‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 260 sur 1059 · V. FEINDRE · texte numérisé non relu

V. FEINDRE

SEMBLÉPHILE s. m. (san-blé-fi-Ie —de semblis, et du gr, philos, qui aime). Entom, Syn. de philantiie.

Sembler v. n. ou intr. (san-blé — latin

SEMB

sirnulare, proprement rendre semblable, imiter, copier, représenter; reproduire; de similis, semblable, qui représente, selon Eichhoff, le sanscrit samiyas, égal, grec omoios. Comparez : le sanscrit samas, même, gothique sama; le sanscrit sam, sa, avec, grec sun, latin cun, lithuanien sa; le sanscrit saman, sama, conjointement, grecomoH, ama. Toutes ces formes se rattachent à la racine sanscrite sam, sdm, confondre, réunir). Paraître, avoir l'air, l'apparence de : Quand on est dans un bateau qui va très-vite, le rivage semble fuir. Cela me semblis être ainsi-, me semble ainsi. Il vous semble saye, et il ne l'est pas. Vous me sbmdlez tout mélancolique. Voilà ce qui me semble le plus probable. (Acad.) Plus on s'élève, plus ta félicité semble s'éloigner de nous. (Mass.) Une vérité semble d'autant plus dure qu'elle frappe plus juste (A. Fée.) Le sommeil enseigne la mort à l'homme et semble fait pour le familiariser avec elle. (i\l">c de Staël.) Les autres nous semblent toujours plus heureux que nous. (Chateaub.) Ce qui nous a paru vrai dans un temps peut ensuite nous semblbr faux dans un autre. (Ste-Beuve.) Un beau visage de femme semble l'ouvrage le plus achevé de la création. (K. Legouvé.) Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau!

La Fontaine.

— Impers. Il parait, on dirait, il y a apparence do ou que : Il semble facile de faire cela. Il me semble que vous hésitez. Il me semble toujours que je vois une douzaine de lavements qui me couchent en joue. (Mol.) En France, il semble qu'on aime les arts pour en juger bien plus que pour en jouir. (J, Joubert.) Il semblerait qu'on garde quelque chose du bonheur qu'on donne. (Petil-Senn.) Une jeune fille sans politesse peut valoir mieux qu'il, ne semble; mais on est excusable d'en douter. (Théry.)

— Ce me semble, Selon moi, à mon avis, a. ce qu'il me paraît: // faudrait, ce me semble, user d'indulgence. A force d'écrire sur Iiousseau, on finit, CE ME semble, par l'alambiquer terriblement et le mettre à la torture. (Ste- Beuve.)

— Ce semble, A ce qu'il paraît, selon les apparences : Le monde est plein de dissimulation de la vérité; nous ne vivons, ce semble, que pour nous séduire les uns les autres. (Mass.) Nous nous entendons, ce semble, à demi-mot. (Mmc de Sév.)

— Que vous semble, Que vous semble-t-il de ? Que pensez-vous de? Comment jugez-vous?

Que vous semble de cette a/faire? Que vous skmble-t il de ce tableau?

Que vous sembte^ mes sœurs* de L'état où nous

[sommes?

Racine.

— Kiim. Si bon semble à, S'il plaît à, s'il par» It bon a : Vous pouvez partir si bon vous semble.

— Urainin. Ce verbe prend toujours l'auxiliaire avoir dans ses temps composés. Pour le mode qui doit être employé après II semble, v. la note sur le mot subjonctif.

— Syn. Sembler, paraître. V. PARAÎTRE,

SEMBLlDEadj. (san-bli-de — rad. semblis). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au semblis.

— s. m. pi. Tribu d'insectes névroptères, de la famille des raphidiens, ayant pour type le genre semblis.

SEMBLIS s. m. (san-bliss). Entom. Genre d'insectes névroptères, de la famille des raphidiens, type de la tribu des semblides, comprenant deux espèces, qui habitent la France et la Suisse ; Les semblis sont aquatiques, pendant leur premier état. (Blanchard.)

— Encycl. Les semblis, que Latreille appelle sialis, ont le corps un peu arqué ; la tête déprimée et de la largeur du corselet ; tes antennes sétacées et composées d'un grand nombre d'articles tous cylindriques ; les mandibules petites, cornées, dépourvues de dents intérieurement ; les palpes maxillaires plus longues que les palpes labiales, de quatre articles-, les palpes labiales de trois seulement; les ailes peu réticulées, avec des nervures trèssaillantes; les pattes simples, assez grêles.

Les deux seules espèces placées dans ce genre se trouvent communément dans toute l'Europe: ce sont le semblis de la boue, long d'environ 0m,01, à corps noirâtre, tète tachetée de jaune, corselet noir mélangé de jaunâtre; ailes peu transparentes, d'un bleu clair, avec les nervures noires , et le semblis fuligineux. Les larves, essentiellement aquatiques, ont une tête écailleuse, pourvue d'yeux etsupportant des antennes courtes, composées de quatre articles, dont le dernier est en forme de soie; leurs mandibules sont arquées et munies au côté interne d'une ou de deux petites dents; leurs tarses n'ont que deux articles et sont inunis de deux crochets; leur abdomen, comme celui des larves d'éphémères , est pourvu d'organes respiratoires externes, consistant en tilets articulés, disposés par deux sur la portion latérale de chaque Unneau. Au moment de subir leur transformation en nymphes, ces larves sortent de l'eau, et vont même au loin se creuser dans la terre, au pied d'un arbre, une cavité ovalaire, où elles se métamorphosent bientôt, et y demeurent pendant toute la durée de leur vie de nymphe. Sous ce second état, l'animai est immobile; les pattes, les antennes et

SEME

les rudiments des ailes sont très-visibles. L'insecte parfait venant à éclore laisse sa dépouille de nymphe tout à fait intacte; il vit peu de jours, et les femelles déposent leurs œufs par plaques, soit sur les feuilles, soit sur les roseaux, soit sur les pierres.

SEMBL1TE adj. (san-bli-te — rad. semblis). Entom. Qui ressemble à un semblis.

— s. m. pi. Division de la tribu des semblides, ayant pour type le genre semblis.

SEMBLODÉ, ÉE (sain-b!o-dé). Entom. Syn.

de PERLIBN, IENNK.

SEME, ÉE (se-mé) part, passé du v. Semer. Jeté en terre pour y germer : Le meilleur grain semé dans un terrain stérile ne produit rien. (Boitard.)

— Ensemencé, où l'on a mis du grain pour qu'il germe : Champs semés. Terre semée. La campagne, aux environs de Turin, est agréable; elle présente de grandes plaines semées de blé et bordées de coltines qu'ombragent des oliviers et des caroubiers. (Chuteaub.)

Les guérets, exercés par des labours profonds, Sont semés chaque année et toujours plus féconds.

Rosset.

— Par ext. Répandu, éparpillé : Les bibliothèques semées sur toute la surface du globe triompheront de l'ignorance, des barbares et du temps. (Rivarol.) Les expressions de l'Ecriture sont semées dans les écrits de saint Bernard à pleines mains. (Mass.) Peu d'ouvrages sont éloquents; mais on voit des traits d'éloquence semés dans plusieurs écrits. (Vauven.) Les vérités, semées de dislance en distance, sont confondues dans une infinité d'erreurs qui remplissent tout l'espace. (Condill.) Les bomies actions semées dans notre carrière germent et deviennent fleurs pour embaumer nos souvenirs. (Petit-Senn.)

Roi des mondes semés dans la vaste carrière, Aux combats inhumains lu prêtes ta lumière.

Miciuud- Les nuages semés dans les champs de l'élher Viennent mettre au repos leurs légions flottantes.

A. Barbier.

— Répandu , divulgué , publié : Un bruit déjà SUMÉ-partout.

— Parsemé, couvert par places : Un ciel semé d'étoiles. Une mer semée d'écueils.

— Marqué par intervalle, accidenté : Chacun trouve ses propres voies semées de ronces et d'épines. (Mass.) Le pèlerinage de cette vie n'est pas semé de roses. (Volt.) L'enfant ne voit la vie qui se présente à lui que comme une route semés de fleurs. (Lacépède).

— Blas. Se dit des pièces honorables chargées de meubles sans nombre : Simiane: D'or, semé de châteaux et de fleurs de lis d'azur. — Chateaubriand : De gueules semé de fleurs de lis d'or.

— Véner. Cerf mal semé, Cerf qui a plus d'andouillers d'un côté que de l'autre.

— s. m.Techn. Groupes de petits ornements disposés régulièrement sur un fond de broderie : Semé de fleurs, de feuilles, d'étoiles.

SEMÉ (Anne), protestante française qui vivait au xvi& siècle et dont le nom est arrivé jusqu'à nous brillant d'un reflet d'héroïsme antique. Anne avait seize ans et était douée d'une remarquable beauté, lorsqu'un détachement de l'armée catholique surprit Saint- Jean-d'Angely, en 1570. Les habitants s'enfermèrent dans leurs maisons et s'y défendirent avec courage. La maison de Semé venait d'être forcée par les soldats du capitaine (Jader, et sa fille, qui n'avait pu fuir à temps, se voyait sur le point de tomber entre leurs mains, lorsque, préférant la mort au déshonneur, elle se jeta par la fenêtre. Elle fut assez heureuse pour ne point se blesser. Après un moment d'hésitation, le capitaine s'élança à sa poursuite par le même chemin. Tout en fuyant, Anne Semé criait aux bourgeois barricadés dans leurs demeures : « Tirez! tirez t Tuez-nous tous les deux!» Aucun n'osa lui rendre ce service, et cependant le farouche Cader gagnait du terrain. 'Déjà il étendait la main pour la saisir, lorsqu'elle se précipita dans les fossés du château. Au moment même où elle disparut, une balle cassa la cuisse au capitaine, et les soldats catholiques, privés de leur chef, battirent en retraite. On s'empressa de retirer la jeune tille du fossé et on la transporta en triomphe dans la maison de son père.

SÉMÉCARPE s. m. (sé-mé-kar-pe — du gr. sema, marque; karpos, fruit). Bot. Genre d'arbres, -de la famille des térébinthacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Inde.

SEMEDO (Alvarez), missionnaire portugais, né à Niza vers 1585, mort à Canton en 165s! Entré en 1602 dans la société de Jésus, il alla en mission à Goa en 1608, puis en Chine, où il resta pendant trois années. Arrêté , mis dans une cage de fer et transporté à Canton, il fut ensuite reconduit à Macao, d'où il •revint en Chine sous un autre costume et sous un faux nom. En 1642, il se rendit a Rome pour y réunir des missionnaires et revint en Chine en 1614. On a de lui : Lilterg sinenses, ann. 1621 et 1622, ouvrage traduit en français par le Père de Machault, et une Relation de la propagation de la foi dans le royaume de Chine (en portugais) [Madrid, 1641, iti-S°], traduite en français par Louis Coulon, sous ce titre : Histoire universelle

SEMÉ

du royaume de la Chine (Paris, 1645, in-4"). Suivant Moreri, il a paru deux autres traductions françaises de cet ouvrage, l'une à la suite de l'Histoire de la guerre des Tartares du Père Martini (Lyon, 1664, in-4»), l'autre à Rouen (1645, in-8°). La Délation du Père Semedo a été, en outre, traduite en espagnol par Manoel Faria de Souza (Madrid, 1642, in-40) et en italien par le Père J.-B. Giattini (Rome, 1643, in-4°).

SEMÉE s. f. (se-mée). Ane. coût. Droit de partage.

— Féod. Droit par lequel le seigneur s'attribuait un quartier de tout animal tué à la chasse.

SÉMÉIANDRE s. m. (sé-mé-ian-dre — du gr. sêmeion, signe; anér, mâle). Bot. Genre de plantes, de la famille des onagrariées.

SÉMÉIOGRAPHB s. m. (sé-mé-io-gra-fe.

— V. séméiographie). Antiq. Celui qui pratiquait la séméiographie. Il On ditroteux, mais plus rarement, sémioguaphe.

SÉMÉIOGRAPHIE s. m. (sé-mé-io-gra-fî

— gr. sêmeiographia ; de sêmeion, signe, et de graphà, j'écris). Antiq. Méthode sténographique en usage chez les anciens, u On dit mieux, mais plus rarement, sémiographie.

SÉMÉIOGRAPHIQUE s. m. (sé-mé-io-grafi-ke — rad, séméiographie). Antiq. Qui appartient, qui a rapport à la séméiographie. il On dit mieux, mais plus rarement, semiographique.

SÉMÉIOLOGIE s. f. (sé-mé-io-lo-jl — du gr. sêmeion, sifcrne; logos, discours). Méd. Partie de la médecine qui traite des signes des maladies. Il On dit mieux, mais plus rarement, SÉMIOLOGIE.

— Encycl. La sémêiologie ou description des signes est cette partie de ïa médecine destinée à faire connaître la corrélation qui existe entre le siège, la nature et la cause des maladies d'une part, et de l'autre leurs symptômes. Son but est d'amener le médecin au diagnostic, c'est-à-dire à la détermination de l'espèce de maladie à Inquelle il a affaire, et au pronostic, qui n'est autre chose que son jugement sur la marche, la tendance et la terminaison du mal. Il y a donc deux choses distinctes dans la sémêiologie : l'étude des signes et leur interprétation. V. diagnostic.

SÉMÉIOLOG1QUE adj. (sé-mé-io-lo-ji-ke

— rad. sémêiologie). Méd. Qui a rapport à la sémêiologie : Méthode séméiologiqoe. il On dit mieux, mais plus rarement, sémiologique,

SÉMÉIOLOGUE s. m. (sé-mé-io-lo-ghe — rad. sémêiologie). Méd. Celui qui s'occupe de sémêiologie, qui est versé dans cette partie de la science. On dit mieux, mais plus rarement, sémiologue.

SÉMÉIONOTE s. m. (sé-mé-io-no-te — du gr. sêmeion, signe; nôtos, dos). Bot. Genre de plantas, de la famille des légumineuses, réuni aujourd'hui au genre triptolémée.

SÉMÉIOPHORE s. m. (sé-mé-io-fo-re —

— du gr. sêmeion, signe ; phoros, qui porte). Antiq. Porte-étendard, un des cinq officiers inférieurs attachés à chaque héeatonUvrchie de l'armée grecque. H On dit mieux, mais plus rarement, sémiophore.

— Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des engoulevents, et appelé aussi cos-

MÉTORNIS.

SÉMÉIOTIQUE adj. (sé>mé-io-ti-ko — du gr. sêmeion, signe). Qui a rapport à l'emploi des signes. Il On dit mieux, mais plus rarement, SÉMIOTIQUE.

— s. f . Ane. art milit. Art de faire mancuuvrer les troupes en leur indiquant les mouvements par signes, et non avec la voix.

— Méd. Partie de la médecine qui traita des signes des maladies,

— Encycl. Méd. En pathologie générale, la séméiotique traite des signes des maladies étudiés sous le rapport du diagnostic et du pronostic (v. ces mots). La séméiotique, créée par Hippocrate, cultivée par Arétee, Cœlius Aurelianus, Alexandre de Tralles, Galien, puis Duret, Vallès. Prosper Alpino, Fienus, Hommius, Leroy, Pezold, Colpe, Aubry, Gruner, Danz, Sprengel, Double, Landié-Beuuvais, etc., a spécialement été étudiée pâtées auteurs sous le point de vue du pronostic; sous le rapport du diagnostic, elle a été l'objet des travaux de tous les médecins observateurs depuis Hippocrate jusqu'à nos jours. Toutes les circonstances de la constitution du malade et la connaissance de ce qui peut avoir eu lieu antérieurement à la maladie et des circonstances actuelles font partie de lu séméiotique ; car, sans cet examen et sans cette connaissance, il n'est pas possible qu'on forme un j ugement correct sur la nature, la tendance, la durée ou 1a terminaison d'une maladie. V. diagnostic, pronostic.

SEMEL adv. (sé-mèl). Mot latin qui signifie Une fois, et dont on se sert quand on compte par Semel, bis, ter, qualer, etc.

SÉMÉLÉ s. f. (sé-mé-lé — n. mythol.). Astron. Planète télescopique découverte en 1S66.

SÉMÉLÉ, fille de Cadmus et d'Harmonie et mère de Bacchus. Elle fut d'abord aimée en vain par Actéon, que Diane, suivant quelques auteurs, ne fit périr qu'à cause de cette passion, elle-même brûlant d'un feu secret pour le beau chasseur. Jupiter s'éprit ensuite

des charmes de Sémélé et n'eut pas de peine à la séduire, grâce à sa qualité de maîtro des dieux déguisé sous les traits et la taille d'un adolescent. Mais il eut beau envelop-

fier cette nouvelle infidélité de tous les voies du mystère, Junon, la jalouse Junon, eut bientôt pénétré le secret, et la vengeance ne se fit pas attendre. Revêtant la figure de Béroé, la vieille nourrice de Sémélé, elle so présenta à sa rivale, lui inspira des soupçons sur la personnalité de son amant et lui donna le conseil perfide d'exiger de lui qu'il la visitât entouré de tous les attributs de sa puissance, afin de. lui prouver ainsi sa divinité. Jupiter, qui avait juré par le Styx à Sémélé de lui accorder sa demande, avant de la connaître, dut enfin remplir sa promesse. Il se montra donc à elle dans un nuage de lumière, tenant d'une main le sceptre et de l'autre la foudre. Sémélé, ivre de gloire et d'amour, lui tendit les bras et se précipita dans les siens; mais elle fut aussitôt embrasée et consumée. Mais l'enfant qu'elle portait dans son sein ne périt point; Jupiter l'enferma dans sa cuisse jusqu'au terme de sa naissance (v. Bacchus). Quand ce fils fut grand, il descendit aux enfers pour en retirer sa mère et obtint de son père Jupiter qu'elle serait admiso dans l'Olympe parmi les immortelles, sous le nom de Chioné ou Thyoné.

Suivant Pausanias, Cadmus s'étant aperçu de la grossesse de sa fille la fit enfermer, ainsi que son enfant, dans un coffre qu'il I abandonna à la merci des flots. Le coffre aborda à Brasies, en Laconie, où il fut recueilli par les habitants du rivage, qui élevèrent le jeune Bacchus. Quant à Sémélé, elle était morte. D'autres disent qu'elle mourut à Thèbes, où l'on montrait sa statue et son tombeau. Les orphiques ont beaucoup agrandi et peut-être défiguré la légende de Sémélé. On lit sur une pierre gravée que les ■ Génies tremblent à, son nom. »

La mort tragique et extraordinaire de Sémélé se présente souvent à l'esprit des écrivains, quand ils veulent caractériser par une image vive et énergique le danger qu'il y a quelquefois d'approcher de trop près les hommes revêtus d'une puissance souveraine, d'un pouvoir absolu, ou dont on est simplement séparé par une trop grande différence de fortune et de position. Mme Emile de Girardin a ainsi commenté cet épisode mythologique :

« Il voyait aussi le type de la femme ambitieuse dans l'imprudente Sémélé, qui périt victime de son orgueil. Un jour, elle supplia Jupiter d'apparaître à ses yeux dans tout l'éclat de sa gloire, et le feu du ciel la consuma. Ainsi périssent les femmes qui ont la passion du pouvoir. Elles régnent un jour, mais dans les alarmes ; elles s'élèvent par la faveur, mais pour retomber par la calomnie ; elles arrivent jusqu'au maître, elles touchent le sceptre, elles essayent la couronne ; mais elles ne voient pas au pied du trône l'abîme où elles doivent s'engloutir. Que de Sémélés dans notre histoire! Agnès Sorel morte de chagrin, Gahrielle d'Estrées morte empoisonnée, la duchesse de Châteauroux indignement persécutée, et tant d'autres célèbres ambitieuses, reines éphémères, dont la fin tragique fait pitié, sans compter toutes les autres Sémélés bourgeoises de nos jours 1 •

« Un roi est un grand acteur forcé de figurer sur la scène du monde; mais il revient en cachette déposer la majesté et se faire homme avec son ami... Ahl j'ignore ce que c'est que ces amis à la dérobée, et l'amitié entre le monarque et le sujet doit toujours trembler, comme cette nymphe de la Fable, que Jupiter ne s'oublie un jour et ne lui apparaisse environné de foudres et d'éclairs. »

Rivarol.

« La petite porte par laquelle M. Uertnann avait disparu se rouvrit et livra passage à un personnage tout couvert de contons, de plaques et de broderies, sous lesquels on avait quelque peine à reconnaître M. Uermann luimême, ou plutôt M. Von Moerland, qui avait repris son vrai nom, en s'affublant du costume et des insignes de ses fonctions. Il s'avança, toujours souriant, vers le jeune homme plus honteux encore que surpris, et lui tendant la main avec une grâce charmante, il lui dit :

« Eh bien, êtes-vous satisfait maintenant,

• jeune ambitieux, que vous avez forcé Ju-

* piler à se montrer à vous avec sa foudre, au » risque d'en être victime comme Sémélé? »

(L'Ami de la maison.)

SÉMÉLÉ ( Jean-Baptiste-Pierre), général français, né à Metz en 1773, mort à Urvi.lo en 1839. Il s'engagea en 1791 dans un bataillon de volontaires nationaux, monta en grade pendant les guerres de la Révolution et de 1 Empire et devint général en 1811. En 1814, il fit sa soumission au gouvernement royal, qui le récompensa en le nommant chelier de Saint- Louis et inspecteur général d'infanterie dans la 19» division militaire. Pendant les Cent-Jours, Sémélé se rallia a. la cause impériale et fut gouverneur de Stras.

SEME

bourg. Mis a la retraite sous la seconde Restauration, il fut, en 1822, envoyé à la Chambre des députés par le département de la Moselle et fut réélu en 1830.

SEMÉLIER s. m. (se-mé-lié — rad. semelle). Bot. Nom vulgaire des bauhinies.

SÉMÉL1NE s. f. (sé-mé-li-ne — du lat. semen, semence ; linum, lin). Miner. Variété de sphène de couleur jaune orangé qu'on trouve à Andernach, dans la Prusse rhénane, et qui a été ainsi appelée par Fleuriau de Bellevue, parce ce qu'elle se présente en très-petits cristaux ayant à peu près la forme de la graine de lin.

SEMELLE s. f. (se-mè-le. — Ce mot est probablement pour sebelle, comme samedi est pour sabedi, et doit appartenir à an type latin sapella, de la même famille que sapata, savate , et sapolus, sabot. Scheler suppose que le radical sap, qui est dans toutes ces formes, est un affaiblissement de la racine stap, fort répandue dans les langues de la famille indo-européenne avec la signification de presser, fouler aux pieds, marcher : sanscrit stabh, stambh, établir, affermir; grec slemphâ, fouler.; ancien allemand stemphàn, stemphan, même sens ; Scandinave stemma, presser ; allemand stampfen, slapfen, slappen, fouler aux pieds; lithuanien stabdau, russe stawliu , presser, fouler, etc. Comparez le slave stopa, vestige, soulier. Ménage tirait semelle d'un type sapella, qu'il regardait comme un diminutif de sapa, primitif de sapinùs, sapin). Ensemble des pièces qui font io dessous d'une chaussure : Semelles de buffle. Semelles imperméables. (Acad.) Quand on voyage, il faudrait qu'on pût emporter ses amis avec son bagage, sans compter la patrie, à la semelle de ses soutiers. (Riguult.) Il Chacune des pièces superposées qui forment le dessous d une chaussure : Souliers à simple semelle, à double, à triple semelle, il Pièce taillée en forme de semelle, qu'on met dans les chaussures pour garantir les pieds de l'humidité : Semelle de feutre, de liège, de crin.

— Etoffe dont on garnit par-dessous le pied d'un bas : Mettre des semelles d des bas.

Mon cordonnier l'a mis autour de ma semelle. La Fontaine.

— Longueur d'un pied d'homme chaussé :

Sauter quinze semelles. Mesurer tes semelles. Reculer, rompre d'une semelle.

— Ne pas reculer d'une semelle, Demeurer ferme, ne pas reculer, ne pas transiger.

— Ne pas avancer d'une semelle, Ne faire aucun progrès.

— Battre la semelle, Frapper en cadence ses pieds contre ceux d'un autre pour se les réchauffer, |] Marcher vivement, en frappant des pieds, afin de se les réchauffer. H Voyager à pied, courir le pays en exerçant son métier ou en vagabondant.

— Gentilhomme à simple semelle, Nom qu'on donnait autrefois aux individus dont la noblesse était suspecte.

— Art milit. Planche fixée de chaque côté d'un bateau de pont, k fleur des bordages, pour protéger le fond pendant les transports.

Il Planche fixée à une certaine hauteur du pied d'un chevalet de pont, pour en régler l'enfoncement.

— Artill. Planchette de bois fort épaisse, qui se place entre les deux flasques d'un affût, et sur laquelle pose le canon. H Plateau de bois sur lequel sont boulonnées les cra-

Eaudines qui portent un mortier. Il Pièces de ois assemblées en croix, portant le plateau circulaire qui reçoit la cheville ouvrière d'un affût de place, il Pièce de fer soudée sur la face inférieure d'un sabot d'enrayage.

— Mar. Assemblage de planches qui est adapté au bord d'un petit bâtiment à fond plat, et qu'on laisse plonger sous le vent pour diminuer la dérive. Il Planche de fond d'un bateau. Il Morceau de bordage qu'on place entre le bord et l'oreille d'une ancre, alin de préserver la muraille du navire contre les frottements.

— Pèche. Ligne fine qui part de la maîtresse corde.

— Constr. Plate -forme dans laquelle on assemble les pieds de la ferme d'un toit, pour en empêcher l'écartement.

— Techn. Pièce de bois couchée horizontalement sous le pied d'un étai ou dans quelques autres positions analogues : On met des semelles sous les bigues destinées à mater et démâter, afin de pouvoir les faire glisser de l'avant à Carrière quand il le faut. (Acad.) Il Pièce de bois d'équarrissoge qui supporte

les jambages d'un tour. Il Pièce d'appui de l'ordon d'un marteau, il Chacun des deux plateaux d'une presse entre lesquels on place la matière à comprimer. Il Morceau de fer aplati servant à la fabrication des feuilles de fer-blanc. Il Chacune des feuilles de tôle qu'on a repliées pour les soumettre à un troisième laminage, h Feuillet de bois propre ù être plaqué. 11 Plancher ou sol d'une mine de charbon de terre. Il Pièce d'acier préparée pour faire une lime : La semelle ne dénient lime qu'après la taille. Il Nom donné par les bouchers à un morceau de la cuisse du bœuf, appelé aussi gîte À la noix, il Poids de semelle, Poids de 24 carats d'or fin ou de 12 deniers d'argent fin, battu et aminci pour servir aux essais. Il Battre la semelle, Battre avec un

SEME

marteau, pour le corser, le cuir destiné à faire une semelle de soulier.

— Chir. Pièce d'appareil employée autrefois dans le bandage des fractures des membres inférieurs. Il Pièce de la machine à extension continuelle des fractures du fémur.

— Encycl. Constr. La semelle se pose horizontalement sous le pied d'un étai ou sous les retombées des arbalétriers d'une ferme de comble ; quelquefois, elle relie les pièces des poteaux verticaux d'une construction pour empêcher ces derniers de fléchir et de glisser sous l'action des contre-fiches qui leur transmettent une partie de la charge et créent en leur point d'attache une poussée tendant k déformer le système. Les semelles établies dans ces conditions sont soumises à un effort de traction pour lequel on doit calculer leur section. Soit une semelle reliant la partie inférieure de deux poteaux verticaux placés k une certaine distance l'un de l'autre et supportant une charge verticale par l'intermédiaire d'une pièce fixée à leur sommet, et un effort horizontal H résultant de l'inclinaison d'une contre-fiche placée à une hauteur h de la semelle et à une distance h' de leur sommet; pour déterminer la tension de la semelle, il suffit de chercher la réaction que H produira sur la semelle, ou mieux de décomposer H en deux forces parallèles, l'une » agissant sur la semelle, l'antre «' agissant au sommet des poteaux î on a donc

Si la charge verticale qui agit au point de jonction de la contre-fiche avec la pièce supérieure est égale k P, et si h l'angle de la contre-fiche avec le poteau est égal à 8, on a H = P tang 8, d'où la tension de la semelle exprimée en fonction de P et de 8 devient

Il faut donc donner à la semelle une section ù capable de résister k l'effort n ; si R est le coefficient de résistance pratique que l'on puisse admettre pour la matière employée, on a définitivement pour cette section

u = £ = P4ÂTÂôPtan°°-

S'il s'agissait d'une semelle reliant un système trapézoïdal, dans lequel les poteaux au lieu d'être droits fussent inclinés, on déterminerait de même la tension de la semelle, et on aurait, pour la valeur de »,

a étant l'angle que font les pièces inclinées avec la semelle.

SEMENCE s. f. (se-man-se — lat. semen, même sens). Grain que l'on sème, que l'on jetto en terre pour le faire germer : Blé de semence. Un boisseau, un setter de semence. Le froment chinois rend jusqu'à cent vingt fois la semence. (V. Hugo.") Il fuul pour la semaine avoir soin que la semence soit pure de tout autre grain. (Raspail.)

— Graine ou partie du fruit propre à la reproduction : Les SEMENCES du chardon sont pourvues d'une aigrette. (Acad.) Chaque arbre porte des semences propres à engendrer son semblable. (Bos?.) Les skmences de colza, de navets et des autres plantes de la famille des choux conservent la faculté de germer pendant six ou huit ans. (M. de Dombasle.) Une semence porte en elle son corps futur avec les propriétés et les qualités qu'il manifestera. (L'abbé Bautain.) Les semences d'un seul pavot envahiraient te globe en six ans, (A, Martin.)

— Sperme, liqueur proliUque des animaux mâles."

— Descendance, postérité : La semence d'Abraham, il N'est usité que dans le style biblique.

— Fig. Germe, cause d'où il doit naitre, avec le temps, do certains effets : Les instructions qu'on donne à cet enfant, à ce jeune homme, sont des semences de vertu. Ces rapports-là sont des semences de discorde. Les clauses obscures dans un contrat sont des semences de procès. Cet article du traité est une semence de guerre. (Acad.) Il y a des semences de bonté et de justice dans le cœur de l'homme. (Vauven.) Les personnes d'esprit ont en elles les semences de toutes te* ventés. (La Bruy.) L'argent est la semence de l'argent, et ta première pistote est quelquefois plus difficile à gagner que le second million. (J.-J. Rouss.) Les éloges sont la semence de la vanité. (M"1»: Monmarson.) De toutes les semences, l'arbitraire est la plus féconde. (E. de Gir.) Les politiques tuent tes hommes, mais le sang des martyrs est la semence des fidèles. (E. Laboulaye.) De toutes les semences confiées à la terre, le sang versé par les martyrs est celle qui donne la plus prompte moisson. (Balz.)

Isabelle pourrait perdre dans ses hantises

Les semences d'honneur qu'avec nous elle a prises.

Molière.

Je nourrie dans son cc&ur la semence féconde Des vertus dont il doit sanctifier le monde.

Racine.

Un bon dîner fait couler dans nos veines Des passions les semencts soudaines.

Voltaice.

SEME

— Quatre semences chaudes majeures, Anis, cumin , fenouil et carvi. il Quatre semences chaudes mineures, Ache, ainmi, carotte et persil. Il Quatre semences froides majeures, Concombre, melon, courge et citrouille, il Quatre semences froides mineures, Chicorée sauvage, endive, laitue et pourpier.

— Techn. Espèce de clou fort petit, employé par les tarsiers et les bourreliers. Il Semence de perles, Très-petites perles dont quatre ou cinq ne pèsent ordinairement qu'un grain : La semence de perles se vend à l'once. (Acad.) Il Semence de diamants. Trèspetits diamants dont on orne les bijoux.

— Encycl. Bot. V. graine et SPORE.

— Agric. V. semailles.

— Pharm. Les semences étaient des médicaments très-employés dans l'ancienne pharmacie. On avait : les semences chaudes majeures (anis, fenouil, cumin et carvi) ; les semences chaudes mineures (ache, persil, ammi et carotte). Ces semences constituent les quatre fruits carminatifs. Sous la nom de semences froides, on réunissait les graines émulsives de quelques plantes, auxquelles on attribuait des vertus réfrigérantes. Les semences froides majeures se composaient de semences de concombre, de melon, de citrouille et de courge. Les semences froides mineures, des fruits de laitue, d'endive, de pourpier et de chicorée sauvage.

Les semences carminatives sont encore employées pour apaiser les coliques occasionnées par les natuosités.

— Physiol. V. sperme et génération.

SEMENCEAU s. m. (se-man-sô — rad. semence). Agric. Betterave qu'on a replantée pour lui faire produire de la graine.

SEMENCINE s. f. (se-man-si-ne — dimin.

de semence). Bot. Syn. de semen-contra. On écrit aussi sementinb.

(3EMEN-CONTRA s. m. (sé-mènn-kon-tra — du lat. semen, semence; contra, contre, sousentendu vermes, les vers). Pharm. Sommités florales de diverses espèces d'armoises, qu'on administre contre les vers.

— Encycl. Le semen-contra est la fleur non épanouie de diverses armoises. Il a été considéré pendant longtemps comme une semence, ainsi que l'indique son nom. On connaît dans le commerce deux espèces de semen-contra. La première, le semen-contra du Levant, est verdàtre lorsqu'il est récent et devient rougeâtre en vieillissant; il est composé de pédoncules brisés, dépourvus de duvet et privés de leurs capitules, dont quelques-uns, cependant, k peine développés, sont encore sous la forme de boutons globuleux, attachés à l'extrémité de ces pédoncules. Mais le plus grand nombre de ces capitules sont plus développés et séparés des tiges. Us sont ovoïdes, allongés et composés d'ecailles imbriquées, scarieuses. Ce semen-contra possède une odeur très- forte et très-aromatique; il a une saveur amère et aromatique. Il est produit par Vartemisia contra et Vartemisia Sieberis, qui sont originaires de la Perse et du Thibet.

Le second, le semen-contra de Barbarie, est produit par l'artemisia glomerata de Sieber. Il se distingue du précédent par ses boutons floraux recouverts d'un duvet blanchâtre et par sa densité, qui est moindre ; il en possède, du reste, toutes les propriétés.

Le semen-contra doit son action stimulante à la présence de la santonine (v. ce mot). Il est très-employé comme vermifuge contre i'uscaride lombricoïde et le tiichooéphale ; il agit non-seuleinent comme vermifuge, mais comme amer et tonique; on l'administre ordinairement en poudre.

SEMENDRAKI, l'ancienne Samothrace, lie de la Turquie d'Europe, dans l'Archipel, au N.-O. d'imbro, à 37 kilom. de la côte de Roumélie. V. Samothrace.

SEMENDRIA ou SMEDEHEWO, ville forte de la Turquie d'Europe, dans la princi- ; pauté de Serbie, chef-lieu du sangiae de son nom, a 40 kilom. S.-K. de Belgrade, au confluent de laMorava etdu Danube; 12,000hub. C'est l'ancienne capitale de la Serbie et jadis la résidence de ses rois ; elle n'est plus aujourd'hui que le chef-liou d'un sangiae et le siège d'un archevêque primat.

1 SEMEJtOW, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 74 kilom. de Novgorod, sur la rive droite de la petite rivière de Sokhtonka, chef-lieu du district de son nom; 2,000 hab.

! SEMENTI ou SEMENZA (Jacques), peintre italien, né à Bologne en 15S0. François Gessi et lui étaient les élèves favoris du Guide. Ils assistèrent leur maître dans l'exécution des peintures de la chapelle du dôme de Ravenne et de celles qu'il lit dans les cours de Mantoue et de Savoie ; le Guide les aida, k son tour,

I dans plusieurs des travaux dont ils furent chargés k Rome et dans leur patrie. Se-

| menti est mort jeune. Son tableau le plus rpnommé est le Saint Sébastien de l'église de Saint-Michel, k Bologne. On a aussi de cet artiste, dans plusieurs églises de Rome, des tableaux à l'huile et de très-belles fresques, parmi lesquelles on cite surtout celles qu'il a exécutées dans l'église d'Ara -Coeli.

SEMENTINE s. f. Autre orto^iaphe de se-

MEKCINE.

SEME

SEMENTINES s. f. pi. (se-man-ti-ne — îat. sementvm; de sementis, semailles). Antiq. rom. Fêtes qu'on célébrait a Rome k l'époque des semailles.

— Encycl. Servius, un des sept rois de Rome, voulut qu'au temps des semailles chaque ville d'Italie consacrât au repos un jour, pendant lequel on allumerait dans la place publique un grand feu de paille. C'est cette fête qu'Ovide appelle sementinx ou paganalia. Ce poète, cariant delà solennité de celle

1 qui se célébrait en l'honneur de la déesse Paies, remarque que l'on avait l'habitude de passer trois fois par-dessus la paille enflammée, usiige qui, chez le peuple, a survécu au paganisme :

iloxque per ardentes stipula crepitantU aeervos, Trajicias céleri strenua membra pede.

SEMBNT1N1 (Antoine), médecin italien, né à Mondragone (Terre de Labour) en 1743, mort k Naples en 1814. 11 commença à l'Age de douze ans l'étude de la médecine k l'hôpital des Incurables de Naples. Un ouvrage sur la nature et les variétés de la folie, qu'il publia en 1766, le fit connaître d'une manière avantageuse. Quelque temps après, il gagna au concours une chaire de médecine k l'université de Naples et résista aux offres séduisantes de l'empereur Joseph II. qui voulait l'emmener k Vienne. Sementini fut un propagateur zélé des doctrines de Cullen et un adversaire déclaré du système de l'irritabilité de Haller. Il mourut d'une attaque d'apoplexie. Ses principaux ouvrages sont :

Brève delucidazione délia natura e varietà délia pazzia (Naples, 1766, in-80) ; Requisitoriodiunalunno(Bènéveni, 1774,in-8°) ;Ele-

■ menti di fisiologia (Naples, 1779, in-4°); Institutionum medicarum partes septem (Naples, 1780-1784,7 vol. in-8°) ; Lettura sut cervello (1784, in-S°) ; Institutiones physiologix in usum regii neapolitani archigymnasii (1794, 3 vol. in-8°); VArtedi curare le malattie (1801, in -8°); Saggio di prescrizioni mediche adatatte agli usi diversi (1803, in-8°) ; La patologia; ossia délia mulattia in générale e dellc sue varietà; preceduta da un saggio di esame del sistema di Brown (1803, in-8°); Prospelto analitico di una istitusione di fisiologia (1807, in- 8"); Parère sut conlagio delta tabe polmonare (1810 in-8°).

SEMENT1M (Louis), fils du précédent, médecin italien, né à Naples en 1777. Il professa la médecine à Naples et publia divers ouvrages, dont les plus importants sont : Instiluzione di chimica teorico-pratica (Naples, 1803, 2 vol. in-8°) ; Trattato elementare di chimica filosofica (Naples, 1813, 2 vol. in-8<>); Instituzione teorico-pratica di chimica filosofica (4 vol. in-S»).

SEMER v. a. ou tr. (se-mé — du lat. semen, semence, dérivé de sero, je sème. Sero est probablement pour seso, forme redoublée de seo, racine se, sa. De là le gothique «m'ait, redoublement saisâ , anglais squi , Scandinave sû,sôa, ancien allemand sûnn, sdhan, etc. De là encore le gothique séths, semailles, semence, anglo-saxon saed, Scandinave sud, saedi, ancien allemand, sût, sâti, etc., mais aussi sâmo, sâmon, exactement le latin semen , lithuanien seti , seju, d'où seja, semailles, setejas, semeur, sekla, semence, etc. De la l'ancien slave sieliie,sietva, semaille, et sieme, russe siemia, polonais siemie, illyrien sjeme, bohémien, eemeiio, semence. Le grec, qui manque seul k cette énuinération, possède cependant aussi la racine commune dans saô, sêlhô, cribler, c'est-à-dire répandre. Léo Meyer croit la retrouver dans le sanscrit so, proprement sa, détruire, dont le sens originel serait, suivant lui, jeter et qu'il considère, avec Benfey, comme une provenance de la racine as, jeter. Pictet préfère recourir, avec Bopp, à la racine sau, donner, répandre, d'une forme primitive sa. Bopp compare, d'après cela, le gothique séths, thème sédi, avec le sanscrit sâti, don, la semence étant ce que l'on donne, ce que l'on confie k la terre. Quoi qu'il en soit, la signification spéciale de ieiner est certainement propre aux langues européennes, et on n'en trouve aucune trace sûre en Orient. Change e en è devant une syllabe muette : Je sème; tu sèmeras). Mettre en terre pour germer : Semer du blé, de l'orge, de l'avoine. Semer des glands. Semer à la volée, à la main, en lignes. Semer au plantoir. Aucun des anciens écrivains agronomiques ne s'accorde avec Virgile sur le temps où il faut semer tes fèves. (Delille.) C'est avec raison que l'usage s'est établi parmi les cultivateurs de ne SEMER que des graines de céréales de la dernière récolte. {M. de Dombasle). Avant de semer, il faut labourer la terre. (J.-J. Rouss.) On s'abstient de semer quand il fait du vent, ou, si l'on y est forcé, on baisse la main pour que le grain ne soit pas emporté, (De Morogues.)

— Ensemencer, répandre des semences sur : Semer un champ, une terre.

— Kparpiller, disséminer, répandre çà et là, volontairement ou non : Semer des papiers sur le plancher. Semer de petits cailloux sur le chemin. Prenez garde ; vous semez votre argent. On avait semé des chausse-trapes dans les lieux où devait passer la cavalerie ennemie. On a semb des libelles dans toute la ville. Oh avait semé des fleurs sur son passage.

Je verrat les chemins encor tout parfumés Des fleurs dont sous nus pas on les avait umét.

ilACJÏ-iS.

SEME

n Parsemer, orner çà et là : Semer ses écrits de traits piquants, de mots fins, de citations latines.

— Fig. Poser d'avance, pour produire plus tard certains résultats : On ne recueille dans un âge avancé que ce qu'on a semé les premières années de sa vie, (Mass.) Les poêles sont comme les laboureurs : ils sèment avec profusion , parce qu'ils savent que tous les grains ne lèvent pas. (Dorât.) La douleur est un riche terrain qui ne restera jamais inculte ; il n'est besoin que d'un laboureur qui y promène la charrue et y sème le plaisir. (Serrurier.) Le pape sème dans les églises pour récolter dans le paradis. (E. About.) La société récolte ce qu'elle sème. (E. de Gir.) il Répandre, propager : Semer des erreurs. Semer une mauvaise doctrine. Semer de faux bruits, de fausses nouvelles. Semer des calomnies. Semer la discorde, la zizanie. Semer la terreur.

— Semer de fleurs, Parer, orner, embellir : Je leur semai de fleurs le bord des précipice).

Racine.

Semés vos entretiens de fleurs toujours nouvelles.

Voltaire.

— Semer de l'argent, Distribuer de l'argent, en donner à diverses personnes : Il fallut semer de l'argent pour gagner le peuple et les soldats. (Acad.)

— Semer en terre ingrate, Faire du bien à une personne qui n'en a point de reconnaissance; donner des leçons, des conseils à quelqu'un qui n'a pas les dispositions nécessaires pour en proliter. Il Se donner une peine qui restera Sans résultat. Il Semer sur le sable, sur le vent, Prendre un soin inutile, sans résultat : Pour l'endoctriner, j'avais beau suer sang et eau, je ne faisais que semer sur le sable. (Le Sage.)

J'accorde que je quitte un bien incomparable Pour semer sur du vcnl et bâtir sur du sable.

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