‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 33 sur 1059 · V. Sagonte · texte numérisé non relu

V. Sagonte

SAGY, bourg et commune de France (Saôneet-Loire), cant. de Beaurepaire. urrond. et à 8 kilom. S.E. de Louhans, sur te bord de la Vallière; pop. aggl., 299 hab. — pop. tôt., 1,993 hab. Moulins à blé et à huile, poteries, tuileries, briqueteries, commerce de bétail. Ruines d'un ancien château fort.

SAHADÉVA, héros de la mythologie indoue, le cinquième des Pandavas, frère jumeau de Nacoula, fils deMâdriet de Pandou, suivant quelques-uns d'un Aswini-Coumâra.

Les Aswini-Couniâra sont deux demi-dieux, jumeaux comme Castor et Pollux, fils du Soleil et de la femme de ce dieu métamorphosée en jument. Us sont les médecins du ciel. Sahadéva fuyant avec ses frères l'ambitieuse fureur de Douryodhana (v. Pandavas) subit avec eux tous les maux de l'exil. A la cour du roi Virâta, il se cacha sous le déguisement de berger. Il se distingua dans la guerre qui éclata ensuite et ôta la vie à un guerrier fameux nommé Sacouni. Crichna lui fit épouser sa petite-tille Bhànoumati. 11 se retira, comme ses frères, dans 1» solitude, où il finitses jours entièrement désabusé des plaisirs du monde.

SA II AG UN, bourg d'Espagne, province et à 54 kilom. de Léon, entre deux petites rivières, chef-lieu de juridiction civile ; 2,630 hab. Fabrication de rubans de laine. Restes d'anciennes murailles d'enceinte et d'un château fort. Abbaye de bénédictins, dont l'église renferme "le tombeau d'Alphonse VI. Sous les murs de ce bourg, le général anglais Moore battit les Français en 1808.

SAHAGUN (Bernardino), franciscain espagnol, mort à Mexico en 1590. Pendant son long séjour au Mexique, il rédigea, sur les l'apporta des indigènes, une notice qui est considérée comme l'ouvrage le plus complet qu'on possède sur le Mexique avant la conquête espagnole. Oublié pendant deux siècles dans la bibliothèque de Madrid, ce travail fut inséré par lord Kingsb.irough dans le vio vol. des Antiquités Mexicaines (Londres, 1830).

SAHARA, vaste contrée de l'Afrique sep-t tentrionale, qui forme le plus grand désert du globe. Elle est comprise entre le grand plateau de Berbérie au N. (Maroc, Algérie, régences de Tunis et de Tripoli), l'océan Atlantique à l'O., la Sénégambie et le Soudan au S., la vallée du Nil àl'E.; entre 16° et 30» de latit. N. et 19» 27' de longit. O. et 27» de longit. E. Elle mesure 5,000 kilom. de l'E. à 10. et 2,000 du N. au S. Dans ces li-

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mitos, le grand désert de Sahara, y compris les nombreux endroits cultivés ou oasis qu'on y rencontre et le territoire du Fezzan, présente une superficie d'environ 84,000 myriamètres carrés. Le mot Sahara vientd'un mot arabe qui signifie pâturer, par opposition au mot Tell, qui signifie labour. On ne connaît guère du Sahara que les côtes ou les lignes suivies par les caravanes. Ces lignes sont déterminées par des oasis que l'on rencontre au milieu de l'immense nappe de sables mouvants dont se compose cette vaste région, La plus célèbre de ces oasis est Insalah, située dans le Sahara occidental, qui sépare l'Algérie du Soudan, i Lorsque, du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, de la Tripolitaine, de l'Egypte même, on veut se rendre dans le Soudan de l'ouest, dit un écrivain, il faut passer par là; et, en sens inverse, quand on repart de Toinbouctou, des rives du haut Niger, du Sénégal ou de la Gambie pour revenir

I aux lieux que l'on avait quittés, Insalah (la

1 source des saints) est encore le phare invisible qui dirige la marche des caravanes. Toute l'Afrique du nord se donne rendez-vous en ce point unique quand elle veut mettre la

| Méditerranée en rapport avec les parties du continent qui se perdent dans les profondeurs

1 mystérieuses du Midi. Aussi, à cet incomparable carrefour, on voit se croiser presque autant de routes que de points à l'horizon. » L'uniformité du désert n'est interrompue que par des monticules sablonneux, des collines rocailleuses et par des massifs d'arbustes épineux où l'on trouve un peu. d'herbe, une source où se désaltère l'homme altéré par tant de fatigues et par l'excessive ardeur du soleil. Sur la côte du Sahara que baigne l'Océan, on remarque la baie du Lévrier, à l'ouest de laquelle s'avance le cap Blanc, et un peu plus au sud la baie d'Ar^ut'n, qui est bordée, à l'ouest, par un vaste banc de sable et de rochers fameux par un grand nombre de naufrages. Les caps Joby et Bojador se montrent plus au nord ; ils furent doublés pour la première fois par les Portugais, sous la conduite de Gilles Anes, eu 1433. Au sud se trouve le port français de Portendik. Le long de la côte du Sahara s'élève une série de montagnes qui ne sont le plus souvent que des picsisoîés. Les montagnes Blanches sont les seules encore que l'on connaisse. Elles se terminent au cap Blanc. Les monts Ciulra sont un peu plus au nord ; le Djebel- Khal, ou les montagnes Noires, au N.-E. du cap Bojador. Les monts Monselmines ne sont qu une ramification de l'Atlas. Entre le territoire d'Haïr et celui d'Agadès se trouvent les monts de Meyrum ; à l'est s'élèventles monts Tiberty. Vers la partie centrale s'étend une suite de hauteurs ; ces chaînes étant très-peu connues, on n'a pas encore pu indiquer la liaison qui existe entre elles. On n'a pu faire également aucune classification systématique de l'hydrographie de cette contrée inexplorée. On ne rencontre en général dans le Sahara que quelques cours d eau qui, après avoir parcouru les oasis, vont se perdre dans les sables. Ceux qui peuvent arriver jusqu'à l'Océan sont le rio de Ouro, la rivière de Saint-Cyprien et celle de Saint-Jean. Les rayons ardents du soleil des tropiques font de ce vaste désert une véritable fournaise; les vents fréquents soulèvent les sables qui roulent ou tourbillonnent comme les flots de la mer. Pendant une grande partie de l'année, l'air sec et échauffé ressemble à une vapeur rougeâtre. C'est dans le Sahara que l'on voit surtout se produire le phénomène du mirage. Du mois de juillet au mois d'octobre, il y tombe, en certains endroits, une Eluie abondante. Le palmier-dattier est l'arre le plus commun des oasis; on y trouve aussi d'autres arbustes utiles et précieux par leurs produits, notamment l'acacia qui fournit la gomme arabique, dont on l'ait un grand commerce. Les lions, les panthères, les serpents d'une grosseur énorme ajoutent encore à l'horreur du désert, où l'on rencontre également des gazelles, des buffles sauvages, des hyènes, des chacals, etc.; l'autruche y vit en troupes nombreuses ; des chèvres et des moutons se trouvent dans les oasis ; les chevaux y apparaissent, mais en petit nombre. Le chameau est l'animal le plus utile de ces contrées. Dans le Sud-Ouest, on trouve de vastes couches de sel gemme et des sources et lacs salés dans divers endroits. On a supposé, par la grande quantité de sel répandu dans tout le Sahara, qu'il n'est que le bassin d'une mer disparue par une convulsion de la nature.

La population dispersée dans tout le Sahara peut s'évaluer à 1 million d'âmes ; elle se compose de tribus maures, berbères et arabes; les habitants ont le teint cuivré; ils sont robustes et font quelquefois subir d'horribles traitements à ceux qui font naufrage sur leurs bords ou qui s'aventurent dans le grand désert. Les Touaregs sont particulièrement redoutables ; quelques tribus sont trèsindustrieuses ; elles fabriquent des tissus de poil de chèvre et de chameau, et travaillent les métaux. Vers le centre septentrional se trouve une contrée qu'il faut distinguer du Sahara proprement dit ; elle n'a pas de bornes bien précises et est appelée par les Arabes Belad-el-Djerid; elle comprend le Daharh, le Zab, le pays de Tozev, l'oasis de Ghadaniès, etc.

On appelle Sahara algérien cette partie de l'Atlas où les Français ont porté leurs armes

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victorieuses. C'est l'une des grandes divisions naturelles qui commencentou cesse la culture des céréales; on l'a généralement limitée au nord par une ligne qui, de l'ouest à l'est, passe un peu au sud deSebdoù,Daia, Tiaret, Bo^hur, Bulhna, etc.-, mais cette limite est Jurement conventionnelle, car on rencontre e Tell, ou terre des céréales, au delà de ces points conventionnels. Le Sahara algérien a des différences d'altitude d'au moins 8,000 mètres ; son point culminant est l'Ahaggar, qui conserve la neige pendant plusieurs mois et d'où se détachent des lignes de faite qui partagent le Sahara en trois grands bassins fluviaux : le Taffassaset, qui s'ouvre vers le Soudan et Tombouetou ; le Tirherert, qui débouche à l'ouest ; l'Igharghar, qui s'ouvre vers le golfe de Babèset la Méditerranée. Le Sahara algérien présente des montagnes rocheuses qui, parallèles à la mer, sont très élevées au nord, accidentées à l'est, en s'abaissant graduellement à l'ouest, où elles se

terminent par une suite de monticules et de . dunes mouvantes. Les monts qui font face au Tell sonttrès-abrupts; de l'autre côté, Us se terminent en pentes adoucies versles sables; il s'échappe de toutes ces montagnes d'innombrables cours d'eau qui se dessèchent pendant huit mois de l'année et se perdent dans les sables; en hiver, ces rivières forment autant de marais salants qui sont bordés d'algues marines. C'est avec raison qu'on a dit que le Sahara était la patrie du cheval et du mouton ; c'est la région des parcours de troupeaux, des chasses a l'autruche et a la gazelle et du vol au faucon ; la culture, sauf de rares exceptions, est dévolue aux races dégénérées et déchues. Les habitants du Sahara algérien cultivent en général des terres et surtout des jardins dont les légumes sont la principale production. Les tribus nomades se réfugient dans les terres cultivables du Tell à l'époque des chaleurs ardentes. Sur 39 millions d'hectares que contient l'Algérie, le Tell en comprend environ 13,900,000, soit un tiers environ; le Sahara, les deux autres tiers. Chaque grande oasis du Sahara est entourée d'un certain nombre de villages; en plusieurs endroits, les centres populeux sont séparés par des espaces complètement nus et distants de plusieurs journées de marche, surtout dans le nord du Sahara. La culture est très-négligée dans toutes les parties du Sahara algérien, comme dans les auîres parties du grandSahara.il faut excepterlatarreduTell, où les Arabes sont plus portés k la vie sédentaire et agricole.

Le capitaine d'état-major Roudaire, chargé de travaux géodésiques relatifs à la méridienne de Biskra, fut frappé, en 1873, de l'abaissement d'une partie du Sahara algérien au-dessous du niveau de la Méditerranée. 11 émit alors l'idée que la mer avait autrefois couvert cette partie de l'Algérie, qu'elle avait été mise à sec et séparée de la Méditerranée par un amoncellement de sables, et il proposa de ressusciter en quelque sorte cette mer intérieure, en ouvrant une tranchée à travers les dunes qui séparent la Méditerranée de la dépression saharienne. Il lit connaître au gouvernement et à l'Académie des sciences ses observations et son projet, dont l'exécution , selon lui , exigerait une dépense de 20 millions. L'Assemblée nationale a voté, en 1S74, un crédit de 10,000 francs pour que M. Roudaire se livrât à une exploration géouésique du Sahara algérien. Ajoutons que des hommes très-compétents se sont attachés à , réfuter les idées émises par M. Roudaire sur l'existence d'une ancienne mer saharienne, et à montrer que la création d'une mer nouvelle pourraitavoirde graves inconvénients.

Des peuples primitifs habitèrent autrefois les régions du Sahara ; les anciens géographes ignorent leurs noms. Les Arabes, qui n'ont pas beaucoup de monuments écrits pour rappeler même le souvenir de leur origine et de leur existence primitive au milieu des autres peuples, les Arabes, dans leur tradition orale qui souvent est plus lidèle que leurs écrits sur certains points, appellent ces peuples primitifs Garamantes ou Gérules, en faisant remonter l'origine de ces derniers à une époque qui se perd dans la nuit des temps. Comment d'ailleurs parvenir à connaître d'une manière authentique l'existence de ces anciens peuples, lorsque, aujourd'hui même, on ne peut connaître l'intérieur du Sahara algérien et des autres parties barbarcsques qui l'entourent que par des caravanes appelées par les Arabes akkaba/i? Quelques naufragés ont aussi donné sur ces lieux, enooru mal explorés, quelques détails; mais la science géographique ne saurait se contenter de si peu; elle doit attendre que le temps ait répandu plus de lumière et donné des notions beaucoup plus précises. Il existe cependant sur cette contrée un certain nombre de relations de voyages , très-intéressantes à consulter. Les voyageurs anglais ont été les premiers hardis explorateurs du Sahara. Des voyageurs allemands ont publié, sur leurs explorations dans cette vaste contrée , des ouvrages pleins d'intérêt, mais qui ne semblent pas toujours s'accorder avec ce qu'ont dit nos voisins d'outre -Manche. Aujourd'hui, des explorateurs français se sont pris d une ardeur émulatrice, et tout fait espérer que leurs relations seront utiles à la géographie. Parmi les plus récents explorateurs français du Sahara, nous citerons MM. .Dournaus.- Dupéré et Joubert, qui ont été assassinés en

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