SAGR
il fut élu, durant son séjour, membre correspondant de l'Institut, section des sciences morales et politiques. En 1831, M. de La Sagra avait publié à La Havane une Histoire économique, politique et statistique de l'île de Cuba,- il fit paraître comme supplément un Bref aperçu de l'administration, du commerce et des revenus de Cuba pendant les années 182G ri 1834, qu'il a replacé dans le remaniement de son premier ouvrage, réédité en 1837 sous le titre d'Histoire physique, politique et naturelle de Vile de Cuba (Paris, 1837-1842). Cet important ouvrage a été traduit dans notre langue par MM. d'Orbigny et Lefèvre et abrégé par M. Sabin Berthelot. En outre, cet économiste publia un récit de son séjour en Amérique, intitulé Cinq mois aux Etuis- Unis de l'Amérique du Nord, du 20 avril au 23 septembre (Paris, 1836, in-8°), et il fit paraître, l'année suivante, un Voyage en Hollande et en Belgique, sous le rapport de l'instruction primaire, des établissements de bienfaisance et des prisons dans les deux pays (Paris, 1839), ouvrage qui, publié en français, a été traduit en hollandais et en espagnol. Partisan des idées libérales, M. rie La Sagra intervint, vers 1837, dans des discussions qui s'élevèrent en Espagne au sujet de l'administration coloniale et publia à ce propos ses Eclaircissements, destinés à expliquer l'article additionnel au projet de constitution (1837). En 1810, il fit à VAthenœum de Madrid un cours d'économie politique , fonda , de concert avec M. Rufino, une revue hebdomadaire intitulée le Guide du commerce et prit la direction de la Revue des intérêts matériels et moraux. Il composa en même temps plusieurs ouvrages destinés à populariser en Espagne ses idées économiques et la science de 1 économie sociale en général : Leçons d'économie sociale (Madrid, 1840) ; Réflexions sur l'industrie espagnole (Madrid, 1812); Recherches sur l'industrie belge (Madrid, 1842); Recherches sur l'industrie allemande (Madrid, 1843) ; Matériaux pour une bibliothèque des économistes espagnols (Madrid, 1818). Lors des événements de février 1848, M. Ramon de La Sagra vint à Paris et se mêla activement au mouvement social; il partagea même très- vivement les idées de Proudhon et soutint de tous ses efforts le projet d'une Banque du peuple. Il fit paraître aussi quelques articles dans le Peuple et de nombreuses brochures sur des questions sociales : Organisation du travail (1848) ; le Problème de l'organisation du travail devant le congrès central d'agriculture (184S) ; Science sociale, idées préliminaires (1848) ; Banque du peuple, théorie et pratique de cette institution fondée sur la doctrine rationnelle (1849) ; la Vérité à tous, extrait du journal l'Assemblée nationale (8 janvier 1849) ; Mon contingent à l'Académie, sur les conditions d'ordre et les ressources sociales (1849) ; les Partis en Espagne (1849); Essai sur certaines facultés mathématiques des aveugles et les avantages qu'on pourrait en tirer (1850, in-8°). En 1851, il fit partie de la commission espagnole de l'Exposition universelle de Londres et publia des Notes sur les produits espagnols envoyés à l'Exposition suivies de quelques considérations sur l'industrie espagnole (Londres, 1851). Les événements qui s'accomplirent en 1854, en Espagne, le poussèrent à rentrer activement dans la politique. Elu député aux cortès, il devint un des membres de l'union libérale, parti qui se rapprochait plus d'O'Donnell que d'Espartero ; et lors des discussions qui précédèrent l'organisation de la première chambre, il parla contre la proposition de M. Olozaga relative à l'établissement d'un sénat électif. Il s'était montré dévoué partisan de la royauté; cependant, fidèle à ses opinions sociales, il se rapprocha de l'extrême opposition dans toutes les questions économiques et fut un des approbateurs de la loi de désamortissement. Il se retira de la vie politique en juillet 1854, après le coup d'Etat du général O'Dounell. En 1861, il entreprit la publication d'une Histoire physique, économique, politique, intellectuelle et morale de l'île de Cuba, dont on commença l'impression à Paris en 1861. A cette publication s'en rattachent deux autres d'une moindre importance, Cuba en 1860 (Paris, J862) et Icônes plantarum in flora cubiena descriptarum (Paris, 1863).
SAGRE s. f. (sa-gre). Ichtliyol. Poisson du genre squale, qui vit dans les mers d'Europe.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, type de la tribu des sagrides, comprenant une trentaine d'espèces qui habitent les régions chaudes de l'Asie et de l'Afrique, ainsi que les îles voisines.
SAGRÉA s. m. (sa-gré-a — de Ramon de La Sagra, savant espagn.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des mélastomaeées, tribu des miconiées, comprenant une quinzaine d'espèces qui croissent dans l'Amérique tropicale. Il On dit aussi sagrée s. f.
SAGREDO (Nicolo), doge de Tenise, mort en 1676. Il succéda, en 1674, à Domenieo Contarini dans la première magistrature de la république. Son administration, qui dura deux années, ne fut signalée par aucun événement notable et la république put eu paix s'adonner au commerce. 11 eut pour successeur Louis Contarini.
SAGREDO (Giovanni), historien italien, frère du précédent, né à Venise vers 1S10,
SAHA
mort à la fin du xvrie siècle. Sénateur de Venise, il fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire de la république en Angleterre (1650) , en France (1656) et en Allemagne (166a). Nommé, à son retour, procurateur de Saint-Marc, il prit la défense de Morosini, accusé d'avoir livré Candie aux Turcs, et il le saliva de la peine capitale. Sagredo fut nommé doge à la mort de Nicolo Sagredo, son frère (1676); mais son élection fut annulée, sous le prétexte qu'il était dangereux de laisser deux frères occuper l'un après l'autre la dignité suprême. Exaspéré de cet affront, il quitta Venise, jurant de n'y jamais rentrer; cependant Morosini, devenu doge, le fit sortir de sa retraite et lui conféra, en 1691, le titre de provéditeur général des mers du Levant. On doit à Sagredo : Memori istoriche de' monurchi ottomani (Venise, 1677, in-4<J), qui ont été traduits en français (Paris, 1724, in-12) et qui vont de 1300 à 1646. Il avait composé, en outre, un Traité de l'Etat et du gouvernement deVenise, qui n'a pas été publié.
SAGRES, ville forte du Portugal, province d'Algarve, h 35 kilom. S.-O. de Lagos, avec un port sur l'Atlantique; 3,000 hab. Cette ville fut fondée en 1416 par l'infant dom Henri, fils de Jean 1er, qui fit partir de ce port les navigateurs qui devaient chercher un nouveau passage vers les Indes par le sud de l'Afrique.
SAGRIDE adj. (sa-gri-de — de sagre, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sagre.
— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des cycliques, ayant pour type le genre sagre. -
SAGRINE s. f. (sa-gri-ne — de Ramon de La Sagra, savant espagn.). Foram. Genre de foraminifères ourhizopodes enallostègues, de la famille des textularides, dont l'espèce type se trouve sur les côtes des Antilles : Les sa- GEiNBS ont une coquille régulière, (Dujardin.)
SAGUERUS s. m. (sa-goué-russ). Bot. Syn. d'ARKNGA, genre de palmiers.
SAGUININ, INE adj. (sa-gui-nain, i-ne).
Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au sagouin.
— s. m. pi. Tribu de singes américains, ayant pour type le genre sagouin.
SAGUM s. m. (sa-gomm — mot d'origine celtique : kymri segan, bas-breton saé, habit). Ant. rom. Vêtement court, qui ne passait pas les genoux, et que les Perses, les Romains et les Gaulois portaient en temps de guerre : Dans ces difficiles circonstances, chaque citoyen quitta la toge pour prendre le sagum. (Mérimée.)
SAGUMENTA s. f. (sa-gu-maiti-da — rad.
sagou). Pâte alimentaire faite avec le sagou.
SAGUNTUM, ville de l'Espagne ancienne.