‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 284 sur 1059 · C. DELAVIONS · texte numérisé non relu

C. DELAVIONS

— Sentir soi-même, connaître, apprécier eu quel état, en quelle disposition physique ou morale on se trouve : Se sentir fort. Se sentir faible. Se sentir malade. Se sentir mieux. Se sentir tout autre. Se sentir consolé, découragé, abattu. On doit hasarder le possible toutes les fois que l'on se sent en état de profiter même du manquement de succès. (De Retz.) L'homme se sent si passager qu'il a toujours de l'émotion en pensant a ce gui est immuable. (Mme de Staël.) Les filles qui se sentent jolies se laissent malaisément faire religieuses. (V. Hugo.) L'homme se sent à la fois grand et petit, fort et faible, puissant et impuissant. (Guizot.)

Le dégoût vint bientôt; il vint trouver son père ; . Depuis longtemps, dit-il, je ne me sens pas bien. <

Florian.

Il n'est réellement qu'un malheur véritable. C'est le malheur affreux de Je sentir coupable.

Mauoer.

— Avoir la conscience de soi-même, de son existence :

Relranchez ces jours superflus Où notre Ame, ignorant son être, Ne se sent pas encore ou bien ne se sent plus.

La Fontaine.

Il Avoir le sentiment de ses forces, de son mérite, de ses ressources : // se sent trop bien pour reculer devant les obstacles. On venait de mettre deux places au concours ; il commençait enfin à SB sentir et accourut se présenter. (Cuv.)

— Sentir à. soi, en soi t Je ne me sens plus la force. Je me sens un peu de fièvre. Pour vaincre ses défauts, il faut se sentir des vertus. (Mme Guizot.)

— Se sentir de, Eprouver les conséquences, les suites de : Se sentir des incommodités de la vieillesse. Se sentir D'une blessure, D'une chute. La France se sentira peut être encore longtemps des cruelles années, des pestiférés maximes et de l'odieux gouverneme'it du cardinal Mazarin. (St-Sim.J Le monde entier se

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sent des vertus ou des vices des grands. (Mass.) Le cœur et l'esprit des esclaves se sentent toujours db la bassesse de leur condition. (Montesq.) Tout ce gui tient à l'homme se sent de sa caducité. (J.-J. Rouss.)

Le vers se sent toujours des bassesses du cœur.

BoileaU.

Jupiter eut un fils qui, se sentant du Heu Dont il tirait son origine, Avait l'âme toute divine.

La Fontaine.

— Commencer à se sentir, Ressentir les premières impressions, les premiers désirs de lu puberté.

— Ne se sentir pas, Eprouver des transports poussés jusqu'à l'égarement : Je ne me sens pas de colère.

A ces mots, le corbeau ne se lent pas de joie.

La Fontaine.

— Se sentir du cœur pour une chose, Etro tout disposé à la faire, éprouver de l'ardeur pour la faire.

— s. m. Action de sentir, sensation, sentiment : Le sentis ne dépend pas de nous, mais le vouloir en dépend.

— Syn. Senllr, rcaaemir. V. SENTIR.

— AllUS. hiSt. Le corpfl d un enuemi niorg

■eut toujours bon, Mot atroce de Vitellius sur le champ de bataille de Bédriao. V. corps.

SENUS, nom latin du Shannon.

SEO-DE-URGËL, ville d'Espagne. V. Urgel.

SEOIR v. n. ou intr. (soir — du lat. sedere, même sens). N'est guère usité qu'au prés, de l'indic. : Je sieds, tu sieds, il sied, nous seyons, vous seyez, ils seient; à l'infinitif, au part, prés, séant, au part, passé sis, sise, et à l'impérat. du v. pr.). Etre assis : Jésus-Christ sied à la droite du Père. Il la fit seoir. (La Font,)

.„ Le saint hyménée Fait seoir à tes cotés la vertu couronnée.

Piron.

Se seoir v. pr. S'asseoir :

Eh! bien icyez-vous donc, marquis de Sanlillane.

Corneille.

L6ve-toi, sieds-ioi la, surtout, songe à te taire.

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