G ILE S SET
— Gramm. Pour savoir à quel mode et à quelle personne se met le verbe après le seul qui, que, dont, voir la note sur les mots Subjonctif et PRONOM.
Seul change de sens selon qu'il est placé avant ou après certains substantifs : Un seul homme, c'est-à-dire un homme seulement et non plusieurs ; Un homme seul, c'est-à-dire un homme sans compagnie.
— Syn. Seul, unique. Lorsque ces adjectifs se placent après le substantif, seul veut dire sans compagnon, isolé, tandis que unique si-
fnifie sans égal; sans qu'il y ait rien de semlable. Un homme seul est éloigné de tous les autres'; un homme unique ne ressemble à aucun autre. Mais quand les mêmes adjectifs précèdent le substantif, la distinction est plus délicate; alors seul est relatif et unique est absolu; on dira ma seule ressource pour signifier celle que les circonstances permettent encore d'employer, et mon unique ressource pour faire entendre que l'on n'en a jamais eu, que l'on n'en aura jamais d'autre.
Seuil roman, publié en 1857 par Xavier Boniface, sous le pseudonyme de Saintine. C'est l'histoire d'un marin abandonné dans une lie déserte, le récit soi-disant véritable des aventures de l'homme dotit Daniel de FoB a fait le héros de son Robinson Crusoé. Selcraig, fils d'un cordonnier, est adopté par le seigneur de son village et élevé comme son fils ; mais, après la mort de son bienfaiteur, il est obligé de travailler dans l'échoppe paternelle. Ne pouvant supporter ce genre de vie, il s'échappe et s'engage dans la marine marchande. De retour en Ecosse, il s'embarque avec Dampier pour les mers du Sud et pendant tout le voyage se voit de la part du capitaine Stralding l'objet d'attentions qui l'étouaent. Le motif était facile k comprendre ; tous deux courtisaient la même femme, et le capitaine met en œuvre tous les moyens possibles pour écarter son rival, sans reculer même devant le crime. Après divers accidents d'où ii se tire sain et sauf en déjouant les projets homicides de Stralding, qui a levé
seum
le masque, il est lâchement abandonné dans une lie déserte, celle de Juan-Fernandez, nouvellement découverte.
Le roman est le récit de la vie qu'il mena dans ce lieu sauvage pendant quatre années, n'ayant d'autre compagnon que la guenon Marimonda. La solitude lui pèse tellement qu'il pleure le jour de la mort de ce pauvre animal, que dans le principe il détestait. Le capitaine Bogers le trouve dans son lie et le ramène à Londres, où il se marie.
11 est inutile d'analyser ce roman d'une manière plus détaillée, car ce serait la même histoire que celle de Robinson Crusoé, où l'on voit les facultés de l'homme se développer naturellement dans une situation désespérée, sous l'empire du besoin.
Le style de cet ouvrage est simple, correct et élégant; c'est un récit intéressant pour tous les âges et surtout pour l'enfance.
SEULEMENT adv. (seu-le-man — rad.
seul). Rien de plus, pas davantage : Nous serons trois SEULEMENT. Souffres SEULEMENT
qu'il vienne vous parler. Je juge seulement à vue de pays que notre nation a été toujours très-légère: (Volt.)
Donnez-moi seulement six pistoles pour boire, Nous allons vous lâcher...
Molière.
Je n'attends pas de vous de si sanglants exploits, Et je veux seulement emprunter votre voix.
Racixe.
— Uniquement : Les grands regardent le reste des hommes comme des créatures d'une autre espèce et faites seulement pour servir à leurs passions. (Mass.) C'est chez les peuples libres seulement que ta vérité peut naître. (A. Mart.) La vie n'est pas seulement un don, mais un bienfait. (Géruzez.) Il arrive parfois que l'on écrit seulement pour se faire plaisir à soi-même. (L. Jourdan.)
Il va voir l'Opéra seulement pour les vers.
Boilbau.
— En ce seul point, en un seul point : Il n'a pas refusé, mais seulement il voudrait des garanties.
Il était plein d'esprit, de sens et de raison ; Seulement pour l'argent un peu trop de faiblesse De ses vertus en lui ravalait la noblesse.
Boileau.
— A peine, pas plus tôt que : Le courrier est arrivé seulement de ce matin.
D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire.
Racine.
— Au moins : Si seulement il nie répondant
Semblait-ik seulement qu'il eût part à nies larmes?
Racine.
— Pas seulement, Pas même : Il n'a pas seulement été indisposé. Vous ne m'avez pas Seulbment écrit. Il ne lui reste pas seulement une ombre de raison. (Fén.)
Sa grâce a. vos désirs pouvait être accordée, Mais vous ne l'avez pas seulement demandée.
Racine.
— Non- seulement. V. ce mot à son ordre alphabétique.
— Gramm. Cet adverbe ne doit jamais être employé concurremment avec la locution ne... que, parce que cette locution exprime déjà par elle-même l'équivalent de seulement, et la même idée ne doit pus être exprimée deux fois sans utilité. Ne dites donc pas : Vous n'avez seulement qu'à faire un signe, mais dites : Vous n'avez qu'à faire un signe.
SEULERE s. m. (seu-lè-re — rad. seul).
Techu. Défaut de fabrication des tissus qui consiste en ce qu'un til est simple, tandis qu'il devrait être double. Il On dit aussi solbre.
SEULET, ETTE adj. (seu-lè, è-te — dimta. de seul). Tout seul; est surtout usité dans la poésie pastorale :
"J'ai vu le temps qu'une jeune fillette Pouvait sans peur aller au bois seuleite.
La Fohtains.
Hier Nicette, Sous des bosquets Sombres et frais, Marchait seulelte.
Parnt.
SEULLON s. m. (seu-lon). Métrol. Ancienne mesure de terre qui avait i pieds de largeur sur 120 pieds de longueur.
SEUME (Jean-Godefroy), poète et littérateur allemand, né il Posern, près de Weissenfels, en 1703, mort en 1810. Fils d'un paysan, il fut élevé aux frais d'un riche seigneur qui l'envoya étudier la théologie k Leipzig; mais, dégoûté de l'obscurité des dogmes^ il quitta Leipzig pour se rendre à Paris. En route, il tomba entre les mains de racoleurs qui l'embarquèrent pour l'Amérique dans un corps de troupes hessoises. A peine de retour du Canada, où il avait combattu jusqu'à la conclusion de la paix, il fut de nouveau pris par des enrôleurs prussiens, incorporé comme simple soldat, et, ayant essayé à deux reprises de s'enfuir, il n'échappa que par miracle à la peine de mort. Ayant enfin recouvré sa liberté, grâce à la générosité d'un bourgeois qui lui prêta 80 thalers, il se rendit à Leipzig, y traduisit un roman anglais intitulé Henriette Warr-en et, avec le prix de celte traduction, remboursa la somme qu'on lui avait prêtée. Il se consacra dès lors a la littérature, devint secrétaire du général