi tant par marc, pour droit de seigneubiaGk. (Acad.)
— Encycl. Primitivement, on appelait seigneuriage tout droit appartenant à un seigneur à cause de son fief ; mais lorsque la grande féodalité fut détruite, le mot subit des restrictions et n'exprima plus qu'un droit appartenant au roi sur la fonte et la fabrication des monnaies. Ce droit sur les espèces monnayées était perçu par presque tous les anciens souverains de l'Europe, mais il était inconnu dans l'antiquité. Il n avait été introduit que lorsqu'une foule de seigneurs vassaux ayant le droit de battre monnaie devaient payer une redevance au suzerain. Les vassaux avaient disparu, mais le droit était resté. L'histoire de Pépin nous apprend que ce roi prenait « la vingt-deuxième partie de 12 onces» et que ce système subsista jusqu'à saint Louis; ce dernier roi régla que les droits de seigneuriage seraient de la seizième partie du prix du marc d'aryent et d'une fraction proportionnelle du marc d'or. Le roi Jean se départit du droit de seigneuriage, parce que, disait-il, les monnaies ■ ont été mises à si convenable et si juste prix, qu'il n'y prenoit aucun profit, pourle laisser au peuple. » Mais ses successeurs n'imitèrent point cet exemple. Obérés comme ils l'étaient par suite des guerres malheureuses qu'ils avaient à soutenir contre l'Anglais, les rois de France levèrent de gros droits sur les monnaies et allèrent jusqu'à retenir les 3/4 d'un marc d'argent et davantage sur le marc d'or. Cependant, Charles Vil, qui avait poussé les choses à ce point extrême, fut le premier, lorsque ses affaires furent rétablies, à abaisser le prix de cette taxe monétaire. Au temps de Louis XIII, le droit de seigneuriage était de 6 livres par marc d'or et de 10 sous l obole par marc d'argent. Louis XIV cessa quelque temps de lever ce droit (1679); mais, comme chacun sait, ce monarque avait souvent besoin d'argent pour dorer son soleil ; aussi fallut-il en revenir bientôt au seigneuriage, qui fut de 7 pour 100 sur l'or et de 5 pour 100 sur l'argent. A l'époque de la Révolution, ce droit, qui avait subi des diminutions graduelles, n'était plus que de l pour 100, et il fut supprimé comme tout ce qui touchait à la féodalité. L'Espagne et l'Angleterre en avaient introduit l'usage en Amérique; mais aujourd'hui il n'existe plus nulle part, même eu Russie. Cependant, si le droit de seigneuriage n'exista plus de nom, on peut dire qu'il subsiste de fait, car pour toutes les fabrications de monnaies les gouvernements se réservent une prime dont le taux est fixé par la loi.
SEIGNEURIAL, ALE adj. (sè-gneu-ri-al, a-le ; gn mil. — rad. seigneur). Qui appartient au seigneur : Titre seigneurial. Droits seigneuriaux. Le droit de champart et tous les droits seigneuriaux que vous uvez ne sont pas si favorables à la poésie que les charrues et les montons. (Volt.) Cette pie-grièche de donjon finit par vous agacer avec ses jérémiades seigneuriales. (P. de St-Vict.)
— Qui donne des droits de seigneur : Terre seigneuriale.
— Maison seigneuriale, Maison affectée à l'habitation du seigneur du lieu.
— Mairie seigneuriale, Justice d'un seigneur ayant titre de maire ou de prévôt.
| SEIGNEURIALEMENT adv. (sè-gneu-ri-a-