‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 25 sur 1059 · SAFE · texte numérisé non relu

SAFE

des papes et des conciles et ramenant les esprits à l'Evangile pur.

SADUCÉISME ou SADDUCÉISME S. m.

(sa-du-sé-i-sme — rad. saducéen). Hist. relig. Doctrine des saducéens.

SADYK-PACHA, littérateur et général polonais au service de la Turquie. V. Czaykowski.

SA1LANTHE s. m. (sé-lan-te). Bot. V. sà-

LANTHK.

SAËNS (SAINT-), bourg de France (Seine- Inférieure), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. S.-O. de Neufchâtel, sur l'Arques; pop. aggl., 1,780 hab. — pop. tôt., 2,393 hab. Mégisserie, tanneries importantes, tuileries, filatures de ooton , fabrication de toiles. Ce bourg doit son origine à un monastère fondé en 675 et brûlé par les Anglais en 1450. L'église paroissiale, construite au xm" siècle, possède de belles verrières du xve siècle. Ruines d'une église du xvii° siècle; retranchement gallo-romain.

SJERANGODE s. m. (sé-ran-go-de). En-

tOm. V. SÉRANGODB.

SiETABIS , ville de l'Espagne ancienne , dans la Bétique. Elle était renommée dans l'antiquité pour son lin et ses toiles. C'est aujourd'hui la ville de San-Fkupb.

SiETABIS, ville de l'Espagne ancienne, dans la Tarraconaise ; actuellement Alcov.

SAETTE s. f. (sa-è-te). Flèche. Il Vieux mot qu'on a écrit aussi sagette. V. ce mot.

SAFADI(Salah-Hddin-Abou-Abdallah-Khalil), poëte arabe, né à Safet (Palestine), mort à Damas en 1362 de notre ère. Il nous est connu seulement par ses ouvrages, qui sont : Commentaire du poème de Tograi, dont la bibliothèque d'Oxford possède un manuscrit; l'Anneau enrichide perles, recueil de poésies dont le manuscrit original est à la bibliothèque de l'Escurial ; les Pleurs d'une amante malheureuse et impatiente, en prose et en vers; les Combats poétiques, comprenant huit cents épigrammes ; les Morts des hommes illustres ; Histoire littéraire des aveugles illustres; Tadkerat Alsafadi, recueil de poésies tirées des meilleurs ouvrages arabes et de morceaux d'éloquence en prose. La Bibliothèque nationale de Paris possède des manuscrits de plusieurs de ces ouvrages.

SAFADI (Abdal-Kader), poëte arabe, né en Palestine. Il vivait au xve siècle de notre ère. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il composa un poème sur la religion et l'histoire sainte, poème intitulé Tajiah, parce que les dernières syllabes de chaque vers finissent en ta. La bibliothèque nationale de Paris en possède un manuscrit.

SAFAR s. m. ( sa-far ). Chronol. Second mois de l'année musulmane.

SAFED ou SAFET, ville delà Turquie d'Asie (Syrie, Palestine), pachalik et à 56 kilom. E. d'Acre, située au sommet d'une montagne élevée, bornée à l'O. et au N. par une vallée profonde dont les eaux rejoignent le lac de Tiberiade , à l'E. et au S. par un ravin ; 4,000 hab., dont un tiers juifs, d'origine russe ou polonaise.

— Histoire. Quelques écrivains voient dans Safed l'antique Seph fortifiée par Josèphe dans la guerre des Juifs contre les Romains. D'autres vont jusqu'à la considérer comme l'ancienne Béthulie. Ni l'une ni l'autre de ces deux hypothèses ne s'appuie sur des documents sérieux. Ce qui est certain, c'est que, bien que mentionnée dans la Vulgate, on ne voit figurer Safed ni dans les éditions grecques ni dans les éditions hébraïques de la Bible. Une légende veut que le miracle de la Transfiguration ait eu pour théâtre la montagne sur laquelle est assise la ville. C'est dans Guillaume de Tyr qu'on trouve pour la première fois quelques détails sur Safed. Elle parait avoir joué k l'époque des croisades un rôle assez important; parmi les 'épisodes qu'elle traversa alors figure en première ligne le siège, par Baladin en personne, de sa lorteresse défendue par les templiers. La place dut se rendre après une résistance de cinq semaines. En 1220, le sultan Melik-EI- Moaddham, l'un des successeurs de Baladin, détruisit la forteresse de Safed. Les templiers, auxquels la ville fut rendue environ vingt ans plus tard, la rétablirent à l'aide des libéralités de l'èvêque de Marseille, Benédict. En 1266, le sultan Bibars la reprit d'assaut et en passa la garnison au fil de l'épée. Depuis lors Safed n'a cessé d'être placée sous l'obéissance musulmane. La ville fut seulement occupée un instant en 1799, lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte. L'école Israélite de Safed a été célèbre au xvie siècle par les illustrations qu'elle a produites : Moïse deTrani, Joseph Karcl, Sulomon Alkabaz, Moïse de Cordoue, Samuel Oseida, Moïse Alcheihk appartenaient k cette école. Elle compta à l'époque de sa splendeur jusqu'à deux imprimeries et ne déchut qu'au xvme siècle. Le tremblement de terre de 1769 ne fut pas étranger à cette décadence de Safed. Moins d'un siècle plus tard, en 1837, un désastre identique se renouvela et engloutit 5,000 habitants, doiit 4, 000 appartenaient à la religion juive. La situation topographique de Safed explique l'étendue de ce desastre ; la ville, en etfet, est assise sur deux sommets; chacun de ces sommets est couronné, l'un de l'antique citadelle, l'autre d'une forteresse plus moderne , de

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forme massive et quadrangulaire. La portion intermédiaire de ce double sommet est occupée par le quartier musulman, mais le quartier juif s'étend aux flancs de la colline, du côté de la vallée dont nous avons parlé cidessus. On comprend que, lors du tremblement de terre, les constructions ainsi étagées se renversèrent les unes sur les autres et qu'il en résulta d'horribles désastres. Bien que son chiffre actuel de population soit loin d'égaler celui qu'elle possédait autrefois, Safed s'est néanmoins reconstituée peu à peu. La ville est émaillée d'enclos plantés de vignes et d'oliviers.

— Monuments, environs. L'édifice le plus intéressant de Safed est l'ancienne citadelle construite à l'époque des croisades. « Cette forteresse, dit M. Joanne, était formée d'une vaste enceinte ovale et d'un gros bâtiment ceutral de forme quadrangulaire, sur le sommet duquel on peut encore monter à travers les décombres. Tout a été bouleversé, ébranlé ou lézardé par le tremblement de terre de 1837. Jusque-là, le chef de la contrée y avait fait sa résidence. Ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine pittoresque. On y remarque l'ouverture de souterrains qui paraissent avoir une grande profondeur. > Du haut de la citadelle, l'œil embrasse, dans un panorama magique, le lac de Tiberiade, le Djaoulan et le Howurven, ancien Basçan de l'Ecriture ; le château de Salkad ou Salka, qui marquait jadis la limite E. du Pixçan; enfin le sommet du Thabor, le petit Ilainon, une partie de la plaine d'Esdrelom et les montagnes de Samarie.

SAPFELAERB, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, arrond. et à 12 kilom. de Gand ; 2,885 hab. Fabrication de toiles de lin et de coton.

SAFFI, AZAFF1 ou ASFI, la liusupis des anciens, ville du Maroc, dans la province et à 150 kilom. N.-O. de Maroc, à 130 kilom. N. de Mogador, au S. du cap Cantin , sur l'Atlantique; 12,000 hab. Port de commerce, autrefois fréquenté ; agent consulaire de France. Le commerce de cette ville était beaucoup plus florissant alors que les négociants européens n'étaient point contraints de résider à Mogador. Suffi, défendue par un château fort, l'ut, dit-on, fondée par les Carthaginois; elle fut occupée par les Portugais de 1508 à 1641.

SAFFRE , bourg et commune de France (Loire-Inférieure), cant. de Nozay, arrond. et à 30 kilom. S.-O. de Châteaubriant; pop. aggl., 263 hab. — pop. tôt., 3,455 hab. Fabrication de chaux; exploitation de grès ferrifère pour meules de moulin.

SAFFRON-WALDEN, ville d'Angleterre, comté d'Essex, sur la Granta et le chemin de fer de Cambridge; 5,146 hab. Manufactures de toiles, futaines: important commerce de drèche. Ruines d'une ancienne forteresse normande.

SAFRAN s. m. (sa-fran. — Le français safran, comme l'italien zafferano , l'espagnol azafran et le valaque sofran, qui lui correspondent , se rattache à l'arabe zafarân , proprement jaune). Bot. Genre de plantes bulbeuses, de la famille des iridées, comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans les régions tempérées de 1 ancien continent : La culture du safran exige des soins multipliés. (P. Duchartre.) La récolte du safran commence ordinairement vers les premiers jours d'octobre. (Bosc.) Tous les auteurs grecs et latins font mention du safran. (T. de Berneaud.) U Safran bâtard, Safrun des prés, Noms vulgaires du colchique d'automne. Il Safran des Indes, Nom vulgaire du curcuma.

— Poudre préparée avec les fleurs du safran, et qui donne une décoction d'un beau jaune , employée dans certaines préparations culinaires : Tantôt le cuisinier mettait trop de sel dans ses ragoûts, et tantôt trop de poivre, de girofle ou de safran. (Le Sage.) La bette couleur jaune que fournit le safran est faux teint. (C'haptal.)

— "Couleur jaune semblable à celle du safran : Safran clair. Safran foncé.

— Etre jaune comme safran, comme du safran, Avoir le teint extrêmement jaune.

— Loc. fam. Accommoder son mari au safran, Lui faire des infidélités, par allusion à la couleur jaune , qui est celle des maris trompés. Il Aller au safran, Faire de mauvaises affaires, avoir du chagrin, par allusion à la jaunisse, qui est souvent produite par la tristesse.

— Mar. Pièce de bois appliquée à la face extérieure de l'étrave, et appelée aussi taquet de gorgiére. Il Partie extérieure du gouvernail.

— Ane. chim. Safran des métaux, Oxysulfure d'antimoine.

— Pharm. Safran de Mars apéritif, Carbonate de fer. il Safran de Mars astringent, Tritox3'de de fer.

— Adjectiv. Qui a la teinte jaune du safran : Jaune safran. Muban safran. Etoffe safran.

— Encycl. Bot. Les safrans sont des plantes vivaces, à rhizome composé de deux bulbes superposés, arrondis, recouverts de plusieurs tuniques , d'où naissent des feuilles longues, étroites, presque linéaires, toutes radicales, réunies en un fascicule entouré de gaines. Les fleurs, portées sur une courte

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hampe radicale et renfermées, avant l'anthèse, dans une spathe membraneuse et monophylle, présentent un périanthe coloré, pétiiloïde, grand, en entonnoir, à tube grêle, allongé , naissant presque directement du bulbe, à limbe partagé en six divisions alternant sur deux rangs; trois étamines, insérées à la gorge du périanthe , à anthères sagitiées; un ovaire infère j à trois loges multiovulées, surmonté d'un style simple terminé par trois stigmates épais. Le fruit est une capsule globuleuse, ovoïde ou à trois angles mousses, à trois loges dont chacune renferme plusieurs graines globuleuses.

A part ces caractères, le genre crocus ou safran présente, dans son mode de végétation , quelques particularités remarquables. Les feuilles ne paraissent souvent qu'après les fleurs ; celles-ci, au moins dans la plupart des espèces , s'épanouissent de trèsbonne heure au printemps, ou même dès la fin de l'hiver; enfin, par suite de la position de l'ovaire , la capsule , à sa maturité, se trouve plus ou moins enfoncée dans le sol. D'un autre côté, ces plantes peuvent souvent fleurir et parcourir presque toutes les phases de leur végétation, sans être mises en terre. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces; mais plusieurs sont mal définies, vu les difficultés que présente leur détermination. Elles croissent en général dans les régions montagneuses de l'Europe méridionale et de l'Orient. La plupart sont cultivées dans nos jardins, comme plantes d'agrément, et l'une d'elles, à cause de ses usages économiques, est l'objet d'une culture en grand dans certains pays.

Le safran cultivé, appelé aussi safran officinal, d'automne ou du Gàtinais, est une petite plante a bulbe arrondi, déprimé, charnu, blanc à l'intérieur, recouvert de débris de tuniques sèches et brunes; à feuilles linéaires, aiguës, canaliculées, dressées, lisses et d'un vert foncé en dessus, d'un vert blanchâtre en dessous, offrant dans toute leur longueur une nervure médiane blanche, entourées toutes ensemble d'une gaine membraneuse blanchâtre; à fleurs grandes, au nombre d'une a trois, d'un violet veiné de rouge et de .pourpre, à stigmates longs, d'un jaune orangé et très-odorants. Les fleurs s'épanouissent vers la fin de l'été et le commencement de l'automne.

Généralement regardé comme originaire de l'Orient, mais retrouvé aussi à l'état spontané dans les montagnes du midi de l'Europe, le safran paraît avoir été connu dès la plus haute antiquité. Il abondait surtout au mont Liban et dans la Cilicie. Les Egyptiens, les Hébreux, les Phéniciens l'employaient à divers usages médicaux, culinaires et tinctoriaux^!) s'en servait aussi pour la parfumerie. Les Sybarites en faisaient une grande consommation. On pense que les Phocéens l'importèrent sur les bords de la Méditerranée et l'y propagèrent depuis le Rhône jusqu'au Var.Hippocrate a vanté ses propriétés médicinales. Les Romainsl'employaient beaucoup pour la teinture. Dès le xie siècle, les safrans d'Avignon et d'Orange jouissaient d'une très-haute réputation. Au xive siècle, cette culture se répandit dans le Lauraguais, l'Angoumois, le Gàtinais et la Normandie; on estimait les safrans de Ménilles, près de Pacy-sur-Eure. Au moyen âge, on attribuait à cette piaule de très-grandes vertus; on lui donnait les noms emphatiques de roi des végétaux , âme du poumon , panacée végétale, etc. Aujourd'hui sa réputation a bien baissé, et le safran a vu restreindre sa culture et son emploi, du moins en Europe ; car en Orient il continue d'être une des substances les plus recherchées.

Le safran est assez rustique et se cultive sous des climats très-divers, depuis l'Inde jusqu'en Angleterre; mais il redoute les froids de 15°. Il prospère mieux et donne de meilleurs produits dans les régions méridionales et dans les étés chauds. Il préfère les sols de consistance et d'humidité moyennes, tels que les terres sablo-argileuses mélangées d'un peu de calcaire et s'égouttant aisément. A mesure qu'on s'éloigne du Midi, il faut choisir des terrains d'autant plus légers. Comme cette plante occupe le sol pendant plusieurs anDées et ne peut revenir sur le même champ qu'à de longs intervalles, elle n'est pas susceptible d'un assolement régulier. On lui réserve donc une place à part. Elle ne vient bien qu'après les récoltes qui ont laissé le sol assez fertile et surtout bien débarrassé de mauvaises herbes. Autant que possible, la fumure doit être ancienne. Dans le cas contraire , la végétation trop active nuirait à la qualité du produit.

Le sol doit être bien préparé par un labour profond, douné à la fin de l'hiver, et suivi d'un hersage et d'un roulage ; puis , à l'aide de l'extirpateur, on détruit les mauvaises herbes qui viendraient à se montrer. Vers la fin de mai, on donne un second labour, suivi d'un nouveau hersage et d'une façon à l'extirpatenr. On plante les bulbes, après les avoir bien nettoyés, depuis la fin de juin jusqu'à la lin d'août. La fleur du safran étant récoltée avant la maturité de la graine , la plante ne fructifie pas et ne peut eue propagée que par bulbilles ou caïeux. Un mois environ après la plantation, on donne un binage, pour détruire les mauvaises herbes, et on réitère cette opération toutes les fois que la besoin s'en fait sentir. Quand les feuilles

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commencent à jaunir, on les coupe; puis on donne un binage, suivi d'un autre qui doit précéder de peu l'épanouissement des fleurs. Tels sont les soins qu'exige cette culture. Le safran est sujet à diverses maladies, qui sont causées surtout par de petits champignons parasites, notamment les rhizoctones. Les rongeurs et les ruminants sont encore pour cette plante des ennemis dangereux.

Une safranière peut durer jusqu'à cinq ans et même plus; mais cette longue durée présente des inconvénients : les nouveaux caïeux, se formant au-dessus et à côté des anciens, se rapprochent de plus en plus de la surface du sol ; on ne peut donc, sans risquer de les détruire, donner des façons assez profondes pour extirper les mauvaises herbes ; d'un autre côté, lès lignes régulières de la plantation primitive ne tardent pas à être déformées, ce qui augmente les difficultés de la culture et de la récolte. Enfin, il est rare que les bulbes, lorsqu'ils atteignent leur quatrième année, ne soient pas attaqués par quelqu'une des maladies que nous venons d'indiquer. C'est donc après la seconde année, ou tout au plus après la troisième, suivant la rapidité du développement des bulbes, qu'il faut rompre la safranière pour la transporter ailleurs. Au reste, le safran prépare très-bien le sol et toutes les récoltes peuvent lui succéder dans l'assolement.

La floraison du safran a lieu plus tôt dans le Nord que dans le Midi. Ce fait, assez étrange au premier abord , s'explique aisément par les pluies, qui, dans la première de ces régions, viennent rafraîchir le terrain après 1 été, tandis qu'elles sont plus tardives dans la seconde. Elle dure de dix à vingt jours, suivant l'état de la température. La récolte se fait, au fur et à mesure de l'épanouissement, le matin de préférence ; les premiers jours donnent les cueillettes les plus abondantes. On procède immédiatement k l'épluchage, qui consiste à séparer les stigmates du reste de la fleur, opération assez délicate, et qui est ordinairement contiée à des femmes. Puis on fait sécher ces stigmates au soleil ou au feu. Enfin , on dispose les stigmates secs, par couches alternant avec des feuilles de papier, dans des boîtes que l'on ferme hermétiquement. On a calculé qu'il faut près d'un demi-million de stigmates pour faire un kilogramme de safran sec, ce qui explique aisément le prix élevé de cette substance.

Le safran, pour être de bonne qualité, doit être d'un beau rouge orangé ou safrané, en filaments allongés, souples, élastiques, d'une odeur très-pénétrante, agréable d'abord, mais fatigante à la longue, d'une saveur amère, chaude et aromatique ; il colore la salive en jaune; pressé entre deux feuilles de papier, il ne laisse aucune trace d'eau ni d'huile ; examiné à la loupe, il ne doit présenter que des styles filiformes, surmontés de trois stigmates qui vont en s'élargissant vers le sommet, sans aucun mélange de corps étrangers, sauf quelques rares étamines qui peuvent s'y trouver accidentellement. Malheureusement, on le sophistique avec des substances trèsdiverses, d'un prix moins élevé ; mais un examen un peu attentif, même à l'œil nu, permet de reconnaître la fraude; il est facile, par exemple, de distinguer les corolles tubuleuses du carthame ou safran bâtard. D'autres fois, on se contente simplement d'augmenter le poids du safran en l'exposant à l'humidité, ce qui nuit beaucoup à sa qualité, en provoquant la fermentation et la moisissure. On doit, au contraire, le conserver en vase parfaitement clos et dans un endroit sec.

On trouve dans le commerce plusieurs sor tes de safran. La plus estimée est le safran d'Espagne , qu'on récolte aux environs d'Alicunte , d'-Almérie et de Barcelone; il est ■en filaments longs, larges, bien nourris, bien secs, d'un beau rouge foncé et ne contient qu'une très-petite proportion de filets jaune doré provenant d'étamines ; on l'expédie dans des sacs de toile, des peaux de mouton ou des caisses de fer-blanc renfermées dans une caisse de bois recouverte de paille et d'une toile. Le safran du Gàtinais est un peu moins sec, d'un rouge moins foncé et mélangé de filets jaunes un peu plus nombreux. Le safran du Comtat est en filets maigres et allongés, d'un rouge sombre et mélangé d'assez nombreux fileis jaunâtres. Le safran de l'Angoumois s'en distingue à peine. Ces trois sortes sont emballées en sacs de toile de différents poids. Le safran du Levant, appelé aussi safran de Macédoine, d'Egypte ou de Perse, s'expédie en caisses; on l'imbibe d'huile pour lui conserver sa couleur, ce qui le fait aisément reconnaître.

Le safran est très-employé en médecine ; il entre dans la composition de l'elixir de Garus, du laudanum de Sydenham, du sirop de safran au vin, de la theriaque, etc. Ses propriétés sont très- actives; les émanations mêmes de la plante, pendant la récotte, peuvent causer de graves accidents, des céphalalgies intenses, des vertiges, des tremblements et une sorte d'ivresse. A ce point de vue, on a pu le ranger parmi les poisons narcotico-âcres. Pris à l'intérieur, il agit comme excitant; à petite dose, il augmente l'appétit et facilite la digestion ; à dose plus forte, il augmente la chaleur animale, la fréquence du pouls, les sécrétions ; il agit surtout sur le Système nerveux et, à ce titre, il est souvent employé dans la médecine homœopathique.

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Si son action est longtemps prolongée, elle peut provoquer la pesanteur de tête, la somnolence, les vertiges; on a même prétendu qu'elle pouvait occasionner la mort, ce qui est au moins très-douteux. Le safran est aussi un puissant emménagogue; mais, si son emploi est mal dirigé, il peut causer des métrorrhagies et même l'avortement. A l'extérieur, il est employé, sous diverses formes, pour panser le3 plaies, les brûlures, les excoriations, les gerçures, les affections cancéreuses de la peau, etc. Enfin, il est usité dans la médecine vétérinaire.

L'économie domestique fait aussi usage du safran. On l'introduit dans certains mets, auxquels on veut donner un goût plus relevé ; il est surtout usité, ^hez les peuples du Midi et surtout en Orient, comme assaisonnement; on s'en sert, dans plusieurs contrées, pour préparer le riz , le pilau, le couscous, etc. ; on l'ajoute à la farine dans la fabrication des pâtes d'Italie. Il sert à colorer le beurre, les crèmes, les biscuits, les conserves, les liqueurs de table. Il joue un certain rôle dans la parfumerie. Comme matière colorante, il est fort négligé aujourd'hui, parce que sa couleur est peu solide; il n'est usité que pour la teinture au petit teint et la peinture à la gouache. Les vaches aiment beaucoup les feuilles de cette plante, et on leur en donne pour augmenter la quantité et la qualité du lait. Les bulbes contiennent de la fécule et peuvent servir à l'alimentation quand on les a débarrassés de leur âcreté par l'ébullition. Enfin, le safran est quelquefois cultivé comme plante d'agrément; mais il est inférieur, sous ce rapport, aux espèces suivantes.

Le safran nudiflore, originaire des Pyrénées, produit, à l'automne, une fleur unique, longuement tubuleuse, d'un beau violet foncé et satiné , accompagnée d'une spathe monophylle blanchâtre; les feuilles ne paraissent qu au printemps suivant. Les oignons de cette espèce, comme ceux de la précédente, peuvent fleurir à sec , ce qui permet de les conserver dans les appartements. Mais cette floraison anomale les fatigue et ils ne peuvent plus guère resservir. 11 vaut mieux, pour ces deux espèces, planter les oignons de mai en juillet, dans une terre saine, douce et profonde, plutôt fraîche que sèche, à une exposition aérée et bien éclairée. Tous les deux ou trois ans, on les relève pour séparer les caïeux, renouveler la terre ou changer la culture de place. La profondeur et l'espacement des oignons varient de 0m,l0 à 0m,15. Le safran élégant, originaire du Caucase, a de grandes lieurs d'un beau violet bleuâtre ; il fleurit aussi à l'automne et se cultive comme les précédents.

Le safran prîntanier, plus spécialement désigné par les fleuristes sous le nom de crocus, est l'espèce ornementale par excellence. Son bulbe est charnu, plus ou moins gros; du sommet ou même de divers points de sa surface naissent des bourgeons, formés de gaînes emboîtées, d'où naissent une ou plusieurs fleurs, enfermées, avant l'anthèse, dans une spathe blanche, membraneuse; ces fleurs, à tube très-long et grêle, terminé par un limbe à six divisions étalées, sont un peu odorantes et paraissent avant les feuilles. Cette plante croît dans les prairies et les pâturages de nos montagnes, à une altitude de 1,000 mètres à 2,000 mètres. Elle commence à fleurir vers la fin de l'hiver et sa floraison se prolonge pendant un mois environ.

Cette espèce présente, ou plutôt on range sous le même nom un grand nombre de variétés (près de deux cents), dont plusieurs appartiennent peut-être à d'autres espèces; déjà peu distinctes dans l'origine, comme le fait justement remarquer M. Vilmorin, ces espèces se sont, par suite des variations et sans doute aussi des croisements, tellement confondues qu'il est à peu près impossible, ou du moins très-difficile, de reconnaître les types primitifs et les formes secondaires qui leur appartiennent. Les variétés portent sur la forme, la grandeur, la précocité et surtout la coloration des fleurs. Celles-ci présentent des nuances très-variées : blanc, lilas , rosé, gris, bleu, violet, pourpre, jaune, verdâtre, brunâtre, etc. Elles sont tantôt unicolores, tantôt pauachées, striées, veinées ou bordées.

Les safrans printaniers s'accommodent de tout terrain sain ; ils végètent mieux néanmoins dans les terres douces, meubles, sableuses, assez fraîches, légèrement fumées ou simplement terreautées. On les propage par bulbes, qu'on peut planter, durant tout l'automne, à une profondeur et un espacement de 0m,0B à 0m,08, suivant leur grosseur. On les recouvre souvent, en hiver, d'un léger paillis, pour les préserver, non du froid, auquel ils sont peu sensibles, mais des intempéries et des brusques variations atmosphériques. La propagation par semis n'est pratiquée que par les amateurs qui cherchent à obtenir de nouvelles variétés; on sème les graines, le plus tôt possible après leur maturité, soit en pleine terre, soit en pots ou en terrines, qu'on enterre dans une planche de jardin et qu'on abrite en hiver à l'aide d'un paillis. Au printemps, les jeunes bulbes sont assez développés pour qu'on puisse les traiter comme les caïeux ordinaires.

Les safrans ne demandent que les soins généraux de culture donnés aux autres plantes des jardins. On peut ne relever les oignons qu'au bout de deux ou trois ans; mais alors

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beaucoup de variétés dépérissent, en sorte qu'après la troisième floraison il n'en resta plus qu'un très-petit nombre, notamment la variété dite grand jaune. « Si l'on tient, dit M. Vilmorin, à avoir des parterres bien arrangés et bien réguliers, il vaut mieux relever les bulbes chaque année, pour les changer de terre et ne replanter dans la partie ornée du jardin que ceux de bonne force à fleurir. L arrachage des bulbes a lieu lorsque les feuilles sont devenues tout à fait jaunes et sèches et qu'elles se détachent naturellement. On sépare les gros bulbes de leurs caïeux ; on les nettoie , puis on les met à sécher, non point au soleil, mais en un lieu abrité et cependant très-aéré. »

Pour que les safrans n'occupent pas inutilement le sol hors du temps de leur floraison, on peut les planter en pots, de manière à les transporter et à les planter où l'on veut, puis à les enlever quand la floraison est terminée. (La terre qui garnit ces pots doit être plus riche que celle des cultures ordinaires.) On peut ainsi forcer les plantes et hâter leur floraison en les mettant en orangerie, en serre ou sous châssis; mais il est bon de ne chauffer fortement que lorsque les boutons à fleurs commencent à être visibles. Ces plantes sont encore au nombre de celles qui se prêtent le mieux à la culture dans les appartements, pourvu qu'on ait soin de les tenir à une exposition bien éclairée et aérée, par exemple près des fenêtres tournées vers le midi. Ou met dans un pot plusieurs variétés différentes, ou bien encore on emploie des vases ou des suspensions, percés de plusieurs trous, à chacun desquels se trouve un oignon ; on obtient ainsi de charmants effets. Les safrans fleurissent aussi très-bien sur de petites carafes pleines d'eau ou dans des soucoupes ou de petits pots garnis de mousse humide.

Parmi les autres espèces à floraison printanière, nous citerons : le safran versioolore, blanc lavé de violet et strié de pourpre, du midi delà France; le safran biflore, blanc strié de violet, de l'Europe méridionale ; le safran jaune, de la Hongrie; le safran de Suse, d'un beau jaune d'or, lavé de pourpre en dehors, de l'Orient ; le safran soufré, jaune pâle strié de pourpre, de la même contrée; le safran de Mésie , jaune d'or, du midi de l'Europe, etc.

— Chim. Lorsque, après avoir épuisé le safran par l'éther, qui en extrait une petite quantité d'une huile jaune, on le fait digérer avec l'eau, il se dissout de la gomme, un mélange végétal, des sels inorganiques et du sucre en même temps que la matière colorante inaltérée. On précipite de cette solution la gomme, le mucilage et les sels inorganiques au moyen de l'alcool absolu, et la liqueur filtrée^ mélangée d'éther et abandonnée à elle-même, laisse déposer la matière colorante mélangée de petites quantités de sucre et de sels.

La matière colorante a reçu le nom de polychroïte. Elle répond à la formule

ou du moins on lui a attribué cette formule, qui manque de contrôle. Elle forme un précipité jaune orangé qui, sur l'acide sulturique, se dessèche en une masse rouge, déliquescente et friable. Elle est inodore, présente une très-faible saveur douce, se dissout facilement dans l'eau et dans l'alcool étendu. Le sulfure d'hydrogène brunit ses solutions aqueuses ; l'acide azoteux et le chlore la décolorent. Les acides étendus la réduisent en une matière colorante nouvelle et rouge, la crocine, en sucre et en une huile aromatique d'une odeur particulière de safran. La polychroïte est donc un glucoside. Lorsqu'on chauffe la solution aqueuse de polychroïte avec l'acide sulfurique étendu (dont il ne faut pas employer un excès) dans une cornue à travers laquelle on dirige un jet d'hydrogène, l'huile distille et ta crocine se dépose sous la forme d'une poudre rouge.

La composition de la crocine est représentée par la formule C16H1806; un sel de plomb, jaune orangé, précipité de la solution alcoolique par l'acétate de plomb renferme

(C16H170«)2Pb".

Dans la préparation de la polychroïte, l'éther laisse indissoute une substance trèssemblable à la crocine et dont la formule paraît être (C«H180<S)2,3H20.

La crocine se dissout très-peu dans l'eau, facilement dans l'alcool et dans les alcalis étendus. L'éther la précipite de ses solutions alcooliques en flocons rouge pourpre. Les acides la précipitent de même de ses solutions alcalines. Chauffée avec une solution concentrée de potasse caustique, elle se décompose et répand des vapeurs piquantes.

Avec l'acide sulfurique concentré, elle prend une couleur bleu foncé qui vire peu à peu au violet et au brun; l'acide azotique la colore en vert virant au brun jaune. En suspension dans l'eau, la crocine est dissoute par l'acide azotique et donne un liquide incolore, lequel ne renferme pas d'acide oxalique.

Le chlore la décolore; l'acide sulfureux te l'altère point.

L'huile volatile mobile qui s'obtient dans la décomposition de la polychroïte est jaune et possède l'odeur du safran. Elle bout entre 208O et 210» ; l'alcool et l'éther la dissolvent en toute proportion ; l'eau ne la dissout pas, mais la décompose à la longue en prenant

SAPR

«ne réaction acide et en sa recouvrant d'une pellicule blanche. Chauffée avec une lessive de potasse, elle se décompose en répandant des vapeurs piquantes. La potasse alcoolique la convertit en une résine. Elle réduit promptement les solutions argentiques, surtout si celles-ci sont additionnées d'ammoniaque.

L'iode dissous dans l'iodure de potassium la colore en brun; elle ne se combine pas avec les bisulfites alcalins.

Si la polychroïte a réellement la formule qu'on s'accorde à lui donner, sa décomposition peut être représentée par l'équation suivante .

C«II60O18 -f H20 Polychroïte. Eau.

= 2CJ6IP806 4- C10HHO + C6H1206 Crocine. Huile Glucose,

volatile.

L'huile volatile estisomérique avec le thymol.

SAFRANE, ÉË (sa-fra-né) part, passé du v. Sufrnner. Coloré avec du safran : Pâte d'Italie safranée. Riz safrané.

— Qui a la couleur jaune du safran : Avoir le visage safrané, le teint safrané. Les caus de la rivière sont d'une couleur safranée et malsaine. (Baudelaire.)

On lui voyait, sous un teint safrané.

L'œil obombré d'une épaisse paupière.

La Ciiaussée.

SAFRANER v. a. ou tr. (sa-fra-né — rad. safran). Colorer avec du safran : Safraner du ris, du vermicelle. Safraner un gâteau. Safraner une liqueur.

SAFRANIER s. m. (sa-fra-nié — rad. safran). Celui qui cultive le safran.

— Homme ruiné, banqueroutier. Il Vieux mot.

SAFRANIÈRE s. f. (sa-fra-niè-re — rad.

safran). Plantation de safran : Il faut sarcler et biner la safranière toutes les six semaines, pour la débarrasser des mauvaises herbes. (De Morogues.)

SAFRANINE s. f. (sa-fra-nt-ne — rad. safran). Chim. Base colorée qu'on prépare à l'aide des aminés aromatiques.

— Encycl. La safranine est une des nombreuses matières colorantes que l'on obtient au moyen des aminés aromatiques. Elle est d'une couleur rouge tendre. Le commerce la fournil sous la forme de pâte, et aussi sous la forme d'une poudre rouge jaunâtre qui renferme du chlorhydrate de cette base mêlé rie carbonate de chaux et de sel marin. En faisant bouillir cette pâte ou cette poudre avec de l'eau et laissant ensuite refroidir la solution filtrée à chaud, on voit se séparer une substance cristalline qui, après plusieurs cristallisations dans l'eau, ne laisse plus aucun résidu à la combustion. Elle perd toutefois de l'acide chlorhydrique pendant les opérations qui tendent à la purifier jet devient ainsi plus soluble, à ce point qu'une nouvelle addition d'acide chlorhydrique aux eaux mères cause une nouvelle séparation de chlorhydrate de la base à l'état cristallin.

— Chlorhydrate de safranine

C2tHS0Az4,HCl.

Pour obtenir le chlorhydrate normal, il est nécessaire de faire cristalliser ce sel dans une eau chargée d'acide chlorhydrique. Il forme de minces cristaux d'une couleur rougeâtre qui sont solubles, surtout à chaud, dans l'eau et l'alcool. L'éther et les solutions aqueuses concentrées de sel marin ne la dissolvent pas. Les solutions aqueuses, comme les solutions alcooliques, présenten tune teinte rouge jaunâtre intense. L'addition d'éther à la solution alcoolique détermine la précipitation du chlorhydrate.

— Chloroplatinate de safranine

(C2lH20Az4,HCl)2,PtCl*.

On l'obtient en précipitant une solution tiède du chlorhydrato par un excès de chlorure platinique, et en lavant le précipité avec de l'acide chlorhydrique étendu. C'est une poudre cristalline d'un rouge jaunâtre, presque insoluble dans l'eau, 1 alcool et l'éther.

— Safranine. Par suite de l'extrême solubilité dans l'eau de la base libre, il est nécessaire, pour l'obtenir, de décomposer la solution aqueuse du chlorhydrate par l'oxyde d'argent récemment précipité, encore humide, et d'évaporer le liquide rouge foncé ainsi obtenu. Parle refroidissement, il se dépose des cristaux bruns qui ressemblent étroitement, par leur aspect extérieur, aux cristaux du chlorhydrate. Comme la liqueur retient toujours du chlorure d'argent eu solution, il est d'ailleurs impossible d'obtenir la base dans un état de pureté suffisant pour l'analyse. La safranine se dissout facilement dans ï eau et duns l'alcool. Desséchée à 100", elle acquiert un faible éclat métallique verdâtre. L'addition de l'acide chlorhydrique à la solution aqueuse de la base en reprécipite du chlorhydrate moins soluble que la base libre,

— Azotate de safranine C2iH20Az*,AzHO3.

Lorsqu'on ajoute un excès d'acide azotique étendu à uno solution aqueuse très-chaude de la base libre et qu'on abandonne ensuite le liquide au refroidissement, l'azotate se sépare en aiguilles d'une délicate couleur rouge brun, assez difficilement solubles dans l'eau froide, mais facilement solubles dans l'eau

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chaude. Il est moins soluble encore que le chlorhydrate.

— Picrate de safranine

C2tH20Az4,C6H3(AzOîj3O.

Lorsqu'on ajoute de l'acide picrique à une solution étendue de chlorhydrate de cette base ou d'azotate, le picrate se précipite en aiguilles rouge brunâtre qui sont à la fois insolubles dans l'eau, l'alcool et l'éther.

— Bromhydrate de safranine. Ce sel se précipite en aiguilles microscopiques lorsqu'on ajoute de l'acide broinhydrique à la solution de la base libre. Il est presque insoluble dans l'eau froide , mais il se dissout dans l'eau bouillante. Une addition de brome a la solution du chlorhydrate fait naître un précipité qui, après avoir subi une cristallisation dans 1 eau, donne des aiguilles qui possèdent un éclat vert et métallique.

— Iodhydrate de safranine. Ce sel est semblable au bromhydrate.

— Su If aie de safranine. C'est un sel modérément soluble qui se précipite lorsqu'on ajoute de l'acide sulturique à une solution concentrée de la base libre. Si l'on chauffe le liquide, il se redissout et se sépare ensuite sous la forme de fines aiguilles par le refroidissement de la solution.

— Oxalate de safranine, L'oxalate de safranine est aussi semblable que possible au sulfate, quoiqu'un peu moins soluble.

— Acétate de safranine. C'est un sel excessivement soluble.

— Réactions de la safrakine. La réaction la plus caractéristique de la safranine est celle-ci : lorsqu'on ajoute de l'acide chlorhydrique concentré ou mieux de l'acide sulfurique à ses solutions, en versant le réactif goutte à goutte, la nuance passe d'abord au violet tendre, puis, successivement, au bleu, au vert foncé et au vert brillant. Si l'on étend ensuite d'eau la solution, on observe les mêmes changements de couleur en ordre inverse.

— Préparation commerciale de la safranine. Pour préparer dans le commerce la matière colorante impure d'où l'on extrait la safranine, comme nous l'avons dit plus haut, ou traite l'aniline bouillante successivement par l'acide azoteux et par l'acide arsénique. filais MM. Hoffmann et Geyger trouvent plus avantageux de remplacer l'acide arsénique comme agent oxydant pat l'acide chromique. Le produit est d'ailleurs le même dans les deux cas. Le rendement est toujours trèsfaible. Le safranine ne se produit ni lorsqu'on opère sur l'aniline pure, ni lorsqu'on opère sur la toluidine solide, ni lorsqu'on opère sur un mélange de ces deux bases, et cependant on l'obtient facilement en opérant sur la toliikiiue liquide pure, bouillant à 198°. La safrunine paraît, d'après cela, un dérivé incontestable de la toluidine. Les formules suivantes rendraient compte de sa formation :

3C?H9Az + HAzO'2 = C2iH»Az* \- 2HX) Toluidine. Acide azoteux. Eau.

C21H2*Az* — 2112 = C«H20A8* Hydrogène. Safranine.

Si l'on compare la formule de l-i safranine avec la formule anciennement admise pour la mauvéine C^H^Az* (M. Perkin a prétendu depuis que la formule de la mauvéine est C*6IIï*Az*),on pourrait considérer la mauvéine comme de la safranine phénylée

C21Hi9(C6H5)Az*.

En fuit,]* safranine traitée par l'aniline donne une couleur pourpre, et la mauvéine et la sa~ franine donnent lieu aux mêmes réactions colorées avec l'acide sulfurique; en outre, M. Perkin a noté qu'il se forme dans la préparation de la mauvéine un produit secondaire qui ressemble beaucoup à la safranine. Ce sujet mérite de nouvelles investigations. S'il venait à être démontré que la mauvéine n'est que de la. sa franine phénylée, il faudrait revenir à l'ancienne formule de ce corps et abandonner celle qu'a t'ait adopter M. Perkin dans ces derniers temps.

SAFRANUM s. m. (sa-fra-nomm). Bot. Nom pharmaceutique du carthame ou safran bâtard.

SAFRE adj. (sa-fre. — Diez fait provenir ce mot soit de l'ancien haut allemand seifar, l'eau à la bouche, soit du verbe gothique safjan, goûter, savourer, d'où safareis, dégustateur, gourmet, friand ; ancien haut allemand safan, se/fan, duns les composes autsafan,autseffan, sentir; anglo-saxon sefa, même sens , toutes formes se rattachant au même radical que le latin sapere, avoir de la saveur. Scheler fait observer que safre rappelle par sa terminaison gouiafre, goinfre, et demande s'il ne serait pas identique avec safre, pétulant, lascif, que l'on trouve dans Nicot; en Champagne , on l'emploie encore pour rusé, aimable, gentil). Goulu, glouton : Il faut prendre garde à ce chien, il est si safre qu'il emporte tout. (Acad.) Il Mot vieilli.

— Sub->tantiv. Personne goulue : C'est un safre. Ayez l'œil sur elle, c'est une vraie

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