IC
et d'un composé I(OC*HSO)S obtenu par M. Schutzenberger. Etant triatomique, l'iode peut fonctionner quelquefois avec son atomicité maxima et servir de lien entre les deux métaux d'un iodure double. Ainsi la fqrmule
HgIâ,2KI
de l'iodure de mercure et de potassium peut s'écrire
SEL
Hg" |
Or, le chlore, le brome et le fluor ont avec l'iode les plus grandes analogies. Bien que ces corps soient monovalents dans tous les cas sûrement connus, on peut donc admettre qu'ils ont une atomicité réelle égale à 3, et que cette atomicité se manifeste seulement dans les chlorures, les bromures et les fluorures doubles. Ces sets répondraient alors à des formules analogues à celles par lesquelles nous avons représenté l'iodure double de potassium et de mercure. Ainsi le chlorure '
double d'argent et de sodium AgCl.NaCl devrait être écrit
Cl-Ag
Cl — Na
On pourrait aussi supposer que, dans ces sels doubles, c'est le métal alcalin qui est triatomique et sert ainsi de lien entre les deux molécules. Ce fait pourrait même s'appuyer sur la découverte faite par M. Wauklyn de composés organiques dans lesquels le sodium fonctionne comme tri valent. S'il en était ainsi, les sels doubles que nous avons donnés pour exemple devraientêtre écrits :
— Na — Na — I (I
Hg et Na"' I .
-I JAg -
2° Constitution des sels amphides. Ces sels renferment un nombre d'éléments au moins égal et quelquefois supérieur à trois; il suffit cependant d'établir la constitution des sels ternaires, celle des sels qui renferment quatre éléments et au delà étant absolument la même.
Les sels ternaires contiennent toujours au nombre de leurs éléments de l'oxygène ou un de ses congénères. Une partie au moins de cet oxygène, ou de son congénère, sert à réunir le métal à l'autre corps simple ou à l'autre radical composé que ce sel renferme, et cette liaison exige autant d'atomes d'oxygène qu'il y a d'atomicités métalliques.
' Ainsi, l'acide sulfurique SOW doit être écrit
(S08)"|Sh-
pour indiquer que les 2 atomes d'hydrogène sont liés au groupe diatomique SOs par l'intermédiaire de 2 atomes d'oxygène. De même, le carbonate neutre de potassium
C03K« doit être écrit
Cc°)"[ok-
pour montrer que c'est encore par l'intermédiaire de l'oxygène que le potassium est uni au groupe CO.
Une des preuves' les plus concluantes en faveur de cette manière de considérer les sels oxygénés résulte de l'action que le perchlorure de phosphore exerce sur eux.
Cette action consiste en ce que le perohlorure de phosphore PC1S s'empare d'un atome d'oxygène pour former de l'oxychlorure de phosphore PC130, tandis que les 2 atomes de chlore perdus par le perchlorure viennent se substituer à l'atome d'oxygène perdu par le corps oxygéné.
Cela posé, il est évident que si l'oxygène éliminé tient par ses deux centres d'attraction à deux centres d'attraction d'un autre élément polyatomique, la molécule ne se dédoublera pas, et que tout se bornera au remplacement de l'atome d'oxygène par 2 atomes de chlore. C'est ainsi que l'aldéhyde
se transforme en chlorure d'éthylidène
CWCi*.
Si, au contraire, l'oxygène sert de lien entre deux éléments ou deux groupes d'éléments, la molécule devra se diviser dès que cet oxygène sera remplacé par 2 atomes de chlore. Ici, en effet, les deux atomicités ne sont plus indivisibles comme dans l'atome d'oxygène ; elles appartiennent à deux atomes parfaitement séparables et parfaitement distincts. Ainsi, l'eau étant
quand on y remplace l'oxygène par du chlore, on a
Cl — H
Cl — H'
et comme les S atomes de chlore ne sont pas liés entre eux, au lieu d'une seule molécule H^Cl2, on a deux molécules HC1. .
Le phénomène devient plus évident encore lorsque les deux éléments ou les deux radicaux composés reliés par l'oxygène sont de nature différente, comme dans l'hydrate de potassium
Ici, en effet, la substitution du chlore à l'oxygène fournit deux molécules non-seulement distinctes, mais encore différentes :
SllK = KClfHCl.
Or, lorsqu'on fait agir le perchlorure da phosphore sur un sel amphide, il s'élimine autant d'atomes d'oxygène qu'il y a d'atomicités de métal dans le sel, et il se forme d'une part un chlorure métallique, de l'autre un chlorure acide dans lequel le chlore est uni au groupe métalloïdique qui fonctionnait dans l'acide. Ainsi, avec l'acétate de potassium
il se forme du chlorure de potassium KC1 et du chlorure d'acétyle CaH3QCÎ..
Puisque la substitution de CS2 à O dan3 l'acétate potassique a déterminé la division de la molécule en deux molécules distinctes, .'oxygène servait de lien entre les deux ra-
SEL
so*
OH'
dicaux qui se sont postérieurement combinés au chlore.
La réaction que le perchlorure de phosphore exerce sur les sels amphides démontre donc que ces corps renferment toujours au moins deux radicaux simples ou composés unis par l'intermédiaire de l'oxygène ou l'un de ses congénères. Celui de ces radicaux qui ne jouit pas de propriétés métalliques prend le nom de radical acide. Ces radicaux reçoivent ordinairement des noms qui se forment en mettant la désinance yle à la place de la terminaison des noms génériques des sels dont ils font partie. Ainsi, le radical acide C2H'0 qui fonctionne daus les acétates a reçu le uom à'acétyle.
Les résidus halogéniques des acides ne sont que les radicaux de ces mêmes acides, plus 1 oxygène qui est destiné à relier ces radicaux aux métaux. Ils reçoivent dans chaque cas un nom particulier que l'on fait en plaçant le préfixe oxy avant le nom du radical que le résidu halogénique renferme. Le radical C*H30 des acétates, par exemple, forme en s'unissant à O le résidu halogénique de l'acide acétique C*H*0*. Ce dernier résidu se nomme oxyacétyle ou, par élision, oxacétyle.
— III. Sels neutres, sels acides, sels basiques, sels doublbs. Lorsque le radical d'un acide est monoatomique, un seul atome d'hydrogène peut lui être relié par l'intermédiaire dé l'oxygène. L'acide qui dérive de ce radical renferme alors une seule molécule d'oxhydryle; il est dit monoatomique. Lorsque, au contraire, un radical d'acide est polyatomique, chacun de ses centres d'attraction libres est saturé par l'oxhydryle OH. L'acide renferme alors un nombre d'oxhydryles égal à celui qu'indique l'atomicité au radical ; il est dit polyatomique, et le degré de son atomicité est déterminé par le nombre d'oxhydryles qu'il renferme.
Par exemple, lacide acétique CâHSO,OH est monoatomique, l'acide sulfurique
SOî(OH)* est diatomique et l'acide phosphorique
PO(OH)3 est triatomique.
Il en est de même pour les bases. Si un métal est monoatomique, il ne peut fixer qu'un seul oxhydryle; s il est diatomique, il en fixera deux; s il est triatomique, il en iixera trois. Les bases formées seront monoatomiques dans le premier cas et polyatomiques dans les autres. Ici encore, le degré de leur atomicité sera déterminé par le nombre d'oxhydryles qu'elles renferment. Ainsi, l'hydrate de potassium K,OH est monoatomique, l'hydrate de baryum Ba"(OH)s est diatomique et l'hydrate ferrique (Fe*)vl(OH)6 est bexatomique.
Ces dénominations sont évidemment mauvaises, puisque les mots monoatomique, diatomique, etc., prennent une tout autre signification lorsqu ils s'appliquent aux radicaux. Hais, comme il est encore moins nuisible, au point de vue de l'étude, de conserver un nom impropre, en le délinissant bien, que d'embrouiller l'esprit en créant des noms nouveaux, nous avons conservé ces dénominations, quelque imparfaites qu'elles soient. . Dans un acide, l'hydrogène de l'oxhydryle, autremeut dit hydrogène typique, peut être remplacé, en totalité ou en partie, par un radical positif. Quand l'hydrogène est remplacé en totalité, les sels formés sont dits neutres, parce qu'ils ne possèdent plus aucune des propriétés qui caractérisent les acides.
Lorsque l'hydrogène typique n'est remplacé que partiellement, les sels qui se forment conservent encore des propriétés acides, et on les nomme, à cause de cela, sels acides.
Ainsi, dans l'acide sulfurique
iOH
SEL Dans l'hydrate de baryum
Ba JOH' par exemple, on peut remplacer les 2 atomes d'hydrogène par le radical de l'acide acétique, l'acétyle CïH'O; le composé ■ OC2H30
on peut substituer un atome de métal a un atome d'hydrogène ou 2 atomes de métal à 2 atomes d'hydrogène. Le sel que l'on obtient dans le premier cas, si le métal est le potassium, a pour formule
c'est un sel acide ; celui qu'on obtient dans le second cas a pour formule
c'est un sel neutre.
Quel que soit le nombre d'atomes d'hydrogèue typique que contient un acide, cet acide ne peut jamais donner avec un même métal qu'un seul sel neutre; au contraire, le nombre de sels acides qu'il peut former est égal au nombre qui exprime son atomicité diminuée d'une unité.
Les bases peuvent aussi, dans les doubles décompositions, subir le remplacement d'une partie ou de la totalité de leur hydrogène typique par des radicaux acides. Les sels qui en résultent sont dits neutres lorsque tout leur hydrogène typique a été remplacé. Lorsque, au contraire, la substitution n'a porté que sur une partie de cet élément, les sels formés conservent des propriétés basiques et sont, par cette raison, appelés sels basiques.
Ba"
OCWO
qui résulte de cette réaction est un sel neutre. Mais on peut aussi ne remplacer par l'acétyle qu'un seul atome d'hydrogène, et l'on a alors un sel basique