‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 245 sur 1059 · H. DE PÊNE · texte numérisé non relu

H. DE PÊNE

. SEIN (lie), en latin Sena, île française de l'océan Atlantique, près de la côte du département du Finistère, dépendance du canton de Pont-Croix, vis-à-vis de la pointe de Raz, dont elle est éparée par un détroit peu profond et rempli de rochers. Elle a une longueur de 3 kilom. et demi de l'E. à l'O., sur une largeur variable, mais peu considérable. Elle forme une commune de 611 hab., disséminés dans plusieurs hameaux et dont la pêche est l'occupation principale.

L'île de Sein, désignée sous le nom de Sena par Pomponius Mêla et sous celui d'Encz Sisun (île de la Semaine, contraction de seiz hun, mot à mot sept sommeils) par les Bretons, n'est éloignée de la côte que de 2 lieues environ. Tout porte même à croire qu'elle fit, aune époque- lointaine, partie du cuntinent dont elle a été séparée par l'action lente des eaux. Suivant le géographe dé|ii cité plus haut et qui vivait au îer siècle du notie ère, l'île de Sein renfermait un célèbre oracle dont les interprètes étaient neuf prêtresses vouées à une virginité perpétuelle. C'est cette légende qui a servi de théine à Chateaubriand pour son magnifique épisode de Velléda, la dernière des neuf vierges qui desservaient dans l'île de Sein le sanctuaire de Teutatès (v. les Martyrs et Vei.lkda).

L'île de Sein ne possède plus aucun monument ancien. Des fouilles récentes y ont seulement amené la découverte de curieuses médailles celtiques, très-bombées du côlé de la face, représentant une tète humaine, la chevelure partagée en boucles et entourée de cordons perlés et très -concaves du côlé de la pile, marquée d'un cheval androcéphale.

SEINCHE s. f. (sain-cbe — du lat. cinctus, entouré). Sorte de pêche que l'on fait, dans la Méditerranée, à l'aide de grands filets pierres et flottés.

SEINE ou SENNE s, f. (sè-ne — du lutin sagena, le même que le grec sagêuê, probablement de la racine sanscrite siigg, susg, joindre, adhérer, devenue en gfec'sagà, satiô, et en lithuanien segu; de là aussi le sanscrit saggâ, armure, équipement, vêtement, le grec sage, armure, gaulois sagum, saie). Pêche.' Sorte de filet qui a souvent un sac dans son milieu, et que l'on traîne sur les grèves : Pécher à la skine. Tirer la seine.

— Encycl. La seine est le plus grand des filets dont on se sert dans la pêche fluviale. On comprend parfois sous cette dénomination tous les filets à nappes. Les seines proprement dites sont plus ou moins longues, suivant la.largeur du courant qu'il s'agit de fermer. Elles sont garnies de flottes vers le haut et de lest à leur partie inférieure. Aux extrémités de la corde qui porte les flottes sont attachées des'cordes plus ou moins longues, qu'on nomme les bras, et qui servent à tendre ou à traîner le filet. La seine doit former, tandis qu'on la traîne, une courbure dans le sens horizontal, en même temps qu'elle est maintenue verticalement, dans le sens de la hauteur, par le moyen des flottes et du lest. Comme le poisson ne s'y emmaille pas ou que, si cela arrive, ce n'est, pour ainsi dire, que par accident, on ne peut relever le filet qu'en joignant l'un à l'autre les deux bras pour enfermer le poisson dans l'espace sans cesse rétteci occupé par le filet.

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Les pêcheurs ont, en outre, l'attention de rétrécir de plus on plus la courbure horizontale du filet en rapprochant les bras l'un de l'autre lorsqu'ils sont près de retirer la seine do l'eau. Dans les rivières où les courants ont peu de largeur, les pêcheurs se placent moitié sur un bord et moitié sur l'autre, puis ils halent sur les deux bras en traînant le filet. Us se servent d'une pierre qu'ils attachent ensuite au bout de l'un des deux bras et qu'ils jettent sur le bord opposé, où ils se réunissent pour tirer tout l'appareil. Lorsque la rivière ou la nappe d'eau a trop de largeur, on place le filet sur un bateau dans lequel s'embarquent trois hommes, tandis que trois autres pêcheurs restent à terre, tenant un des bras du filet. Des trois hommes embarqués, deux rament et le troisième jette le filet à l'eau, pli à pli. Quand le bateau a touché la rive opposée, les pêcheurs mettent pied k terre et aident leurs camarades à haler la seine à travers le courant. Lorsque l'on se trouve arrivé au point d'arrêt, les trois hommes remontent en barque et regagnent la rive où sont leurs compagnons, en décrivant une ligne circulaire. Une fois réunis, tous les pêcheurs tirent le filet à terre.

On a perfectionné les seines en y ajoutant une espèce de poche ou de sac qui occupe le milieu de leur largeur, en sorte que les deux portions adjacentes du filet forment comme deux ailes attachées sur les bords latéraux de la poche. On pêche avec ces sei'«esde différentes manières, dont la plus destructive est la pèche dite aux bœufs. Dans cette pêche, le filet, chargé d'un lest considérable, est traîné rapidement par deux bateaux a voile qui halent sur les deux bras. Ce filet laisse partout des traces funestes de son passage sur le fond, qu'il sillonne comme pourrait le faire le soc d'une charrue. Le frai et les petits poissons périssent. Les poissons même qui so prennent dans la poche du filet, froissés l'un contre l'autre par la rapidité du mouvement qui les emporte, se trouvent presque tous morts ou très-endommagés lorsqu'on les retire. Cette pêihe, longtemps défendue et toujours pratiquée, malgré la sévérité des lois, a fini par dépeupler nos côtes. Sur quelques points, on fait subir aux seines une autre transformation qui n'est pas nuisible aux pêcheries. On supprime les ailes et on ne conserve que la poche, dont l'ouverture est maintenue constamment ouverte au moyen d'un mécanisme quelconque.

SEINE (anciennement Sequana, Secoanus, Segona, Sigona, Secana, Sienna, toutes formes que plusieurs étymologistes ont tirées du celtique quan ou squan, tortueux, parce que cette rivière forme un graud nombre de sinuosités ; mais ce nom vient sans doute plutôt d'un radical correspondant à la racine sanscrite sjc, mouiller, humecter, à laquelle correspondent également le latin sugere, sucer, l'allemand saugen, l'anglais lo suclc, le lithuanien sunkiu et le russe sosit, même sens), fleuve de France qui prend sa source dans le département delà Côte-d'Or, au pied de la ferme des Vergerots, près de Saint-Germainla-Feuille, cant. de Flavigny, arrond. de Semur. Il coule d'abord au N.-O., puisau S.O., reprend ensuite sa direction vers le N.-O., eu décrivant des sinuosités innombrables à travers les départements de la Côte-d'Or, de l'Aube, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, de la Seine, de l'Eure et de la Seine-Inférieure. Les localités principales qui s'élèvent sur ses bords sont : Châtillon-sur-Seine, Bursur-Seine, Troyes, Romilly-stir-Seine, Pont, Nogent-sur-Seine, Montereau, Melun, Corbeil, Paris, Poissy, Meulan, Mantes, Vernon, Pont-de-1'Arche, Elbeuf, Rouen, Caudebec, Lillebonne.Quillebeuf, Honneur et Le Havre. Entre ces deux dernières villes, la Seine se jette dans la Manche par une embouchure de 12 kilom. de largeur, après un cours de 770 kilom., navigable sur 560, depuis Méry-sur- Seine jusqu'à la Manche. Ses affluents principaux sont : à droite, l'Ource, l'Aube, la Marne, l'Oise, l'Epte, l'Andelle ; a gauche, l'Yonne, le Loing, l'Essonne, 1 Yère, la Bièvre, l'Eure, augmentée des eaux de i'Iton, la Rille. La Seine communique avec la Loire par le canal du Loing, celui du Nivernais et l'Yonne; avec la Saône et le Rhône par l'Yonne et le canal de Bourgogne, avec la Somme et l'Escaut par le canal de Saint- Quentin et l'Oise, avec l'Ourcq par le canal de l'Ourcq. La hauteur de la Seine au-dessus du niveau de la mer est de 171 mètres à sa source, de 101 mètres à Troyes, de 34 mètres à Paris et de 8 mètres à Rouen. La marée se fait sentir jusqu'à Pont-de-1'Arche et Poses. On remarque sur ce fleuve le phénomène de la barre, vague puissante, offrant un front perpendiculaire qui remonte jusqu'à Jumiéges et quelquefois jusqu'à Rouen avec rapidité et grand bruit.

La Seine roule à Paris, à l'étiage, 75 mètres cubes d'eau par seconde; aux eaux moyennes, 250; dans les grandes crues, 1,400.

Le bassin de la Seine est formé par les collines du pays de Caux et de la Picardie, les Ardennes occidentales, l'Argomie occidentale, le plateau de Langres, la Côte-d'O.', les collines du Morvan, <le l'Autunois et du Nivernais, le plateau d'Orléans et les collines du Perche et du Lieuvin.

Pendant longtemps on a disserté pour savoir où se trouve la véritable source de la Seine. D'après certains auteurs, le fleuve pre-

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nait naissance au mont Tasselot, près du hameau de Fromenteau, au pied d'un vieil arbre qu'arrose un mince filet d'eau ; d'nutres voulaient que la source fût à Saint-Seine-1'Abbaye, à 9 kilom. du village, dans la direction de l'ouest; mais, à la suite de recherches minutieuses, on est arrivé à constater que la Seine prend réellement sa source à Saint- Germain-la-Feutlle, également connu sous le nom de Saint-Germain-source-Seine.

La Seine, comme le Rhin, a ses légendes et son histoire. D'après une légende du vie siècle, Dieu envoya un de ses élus dans les forêts des Burgondes ; cet élu avait nom Seine ; il sortait du moutier de Saint-Jean, en pays d'Auxois, et il avait reçu l'habit religieux des mains de l'évêque de Langres. Seine s'avança à travers les "forêts, couchant sur la dure et convertissant les peuples chez lesquels il passait. Il n'y avait, dit la légende naïve,

... Si grande beste A qui ne nst baisser la teste.

Enfin le saint s'arrêta et bâtit la cellule qui devint la pierre angulaire de la célèbre abbaye de Saint-Seine. Les peuples qu'il avait convertis au christianisme se rirent ses ouvriers le jour où Dieu lui révéla sa volonté de voir un monastère remplacer la cellule solitaire. Conduit. *lit-on, par le son d'une clochette invisible, saint Seine se mit à l'œuvre et l'abbaye à laquelle il donna son nom commença peu à peu à sortir de terre. Bientôt les ouvriers formèrent autour du monastère | une bourgade qui existe encore. Le monastère de Saint-Seine fut pillé et ravagé en 721 et ! en 937, puis relevé grâue aux libéralités des ; chevaliers croisés bourguignons. Les ducs de Bourgogne étaient chargés de sa garde. Le roi Jean, qui restaura la maison abbatiale, la transforma en place fortifiée qui pût résister aux attaques anglaises. Les paysans du bourg étaient tenus d entretenir les bastions, mais en revanche ils avaient droit d'asile dans le couvent en cas d'alerte. L'église du vieux couvent est encore debout. Elle date du xve siècle et constitue un des monuments les plus curieux de la Bourgogne. C'est à l'ombre de cette abbaye, sous une pierre, que la légende place la source de la Seine. D'après cette légende, un jour saint Seine, courbé sous le poids des ans, rentrait à l'abbaye, monté sur son âne. L'animal, arrivé près de sa destination et afin de faciliter la descente à son vieux cavalier, s'agenouilla sur là pierre en question. Son genou y fit aussitôt un trou et, quand il se releva, une source miraculeuse en jaillit qui forma aussitôt la Seine. Pendant longtemps, on crut dans la contrée que saint Seine avait le don de faire la pluie et le beau temps. La pierre qui sert de borne au territoire de l'abbaye porte un bas-relief représentant saint Seine monté sur son âne. D'après une autre légende purement païenne, la Seine, fille de Bacchus, était la plus jolie des nymphes qui accompagnèrent la blonde Cérès lorsqu'elle parcourut les Gaules à la recherche de Proserpine. Quand elle l'eut retrouvée, elle était en Normandie. Là, Cérès, pour récompenser la nymphe de sa fidélité et de ses nombreux services, lui donna les prairies qui longent le rivage et le don de faire pousser le blé partout où elle irait. En outre, elle lui donna pour compagne la nymphe Hévu, afin qu'à deux elles pussent échapper, en veillant l'une sur l'autre, aux obsessions de ces dieux d'alors, féroces amoureux et violents enleveurs de femmes. Précaution inutile! Un jour, la nymphe jouait au bord de la rive quand Neptune l'aperçoit; enflammé d'amour à la vue de cette beauté merveilleuse, le dieu des mers précipite sa course vers la rive. La Seine fuit devant lui, prévenue à temps par Héva. Mais le dieu gagne du terrain ; il va l'atteindre, déjà même il allonge te bras, quand soudain la fugitive invoque Bacchus, son père, et Cérès la blonde, et Neptune sent le corps de la nymphe couler entre ses doigts ; la Seine fond en eau; son voile, ses vêtements deviennent des Ilots couleur d'émeraude qui forment un fleuve courant encore à travers les campagnes que la nymphe a aimées. Les autres nymphes, compagnes de Cérès dans son voyage des Gaules, devinrent, comme la Seine, des rivières : l'Aube, l'Yonne, la Marne, l'Oise, l'Eure, l'Andely. Quanta Héva, en apprenant lamétamorphose de la fille de Bacchus, elle tomba morte sans verser une larme. Elle ne forma pas de fleuve, mais les néréides lui élevèrent sur le rocher où elle rendit le dernier soupir un tombeau composé de pierres noires et blan- , ches sur lequel elles placèrent une sentinelle ' vigilante, un écho, alin qu'Héva, après sa mort, prévînt les marins des périls de la terre, ] comme pendant sa vie elle avait averti la Seine des dangers de Neptune. L'écho répète ce qu'elle lui dit tofit bas. C'est le tombeau d'Héva qui forme le cap de la Hève.

Mais quittons les légendes pour faire un peu d'histoire. Le commerce et la navigation sur la Seine datent d'une haute antiquité. Le géographe Strabon, qui vivuit sous Tibère, dit que les marchandises auxquelles on faisait remonter le Rhône et la Saône étaient voiturées ensuite par terre jusqu'à la Seine. C'était en descendant ce fleuve qu'on les transportait dans le pays des Lexoviens et des Calètes, et de là par l'Océan, en moins d'un jour, dans la Grande-Bretagne. Ces transports par eau, qui devinrent très-multipliés, furent l'origine de la corporation des Hautes

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fiarisiens, qui érigèrent à la pointe de l'île de a Cité un autel votif dédié à Tibère, et de ceux de Rouen et de Lillebonne. L'existence de ces derniers, sans être positivement indiquée par des fftonumenls historiques, ressort des observations de Strabon, qui dit que les marchandises transportées à l'embouchure de la Seine et destinées pour la Grande-Bretagne étaient débarquées sur le territoire des Calètes, et de la certitude acquise que l'on amenait par eau les pierres de Caumont et de Saint-Leu, qui entrent dans les constructions des édifices antiques de Rouen et de Lillebonne. Le diplôme de Dagobert en faveur de l'abbaye de Saint-Denis, de 629, montre suffisamment que les négociants de la Grande- Bretagne et les Frisons remontaient alors la Seine jusqu'à Rouen pour échanger contre les vins, le miel et la garance les saies et autres lainages fabriqués dans leur pays, les pelleteries, l'ambre et divers produits du Nord. La Chronique de Fontenelle dit, en général, que la Seine tire sa célébrité des nombreux vaisseaux qui la parcourent, et la même pensée se retrouve dans une description de Jumiéges de 684 environ. Toutefois, il semblerait résulter du fait suivant que la navigation de la Seine était alors difficile. Vers C30, Dagobert ayant fait présent à l'abbaye de Saint-Denis des portes d'airain de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers, le transport par mer eut lieu sans accident; maison Seine l'une des portes tomba dans le fleuve et on ne put l'en retirer. Les invasions normandes et les barques des- hommes du Nord qui sillonnaient le fleuve n'arrêtèrent pas complètement les transports par eau, car, en 840, Charles le Chauve franchit la Seine sur vingthuit navires de commerce qu'il réunit près du Rouen. Le régime féodal apporta mille entraves à la navigation sur la Seine ; de nombreux péages furent établis depuis l'enoroit où le fleuve était navigable jusqu'à Paris et depuis Paris jusqu'à Rouen. Parmi ces derniers, celui de Maisons était antérieur à 1090 ; celui de Conflans-Satnte-Honorine existait déjà en 1039; on en rencontrait également à Poissy avant 1094, à Meulan avant 1015, à Mantes en 1006, à La Roche-Guyon avant 1080, à Vernon avant 1060 et aux Andelys avant 1055. Au-dessous de Rouen, la navigation de la Seine était libre, sans doute parco que les ducs de Normandie, qui exerçaient dans leur principauté un pouvoir souverain, s'opposèrent constamment à l'établissement de péages. Les abbayes firent de constants efforts pour obtenir le privilège de la franche nef, c'est-à-dire le droit de faire passer tout ce qui leur appartenait en franchise par tous les péages; mais ils ne furent pas toujours couronnés de succès. D'ailleurs, il paraît constant que certaines abbayes, celles de Sauit- Wandrille et de Jumiéges, profitaient de la franchise des péages pour faire du trafic, quoique ce fût chose contraire aux saints canons. Aussi les seigneurs de La Roche-Guyon prélevaient-ils à leur barrage féodal, situé au-dessous de Mantes, des droits arbitraires sur les bacs de Jumiéges et de Saint-Wandrille. Philippe-Auguste put à grand'peine obtenir de son redoutable vassal, en 1185, de ne pas traiter les moines plus durement que les marchands. Les privilèges considérables que les ducs de Normandie et les rois d'Angleterre accordèrent aux bourgeois de Rouen sur la Seine multiplièrent l'activité commerciale des transports; si l'on ajoute que l'importance du commerce parisien allait de son côté grandissant, que les envois par eau augmentaient tous lus jours, on comprendra quel mouvement commercial se faisait par la Seino au moyeu âge. L'importance de ce mouvement s'explique d'autant mieux que les moyens de communication par terre étaient alors fort restreints et l'état des routes assez peu favorable aux transports. Cependant, il existait, au moyen âge comme de nos jours, dans le lit de la Seine, surtout vers son embouchure, des ensablements qui devenaient des obstacles au passage des navires d'un fort tonnage , embarras beaucoup moins sensible d'ailleurs à l'époque où les bâtiments étaient généralement d'une construction plus légère, C'est ainïi que le banc du Flac et la traverse de Villequier sont les résultats les plus notables du mouvement d'oscillation qui s'établit par tu marée et le reflux entre les sables que pousse la mer et les argiles que le fleuve entraîne. L'ancienne île de Balcinac, nom germanique qui signifie demeure de Bel et qui s'appelait auparavant Lulum ou Loium (boue, vase), donnée k saint Condède en 673 par Théodoric III, a été déchirée par le choc des vagues et s'est dispersée ensables mouvants entre Caudebec et Vatteville d'abord, puis ces sables sont descendus peu à peu depuis huit ou dix siècles et se trouvent aujourd'hui entre Villequier et Aizier.

La formation des bancs ripuaires de la basse Seine a été étudiée par M. de Fréville dans son Mémoire sur te commerce maritime de Rouen, et l'effet des murées sur les falaises du pays de Caux, la formation du galet, sa marche et son accumulation à l'embouchure de la Seine ont été décrits et démontrés par Lamblardie dans son Mémoire sur les cdtes de la haute Normandie (Havre, 1789, in-4o). D'importants travaux de canalisation et d'endiguementont été entrepris depuis un certain nombre d'années dans la basse Seine pour obvier aux inconvénients que présentent les bancs de sable mobiles

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' qui gênent la navigation, surtout aux. environs de Quillebeuf. Les travaux d'endiguement de la Seine ont été commencés en 1846 par l'établissement d'une digue longitudinale entre Villequier et Quillebeuf. Les décrets de 1852, 1853, 1861 et 1863 ont successivement autorisé l'établissement d'ouvrages de même nature entre La Roque et Berville, entre Ritival et Villequier, en amont et eu aval de Caudebee, etc., etc.

Enfin, deux décrets du 20 avril 1870 et du 12 décembre 1871 ont autorisé la construction d'une digue entre La Mailleraye et Caudebee, ainsi que l'exécution de travaux de grosses réparations aux ouvrages existants.

Les matériaux d'enrochement formant la partie supérieure de cette dernière digue ont

'été arrimés soigneusement suivant une surface convexe continue. Ce procédé a donné d'excellents résultats et il a été appliqué à la réparation des digues basses en aval de Tancarviile.

La carte hydrographique envoyée à l'Ex-

fiosition universelle de Vienne, et qui donne a situation en 1873 de la baie de la Seine de Quillebeuf à la mer, indique que le chenal est aujourd'hui fixé, grâce aux digues qui s'opposent à la divagation des eaux. La navigation peut rencontrer des profondeurs d'eau considérables jusqu'au delà de Honfleur*, le fond se relève par le travers de Graville, et en aval de ce point on atteint rapidement des fonds de 10 mètres en basse mer. Depuis l'extiémité des digues jusqu'à Tancarville, la cote la plus élevée du chenal est 106<n,40, soit 6m,74 en contre-bas des pleines mers de morte eau au Havre. En amont de Quillebeuf, les plus hauts fonds de la Seine maritime sont les bancs tourbeux des Meules, dont la cote est à 104 mètres, soit im,30en contre-bas du seuil de la baie cotée

On procéda en 1873 au dragage de ce banc et l'on continua les travaux de curage qui avaient pour but d'assurer, concurremment avec le système d'endiguement , de plus grandes profondeurs au lit du fleuve.

Les dépenses résultant, depuis la loi du 31 mai 1846, des divers décrets qui ont eu successivement pour objet la création de digues longitudinales sur la basse Seine représentent un total d'environ 13,300,000 fr., sur lequel il reste encore à entreprendre approximativement pour 900,000 francs de travaux.

La construction de ces digues a eu pour résultat de soustraire à l'envahissement des eaux de vastes espaces de terrains dont la plus-value peut, sans exagération, être fixée à un total de 11,000,000 de francs, qui viendra en défalcation des sacrifices faits par l'Etat.

En outre, grâce aux améliorations obtenues, la navigation rencontre aujourd'hui des profondeurs d'eau suffisantes pour que des navires de fort tonnage puissent remonter jusqu'à Rouen.

Qtiiint au port de Honfleur, dont l'existence est menacée par des envasements de jour en jour plus considérables, on n'a pas osé prolonger, pour remédier à cet envasement, les digues de la basse Seine, de peur de compromettre la situation du port du Havre ; c'est pourquoi on a résolu de créer dans ce port une vaste retenue de 60 hectares de superficie au moyen de laquelle on opérera des chasses énergiques. Dans ce but, la loi du 26 juillet 1873 a autorisé l'exécution des travaux ci-après :

1" Une digue d'enceinte entourant la retenue et les chantiers de construction.

20 Un déversoir de 120 mètres de longueur établi sur la digue.

3» Une grande écluse de chasse à quatre perluis versant ses eaux dans le chenal du port.

4° Une petite écluse de chasse destinée à entretenir la profondeur le long de la digne, du large au devant des chnntiers de construction.

50 Un aqueduc de communication entre la retenue et les bassins à flot.

fio Un prolongement de la jetée ouest, qui est en maçonnerie, par une jetée en charpente de près de 200 mètres de longueur, sur la direction un peu plus inclinée vers l'ouest.

La Seine est fréquemment sujette à des inondations, dont nous avons indiqué les principales à l'article inondation. Nous croyons toutefois devoir donner ici un tableau des grandes crues de la Seine depuis 1615.

Ce relevé a été pris d'après l'échelle du pont de la Tournelle, à Paris. On sait que, pour obtenir les hauteurs du niveau à l'échelle du pont Royal, il suffit d'ajouter à ces nombres une moyenne de om,85.

Dates. Niveau.

11 juillet 1615 8n>,92 20 févr. 1658 8 74 26 févr. 1678 6 90

3 juin 1690 8 97 l«juillet 1697 7 32

12 mars 1711 7 80 26 déc. 1740 7 90 îerjanv. 1741 6 71 23 mars 1751 6 G7

5 l'évr. 1760 6 90 9 févr. 1764 5 85

4 mars 1784 C 66

2 févr.

3 janv.

17 janv.

3 mars 13 janv.

13 mars 26 mars 28 déc.

20 janv. 26 janv.

16 déc.

5 mars

8 févr.

28 déc.

2 janv.

28 sept.

Décemb.

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La crue commence à devenir inquiétante lorsque l'eau marque 8 mètres au pont Royal et 7 mètres à celui de la Tournelle.

Si de nos jours il arrivait une crue comme en 1615, l'eau couvrirait les Champs-Elysées, le quartier de la Madeleine et jusqu'à la rue Saint-Lazare.

En 1740, la Seine se répandit dans le faubourg Saint-Antoine jusqu aux Quinze- Vingts.

Dans un très-remarquable ouvrage intitulé Etudes hydrologiques sur la Seine et son bassin, M. Belgrand donne d'intéressantes indications sur le régime des crues dans le bassin de la Seine, et il en résulte qu'on peut considérer comme peu probable le retour de ces inondations terribles dont l'histoire de Paris a gardé le souvenir. Non pas que la nature des cours d'eau et des terrains du bassin de la Seine ait changé, mais parce que le sol de Paris ne cesse de s'élever, et que, d'autre part, les ponts de la traversée de la Seine k Paris, presque tous refaits, ont des arches plus larges et ne relèvent plus eux-mêmes, comme autrefois, le niveau des grandes eaux.

De crues dépassant 7 mètres à l'échelle du pont de la Tournelle on ne compte que neuf depuis bientôt deux cent cinquante ans. Les plus fortes ont été celle de 1658 (8m,74) et celle de 1740 (7^,90). Une seule crue a dépassé 7 mètres au-dessus de l'étiage conventionnel dans le cours du xix* siècle ; c'est celle du 3 janvier 1802, qui a monté à ~*n,3î. La crue du mois de décembre 1872, qui commençait à être inquiétante, n'a été que de 6m,io.

Des terrains bas, comme ceux de la presqu'île de Maisons-Alfort, de Bercy, d'Auleuil, de Grenelle, peuvent souffrir de moindres crues, et certaines parties de la ville sont encore exposées aux ravages de la nappe souterraine ; mais, dans son ensemble, Paris n'a plus guère à redouter d'être inondé. 11 sera mis tout à fait à l'abri, comme le dit M. Belgrand, si les grands égouts collecteurs qui longent le fleuve sont prolongés jusqu'aux fortifications, en amont comme en aval ; si la ligne des quais est rendue insubmersible par l'élévation continue des parapets à 35111,6 d'altitude en amont, et 33>n,58 en aval; et, enfin, si tous les déversoirs latéraux des égouts sont fermés par de solides portes de flot. Ces travaux seront, avant qu'il soit longtemps, entièrement exécutés.

La longueur de lu Seine, de l'entrée (26m,50 d'altitude), au pont de ceinture de la Râpée, à la sortie (24™, 50) au pont-viaduc d'Auteuil, est de 12,337 mètres entre le pied du glacis des fortifications, avec une seule écluse, celle de la Monnaie, dont la longueur utile et de 112111,82 sur 12 moires de largeur. Le tirant d'eau est de 2 mètres à l'étiage lorsque le barrage de Suresnes fonctionne.

Ce qui rend les grandes crues et les débordements si rares à Paris et dans tout le bassin de la Seine, c'est la nature du sol, Sur 78,000 kilomètres carrés, les terrains imperméable», c'est-à-dire ceux qui n'absorbent pus les eaux, n'en occupent que 19,000. Or, il y a dix ou vingt fois moins de cours d'eau sur les terrains imperméables que sur les autres, et ces cours d'eau n'y ont pas le caractère torrentiel. En comptant les cours d'eau mixtes, la partie du bassin où les eaux courantes ont une action sur les crues n'ernbriisse pas une superficie de plus de 34,000 kilomètres.

La Marne et l'Yonne sont les gros affluents de la Seine qui se rapprochent le plus du régime des torrents. Toutes les fois que de fortes montées s'y déclarent, il y a heu d'être sur le qui-vive; mais jamais, ceci est une lot constatée et vérifiée, il n'y a de grands débordements dépassant 7 mètres à Paris, par l'effet de la crue d'un seul affluent; les hauteurs même de 5 ou 6 mètres sont tout à fait exceptionnelles. Pour un débordement de 7 mètres, il faut des crues de plusieurs affluents à la fois et même des crues successives, maintenues dans leur ensemble par des combinaisons de pluie et d'écoulement des eaux qui ne se présentent que très-difficilement. Les eaux torrentielles arrivent à Paris, des extrémités du bassin, en trois ou quatre jours; les eaux tranquilles mettent quatre ou cinq jours de plus à y arriver. Ce fait montre qu'une seule crue, même générale, est peu redoutable.

Les pluies ne sont pas générales la plupart du temps. Les pluies locales, les averses, les orages n'exercent pas d'influence sur un bassin de 150 à 200 kilomètres carrés seulement de superficie, A Paris même, le péri-

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mètre de la ville n'est que de 78 kilomètres ; une averse ne mouille presque jamais, le sol tout entier, ou n'en mouille pas à la fois toute l'étendue.

C'est, il est vrai, dans cette saison que les combinaisons météorologiques et hydrologiques d'où naissent les inondations peuvent les produire. Girard avait établi en principe que la rive gauche de la Seine était menacée, n'importe en quel temps de l'année, toutes tes fois que, en deux ans, il était tombé im,20 d'eau et que la pluie avait duré plus de 320 jours. Mais il n en est pas ainsi.

Une loi plus certaine a été donnée par Dausse et corrigée par M. Belgrand, d'après Inquelle les pluies de la saison chaude (15 mai-15 novembre) ne profitent pas aux cours d'eau. La moindre interruption des pluies en arrête l'effet l'été. Le sol n'y arrive que difficilement à l'état dé saturation, quoiqu'il pleuve bien davantage. Une crue de 3"a,20 est tout à fait .extraordinaire dans la saison chaude. L'hiver, un contraire, même sans pluies préparatoires, le sol est toujours prés d'être saturé. Les crues des cours d'eau y sont donc faciles à produire.

Les inondations, comme les sécheresses, ne viennent pas, en définitive, du manque absolu ou de la trop grande abondance des pluies. C'est leur mauvaise répartition qui les détermine. En 1869, il avait plu beaucoup, mais dans les mois chauds. On a éprouvé des sécheresses extraordinaires plusieurs fois depuis 1857. Il y eut pourtant beaucoup d'années où il avait plu encore moins. Au contraire, en 1740, 1 année de la dernière inondation terrible qu'ait connue Paris, il n'était pas tombé plus d'eau qu'à l'ordinaire; mais toutes les pluies étaient venues au mois de novembre et au mois de décembre.

Les poètes ont chanté ht Seine. Voici d'abord des strophes de Malherbe :

Que direz-vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours?

Quand le traître cou ma sa rage, Le dieu de Seine était dehors A regarder croïtre'i'ouvrage (le Louvre) Dont ce prince embellit ses bords.

Il se resserra tout a l'heure Au plus beau lieu de sa demeure, Et ses nymphes dessus les eaux.

Toutes sans voix et sans haleine, Pour se cacher furent en peine De trouver assez de roseaux.

Revenez, belles fugitives; De quoi versez-vous tant de pleurs?

Assurez vos âmes craintives, Remettez vos chapeaux de fleurs.

Boileau lui-même a parlé de la Seine dans le langage des dieux :

La Seine, au pied des monts que son flot vient laver. Voit du sein de ses eaux vingt lies s'élever, Qui, partageant son cours en diverses manières, D'une rivière seule y forment vingt rivières.

Dans une ode à propos de l'arrivée en France de Marie-Thérèse, épouse de Louis dit le Grand, Racine met les vers suivants dans la bouche du fleuve :

Je suis la nymphe de la Seine; Cestmoi dont les illustres bords Doivent posséder les trésors Qui rendaient l'Espagne si vaine.

Ils sont des plus grands rois l'agréable séjour; Ils le sont des plaisirs, ils le sont de l'amour; Il n'est rien de si doux que l'air qu'on y respire; Je reçois les tributs de centfleuves divers, etc., etc.

Enfin chacun connaît les jolis vers de Mme Deshoulières :

Sur les bords fleuris Qu'arrose ta Seine, Cherchez qui vous mène, Mes chères brebis.

Il nous reste ù dire un mot du monument que-la ville de Paris a fait inaugurer à l'endroit même où la Seine prend sa source. En 1836, la commission des antiquités (devenue depuis la Société archéologique) Tle la Côted'Or fit entreprendre des fouilles sur la principale de ces sources, les dirigea avec le plus grand zèle et arriva ainsi à la découverte des débris d'un ancien temple galloromain, élevé , croit-on , en l'honneur du fleuve. Cette découverte donna l'idée d'élever de nouveau sur ce lieu renommé un monument commémoratif delà découverte faite prés des sources de lu Seine. En conséquence quelques archéologues en émirent la proposition ; mais le gouvernement de Juillet tomba avant d'avoir pu y donner suite. Sous l'Empire, le sujet du monument fut mis au concours, et on choisit parmi plusieurs autres celui qui représentait la Seine sous la forme d'une nymphe. C'est une statue en pierre, demi-couchée sur un piédestal et abritée dans une grotte disposée suivant les meilleurs modèles dans ce genre de construction. Les travaux, commencés en 1865 sous la direction de MM. Baltard, membre de l'Institut, et Davioud, architecte, furent terminés en 1867. M. Comhaz s'est spécialement occupé de la grotte.

— Iconogr. Dans la peinture de la voûte de la grande galerie de Versailles où Le Brun a représenté Louis XIV prenant la conduite de ses Etals, on distingue, entre autres figures allégoriques, la Seine, « marquant par les fleurs et les fruits qui sortent de sou urne la

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fertilité du pays qu'elle arrose. » A. Coyse vox avait sculpté pour le château de Marly la Seine tenant un aviron et accompagnée d'un petit génie avec les armes de Louis XIV. Un autre groupe, qui décorait autrefois un des bassins du parc de ce même château et qui depuis a été transporté dans le jardin des Tuileries, représente la Seine et la Marne; il est l'œuvre de Coustou l'aîné : la Seine a près d'elle un enfant jouant avec un cygne ; à côté de la Marne est un autre enfant qui tient une écrevisse. Un château d'eau, élevé en 1719 en face du Palais-Royal, à Paris, avait été décoré par Coustou le jeune d'un bas-relief représentant la Seine et la source d'Arcueil. M. George Clere a sculpté, il y a quelques années, dans le fronton du nouvel hôtel de la préfecture, à Versailles, les figures de la Seine et de l'Oise. Une peinture allégorique de 1» Seine a été exposée par M. Jules Laure au Salon de 1844.

Il est peu de fleuves dont les bords aient été plus souvent retracés par les peintres, les graveurs et les lithographes. Un recueil de vingt-quatre vues lithographiques, par Bichebois et Sabatier, avec des figures par Victor Adam, a paru en 1830 sous ce titre : la Seine depuis sa source jusqu'à la mer. Un autre recueil de vues des Rives de la Seine, lithographiées par Deroy, a paru en 1831. Nous avons mentionné dans l'iconographie spéciale de Paris plusieurs vues prises dans cette ville sur les bords du fleuve. Parmi les innombrables tableaux représentant les rive3 de la Seine, nous citerons : Y Embouchure de la Seine, par Perrot (Salon de 1839); les Bords de la Seine à Caudebee, par Camille Saglio (Salon de 1839) ; les Bords de la Seine, par Christian Brune (Salon de 1841) , Victor Duval (Salon de 1841), H. Barmont (Salon de 1841); les Bords de la Seine, près de Poissy, après lajpluie, par Alexandre Barbier (Salon de 1842) ; les Bords de la Seine, près de Rouen, par Edouard de Gernon (Salon de 1842) ; une Vue de la basse Seine, prise des hauteurs des Moulineaux, près de Rouen, par A. Lenoble (Salon de 1844); les Bords de la Seine aux environs de Caudebee, par R. Esbrat (Salon de 1847), tableau commanda par le ministère de l'intérieur; deux Vues prises sur les bords de la Seine, par Daubigny (Salon de 1849 et de 1852); les Rives de la Seine à Saint-Julien (Aube), par H.-L. Pron (Salon de 1850) ; les Bords de ta Seine à Bougival, par Jules Masure (Salon de 1850); le même sujet, par Nie. -Alex. Barbier (Salon de 1850) ; les Bords de la Seine an soir d'été, par Léon Villevieille (lïxpos. univ. de 1855); le Cours de la Seine dans le parc de Neuilly, par A.-L. Mellé (Expos, univ. de 1855); les Bords de la Seine, par G.lL. de Lafage (Expos, univ. de 1855); les Bords de la Seine au bas lileudon, par Ch. Barriat (Expos, univ. de 1855); la Seine à Bougival, par J. Chandelier (Salon de 1857) ; les Bords de la Seine à Croissy et Vile de Croissy, par Louis Cabat (Salon de 1857), œuvres remarquables dont nous avons donné ia description au mot Croissy ; les Bords de la Seine, avec un effet de. lune, par Achille Laine (Salon de 1857); les Bords de la Seine au printemps, par Paul Huet (Salon de 1859); le Soir sur les bords de la Seine et une Vue prise au. bas Meudon, par F.-L. Elançais (Salon de 1SS0), tableaux dont nous reparlerons ci-après ; les Ruines du château Gaillard et les bords de la Seine aux Andelys, par Alexis de Fomenay (Salon de 1864); la Seine d Chatou, par Jules Rozier (Salon de 1864) et par Eugène Trouvé (Salon de 1864); la Seine à Bougival, par Alex.- Théod. Webcr (Salon de 1864); les Bords de la Seine ou soleil couchant, par E. Deshayes (Salon de 1864) ; les Bords de la Seine à Saint-Ouen, par Jean Sauvagnac (Salon de 1864); les Bords de la Seine près de Sainl- /u(it!)i,par Henri Delaperche (Salon de 1864) ; l'Embouchure de la Seine à Honfleur, par Alexandre Thiollet (Salon de 1864); le même sujet, par Emile Berthélemy (Salon de 1865) et par Claude Monet (Salon de 1855) ; les Bords de la Seine a Sainte-Assise, par Paul Gourlier (Salon de 1865); le Soir sur les bords de la Seine, par Achille Oudinot (Salon do 1866); la Seine à Bercy, par Saint-Lépine (Salon de 1866); les Bords de la Seine, par Mme Juliette Peyrol- Bonheur (Salon de 1 867) ; l'Embouchure de la Seine, par Troyon (Expos, univ. de 1867); le même sujet, par A. de Eontenay (Salon de 1867); la Seine à Voves, par Jules Chandelier (Salon de 1868) ; la Seine à Villei/uier, par J. Rozier (Salon de 1S69) ; la Seine à Auleuil, par Ch. Lupostolet (Salon de 1872); les Bords de la Seine à Neuilly, par Luigi Loir (Salon de 1873); un Bac sur la Seine et des Bateaux- lavoirs,

fiar Frank de Mesgrigny (Salon de 1874) ; es Bords de la Seine à Vitleneuve-la-Garenne, eau-forte par Alfred Taïée (Salon de 1874) ; un Bras de la Seine aux environs de Alontereau, par Edmond-Ch. Yon (Salon de 1S75); les Bords de la Seine à Qualre-Ages (Eure), par Auguste Ista (Salon de 1875), etc.

Th. Gautier a décrit ainsi la Vue prise au bas Meudon peinte par Frunçais :« La Seine coule et miroite, rayée de brusques égratignures, entre des rives diffuses bordées de . saules, de peupliers, d'arbres vulgaires; au fond s'ébauche, dans un poudroiement grisâtre, un coteau boisé, et tes maisons du bas Meudon, assises au pied de la colline, mêlent leurs fumées à la bruine lumineuse. Pardessus tout cela s'étend un ciel qui n'est ui

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indigo ni orange, un ciel vraiment français, léger, vague, transparent, traversé de nuages et de rayons, comme il s'en fait et défait sans cesse au-dessus de nos têtes... Certes, ce n'est pas un endroit sauvage et romantique que ce bas Meudon où il se mange tant de fritures; mais que d'air, que de fraîcheur, que de limpidité dans cette vue dont la réalité semblerait banale aux dédaigneux, aux exotiques, aux excessifs! Le soleil brille, l'eau frissonne, le feuillage tremble, et la touche spirituelle du peintre donne de l'élégance à cette nature un peu triviale et bourgeoise, pour ainsi dire, » Le Soir ou bord de la Seine, exposé par Français en même temps que le précédent tableau, nous a valu encore cette pittoresque description de Gautier : • De grandes masses, s'inclinant des beiges d'une Ile, réfléchissent leur verdure dans l'eau verte, où leur image flotte comme une forêt submergée. De l'autre côté, la rive s'escarpe et forme comme des zones de terrasses. Une colline à demi noyée dans la vapeur d'or du couchant tend au fond du tableau son rideau violâtre. Au sommet, l'aqueduc de Marly, dessinant ses arcades romaines, jette comme une note antique à travers la modernité du paysage. »

SEINE (département de la), division administrative de la région septentrionale de la France, formée en entier d'une partie de la ci-devant province de l'Ile-de-France et tirant son nom de la principale rivière qui l'arrose du S.-E. au N.-O. Enclavé dans le département de Seine-et-Oise, c'est le plus petit de tous les départements de la France, mais le p>us peuplé malgré son peu d'étendue, et te plus important aux points de vue politique, industriel et commercial. Sa superficie n'est, en effet, que de 47,550 hectares, dont 27,995 en terres labourables, 2,751 en vignes, 1,151 en prairies naturelles, 15,206 en bois, forêts, chemins, cours d'eau, etc.; mais il renferme Pans, la capitale de la République et le siège de toutes les administrations de la France. Il est divisé en trois arrondissements : Paris, chef-lieu ; Sceaux et Saint- Denis, comprenant 28 cantons, 73 communes et 2,220,060 hab. Ce département forme le diocèse de Paris, ressortit à la cour d'appel de Paris , à l'académie de Paris , à la ire conservation des forêts.

Le territoire du département de la Seine est généralement uni; on y trouve cependant quelques collines, mais point de montagnes proprement dites.' Les points culminants au-dessus du niveau de la mer sont: le mont Valérien, sur la rive gauche de la Seine, 162 mètres; la butte Montmartre, 105 mètres, et la butte Chaumont, loi mètres. Les rivières qui arrosent ce département sont : la Seine, la Marne, la Bievre ou rivière des Gobelins, et te Crould, qui arrose Saint-Denis. La Seine y pénètre par le sud-est, un peu au-dessus de Choisy-le-Roi, et en sort au nord-ouest, après un parcours sinueux de 58 kilomètres. La Marne , qui se jette dans la Seine sur sa rive droite à Charentonle-Pont, un peu au-dessus de Paris, parcourt 24 kilomètres depuis sou emrée dans le département. Le système hydrographique est complété par les quatre canaux de l'Oureq, de Saint-Denis, de Saint- Martin et de Saint- Maur. Le sous-sol se compose en général d'une mince couche d'argile ou de masses considérables de calcaire grossier. On y trouve quelques traces de manganèse, des pyrites sulfureuses, de vastes gisements de pierre à plâtre, de pierre de taille et de moellon. Deux sources d'eaux minérales existent à Passy et k Auteuil. Le climat est naturellement sain et la température douce. Cependant on trouve d'assez nombreux exemples de froids intenses et de grandes chaleurs ressentis à Paris. Ainsi en 1788, au mois de décembre, le froid a été de 22°,3 au-dessous de zéro; au mois de janvier 1795, de 23u,5 au-dessous de zéro. Les plus grandes'chaleurs ont eu lieu en^ août 1793, 38", 4 au-dessus de zéro; en août 1863,. 39° audessus de zéro. La quantité moyenne de pluie tombée à l'Observatoire de Paris est de 471 mil» limètres.

L'agriculture y est très-avancée et les terres y sont améliorées par les riches engrais fournis par la capitale. Le sol produit toutes les céréales et les fruits en abondance. La culture des légumes potagers y est portée au plus haut degré de perleetion. Voici dans quelles proportions les différentes cultures se partagent le sol. Le froment occupe 5,600 hectares, le seigle 2,800, l'orge 470, l'avoine 4,000, la pomme ue terre 3,600, les racines ou légumes frais 4,000, les légumes secs 110, les graines oléagineuses 160, les prairies naturelles 1,100, les prairies artificielles 2,800, lu vigne 2,750, les cultures arborescentes 135, les jardins potagers et maraîchers 2,200, le» parcs et jardins 1,400. Le froment produit en moyenne 146,000 hectolitres de grain et 216,000 quin- - taux de paille, le seigle 60,000 hectolitres de grain et 90,000 quintaux de paille, l'avoine 165,000 hectolitres de grain et 128,000 quintaux de pi'.ille, la pomme de terre «60,000 heetolitresde iubercules,la betterave 228,U00 quintaux de racines. La vigne ne donne aujourd'hui que des produits fort médiocres en raisin et en vin; il paraît ceitain qu'il n'en était pas ainsi autrefois. On évalue à un peu plus de 100,000 hectolitres la quantité de vin produit par le département de la Seine.

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La moitié environ de ce vin est exportée dans les départements voisins. Bien que le houblon ne soit pas cultivé dans la Seine ni dans les départements circonvoisins, il se fabrique à Paris, bon an mal an, 250,000 hectolitres de bières de toute nature. Le département de la Seine compte 14,000 bètes à cornes, presque toutes vaches laitières. Cette population, dont la quatorzième partie périt annuellement par les maladies, se recrute en général parmi les races picarde, flamande, normande et bretonne. La moitié environ des bêtes bovines est exclusivement nourrie à l'étable, le reste est tour à tour nourri k l'etable et au pâturage. On engraisse les vaches à partir de sept ans. On estime que 16 litres de lait peuvent donner 1 kiloi gramme de beurre et 8 litres 1 kilogramme de fromage. Le nombre des bêtes à laine est d'environ 16,000.*Près de la moitié appartiennent aux races perfectionnées. Certains troupeaux des environs de Paris peuvent soutenir la comparaison avec les p*lus beaux de la France. Les bêtes à laine se maintiennent mieux en bonne santé que les animaux de l'espèce bovine ; c'est à peine si 500 à 600 périssent chaque année par les maladies. On les engraisse à partir de deux ans. On compte environ 1,000 chèvres appartenant à la race thibétaine. Le département de la Seine, y compris Paris, comptait, il y a une dizaine d'années, 47,000 chevaux de tout ordre et de toute race; le nombre en a considérablement augmenté depuis. Beaucoup sont victimes d'accidents de toute sorte, et ce n'est pas exagérer que de porter k 5,000 ou 6,000 les morts qui en résultent. En somme, la valeur des animaux qui se trouvent dans ce département ne peut être estimée à moins de 30 millions de trancs. L'énorme population de Paris fait que cette ville attire à elle les produitsdu monde entier. Les chemins de fer ont porté ce mouvement à un point tel que le marché de Paris est à coup sûr le mieux approvisionné qu'il y ait au monde. Tout y atnue de telle sorte que le plus souvent les pays producteurs eux-mêmes sont contraints de venir y chercher leurs propres denrées, et c'est ainsi que cette ville alimente la France, l'Europe et le monde entier. La valeur vénale des terres autour de Paris est soumise à des fluctuations énormes qui résultent de l'accroissement continu de cette ville. Il est probable même qu'uvant peu l'article que nous écrivons sera de l'histoire ancienne, car les villas, les jardins d'agrément, les usines auront bientôt absorbé tout le terrain dont l'agriculture dispose encore aujourd'hui. Pour le moment, les terres labourables valent, suivant les circonstances, de 4,000 k 8,000 francs l'hectare, les prés naturels de 3,000 à 5,000 fr., les vignes de 5,500 à 9,000 francs. La propriété est très-divisée ; elle l'est cependant beaucoup moins qu'en d'autres endroits de la France, notamment aux environs de certaines villes. Les fermes qui ont moins de 5 hectares sont pourtant les plus nombreuses. Il y en a, il est vrai, qui ont plus de 100 hectares. La plupart, des aides agricoles trouvent à travailler toute l'année. Au moment, de la moisson, 6,000 k 7,000 ouvriers, hommes ou famines, viennent des départements voisins et retournent chez eux aussitôt ces travaux terminés. Dans l'arrondissement de Saint-Denis, beaucoup de mauouvriers exercent en outre les métiers de blanchisseur ou de terrassier. L'outillage agricole est aussi perfectionné que le comportent les conditions exceptionnelles dans lesquelles les agriculteurs doivent forcement se mouvoir. Le département de la Seine occupait naguère un rang distingué au pointde vue de l'industrie maraîchère. Un premier coup lui a été porté par les chemins de fer, qui ont amené à bas prix les légumes cultivés dans toutes les parties de la France. Un autre coup presque aussi rude lui a été porté par le décret qui, en 1860, a reculé les limites de Paris jusqu'à l'enceinte fortifiée. Avant ce décret, les terrains compris entre cette enceinte et les barrières renfermaient plus de 1,300 hectares où la. culture maraîchère était portée à son apogée. On y trouvait notammeiit360,0ûo panneaux de châssis pour la culture des primeurs et des productions hâtives ; plus de 2 millions de cloches y étaient établies. Les travaux de toute nature y retenaient d'un bout de l'année à l'autre 9,000 personnes et 1,700 chevaux. Les fumiers de toute nature qui étaient employés dépassaient le chiffre de 1,800,000 francs. Les différents produits récoltés avaient une valeur de 13 millions au moins. Depuis lors, les anciens marais se sont couverts rapidement de maisons, et le 1 petit nombre que l'on voit encore ne luttent | qu'avec peine contre la concurrence de l'extérieur. Toutefois, la culture maraîchère, chassée de Paris, forme un centre de production encore important. A côté de la culture maraîchère, la culture fleuriste; à côté 1 de l'utile, l'agréable. Paris a toujours été la ] ville du goût par excellence. Pouvait -il : négliger les fleurs î Les anciens faubourgs { de Paris et plusieurs communes du département de la Seine comptent un grand nombre de jardins affectés exclusivement à la culture des fleurs. Quelques localités, par exemple Fontenay-aux -Roses, lui doivent encore leur prospérité qui n'a fait que s'accroître. Aujourd'hui, le goût des fleurs s'est généralisé. On le trouve partout, dans l'échoppe et dans la mansarde comme dans les

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palais. Evidemment les jardiniers parisiens soutiendront la concurrence ; leur industrie n'est pas près de périr. Pour ce qui concerne le commerce et l'industrie, nous renverrons le lecteur k l'article Paris.

SEINE-L'ABBAYE (SAINT-),bourg de France (Côte-d'Or), ch.-l. de cant., arrond, et à 26 kilom. N.-O. de Dijon, au milieu d'une vallée profonde i pop. aggl., 654 hab. — pop; tôt., 668 hab. Restes de l'abbaye de Sainti Seine, fondée au vrs siècle, déiruite plusieurs fois , rebâtie au X« siècle et fortifiée au xive siècle, ainsi que l'indique une petite tour carrée qui s'élève encore à côté de l'église. Cette église, classée au nombre des monuments historiques , est un bel édifice du xive siècle, précédé d'un porche où l'on remarque des bénitiers sculptés ; l'intérieur renferme de belles stalles sculptées et de remarquables fresques du xve siècle, représentant quelques épisodes de la vie de saint Seine. Dans ce qui reste des bâtiments de l'abbaye, on a installé un établissement hydrothérapique. Citons la belle fontaine de la Samaritaine, sur la place de l'Eglise.

SEINE-INFÉRIEURE (département de la), division administrative de la région maritime du N.-O. de la France. Il tire son nom de sa position sur le cours inférieur de la Seine, qui le traverse de l'E. k l'O. sur une étendue de 150 kilom. et s'y jette dans la Manche au Havre. Ce département, formé en 1790 de la partie la plus importante de la ci-devant province de Haute-Normandie, est baigné au N, et k l'O. par la Manche et borné à l'E. par les départements de la Somme et de l'Oise, au S. par celui de l'Eure et une partie de celui du Calvados. Sa forme générale est celle d'un triangle tronqué, dont la base s'appuie k la Manche ; sa plus grande longueur, de l'E. à l'O., sur la côte, est de 114 Kilom. en droite ligne et de 140 en suivant les sinuosités des côtes, et sa plus grande largeur du N. au S-, entre Dieppe et la limite mèridiorale du territoire d'Elbeuf, de 69 kilom. Sa superficie est de 603, 550 hectares, don 1383,739 en terres labourables, 39,963 en prairies naturelles, 42,274 en cultures arborescentes, 13,485 en pâturages, landes et bruyères, 124,089 en bois, forêts, étangs, chemins, cours d'eau, etc. Au point de vue administratif, le département est divisé en cinq arrondissements : Rouen, chef-lieu; Dieppe, le Havre, Neufchâtel et Yvetot. 11 comprend 51 cantons, 759 communes et 790,022 hab. Il forme le diocèse de Rouen et ressortit à la cour d'appel de Rouen , k l'académie de Caen et k la 2c conservation des forêts. Le sol de ce département est généralement peu accidenté, surtout dans l'arrondissement du Havre, où se déroulent les belles plaines du pays de Caux L'arrondissement de Dieppe, limité au N. par la Manche, est inégal et entrecoupé de collines peu élevées qui donnent naissance à de belles vallées sillonnées par des cours d'eau nombreux. Les points culminants sont : la montagne Sainte-Catherine, 153 mettes; les Hayons, 246 mètres; Ronchois, 244 mètres; Conteville, 247 mètres. Les cours d'eau les plus importants du département , qui en compte plus de cent soixante-dix, sont : la Seine, l'Andelle, la Lézarde, l'Oison, la Bresle, le Robec, le Cailly, la Varenne, l'Aulne, la Béthune et l'Yere. La constitution géologique du sol présente, comme le reste du bassin de la Seine, des terrains tertiaires reposant sur un fond de craie. Les côtes, qui s étendent du cap de la Hève jusqu'au Tréport, sur une étendue de 122 kilom., sont composées de masses de craie, coupées perpendiculairement et qui ont quelquefois 100 mètres de hauteur. « Cette disposition, dit M. Morbut, a reçu le nom de falaises. Ces côtes apparaissent de la mer comme une grande muraille blanche, où des lignes répétées de silex figurent 'Mes arêtes horizontales d'une vaste construction ; elles régnent dans le département depuis le cap de la Heve jusqu'au Tréport et se prolongent jusqu'au delà de Calais. Le long de la Seine, on les rencontre, par masses interrompues, k Orcher, k Tancarville, à Duclair et au delà. > Dans ce département, le sous -sol est crayeux. L'ensemble présente k la surface un vaste plateau coupé par des vallées et surmonté de hauteurs qui ont à peine 250 mètres au-dessus du niveau de la mer. Vers le centre, une arête principale forme une ligne | peu sinueuse et non interrompue depuis le cap d'Antifer jusqu'à Bosc-Bordel, en passant ; par Valetot, Etnalville, Yvetot, La Houssaye- I Beranger, Bosc-le-Hard, Rocquemont et Buchy. Celte arête, formée de hauteurs aigilosaôleuses, s'abaisse au S.-E. vers la Seine et au N.-O. vers les côtes de la Manche. Tout le territoire est divisé par des vallées sans eau, profondes et peu larges, qui se croisent dans tous les sens et sans direction suivie. Le long de la Seine, la craie se montre k jour sur des étendues considérables. Au N.-E. du département, les plaines voisines de la mer portent le nom de Petit-Caux. Cette région, comprise principalement entre les vallées delà Bresle et de la Béthune, est coupée par des dépressions assez considérables. Le sol, dans sa partie moyenne et supérieure, est composé de craie qui se montre a nu sur les flancs des collines.

Le terrain de la surface a des éléments très-variés. L'argile, le sable, le silex y apparaissent tantôt épars , tantôt en masses

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imposantes. Parfois le sol, calcaire à la surface, repose sur des bancs d'argile comparte. Les parties basses du pays, Comme les environs de Londinières, par exemple, renferment des terres argilo-calcaires. Eu général, la base des vallées forme de bons pâturages. Sur les hauteurs, bien que l'argile domine, la fertilité est assez grande. Sur le penchant des collines, la culture est le plus souvent impossible ; les forêts sont là très-nombreuses et très-étendues.

Si de cette région nous nous avançons vers le département de l'Oise, nous trouvons le pays ou vallée de Bray. Cette vallée, qui commence dans le département de l'Oise, renferme une série de petites collines séparées par des vallons où se trouvent de nombreuses sources, des ruisseaux, des rivièies. On distingue notamment les quatre rivières suivantes : l'Andelle, l'Epie, le Thérain et la Béthune. L'Andelle se jette dans la Seine un peu au-dessous de la côte des Dcux- Amants; l'Epte , au-dessous de La Roche- Guyon; le Thérain se jette dans l'Oise k Creil; enfin la Béthune va directement rejoindre la mer au port de Dieppe. La vallée ou plutôt le pays de Bray forme une région tiès-arrosée; plusieurs de ses parties sont même à l'état de marais. Dans les vallées, on trouve des pâturages d'une richesse incomparable. Ces pâturages, ainsi que la plupart des prairies naturelles, sont établis sur un fond d'alluvion qui lui-même repoie sur un sous-sol argileux. La culture des céréales, qui n'est d'ailleurs qu'accessoire, occupe le sommet des coteaux et quelques plaines.

Entre la mer, la Seine, le pays de Bray, les rivières de la Béthune et d'Andelle s'étend un grand plateau central, connu sous le nom de pays de Caux. Cette région est divisée en deux parties par la chaîne des hauteurs qui séparent les affluents de ta Seine des cours d'eau qui se rendent directement à la mer. Le pays de Caux est d'une gramie fertilité. Dans l'arrondissement du Havre , la culture est très-avancée. Le sol est généralement froid et argileux; m lis la marne qui abonde sur certains points suffit pour lui donner les qualités des meilleures terres. La terre labourable est néanmoins peu profonde; elle n'a souvent que 0m,50 d'épaisseur. Audessous de cette mince couche superficielle, on trouve des bancs de silex et d'argile qui ont jusqu'à 15 mètres d'épaisseur. 11 résulte de celte disposition que l'humidité se concentre k la surface. Les arbres fruitiers durent peu, car l'humidité leur est funeste, et leurs racines ne peuvent pénétrer la masse argileuse inférieure. Dans les arrondissements de Rouen et de Dieppe, les terres froides et humides sont de beaucoup les plus étendues. Au contraire, dans les arrondissements du Havre et d'Yvetot, ces mêmes terres sont beaucoup moins nombreuses. On peut citer, comme présentant des terres de première qualité, les plaines de Luneray et du Bourg- Dun , dans l'arrondissement de Dieppe, et celles de Goderville et de Saint-Romain, dans l'arrondissement du Havre.

Dans la vallée de la Seine, les terres d'alluvion Sont mélangées d'une forte proportion de silice. Là, le cours sinueux du fleuve forme de nombreuses presqu'îles dont les parties les plus basses forment des prairies, tandis que les plus étovées sont couvertes de forêts. Les rives de la Seine sont, en général, pleines de contrastes. D'un côté, le fleuve corrode le pied de collines crayeuses à pentes très- escarpées, de manière à simuler parfois une immense muraille; de l'autre s'étend une vallée unie, presque plane, occupée par de magnifiques prairies et des champs cultivés.

Telle est, dans les diverses parties dont il se compose, la topographie agricole du département de la Seiue-Inferieure. Partout le sable, le gravier, l'argile, la craie apparaissent en vastes dépôts. Les richesses minérales de la Seine-Inférieure ne sont ni nombreuses ni importantes. Ou trouve du minerai de fer en petite quanuiè aux environs de Fresnay-le-Long, Ue Gouruay, de BezaucourC et de Forges; ça et là, quelques indices de houille; de la tourbe dans les vallées de la Bresle, de l'Andelle et du Cailly; des carrières de marbre , pierres calcaires , grès à paver, sable pour verrerie, marne et terres vitrioliques.

Le climat de la Seine-Inférieure est sain, mais variable, surtout la région voisine de la Manche. Les contrées voisines de la mer sont, en gênerai, brumeuses, froides et humides. Les Hivers y sont longs «i pluvieux, moins rudes cependant qu'a Paris; mais lus êtes y sont moins chauds. Pendant l'automne, les fièvres intermittentes régnent sur quelques points des rives de la S«iue et dans les \ allées de Paluel et de la ùaane. Les vents dominants sont ceux du N., du N.-E. et du N.-O. • C'est au printemps, dit l'auteur déjà cité, que les vents soufflent avec le plus d impétuosité sur lerre et sur mer. Il s'établit alors dans l'atmosphère une sorte de flux et de reflux qui n'est jamais plus marque que dans la saison des équmoxes, vers le commencement de mars, k la fin ae septembre et quelquefois aussi au mois de décembre, aux approches de No6l. •

Ce département est un pays essentiellement agricole ; à part quelques points maigres et sablonneux, le sol est des plus fertiles, surtout dans les pays de Caux et de Bray.

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Le régime des eaux joue un jrrand rôle dans l'agriculture de la Seine -Inférieure. Indépendamment de la Seine, qui, du Havre jusqu'à Rouen, offre au commerce une si large voie, od compte dans ce département un nombre considérable de cours d'eau, dont l'ensemble a un développement de près de 600 kilomètres. Ces cours d'eau sont presque tous utilisés, soit comme force motrice par les usines établies suc leurs bords, soit pour l'arrosage des terres. A ce dernier point de vue, le seul qui noua intéresse ici, le département de la Semé Inférieure se distingue, depuis longues années, par la manière ingénieuse dont les agriculteurs ont su tirer parti des divers cours d'eau qui sillonnent leur territoire. Des associations syndicales sont organisées en beaucoup de lieux pour organiser le régime des eaux à utiliser. Ces syndicats ont rendu et rendent tous les jours les plus grands services.

Formés sous le contrôle et la surveillance de l'administration , ils se composent de tous les propriétaires intéressés. A eux seuls il appartient de faire divers travaux, tels que le curage à vieux fonds et à vieux bords, le faueardement, l'élargissement et la rectification de certaines parties des cours d'eau. Les règlements dont nous allons donner un aperçu sont le nlus généralement en vigueur; cependant il v a des exceptions commandées par la nature des lieux et le parti à tirer des eaux. Ne pouvant, dans cette esquisse, entrer dans des développements trop spéciaux, nous nous bornerons à mentionner les points qui, par leur emploi le plus fréquent, semblent constituer la règle générale. On procède deux fois par an au cunige à vieux fonds des rivières et de leurs dérivations, depuis la partie supérieure jusqu'à l'embouchure. Chaque année, du i« au 15 juillet, on exécute un faucardement sur tout le parcours tant du cours d'eau que de ses dérivations. Les rigoles et les canaux appartenant à des particuliers qui ne font point partie de l'association doivent être curés deux fois par an par ieuis propriétaires respectifs. Tous les riverains sont tenus de laisser le passage libre sur leurs fonds, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, aux membres du syndicat, aux fonctionnaires et aux agents dans l'exercice de leurs fonctions , ainsi qu'aux ouvriers chargé» du curage. Les propriétaires de barrages d'irrigation, de pièces d'eau et d'usines sont tenus de laisser, en tout temps et à toute heure de jour ou de nuit, libre accès aux mêmes personnes, aux vannes, déversoirs, repères. Les propriétaires d'usines ayant intérêt à vérifier 1 état des lieux jouissent du même privilège. On ne doit placer aucune hausse sur les vannes et déversoirs. Le plus souvent, la hauteur de ces vannes et déversoirs est fixée par des règlements ; mais, s'il n'a rien été statué à cet égard, on prend pour point de comparaison lu déversoir ou la vanne la moins élevée. Toute prise d'eau doit être préalablement autorisée par l'administration. Parmi les surfaces arrosables, on distingue les herbages précoces destinés à être pâturés et les prairies fauchées. Les herbages précoces sont arrosés depuis le 15 janvier jusqu'au 1" avril. Les prairies fauchées sont arrosées une première fois depuis le 1er mars jusqu'au 20 juin, et une seconde du 15 juillet au 8 août. Pour les herbages, l'irrigation a lieu depuis le samedi, neuf heures du soir, jusqu'au lundi, quatre heures du mutin. L'irrigation des prairies commence le samedi, à huit heures du soir, et finit le lundi, à quatre heures du matin. Dans le cas où une prairie placée en amont empêche une auire située en aval ou juxtaposée de jouir de l'irrigation, chacun des propriétaires ne jouit de l'irrigation qu'un dimanche sur deux. Les propriétaires d'herbages qui prennent l'eau en aval d'une usine et la rendent en amont de l'usine la plus voisine peuvent jouir de l'eau toute la semaine, ils sont,cependant tenus de suspendre l'irrigation du samedi au lundi quand les prairies situées dans le voisinage n'ont pas assez d'eau à leur disposition. Des vannes sont établies à la tête de chaque tranchée pratiquée dans les berges du cours d'eau pour l'irrigation. Ces var,,nes sont fermées au moyen de cadenas dons les clefs sont à la disposition exclusive des propriétaires de barrages. En générai , les dépenses de curage et de l'auoardement sont supportées par tous les intéressés, en proportion du bénéfice qu'ils retirent de ces travaux. La cotisation de chacun pour le payement des dépenses est fixée par le syndicat. Il est inutile d'insister sur le» services que de pareilles institutions seraient appelées à rendre sur plusieurs autres points du territoire de la France. Chacun sait quels procès ruineux entraînent trop souvent les partages d'eau. La création des syndicats ne serait pas seulement utile pour prévenir les procès, elle exercerait aussi une influence salutaire sur la régime des eaux d'irrigation, dont Ou est loin de tirer tout le parti possible.

Le département de la Seine - Inférieure compte près de 90,000 animaux appartenant à l'espèce chevaline, environ 185,000 betes bovines, 480,000 moutons ou brebis et 86,000 porcs. L'arrondissement de Neufchàtei , en pays de Bray, entretient à lui seul le tiers du nombre total des bêtes bovines que possède le département. L'espèce ovine occupe surtout les arrondissements de Dieppe et d'Yvetot. L'espèce chevaline appartient ù la race uor-

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mande , à laquelle un article spécial est consacré dans ce Dictionnaire ; nous n'en dirons, par conséquent, rien ici. L'élève des volailles a une assez grande importance. Les poules du pays de Oaux sont très-renommées. L'arrondissement de Neufchàtei se livre avec succès à l'élevage des dindons, ainsi qu'à la fabrication de fromages, dits bondons de Neufchàtei. Dans les cantons de Duclair et de Caudebec , les canards sont une source importante de produits.

Tout le département fait un grand corn-merce d'oeufs avec l'Angleterre, Toutes les cultures du nord de la France prospèrent dans la Seine-Inférieure. Aujourd'hui, la jachère v est presque inconnue ; le lin, le colza, les racines y acquièrentdejouren jouruneimportance plus grande. Les forêts n'y occupent que les sols les plus pauvres; néanmoins, leurs produits ont une grande valeur. On compte de 96,000 à 97,000 hectares occupés par les forêts, dont les plus considérables sont celles d'Eu, de Forges, de Lions, de Rouvray et de la Londe, Les forêts de l'Etat entrent dans ce chiffre pour 42,000 hectares environ, celles des communes pour 640 hectares, enfin celles des particuliers pour 54,000 hectares. Les essences dominantes sont la chêne, le hêtre, le charme, le pin sylvestre', le bouleau, le tremble, le saule et le coudrier. Les bois appartenant, soit à l'Etat, soit aux communes, sont soumis à une exploitation intelligente; -mais ceux des particuliers sont loin d'être dans le même cas. Le département est obligé de demander à d'autres pays une grande partie de ses bois de charpente, d'industrie et de chauffage.

La variété du sol de la Seine-Inférieure détermine des différences assez notables dans le mode d'exploitation. Ainsi, le pays de Bray se livre plus particulièrement à la création des herbages. Le pays de Caux seul se prête à toutes les cultures. Dans la vallée de la Seine , on trouve à côté des prairies une culture spéciale dont la pomme de terre , les légumes secs, le seigle, l'orge, la luzerne, le trèfle incarnat sont la base principale. Sur tes bords de la Seine, les cultivateurs fauchent leurs prairies et vendent une grande partie des fourrages; ils ne gardent qu'un nombre d'animaux trèsrestreint. Dans le pays de Bray, au contraire, la plupart des prairies sont pâturées. On se livre surtout à l'entretien des vaches laitières pour la production du beurre et des fromages ; on pratique aussi l'engraissement. Dans le pays de Caux, la culture et les herbages sont simultanément employés. Le froment, l'avoine, le seigle, l'orge, le colza, le lin, le chanvre sont les principales cultures. L'étendue ordinaire des fermes dans le pays de Caux est de 50 à 60 hectares. Les terres qui ne sont pas cultivées par le propriétaire lui-même sont exploitées par des fermiers qui payent une redevance rixe a prix d'argent. La durée ordinaire des baux est de 12 à 18 ans. Ce que nous venons de dire du pays de Caux s'applique en général à tout le département. L'assolement varie suivant les terrains. Mais le plus souvent la rotation est de deux à trois ans. Les marnages s'effectuent tous les vingt à vingt-cinq ans, à raison de 600 à 3,000 hectolitres par hectare. Les chaulages sont très-rares ; on ne les emploie qu'en composts. Les fumiers sont en général bien traités. En résumé, des progrès notables ont été accomplis dans ce département', l'outillage agricole est perfectionné. On s'applique à tirer parti de toutes les ressources du sol. La facilité des débouchés far mer avec l'Angleterre a imprimé à agriculture, depuis le traité de commerce de 1860, une impulsion qui est tout à l'avantage de notre pays. Le département renferme beaucoup d'arbres fruitiers et de vastes vergers de pommiers et de poiriers à cidre, dont le produit s'élève annuellement à plus de 1 million d'hectolitres de cidre ; c'est la principale boisson des habitants et la seule des classes inférieures. Les bords des cours d'eau et surtout ceux de la Seine offrent de belles prairies naturelles très-productives, où l'on nourrit des vaches dont le lait sert surtout à fabriquer des fromages estimés qui sont l'objet d'un commerce important. Le gros bétail fournit un objetrd'inilustrie lucrative. On y élève aussi beaucoup d'excellents moutons; ceux du pays de Caux et du Vextn sont préférés à ceux des autres contrées ; les pâturages des bords de la mer donnent le mouton fin, dit de pré salé.

L'industrie y est très-active et très-variée ; dans l'arrondissement du Havre, on trouve de belles raffineries de sucre, des faïenceries, briqueteries; des manufactures de draps renommés, indiennes; des filatures de coton; des garanceries, teintureries, tanneries.

L'arrondissement de Rouen renferma plusieurs villes très-manufacturières , telles qu'Elbeuf, Aumale et Darnétai, etc., qui forment ce que l'on appelle la fabrique de Rouen, consacrée principalement au travail du filage, du tissage et de la teinture du coton et des toiles. On y trouve aussi de belles raffineries de sucre, des fabriques de sulfate de cuivre, d'acétate de plomb, de toiles cirées, etc. ; des fabriquées de savon, tabac, colle forte, outils aratoires, machines a. vapeur, etc. Le commerce d'importation consista en cotons, bois de teinture, indigo, sucre, café, oranges, citrons, vins, huiles, plomb, étain, houille, etc. Les exportations

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se font en chanvre, coton iîlé, toiles peintes, tissus de coton, mouchoirs, draps, étoffes de laine, cuirs, fromages, cidre, beurre frais, bestiaux, huîtres et volailles.

De nombreux débouchés s'ouvrent aux produits da ce département, traversé par plusieurs embranchements de chemins de fer qui le relient à Paris. Il est sillonné par 13 grandes routes, 38 routes départementales et 2.365 chemins vicinaux. Les rivières navigables et les canaux offrent une étendue de 159 kilomètres.

SEINE-ET-MARNE (département de), division administrative de la région septentrionale de la France, formée eu 1790 d'une partie de la Brie et du Gâtinais, dépendant autrefois des ci-devant provinces de l'Ilede-France et de la Champagne. Ce département doit son nom à la Seine qui le traverse dans sa partie méridionale, et à la Marne, qui en arrose la partie septentrionale. 11 confine au N. à ceux de l'Oise et de l'Aisne, à l'E. à ceux de la Marne et de l'Aube, au S. à ceux de l'Yonne et du Loiret, et à l'O. à ceux du Loiret et de Seine-et-Oise. Il ressemble h un pentagone irrégulier dont la plus grande diagonale du N. au S. est de 120 kilom., tandis qu'il ne mesure de l'E. à l'O. que 80 kilom. Superficie, 573,634 hectares, qui se décomposent ainsi : terres cultivées en céréales, 218,000 hectares; terres plantées en racines et légumes divers, 16,000 hectares ; prairies naturelles, 39,000 hectares ; prairies artificielles, 75,000 hectares; vigues, 21,000 à 22,000 hectares ; arbres fruitiers, pâturages, landes, bruyères, pâtis, 7,000 hectares ; jachères, 26,000 hectares; bois, forêts, terres incultes, chemins, propriétés bâties, 109,000 hectares; rivières, 2,585 hectares; étangs, 798 hectares. Au point de vue administratif, il est divisé en cinq arrondissements : Melun, chef-lieu; Coulommiers, Fontainebleau, Meaux et Provins. Il comprend 29 cantons, 529 communes et 341,490 hab. Il forme le diocèse de Meaux, suffragant de Paris, et ressortit à la cour d'appel de Paris, à l'académie de Paris, à la i" conservation des forêts. Ce département, compris dans le bassin hydrographique de la Seine, présente un aspect généralement plat et légèrement incliné de l'E. à l'O. Il se compose d'une suite de plaines séparées par des chaînes de collines, entre lesquelles s'ouvrent des vallées plus ou moins profondes. Les points culminants du sol sont ; les hauteurs qui dominent Coulommiers, 154 mètres; la forêt de Crècy, 150 mètres; la forêt de Fontainebleau, 133 mètres. 170 cours d'eau arrosent le département; les principaux sont: la Seine, la Manie, l'Yonne, l'Oureq, l'Yère, le Loing, le Grand et le Petit Morin, la Voulzie, la Beuvronne et l'Aubetin. Les canaux de l'Oureq, du Loing et de (Jornillon traversent ce département. La constitution géologique du sol est, en général , sablonneuse et rocailleuse; sur quelques points, les couches de terre végétale reposent sur des calcaires ou sur des bancs argilo-siliceux. On y trouve de nombreuses carrières de pierre meulière et de pierre de taille; des grès à paver trèsabondants et en grande masse dans la forêt de Fontainebleau ; de l'albâtre, des pierres à chaux et à plâtre, de l'argile à faïence et à poterie, de la tourbe, du sable blanc. Le climat est sain et tempéré, assez sec dans la partie méridionale, froid et humide au N, et a l'E. ; les vents ominants sont ceux de l'O., du S. et du S.-O. Il y tombe 0m,595 d'eau.

On trouve dans ce département de vastes et belles forêts, dont la plus considérable est celle de Fontainebleau; quelques coteaux plantés de vignes qui donnent des vins de médiocre qualité; mais on récolte dans le canton de Fontainebleau ce fameux chasselas connu du monde entier; Thomery a le monopole de cet important commerce, qui s'élève à des sommes considérables. Les autres produits agricoles du département sont : le blé, le seigle, l'orge, l'avoine et le sarrasin, que l'on y récolte en quantité beaucoup plus que suffisante pour ta consommation locale. Plus de la moitié du département de Seineet-Marne appartient à l'agriculture proprement dite. Dans ces dernières années, la moyenne des terres ensemencées en froment a été de 110,000 hectares. Le produit a dépassé 2,500,000 hectolitres de grain et près de 3,000,000 de quintaux de paille. La moyenne du produit en grains pur hectare est de 23 hectolitres; la consommation annuelle n'est guère que de 1,600,000 hectolitres de grain. L'excédant vient alimenter le marché de Paris. Le méteil n'occupe guère que 7,000 hectares, dont le produit total est de 200,000 hectolitres en moyenne. Le département consomme sous ce rapport un tiers en plus qu'il ne produit. Le seigle occupe 10,000 hectares et sa paille est très-utile pour faire des liens. Sa production totale est de 134,000 hectolitres de grain. 30,000 hectolitres forment en moyenne l'excédant de la production sur la consommation. L'orge occupe une superficie égaie à celle du seigle. Ces trois dernières cultures sont peu importantes, et il est probable qu'elles se restreindront de plus en plus au lieu d'augmenter. 11 n'en est pas de même de l'avoine, qui donne une récolte de premier ordre. Les avoines de Brie jouissent, en effet, d'une grande réputation; le marché de Paris leur présente surtout un'débouché des plus avantageux. Le

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départementde Seine-et-Marne cons.iere à la culture de cette céréale de 95 ,000 a 100,000 hectares. Le produit total peut être évalué aujourd'hui à près de 4,000,000 d'hectolitres de grain et à 2,000,000 de quintaux de paille. Chaque hectare produit à peu près £7 hectolitres de grain et 16 quintaux de paille. Le poids de l'hectolitre d'avoine est très-variable; mais en général on considère comme poids extrêmes ceux de 34 et de 50 kilogrammes. La culture de la betterave s'est accrue dans de telles proportions, depuis quelques années, qu'il serait aujourd'hui presque impossible d'en préciser l'importance. Les distilleries et les sucreries, qui se sont multipliées, consomment d'immenses quantités de betteraves. La majeure partie de ces racines reste donc dans le département et fournit par sa transformation les éléments d'une prospérité nouvelle. On cultive aussi beaucoup de légumes secs, notamment des haricots, des pois, des lentilles. Les plantes oléagineuses n'étaient pas cultivées, il y a une vingtaine d'années; depuis, la culture s'en est peu h peu généralisée. Le colza surtout a pris une notable extension et a motivé l'introduction d'un grand nombre d'ouvriers étrangers, tant à l'époque des binages qu'au moment de la récolte. Le lin est cultivé à la fois comme plante textile et pour sa graine oléagineuse. Cette culture, qui s'est propagée presque en même temps que celle du colza, donne lieu à un mouvement d'affaires assez important. Les prairies artificielles occupent 75,000 hectares, tandis que les prairies naturelles n'en couvrent pas 40,000. On voit par là à quel degré de prospérité l'agriculture est parvenue dans ce département. La plupart des prés naturels sont privés d'irrigation ; le rendement moyen est de 27 à es quintaux métriques par hectare. Le produit total en foins est évalué à 96,000 quintaux métriques, dont le département ne consomme guère que les deux tiers. Les prairies artificielles donnent 40 quintaux par hectare: leur produit total atteint presque le chiffre de 3,000,000 de quintaux métriques. Les fourrages des prairies artificielles sont presque complètement consommés sur place; un sixième à peine est exporté. Chaque hectare de vigne produisant, dansledépartementdeSeine-et-i\Iarne, de 29 à 30 hectolitres de vin , l'ensemble de cette culture peut être évalué, année eominuue, à 550,000 hectol. de vin rouge et à 1 10,000 hectol. de vin blanc. D'après les dernières statistiques, le département de Seine-et-Marne ne nourrirait pas ino.ns de 40,000 chevaux. Toutefois, le nombre de ces animaux semble diminuer plutôt qu'augmenter. Eu effet, depuis la multiplication des sucreries et des distilleries, les boeufs tendraient à remplacer les chevaux pour les travaux agricoles. Les cultivateurs préfèrent élever des bœufs, parce qu'ils coûtent moins cher, rapportent plus lors du la vente et sont plus faciles à nourrir. La race bovine compte plus de 100,000 tètes; autrefois elle ne se composait guère que de vaches ; mais aujourd'hui on élève un certain nombre de boeufs. Les pulpes de betteraves sont employées avec succès à l'engraissement. Par suite la stabulation fait des progrès, bien que la majeure partie des animaux soit encore nourrie partie à l'étable et partie au pâturage. Les bêtes bovines de Seine-et-Marne appartiennent aux races normande, cotenti lie, flamande et hollandaise. La plus grande partie du luit est vendue à Paris, pour y être consommée en nature. On estime que ce lait produit l kilogramme de beurre par 29 litres et 1 kilogramme de fromage par 13 litres. On connaît la vieille réputution des fromages de Brie ; ces fromages sont toujours recherchés; mais leur fabrication a diminué, les cultivateurs aimant mieux expédier directement leur lait vers Paris. Néanmoins, tes prix de ces fromages n'ont cessé d'augmenter, et dans les grandes fermes leur, fabrication est largement rémunératrice. Ou cite des fermiers qui, donnant 15,000 à 20,000 francs de location à leur propriétaire, parviennent à payer cette somme avec le produit de la vente des fromages. La Brie possède des moutons très-estimes. Le nombre des porcs est d'environ 25,000, représentant une valeur moyenne de 1,500,000 francs. La basse-oour entre pour une forte part dans les" produits ordinaires des fermes. La valeur totale des volailles est à peu près de 1 million de francs. Le commerce des œufs et de* plumes rapporte une somme au moins égale. L'apiculture est aussi très-prospère : ou compte environ 17,000 ruches dont la valeur totale est estimée 200,000 francs. En somme, le dupar- | tement de Seine-et-Marne offre en produits agricoles de toute nature une somme annuelle de 170 millions de francs, ce qui le place ù l'un des premiers rangs parmi les depai'tementsfrançais. On compte quelques industries accessoires que nous ne devons pas oublier. Au premier rang Se placent les distilleries de betteraves et les sucreries. Les distilleries de betteraves étaient au nombre de 54 dans le mois de janvier 1865. A la même époque, il y avait irois grandes sucreries. D'.utres établissements du même genre ont été fondés depuis. Une importante filature de lin a été établie à Fontaine-Ronde sur le modèle des usinesdu même genre quj fonctionnent depuis de longues années eu Belgique.

On trouve en Seine-et-Marne de très-grandes propriétés ; 12 pour 100 de sa superficie sont occupés par des terres de plus de 100 hec •

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tares chacune; 8 pour 100 par des terres de 50 a 100 hectares; 10 pour 100 par celles de Î5 à 60 hectares. Ces diverses propriétés sont au nombre de plus de 2,300 ; 33,000 à 33,000 propriétaires résident hors du département ; environ 8,000 y résident sans cultiver par euxmêmes; 17,000 à 18,000 cultivent seulement pour eux-mêmes; 24,000 cultivent à la fois pour eux-mêmes et pour autrui. Tous les fermiers payent un fermage fixe en argent. On compte seulement une quarantaine d'exploitations confiées à des maîtres valets et à peu près autant à des régisseurs. La valeur vénale des terres labourables est très-variée. La moitié environ des tiuux a une durée de neuf ans; plus de 40 pour 100 ont une durée supérieure. On peut porter à environ 45,000 le nombre des journaliers des deux sexes employés habituellement aux travaux des champs. Au temps de la moisson, le département de Seineet-Marne emploie, en Sus des ouvriers ordinaires,15,000 à 16,000hommeset7, 000 femmes venus des départements voisins, du nord de la France et de la Belgique. Quelques industries accessoires occupent les loisirs des manouvriers. Nous devons citer en première ligne la culture maraîchère, qui, bien que déchue, présente encore une certaine importance. Dans les villages, on fabrique des gants; cette industrie a même pris un asbez grand développement pourabsorber un grand nombre de bras dont l'agriculture aurait le plus pressant besoin. Le département de Seine-et-Marne est l'un des mieux partagés au point de vue du matériel agricole. Tous les engins perfectionnés de la culture moderne s'y trouvent et viennent aider le cultivateur, auquel la main-d'ijeuvre fait souvent défaut. Sous ce rapport, la Brie n'a rien à envier aux pays les plus avancés. Les charrues et vapeur y ont été récemment introduites. Les grands propriétaires et les riches fermiers ont, à diverses reprises, organisé des concours pour la propagation des inventions nouvelles, et ce n'est pas leur faute si elles ne sont pus plus universellement répandues dans tous les départements limitrophes. Les opérations de drainage, si utiles dans un pays dont le sous-sol est en grande partie imperméable, marchent assea lentement; on compte cependant plus de 40 machines à fabriquer lès tuyaux. Malheureusement la pratique du drainage est encore nouvelle dans les campagnes; elle exige d'ailleurs certaines connaissances préalables qui sont encore peu répandues. Les fumiers, par une exception beaucoup trop rare en France, sont l'objet de soins intelligents. On tire parti do tout ce qui est propre à servir d'engrais; de plus, on emploie une quantité considérable d'engrais commerciaux. On assure que le tieiw du guano importé en France est utilisé dans le département de Seine-et-Marne. Tous les amendements sont usités ; la chaux surtout est employée avec autant u'inteiligence que de succès. Pour activer le progrès, le département vote chaque année des fonds Considérables, et de riches particuliers rivalisent avec l'administration dans ces libéralités productives. L'initiative individuelle ;'exerce ici sur une large échelle; elle a fondé avec ses seules ressources des institutions importantes ," notamment des sociétés d'assurance contre la grêle et contre ta mortalité des bestiaux, qui rendent les plus grands services.

L'industrie manufacturière est représentée en Seine-et-Marne par de nombreux établissements. Les plus Un; ortants sont des fabriques de draps, châles, indiennes, blondes, passementerie, mouchoirs, toiles peintes, calicots, des filatures de coton, des tanneries, mégisseries, chamoiseries, corderies, chapelleries, papeteries, blanchisseries de toiles, huileries, poteries, tuileries, fabriques de moutarde, salpêtre, colle forte, blanc d'iïspagne, etc. On n'y trouve ni mines ni minières de fer, mais de nombreuses carrières exploitées : carrières de plâtre, occupant 2,000 ouvriers; carrières de grès de Fontainebleau, carrières de pierre de taille, carrières de pierre meulière exploitées à La Fertésous-Jouarre, etc. Il n'est pas surprenant que, vu la proximité de la capitale, les produits agricoles et industriels de ce département donnent lieu à un grand mouvement commercial, favorisé du reste par de belles routes, des canaux et plusieurs voies ferrées. Les articles les plus importants de ce tralic sont les grains, les farines, les fruits, les fromages de Brie, les œufs, la laine, les bestiaux, les cuirs, le bois et le charbon pour l'approvisionnement de Paris. De nombreux débouchés s'ouvrent partout aux producteurs. Le chemin de 1er de Paris a Strasbourg compte, dans le département de Seineet-Marne, huit stations ; celui de Paris à Mulhouse, seize; celui de Paris à Lyon, dix ; cemi du Bourbonnais, cinq; enfin celui du Nord, également cinq. En outre, on trouve divers embranchements desservant Couiommiers, Provins, Mouteieau. D'un autre côté, le département possède 10 routes nationales d'un développement total de 516 kilomètres ; 41 roules départementales d'un pttreours de Hl kilomètres; 144 chemins vicinaux de grande communication donnant ensemble 2,187 kilomètres; 1,640 chemins vicinaux ordinaires d'une étendue de 1,988 kilomètres. Le parcours navigable est, sur la Seine, de 106 kilomètres; sur lu Marne, de 100; sur le Grand Morin, de 75; sur l'Yonne, de 16; sur iOuicq, de 13. On trouve cinq canaux navi-

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gables : celui de Loing ou de Briare, de 44 kilomètres; celui de J'Ourcq,de 97; celui de Meaux k Chalifert, de lî; celui de Chelles,

lui abrège considérablement la navigation

le la Marne.

SE1NE-BT-OISB (DÉPARTEMENT de), division administrative de la région septentrionale de la France, formée de diverses parties de la ci-devant province de l'Ile-de- France, Ce département, dans lequel est enclavé celui de la Seine, doit son nom à la Seine qui le traverse du S.-E. au N.-E., et à l'Oise qui s'y jette à Fin d'Oise, entre Conflans-Sainte-Honorine et Andresy, au-dessous de Pontoise. Il est borné au N. par le département de l'Oise, à l'E. par celui de la Marne, au S. par celui du Loiret, et à l'O. par ceux de l'Eure et d'Eure-et-Loir. Il a un périmètre de 436 kilom. et une superficie de 560,337 hectares, dont 371,992 en terres labourables , 19,774 en prairies naturelles , 20,404 en vignes, 3,004 en autres cultures arborescentes, 8,212 en pâturages, landes, bruyères et pâtis, et 136,978 en bois, forets, étangs , chemins , cours d'eau , etc. Il est administrai vement divisé en. 6 arrondissements : Versailles, ch.-l.; Corbeil, Etampes, Mantes, Pontoise et Rambouillet. Il comprend 36 cant., 635 communes et 580,180 hab. II forme le diocèse de Versailles, suffragant de Paris; il ressortit à la cour d'appel de Paris, à l'académie de Paris, à la première conservation des forêts. Ce département, compris dans le bassin de la Seine, présente l'aspect d'un pays de plaines accidentées par quelques coteaux, dont les points culminants sont: le coteau de Montmorency (i 74 mètres), le bois de Meudon {172 mètres au pavillon de Trivaux), le plateau de Saint-Germain-en- Laye (84 mètres), la colline de Sannois (167 mètres), l'étang deSaint-Quentin (170 mètres). Il est arrosé par 165 cours d'eau, dont les plus importants sont : la Seine, l'Oise, la Marna, l'Yere, l'Aubette, l'Epte, l'Essonne, la Juine, l'Yvette, la Bievre, etc. Le canal de l'Ourcq le traverse sur une étendue de 8 kilom. seulement, et Je canal de Chelles sur une étendue beaucoup plus grande. On y trouve plusieurs étangs, entre autres ceux de Saint - Quentin , de Saclay , de Sa'mt- Gratien, de Saint-Hubert, de Maule et de Villebon. La constitution géologique du sol est celle du bassin parisien ; on trouve des grès et des sables marins supérieurs sur les sommets des collines, du sable et des calcaires tertiaires dans les plaines. En fait de produits minéraux, on peut mentionner quelques filons de fer oxydé situés horizontalement au milieu des sables; de belles carrières de pierre à plâtre, de pierre de taille, de moellon, de grès à paver, de pierre meulière, de craie, de marne, d'argile recherchée pour la fabrication de la porcelaine. Le climat est généralement tempéré, mais variable et humide; l'air y est vif et sain, à l'exception des environs des grands étangs qu'on trouve dans les arrondissements de Versailles et de Rambouillet, où les brouillards cèdent difficilement à l'action du soleil et des vents. Les vents dominants sont ceux du S.-O., de l'O. et du N.-O.

L'agriculture est très-perfectionnée dans ce département et fait sans cesse de nouveaux progrès. La culture maraîchère et celle des arbres fruitiers y sont traitées avec beaucoup d'intelligence et y ont pris une grande extension. Les productions agricoles les plus importantes du département sont : le froment, l'orge, l'avoine, le seigle, les lentilles, etc. La quantité de céréales récoltées dans Seineet-Oise est supérieure à la consommation de sa nombreuse population. La fertilité du sol et le débouché certain que lui offre la capitale ont constamment assuré à ce département les succès les plus brillants dans la culture des primeurs de toutes espèces, fruits et légumes. Aussi la principale richesse de plusieurs cantons provient-elle des belles récoltes de pois, fèves, haricots, radis, raves, navets, oignons, salades, etc. Les arbres fruitiers y sont aussi cultivés avec un grand succès, et les fruits à noyau de Montmorency, deTieil et du Pecq ont ajuste titre une réputation européenne. Les vallées nombreuses de Seine-et-Oise, notamment celles de la Seine, de l'Oise et de l'Yvette, offrent de belles prairies et de bons pâturages. Les vignobles des coteaux produisent, année moyenne, 700,000 hectolitres de vins communs, dont les deux tiers sont consommés 1 sur place et le surplus livré au commerce. ] Les forêts les plus importantes sont celles de Rambouillet, de Saint-Germain, de Sénarc, ! de l'Isle-Adam, de Meudon et de Dourdau. Toutes abondent en menu et gros gibier. Si 1 on élève peu de chevaux dans le départu- I ment, l'éducation des vaches y est très-soi- ! gnée et d'un bon rapport, eu égard à la quantité de veaux qui alimentent les boucheries de Paris et de Versailles. Mentionnons enfin l'élève en grand de la volaille. L'industrie manufacturière n'est ni moins riche ni moins variée que l'industrie agricole. Ou y compte environ 450 établissements occupant 12,000 ouvriers. On fabrique des tissus de coton à Ecouen, Blémur et Royaumont; de la bonneterie de coton, des couvertures de laine, des étoffes de crin à Suint Germain; des armes de luxe à Versailles; des cordes à Poissy et à Meulan; de la porcelaine à Sèvres (v. Sevras [manufacture- de]); des toiles peintes

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à Jouy et à Essonne; des produits chimiques k Pontoise, Marly, Ablon et Sèvres; du papier à Guyancourt, Essonne et Echarcon.

Meulan , Marly, Yères , etc., possèdent des fila' ures de laine; Mantes, Sèvres et Versailles, des brasseries; Villeneuve -Saint- Georges, Lngny, Boissy - Saint - Léger, des raffineries de sucre; Corbeil, Etampes, Mantes, Courcelles, etc., de beaux moulins à farine. On fabrique de la bijouterie et de la tabletterie h Poissy; enfin on trouve de vastes blanchisseries de toiles à Garches.Gonessse et Montauger. Ajoutons l'exploitation des nombreuses carrières de pierres de toute sorte, exploitation rendue très-active depuis quelques années par la reconstruction et les embellissements de Paris. Cette rapide énumération des produits industriels et agricoles de Seine-et-Oise donne à comprendre qu'il se fait dans ce département un important mouvement commercial, dont les articles principaux sont les grains, les farines, les fruits, les légumes, les bestiaux, la volaille, et enfin les arbres tirés de ses nombreuses pépinières.

Le département de Seine-et-Oise possède une des plus importantes fermes-écoles do France, celle de Grignon. Il possède un nombre considérable de voies de communication. Il est traversé par tous les chemins de fer qui partent de Paris, à l'exception de celui d'Auteuil , par £0 grandes routes, 54 routes départementales et chemins de grande communication, I02d'intérétcommunet5,000 chemins vicinaux. Ses rivières navigables et ses canaux ont un développement de 199 kilom.

SEINE-PORT ou SAINT-PORT, village et commune de France (Seine-et-Marne), cant., arrond. et k 10 kilom. N. de Melun, près'de la Seine; 798 hab. On y voit plusieurs belles maisons de campagne, parmi lesquelles se distingue le pavillon Royal, souvent visité par Louis XV, débris du pavillon Bouret, construit par le financier de ce nom.

BEINER ou SENNER v. n. ou intr. (sè-né — rad. seine). Pêche. Pêcher à la seine.

SEINETTE ou SENNETTE S. f. (sè-nè-te — dimiii, de seine). Pêche. Sorte de petite seine.

SEINEUK ou SENNEUR, EUSE adj. (sèneur, eu-ze — rad. seiner). Pêche. Qui pêche, qui sert à pêcher à la seine : Bateaux Seineurs. Barques seineusës.

— s. m. Celui qui pêche à la seine.

SEINO s. m. (sain — du lat. signum, signe). Signature, nom de la personne qui a rédigé ou fait rédiger un acte, apposé par ellemême au bas de cet acte, pour en attester l'authenticité : Le skj.ng des témoins. Contrefaire le seing de quelqu'un. (Acad.)

Voyez, lisez vous-même;

Vow connaissez, madame, et la lettre et le seing.

Racine.

De son auguste seing reconnaisses tes traits.

Racine.

Il faut faire un faux seing, et ma main alarmée Se refuse au projet dont mon âme est charmée.

Kegnard.

— Nom donné anciennement aux marques que les personnes illettrées faisaient au bas des actes, pour tenir lieu de signature.

— Seing privé, Signature d'un acte qui n'a point été reçu par un officier public : Proviesse sous seing privé. Tout acte synallagmalique fait sous seing privé doit être fait double. (Acad.)

— Blanc seing, Papier ou parchemin signé que l'on confie à, quelqu'un, pour le remplira sa volonté : Ils ont donné leurs blancs seings aux arbitres. (Acad.)

— Sous-seing. V. ce mot à son rang alphabétique.

— Syn. Seing, ■ignnmre. Dans le seing on ne considère que le signe qui, placé au bas d'un écrit quelconque, montre que cet écrit est approuvé compléteinentp&runepersonno.

Le seing était autrefois, non le nom de la personne, mais une marque quelconque, une lettre, une croix, un monogramme, un chiffre dont l'empreinte se faisait de diverses manières. Dans la signature, on considère non-seulement le nom tracé, mais encore l'action de celui qui l'a tracé et la manière dont il l'a fait. Deux frères signent du même nom, et ils n'ont pas la même signature. Au reste, seing est un vieux mot qui ne s'emploie guère aujourd'hui que dans les locutions sous seing privé, blanc seing, et il est évident que, dans ce& locutions, la signature est considérée en elle-même sans qu'on fasse aucune attention à la manière dont elle est faite.

SEINSHEIM (Auguste-Charles, comte de), peintre allemand, né a. Munich en 1789, mort en 1869. 11 commença, à l'âge de seize ans, ses études artistiques dans sa ville natale, passa les années 1816 et 1817 k Rome et revint ensuite s'établira Munich, où il vécut du produit de sou art. Il peignait surtout des portraits et des tableaux d'église, et, possesseur d'une fortune indépendante, il faisait don de ses toiles aux paroisses trop pauvres pour pouvoir acheter des ornements pour leurs maisons religieuses. Parmi ses compositions les plus remarquables, on cite les retables de l'église de Grunbach et de la chupelle d'Othon à Kiefersfelden. On a aussi de lui un grand nombre de beaux dessins, de li-

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thographies et de gravures sur cuivre. Seînsbenn était, à sa mort, conseiller d'Etat, chambellan du roi de Bavière et membre honoraire de l'Académie des beaux arts de Munich.

SEINT-GERMAN (Christophe), avocat anglais du xvie siècle, natif de Skilton, près de Coventry. Jurisconsulte au barreau de Londres, il était renommé par la générosité avec laquelle il plaidait pour Jf.s pauvres. Il étudia la théologie et fut soupçonné d'étra favorable au protestantisme, né récemment en Allemagne, parce qu'il lisait la Bible et l'expliquait aux autres. Parmi les ouvrages de Seint-German, nous citerons son Dialogua de fundamentis legum Anglfa et de conscientia (Londres, 15ÏS-1598-J604-1613, in-S«). Seint-German est sans doute aussi l'auteur des Principia legum A nglix a gallico sermone translata, ouvrage joint au précédent dans l'édition de 1E28 donnée par Seint-German lui-même. Les autres ouvrages de Seint-German ont trait, pour la plupart, aux droits et pouvoirs du clergé.

SE1R, nom primitif de l'Idumée. Cette dénomination fut aussi appliquée à une chaîne de montagnes qui s'étendait au S. du lac Asphaltite, à travers l'Idumée, jusqu'à l'extrémité N.-E. de la mer Rouge ou golfe Elaiitttque. Cette chaîne renferme de nombreuses cavernes qui servaient autrefois de retruites aux tribus sauvages.

SEIRANOTE s. m. (sé-ra-no-te — du gr.

seira, corde; Jio'fos, dos). Erpét, Genre de batraciens urodèles, formé aux dépens des salamandres, et dont l'espèce type habite le midi de l'Europe.

SE1RID1E s. f. (sê-ri-dt — du gr. seira, corde; idea, forme). Bot. Genre de champignons, de la tribu des pestalozziés.

SEISACHTHÉIES s. f. pi. (sè-za-kté-I — gr.set'sac/if/iei"at;de seiô,je secoue, et de achthos, charge). Antiq. gr. Sacrifices publics que les Athéniens faisaient en l'honneur d'une loi de Soton qui avait remis aux débiteurs une partie de leurs dettes, il Lois de Solon sur cette matière.

— Encycl. Les auteurs anciens ne sont pas d'accord sur ce qu'étaient en réalité les seisachthêies. Suivant les uns, Solon avait supprimé toutes les dettes; suivant d'autres, il n'avait fait que réduire le prix de l'intérêt. En comparant ce que Plutarque dit à ce sujet avec tes opinions qui ressortent du texte de divers écrivains, on est arrivé k conclure que les seisaehthéies comprirent quatre mesures distinctes. La première de ces mesures fut la réduction du taux d'intérêt, et si, comme on le croit, elle eut un effet rétroactif, elle dut amener en beaucoup de cas l'abolition d'une partie considérable de la dette. La seconde mesure Consista à abaisser la valeur de l'étalon des monnaies d'argent, de telle sorte que 73 vieilles drachmes en valurent 100 nouvelles. II en résulta que le débiteur, en payant sa dette avec les vieilles monnaies, bénéficiait de plus d'un quart. Les érudits pensent que Solon avait eu l'intention de réduire l'étalon exactement d'un quart, mais que la manière dont le monnayage fut opéré trompa son désir. Pur la troisième mesure, le législateur délia les terres de tous les engagements qui les surchargeaient et les remit en pleine propriété à leurs possesseurs. On ne sait pas bien comment il s'y prit pour cette opération. Sa quatrième mesure consista à abolir la loi qui donnait au créancier des droits sur la personne de son débiteur insolvable et à rendre pleinement à la liberté ceux qui étaient emprisonnés pour dettes. Cette grande amélioration apportée à l'état des débiteurs fut accueillie par une satisfaction générale; elle était un grand bienfait pour les pauvres gens et en même temps elle n'était pas trop préjudiciable aux intérêts des riches. Aussi ce furent ces ordonnances des seisaclithéies qui engagèrent les Athéniens à établir Solon leur législateur, en lui conférant des pouvoirs illimités; de plus, comme nous l'avons dit, ils instituèrent une fête appelée seisaehthéies, en signe de reconnaissance pour les mesures qu'il avait prises à l'égard des débiteurs.

SEISLAS ou CIASLAS, roi de Dalmatie du ixe siècle. Après s'être soulevé contre son père Rodoslas, et l'avoir détrôné, il eut à soutenir une guerre contre les Hongrois, vainquit et tua leur roi Kuse ou Lauislits, mais fut vaincu à son tour et fait prisonnier par la veuve de Ladislas. On dit que cette princesse fit couper à Seisias le nez et Jes oreilles et ordonna ensuite de faire jeter ce malheureux dans la Save. Cet événement peut se rapporter à l'an 860, sous l'empereur Michel III et sous Bogoris, roi des Bulgares et suzerain du royaume de Dalmatie.

SEISSEL, bourg de France. V. Skyssel.

SEISSEL (Claude dk), historien français, né à Ajx (Savoie) vers 1450, mort à Turin en 1530. Il fit ses études de droit à Pavie, vint ensuite à Turin profess-r l'éloquence, et, l'invasion française ayant fait fermer l'université de cette ville, il se rendit à Paris, où l'avait mandé Louis XII. Nommé successivement pur le roi de France conseiller d'Etat, maître des requêtes , ambassadeur auprès du roi d'Angleterre Henri VII, il entra dans les ordres, sans que rien pût faire prévoir cette.

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brusque décision, et devint évêque de Marseille, puis archevêque de Turin. On lui doit, entre autres écrits: les Louanges de Louis XI 1 (Paris, 1508, in-40 goth.J; De divina Providentiel (Paris, 1518, in-4°); la Grande tno»orchie de France" (Paris, 1519, in-8°); Dispulationes adoersus errores Valdensium ( 1520, in-40); la Loi salique des Français (Paris, s. d., in-80); Repetitiones injure civili (Lyon, 1553, in-fol.); Spéculum feudorum(Bâle, 1566, in-8°).

SE1STAN, contrée de l'Asie. V. Sigistan.

SEISUBE s. m. (sé-zu-re — du gr. seisis, agitation ; aura, queue). Ornith. Genre d'oiseaux, ds la famille des goba-mouches.

SEIT, esprit du mal, chez les Lapons.

SE1TENSTATTEN, bourg de l'empire d'Autriche , dans la basse Autriche, cercle de Saint-PoJten, à 11 kilom. N.-O. de Waidhofen; 1,480 hab. Abbaye de bénédictins, fondée en 1112; elle renferme un gymnase, un pensionnat et une riche bibliothèque.

SÉ1URE s. m. (sé-iu-re — du gr. seiâ, j'agite; aura, queue). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des accenteurs, type de la tribu des séiuridés, formé aux dépens des motacilies, et dont l'espèce type habite l'Amérique.

SÉIURlDÉ , ÉE adj. (sé-iu-ri-dé — de séiure, et du gr. eidos, aspect). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au séiure.

— s. m. pi. Famille ou tribu d'accenteurs, voisine des motaeilles, et ayant pour type le genre séiure.

SE1X, village et commune de France (Ariége), cant. d'Oust, arrond. et à 18 kilom. S.-E. de Saint-Girons, sur la rive gauche du Salât; pop. aggl., 1,338 hab. — pop. tôt., 3,282 hab. Filature de laine. Commerce d'entrepôt. Carrières de marbre et de granit.

SEIZAIN s. m. (sè-zain — rad. seize). Comm. Ancienne sorte de drap dont Ja chaîne était composée de seize cents fils, il On l'appelait aussi seize-cent, principalement dans les fabriques du Nord et du Centre. Il Adjectiv. : Drap SEizAiN.

— Ane. littér. Pièce de seize vers.

— Ane. métrol. Quart d'écu. • SEIZAINE s. f. (sè-zè-ne — rad. seize).

Nombre de seize ou environ : Une seizaine de francs.

— Techn. Petite corde dont les emballeurs font usage.

SEIZE adj. (sè-ze — latin sedecim ; de sex, six, et de decem, dix). Dix et six : Seize personnes. Il n'a pas encore suize ans. La livre poids de marc est de seize onces. Seize cents francs. Seize mille francs. (Acad.) La Discorde choisit seize séditieux Signalés par le crime entre les factieux.

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