SEUL
quès plus haut, mais qui ne s'accordent pas beaucoup avec les formes rommes correspondant au français seuil). Pièce ou assemblage de pièces qui couvrent le sol à l'endroit d'une porte : Seuil de bois, de pierre. S'arrêter sur le seuil. Attendre sur le seuil. Jean-Jacques Rousseau , dans un religieux transport, baisa le SKuil de la porte du pavillon que Buffon avait consacre' à l'étude de la nature. (Sallentin.) Un bonheur réel se trouve rarement hors du seuil de la porte. (La Rochef-.Doud.) La loi veille à la porte du citoyen anglais, la justice seule a te droit d'en franchir le seuil. (E. Laboulaye.) Oh ! ne quittez jamais le seuil de notre porte ! Mourez dans la maison où notre mère est morte.
BlUZE'JX.
— Par est. Entrée : Le seuil d'une caverne. Satan, arrêté sur le seuil de l'enfer, regarde dans le vaste gouffre. (Chateaub.) Tout ce pays est d'une douceur charmante sous son air sévère; l'églogue vous prend au seuil de Bade et ne vous quitte plus. (P. de Si- Victor.)
— Fig. Commencement, début : Le seuil de la vie. Que la hardiesse s'arrête au si;uil de l'audace, comme la bravoure à celui de la témérité, (Descuret.) Ainsi que le premier homme, l'heureuse enfance trouve un paradis au si:uil de la vie. (Petit-Senn.) N'accorder rien et laisser iout espérer; causer sur le seuil de l'amour, mais la porte fermée, voilà toute la science d'une coquette. (Oh. de Bernard.)
De ces femmes pourtant l'hypocrite noirceur Au moins pour un mari garde quelque douceur; Je les aime encor mieux qu'une bigote altière Qui, dans son fol orgueil, aveugle et sans lumière, A peine sur Je settil de la dévotion, Pense atteindre au sommet de la perfection.
Boileau.
Le seuil de notre siècle est pavé de tombeaux.
A. de Musset.
Il Fin : Nos amis ne peuvent nous suivre que jusqu'au seuil de la vie. (Mme de Staël.)
— Navig. Ensemble des pièces de bois qui ferment les bateaux, tant à l'avant qu'à l'arrière. Il Seuil d'écluse, Pièce de bois posée en travers de la porte et entre deux poteaux, au fond de l'eau.
— Constr. Pièce de bois ou de pierre qui reçoit le pont-levis quand on l'abaisse.
— Pèche. Traverse d'une petite seine ou greuadière à chevrettes.
— Techn. Tablette fixée sur la masse du battant, et sur laquelle roule la navette. Il On l'appetle aussi seuillet et visrquette.
SEUILLET s. m. (seu-Jlè ; Il mil. — diminua de seuil). Mar. Pièce de bois qui forme la barre d'appui des sabords et s'assemble sur les allonges de la membrure.
— Bot. Nom vulgaire du sureau.
— Techn. V. seuil.
SEUL, SEULE adj. (seul, seu-le — latin solus, mot qui, selon Eichhotf, appartient à la même famille que le latin solidus, solide. Ce savant rapproche ces deux formes du grec teleos, teletheis, lithuanien czelos, russe eielyi, sanscrit iatat, talitas, plein, complet, de la racine lai, fonder, établir; grec teleâ, d'où aussi le sanscrit tala, surface plane, fond, base, ancien slave tlo, pavé, irlandais talam, terre, ancien irlandais tealta, teallach, latin tellus, même sens, et Telluno, un dieu de la terre). Qui n'est point avec d'autres, avec qui il n'y a personne : Etre seul. Vivre tout seul. Je trouve aucunement plus supportable d'être toujours seul que de ne te pouvoir jamais être. (Montaigne.) Manger seul, c'est manger comme les lions et les loups. (St- Evrem.) Nul homme ne voudrait-être seul au monde. (Rivurol.) Nul ne marche seul la nuit sans tremblement. (V. Hugo.) Il vaut mieux quelquefois aller seul que d'aller en mauvaise compagnie. (Dupin.) Userait inconvenant pour une jeune fille de sortir seule. (Mme Romieu.) La disposition à vivre seul et en soi-même produit la tristesse. (Taine.) Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi.
La Fontaine.
Je m'en retournerai seule et désespérée.
Racine.
Messieurs, laissez-moi seul, et trêve de vos soins.
Reonabd.
— Qui n'est avec aucune autre personne que celles qui sont désignées, dénommées : Laissez-nous seuls. Les enfants ne doivent pas sortir seuls. Il est parti seul avec son père. Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir^par l'embarras où l'on est de se (rouuer seuls. (La Bruy.)
— Qui est dans l'isolement, en dehors de la société : L'homme entièrement seul est celui qui n'a point d'ami. (La Bruy.) Celui qui aime n'est jamais seul. (La Rochef.-Doud.)
— Solitaire, où il n'y a personne, où il y a très-peu de monde : Cette campagne est seule et triste.
— Unique, à l'exclusion de tout autre : Un seul Dieu. Il fut seul puni. .C'est la seule ressource qui nous reste. Il se croit SKVL.sage, SEUL parfait. Les grands croient être seuls parfuits. (La Bruy.) Les Arabes peuvent mettre en un seul jour cinquante lieues de désert entre eux et leurs ennemis. (Buff.) Les seules conquêtes durables sont celles qui sont faites sur les cœurs. (J.-J. Rouss.) Je ne doute point que les anciens n'aient évité biendes maux par les seuls bains. (Grimm.) La raison fait des