ROTROU
— Semer te carnage, Porter le carnage en divers endroits :
Dans nos champs, engraissés de tant de funérailles, Vous semiez le carnage et le trouble et Thorreur. J.-Ii. Rousseau.
— Semer des perles devant les pourceaux, Parler de certaines choses devant des personnes profanes, des sots, des ignorants, des personnes incapables d'en profiter.
— Prov. Il faut semer pour recueillir, On ne doit pas espérer une récompense, un salaire sans avoir travaillé. Il La crainte des pigeons n'empêche pas de semer, On n'abandonne pas une entreprise utile en prévision des obstacles qu'elle peut rencontrer.
— Véner. Semer ses fumées, Se dit du cerf qui, en marchant, jette ses fumées les unes après les autres.
— Techn. Semer un canon d'arme à feu, Le mesurer, en vérifier les différentes parties.
Se semer v. pr. Etre, devoir être semé : Le seigle se sème en automne. (Acad.)
— Syïl. Semer, enftAmeucer. V. ENSE- MENCER.
SÉMÉRIE (Eugène), médecin et publiciste français, né à Aix (Bouches-du-Rhône) le 6 janvier 1838. Il commença dans sa ville natale ses études, qu'il acheva au lycée Henri IV, à Paris, puis il se fit inscrire comme étudiant à l'Ecole de médecine. Reçu interne à la maison de Charenton (1855), il y consacra douze années à l'étude et au traitement des maladies mentales. En 1867, M. Sémérie quitta cette maison d'aliénés pour se faire recevoir docteur et passa avec succès, au mois de juillet de la même année, une thèse remarquable sur les symptômes intellectuels de la folie. Dans ce travail, acceptant la théorie cérébrale d'Auguste Comte, il appliquait ù l'aliénation la loi dynamique de 1 entendement humain ou loi des trois états, formulée par. ce philosophe, et il essayait de démontrer que dans cette maladie la raison humaine va à l'inyerse de l'état normal et redescend progressivement de l'état positif à l'état métaphysique, puis théologique, y compris son degré fétichiste. L'évêque d'Orléans, M. Dupanloup, ayant eu connaissance de cette thèse, s'empressa de la dénoncer non-seulement à la vindicte cléricale , mais encore à toutes les rigueurs administratives. Le docteur Sémérie lui répondit par une lettre étincelante de verve et d'une fermeté de langage qui lui fit fermer les portes de l'enseignement public. C'est alors que, pour utiliser ses connaissances acquises, M. Sémérie se fit publiciste. Il fut incidemment rédacteur scientifique du journal la Cloche et se consacra de plus en plus par ses écrits à la propagation de la doctrine positiviste, qu'il avait depuis, longtemps embrassée.
Pendant les deux, sièges de Paris (1870- 1871), le docteur Sémérie fut successivement chirurgien d'une batterie d'artillerie, membre de la commission d'armement du IX e arrondissement et directeur des ambulances. Il rédigea une adresse au gouvernement de la Défense nationale pour demander qu'on retardât l'élection d'une Assemblée qui pouvait empêcher la résistance et écrivit au général Trochu une lettre dans laquelle il demandait qu'on prolongeât la lutte. Après la conclusion de l'armistice (28 janvier 1871), il fit un appel public et par affiche aux Parisiens pour les engager à nommer comme dépu- ,
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tés à l'Assemblée nationale Garibaldi, Pi y Margall, Jacoby et Richard Congrève. En avril 1872, M. Sémérie fonda avec le docteur Robinet un journal hebdomadaire, la Politique positive (revue occidentale), qui parut jusqu'en juillet 1873 et dans laquelle il apprécia avec indépendance la dure période de réaction qui se produisit sous la présidence de M. Thiers. Depuis lors, il a encore eu maille à partir avec l'évêque d'Orléans, qui l'attaqua de nouveau dans un discours prononcé à l'Assemblée nationale au sujet de l'enseignement supérieur, en juin 1875, et il lui fit une verte réponse.
Indépendamment de nombreux articles, on doit à M. Sémérie : Des symptômes intellectuels de la folie (1867, in-8°), sa thèse de doctorat; Simple réponse à M, Dupanloup, évêque d'Orléans (1S68, in-16), qui a eu 4 éditions ; Positivistes et catholiques (Paris, 1868), exposé de la religion de l'humanité; la République et le peuple souverain (1871, in-8°) ; la Grande crise (1874, in-12), intéressant écrit sur les péripéties de la Révolution française depuis 1789 jusqu'à nos jours; la Loi des trois états (1875, in-8°), répouse à MM. Renouvier " et Pillon qui venaient de contester à Auguste Comte la découverte de la loi dynamique de l'entendement.
SEMERON, montagne de la Palestine, dans la tribu d'Ephraïm. La ville de Samarie fut bàtiesur cette montagne. Abia, roi de Juda, y délit Jéroboam, roi d'Israël.
SEMERY (André), jésuite, né à Reims en 1630, mort en 1717. Il professa à Rome et à Fermo, fut censeur de livres pour l'assistance de France et écrivit deux ouvrages : Triennium philosophicum (ttome, 1682, 3 vol.; 2e édit., Venise, 1723) et Difesa délia vera religione contro il grosso volume dei pretesi reformaiori e riformaii (Brescia, l7lo,in-4°).
SEMESTRAL, ALE adj. (se-mè-stral, a-le — rad. semestre). Qui se fait, qui a lieu chaque semestre : Les observateurs, et Hippocrate lui-même, établissent une division SEmestralb de l'année : il y a des maladies hyémaies et des maladies estivales. (Virey.)
SEMESTRE s. m. (se-mè-stre — latin semestris; de sex, six, et du primitif hw ou mes, mois, de la même famille que mensis, et correspondant comme lui au sanscrit mâs, mâsa, mois , ancien irlandais mis , ancien slave mieselsi, etc.). Espace de six mois consécutifs : II rend compte de sa gestion à la fin de chaque semestre. Les rentes sur l'Etat se payent par semestre. (Acad.) il Service qui a une durée de six mois : Etre de semestre. Etre hors de semestre.
— Portion de rente ou de traitement qu'on perçoit pour six mois : Payer le semestre échu. Il a touché, il a reçu son semestre, le premier, le second semestre de sa pension. Il lui est dû un semestre, deux semestres. (Acad.)
— Chacune des moitiés d'une compagnie judiciaire servant par semestre ; Assembler tes semestres, les deux semestres.
— Semestre de janvier ou d'hiver, Semestre qui commence le premier jour de janvier, u Semestre de juillet ou d'été, Semestre qui commence le premier jour de juillet.
— Hist. Création de titulaires destinés à doubler les titulaires existants, pour exercer par semestre avec eux, ce qui accroissait tes revenus de l'Etat : Les parlements s'élevèrent fortement contre le semestre.
— Administr. milit. Congé de semestre ou simplement Semestre, Congé de six mois que l'on accorde à un militaire : Il a son congé de semestre. Il est en semestre. Il passe son semestre dans sa famille. (Acad.) u Soldat ayant obtenu un congé de semestre : Itappeter les semestres.
— adj. Qui sert par semestre : Conseiller d'Etat semestre. On rendit tel parlement semestre. (Acad.) il Emploi vieilli.
SEMESTRIEL, ELLE adj. (se-mè-Stri-èl, è-le — rad. semestre). Qui se fait, qui a lieu, qui paraît chaque semestre : Assemblée semestrielle. Rente semestrielle. Revue semestrielle.
SEMESTRIER s. m. (se-mè-stri-é — rad. semestre). Militaire absent de son corps en vertu d'un congé de six mois : Les semestriers vont rejoindre lettr corps, leur régiment. (Acad.)
SEMET (Théophile-Emile-Aimé), compositeur français, né à Lille le 8 septembre 1826. Admis au Conservatoire de sa ville natale, il y fit de rapides progrès, apprit l'harmonie sous la direction de M. Baumann et, ayant obtenu une petite pension de son département, il partit pour Paris. Là, il continua ses études au Conservatoire et reçut des leçons de composition d'Halévy. Comme compositeur, M. Semet débuta en écrivant quelques airs agréables pour une petite pièce, la Petite Fadette, qui fut jouée aux Variétés en 1850. Quatre ans plus tard, il entra en qualité de timbalier à l'orchestre du Grand- Opéra. Un de ses amis, M. Carvalho, chanteur à l'Opéra-Comique, ayant pris la direction du Théâtre-Lyrique en 1856, M. Semet trouva enfin l'occasion de se produire complètement. Il fit représenter avec succès à ce théâtre, le 26 mai 1857, un opéra-comique eu deux actes, les Nuits d'Espagne, paroles de M. Michel Carré. Depuis lors, il a donné suc-
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cessivement : la Demoiselle d'honneur, opéracomique en trois actes, paroles de Mestépès et Kauffmann (Théâtre-Lyrique, 30 décembre 1857); Gil Bios, opéra-comique en cinq actes, de MM. Jules Barbier et Michel Carré (Théâtre-Lyrique, 4 mars 1860) , réduit à trois actes en décembre 1861 ; Ondine, opéra en troisacteseteinq tableaux, de MM.Lockroyet Mestépès (Théâtre-Lyrique, 7 janvier 1863) ; la Petite Fadette, opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, de Mme George Sand et de M. Michel Carré (Opéra - Comique , il septembre 1869), etc. Ce compositeur possède à un degré suffisant le don de la mélodie ; il a des idées originales et gaies, sait trouver des motifs piquants, notamment la complainte de Gil Blas; enfin, il a de l'habileté et de la distinction.
SEMEUR, EUSE s. m. (se-meur, eu-ze — rad. semer). Personne qui sème, qui sait semer : Un bon semeur. Il ne faut pas donner aux billons moins de largeur que celle qu'embrasse le semeur. (M. de Dombasle.) Le semeur prend ses mesures pour que tout le champ ait une égale quantité de semence le mieux espacée possible. (De Morogues.) Un semeur doit être un homme intelligent. (Bosc.)
— Fig, Ce qui pose une cause devant produire certains effets :
Le meurtre est un semeur qui récolte le mal.