SELO
type de selonc : le préfixe sub peut d'abord remplir ici le rôle qui lui est propre en latin, savoir d'atténuer la force du simple : ainsi dans subdurus, subrusticus ; puis, et cette interprétation lui plaît davantage, le préfixe sitb avait déjà, chez les bons auteurs latins, la valeur d'exprimer la proximité; sublongum ne serait donc pas moins rationnel que le latin suàinde ou subsequens. Ménage voyait dans selon une dérivation de secundum, par le changement de c en l). Suivant, eu égard à, d'après, à proportion de : Selon mon sentiment. Selon ma pensée. Selon mon opinion. Chacun sera récompensé selon ses œuvres. Se gouverner selon le temps et la saison, SELON les occurrences. Dépenser selon ses moyens, selon ses forces, selon sa bourse. A gir selon sa conscience, selon ses caprices. Nous agirons selon ce qu'il dira. (Acad.) Le malheur, agit sur mous SELON notre caractère. (Chateaub.) Un livre est clair selon le sujet et selon le lecteur. (Mme de Staël.) L'honneur varie selon les lois, tes religions et les gouvernements, (Vakry.) Le mérite est de travailler selon ses forces. (V. Hugo.) Le mariage varie à l'infini selon le mari. (Miche - Jet.J
Le sage dit, selon les gens,
Vive le roi, vive la ligue.
La Fontaine.
Il Conformément à; d'après la règle, lamesure, l'autorité de : La perfection de l'homme est de vivre selon la raison. (Boss.) Nous jugeons le passé selon la justice, le présent selon nos intérêts. (Chateaub.) La conscience de l'homme le porte à s'aimer s'il vit selon l'ordre, et à se haïr s'il est dans le désordre. (MmB C. Fée.) L'homme ne fait rien selon la nature. (Proudh.
C'est en la paix que toutes choses
Succèdent selon noa désirs.
Maliier.be.
— Au jugement de, suivant l'opinion de : Selon moi. Selon vous, selon cet auteur.
— Absol. D'après les circonstances, d'après le cas : Pensez-vous qu'il gagne son procès? — C'est selon. (Acad.)
— Ecrit, sainte. Rédigé par ; L'Evangile selon saint Matthieu, sklon sainl Marc, selon saint Luc, selon saint Jean.
— Loc. conj. Selon que, Suivant que : Il sera payé selon Qu'il travaillera. J'en userai avec lui selon qu'il en usera avec moi. (Acad.) La médecine peut faire autant de mal que de bien, selon qu'elle est bien ou mal appliquée. (Muquel.) La liberté est la puissance qu'on a de vouloir ou de ne vouloir point, selon q'uom le juge à propos. (E. Aluux.)
Chacun suit dans ce monde une route incertaine. Selon que son erreur le joue et le promène.
Boileau.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou rt.oinB nette ou plus pure.
Boileau.
Selon que vous serez puissant ou misérahle, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
La Fontaine.
— Prov. Selon le drap, la robe, La valeur des choses dépend de la qualité des matériaux qu'on y emploie.
— Relig. Selon le monde, Aux yeux des mondains, dans le lungiige des mondains : Les vertus selon le monde diffèrent des vertus religieuses. Un religieux na plus de famille SELON LE MONOK.
— Syn. Selon, ■ntvnui. La distinction entre ces deux prépositions est très-délicate et difficile à établir nettement. Comme suivant vient évidemment du verbe suivre, on peut dire qu'il s'emploie de préférencu à selon quand le sens permettrait de dire pour suivre, si l'on suit, etc., et que hors de là selon est souvent préférable. Ainsi, on dira selon lel historien, c'est-à-dire d'après ce que rapporte tel historien; et l'on dira plutôt suivant le conseil d'une personne sage, parce qu'on pourrait dire pour suivre ce conseil; mais ce principe est loin d'être toujours observé. Il arrive Souvent uussi que selon marque une Conformité plus entière que suivant. Un grammairien qui partage l'opinion de l'Académie dira : c'est ainsi qu'il faut s'exprimer selon l'Académie; il dirait plutôt suivant l'Académie s'il était d'une opinion opposée. Tout homme doit mourir, selon la loi de la nature; c'est ici une nécessité absolue; un fils doit survivre à son père, suivant le cours ordinaire des choses j il est possible qu'il en soit autrement.
SELONGEY, ville de Erance (Côte-d'Or), ch.-l. de mut., arrond. et à 31 kilom. de Dijon, à 330 kilom. de Paris; pop. aggl., 1,392 hub. — pop. tôt., 1,433 hab. Justice de paix, Commerce de di-oguets, serges, étoffes ; quincaillerie, mégisserie ; troupeaux de mérinos, tanneries. Eoires, les 18 mars, 6 mai 4 juillet, 28 et 29 septembre, 11 novembre, 22 décembre.
Selongey fut autrefois une ville importante. Son enceinte vaste et bien fortifiée avait quatre portes, dont on distingue à peine les ruines. La ville, comprise des l'origine dans le diocèse de Dijon , avait titre de baronnie; les sires de Grancey en demeurèrent maîtres pendant cinq siècles. Vers 1414, Jeanne de Grancey l'apporta en dot à Guillaume de Châteauvillain et, en 1527, la seigneurie, par nouvelles alliances, passa dans d'autres maisons moins connues. La ruine de Selongey s'accomplit du xve au
SELT
xviie siècle. Saccagée d'abord en 1432, brûlée par les Français en 1473, lors de la lutta de Louis XI et de Charles le Téméraire, ia ville fut presque entièrement détruite en 163S par les impériaux. Pour comble de maux, la peste vint la décimer l'année suivante. Selongey ne s'est jamais complètement rele ce de ce désastre.
Le canton de Selongey produit, après le canton de Gevrey et quelques communes du canton O. de Dijon, les meilleurs vins da l'arrondissement de Dijon. Près des sept huitièmes des vignes sont plantés sur des coteaux dont la terre est légère, rouge, pierreuse et repose sur un fond de laves ou de [lierres calcaires.
Le cépage varie selon la nature du terrain; dans les bons endroits, bien exposés, on cultive deux espèces de plants rouges qui sont le franc pineau et le goimi; ce dernier, plus productif que le premier, donne un vin vif, Siins àpretô et de Donna gnrde. Dnns les terrains inférieurs, on plante le gainai, qui produit un vin plat, mais abondant. Les raisins blancs sont : le melon, le menu blanc, cépage peu fertile, mais qui produit un vin léger, agréable et de bonne garde.
Comme la culture de la vigne et la vinification sont, dans ce canton, un peu différentes de celles du reste de la Côte-d'Or, nous devons en dire quelques mots.
On piovigne, on taille, on élague pendant l'hiver; on bine en mai, après quoi on fiche en terre les éehalas ou paisseaux ; on éboiirgeonne. En juin, on donne un troisième labour et un quatrième en août, afin de détruire les mauvaises herbes. On foule dans la cuve les trente premiers paniers de vendange; après quoi on jette les raisins tels qu'ils sortent de la vigne dans cette cuve jusqu'à ce qu'elle en soit remplie.
L égiappage n'a pas lieu. Le travail de la fermentation dans la cuvo varie, suivant la maturité du fruit et la température, de quatre à douze jours.
Les vins de Selongey sont colorés, sans âpretê ni acidité, et se gardent trois ou quatre ans quand ils sont produits par de bon? cépages.
SÉLOT s. m. (sé-lo). Moll. Coquille du genre nérite, qu'on trouve dans les mers du Sénégal.
SELSEA ou SELSEV, village d'Angleterre, comté deSussex,à il kilom. S. de Chichester, sur la Manche, près du cap de son nom, a, l'E. de Portsmouth ; 972 hab. C'était autrefois le siège d'un évèché transféré a Chichester en 1075.
SELTZ (eau de), eau gazeuse acidulée, naturelle ou artificielle.
— Encycl. On pourrait faire remonter l'invention de l'eau de Seltz artificielle à un siècle juste. C'est, en effet, en 1775 que Venel, médecin et chimiste à Montpellier, eut l'idée d'imiter les eaux de Seltz, en mettant dans de l'eau pure des matières qui, en se combinant, produisaient une effervescence analogue à celle qui a lieu dans l'eau de Seltz naturelle. A cette époque, on croyait que la gaz qui s'échappe de cette eau n'était que de 1 air condensé. Ce fut un peu plus tard qua Lavoisier donna la composition chimique da ce gaz. En 1778, Bergman», l'illustre docteur suédois, donnait des eaux minérales naturelles en général des analyses assez complètes et des moyens assez pratiques de les imiter. Il prétendait avoir plus d'une fois rencontré dans les eaux factices plus de ressources thérapeutiques que dans celles de la nature. Il n'eu fallait pas davantage, l'attrait de la nouveauté aidant, pour que les eaux factices trouvassent aussitôt, dans le corps médical tout entier, une grande faveur et devinssent it la mode, a la suite d'un ouvrage sur cette matière que Duehanois lit paraîtra en 1779. Cette fabrication resta coufloca dans les officines des pharmaciens, puisqu'elle comprenait, en même temps que le mélange de l'acide carbonique à l'eau pure, celui de tous les sels à proportions variables qui entrent dans la composition des eaux minérales acidulées, dont l'eau naturelle de Seltz avait fourni le type.
Suivant une loi qui parait être inhérente à l'humanité et qui fait que l'homme procède toujours du compose au simple dans toutes ses inventions, quand on eue fait l'eau minérale gazeuse artificielle, on songea à fabriquer pour l'agrément du consommateur cette boisson tonique et rafraîchissante, éminemment digestive, pouvant se prendre en toute, circonstance, composée uniquement d'eun pure et d'acide carbonique, à l'exclusion de toute autre substance, et à laquelle on conserva assez improprement le nom d'eau de Seltz. C'est de 1825 à 1830 que l'usage de cette eau commença à se répandre dans le public. Plusieurs industriels imaginèrent des appareils de fabrication et installèrent des usines. Mais MM. les pharmaciens, qui voyaient s'envoler cette source de gros bénéfices auxquels ils étaient accoutumés, intentèrent un procès aux fabricants d eau de Seltz, eu lu personne de M. Eèvre, l'un d'eux, sous le prétexte qu'il n'avait pas de diplômu de pharmacien. Celu se passait en 183j.Leur prétention fut repousaee et la liberté Lut neyuiso à cette industrie qui, des lors, commença à entrer dans une ère de pro^peraù et de développement rapide. Eu effet, il n'est
SELT
pas aujourd'hui une ville de 10,000 âmes qui n'ait au moins une fabrique d'eau de Seltz, grâce à la perfection des nouveaux appareils gazogènes.
On ne saurait parvenir à chiffrer le mouvement d'affaires auxquelles donne lieu cette industrie si universellement répandue déjà, dans laquelle les matières premières sont peu de chose et la manutention presque tout. Cependant, dans les premières années, on avait tait quelques relevés de consommation annuelle qui sont instructifs :
1830, eau de Seltz, à Paris, 200,000 litres.
1RS1 — 10,000,000 — Kn 1875, incalculable.
Il n'y a pas, en effet, de restaurants, de « bouillons, ».de cafés, de marchands de vin, d'épiciers, qui chaque -jour ne débitent des siphons d'eau de seltz par douzaines, sans compter ce qui s'en consomme dans les familles.
SELT
Jusqu'en 183", l'eau de Seltz était contenue dans des bouteilles et demi-bouteilles ordinaires, bouchées avec des lièges de choix, chers, par conséquent, et ficelées. Ce mode coûteux était le plus sérieux obstacle au grand développement de cette industrie, et, d'ailleurs, la bouteille entamée perdait rapidement une grande partie de son gaz. Mais. en 1837, l'invention du vase-siphon, due à Savaresse, donna à la fabrication de l'eau de Seitz une impulsion inouïe.
Cet ingénieux appareil, dont l'usage s'est généralisé, parce qu'il est d'une grande simplicité et d'une extrême solidité, est de deux modèles différents, que nous allons décrire.
Un vase, siphoïde à eau de Seltz, ou, pour parler la langue vulgaire, un siphon tout simplement, est une bouteille en verre blanc, épais et résistant, de forme cylindrique "bu ovoïde, dont la capacité est généralement plus grande que celle d'une bouteille ordinaire. Quelquefois les siphons sont enveloppés d'un treillis en canne ou d'un clissage en rotin.
Vase-siphon à ijrawl levier, forme ovoïde.
Vase-siphon à p*tit levier, forme cylindrique.
Vase-siphon il grand levier, forme ovoïde, clisse en rotin.
Le système de bouchage est de deux sortes, et il se trouve renfermé dans l'ajutage fixé au col du vase. On désigne ces deux systèmes sous les noms de bouchage en dessus ou à grand levier et bouchage en dessous ou à petit levier. L'ajutage qui contient l'appareil de bouchage est en étain très-pur (dans les fabriques reeommandables); il présente, à une certaine hauteur, un rétrécissement sur lequel un piston métallique, terminé par une rondelle de caoutchouc sertie, est appuyé fortement par un ressort en spirale qui le surmonte. Un tube de verre fixé à l'ajutage plonge jusqu'au fond du vase. S'agit-il de livrer passage à l'eau gazeuse de l'intérieur, on appuie avec le pouce sur le levier, qui comprime le ressort, et l'eau s'échappe vivement, chassée par la pression de l'acide carbonique en excès qui remplit un petit espace au sommet du flacon. C'est le système du bouchage en dessus. Ce levier à bascule remplace avantageusement une vis qui, dans l'origine de l'invention, servait à appuyer et à soulever le piston. Dans l'autre système, celui à levier court et à bouchage en dessous, c'est en abaissant le piston et non en le soulevant que l'on donne issue au liquide. Ici la pression du gaz de l'eau concourt, en même temps que la tension du ressort, à la fermeture hermétique de l'appareil. Les deux systèmes s'appliquent également aux deux modèles de bouteilles. Quand un siphon a été vidé de son eau, il reste encore plein d'acide carbonique; il est par conséquent dans les meilleures conditions pour recevoir une nouvelle charge d'eau gazeuze. Comme aucun corps étranger ne .peut s'introduire par le canal de sortie, il n'exige que de rares lavages intérieurs. Les siphons sont remplis sous une pression de 12 atmosphères à l'appareil producteur; mais, en réalité, dans les siphons, la pression ne dépasse guère 6 atmosphères. Le volume de gaz dissous est d'environ six fois le volume de l'eau. On fabrique aussi des siphons en verre de couleur, bleu, vert, jaune, rouge; ils servent d'ordinaire aux limonades gazeuses, et même à l'eau de seltz pure, par caprice d'amateur.
Le remplissage des siphons s'exécute trèsfacilement au moyen d'un appareil particulier qu'accompagnent toujours les grands appareils gazogènes dont nous parlerons plus loin. On renverse le siphon et on le maintient fortement appuyé au moyen d'm.e pénale, le bec engagé dans un tuyau qui communique au récipient d'eau gazeuse chargé à 12 atmosphères; on ouvre ensuite le robinet du récipient; l'eau gazeuse est aussitôt refoulée dans le siphon dont on ouvre la soupape ou piston et qu'elle ne remplit qu'en partie, parce qu'il s'y trouve de l'air qui fait obstacle au remplissage complet; on expulse l'excédant d'air au moyen d'un o tour de main » mécanique, ei l'on achève de remplir le vase. Un bouclier en toile métallique protège l'opérateur contre l'explosion que pourrait amener une charge trop brusque dans un vase neuf.
Les bouteilles ordinaires à eau de Seltz s'emplissent par un procédé analogue. La différence consiste en ce que la bouteille conserve sa position 1101111316. Au moyen du levier à pédale, on l'appuie fortement, le goulot contre l'orifice du tuyau du récipient.
Au-dessus de l'appareil se trouve une machine à boucher, dans laquelle un bouchon plus large que le col de la bouteille est engagé. La bouteille une fois remplie d'eau gazeuse se présente aussitôt sous la machine à boucher; un coup de levier enfonce le liège et la bouteille est immédiatement ficelée et capsulée.
Pour les limonades, les procédés sont exactement les mêmes que pour l'eau de Seltz; seulement on ajoute préalablement dans le siphon 120 grammes, dans la bouteille 100 grammes d'un sirop à la convenance, citron, limon, orange, cerise ou groseille.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que de l'eau de Seltz du commerce. L'eau de Seltz artificielle pharmaceutique ou médicamenteuse s'obtient de la manière suivante : pour une bouteille,
er-
Chlorure de calcium 0,33
Chlorure de magnésium .... 0,27
Chlorure de sodium 1,10
Carbonate de soude cristallisé. 0,90 Sulfate de soude cristallisé . . 0,10
Eau gazeuzo simple C50,00
On dissout dans de l'eau distillée les sels de soude et, d'autre part, les sels de calcium et de magnésium; on mélange les solutions et on les charge d'acide carbonique dans l'un des appareils gazogènes que nous allons décrire.
Cette eau saline gazeuse rend à peu près les mêmes services aux malades que les eaux naturelles de Seltz, de Condillac, de Renaisson, de Saint-Galmier, de Schwalheim, de Soultzmatt, etc. La forte proportion d'acide carbonique que renferme cette solution la rend même plus agréable.
Les appareils gazogènes destinés à la préparation de l'eau de Sellz se divisent en deux classes : ceux de fabrication industrielle ut ceux d'usage domestique.
Dans ces derniers, dits appareils de ménage, le gaz ucide carbonique est produit par la réaction de l'acide tartrique sur le bicarbonate de soude dissous dans l'eau. La combinaison chimique qui en résulte donne de l'acide carbonique qui s'échappe et du tartrtue de soude qui reste en dissolution dans l'eau. Primitivement on se contentait d'introduire une certaine quantité de ces deux substances dans une bouteille remplie d'eau, que l'on bouchait aussitôt. Mais le lartrate de soude, sel légèrement purgatif, qui restait dans l'eau gazeuse, présentait des désagréments par suite de l'usage journalier. Cette méthode dut être abandonnée.
L'appareil Lhote offre les mêmes inconvénients. C'est une sorte de cruchon en porcelaine divisé en deux compartiments verticaux, muni de deux tubulures par lesquelles on introduit l'eau et chacun des deux paquets séparément, qui contiennent l'un le bicarbonate de soude, l'autre l'acide tartrique. Un double bec sert à verser simultanément les deux dissolutions qui, en se mélangeant dans le verre, dorment naissance à l'acide carbonique. La condition principale d'un bon appareil de ménage était donc de séparer complètement le résidu de tartrate de soucie de la boisson gazeuse. On en trouve dans le commerce un assez grand nombre qui remplissent assez bien cette condition. Ne pou-
SELT
vant les passer tous en revue, nous ne mentionnerons que celui qui nous a paru approcher le plus du but à atteindre, et qui, d'ailleurs, est le plus ancien. C'est le gazogène Briet, perfectionné par M. Mondollot. Son fonctionnement est des plus simples. L'appareil se compose de deux pièces en verre trèsrésistant, revêtues, pour surcroît de sécurité,
SELT
il3
d'un clissage en rotin. Pour opérer le chargement, on dévisse la carafe supérieure et on enlève le tube de communication qui relie les deux pièces. On remplit d'eau la carafe supérieure que l'on pose sur sa partie plane; on introduit dans le petit récipient inférieur une dose de bicarbonate de soude pulvérisé et une autre dose d'acide tartrique également en poudre; on place alors le tube de communication dans 1 ajutage du récipient ; puis, retournant celui-ci le pied en l'air, on l'ajuste et on le visse sur la carafe pleine d'eau. Alors on fait reprendre à l'appareil sa position normale. L'eau de la carafe s'écoule par le tube dans le récipient, de la quantité juste nécessaire à la réaction qui doit produire l'acide carbonique. Ce gaz, mis en liberté, passe seul dans l'eau de la carafe qui le dissout, et le tartrale de soude formé reste, seul aussi, dans le récipient.
Les doses d'acide tartrique et de bicarbonate de soude diffèrent selon la capacité de l'appareil, qui peut être de une ou deux et jusqu'à six bouteilles. L'appareil le plus courant est celui de deux bouteilles ; les doses pour celui-là sont :
gr.
Acide tartrique 18
Bicarbonate de soude 22
Avec un appareil de deux bouteilles, le prix de revient de l'opération est de 0 fr. 15. Ce système est donc très-réellement économique. On peut, en outre, avec ce genre d'appareil,
produire toutes les eaux gazeuses minéralisées en faisant dissoudre préalablement dans l'eau de la carafe les sels prescrits par le médecin. On peut également fabriquer du vin mousseux en remplaçant l'eau par du vin blanc dans lequel on a fait dissoudre de 30 à 50 grammes de sucre candi pulvérisé.
Les appareils gazogènes industriels sont de deux sortes : appareils où le gaz se comprime lui-même, et appareils où la pression s'exerce au moyen d'une pompe foulante, soit sur le gaz seul, soit sur le gaz et l'eau simultanément. Les premiers sont fondés sur le même principe que les appareils de ménage. Les avantages qu'ils od'rent consistent dans leui simplicité et dans l'exiguïté de la place qu'ils occupent; mais les inconvénients sont beaucoup plus nombreux ; nettoyages, déchargements et rechargements fréquents, perte de de temps considérable et surtout perte de gaz en pression qui remplit le générateur et le saturateur et qu'on peut évaluer à une quantité égale a. celle du gaz utilisé. Ces appareils ne produisent ni vite ni économiquement.
La compression mécanique a pour but de remédier à ces inconvéniens. D'abord on ne l'exerça que sur le gaz seul. Ce fut Gasse, pharmacien à Genève, qui, à la fin du siècle dernier, fut l'inventeur de ce procédé. Plus tard, un mécanicien anglais, Bramah, l'inventeur de la serrure qui porte son nom, imagina de. refouler à la fois, par ta même pompe, dans le récipient saturateur l'eau et le gaz. Ce procédé permettait de remplacer, dans le saturateur, l'eau et le gaz à mesure qu'ils en étaient extraits par le tirage, sans perte de gaz ni de temps. Mais cet appareil avait le tort d'être très-encombratit, compliqué et d'un maniement assez difficile, La description de l'appareil de Gasse et de l'appareil de Bramah n'offrirait aucun intérêt, puisque l'on ne s'en sert plus guère et qu'ils ont été remplacés presque partout par des appareils beaucoup plus perfectionnés. Nous ne parlerons que de l'appareil de M. Mondollot, qui réunit la plus grande somme de progrès faite jusqu'à ce jour dans l'industrie des eaux gazeuses.
Pour la production industrielle de l'eau de Sells, on n'emploie pas le bicarbonate de soude, qui coûte 600 francs les 1,000 kilogrammes, ni l'acide tartrique, qui coûte 5,000 francs; on remplace ces deux substances par la craie, qui ne coûte que 40 francs, et l'acide sulfurique, qui coûte 150 francs les 1,000 kilogrammes. On a employé pendant un certain temps l'acide chlorhydrique; mais on s'est aperçu qu'il contenait trop souvent de l'acide sulfureux et on l'a définitivement abandonné. Dans certains pays, on substitua à la craie le marbre blanc ; mais ce n'est qu'une question de facilité d'approvisionnement.
L'appareil à eau de Sellz dont nous donnons ici le dessin est le système Mondollot fils. L'emplacement qu'il occupe est trèsrestreint. Un appareil à produire 1,200 bouteilles ou siphons par jour mesure im,80 de hauteur et 0m,00 de diamètre, sans compter le volant.
Le corps de l'appareil, en fonte, renferme un ventre en plomb dans lequel la craie, broyée et noyée, en se combinant avec l'acide sulfurique, donne naissance à l'acide carbonique ; c'est le générateur. La tête de l'appareil est une sphère en cuivre rouge doublée intérieurement d'une chemise d'étain; c'est là que se rendent, refoulés par une pompe, l'eau et le gaz en quantité déterminée pour que la saturation s'opère dans les meilleures conditions, aidée par le jeu d'un
moussoir; c'est la saturateur. Le mouvement est donné k l'appareil à bras d'homme ou par une courroie de transmission de machine à vapeur. Ce mouvement, en même temps qu'il fait fonctionner les agitateurs ou moussoirs dans le. saturateur et dans le générateur, détermine et règle la production du gaz par le jeu de la pompe, de la inauière automatique suivante : le générateur , contenant une charge de craie délaj'ée dans l'eau, communique par un tuyau deux fois recourbe
SELV
avec un vase ouvert qui contient de l'acide sutfurique dilué, et par un autre tuyau avec la pompe foulante et aspirante. L'aspiration de la pompe détermine un écoulement de l'acide, lequel produit un dégagement de gaz qui, en équilibrant la pression intérieure, refoule l'acide. A chaque nouvelle aspiration de la pompe, le même jeu se reproduit et la production du gaz reste ainsi toujours régulière. C'est là le côté le plus ingénieux du système. La pompe, en prenant le gaz au sortir d'un laveur double, aspire aussi une certaine quantité d'eau dans un réservoir et refoule gaz et eau dans le saturateur, lequel est surmonté d'un manomètre. Le saturateur communique. par un tuyau avec l'appareil de tirage et bouchage dont nous avons indi-
SELV
que le fonctionnement lorsque nous avons parlé de remplissage des siphons et bouteilles.
Un autre type d'appareil a été construit spécialement pour les pharmaciens et pour les fabricants n'ayant qu'un débit restreint. Il occupe beaucoup moins de place que le précédent et peut s installer facilement dans un laboratoire. Il est basé sur le même principe de distribution automatique de l'acide sulfurique et de la production continue du gaz. Mais l'agent sur lequel on opère ici est le bicarbonate de soude, ce qui a permis de supprimer l'agitateur dans le générateur et le tuba conducteur de l'acide. Cet appareil peut produire 300 bouteilles ou siphons par jour.
Les appareils en usage sont généralement construits sur quatre dimensions et peuvent rendre de 300 à 2,400 bouteilles par jour. Un ouvrier remplit 250 siphons a l'heure, 2,500 par jour. Le prix de vente en gros de l'eau de Seltz est de o fr. 15 le siphon, 0 fr. 10 le demi-siphon, rendus à domicile.
Il y a à Paris environ 200 fabricants d'eau de Seltz; mais, tandis que les uns produisent chaque jour jusqu'à îo.ooo siphons, les autres n'en fabriquent que quelques centaines. Une grande production exige un matériel considérable.
SELTZ, ancien bourg de Franee(Bas-Rhin), ch.-l. de canton, arrond. et à 24 kilom S.-E. de Wissembourg, sur la Seltzbach, cédé a la Prusse par le traité de Francfort (10 mai 1871} et qui fait partie depuis lors de I'Alsace-Lorraine ; 1,829 hab. Moulins à farine, tuilerie, fabrication d'orgues. Commerce de chanvre et de lin. Seltz occupe l'emplacement de l'ancienne ville romaine de Saïetia; elle fut brûlée en 1258 par les Strasbourgeois et en 1694 par les Français. Lors du congrès de Rastadt, il s'y tint des conférences célèbres.
SELTZ, bourg de Prusse, province de Hesse, dans le ci-devant duché de Nassau, à 41 kilom. N. de Mayence, sur l'Kms; 1,160 hab. Célèbres sources minérales gazeuses qui expédient annuellement 2 millions de cruchons d'eau connue sous le nom d'eau de Seltz.
SELTZOGÈNE s. m. (sèl-zo-jè-ne). Appareil au moyen duquel on fait l'eau de Seltz artificielle.
— Adjectiv. : Appareil sultzogène.
SÉLPNE, rivière de France (Manche). Elle se forme dans l'arrondissement de Mortain, près de Barenton, par la réunion de plusieurs ruisseaux, coule à l'O. et se jette dans la Manche à la baie du Mont-Saint-Michel, à l'O. de Ducey, après un cours de 65 kilom.
SELVA, l'ancienne Sylvia Çomtantinimui, ville d'Espagne, province et à 16 kilom. N,-0. de Tarrugone; 4,200 hab. Distilleries d'eaude-vie; moulins à huile. Antiquités romaines.
SELVA, bourg d'Espagne, au centre de l'île de Majorque ; 2,700 hab. Il a un puits de neige célèbre.
SELVAC, roi d'Ecosse en 766. Dès la troisième année de son règne, il fut attaqué de la goutte et fut mis ainsi dans l'impossibilité de diriger d'une main ferme les rênes du gouvernement. Sous son règne, un rebelle, qui prenait le titre de roi des Ebuiles, fut défait et mis à mort. Les troubles fomentés par le fils de ce rebelle furent réprimés avec le même succès.
SELVAGO s. m. (sèl-va-go — mot portugais qui signifie sauvage). Mamm. Un des noms liu pongo, espèce d'ourang-outang.
SELVATICO (Jean-Baptiste), médecin ita-
lien, né dans le Lodesan en 1548, mort à Pavie en 1622. II fit ses études médicales dans cette dernière ville, visita ensuite les principales universités italiennes et vint se fixer à Pavie, où il occupa la chaire de médecine. On connaît de lui : De iis qui morbos simulant deprehendendis (Milan, 1595); Controversix medicx (Francfort, 1601).
SELVE (Jean de), seigneur de Cromières et de Villiers, magistrat et diplomate français, ne dans le Limousin, mort à Paris en 1529. Son père était oflicier au service des comtes de La Marck. D'abord avocat, puis conseiller au parlement de Paris, il devint successivement premier président au parlement de Rouen (1507) et à celui de Bordeaux (1514), L'année suivante, François 1er l'appela dans le Milanais, où il remplit les fonctions de vicechancelier, et, après son retour en France, il fut nommé premier président an parlement de Paris (1521). Lorsque François I«eut été fait prisonnier à Pavie, Jean de Selve fit partie de la commission envoyée à Madrid par Louise de Savoie pour négocier la liberté du roi, et c'est à lui que furent confiées les instructions secrètes. Selve, chargé de haranguer Charles-Quint, prononça un long discours dans lequel il déclara que la France était prête à payer une rançon, mais qu'elle repousserait toute demande sur le domaine de la couronne. A la suite de négociations suivies avec le chancelier Guttinara, la paix fut conclue (u janvier 1526) et de Selve retourna prendre possession de son poste au parlement de Paris. Il mourut avec la réputation d'un habile négociateur et d'un savant magistrat. Ses Négociations, discours et conférences sont à la Bibliothèque nationale. On lui doit la première édition des Mémoires de Commines (Paris, 1523) ; Beaucaire l'accuse de les avoir mutilés sous le prétexte d'y faire des corrections; mais cette assertion a été reconnue inexacte. — Son fils, Georges des Selve, né en 1506, mort en 1541, entra dans les ordres, devint évêque de Lavaur et fut ambassadeur successivement à "Venise, en Angleterre et en Espagne. Outra des statuts synodaux, des instructions pastorales et quelques petits traités qui ont été réunis et publiés a Paris (1559, in-fol.), on lui doit une traduction de huit des Vies des hommes iltusires de Plutarque (1547, in-8»), faite sur l'ordre de François 1er.
SELVES (Jean-Baptiste), jurisconsulte et homme politique français, né à Montauban en 1760, mort en 1823. Il étudia le droit et exerça la profession d'avocat. Elu député au conseil des Cinq-Cents en 1797, mais éliminé au 18 fructidor, il devint juge à la cour criminelle de la Seine, prit part, en cette qualité, au jugement de Moreau et se retira de la magistrature quelques années plus tard. Selves se mit alors à intenter des procès à tout le monde, plaidant lui-même ses
SEMA
causes et inondant le public de mémoires, de factums, d'arrêts, etc. On porte le nombre de ses brochures à, 50 et la somme qu'il a dépensée en frais judiciaires à plus de 400,000 francs. Il eut souvent à subir de la prison et de fortes amendes ; car il ne s'attaquait pas seulement à de simples particuliers, mais a ses hommes d'affaires et aux juges quand il avait le malheur de perdre son procès. Il lui arriva de faire trois procès à un de ses fermiers pour des canards tués, des arbres ou des haies abattues. La mort put seule éteindre son ardeur processive, et encore laissa-t-il une action pendante contre son propre secrétaire.
SELYMBR1E, en latin Selymbria, ville ancienne de la Thrace, sur la Propontide, à l'O. de Byzance, bâtie par des Mégariens sous la conduite de Selys, qui donna son nom à la ville. Sous l'empire grec, elle porta pendant quelque temps le nom d'Eudoxiopolis, en l'honneur d'Eudoxie, femme d'Arcadius. Elle porte de nos jours le nom de Seliviu.
SELYS-LONGCHAMPS (Michel - Edmond, baron de), naturaliste belge, né à Paris en 1813. Il se rendit tout jeune à Liège, fit ses études à l'université de cette ville et s'adonna aux sciences naturelles. Après avoir fait partie delà Chambre des députés belges, le baron Selys-Longchamps est devenu membre du sénat (1835). 11 est membre de la Société royale des sciences et arts de Bruxelles depuis 1846 et de diverses autres sociétés savantes. Indépendamment de mémoires et d'articles insérés dans la Bévue zoologique, le Recueil de l'Académie de Belgique, etc., on lui doit : Catalogue des oiseaux du pays de Liège (1831); Fssai monographique sur tes campagnes de Liège (1836); Tableau des lépidoptères de la Belgique (1837, in-8°); Etudes de micromammologie (1839, in-8°); Tableau des libellulidées d' Europe (1840, in-S»); Faune belge (1842 et suiv.); De la citasse et de la préparation des névroptères (1859), etc.
SEM, ville et commune de France (Ariége), cant. de Vicdessos, arrond. et à 30 kilom. S.-O. de Foix, dans la vallée du même nom ; 452 hab. Mine de fer dans la montagne de Rancié. Aux environs, on voit deux monuments druidiques dits Pierres levées.
SEM, rivière de Russie. V. Seim,
SEM, un des fils de Noé qui, d'après la Genèse et la chronologie orthodoxe, a vécu pendant six cents ans, depuis 2476 av. J.-C. jusqu'en 1877 av. J.-C. Il eut cinq fils : ^Elam, Asour, Arpbaxad, Lud et Aram. Ce fut Sem qui couvrit la nudité de son père endormi et quireçutsa bénédiction. Nous avons raconté toute cette légende à l'article Noé. Nous nous contenterons de rappeler ici que les peuples musulmans de l'Orient admettent comme les chrétiens la généalogie qui fait descendre en ligne directe tous les peuples de Noé, et qu'ils arguent de cette généalogie pour se déclarer les enfants de Sein et pour se considérer comme infiniment supérieurs aux prétendus descendants de Japhet et de Chain, c'est-à-dire aux Européens et aux nègres.
SEMACK s. m. (se-mak). Astron. Un des noms du Bouvier.
SEMAILLE s. f. (se-ma-Ile ; Il mil. — rad. semer). Agric. Semis opéré sur une grande étendue de terre : Plus les semailles sont régulièrement faites, plus les récoltes sont belles et abondantes. (T. de Berneaud.) // est une infinité de cas oh on est forcé de retarder tes semailles. (Bosc.) Dans te midi de la France, la semaille des froments d'automne se fait du 20 septembre au 30 octobre, (M. de Dombasle.) Le mode le plus généralement pratiqué pour répandre les semences est ia skmaillk à la volée. (M. de Dombasle.) Les semailles sont une opération dont un bon agriculteur comprend toute l'importance et à laquelle il apporte tous les soins et toute l'attention convenables. (Morogues.) || Grains semés : Les grandes pluies ont gâté toutes les skmailles. Les oiseaux ont mangé les semailles. (Acad.) il Saison, temps durant lequel on ensemence les terres : Semailles d'automne, semailles du printemps. Pendant les semailles. (Acad.)
— Diplom. Mois des semailles, Nom donné dans quelques chartes au mois d'avril.
— Encycl. Agric. Les semis prennent le nom de semailles quand ils s'appliquent aux plantes, notamment aux céréales, qui font l'objet de la grande cdlture. Cette opération est de la plus haute importance ; car de la manière dont elle est conduite dépend, en majeure partie, le succès de la récolte. En général, on doit faire les semailles le plus tôt possible, afin de donner aux jeunes plantes plus de force pour résister soit aux froids et aux pluies de l'hiver, soit aux chaleurs et aux sécheresses du printemps. Toutefois, il peut se présenter des cas exceptionnels, des sécheresses ou des pluies continues, des inondations, etc., qui forcent à différer les semailles, La nature du sol, sec ou humide, meuble ou compacte, et celle du climat ou de la température moyenne doivent aussi être prises en sérieuse considération.
Quant a la saison dans laquelle on doit semer, chaque plante à cet é-ard a ses exigences spéciales, et l'on peut dire qu'il n'est
SEMA
presque pas de mois dans l'année qui ne soit propre nu semis de quelque espèce; toutefois, on distingue deux époques générales, l'automne et le printemps, qui conviennent aux semailles de la plupart des plantes cultivées. La première de ces époques est préférable; les plantes semées à l'automne donnent en général de meilleurs produits. Mais il peut se présenter des circonstances qui forcent de recourir aux semailles de printemps; par exemple quand, après une récolte de plantes sarclées, on n'a pas eu le temps de préparer le sol pour les semailles d'automne, ou bien quand celles-ci ont été notablement endommagées ou complètement détruites par les gelées ou par d'autres causes, ou bien encore si les jeunes plantes n'étaient pas assez rustiques pour résister aux froids de l'hiver, etc.
De là la distinction des céréales en céréales d'automne ou d'hiver et céréales de printemps; comme celles-ci se sèment ordinairement en mars, on les appelle aussi céréales de mars et quelquefois inarsailles, marsais, marsages, etc. Cette distinction s'applique, outre les céréales, à quelques autres plantes. I Presque tous les genres ont des variétés dans les deux catégories ; on peut dire néan- ! moii s, d'une manière générale, que les froments et les seigles appartiennent surtout aux céréales d'automne, tandis que les inarsailles comprennent les avoines, les orges, . les sarrasins et autres espèces moins importantes, désignées sous le nom do menues graines.
I On doit, autant que possible, choisir pour . les semailles les graines les plus belles, les ! plus grosses, les plus nettes. Il est bon de ■ les renouveler de temps en temps, en les taisant venir d'ailleurs ; mais ce n est pas d'une nécessité absolue. Généralement, les semaitles sont précédées de plusieurs labours. Les graines devant être d'autant plus profondément enfouies qu'elles sont plus grosses, celles des céréales doivent l'être de 0m,01 à oa»,02 au plus. Toutes choses égales , cette profondeur doit être moindre dans les terres fortes ou humides. Parfois on l'augmente, sous le prétexte spécieux de soustraire la semence aux atteintes des animaux nuisibles; mais alors on risque de la voir pourrir dans le sol avant la germination. En général, l'humidité du sol ou de l'atmosphère favorise la réussite du semis ; quand l'un OU l'autre est très-sec , la semaille doit suivre d'aussi près que possible le dernier labour.
Il y a plusieurs manières de répandre la semence ; mais une règle dont il ne faut jamais s'écarter, c'est que cette semence soit régulièrement répartie. Le plus souvent, on sème à la volée ; cette opération n'est pas difficile eu elle-même, mais elle exige, pour être bien exécutée, une certaine dose d'intelligence et de pratique. Le semeur porte attaché à sa ceinture un sac peu profond, appelé semoir, et qui renferme les graines ; il les y puise au fur et à mesure, en marchant à pas comptés, et les répand en faisant décrire à sa main un arc de cercle. Si la graine est très-fine ou doit être semée trcs-clair, on la mélange au préalable avec du sable ou de la terre et on sème le tout ensemble. Qnand le semeur a parcouru la longueur du champ, il revient par une ligne parallèle, d'autant plus éloignée de la première qu'il veut semer plus clair; la distance se mesure aux pas ou par le nombre des sillons. Il importe de choisir un temps calme pour cette sorte de semis, parce que le vent dérangerait la direction imprimée aux graines et rendrait leur répartition inégale.
Les graines fines se sèment, comme on dit, à deux doigts et à jets croisés; voici comment Bosc décrit ce procédé : « Il faut, ditil, prendre la graine par pincée entre le pouce et le doigt du milieu, en étendant l'index, et tendre fortement le poignet en répandant la graine. Lorsque le semeur est arrivé- au bout du champ, il s'écarte d'un pas et forme en revenant un nouveau jet qui croise le premier et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la terre soit semée. Les raves se sèment quelquefois de cette manière. » Enfin, on peut semer en lignes, au plantoir ou au Semoir.
Quelque procédé que l'on adopte, il faut bien tenir compte de la quantité de semence qu'on emploie; il semble, au premier abord, qu'elle ne saurait jamais être trop forte. Mais la pratique et la théorie sont d'accord pour démontrer que dans certains cas les semailles claires produisent une économie de semence et une augmentation de récolte.
SEMAINE s. f. (se-mè-ne — Iat. septimana; de septimus, septième). Période de sept jours rixée par te calendrier : Notre se- MAi.Mi commence le dimanche. L'année est composée de cinquante-deux semaines et un ou deux jours.
— Suite de sept jours consécutifs ; J'ai passé d la campagne une semaine entière. Il y aura jeudi trois semaines qu'il est malade. Il arrivera d'aujourd'hui en trois semaines. (Acad.) Les voyages des chameaux sont de plusieurs semaines et leurs temps d'abstinence durent aussi longtemps que leurs voyages. (Buff.) Une journée d'oisiveté fatigue plus qu'une semaine d'occupations. (Petit-Senn.)
— Durée de certaines fonctions dont on est chargé à son tour pendant une semaine:
SEMA
Etre de semaine. Entrer en semaine. Sortir de semaine. Faire sa semaine. Cet officier ne peut s'absenter, il est de semaine. (Acad.)
— Série de six jours généralement consacrés au travail, du lundi au samedi inclusivement : Quand on a travaillé toute la semaine, il est naturel qu'on se repose le dimanche.
— Travail que des ouvriers font pendant une semaine : Cette réparation serait la semaine de Quatre hommes, (Acad.) il Somme qu'un ouvrier reçoit pour son travail d'une semaine : Cet ouvrier recevra demain sa semaine. // a mangé sa skmaine en un jour. (Acad.) Il Somme que l'on donne par semaine à un enfant pour ses menus plaisirs.
— Mule semaine, Ancien nom des purgations menstruelles des femmes.
— Pop. La semaine des iroisjeudis,des quatre jeudis , Jamais : Il le payera la semaine
DES TROIS JEUDIS. (Acad.)
— Prêter à la petite semaine, Prêter de l'argent dont on fait paver l'intérêt par semaine ou à de courtes échéances. Il Prêteur' à la petite semaine, Celui qui prête à la petite semaine, usurier.
— Liturg. cathol. Semaine sainte ou Grande semaine, Celle qui précède le dimanche do Pâques ; livre qui contient les offices de cette semaine. Il Semaine de la Passion, Celle qui précède la semaine sainte. Il Semaine grasse, Celle qui précède le dimanche gras ou le dimanche avant le carême.
— Hist. Semaine le roi, Semaine pendant laquelle saint Louis fit suspendre toutes les guerres particulières. Il Semaine d'années, Intervalle de sept ans entre deux années sabbatiques, chez les Juifs.
— Encycl. Linguist. et Chronol. Plusieurs indications font présumer que les anciens Aryas ont partagé le mois en deux portions égales, déterminées par les deux moments opposés de la pleine lune et de la lune nouvelle; on remarque, en effet, dans la manière dont les langues aryennes désignent ces deux moments du mois un accord très-général qui ne saurait être fortuit. II est, par contre, fort douteux que les anciens Aryas aient connu la semaine de sept jours, adoptée de temps immémorial par plusieurs peuples de l'Asie occidentale et de l'Afrique. « La durée du mois lunaire, dit à ce sujet le savant M. Pictet, conduisait naturellement à cette subdivision parle nombre sept; mais elle était moins commandée par les apparences visibles des phases que celle du mois en deux portions. Si tous les peuples aryens l'ont adoptée plus tard, on sait, à n'en pas douter, qu'elle leur a été transmise à diverses époques et par des voies diverses. Les Védas n'en font aucune mention; elle était inconnue aux Iraniens.
Les Grecs partageaient leur mois en trois parties, composées chacune de dix jours. Dans la première de ces parties, nommée décade du mois commençant, le premier jour appelé néoniénie (nouvelle lune) et les neuf jours suivants se comptaient dans l'ordre naturel de un à dix; dans la seconde partie, nommée décade du milieu du mois, les neuf
firemiers jours se comptaient de un à neuf et e dixième s'appelait le vingt du mois; dans la troisième partie, nommée décade du mois finissant ou décroissant, les jours se comptaient dans un ordre rétrograde; ainsi, le premier jour de cette décade étuit dit le 10 du mois décroissant, quand le mois était de trente jours, et le 9 quand il n'en avait que vingt-neuf; on allait ainsi par neuf, huit, sept, etc., jusqu'au dernier, appelé ênê kai néa (le vieux et le nouveau), comme pour indiquer qu'il appartenait a deux mois à la fois. Vers le rve siècle de l'ère vulgaire, les Grecs ne partageaient plus leur mois de cette façon, mais en deux parties à peu près égales, dont la seconde ou mois décroissant pouvait s'étendre jusqu'à quinze jours.
Chez les Romains, le mois était composé du premier jour, nommé calende; des nonés, qui se plaçaient tantôt le 5, tantôt le 7 du mois, et des ides, qui tombaient tantôt le 13, tantôt, le 14, tantôt le 15; les jours intercalaires se comptaient d'une façon rétrograde : 4e, 3e jour avant les nones; 8<s, 7°, 6e, etc., jouravantles ides ; 18e, 17e, i6o,etc, jour avant les calendes. L'intervalle des calendes aux nones était d'au plus cinq jours; celui des nones aux ides, de sept jours; celui des ides aux calendes du mois suivant, de quinze à dix-huit jours. On ne voit là aucune idée de la semaine. Il y avait cependant dans le calendrier des Romains quelque chose de beaucoup plus régulier : c'est ce qu'on appelait les nundinales (nundinx , quasi novem dies), jours de marché, qui revenaient tous les neuf jours et qu'on marquait sur le calendrier par des lettres, dont la série, comme celle de nos lettres dominicales, se répétait indéfiniment pour l'année et d'année en année. Cette division novenaire, purement civile, n'avait rien de commun avec notre semaine.
La division septénaire des jours n'était Usitée qu'en Orient, chez quelques peuples ou elle était connue dès les temps les plus reçu? lés, notamment chez les Hébreux, les Chatdéens et les Egyptiens; les Hébreux l'avaient adoptée par un sentiment religieux, en mémoire du septième jour que Dieu, après la création , consacra au repos, d'après la Genèse; les Chaldèens l'adoptèrent par suite
SEMA
d'observations astronomiques; car il est présumable qu'ils ne connaissaient, dans le principe, que le mois lunaire ; les quatre phases que la lune présente en vingt-neuf jours leur auront fait naître l'idée de partager ce mois en quatre sections ou semaines; quant aux Egyptiens, ils ont reçu cette division des Chaldèens. Quelques savants prétendent aussi que l'usage de compter par semaines a régné également chez les anciens Chinois, chez les Indiens, chez les Perses, même chez les peuples du Nord, et, bien plus, qu'on l'a retrouvé chez les Péruviens.
Quoi qu'il en soit, il u'est pas surprenant que les premiers chrétiens, sortis de la nation juive, aient adopté la division hebdomadaire; mais ils durent aussi faire subir à la semaine juive diverses modifications. Les chrétiens furent conduits tout naturellement, d'abord, à supprimer le jour du sabbat comme jour de repos, pour le transporter au lendemain, en mémoire de la résurrection de Jésus, et ce jour s'appela dimanche (dominica dies). A mesure que le christianisme se propagea, la semaine fut adoptée chez les différents peuples convertis. Dans le principe, l'usage fut restreint aux seules assemblées de chrétiens ; ensuite il prit du développement, et les païens eux-mêmes l'adoptèrent dès le ne ou le m' siècle, mais sans y attacher ni obligation du repos ni sanctification. 11 s'affermit surtout lorsque Constantin, s'étant converti au christianisme, prescrivit l'observance du dimanche dans ses Etats. En Occident, la semaine paraît s'être établie plus difficilement qu'en Orient, sans doute parce que le paganisme romain y avait des racines plus profondes. Le calendrier ne fut définitivement divisé par semaines d'une manière légale et officielle que vers le temps où Denis le Petit établit le comput de l'ère vulgaire, sous Justinien, c'est-à-dire au vie siècle.
Quant aux dénominations des jours de la semaine, on peut s'étonner que ces jours, adoptés par le christianisme , portent des noms tirés de la mythologie, tandis que les Juifs né donnaient que des noms numériques aux divisions de la semaine, telles que saobathum, una sabbathi, secimda sabbathi, etc. Les noms mythologiques encore en usage chez nous n'étaient pas connus des premiers chrétiens, qui appelèrent fériés {ferix) les jours de la semaine. Le dimanche s'appelait dies dominica; le lundi, secunda feria; le mardi, tertia feria; le mercredi, quarla, etc.-, dénominations assez singulières, puisque férié signifie au propre jour de fête et nullement jour de travail. Blondel, auteur de l'Histoire du calendrier romain, explique ainsi l'emploi de ce mot : « Les premiers fidèles, dit-il, pour témoigner la joie qu'ils ressentaient dans la célébration de la fête de Pâques, c'est-à-dire de la résurrection, avaient accoutumé de sanctifier la semaine tout entière et de s'abstenir de tout ouvrage servile dans tout ce temps, ce qu'on appelle en latin fer tare. Ils donnèrent pour ce sujet le nom de seconde férié au jour qui suivait lo dimanche, de troisième férié au second, etc.; et c'est de là que les jours de toutes les semaines ont pris improprement le nom de fériés dans la pratique ordinaire de l'Eglise. • Ce n'est que vers le ve et le vie siècle qu'apparaissent chez les chrétiens les noms mythologiques des jours de la semaine : Luirai dies (lundi). Marlis dies (mardi), Mercurii dies (mercredi), Jovis dies (jeudi), Veneris dfes(vendtedi), Suturni dies (samedi). Quant au premier jour (te dimanche), que les païens appelaient Solis dies, le respect qu'ils avaient pour le jour où Jésus-Christ était ressuscité tes détermina à changer ce nom par celui de dies dominica, jour du Seigneur ou dimanche. Toutefois, les Allemands, les Anglais et les Bretons ont conservé à ce jour le nom de jour du Soleil.
— Semaine sainte. Cette semaine est aussi appelée grande semaine, à cause des grands mystères que l'on y célèbre. Il est incontestable que, dès les premiers temps du christianisme, cette semaine a été consacrée à honorer les mystères de la passion, de la mort et de la sépulture de Jésus-Christ, à les retracer aux yeux et à l'esprit des fidèles par des offices et des cérémonies. Dans l'Eglise primitive, on y pratiquait un jeûne plus rigoureux que pendant le reste du carême; on s'y imposait la xérophagiû, c'est-à-dire que l'on ne mangeait que dos aliments secs; on s'abstenait des plaisirs les plus innocents, même du baiser de paix que les fidèles se donnaient à l'église; tout travail était défendu, les tribunaux étaient fermés, on délivrait les prisonniers, on pratiquait des mortifications ; les princes même et les empereurs en donnaient l'exemple.
« Nous appelons ces jours la grande semaine, dit saint Jean Chrysostome, à cause des grandes choses que Jésus-Christ y a faites. 11 a fait cesser la longue tyrannie du démon, il a détruit la mort, lié( le fort armé, enlevé ses dépouilles, effacé le péché, aboli la malédiction ; il a ouvert le paradis et l'entrée du ciel, réuni les hommes aux anges, démoli le mur de séparation, déchiré te voile du sanctuaire; le Dieu de paix l'a rétabli entre le ciel et la terre... C'est pour cela que les fidèles redoublent leur attention ; les uns augmentent leur jeûne , les autres prolongent leurs veilles, multiplient leurs aumônes, s occupent de bonnes œuvres et de pratiques de
SEMA
piété pour témoigner à Dieu leur reconnaissance du grand bienfait qu'il a daigné accorder. »
Setnniiie (LA) OU la Création du monde,
poëme de Du Bartas (1575, in-4°). Cette audacieuse et giguptesque composition, œuvre d'un jeune capitaine gascon au service du roi de Navarre, eut un succès prodigieux, vingt éditions, et fut traduit en latin, en italien, en espagnol, en allemand et en anglais. Ronsard, ému de cette renommée qui s'élevait si fièrement à côté' de la sienne, en eut un moment quelque ombrage. Le cardinal Duperron seul résista à l'entraînement général et osa condamner le style extravagant de Du Bartas. Dans ce poëme prodigieux, le poète s'était proposé de raconter la création, la genèse tout entière et, dinis une seconde partie qu'il a laissée inachevée, la Seconde semaine (1584, in-4o), la suite des âges de l'humanité. Il embrassait d'un vaste regard l'éternité tout entière, et la multitude d'événements qui la remplissent. Jamais on n'avait tenté d'entreprise plus audacieuse ; c'était, plus qu'Homère, plus que Virgile, plus que Dante n'avaient osé, plus que ne devait oser Milton. Il faut du Courage pour lire ce poëme interminable, où abondent les comparaisons tour à tour magnifiques et grotesques, les explications savantes empruntées à la physique de Sénèque et de Pline, les formes antiques du poëme épique remises en honneur par Ronsard. Ou pourrait reprocher à Du Bartas plus encore qu'à Ronsard le faste pédantesque et l'abus de l'imitation trop servile des Grecs et des Latins,
Les deux Semaines du poëme sont divisées chacune en sept jours. Dans chacun des sept jours de la Première semaine, le poëte décrit le chaos, puis raconte la création des astres, des éléments, des plantes, des animaux, de l'homme, et nous montre ensuite l'auteur du monde se reposant dans la contemplation de ces merveilles. On y trouve quelquefois d'assez beaux passages, comme celui-ci, où le poète cherche à nous donner une idée de la toute-puissance divine ; mais il y a bien des vers rocailleux :
Or donc, avant tout temps, matière, forme et lieu, Dieu tout en tout estoit, et tout estoit en Dieu; Incompris, infini, immuable, impassible, Tout esprit, tout lumière, immortel, invisible, Pur, sage, juste et bon. Dieu seul régnoit en paix : Dieu de soy-mesme estoit et l'hoste et le palais.
Le poëte décrit de la façon suivante la fin du déluge et l'apaisement des eaux :
Trois fois cinquante jours le général naufrage Dégasta l'univers; enfin d'un tet ravage L'Immortel s'esmouvant n'eust pas sonné si tost La retraite des eaux, que soudain flot sur flot Elles gaignent au pié; tous les fleuves s'abaissent; La mer rentre en prison, les montagnes renaissent, Les bois monstrent déjà leurs limoneux rameaux Et la campagne croist par le décroist des eaux.
Le plus souvent, le style est prétentieux, chargé d'images, et plutôt grec et latin que français. Du Bartas cherchait à introduire dans la langue les mots composés, si fréquents dans les odes pindariques de Ronsard :
Je te salue, ô terre, ô terre porte-grains, Porte-or, porte-santé, porte-habits, porte-humains, Porte-fruits, porte-tours, aime, belle, immobile, Patiente, diverse, odorante, fertile...
Plus loin, nous retrouvons la trace de l'imitation de Virgile. Du Bartas, comme Virgile, porte envie au sort des laboureurs et s'écrie :
Puissé-je, ô Tout-puissant, inconnu des grands rois,
Mes solitaires ans achever par les bois !
Mon estang soit ma mer, mon bosquet mon Ardcnc,
La Gimone mon Nil, le Sarrapin ma Seine,
Mes chantres et mes luths les mignards oiselets,
Mon cher Bartas mon Louvre, et ma cour mes valets 1
H y a beaucoup de vers pittoresques dans la description trop longue de la naissance des différents animaux. La création de la femme inspire au poëte gâtant un enthousiasme chaleureux :
Vous qui, dans ce tableau, parmi tant de portraits, Du roy des animaux contemplez les beaux traits, çà, çà, tournez un peu et vostre œil et vostre asme. Et, ravis, contemplez les beaux traits de la femme, Sans qui l'homme ici-bas n'est homme qu'à demi : Ce n'est qu'un loup-garou. du soleil ennemi; Qu'un animal sauvage, ombrageux, solitaire, Bizarre, frénétique, à qui rien ne peut plaire Que le seul déplaisir, né pour soy seulement. Privé de cœur, d'esprit, d'amour, de sentiment. Dieu donc, pour ne montrer sa main moins libérale Envers le pale humain qu'envers toutautre masle, Pour le parfait patron d'une sainte amitié, A la moitié d'Adam joint une autre moitié, La prenant de son corps, pourestreindreen toutaage D'un lien plus étroit le sacré mariage.
Dans la Seconde semaine, l'auteur prétendait comprendre en sept journées l'histoire entière de l'humanité -, mais la mort l'empêcha de terminer ce grand ouvrage. Il n'a fait que les quatre premiers jours divisés en seize poëines. Voici le plan de ces quatre journées. Dans la première : 1° Eden , jardin où le Créateur mit l'homme après sa naissance; 2° l'Imposture ou séduction d'Adam et d'Eve par le diable sous la figure du serpent ennemi du genre humain ; 30 les Furies ou misères et calamités arrivées à l'homme par son péché ; 4° les Artifices ou inventions de l'homme après sa chute, découverte des arts. Dans la
SEMA
deuxième journée : 10 l'Arche, histoire de Noé ; 2° Babylone ou essai de construction de la tour de Babel après le déluge; 3° les Colonies ou migrations des hommes après leur dispersion; 4° les Colonnes ou introduction et fondements des sciences et des arts en tous pays. Dans la troisième journée : 1° la Vocation, histoire d'Abraham; 2° les Pères, histoire d'Isaac; 3" la Loi, histoire de Moïse; 4° les Capitaines, histoire des livres de Josué, des juges et de Samuel. Dans la quatrième journée: 10 les Trophées, histoire de David; 20 la Magnificence, histoires de Salomon"; 3° le Schisme des douze tribus; 4° la Décadence. Là s'arrête le poème de Du Bartas. Dans la suite, le poëte devait traiter l'histoire des Juifs jusqu'à Jésus-Christ, puis l'histoire de l'Eglise et du monde jusqu'à la résurrection des morts, qui s'appelle le Sabbat des sabbats. Comme on disait à Gœthe que les Français n'avaient pas de poëme épique, il répondit qu'ils avaient la Semaine de Du Bartas. La postérité a décidé autrement; elle doit du moins avoir de l'estime pour ce prodigieux effort d'un homme de talent.
Semaine d'un nia (la), poëme en patois agenais, de Jasmin (1849). Le sujet est trèssiinple. Alari, pauvre maçon, est malade ; s'il meurt, sa famille est exposée à périr de misère. Jeanne et Abel, ses enfants, prient la vierge Marie de lui rendre la santé :
May de Diou, biernes pietadouzo,
Mando taoun angel cAea nous aau
Et garis nostre pay malaou ;
Nostro may tournara joityouzo
Et noiis-aou dus, biergeto-nmy, T'aymaren se pouden, enqziero, çnquero, may!
« Mère de Dieu, Vierge compatissante, envoie ton ange dans notre maison et guéris notre père malade ; notre mère redeviendra joyeuse, et nous autres, Viergette mère, nous t'aimerons, si nous pouvons, encore, encore plus. »
La sainte Vierge exauce leur prière; Alari retourne à son travail, et son fils Abel entre comme employé chez le percepteur. Mais ses forces trahissent le pauvre maçon , il est obligé de prendre une semaine de repos et le pain manque à la maison. Abel, qui, selon l'expression pittoresque du poëte, sent la force bouillir dans ses petits bras de quinze ans, remplace son père, qui l'ignore. Cette pieuse ruse ne se décèle aux yeux du père que par un coup terrible : la mort d'Abel, qui tombe de la maison à laquelle il travaille, sous les yeux mêmes de son père. Abel a juste le temps de le reconnaître et, en mourant, il ne songe qu'au malheur de n'avoir pu achever sa semaine.
La Semaine d'un fils, on le voit, n'offre pas de bien grandes complications ; peut-être même l'action serait-elle trop peu consistante, si l'intérêt n'était relevé par le sentiment intime qui circule dans le récit, par le charme des détails et par ces traits soudains de sensibilité qui révèlent toujours le poëte. « Le style est, comme toujours, pur, châtié, élégant, harmonieux, pittoresque, peut-être un peu trop francisé, dans cette poésie qui repose le cœur sans l'énerver, dit M. de Mazade , et le conduit d'émotion en émotion au sentiment généreux et libre du devoir humain. >
SEMAINIER, 1ÈRE s. (se-mè-nié, iè-re — rad. semaine). Personne qui est de semaine pour remplir quelque office dans un chapitre ou dans une communauté religieuse.
— s«m. Boite à rasoirs, contenant sept lames et un manche mobile.
— Théâtre. Nom donné , dans certains grands théâtres, aux régisseurs secondaires, parce qu'ils font leur service pendant une semaine.
— Adjectiv. : Adressez-vous au sociétaire
SKMAINIIiR.
— Qui a lieu, qui se fait chaque semaine, par semaine : Des jeunes filles apportaient le fruit siîMAiNiiiR du labeur pour s'éjouir à quelque danse de la patrie. (Chateaub.)
SEMAISON s. f. (se-raè-zon — rad. semer). Action de semer; temps des semailles : Les Pléiades étaient utiles à plusieurs choses, parce qu'elles marquent le temps des semaisons, des récottes et de ta navigation. (Ménage.) H Dispersion naturelle des grains. Il Vieux mot.
SEMAXE s. f. (se-ma-le). Cuve. 11 Vieux mot.
— Navig. Barque hollandaise à fond plat. Il Bateau de pêche en usage sur la mer du
Nord. 11 On dit aussi semaque.
SÉMANOTE s. m. (sé-ma-no-te — du gr.
sema, marque; nàtos, dos), lîntom. 'Genio d'insectes coléoptères tét'ramères, de la famille des longicornes, tribu des cérambycins, dont l'espèce type habite l'Kurope centrale.
SÉMANTIQUE s. f. (sé-man-ti-ke — du gr. sêmantikos , qui a rapport aux signes; de sema, signe). Art milit. Art de mouvoir les troupes à l'aide de signaux.
— Encycl. La sémantique diffère de la céleustique en ce qu'elle parle aux yeux, tandis que cette dernière parle aux oreilles. Les erieurs des milices grecques et le commandement instrumental étaient les interprètes des signaux que faisaient les porte -enseignes des phalanges, ou même elles agissaient à la seule vue de ces signaux et interprétaient les signes convenus à l'avance. Les féciaux, les signifères de la milice romaine, les excita-
SEMB
teurs, les flammes à hampe do la milice byzantine agissaient de même. Suivant les temps, la sémantique et la téléphonie ont été les accessoires de la céleustique ou ont fonctionné à côté d'elle. Ainsi primitivement, quand les armées étaient faibles ou massées, •in drapeau faisait des signaux et les voix en répétaient les injonctions. Quand les enseignes et les flammes à hampe se sont multipliées, c'étaient leurs mouvements qui indiquaient aux troupes trop distantes de leur chef quelles étaient les évolutions à exécuter. Les hérauts de la première et de la seconde race abaissaient à terre la bannière royale qiuind, dans une affaire vive, la personne du monarque était en danger. Ce signal équivalait au cri : o A la rescousse ! » Les signaux de la canne du tambour-major, les signaux ou mouvements d'épée, qui suspendent les batteries ou les annoncent, les sémaphores, la télégraphie militaire sont les moyens de sémantique actuelle. On a beaucoup reproché à l'ait militaire moderne d'avoir renoncé aux ressources et au concours de la sémantique dans les exercices d'infanterie.
SÉMANTRON s. m. (sé-man-tron — du gr.
sèmainô, je donne le signal). Liturg. Instrument de percussion dont les Grecs modernes se servent, au lieu de cloches, dans les | ays où l'usage de ces dernières leur a été interdit par les Turcs.
SEMAO ou S1MAO, lie de l'Océanie, dans la Malaisie, archipel de la Sonde, près de l'extrémité S.-O. de l'Ile de Timor. Elle mesure 35 kilom. du N. au S., sur 15 de l'K. à 10. Sol peu élevé et couvert de bois et de plantations de maïs. Le détroit qui sépare cette lie de Timor est peu large, mais profond et offre un abri sûr aux navires contre les moussons de l'ouest.
SÉMAPHORE s. m. (sé-ma-fo-re — du gr.
sema, signe ; phoros, qui porte). Sorte de télégraphe aérien, établi sur la côte poursignaler les navires en vue et correspondre avec eux.
— s. f. Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuélides, comprenant trois espèces, qui habitent l'Europe.
SÉMAPH0R1QUE adj. (sé-ma-fo-ri-ke — rad. sémaphore). Mar. Qui a rapport au sémaphore : Signaux sémaphoriques.
SEMAQUE s. f. (se-ma-ke). Navig. V. SE-