CO
qui va au pôle positif. Ce résidu halogénique, si la solution est alcaline, abandonne son groupe CO* à l'alcali pour former un carbonate, et il reste de l'aldéhyde C2H*0. Si la liqueur est très-alcaline, loxygène provenant de' l'électrolyse de l'alcali brûle l'aldéhyde lui-même, et, au lieu de ce corps, on n'obtient plus que de l'acide carbonique et de l'eau.
— Econ. domest., industr. et agric. Du »«l
cooiiniiu oh eblorure do sodium. I. HISTOIRE
du sel. L'usage du sel remonte k la plus haute antiquité. Il en est très-souvent question dans la Bible. Toute victime, chez les Juifs, devait être consacrée par le sel, et ceux qui juraient fidélité au roi devaient manger en sa présence du sel consacré. Ils retiraient sans peine de grandes quantités de sel de la mer Morte. C'est encore de là que les Arabes le recueillent actuellement pour le transporter ensuite dans la Syrie tout entière, ou il représente une branche de commerce assez importante. Chez les Hébreux, le set était, comme chez les Arabes, le symbole de l'amitié, et deux personnes qui en avaient mangé ensemble étaient considérées comme unies par le plus sacré des liens. Lorsqu'une ville avait été détruite et rasée, on ensemençait de set l'emplacement, parce qu'on croyait que cette opération rendait le sol à tout jamais stérile ; aussi le mot salé (melèha/i) estil souvent en hébreu le synonyme d'infécond. Les nouveau-nés avaient à leur naissance le corps frotté de sel. Les Grecs et les Romains employaient le sel comme leur plus ordinaire condiment, et, en outre, le regardant comme une des offrandes les plus agréables aux dieux, en faisaient un usage constant dans les sacrifices. Pour donner à leurs repas un caractère sacré, ils plaçaient le sel au milieu de la table. Homère l'appelle divin ; en vantant la frugalité des héros rassemblés devant Troie, il ajoute que la viande ne leur était jamais servie sans sel, et donne à entendre qu'ils ne se seraient pas volontiers privés de cet assaisonnement. De son temps déjà on ne pouvait donc omettre le sel dans les plus simples repas. Il parle cependant de peuples qui ne s'en servaient point ; mais c'est une chose qui l'étonné et lui parait des plus étranges. Bien des siècles après Homère , nous voyons Plutarque écrire que le sel est le condiment par excellence; qu'il faut la mêlera la plupart des aliments et que le pain même en acquiert une saveur plus agréable.
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Toutefois, à une époque rapprochée de Plutarque, il y avait encore des nations, connues des Romains et des Grecs, qui n'employaient pas le sel dans l'alimentation. Ainsi, Salluste dit que les Numides dédaignaient le sel de même que les autres excitants du palais : Et negite salem neoue alia gul&irritamenta çvBrebant. Les prêtres égyptiens, si l'on en croit l'opinion générale, ne salaient pas leurs aliments. La vérité est qu'ils s'abstenaient du sel proveuant de l'eau de la Méditerranée et de celui qu'on tirait des lacs du nonieNitrite, eu même temps que le natron (carbonate de soude). Il paraît également certain que, dans Je but d'éviter certaines maladies, certaines àeretés du sang, ils rejetaient les mets trop salés. On suppose même qu'en faisant naître de l'écume de la mer Nephthys, la déesse de la stérilité, ils eurent le dessein de répandre
Farmi le peuple une «rainte salutaire contre emploi immodéré du sel. Quant à eux, il ne paraît pas, comme on l'a cru, qu'ils aient rejeté l'usage du set ; ils Se servaient, suivant Arrien, du sel gemme, qu'ils faisaient venir de la Libye inférieure ou Marmarique.
Chez les Romains, les pauvres gens regardaient le sel comme pouvant tenir lieu de tout aliment autre que le pain. On lit dans Horace (Satires, 11, n, 17 et 18) : « Du pain et du sel sauront bien apaiser ton estomac qui crie : » . . . Çum sate partis Latranlem stomachutn, bene leniet. . .
Le sel était au nombre des rations fournies aux. soldats romains avant qu'ils fussent payés en argent. On leur donnait, en outre, du blé, de la chair de porc, de l'huile, du fromage et quelquefois des légumes. Il est admis que le mot salaire (salarium) eut pour origine cette distribution du set aux troupes. Suivant les uns, on prenait dans ce cas le sel comme représentant toutes les provisions dont il était accompagné; suivant d'autres, on payait, à une certaine époque, les officiers exclusivement avec du sel, qu'ils devaient revendre pour distribuer aux soldats des provisions ou de l'argent.
Nous avons dit qu'on employait le sel dans tous les sacrifices. On en jetait sur la tête des victimes avec des grains d'orge. On offrait également le sel et l'orge, sans victime, sur l'autel de certaines divinités. Horace dit à la rustique Phidylé (Odes, III, xvn) :«Tu n'as pas besoin de chercher à gagner ces humbles dieux par de nombreux sacrifices de brebis ; couronne-les de romarin et de myrte fragile. Qu'une main pure touche l'autel; un riche sacrifice ne la rendra pas plus agréable ; pour fléchir les Pénates irrités, il suffit de répandre l'orge sacré et le sel pétillant : »
Te nihil attinet
Tentafe mutta csde bidentium
Parvos coronantem marino
Rare deos frajilique myrto.
Immunis aram si letigit manus.
Non sumptuosa blandior hoslia,
Mollivit aversos Pénates
Farre pio et satiente mica.
Le sel était, chez les Romains aussi, un des symboles de l'amitié. On ne manquait pas d'en offrir à l'hôte que l'on recevait. Un des objets essentiels de la cérémonie du mariage était le gâteau de farine salée, mola salsa, que préparaient les vestales. On le portait devant l'épousée, quand elle était conduite à la demeure de son mari. Le soir, après le repas, il était distribué entre les convives assemblés dans cette maison. Selon Pline, on employait aussi le sel pour empêcher les cadavres de se corrompre jusqu'au moment où on les livrait au bûcher. Nous retrouvons, chez les Romains la croyance déjà mentionnée chez les Egyptiens, que la présence du sel dans un champ le rend infécond ; lorsqu'ils avaient rasé une ville, ils répandaient du sel sur l'emplacement qu elle avait occupé, dans la pensée de le rendre stérile.
Les Grecs et les Romains connaissaient le sel gemme et ils trouvaient le sel marin en quantités parfois considérables sans que le travail de l'homme eût rien fait pour l'extraire ; cependant ils établirent sur les bords de la mer des salines, qui consistaient'ôn lacs peu profonds, où l'eau était amenée par des canaux, faciles à ouvrir ou à fermer suivant les besoins. Il y eut chez les Romains un trèsgrand nombre de salines. Les premières furent, dit-on, établies à Ostie par le roi Ancus Martius. Ce roi mit sur le sel un impôt qui subsista jusqu'à l'abolition de la royauté. Dans les premiers temps de la république, le commerce du sel fut libre ; mais la passion du gain ayant élevé à un prix excessif une denrée des plus nécessaires, on en défendit la vente aux particuliers. Vendendi salis arbitrium, in publicum omne sumptum, ademptum privatis , dit Tue - Live. On voit pourtant dans les auteurs latins qu'il exista des salines particulières à côté des salines publiques; il est donc probable qu'on enleva seulement aux particuliers le droit de vendre eux-mêmes le produit de leurs salines et que l'Etat se réserva exclusivement le privilège de la vente du sel. Les publieains auxquels il afferma cette branche de commerce cherchèrent peu à peu à faire des bénéfices exagérés, en sorte qu'on retomba dans l'abus dont on avait espéré la suppression. On se décida alors à fixer un maximum au prix de vente. L'an 204 avant notre ère, les censeurs M. Livius et C. Claudius imposèrent cette obligation aux fermiers des salines. Par suite
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de leur ordonnance, le sel descendit a Rome à un prix tel que les plus pauvres pouvaient aisément s'en procurer. Dans le reste de l'Italie, le prix fut plus élevé ; il varia dans les diverses localités.
Quand l'eau des salines avait laissé déposer les substances solides qu'elles tiennent en dissolution, avant de purifier ce produit complexe, on s'en servait pour la saumure. C'est ce que les Latins appelaient salsugoo\i salsilago et les Espagnols muria. Les Egyptiens s'en servaient pour saler le poisson, les Romains pour conserver les olives , le fromage et quelquefois la viande. On usait de la même saumure pour les sauces; pourtant on préférait, dans ce cas, l'eau du coquillage marin, comme nous l'apprend Horace :
. Ut melius muria quam testa marina remitiit. Les aliments conservés "dans la saumure étaient appelés salsa muriatica.
Chez les Grecs comme chez les Romains, le mot sel fut employé métaphoriquement pour signifier l'esprit, la finesse, la grâce. L'expression de « sel attique > est venue des Athéniens jusqu'à nous. La jolie épigramme où Catulle compare Quinctia et Lesbie nous fera tien comprendre comment les Romains se servaient du mot sel, dans le sens do finesse et de grâce, « Quinctia, dit-il, est belle aux yeux du vulgaire; aux miens, elle est blanche, grande et droite; je reconnais ces détails, mais, en somme, qu'elle soit belle, non. Tout ce grand corps est sons grâce, sans
10 moindre grain de sel. C'est Lesbie qui est belle a mes yeux ; car Lesbie est toute belle et a pris pour elle seule tous les genres de beauté. »
Les Romains se servirent aussi du mot sel pour signifier les plaisanteries et les bons mots. Ainsi, on lit dans Martial (III, xx) : Lepore tinctos attko sales narrai.
11 était tout naturel que ce dernier sens eût mené à celui de moquerie, de satire, qu'on trouve chez Horace, dans la pièce où il se justifie d'avoir attaqué le poète Lucilius :
. , . At idem, qitod sale mullo Urbem defricuit, charta taudalur eadem.
« Mais la même pièce le loue pour avoir à pleines mains frotté la ville de son sel. »
Tel est le rôle du sel chez les anciens. Au moyen âge et dans les temps modernes, son histoire devient un véritable martyrologe. Les anciens, nous l'avons dit, avaient entrevu le parti que le fisc peut tirer de ce condiment universel; le fisc moderne en a usé et abusé dans des limites que nous avons fait connaître ailleurs (v. gabelle). C'est là qu'on trouvera le complément de cette histoire intéressante. Les prodigieuses exigences du fisc n'ont cependant pas nui autant qu'on pourrait le croire à la production du sel. L'usage qu'on en a fait a même pris une extension qui a activé sa production dans de larges proportions.
— IL Fabrication, exploitation et commerce du sel. Le sel marin, une des substances les plus communes de la nature, est fourni par 1 exploitation des sources et puits salés, des mines de sel gemme et de l'eau de mer.
lo Exploitation des sources et puits salés. La salure des eaux de source et de puits étant généralement assez faible, le rendement en sel ne couvrirait pas les frais d'exploitation s'il fallait pratiquer l'évaporation complète de l'eau au moyen du feu. On est donc obligé d'abréger cette dernière opération en commençant la concentration des eaux par l'évaporation à l'air , ce qu'on obtient dans les bâtiments de graduation , déjà décrits au mot bâtiment. Dans les bâtiments à fagots, qu'oïl préfère généralement aujourd'hui, des eaux qui contiennent 4 pour 10U de sel peuvent être amenées à 28 pour 100. Ce procédé, reconnu le plus économique, a, en outre, l'avantage de donner du chlorure de sodium moins mélangé d'autres sels, le sulfate et le carbonate de chaux, ainsi que le carbonate de fer, restant adhérents aux fagots.
Quel que soit le procédé employé pour l'évaporation à l'air, il est toujours complété par l'évaporation dans les chaudières, évaporation qui constitue, la principale dépense de toute la fabrication. Dans les petites exploitations, la chaudière est simplement posée sur un foyer central, d'où la flamme circule dans un earneau disposé en spirale sous le fond de la chaudière. Dans les exploitations plus importantes, la chaudière, enclavée dans le massif du fourneau , est posée sur de petits murs disposés en éventail, d'où la îlainme. distribuée dans une série de carneaux, va donner une première préparation à l'eau dans de petites chaudières, d'où elle est ensuite conduite dans la chaudière principale. De là, la flamme arrive dans les séchoirs et ensuite dans les cheminées d'appel.
Quarfd l'eau, convenablement concentrés dans les bâtiments de graduation et chauffée dans les chaudières d'alimentation ou baissoirs, est ensuite amenée dans la grande chaudière , dite chaudière à schloter il s'y produit d'abord de l'écume, due aux matières organiques coagulées par l'élévation de la température. L'élimination de ces matières peut être facilitée par l'addition d'une %ub-, stance albumineuse, par exemple du sang de bœuf. Bientôt après, le schlot, sulfate double
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de chaux et de soude, commence à se précipiter. Après quinze ou vingt heures de feu, lorsqu'on reconnaît que le sel est sur le point de précipiter à son tour, on remplit la chaudière avec de l'eau chauffée dans les baissoirs, puis on schlote de nouveau pendant huit ou dix heures.
Certains fabricants pratiquent le schlotage et le salinage dans la même chaudière; ce procédé défectueux donne des sels toujours plus ou moins mélangés de sulfates. Après avoir pris des précautions pour éliminer les sels qui précipitent avant le chlorure de sodium, il faut en prendre de nouvelles pour empêcher la précipitation du sulfate de magnésie et du chlorure de magnésium, qui ne se produit qu'à une température plus élevée. Pour cela, il est nécessaire de conduire le salinage aussi lentement que possible et de le provoquer à une température aussi basse qu'il se pourra. Malheureusement, les exigences de la consommation et aussi l'avidité des fabricants sont, en cela, un double obstacle à la fabrication rationnelle. Le salinage plus vivement conduit que ne le demanderait la théorie a pour double résultat de donner du sel fin et d'en fournir une quantité énorme, ce qui s'explique par la proportion de sulfate de magnésie et de chlorure de sodium. Quand le travail est conduit avec la lenteur convenable, le sel marin cristallise en trémies. On le recueille avec des écumoires et on le dépose dans des paniers qu'on place au-dessus des chaudières pour le faire égoutter. Il subit là un commencement de dessiccation, qu'on achève ensuite dans des étuves spéciales ou séchoirs. L'opération doit être arrêtée lorsque la précipitation du sulfate de magnésie et des autres sels étrangers va avoir lieu. 11 reste encore dans les eaux mères une grande quantité de chlorure de sodium, qu'il faut renoncer à en extraire, si l'on ne veut obtenir un produit tout à fait impur. Toutefois, il est possible d'augmenter considérablement le rendement en ajoutant aux eaux salées, avant le schlotage, une certaine quantité de chaux. On se débarrassera ainsi du chlorure de magnésium, qui existe toujours en grande quantité. Ce sel se décomposera sous l'influence de la chaux et donnera de la magnésie et du chlorure de calcium, lequel, réagissant sur le sulfate de soude, donnera du chlorure de sodium et du sulfate de chaux. Or, le sulfate de chaux précipite avant le chlorure de sodium ; ou s'en débarrassera doue par la schlotage, et l'eau mère ne contiendra plus sensiblement que du chlorure de sodium.
Rien n'empêchera alors de conduire aussi rapidement qu'on voudra l'opération du salinage.
On voit, d'après ce qui précède, que la fabrication du sel marin a deux ennemis également difficiles à combattre : les sels qui précèdent et ceux qui suivent la précipitation du chlorure de sodium. Toutes les précautions connues ne parviennent pas à les éliminer complètement. Au bout d'une quinzaine de cuites, la poêle ou chaudière se trouve même incrustée de schlot, qu'on ne peut plus en séparer qu'à grands coups do marteau.au grand détriment des appareils. D'autre part, ces incrustations sont une grande gêne pour la chauffe. Ces inconvénients ont donné l'idée de produire le sel par la seule évàporation à l'air, comme on le pratique dans les mai'aia salants du Midi. Malheureusement, ce procédé, préférable à beaucoup de points de vue, n'est pas praticable sous toutes les latitudes et n'est même guère usité. A Moutiers, en Savoie, on a adopté un système intermédiaire qui paraît donner d'excellents résultats. Après avoir chauffé l'eau jusqu'à l'ébullition, on l'amène dans des canaux coupés de cordes sur lesquelles le sel marin se dépose en beaux cristaux très-blancs et d'une pureté remarquable.
80 Exploitation des gisements de sel gemme. Le sel se rencontre dans des terrains de nature très-diverse : le trias, les marnes irisées, les couches plus anciennes, même celles où l'on rencontre des roches ignées. Les terrains jurassiques et crayeux en contiennent de grandes quantités, et on l'exploite également dans toutes les parties du monde. Les mines les plus célèbres sont celles de la Pologne (Wieliczka, Bochuia), de l'Espagne (Cardoua) et de la France (Jura, Haute - Saône, Meuithe, Moselle, Ariége, Basses- Pyrénées). A Wieliczka et à Bochuia seulement se trouvent des gisements absolument secs, où l'on creuse des galeries comme dans les gisements houillers et métalliques; ils. accusent une longueur de plus de 100 myriamètres sur une largeur de 20 et on y pénètre jusqu'à une profondeur de 400 mètres. Ces galeries, depuis longtemps en exploitation, offrent uu spectacle excessivement curieux et bien souvent décrit par les voyageurs. C'est comme une ville immense et souterraine, percée de rues de largeur variable, sous des voûtes souvent plus élevées que celles de nos cathédrales. Ces rues se croisent en tout sens et vont aboutir à des places ou former des carrefours. Le tout est peuplé de mineurs qui ont bâti des cabanes, creusé des chapelles et s'y sont arrangés de façon à se procurer toutes les commodités de la. vie compatibles avec une demeure où ne pénètrent jamais les rayons du soleil. Plusieurs y Eassent toute leur existence et un grand nomre y sont nés. Ils y élèvent et y gardent des chevaux et d'autres animaux nécessaires à
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leur travail ou à leur subsistance. Le spectacle le plus extraordinaire qui ait jamais frappé la vue du visiteur est sans contredit l'effet de la lumière sur les parois cristallines de ces voûtes et de ces rues. La lumière des lampes, au lieu de prendre cette teinte rougeâtre qu'elle a dans les autres mines, a un éclat éblouissant et répand dans toutes les directions des scintillements irisés.
Les ouvriers qui travaillent dans ces galeries, d'abord étroites, puis de plus en plus larges à mesure qu'avance l'exploitation, sont accroupis le plus souvent. Ils taillent au ciseau des blocs de différentes grosseurs. Ces blocs, à peine séparés de la muraille, sont ensuite transportés au dehors de la mine. Le commerce s'en empare immédiatement ; on les pulvérise plus ou moins e£ on les vend sans autre préparation lorsque le sel est très-pur.
Dans d'autres mines, qui donnent un sel moins pur, on l'exploite par dissolution. Cette opération s'achève tantôt dans la mine ellemême, tantôt à l'air libre. C'est dans le pays de Salzbourg et dans la Souabe que l'on emploie surtout ce moyen d'extraction. Des chambres de dissolution sont ménagées au milieu des galeries. L'eau douce, qu'on y fait arriver de 1 extérieur, s'y sature continuellement, puis est enlevée a ir.esure par un siphon. On opère plus rapidement et à moins de frais en établissant, au lieu de galeries, un simple trou de sonde, dans lequel on introduit un corps de pompe, entouré lui-même d'un cylindre métallique. On courant d'eau est dirigé dans ce cylindre, et la pompe, mise en mouvement, amène à la surface le liquide qui a passé dans les couches de set. Les résultats, peu satisfaisants d'abord, ne tardent pas à s améliorer, et l'eau, qui se sature de plus en plus, arrive au bout d'un certain temps à contenir jusqu'à 33 pour 100 de sel. Si Fa dissolution est plus faible, on emploie les moyens de concentration en usage dans l'exploitation des sources salées.
3° Exploitation des marais salants. V. marais.
40 Commerce du.sel. La fabrication du sel, très-importante en France, donne lieu à un assez grand mouvement d'exportation , qui serait bien plus considérable sans l'énormité de l'impô.t qui frappe cette denrée. Le poids du sel, qui rend les transports très-onéreux, est un autre obstacle à l'extension de ce trafic. Malgré ces causes défavorables , nous exportons annuellement 60,000 tonnes de sel. Dans ce chiffre, les Etats du Nord sont représentés par 17,000 tonnes, l'Allemagne par 7,000, l'Amérique par 10,000. L'Angleterre, qui jouit de la liberté complète , exploite pour près de 600,000 tonnes de sel , bien qu'elle ne possède aucune côte aussi particulièrement favorable à cette fabrication que celles de la Méditerranée.-Il sera complètement impossible, surtout aux salines de l'Ouest, de lutter Contre une aussi redoutable concurrence tant que le fisc réduira le fabricant à ne toucher que 5 pour 100 de la valeur vénale de ses produits.
L'importation du sel mérite à peine d'être mentionnée, elle n'atteint pas 4,000 tonnes. Des droits assez élevés frappent les sels étrangers.
— III. Emploi du sel. Nous avons déjà signalé l'usage universel du sel marin dans l'économie domestique ; mais ce n'est pas la seule utilité qu'on tire aujourd'hui de cette précieuse substance, et seule elle ne suffirait pas à beaucoup près pour expliquer l'énorme consommation qu'il s'en fait dans certains pays, en France notamment, où cette consommation peut être évaluée à 10 kilogr, par tête et par an.
1» Emploi du sel dans l'économie domestique. Le sel passe à juste titre pour le plus utile, on pourrait dire pour le seul nécessaire de tous les condiments. En dehors de quelques mets sucrés et des pâtisseries, il n'est, on peut le dire, aucun aliment dans lequel on n introduise le sel. Le pain lui-même ne fait pas exception, et sauf quelques localités fort rares où l'on fabrique le pain sans sel (nous citerons le département du Gard et une partie de celui des Bouches-du -Rhône), il entre partout dans cette base de l'alimentation universelle.
Les qualités hygiéniques du sel ne paraissent pas contestables. Le sel active et complète la cuisson de^ certains aliments, particulièrement de certains légumes , eu reculant le point d'ébullitioD de l'eau dans laquelle on les fait cuire. Il augmente la salivation, réveille l'appétit et facilite la digestion. Ses propriétés excitantes font comprendre sans peine qu'il importe de ne pas en abuser. Pris en excès, il irrite les voies digestives, produit un état de maigreur et de marasme fort remarquable, et qu'on a trèsbien constaté chez les personnes atteintes d'une perversion de l'appétit et douées d'un goût maladif pour le sel. Cette passion se rencontre chez les animaux eux-mêmes, qu'on est contraint quelquefois d'empècherde se jeter sur le sel ou sur les sources d'eau salés.
Les falsifications du sel de cuisine sont assez rares, vu le prix peu élevé de cette substance, et plus encore l'extrême facilité avec laquelle on reconnaît les seules matières qu'on trouverait un bénéfice à lui associer. Les sels solubles, quels qu'ils soient, ont une valeur
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vénale plus élevée que celle du chlorure de sodium; ou ne peut donc être tenté de lui associer que des matières insolubles, comme le plâtre,- le sablon, qu'il sera fort aisé de retrouver en dissolvant dans l'eau le sel suspect.
Les ménages emploient le sel sous deux formes différentes : le sel gris , qui est un sel plus grossier, plus ou moins mélangé de sels terreux, et le sel blanc, qui est ou doit être du sel raffiné. Nous disons ou doit être, parce que, comme nous l'avons vu en décrivant la fabrication, on peut obtenir du sel fin en activant outre mesure le salinage et produisant ainsi du sel impur, mélange d'une quantité quelquefois énorme de sels étrangers. Le sel gris, en cristaux plus ou moins volumineux, s'emploie généralement dans tous les cas où les aliments doivent être salés pendant la cuisson, et le sel blanc, en poudre, dans ceux qu'on sale à table ou au moment de les consommer.
Outre le sel que nous introduisons directement nous-mêmes dans nos aliments, nous en consommons encore d'énormes quantités dans les salaisons. Le sel, en effet, avec la propriété de relever le goût des aliments, possède celle d'assurer leur conservation pendant un temps plus ou moins long. Le sel, à ce seul point de vue, a tendu d'immenses services h l'alimentation publique, en permettant de lui réserver d'énormes quantités de viandes, de poissons et de légumes qu'il aurait fallu, sans cette précieuse ressource , abandonner ou renoncer à produire. V. salaison.
20 Emploi du sel dans la médecine humaine et dans l'art vétérinaire. L'emploi du sel dans la médecine humaine est restreint, peut-être trop restreint. Il existe une tendance, excessive croyons-nous, à n'employer pour la guérison des maladies que des substances exotiques ou savamment dénaturées par l'art du pharmacien. Le chlorure de sodium, même en lui restituant ce nom savant, ne figure pas dans la matière médicale, uniquement peutêtre parce qu'il est vendu cbez les épiciers" sous le nom de sel de cuisine. Tout au plus, et très - rarement , quelques praticiens se hasardent à ordonner des lavements d'eau salée, dont l'efficacité ne paraît cependant pas contestable. On ordonne des bains de mer, mais sans avouer que leurs principales propriétés sont dues au sel de cuisine que les eaux marines tiennent en dissolution, et rarement ou jamais on n'ordonne d'introduire ce set dans les bains ordinaires. Là se bornent à peu près les indications médicales que nous pouvons fournir au sujet du sel. Ajoutons ce-
fiendant, timidement, qu'une lotion d'eau saée est très-efficace dans les ophthalmies légères, bien que ce remède de bonne femme soit ignoré de la médecine officielle ; que les dartres, les rougeurs, les exanthèmes légers ne résistent pas à quelques lotions de la même nature, ce qui nous fait supposer que les bains d'eau salée seraient fort utiles dans les maladies de la peau.
L'art vétérinaire use plus largement du sel que la médecine humaine. Toutefois, il convient de rappeler que, le sel étant un excitant assez énergique, il faut le proscrire de l'alimentation des animaux domestiques lorsqu'on ne pourrait disposer d'une quantité de nourriture suffisante pour satisfaire l'appétit qu'on aurait provoqué , et surtout lorsque les animaux ont quelque disposition à une affection pléthorique ou inflammatoire. Dans l'emploi du set, on ne perdra pas de vue que cette substance, très-utile quand elle est employée avec modération , devient toxique si l'on en use à trop forte dose. 1,500 grammes de sel empoisonnent un bœuf, 1,000 un cheval, 180 un mouton, 125 un porc. A ces doses, l'ingestion du set est suivie de symptômes rapidement mortels. Les principaux de ces symptômes sont le refroidissement général du corps, les crampes, puis la paralysie des membres postérieurs. La mort survient après seize ou vingt-quatre heures.
3° Emploi du sel dans l'économie rurale. L'emploi du sel marin en agriculture remonte à une haute antiquité. La Bible en fait mention. Pline nous apprend qu'en Orient on répandait du set au pied des palmiers et des oliviers. Mais on avait observé aussi que si cette substance, à petite dose et appliquée à certaines plantes, exerçait une action favorable à la végétation, par contre elle produisait des effets désastreux si on l'employait en excès et indifféremment pour tous les végétaux cultivés. Le sel devenait alors la cause et comme le signe de l'infertilité. On savait encore que les terres fortement imprégnées de sel ont besoin , pour devenir productives, d'être dessalées par des courants d'eau douce.
La science est aujourd'hui, grâce aux progrès de l'analyse chimique, un peu plus avancée sur ce point. Mais il s'en faut encore de beaucoup que la question de l'emploi agricole du sel marin ait reçu une solution satisfaisante. Des doctrines très-diverses ont été émises à ce sujet, et, comme il arrive souvent, on est sans doute tombé de part et d'autre dans l'exagération. Depuis Bacon jusqu'à, une époque assez rapprochée de nous, ie sel a eu de grands partisans et même des enthousiastes. Il nous suffira de citer , en France, (Jondil)ac, Mirabeau, Sylvestre, Tessier, Box; en Angleterre, John Sinclair et Humphry Davy; en Allemagne, Thaer ,
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Schwertz, Liebig, etc. Tous ces savants auteurs ont regardé le sel marin comme exerçant une heureuse action sur la fertilité du sol , la vigueur de la végétation et la richesse de la production. Cette opinion a été combattue de nos jours, notamment par MM. Heuzé et Pelligot.
11 parait certain que le sel, en proportion convenable, produit de bons effets. MM. Girardin et Du Breuil font justement remarquer à cet égard l'abondance et la qualité supérieure de l'herbe dans les prés des bords de la mer et les prairies voisines de nos salines de l'Est; la fécondité inépuisable des polders de la Hollande, la plupart conquis sur la mer; la puissance des engrais composés de plantes marines ou de fumiers arrosés d'eau salée; les résultats obtenus en Angleterre par l'emploi des composts de terre, de sel et de chaux; en Normandie, en Allemagne, en Pologne, par celui des saumures provenant de la salaison des harengs ou des résidus des mines de set; enfin l'usage, très-ancien en Provence, de répandre du sel au pied des oliviers, pratique qui a été aussi appliquée avec succès aux autres arbres fruitiers. L'emploi du sel a donné encore de très-bons résultats pour les céréales, la luzerne, le lin, les pommes de terre, etc. Nous pourrions ajouter encore bien d'autres exemples analogues.
Mais si l'utilité de cette substance, en général, est incontestable , c'est à la condition d'être bien appliquée. Et d'abord , il ne faut pas croire que le sel marin soit un véritable engrais , dans le sens rigoureurement scientifique du mot; on doit le regarder comme un amendement, ou plutôt comme un stimulant. Il ne saurait être employé sur tous les terrains indifféremment; il est inutile d'en ajouter aux sols qui, grâce au voisinage de la mer ou à d'autres causes, en contiennent déjà une quantité suffisante; il devient inerte ou même nuisible dans les terrains secs, purement siliceux, très-poreux, comme aussi dans ceux qui sont trop compactes ; il est bon pour les terres argileuses, a la condition qu'on y ajoute une proportion suffisante de calcaire ; enfin il est excellent pour les sols argilocalcaires, un peu humides, riches en humus ou abondamment fumés.
Un point très-important, c'est la proportion de set qu'on doit ajouter au sol pour obtenir de bons résultats. Ici les opinioîis sont trèsdiverses. On peut prendre comme point de départ les expériences de M. Becquerel sur la faculté d'absorption du sel par les plantes; cette absorption peut aller à 2 pour 100 sur les prairies ordinaires et à 22 pour 100 dans les prés salés, sans que la plante cesse de végéter vigoureusement. D'après M. Heuzé, les doses les plus convenables sont de 125 à 175 kilogrammes par hectare, En Angleterre, on emploie fréquemment 200 kilogrammes et même davantage. M. Lecoq fixe, comme doses maxima : 150 kilogrammes par hectare pour la luzerne; 250 pour le froment et le lin; 300 pour l'orge et les pommes de terre. MM. Du Breuil, Kauchet et Girardin pensent qu'on peut, du moins pour le blé, augmenter ces doses et aller jusqu'à 500 kilogrammes.
L'action du sel varie suivant l'époque à laquelle on l'emploie; dans les terres destinées aux céréales, il faut le répandre, non pas à l'époque dés semailles, mais vers le mois de mars, quand le sol est encore très-humide et avant que la végétation soit dans toute sa force. On empêche ainsi que le sel ne soit entraîné par les pluies sur des points plus éloignés ou dans des couches inférieures, où il n'exercerait plus aucune influence sur l'activité de la végétation printauière. Dans les prairies humides, it faut opérer au moment du réveil de la végétation ; dans les prés secs, au contraire, on doit attendre la saison des pluies, » Dans les terrains à fond imperméable, disent les auteurs cités plus haut, il y aurait danger à les saler souvent; car la quantité de sel semé en premier lieu, restant en grande partie dans le sol, peut suffire pendant longtemps, si toutefois elle ne nuit pas aux germinations ultérieures. Si le fond, au contraire, est perméable, il est indispensable de recommencer le salage à chaque culture. »
Ainsi que nous l'avons dit, le sel marin n'est pas un engrais proprement dit, à moins qu'il ne contienne des matières organiques, comme celui qui provient des plantes marines, des saleries de poisson, etc. Mais il favorise la décomposition et l'absorption de celles de ces substances qui sont contenues dans le sol. Dès qu'il est en contact avec le calcaire," il se produit une double décomposition, qui le transforme en carbonate de soude , éminemment favorable à la végétation, M. F. Sacc explique autrement l'action du set marin : « Dans les sols argilo-calcaires , dit-il , et dans ceux qui auront été très- fortement fumés, il se décompose en chloritle hydrique et en soude ; cette dernière est absorbée par les plantes , tandis que le chloride hydrique s'unit, au moment où il se forme, avec la chaux du sol pour produire du chlorure calcique, qui absorbe l'ammoniaque de l'air en formant avec elle du chlorure ammonique dont les plantes se nourrissent, tandis que la chaux de ce nouveau sel reste dans le sol , où elle reprend sa forme primitive de carbonate calcique ou calcaire. • Dans tous les cas , on comprend comment le sel peut ne produire, dans une terre privée de calcaire, aucun résultat appréciable sur les récoltes.
SEL
Il y a plusieurs manières d'employer le sel comme amendement. La meilleure, d'après M. Becquerel, consiste à le faire dissoudre dans l'eau, puis à le répandre, sous forme d'arrosage, mais par un temps humide, sur le sol ou même sur les plantes, qui l'absorbent et le fixent aisément, au grand profit de la végétation ; mais si l'arrosage est abondant et que l'air soit sec, le sel, après l'évaporation de l'eau, couvre la surface du sol et des feuilles et produit alors les plus mauvais effets. On comprend d'ailleurs que ce procédé ne puisse guère être appliqué en grand. Il est donc plus avantageux, dans la plupart des cas, de mélanger le sel, aussi intimement que possible, aux engrais, fumiers ou composts, ou mieux encore de lex faire dissoudre au préalable dans le purin avec lequel on les arrose. Enfin, dans les grandes exploitations, riches en bestiaux, il y a tout avantage à leur faire consommer le sel qui, passant dans leurs déjections, s'incorpore aux engrais, les enrichit, influe ainsi heureusement sur la végétation et ne peut alors exercer aucune action nuisible.
L'emploi du sel dans l'alimentation des animaux domestiques est une des grandes questions de l'agriculture ; aussi a-t-il été l'objet des études des savants et des praticiens, parmi lesquels nous citerons MM. Barrai, Boussingault, Dailly, Daurier, Demesmay, Gay-Lussac, etc. On a depuis longtemps, du reste, remarqué l'appétence des animaux pour le set et les aliments salés. Ce n'est pas que le sel soit par lui-même nécessaire à leur nourriture; c'est un simple condiment; mais, réduit même à ce rôle secondaire, il n'en a pas moins une très-haute importance. Il excite l'ajjpétit et on l'ajoute avantageusement aux fourrages, surtout pour les animaux à l'engrais; il favorise la digestion et l'assimilation.
1 La statique du sel, dit M. J.-A. Barrai, c'est-à-dire l'équilibre qui doit exister entre la quantité de sel absorbé et rendu par les divers animaux, ne saurait être calculée qu'autant qu'on connaîtra bien la proportion de chlorure de sodium entrant naturellement dans la composition même des aliments, indépendamment de celle que l'on ajoute habituellement. « Ainsi les betteraves, les fourrages, la paille sont notablement plus riche3 en sel que l'avoine, les haricots ou les pommes de terre; il faudra donc, quand on emploiera ces derniers, augmenter la proportion de sel d'assaisonnement. Mais la quantité de sel renfermée dans les fourrages peut, dans la même prairie, varier beaucoup d'une année à l'autre. Les eaux destinées à abreuver les bestiaux présentent aussi, dans leur richesse en chlorure de sodium, les plus grandes différences. Enfin, la quantité d'aliments solides et liquides absorbée journellement varie, pour une même espèce, dans des limites très-étendues ; mais il n'en est pas moins vrai que le sel se retrouve dans toutes les parties de l'organisme animal, comme dans les aliments et dans les sécrétions.
L'avidité naturelle des animaux pour le sel est bien connue; on l'a observée de trèsbonne heure et on en a déduit aisément la haute utilité de cette substance. « Il y a bien des siècles, dit M. J.-A. Barrai, que l'on donne le set aux animaux malades pour les guérir de la gale et de beaucoup d'autres affections morbides. Les vieux auteurs romains sont d'accord pour indiquer cette pratique comme bien établie et très-commune. » L'emploi de cette substance dans l'alimentation quotidienne du bétail remonte certainement au commencement de notre ère. Plusieurs passages de Virgile, de Columelle, de Pline, de Palladius et autres ne laissent aucun doute à cet égard. Cette pratique a persisté à travers les siècles et on la retrouve aujourd'hui chez des nations très-peu civilisées.
De nombreuses expériences ont été faites sur les effets de l'emploi du sel dans l'alimentation des animaux; mais beaucoup d'entre elles ne réalisent pas les Conditions que l'on est en droit d'exiger et ne donnent guère que des aperçus approximatifs. En comparant et en contrôlant les essais vraiment sérieux et offrant un caractère de rigueur scientifique, M. Barrai a déduit des conclusions, dont nous résumerons ici les principales, de manière à présenter, aussi exactement que .possible, l'état actuel de la science sur cette question.
L'accomplissement des fonctions animales exige une ration quotidienne de sel; chaque espèce en exige une dose proportionnelle à celle que contient son organisme, et qui doit augmenter h mesure que la qualité des aliments diminue ou que le poids de l'animal augmente; mais il faut tenir compte du sel naturellement contenu dans les aliments. Nous ajouterons que partout on n'administre pas ce sel de la même manière. Tantôt on le mélange aux pailles et aux fourrages; tantôt on se contente de suspendre dans les étables un sac rempli de sel, ou bien d'y mettre un bloc de cette substance, que les animaux vont lécher; tantôt enfin, surtout dans les cas de maladie, on le leur fait avaler de force, ou bien on leur fait prendre do l'eau salée. Il est à peine besoin de dire que les animaux vivant sur les bords de la mer ou dans des terrains analogues et broutant des plantes plus ou moins imprégnées de sel en absorbent naturellement une quantité proportionnée à leurs besoins.