‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 346 sur 1059 · SHAN · texte numérisé non relu

SHAN

tion, etc. La valeur de ces importations est évaluée à plus de 380 millions de francs. Les exportations consistent en thé noir, thé vert, soies grèges et moulinées (100,000 balles, soit 4,800,000 kilogr.j d'une valeur de 260 millions), cocons, bourre de soie, tissus de soie, nankin , iaines, poils, alun, plâtre, porcelaines, poteries, coton, rhubarbe, tourteaux, éventails, fils d'or, médicaments, vermicelle , etc. La valeur des exportations est d'environ 340 millions de francs. Le commerce sous pavillon anglais est le plus important; puis vient en seconde ligne le commerce sous pavillon des Etats - Unis. Un grand nombre de maisons de commerce européennes et américaines sont établies à Shang-Haï; on y compte aussi des banques européennes et chinoises et des agences de compagnies d'assurance maritime et d'assurance contre l'incendie.

La ville de Shang-Haï est située dans une plaine bien cultivée qui produit abondamment du coton , du riz et du blé. Les rues sont étroites et sales ; l'air y est vicié par des exhalaisons méphitiques produites par les immondices de la ville, qui est entourée d'une muraille circulaire d'une grande élévation. En dehors sont des faubourgs populeux; les jésuites y ont construit de belles maisons ; dans l'un d'eux, appelé Tonkadour, se trouvent leur couvent, leur collège, avec une église qui sert de paroisse aux Chinois convertis au catholicisme ; dans l'intérieur, on distingue plusieurs monuments qui ne sont pas sans attirer l'attention , tels que l'hôpital des enfants trouvés, des jardins à thé, de grandes glacières, un hôtel des monnaies, des manufactures de soie, d'huile , do fer.de verre, de papier et d'ivoire- On distingue le palais du mandarin civil, le palais des exécutions, de belles pagodes, dont la principale est la pagode des Génies, à l'extrémité d'une place circulaire, au milieu de laquelle on voit un énorme globe en bronze, où sont inscrits les fastes mémorables de la cité. On remarque aussi plusieurs temples catholiques et protestants et d'anciennes lamaseries, les ruines d'un ancien palais des souverains de la ville, aujourd'hui transformées en jardin public. L'infanterie de marine et les cipayes l'habitent et protègent les accès de Shang-Haï. Une puissante tour ronde est défendue par de nombreuses pièces d'artillerie.

Les concessions françaises et anglo-américaines se développent le long du fleuve Hoang - pou. La première a déjà, plus de 45,000 habitants, presque tous Chinois; on compte à peine 500 ou 600 Européens. La ville française est en général bâtie k l'européenne. Les rues y sont droites, larges et régulières. On y remarque la jolie église de la Mission, qui sert de cathédrale. Un palais municipal y a été construit par les soins d'un habile architecte anglais; on y voit également un hôpital desservi par des sœurs de charité. Un arroyo sépare seulement la concession française de la ville impériale. A droite, séparée de la première, commence la concession anglaise, bâtie sur le même plan, mais offrant plus de mouvement et d'animation. Les Français ont pratiqué depuis quelques années une grande route autour de la cité chinoise. Les concessions sont défendues par un corps de police française, par l'infanterie de marine, par l'armée francochinoise et par les cipayes au service des Anglais; l'ordre le plus parfait règne dans les concessions. Un bâtiment de guerre est en station dans les eaux du Hoang-pou.

Les Chinois de Shang-Huï sont plus civilisés et mieux disposés envers les Européens que ceux de la ville de Canton ; les Européens peuvent s'avancer à plusieurs kilomètres dans l'intérieur et autour de la ville avec la plus grande sécurité. L'air est trèsmalsain k Shang-Haï; l'eau n'est presque pas potable. Ou n'y distingue en réalité que deux saisons extrêmes, les grands froids et les chaleurs des tropiques. Les insolations y foudroient quelquefois l'Européen sur place. On voit sur les quais de Shang-Haï des multitudes de mendiants qui font oublier le paupérisme tant cité de l'Angleterre. Le eholéra y règne presqu'k l'état permanent, avec le typhus et d'autres maladies endémiques. Cependant lu présence des Européens a déjà contribué beaucoup & l'assainissement de Shang-Haï, appelé à devenir un des principaux entrepôts de commerce dans l'extrême Orient.

SHAN-HU s. m. (cha-nu — mot chinois). Ornith. Espèce de grive qui habite les forêts de la Chine.

SHANNON, en latin Seuus, fleuve d'Irlande, le plus important des cours d'eau de cette île. Il prend sa source dans le comté de C'avac, k la Base du Quilka-Mountaiu et dans le lac Allen , coule au S.-E., puis au S., par Carrik, Asthlone, Killuloe, Jamestown, Limerick et Eilrush ; au-dessous de cette dernière ville, il se jette dans l'Atlantique par un large estuaire entre les caps Loop et Kerry, après un cours sinueux de 350 kilom. Sur son parcours, il forme plusieurs lacs, dont les plus étendus sont ceux de Bafrin, de Ree et de Derg; ses affluents principaux sont, k droite, la Boyle, la Suek et la Fergus; à gauche, l'iuny, la Brosna et la Moig. Il est navigable depuis le lac Allen, dans le comté do Lcitrim, jusqu'à son em-

SHAR

bouebure et uni par deux canaux à la mer d'Irlande. Ses eaux sont très-poissonneuses et nourrissent de beaux brochets.

SHARK-BAY, petit golfe qu'on appelle aussi Cuiens-MaiiikS (baie des).

SHARP (Jacques), archevêque anglican, né en 1618, mort en 1678. Il fut d'abord presbytérien, puis il se convertit à l'Eglise d'Angleterre, ce qui lui attira la haine de ses anciens coreligionnaires. Un prédicant nommé J. Mitche) tenta, sans succès, de l'assassiner. Moins heureux dix années plus tard, Sharp fut assassiné par neuf brigands sur le grand chemin.

SHARP (Jean), l'un des meilleurs prédicateurs de l'Angleterre , né à Bradford en 1644, mort a Bath en 1714. Interdit en 1686 à cause de ses prédications contre les catholiques, il fut réintégré après la révolution de 1688, et nommé doyen de Cantorbéry, puis archevêque d'York. Un recueil complet de ses sermons a été publié en 1740 (7 vol. in-8o).

SHARP (Abraham), mathématicien anglais, né à Little-Horton, près de Bradford, en 1651, mort dans la même ville en 1742. Successivement apprenti négociant, maître d'école, douanier, teneur de livres, il fut découvert dans son humble emploi pur le savant Flamsteed,qui, frappé de sa vive intelligence, lui procura un emploi à l'arsenal de Chathain, et un peu plus tard l'appela auprès de lui k l'observatoire de Greenwich, pour l'aider dans ses travaux. Très-versé dans les sciences mathématiques, Sharp rendit de grands services à Flamsteed et à la science. > Non-seulement il étudiait le ciel, dit un biographe, mais encore il construisit et gradua pour 1 observatoire royal un mural dont l'arc mesurait 140 degrés; il observa la longitude des étoiles tixes, leurs ascensions droites et leurs déclinaisons. Il eut une large part au fameux catalogue d'environ 3,000 étoiles; il dressa la plupart des tables qui remplissent te tome II de YHistoria cœlestis; enfin il dessina les belles cartes de l'atlas qui accompagne la 2e édition de cet ouvrage. »

En même temps, Sharp s'occupa d'un travail important sur le calcul des sinus, des sécantes et des tangentes, et il appliqua ce calcul à la recherche du rapport de la circonférence au diamètre; il parvint ainsi à déterminer ce rapport exactement jusqu'au soixante-douzième chiffre décimal. Plus tard, il s'occupa des logarithmes et calcula jusqu'à la soixante et unième décimale les logarithmes des cent premiers nombres, ceux des nombres premiers compris entre 101 et 1100, etc. Ce travail important fut publié dans un ouvrage intitulé Geometry improued, qui parut à Londres en 1717, sans que l'auteur fût désigné autrement que par des initiales. Cet ouvrage, plein de renseignements aussi exacts qu'intéressants, se terminait par un traité sur les polyèdres réguliers et ceux qui ne le sont qu'en apparence. Sharp avait luimême gravé les planches où il avait représenté ces polyèdres en perspective avec une netteté remarquable.

Une santé fort délicate contraignit Sharp à renoncer k ses pénibles occupations; il se retira dans son pays natal et y construisit un petit observatoire, dans lequel il continua, jusqu'à sa mort, ses intéressantes observations.

SHARP (Samuel), chirurgien anglais, né en 1700, mort à Londres en, 1778. Il commença ses études médicales sous les ordres de Cheselden, et vint les perfectionner k Paris. Revenu k Londres, il fut nommé chirurgien de l'hôpital de Guy; puis, en 1749, il devint membre de la Société royale de Londres et de l'Académie royale de chirurgie de lJaris. En 1765, il fit un voyage sur le continent pour rétablir sa santé délabrée, et publia k son retour à Londres des Lettres sur l'Italie remarquables par l'esprit d'observation et par l'élégance et la vivacité du style. En sus de l'ouvrage que nous venons de citer, il u laissé : Treatise on the opérations of surgery (Londres, 1782, in-8û, 10° édition); Critical inquiry into the présent state of surgery (1750, in-8u) ; Letters from Italy , describing the customs and manners of that country [17 66, in-S»); A new methoâ of opening the cornea in order io extract the crystalline humour (1753); On the styptic powers of the agaric (1753).

SHARP (Grégoire), archéologue anglais, chapelain ordinaire du roi, ué en 1713, mort en 1771. Il publia, entre autres écrits ; Syntagma dissertationum , guas olim auctor ductissimus Thomas tiyde separatim edidit (1767, 2 vol. in-4°), aveu gravures k l'eau- forte par l'auteur lui-même.

SHARP (William), graveur anglais, né en 1749, mort en 1824. Son père, qui était armurier, lui fit apprendre la gravure, et pendant assez longtemps il se borna à graver pour les besoins du commerce ; mais, à partir de 1782, Sharp s'occupa de reproduire les chefsd'œuvre des maîtres et exécuta de fort belles planches, aussi remarquables par la correction du dessin que paria puissance de l'effet. La réputation qu'il acquit lui valut d'être nommé membre des Académies de Vienne et de Munich. La vie de Sharp offre toutes les singularités d'un esprit livré aux rêveries

Page 1