SAFRE
— s. m. Chim. Oxyde bleu de cobalt.
— Miner. Sorte d'argile siliceuse, qu'on trouve en Provence.
SAFREMENT adv. (sa-fre-maa — rad, sa-
SAGA
fre). D'une manière safre, goulûment : Manger SAFREMENT.
SAF-SAF, rivière d'Algérie, province de Constantine, formée par les eaux de deux sources qui descendent les unes des montagnes du Zerdeza et les autres de la chaîne du Kantoun. Cette rivière prend successivement les noms d'Oued-en-Nsa (la rivière des femmes) au village de Toumiet, d'Oued-el- Arouez au village de ce nom ; à quelque distance de Philippeville, avant de se jeter dans le golfe de Stora. elle prend le nom de Suf- Saf.
SAG, ville et port de commerce des Etals- Unis d'Amérique, dans l'Etat et à 130 kilom. N.-E. de New-York,- sur une petite baie; 3,600 hab. Pêcherie; commerce de cabotage.
SAGA s. f. (sa-ga. — On a donné de ce mot différentes étymologies contradictoires. Des auteurs font dériver le mot saga de l'islandais sagg, humidité, ou d'un autre terme s'appliquant aux vases destinés à contenir la bière et servant peut-être à des pratiques d'hygromancie. Mais nous préférons de beaucoup l'opinion qui consiste à voir dans le terme saga un radical commun à tous les idiomes du Nord et offrant dans chacun d'eux, sous des formes différentes, une signification à peu près constante : sagen, dire en haut allemand, saêgan en anglo-saxon, saêga en gothique, en islandais même ek sagui. Nous ferons également remarquer le rapport frappant qui existe entre saga et le latin sagax). Tradition historique ou mythologique des Scandinaves.
— Nom donné aux sorcières par les Romains.
— s. m. Entom. Genre d'insectes orthoptères, de la famille des locustiens, dont l'espèce type habite le midi de la France.
— Crust. Genre de crustacés décapodes macroures.
— Encycl. Les sagas ne sont pas des poëmes, mais des récits en prose autrefois déclamés par les scaldes ou bardes attachés à la cour des rois Scandinaves, transmis d'abord par la tradition orale et qui n'ont été écrits qu'à partir du xne ou du xme siècle. La plupart des sagas concernent la vie des héros et des rois ; quelques-unes ont pu être composées par les héros eux-mêmes, célébrant leurs propres exploits ; leur ensemble constitue , avec les poésies et les ouvrages de législation, l'ancienne littérature de l'Islande, du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Ce sont des monuments précieux pour l'histoire des contrées septentrionales ; on a cependant reproché avec raison à la critique moderne d'avoir donné une importance historique trop considérable à des récits qui sont en grande partie purement légendaires, mais qui n'en offrent pas moins des peintures souvent pleines de vigueur des mœurs barbares. Aucune nation moderne n'offre de monuments en prose d'une aussi lointaine antiquité. « Tous les peuples, dit M. Xavier Marinier, ont eu leur cycle particulier, leurs traditions nationales enfantées par une grande époque et se groupant autour d'un grand nom. Ici on trouve le Romancero, ailleurs la légende, la ballade, l'épopée du trouvère ; mais dans aucun pays on ne trouverait une série d'histoires populaires comparables aux sagas islandaises. Nulle part, le génie conteur de la foule ne s'est montré aussi fécond; nulle part, l'histoire, la poésie n'ont été comme ici l'oeuvre des masses, et nulle part elles n'ont eu un aussi grand caractère de fixité et une vogue aussi prolongée. Et, chose remarquable , nous avons de la peine à comprendre les romans de la Table ronde ou tout autre ; l'étudiant anglais n'arrive pas sans effort k se familiariser avec le style et l'orthogra-. phe de Chaucer; et, pour les rendre accessibles k la foule, les savants allemands traduisent en langue moderne l'épopée des JYibelwtgen et le Parcival de Wolfram d'Eschenbach. Mais aujourd'hui, le plus pauvre paysan islandais lit, sans le secours d'aucun interprète, les livres de ses pères et les transmet à ses enfants, qui les relisent avec le même charme. » C'est surtout en Islande qu'il faut chercher k étudier les sagas; c'est la qu'allèrent se fixer les traditions du monde Scandinave. Tandis que la Norvège et le Danemark se modifiaient au contact des autres nations, la pauvre lie d'Islande séparée du inonde restait toujours la même dans son obscurité et sa faiblesse et conservait avec Son caractère primitif les antiques traditions. L'autel d'Odin avait depuis longtemps été brisé et remplacé par la croix du christianisme, que le paganisme du Nord et les vieilles mœurs se reflétaient encore en Islande.
Les sagas ne sont pas de simples traditions locales; elles embrassaient 1 histoire, la religion et les coutumes de tout le Nord. C'est ce qui a fait dire à Rask : n Que saurionsnous sur le développement intellectuel, l'organisation, l'état du Nord dans les temps anciens, sans le secours des sagas et des livres de lois? Partout où ces ouvrages ne nous prêtent pas leur lumière, nous marchons dans les ténèbres. Et c'est ainsi que l'histoire de la réunion des diverses principautés du Danemark sous le règne de Gorrh et beaucoup d'autres graves événements sont entourés pour nous d'une éternelle obscurité. ■ C'est aux sagas qu'il faut s'adresser pour connaître l'histoire primitive des Angles et des Nor-
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mands et de toutes ces tribus de pirates qui, au moyen âge, envahirent l'Europe entière ; l'histoire de Robert Guiscard, qui s'avança dans les contrées méridionales et conquit une grande partie de la péninsule italique; l'histoire de Rurik et do ses compagnons, qui allèrent fonder un royaume en Russie. Pour tout ce qui regarde les commencements des peu-
fles du Nord, il nVst pas de documents dont importance soit plus grande.
Si \es sagas offrentdes renseignements pour l'étude des faits, on y trouve encore avec plus do certitude le tableau des mœurs et des coutumes. Nous n'y voyous guère les hommes occupés d'amour, ni les femmes livrées nux doux sentiments. C'est :iux peuples du Midi qu'il faut laisser le roman de lu passion amoureuse et les grâces de la galanterie. Dans les pays du Nord, sous le ciel gris et chargé de nuages, parmi les brumes et les neiges, nous rencontrerons d'autres passions et des caractères plus énergiques. Les hommes sont des pirates, mais des pirates avides de combats, plus fiers des blessures données ou reçues que des trésors conquis. Les héros ont huit mains, comme les dieux de l'Inde, et frappent à la fois huit coups d'épée. Ils sont si grands et si robustes qu'un cheval ne peut les porter; ils ont presque tous un bouclier magique fabriqué par les nains et une épée qui coupe l'acier comme de la toile. Leur grande ambition est de mourir dans un combat. Les enseignements de la religion Scandinave leur ont appris à ne pas craindre la mort, à la souhaiter même, à la trouver belle pourvu qu'elle ne soit pas causée par la maladie. Mourir de maladie est pour ces hommes de guerre la plus triste des fins, la plus affreuse des peines. Odin, devenu vieux, ne s'est-il pas tué lui-même en se perçant de sa lance T La saga de Gautrek raconte qu'il y avait en Norvège un rocher du haut duquel se précipitaient les vieillards, dans l'intention d'échapper aux infirmités de l'âge. Le premier de tous les devoirs était de ne jamais fuir devant un ennemi, même quand on était menacé d'une mort certaine. Ainsi, Asmundr est parvenu, après une longue lutte, à dompter Egil. Il le jette par terre et le tient d une main robuste sous son genou. « Je ne puis te tuer, lui dit-il, car je n'ui pas mon épée; veux-tu me promettre de m'attendre et j'irai la chercher. — Je te le promets, dit Egil. . Asmundr court chercher son épée et retrouve son adversaire étendu par terre et attendunt paisiblement la mort. Après avoir mené pendant de longues années leur vie d'aventures, les héros des sagas rentrent dans leurs foyers et élèvent leurs fils de telle sorte que ceux-ci recherchent les mêmes périls et ambitionnent la même gloire. Puis le souvenir de leur vie et de leurs exploits subsiste après leur trépas ; de toutes parts on célèbre leur nom. L'Islandais qui se rend à l'Althing dit a ses voisins : « Montrez-moi donc cet homme dont le nom est si célèbre dans les sagas. »
Le caractère des femmes lutte de hardiesse et d'opiniâtreté avec celui des hommes. Souvent elles encouragent leurs frères au combat. Si elles se trouvent privées du secours des guerriers, si elles se voient obligées de combattre seules, aucune crainte ne les arrête; elles vont résolument saisir le glaive suspendu à la muraille, et, cachant leurs vêtements de femme sous la cuirasse, leurs longs cheveux sous le casque d'acier, elles marchent fièrement à l'ennemi. On trouve dans la Bervara saga l'histoire d'une jeune fille qui, possédée du désir de venger son père, va frapper k la porte de sou tombeau et lui demander cette épée qui fut si redoutable dans les mêlées sanglantes. Lo père sort, à sa voix, du profond sommeil de la mort; il se soulève hors de son cercueil et tend à sa fille l'arme qu'il gardait k son côté, mais qui va reparaître à la lumière pour accomplir l'œuvre de la vengeance. L héroïne emporte l'épte, va braver ses ennemis, les combat courageusement et revient victorieuse.
On trouve cependant quelquefois dans les sagas, au milieu des rudes descriptions de la vie aventureuse, au milieu des scènes de sang et de carnage, quelques rares accents de tendresse et de mélancolie. II règne, par exemple, un sentiment d'émotion pénétrante dans le récit de la mort de Hialmar. Ce jeune héros vient de tomber sur le champ de bataille. Il ne regrette pas la vie, il n'exhala pus un soupir; mais, tirant un anneau de son doigt, il le remet à Oddr,son compagnon fîdelo dans toutes ses aventures, dans tous ses voyages, dans tous ses combats, et il le prie de le porter à sa bien-aimée. Uddr reçoit l'anneau et se hâte d'aller remplir son triste message. Il arrive à la demeure d Ingeborg, la fiancée d'Hialmar ; il s'avance auprès d'elle et lui remet le dernier présent du guerrier qui l'aimait. La malheureuse jeune fille regarde l'anneau, ne prononce pas une parole et tombe morte. Mais le plus souvent on ne trouve dans les sagas que des tableaux de mœurs grossières, yjand les hommes de guerre ne sont pas occupés a combattre, ils passent le temps h boire. On les voit tenant en main la large corne pleine de bière ou d'hydromel, se portant mutuellement le défi de boire k outrance et chantant leurs exploits jusqu'au moment où ils tombent accables par 1 ivresse. Ailleurs, le tableau devient barbare et hideux. Le meurtre rougit les mains, l'incendie dévore les habitations. Dans les lois du Thing
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l'amen Jo est en effet la seule réparation que l'on puisse exiger des crimes. Tandis que le pirate Scandinave court les mers, sa maison est souiiléo par l'adultère et par l'inceste. Les princes ont, nour servir leurs vengeances et vider leurs querelles-, des espèces de bravi qu'ils entretiennent à leur cour. Ces hommes, nommés berserkirs, sont audacieux, terribles, habiles h manier le poignard et à lancer le javelot, se jouant de la vie des autres connue de la leur propre. Les guerriers Scandinaves, pleins de la fierté que donne l'indépendance, n'ont pour les berserkirs que haine et mépris. En toute occasion ils les attaquent, les poursuivent et les combattent sans merci. Dans une de ces rencontres, il est dit que la terre ébranlée par les grands coups d'épée portés de part et d'autre « tremblait comme si elle eût été suspendue à un lil, >
Il faut encore remarquer dans les sagas le caractère superstitieux et surnaturel qui y domine. Les héros de ces récits croient aux rêves, aux apparitions, aux prédictions, à la magie. Des arcs et des boucliers merveilleux sont fabriqués par des nains. Une fée donne à Oddr une armure qui le met à l'abri du fer, du feu et de l'eau. Dans la Fœreajinga saga, on voit Thraudr, pour reconnaître les meurtriers de Sigismund et de ses deux compagnons, allumer un grand feu et faire apparaître successivement les cadavres des trois victimes. Dans une autre, une femme change en ours l'homme qui n'a pas voulu répondre à son amour.
Les conteurs de sagas, de même que nos trouvères et nos ménestrels, voyageaient de contrée en contrée. Ils s'arrêtaient dans les salles du jarl, sous les tentes des hommes de guerre, pour redire les traditions qu'ils savaient et en recueillir.' de nouvelles. On les recevait toujours avec empressement. La cour du jarl se rassemblait autour d'eux poulies entendre, et le jarl leur donnait en présent l'anneau d'or ou le glaive ciselé. Le nombre de faits et de chroniques qu'ils avaient amassés dans leurs pérégrinations était quelquefois très -considérable. Torfœus raconte qu'un de ces historiens ambulants, nommé Thorstein, vint trouver le roi Harald de Norvège et lui raconta une tradition dont le récit dura trois jours. « Où as-tu donc appris cette histoire, demanda le roi ? — Dans mon pays, répondicThorstein j je vais chaque année a 1 Altliing, et je recueille les récits de notre célèbre Haldor. •
Suivant la plupart des érudits, c'est au xiu° siècle que l'on commença à écrire les sagas, jusqu'alors transmises seulement de bouche en bouche ; mais l'évêque danois Millier, qui a beaucoup contribué, par sa Bibliothèque des sagas (Copenhague, 1817-1820, 3 vol.), à faire connaître ce genre d'écrits, croit pouvoir reporter au XH<s siècle les premières sagas écrites. 11 y en a un grand nombre du xivis siècle; d'autres datent des siècles suivants, quelques-unes même du xvno. Torfeeus en a compté cent quatre-vingt-sept; Millier en a analysé cent cinquante-six. On les a classées tantôt par ordre alphabétique, tantôt d'après les diverses époques où l'on présume qu'elles ont été écrites, tan tôt d'après la position géographique des lieux où se sont passes les faits qu'elles racontent. Les plus anciennes sont la traduction en prose des chants des scaldes, qui se perpétuèrent oralement à partir du ix.e siècle. Stiorri-Sturleson, le fameux historien islandais qui écrivit dans la première partie du xiiie siècle, s'est lui-même servi de ces chants. Son Heimskringla, chronique étendue des rois véritables ou fabuleux de la Norvège, est précédée de l'Ynglinga saga ou Saga des ynglingest c'est-à-dire des premiers rois de Suéde, ancêtres de Harald, premier roi de Norvège. L' Heimskringla, que l'on a comparée à l'histoire d'Hérodote, contient de nombreux fragments empruntés aux chants des scaldes. On trouve aussi des traces évidentes de la poésie des scaldes dans le Knytlinga, dans l'Orkiieyinga et dans la Kormaks saga. Quelquefois les passages tirés des poiites primitifs servent à déterminer une date ou un fait.
Vers le xve siècle, par une révolutton du goût littéraire, les écrivains islandais abandonnèrent les traditions nationales et se mirent à traduire ou à imiter les romans de chevalerie des nations étrangères. Ou récita à la veillée les aventures de Oliarlemague et celles de la Table ronde. 11 résulta de cette importation une nouvelle espèce de sagas, une série de contes singuliers et bizarres, ou quelques noms de guerriers islandais, quelques faits réels se mêlèrent k beaucoup u'autres noms venus du dehors et à des faits imaginaires. « Ici le héros, dit uu critique, s'appelle Marsebille, Azius ou Estroval; il est tendre et galant; il ne se bat plus avec la hache sur mur, comme dans les temps anciens ; il joute contre les chevaliers. Les événements se passent encore en Islande;' mais souvent aussi l'auteur transporte ses personnages dans l'Inde, dans la Tartane et dans toutes ces contrées fabuleuses ou s'égara l'imagination féconde des romanciers du moyeu âge. Ces œuvres d'imitation n'ont aucune valeur historique ; mais elles font époque dans la littérature islandaise et, sous ce rapport, méritent au moins d'être notées. • MUller a nettement montré l'infériorité de ces fausses sagas dans son ouvrage sur l'Origine et la décadence de l'historiographie islandaise (1813}. Nous les laisserons donc de
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côté pour nous en tenir aux véritables sagas. La plupart de celles-ci ont tout à fait le caractère héroïque et, sous ce rapport, peuvent être mises à côté des ballades anglaises, dfis chants de guerre suédois ou danois, du Heldenbuch et du poëme anglo-saxon de Beowulf. Quelques--unes, telles que la Kristni, VEyrbyggia, la Hungnrvukq, la Niai, la Sturlunga saga, peuvent être regardées commedes documents authentiques. La Sturlunga saga est une histoire toute nationale, l'histoire de cette fière aristocratie qui étendit sa domination sur l'île entière de l'Islande, de ces trois puissantes familles des Stui les que l'ambition divisa et qui désolèrent le pays par leurs longues guerres. C'est une tradition vraie, racontes sans prétention, dépeignimt le pays, les personnages, l'époque, et représentant d'un côté le règne de 1 oligarchie islandaise, de l'autre la lin de la république. La Niai saga est la plus curieuse de toutes, sous le rapport -des mœurs, des caractères, de la législation et des faits. Il y a d'autres sagas qui sont des récits poétiques, d'où toulel'ois la vérité n'est pas absente. Telles sont les sagas de Kormak et A'Egil, la Gunnlaugi saga et la Frithjofs saga, d'où Tegner a tiré un gracieux poëme. Une troisième variété comprend celles qui- mêlent à des faits authentiques des faits imaginaires et aux noms réels des noms controuvés. Elles furent écrites dans le but de produire des œuvres agréables et non des oeuvres dignes de foi.
On a divisé aussi les sagas en sagas historiques et en sagas légendaires. Les sagas historiques ont été divisées en plusieurs variétés : celles qui traitent de l'histoire de Norvège, comme les sagas à'Olaf, fils de Tryggue, et de saint Olaf; celles qui ont rapport à l'Islande, comme les sagas de Sturlunga, de Laxdaela, à'Eyrbiggia, de Viga, de Glum, etc.; celles qui appartiennent à l'histoire du Danemark, comme la Knytlniga saga et la Jomsviking saga; à l'histoire do Suède, comme VIngvars saga; à l'histoire de Russie, comme VEymunds saga; celles qui tiennent aux pays et ans îles qui reçurent leur population de l'Islande, les îles Feroëet les Orcades. On divise les sagas légendaires eu deux catégories : celles dont les légendes sont communes aux populations germains^, par exemple la Vœlsunga saga, la Norna saga; celles dont les légendes sont vraiment Scandinaves, par exemple la Frithjofs saga.
Le style de ces vieilles compositions est, en général, simple, dénué d'ornements, souvent fort uniforme, mais ferme et abondant. » L'auteur, dit M. Marmier, ignore l'art de séduire par des préliminaires attrayants et des tours de phrase ingénieux ; il dit ce qu'il sait et comme il le sait; il commence son histoire comme nous commençons nos contes : « Il y avait, » etc. Puis le voilà parti, et il va, sans changer d'allure, de bataille en bataille et d'événement en événement. Souvent il se croit obligé de retracer toute la généalogie de ses héros et la mène aussi loin que possible. Souvent encore il fait marcher de front l'histoire de cinq à six personnages différents et, quand il a assez de l'un d'eux, il dit tout simplement: «Celui-ci est désormais « hors de la saga; » et, dès ce moment, le lecteur n'en entend plus parler. 11 aime la forme du dialogue et il l'emploie avec habileté, quoiqu'il ne s'applique pas à la rendre aussi vive, aussi dramatique qu'elle pourrait l'être. Du reste, il a un admirable sang-froid et une merveilleuse modestie d'historien. Il raconte sans s'émouvoir et sans se permettre une seule digression. Les actions héroïques s'enchaînent l'une à l'autre; les faits les plus étranges se succèdent, et il continue tranquillement son récit... 11 dépeint avec un soin minutieux les personnages qu'il met en scène... Il trouve parfois, sans les chercher, de magnifiques comparaisons et des images grandioses. Le calme avec lequel il raconte les scènes tragiques leur donne un caractère plus solennel, et la simplicité de ses paroles fait ressortir davantage encore les actions d'éclat dont il rappelle le souvenir. »
On se ferait difficilement une idée du prix que les Scandinaves attachaient, autrefois aux sagas. On en représentait les sujets par la peinture sur les murailles des maisons; on les brodait sur les tapisseries ; on les gravait sur le bois et sur l'acier. C'est surtout en Islande qu'existe le culte des sagas et do leurs héros. Leur importance fut d'abord révélée au inonde des érudits par Olaiis Vonuius (Ole Worm),dai)s son livre sur les runes, puis par Torfœus, Bartholin , Shuin et Geyer. Mais celui qui les propagea le plus, de même que les poésies islandaises, fut Arne Magnussen. Vinrent ensuite Nyerup, Grundtvig, Fr. Magnussen, Rask et surtout Millier dans les deux ouvrages que nous avons cités plus haut. Ceux qui voudraient remonter aux sources pour l'étude dessalas consulteront avec fruit, outre les livres des auteurs précédents, l'Histoire littéraire de l'is lande, par Hall'dan Einardsôn (1786); V Essai sur ta littérature islandaise, par Lindfors (1824) ; l'Histoire de la littérature islandaise, pur Sehlozer. Ceux qui ne peuvent consulter tous ces ouvrages allemands, danois, islandais ou norvégiens trouveront des renseignements très-détuiJJés dans les divers ouvrages de M. Xavier Marinier sur l'Islande et lu littérature islandaise.
La Bibliothèque nationale possède la collection la plus complète de sagas qui soit en Europe.
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SAGACE adj. (sa-ga-se — lat. sagax; de sagire, avoir les sens subtils). Qui a de la sagacité, de la pénétration d'esprit : Homme sagace. Esprit sagace. Alnrlboroirgli était l'ambitieux te plus fin, le plus énergique et le plus sagace que l'Angleterre ait produit. (B. de S.-P.)
SAGACEMENT adv. (sa-ga-se-man — rad, sagace). D'une manière sagace : Scruter sagacement une question.
SAGACITÉ s. f. (sa-ga-si-té — lat. sagacitas; de sagax, sagace). Pénétration d'esprit; aptitude à saisir, à comprendre, à deviner sur des indices : Il a fallu beaucoup de sagacité pour prévoir ce résultat. (Acnd.) C'est souvent chez les artisans qu'il faut aller chercher les preuves les plus admirables de la sagacité de l'esprit. (D'Alemb.) La sagacité est dans le tact de l'esprit , commenta délicatesse est dans le tact de l'âme. (Marraontel.) Le goût est un discernement prompt, vif et délicat, qui liait de la sagacité et de la sagesse de l'esprit. (Duelos.) La différence de In sagacité à la pénétration, c'est que la pénétration va loin et que la sagacité démêle avec justesse. (Mra» Necker.)
— Syn. Sagsacilé , pénétration, perspicacité. V. PÉNÉTRATION.
SAGALASSUS, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Pisidie. Elle fut brûlée par Alexandre le Grand. Dans le lieu appelé aujourd'hui Boudroun, on voit les ruines immenses de cette antique cité; les débris les plus remarquables sont ceux de huit temples, d'un théâtre et de trois grands édifices avec colonnes.
SAGAMITÉ s, f. (sa-ga-mi-té). Mets des peuplades de l'Amérique septentrionale, qui consiste en une espèce de bouillie de muïs, dans laquelle on faiteuire de la viande.
SAGAN s. m. (sa-gan). Hist. relig. Vicaire du grand prêtre des Juifs.
SAGAN, ville de Prusse, province de Silésie, régence et à 79 kilom. N.-O. de Liegnitz, ch.-l. du cercle de son nom, sur le Bober ; 5,000 hab. Gymnase catholique; école évangélique. Beau château, avec bibliothèque et collection d'objet3 d'art. Fabrication de toiles, draps; papeterie; martinet à cuivre; raouiins à tan et à foulon. Victoire des Russes sur les Prussiens en 1759. Autrefois, ch.-l. d'une principauté médiatisée en 1802.
SAGAPÉNUM s. m. (sa-ga-pé-nomin). Sorte de gomme- résine, produite par une ombellifère du genre férule qui croît en Orient : Les Arabes -rangent le sagapénum parmi les remèdes purgatifs. (V. de Bomare.)
— Encycl. Le sagapénttm a de l'analogie, par son odeur, avec l'assa-fcetida et vient, comme elle , de la Perse. Le sagapénum est ordinairement en masse, rarement en larmes ; il est mou, demi-transparent, mêlé d'impuretés et de semences brisées. Il ressemble assez au galbanum mou, dont il diifère cependant par sa couleur plus foncée et surtout par sa saveur et son odeur, qui se rapprochent davantage de l'assa fœtida. Il ne se colore pas en rouge k la lumière comme cette dernière. Il s'enflamme facilement et brûle avec excès de charbon. La matière résineuse prédomine sur la gomme. L'essence qu'il fournit à la distillation est analogue h celle des autres gommes-résines d'ombeilifères. Il entre dans la thériaque, dans le diachylon gommé, etc. Il portait autrefois les noms de gomme séraphique, de sacoponium, de sérapinum. Le sagapénum est un médicament antispasmodique.
SAGAPIN s. m. (sa-ga-pain). Syn. de sagapénum.
SAGAR (Jeau-Baptiste-Melchior), médecin allemand, né à Poelland (Ukraine) en 1702, mort en 1782. Il devint médecin pensionné du cercle d'Iglay, dans la Moravie. Sagar s'appliqua avec beaucoup de soin à l'étude des épizooties et publia sur ce sujet plusieurs opuscules intéressants. Toutefois, il est surtout connu comme auteur d'un système nosologique, dans lequel il ne fait guère que suivre celui de Sauvages, en multipliant encore davantage les genres de maladies. Parmi les écrits de Sagar, nous signalerons : De salicaria (Vienne, 1762, in-4") ; Libellus de morbo singuluri oviutn anno 1785(1765, in-4°); Systema rnorborum symptomaticurum secundum classes, ordines et gênera, cum ckaracteribus (Vienne, 1771, in-8°); De variolii fglauiensibus anno 176C (Leipzig, 1773, in-8°); Historia morbi epidemici in circula Iglavienai et adjacentibus Bohemim playis observali f annis 1771 et 1772 (Leipzig, 1773, in-8°), etc.
SAGARA, roi de la mythologie indienne qui donne son nom à la nier Sagara. Ayant dessoin de faire un aswamedha ou sacrifice d'un cheval, il avait, suivant le rit essentiel à cette espèce de sacrilice, mis en liberté son coursier qui fut enlevé par les serpents du Pàtâla. Le roi envoya 60,000 fils qu'il avait eus de sa femme Souiuati pour reprendre le cheval. Ces guerriers furent victimes de leur zèle. Après avoir pénétré dans les régions souterraines, ils virent le cheval qui paissait auprès du sage Kapila, incarnation de Vichnou. Les fils de Sagara l'accusèrent d'avoir volé le cheval, et Kapila, irrité, les réduisit en cendres d'un souffle de ses narines. Ansoumàii, (ils d'Asamaudja et petit-fils de Sagara par son autre femme Kesini, découvrit
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les restes de ses oncles et apprit de Garouda que ces restes devaient être purifiés par les eaux du Gange pour que les victimes fussent admises dans le ciel. Ni Sagara ni ses successeurs Ansoumân et Dîllpa ne réussirent à faire descendre le Gange. Ce miracle était réservé au fils et successeur de Dîllpa, à Bhagîiatha, qui, par ses austérités, fléchit successivement Brahmâ, Oumâ et Siva. A leur injonction, le Gange fut forcé de couler sur la terre en suivant Bhagîratha jusqu'à la mer et ensuite au l'âtâla, où les cendres de ses ancêtres furent lavées par les eaux. De là, le Gange fut nommé Bhagîrathi et la mer Sagara, eu mémoire de Sagara et de ses fils. SAGARD-THÉODAT (Gabriel), missionnaire français , qui vivait au xvne siècle. Entré chez les rècollets, il s'embarqua en 1624 pour aller prêcher l'Evangile dans le pays des Hurons. .Deux uns après, il revint en France et publia la relation de son voyage dans deux ouvrages : le Grand voyage du pays des livrons (Paris, 1632, in-12) et Histoire du Canada et voyage des frères récollels (Paris, 1636, in-ia). Ces deux volumes sont fort recherchés et se payent un prix très-élevé. Bien que Sagard fut d'une excessive crédulité et qu'il manquât absolument d'instruction solide et d'esprit critique, on trouve dans ses ouvrages des détails intéressants sur les inœnr3 des sauvages au milieu desquels il vécut.
SAGARIDE s. f. (sa-ga-ri-de). Antiq. Sorte de hache à deux tranchants, en usage chez les anciens Perses , les Massagètes et les Amazones.
SAGASTA (Praxedes-Mateo), homme d'Etat espagnol, né dans la Vieille-Castille en 1833. Il lit ses études à Madrid, prit une part active au soulèvement qui eut lieu à Madrid en juillet 1S56, puis devint ingénieur dus ponts et chaussées et professeur. Rédacteur, puis directeur de la Èeria, organe du parti progressiste, il fit une vive opposition à la politique ministérielle, fut élu député en 1857 et se signala pur son talent oratoire. M. Sagasta était.regardé comme un des chefs du parti progressiste, lorsqu'il s'associa aux tentatives faites par îe général Prim en 1866 pour renverser le ministère de la reine Isabelle. Les soulèvements qui eurent lieu à cette époque ayant été comprimés, M. Sagasta, qui se trouvait gravement compromis, dut quitter l'Espagne et chercher un refuge en France. La révolution de septembre 1863 lui permit de revenir à Madrid, et, le 8 octobre suivant, il reçut le portefeuille de l'intérieur. Devenu homme de gouvernement, il parut oublier la plupart des idées qu'il avait défendues lorsqu'il était dans l'opposition , se sépara de ses anciens amis qui restaient fidèles à la liberté et fit comprimer avec une excessive rigueur les mouvements républicains qui se produisirent dans diverses provinces au commencement de 1869. Ayant échangé ensuite le portefeuille de l'intérieur pour celui des affaires étrangères, il prit une part des plus actives aux négociations qui furent entamées par le gouvernement du général Serrano pour doter l'Espagne d'un roi, pris dans une famille étrangère k ce pays. Les ouvertures faites auprès des familles royales d'Italie et de Portugal n'ayant amené aucun résultat, il s'adressa, de concert avec Prim, au prince Léopold de Hohenzollern, qui accepta. Cette candidature fut, comme on le sait, le prétexte du conflit diplomatique qui s'éleva, au mois de juillet 1870, entre les gouvernements de Paris et de Berlin. M. Sagasta se plaignit alors à M. Mercier, ambassadeur de France, de ce que te gouvernement français avait combattu successivement toutes les candidatures pour favoriser celle du prince des Asturies, et nia que l'Espagne suivit la politique de la Prusse. En même temps, il adressait aux représentants de l'Espagne à l'étranger une circulaire dans laquelle il affirmait que la candidature du prince Léopold avait été proposée sans aucune idée hostile à la France, et avait été directement négociée avec ce prince, sans que M. de Bismarck fût intervenu. Pendant l'effroyable guerre qui eut lieu à ce sujet entre la France et l' Allemagne, M. Sagasta décida le roi Victor-Emmanuel à autoriser son fils Amédée à accepter le trône d'Espagne. Lorsque ce jeune prince, élu roi par les cortès le 1C novembre 1870, arriva à Madrid et forma sun premier ministère (4 janvier 1871), M. Sagasta prit le portefeuille da l'intérieur, qu'il conserva jusqu'au 24 mai de l'année suivante, en y joignant, à partir du 21 décembre 1871, la présidence du conseil. Devenu par sa pitoyable administration excessivement impopulaire, n'ayant rien su faire pour anéantir l'insurrection carliste à ses débuts, il dut donner sa démission pour avoir retiré de la caisse d'outre-nier une somme de 500,000 francs, employée à payer des rapports de police secrète, et pour avoir communiqué à ce sujet un dossier qui souleva contre lui un toile général. Apres l'abdication d'Amedée(ll février 1873), suivie de la proclamation de la république, M. Sagasta continua à siéger aux cortès et se joignit aux adversaires du nouveau gouvernement. Lorsque, à la suite du coup d'Etat du 3 janvier 1874, je maréchal Serrano prit la dictature, M. Sagasta devint ministre des finances. Il remplaça au ministère de l'intérieur le républicain Garcia Ruizle 13 mai suivant, et devint président du conseil le 4 septembre, k la place du général
SAGE
Zabala. Tout en continuant a se dire monarchiste et en faisant de la réaction k outrance contre les républicains, il parut s'accommoder volontiers d'une république provisoire et purement nominale, dans laquelle il aurait le pouvoir en main. Ne voulant k aucun prix de don Carlos pour roi, pensant qu'il aurait peu de crédit si le trône était donné au fils de cette Isabelle k la chute de laquelle il avait contribue, comprenant la presque impossibilité de trouver un prince étranger prêt à renouveler l'épreuve faite par Amédée, il essaya de se rapprocher des républicains modérés et eut, vers la fin de décembre 1874, avec Castelar des entrevues pendant lesquelles il reconnut, dit-on, que 1 organisation de la république pouvait fermer la porte aux aventures et à un inconnu d'autant plus redoutable que l'Espagne, ruinée par la guerre civile et le carlisme, se trouvait dans la plus triste des situations. Sur ' ces entrefaites (28 décembre) éclata le pronunciamiento militaire qui renversa du pouvoir Serrano et ses ministres et fit monter sur le trône le jeune Alphonse XII. Après être reste quelque temps k l'écart, M. Sagasta, d'accord avec les membres de l'ancien parti constitutionnel, décida de faire acte d adhésion à don Alphonse, et, au mois de juin 1875, il s'empressa d'accepter l'invitation que lui fit le jeune roi d'assister à un banquet dans lequel il exprima naturellement, avec enthousiasme, le ylr.s vif attachement pour la royauté nouvelle.
SAGATIS s. m. (sa-ga-ti). Comm. Sorte de serge unie, en laine peignée, qui sert au même usage que la serge ordinaire : Les sagatis actuellement dans le commerce sont des produits qui appartiennent presque exclusivement à la fabrique d'Amiens. (Bezon.)
SAGATYiNSKl (Jean), page de Stanislas- Auguste, roi de Pologne, célèbre par son esprit, mort en Gallicie, en 1844. Favori du roi Stanislas, il resta auprès de ce prince jusqu'à l'époque de sa mort, et, grâce à son esprit charmant, à son intarissable gaieté, il se vit extrêmement recherché dans le monde et à la cour. Sagutynski plaisantait, critiquait, faisait ressortir tout ce qui était ridicule dans la société de son époque, sans descendre jamais aux personnalités, sans blesser les susceptibilités de qui que ce fût. Après la mort du roi à Saint-Pétersbourg, il passa en Gallicie et, vers 1830, il se fixa à Varsovie. Sur les vives instances de ses amis, il écrivit ses Mémoires, qui vont du 17 avril 1794 à 1798. Cet amusant ouvrage a été publié sous le titre de Mémoires d'un page de Stanislas-Auguste (L'oseu, 1845, lu-12).
SAGE adj. (sa-je. — Ce mot est rattaché par quelques étymologistes au latin sapius, vocable populaire qui se retrouve dans le composé nesapius, insensé, et qui appartient k la même famille que sapiens, sage, de sapere, savoir; peut-être de la racine sanscrite sap, joindre, combiner. Sapius se serait transforme en sabius, savius, d'où suge. D'autres croient k l'existence d'un primitif sabus ou sabius, sage, mot qu'on ne trouve pas dans les auteurs classiques, lnais qui aurait existé dans les dialectes italiens et qui aurait produit le diminutif siùylta ou siltulla, sibylle). Instruit, savant, habile : Soyez sages subrevient et modérément. (St Paul ) ... Ce nigaud, comme un évèque assis, Fait le veau sur BOn âne et pense être bien sage.
— Qui a sa raison, qui a de la raison : II se croit sage, viuis il est fou.
Les hommes sont si fous, qu'on ne peut être sage Qu'à force d'éviter ce qu'on voit en usa^e.
Destûijcues.
— Qui parle, qui agit avec prudence, avec circonspection : Homme sage. Le malheur l'a rendu sage. Charles V, qui a mérité le titre de sagk, n'a jamuis cru que sa puissance fût au-dussus des luis de son deooir. (C. de Retz.) Un homme sage est au-dessus de toutes tes injures qu'on peut lui dire. (Mol.) L'homme Sage est continuellement sur ses parties et se de/ie toujours de ses propres forces. (J.-J. Rouss.) Il est un dije où, quand même on ne serait pus sage, il faudrait faire semblant de l'être, (l'iech.) Il est d'un homme Sage d'user des choses de tu oie et d'en jouir autant que possible. (Spinoza.) Le plus sage des /tommes est celui qui croit l'être témoins. (Bartbel.) Jl y a bien un droit du plus sage, muis non pus un droit du plus fort. (Juubert.) Tous les hommes se croient assez habiles' pour donner des cuuseils, et usiez sages pour n'en avoir pas besoin. (Suinal-Dubuv.) Un despote SAGE et honnête, s'il pouvait s'en trouver, serait plus fatal que tes autres. (Peyrat.)
11 ne faut rien outrer quand on veut être sage.
DESTOUOUES.
Si notre esprit n'est pas sage à toutes les heures, Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.
Molière.
. . . . Si, dans ce tourbillon, 11 faut choisir d'être dupe ou fripon, Mon choix est fait; je bénis mon partage : Ciel, rends-moi dupe, et rends-moi juste et sage.
— Retenu, modéré dans ses actes, dans ses paroles ; Jl n'a point répondu, à cette insulte, il ne s'est pas emporté, il a été SAGE, Quand ce jeune homme sera-t-il sage? Légistes, docteurs, médecins, quelle chute pour vous si nous
SAGE
pouvions tous nous donner le mot de devenir sages I (La Bruy.) Les institutions les plus SAGES ont trouvé des détracteurs. (Chatenub.) Les lois sont plus sages que les hommes. (Dupin.)
Ce n'est pas être sage D'être plus sage qu'il ne faut.
CjUINAULT.
Pour être sage, une heureuse ignorance Vaut souvent mieux qu'une faible vertu.
Mme Dbshoulieb.es.
La vertu qui n'admet que de sages plaisirs Semble d'un ton trop dur gourmander nos désira.